Avec Chrome, Google s’attaque à Explorer, Firefox… et Windows ?

C’est LA nouvelle du jour, du mois, et peut être même de l’année, et si Google réussi ce coup là, c’est un évènement d’importance dans l’histoire de l’informatique (et pas seulement de l’internet). Aujourd’hui (dans les heures qui viennent, au moment où j’écris ces lignes), Google devrait sortir Chrome, un navigateur open source.

Cela faisait plus d’un an que des rumeurs circulait sur un Gbrowser, Google avait même racheté l’année dernière un navigateur Chinois très populaire en Asie, Maxthon, qui n’a pas donnée grand chose finalement, mais cette fois ci, c’est officiel, Google se lance sur le marché des navigateurs.

Dans le détail, Chrome a l’air très efficace, et il se pourrait que ses fonctionnalités soient suffisamment séduisantes pour vous convaincre d’abandonner Firefox ou Safari (sachant que si vous n’avez pas déjà abandonné Explorer au profit d’un de ces derniers… il est probable qu’il soit trop tard pour le salut, si ce n’est de votre âme, du moins de vos précieux fichiers, infectés par une colonie de virus).

Petit passage en revue des fonctionnalités :

  • Chrome est construit avec WebKit, le framework open source qui a servit a construire Safari et l’iPhone
  • Sa gestion du Javascript (et de l’Ajax, par conséquent), est plus rapide, plus optimisée, rendant les applications web plus réactives, et il est capable d’en faire tourner plusieurs en même temps sans mettre votre machine à genoux – un gros reproche que l’on peut faire à Firefox et Safari. La machine virtulle Javascript, développée au Danemark, est elle aussi open source.
  • Il gère mieux la mémoire de votre machine. Son approche sophistiquée de la gestion de la mémoire entre les différentes fenêtres/applications web ouvertes ne rendront pas le navigateur poussif après quelques heures d’utilisation intensive.
  • Chrome résiste très bien aux plantages : si une application web plante, seule sa fenêtre sera affectée, les autres applications continueront de tourner sans problème.
  • Les onglets sont au dessus de tout, notamment au dessus de la barre d’adresse. Un principe ergonomique qui n’est pas sans rappeler la barre des tache de Microsoft, et qui sonne comme une évidence quand on y réfléchit cinq minutes.
  • Navigation optimisée : la page d’ouverture de Chrome vous permet de visualiser les sites les plus visités, ainsi que votre historique de navigation, qui sont accessibles en un clic, à la façon d’Opera et sa fonctionnalité Quick Dial (voir la capture d’écran ci dessus, d’autres copies d’écrans sont accessibles ici).
  • Google Gears est intégré. Ça n’a l’air de rien, mais c’est ce qui permet à Chrome d’être bien plus qu’un navigateur…
  • Les applications web peuvent être lancées dans une fenêtre indépendante, sans onglet ni barre d’adresse… comme une véritable application desktop, finalement (et avec Gears, avec vraisemblablement la même réactivitée)
  • Chrome maintien à jour en permanence une liste de site malveillants (phishing et malware), rendant la navigation plus sécure.
  • Open source : comment pourrait-il en être autrement ?

Selon Google (qui communique – plutôt en direction des développeurs que du grand public – sur Chrome en utilisant le mode Bande Dessiné), son navigateur est le premier conçu après l’arrivée du web 2.0 (Flock ne doit pas être content). Je dirais plutôt que Chrome est avant tout conçu pour afficher non pas des pages web, mais des applications web complexes : « multitâche » (entendez capacité a faire tourner sans problème plusieurs application en parallèle), mémoire « protégée » (là encore, je fais un raccourci, mais si une application web plante dans une fenêtre Chrome, les autres applications web ne sont pas affectés)… tout cela ressemble fort au descriptif d’un système d’exploitation moderne. Ajoutez Gears, qui permettra de minimiser et d’optimiser les interactions avec un serveur d’application, vous avez l’amorce de ce que pourrait être si ce n’est l’OS de demain, tout du moins, une très sérieuse alternative à Windows pour pas mal de situations : plateforme bas de gamme mais toujours connectée, tablet PC (comme celle qu’imagine et construit Techcrunch ces derniers temps), mais aussi parc informatique en entreprise, sans oublier Android, l’OS mobile de Google, lui aussi plus ou moins Open source, et qui n’est pas necessairement contingentée aux téléphones, mais pourrait, à terme, devenir l’OS d’une multitude d’appareils « internet everywhere » (tablet PC, Set-top box, lecteur mp3, frigidaire…).

Chrome est au final la résultante d’une vision plus moderne du web, là ou Mosaic, Netscape, Explorer puis Firefox y voyaient un immense espace fait de pages reliées les unes aux autres, Chrome est bâti sur la vision d’un web faits de documents sur lesquels agissent des applications, chargés à la demande au sein du navigateur, l’ensemble (documents et applications) ne résidant plus sur la machine de l’utilisateur, mais dans le ‘cloud’. Au final, Chrome voit le web « as a platform », comme l’a si bien résumé O’Reilly.

Pour tout un chacun, c’est la promesse d’un navigateur qui va plus loin que Firefox et Safari en matière de gestion d’application web, avec plus de performances, et une utilisation bien plus fine des ressources de la machine qui le fait tourner. Si vous utilisez de façon régulière des applications comme les Google apps, Zoho, Netvibes, et consort, il est probable que les gains de performances apportées par Chrome soient suffisants pour justifier un changement de navigateur.

Si Chrome arrive a se faire une place face à Firefox et Explorer, c’est le début de quelque chose de radicalement nouveau…


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