Le CERN a dévoilé aujourd’hui officiellement son gigantesque réseau d’ordinateurs en charge de digérer l’enorme quantité de données issues de son grand synchrotron (LHC, Large Hadron Collider). Les experts du CERN s’attendent à une quantité de données avoisinant les 15 petrabytes (quinze millions de milliards de megabytes) chaque année. Alors que le LHC en était au stade de concept, les informaticiens maison ont décidé que la seule façon de traiter une telle quantité de données serait d’utiliser ce qui n’était alors qu’un concept : le grid computing (qui se traduit par grille de calcul). La ‘grille’ du CERN est constituée de 100.000 processeurs répartis dans 140 centres de calcul scientifiques à travers 33 pays.
Comment ingurgiter 15 pétrabytes de données ?
Comme le rapportait le mois dernier le magazine Science (sur abonnement), le département informatique du CERN a vite réalisé qu’aucun centre de calcul au monde ne serait en mesure de gérer une telle quantité d’informations. Il n’était même pas évident que les systèmes d’alimentation electrique eût été en mesure de fournir l’energie necessaire. Qui plus est, l’essentiels des crédits alloués au projet ont été affecté au synchrotron lui même, et il en restait trop peu pour l’infrastructure informatique qui allait avec.
Pour distribuer ces données, le CERN se sert d’une ligne dédiée en fibre optique de 10Gbits/s reliant le CERN à onze centres de calculs Tier-1. Ceux ci traiteront une partie des données et servirons également à l’archivage des données issues du LHC. Les centres de calculs Tier-1 redistribuerons une large part des taches de calculs à des centres Tier-2 répartis un peu partout sur la planète, reliés à la grille par des connection internet classiques.
Un synchrotron à la maison
Les grilles de calcul informatique existent depuis quelques temps et ont été popularisées par des projets comme Seti@home et Folding@home, mais celle du CERN est de loin la plus puissante jamais mise en place à des fins scientifiques.
Le CERN a aussi mis au point un projet similaire a Folding@home dénomé LHC@home, qui n’est pas actif pour l’instant en raison de l’arret du LHC, mais ils comptent bien sur la bonne volonté des particuliers pour contribuer aux efforts du CERN en offrant un peu du temps de calcul de leur ordinateur personnel. Au vu de l’apport du CERN dans l’histoire du Web, pour qui il est l’équivalent de ce que le Big Bang est à l’univers, nul doute que les geeks partout sur la planète saurons se montrer reconnaissants.
(Les images sont en provenance du CERN et cet article est une adaptation d’un billet de Frederic Lardinoi)












