Enchères inversées : ça marche aussi pour les produits d’épargne

L’histoire des enchères inversées sur internet a commencé avec Priceline, où un voyageur propose un prix pour un trajet en avion et met en concurrence les compagnies aériennes qui bien souvent préfère brader leurs billets que de se retrouver avec une place vide.

Aujourd’hui, c’est au tour des banques de s’y mettre avec MoneyAisle.com. Vous choisissez un produit d’épargne, et laissez une centaine de banques se battre entre elles pour vous proposer le meilleur taux possible. Les enchères ont lieu en trois tours, et en cas d’offre équivalente lors du troisième tour, MoneyAisle choisi une proposition de façon aléatoire et vous la soumet. Vous n’êtes, bien sûr, pas obligé de souscrire à l’offre finale et vous êtes libre de tester le produit comme bon vous semble (d’autant que la startup et les produits financiers étant américains, autant dire que cela ne concerne en rien le marché Français). Mais c’est, à l’heure où une crise financière sans précédent touche le système bancaire américain (et mondial), une évolution intéressante dans le secteur bancaire en ligne.

L’idée d’accéder enfin grâce à internet au vieux rêve de la concurrence pure et parfaite n’est pas nouvelle, mais pour des produits financiers qui – une fois débarrassés de leurs apparats marketing (3 mois à un taux incroyable, cadeaux de bienvenue, etc), peuvent se résumer à un simple chiffre, leur taux, la comparaison est simple, et le modèle économique de MoneyAisle (une commission en cas de transaction), permet aux banques et aux consommateurs de tester le système sans rien risquer.

Pour l’instant, un peu plus d’une centaine de banques participent à l’expérience de MoneyAisle, et cela marche, sans l’ombre d’un doute. Même s’il est délicat de comparer des taux d’intérêt de produits d’épargne Américain et Français, les propositions faites lors de multiples essais aux potentiels épargnants-testeurs sont de loin supérieures aux offres disponibles pour le public (4,2% contre 3.15% en moyenne lors d’un premier essai, 4,02% contre 3,19% lors d’un second).

Dans un article du New York Time, Andrew W. Lo, professeur de Finance au MIT et directeur du laboratoire d’ingénierie financière, souligne l’intelligence du concept « Il y a beaucoup de concurrents qui essaient de trouver de nouveaux client sur MoneyAisle, » là où les startups qui fonctionnent sur ce principe sur les prêts ne bénéficient pas d’un marché aussi concurrentiel.

Le fait de ne faire payer les banque qu’en cas de transaction distingue par ailleurs MoneyAisle de bien des concurrents, comme Bankrate.com, qui fonctionnent, sur des modèle proches, sur un paiement au clic.

Pour les banques, c’est à la fois une nouvelle façon de trouver de nouveaux clients mais également une méthode peu onéreuse pour exposer leur marque.

Enfin, il est à noter que la crise actuelle est à la fois un atout et un inconvénient pour MoneyAisle : alors que bien des placements sont liquidés par leurs propriétaires désormais à la recherche de produits d’épargne qui leur permettront de passer des nuits plus sereines, bon nombre d’entre eux hésiteront à deux fois avant de confier leur épargne à un établissement qu’ils ne connaissent pas.

Seul l’avenir nous dira si cette tentative de réintermédiation de la vente de produits d’épargne est un pari gagnant, mais une chose est sûre, si c’est la cas, ce type de startup à beaucoup d’avenir dans un pays comme la France, particulièrement portée sur l’épargne.

(disclaimer : j’ai travaillé – et je travaille encore – pour beaucoup (trop ?) de banques et de sociétés d’épargne ou de crédit dans le secteur banque-assurance)

A lire également :

  1. eBanking 2.0 : l’état du marché américain ...
  2. La TV plus haut que jamais aux Etats-Unis, le mobile et l’Internet aussi ...
  3. Résistance au changement : le besoin en change management existe aussi dans le virtuel ...
  4. Soundcloud sur le point de redéfinir le marché de la musique ? ...

Réagissez !

Ils nous soutiennent

feedback2.0

hébergement infogérance BearstechLa Cantine

 

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leur impact sur les média, la société et la communication.

ReadWriteWeb est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio.

ReadWriteWeb est publié en anglais, en français, en coréen, en portugais et en chinois. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


eBooks

Lawrence Lessig
Culture Libre



Pierre Bellanger
La Radio IP



Nous y serons