Les média sociaux en Afrique — première partie

Contrairement à ce certains pourraient croire, l’Afrique n’est pas absente du web, en fait, le continent est en pleine révolution internet et la connectivité IP est de plus en plus répandue. Les téléphones mobiles se démocratisent à une vitesse incroyable, avec des taux de pénétration allant de 30% à 100% dans certains pays (la moyenne est de 30,4% avec 280 millions de lignes en services, ce qui fait de l’Afrique le pays connaissant le plus fort taux de croissance sur ce secteur).

La série dont ce billet est le premier épisode a pour but de donner un aperçu des contributions Africaines aux média sociaux et de montrer en quoi ces sites web font bouger l’Afrique.

Ce billet fera un tour rapide des acteurs les plus connus du continent Africain, le second épisode s’attardera sur la mobilité et les innovations en matière de connectivité et nous concluront (provisoirement) sur l’attitude des gouvernements et des ONG et l’impact des média sociaux sur ceux-ci.

Si vous souhaitez en savoir plus et vous tenir au courant de l’actualité web 2.0 de l’Afrique, nous vous recommandons la lecture d’Appfrica.net, un blog spécialisé sur le sujet, ainsi que la lecture des billets d’Erik Hersman de WhiteAfrican.com et d’Ismail Dhorat de StartupAfrica.com.

Les choses sont loin d’être parfaites en Afrique, le continent souffre de trop nombreuses zones de pauvreté et la majorité de ses habitants n’ont pas un accès fiable à l’électricité (sans même évoquer ceux qui n’ont pas accès à l’eau potable et pour qui l’internet est le cadet de leur soucis). La pandémie de Sida y fait toujours rage, avec 1,6 millions d’habitants porteurs du virus, et c’est généralement à cela que l’on s’arrête quand on évoque l’Afrique. C’est une bonne raison pour apporter un éclairage sur la scène internet Africaine, car les choses changent, et ce continent mérite qu’on y prête attention et que l’on cesse de le regarder le petit bout de la lorgnette.

Une chose est évidente, les Africains se mettent à internet et à ses usages, au même titre que tout le monde sur la planète.

Les internautes Africains

Depuis quelques années, les conférences internet et les Barcamp ont surgit sur tout le continent, du Kenya à Nairobi, de Madagascar à l’Ouganda en passant par le Sénégal. Même si l’infrastructure de communication terrestre est toujours problématique, les connections satellite de type VSat ont apporté l’internet dans des zones qui n’ont même pas accès à l’électricité courante. Preuve de la vivacité des usages, des protestations ont émergé de tout le continent quand Twitter a supprimé ses services de SMS à l’international.

Ce n’est dès lors pas surprenant que nombre d’entrepreneurs et d’investisseurs soient passés outre les préjugés pour s’intéresser de plus près à l’Afrique. Google, en particulier, est très actif à soutenir et mettre en valeur les initiatives technologiques locales. Ils ont récemment sponsorisé Barcamp Africa et l’ont accueillit au siège mondial de Google, le Googleplex, à Montain View en Californie, ils ont également lancé un blog qui documente l’ensemble des opérations de la société en Afrique sub Saharienne, ainsi qu’un forum dédié.

Les leaders Africains des média sociaux

Les trois plus grosses success stories des média sociaux Africain sont Afrigator (un agrégateur de blog et de news Sud Africain), Zoopy (un service similaire à YouTube/Flickr, également Sud Africain) et Ushahidi (un service d’alerte par SMS et de mapping créé au Kenya). Tous trois ont attiré sur eux une attention internationale, notamment quand Zoopy a fait l’objet d’investissements massifs et qu’Afrigator s’est fait racheter. Ushahidi, de son coté, a réalisé avec succès plusieurs tour de tables après avoir gagné la compétition Net2 Mashup doté d’un prix de 25000$.

Afrigator

Afrigator se définit comme un « agrégateur social et un annuaire pour les citoyens digitaux Africains qui consomment et produisent du contenu ». Ils ont fait sensation sur la scène des média sociaux quand Marshall Kirkpatrick a écrit un billet sur le site ici même chez ReadWriteWeb l’année dernière.

Afrigator a adopté très tôt le microformat XFN permettant ainsi à ses utilisateurs d’importer facilement leur liste d’amis à partir de leur blogroll et utilise un algorithme maison basé sur le Pagerank, les liens entrants et les usages sur le site pour déterminer ce qui est populaire dans l’internet Africain. La stratup a été créée par Justin Hartmann, Stii Pretorius, Mike Stopforth et Mark Forrester.

Zoopy.com


Zoopy est lui aussi né en Afrique du Sud et permet à ses utilisateurs d’uploader des vidéos, des podcasts audio et des images afin de les partager sur le web. Bien qu’il puisse être utilisé par la planète entière, il s’adresse en priorité à un public local. Zoopy utilise également le standard XFN pour importer une liste d’ami (notament à partir d’Afrigator) et s’est récemment illustré à la Web2expo de New York.

Ushahidi

Ushahidi veut dire ‘Témoignage’ en Swahili et a été lancé suite aux chaos qui a suivi les élections Kenyannes de 2008. Quand des manifestations violentes ont vu le jour, Erik Hersman, Ory Okolloh, Daudi Were, Segeni Ng’ethe et Juliana Chebet se sont réunit pour créer Ushahidi, une application qui replace sur une carte des alertes envoyées par ses utilisateurs relatant des incidents violents dont ils auraient été témoins. Basé sur GoogleMaps, le système est construit avec un framework Zend (php) et utilise une multitude de protocoles pour gérer les SMS, le GPRS et le mapping.

Un tour de piste des applications sociales Africaine

Bien que ces trois sites soient les plus populaires et le plus connus d’Afrique, il en existe beaucoup d’autres et nous ne prétendons en rien à l’exhaustivité, n’hésitez pas à nous signaler vos préférés dans les commentaires.

Notez toutefois que cette liste n’est composée que de startups fondées par des Africains, dans le troisième épisode de cette série, nous nous attarderons sur des startups fondés par des non Africain et des ONG, notamment :

  • Muti.co.za (un Digg-like pour les informations concernant le continent Africain)
  • Sokwanele.com (une application de mapping/SMS similaire a Ushahidi)
  • Amatomou (un agrégateur de news social Sud Africain)
  • BlogSpirit (un agrégateur de blog – qui n’a rien à voir avec le Français du même nom – basé sur l’open source Gregarious)
  • Mzalendo (un portail dédié aux actions du parlement Kenyan)

(image d’ouverture issue de WhiteAfrican, billet adapté d’un post de Jonathan Gosier)

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1 commentaires pour cet article

  1. Etum

    Merci pour ce petit pano­rama. Il y’a de nom­breuses autres appli­ca­tions sociales qui emergent en Afrique meme si elles n’ont pas encore la visi­bilté de celles que vous citez:
    http://www.Kerawa.com
    http://www.afriplay.tv qui va bien­tot entré en béta
    http://www.afrikeo.com

    et bien d’autres…

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