Les média sociaux en Afrique — Deuxième partie : innovation et mobilité

La semaine dernière a eu lieu la conférence PICNIC2008 à Amsterdam durant laquelle une journée entière a été consacrée aux innovations en provenance du continent Africain. Intitulée ‘Surprising Africa‘, la conférence a réuni de talentueux entrepreneurs et développeur du web social en provenance du monde entier venus apporter leur éclairage sur divers projets nés en Afrique.

Dans ce billet, nous jetterons un regard sur les innovations en matière de mobilité en Afrique, un continent qui connait en la matière le plus fort taux de croissance au monde.

L’une des spécificités de l’Afrique est qu’elle semble avoir fait l’impasse sur la construction d’une infrastructure terrestre qui a pourtant caractérisé l’évolution des pays développés ou en voie de développement à travers le monde. Les raisons à cela sont multiples, des gouvernements instables, la corruption, les guerres… Le résultat est qu’il y a peu de ligne téléphoniques terrestres en Afrique mais que le taux de pénétration du mobile est parmi les plus élevé au monde. La fibre optique est également peu répandue, et du coup, le satellite est l’un des seuls moyens pour distribuer de la connectivité internet. Bien que très utile, le satellite représente un véritable goulot d’étranglement en matière de bande passante, limitant le nombre d’utilisateurs simultanés sur le réseau dans une zone donnée et maintenant des coûts de connexion très élevés.

Les conditions pour mettre en place un service internet local sont très difficiles, mais ces contraintes semblent stimuler la créativité des développeurs. Selon les propres terme de Erick Hersman, le co-fondateur de la startup Kenyanne Ushahidi :

« Les challenges apportés par les mauvais gouvernements, la pauvreté, la bande passante limitée (et tout ce que l’on peut associer de négatif à propos de l’Afrique) apportent également leur lot d’opportunité. Le développeurs qui proposent des solutions spécifiques au continent, ceux qui écrivent du code ou qui hackent du hardware, créent quelque chose pour l’un des environnements les plus difficiles au monde que ce soit en terme matériel ou en matière d’usage. Si cela marche en Afrique, cela marchera partout dans le monde.

C’est peut être cela qui à motivé Google à investir dans le réseau O3B il y a peu de temps. O3B Networks est une initiative ambitieuse qui s’est donnée comme objectif d’apporter de la conectivité internet à 3 milliards d’habitants de la planète – principalement en Afrique et sur une partie de l’Asie – en lançant 16 petits satellites à bas coût en orbite basse. Les bénéfices potentiels pour Google sont évidents, c’est pour le géant de la recherche et de la publicité 3 milliards d’internautes potentiels en plus, dont la plupart deviendront à n’en pas douter des utilisateurs de Google. Autre preuve des ambitions et des espoirs que Google place dans le continent Africain : l’ouverture d’un bureau local en Afrique du Sud et au Kenya l’an dernier, avec pour ambition de rayonner dans toute l’Afrique sub Saharienne.

Les chiffres de la pénétration du mobile en Afrique

  • A la fin de l’année 2007, plus de 280 millions de téléphones mobiles étaient en service en Afrique, représentant un taux de pénétration de 30,4%.
  • L’Afrique est devenu le marché en plus forte croissance pour la téléphonie mobile, avec des taux de pénétrations allant de 30% à 100%.
  • Les pays qui connaissent le plus fort taux de croissance sont l’Egypte, le Niger et l’Afrique du Sud
  • La concurrence augmente au fur et à mesure que des opérateurs voient le jour dans chaque pays (11 au Niger, 4 au Kenya et en Afrique du Sud, 3 en Egypte et au Maroc).
  • Les forfaits pré-payés représentent 95% de l’ensemble des abonnements mobiles.
  • La République Démocratique du Congo, qui compte 60 millions d’habitants, a 10.000 lignes fixes installées mais plus d’un million de lignes mobiles en service.
  • Au Chad, l’un des pays les moins développés du continent, le nombre de lignes mobiles est passé en trois ans de 10.000 à 200.000.

(source : PICNIC2008)

Les innovations mobile en provenance de l’Afrique

Voici un rapide aperçu de la technologie produite pour l’industrie du mobile sur le continent Africain.

Micro-paiement et eBanking mobile

Il était très difficile d’acheter quoi que ce soit en Afrique avec autre chose que du cash jusqu’à très récemment. La plupart des établissements financiers n’offrent pas de carte de crédit, et peu de commerçants acceptent les paiements par carte, de toute façon. Cette situation a généré une multitude d’innovations en matière de micro paiement et d’accès eBanking par téléphone mobile. MPESA de Safaricom (micro paiement) et Wizzit (ebanking mobile) sont d’excellent exemples de ces innovations.

Génération et transmission de contenus par le mobile

Parce que l’infrastructure de base est souvent absente ou défaillante, transmettre l’information d’un point à un autre rapidement est souvent particulièrement difficile. Bon nombre d’organisations ont contourné le problème en utilisant le mobile. mPedigree offre un service permettant de vérifier l’authenticité d’un médicament ou d’une prescription via SMS. Winafrique contourne le problème de l’alimentation électrique pour ses antennes relais en les alimentant à l’aide de cellules photovoltaïques. QuestionBox.org centralise des données et les redistribue dans différentes zones rurales en utilisant une plateforme mixte Web/SMS/voix. Ushahidi permet aux citoyens de témoigner d’incident violents – trop courants dans l’histoire récente du Kenya – en utilisant des SMS.

Les développeurs d’applications mobile

La startup Kenyanne Mobile Planet a fait la Une de l’actualité internet récemment quand Google a annoncé qu’il feraient parti des investisseurs. Mobile Planet est spécialisé dans le developpement d’applications voix et données pour mobile, avec un savoir faire reconnu dans les produits et services basés sur le SMS. Dans le même temps, des developpeurs indépendants comme Moris Mbetsa ont adapté des technologies mobiles pour tout un tas d’usages différents, comme un système de tracking d’automobile pour pister les vols.

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2 commentaires pour cet article

  1. Aboubacar Yacouba

    Bonsoir
    je salut l´oeuvre de google est je pro­fite de l´occasion
    pour pose ma ques­tion a savoir s´il en ai pos­sible de cree un par­te­na­riat avec google pour l´un des pays afri­cain nous per­me­tant d´etre le prin­ci­pal actio­naire de cette nou­velle tech­no­lo­gie d´ici la fin 2010 ‚si oui quelles sont les condi­tions a remplir ?

  2. Fabrice Epelboin

    Heu… nous c’est ReadWriteWeb, pour contac­ter Google, c’est par ici ;)

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