Un ciblage plus précis de la pub grâce à la sémantique

Amiad Solomon, le CEO de Peer39, a fait l’introduction de la Web 3.0 Conference à Santa Clara en Californie avec une keynote expliquant le rapport entre le web sémantique et la publicité. Selon lui, c’est l’une des opportunités les plus évidentes de l’ère du Web 3.0 qui s’annonce.

‘Je pense que la définition la plus simple du web 3.0 que l’on puisse donner est sa capacité à monétiser et commercialiser le web 2.0′ a annoncé Amiad Solomon.

Pour apprécier pleinement à quel point le Web 3.0 est en mesure d’offrir de meilleures solution pour la publicité, Solomon suggère de commencer par analyser la transformation du web depuis 1990, à l’époque où Tim Berners-Lee et Robert Cailliau écrivaient la proposition officielle pour le World Wide Web.

L’évolution du web selon Solomon

Le Web 1.0 est l’époque de la connexion de base à l’internet, où l’information était à sens unique et était rarement mise à jour. Le Web 1.0 a pris fin en 2001 avec le crash de l’ère ‘.com’, dont certains estiment le coût à 5000 milliards de dollars. La leçon du web 1.0 : Le cash, plus que le contenu, est roi.

Le Web 2.0 a marqué le début de l’internet à deux sens, nous avons commencé à utiliser l’internet pour communiquer ensemble. Cette interactivité a généré des milliards de dollars sous forme de contenus, ‘gratuitement’, si l’on peut dire. La leçon du web 2.0 : Des revenus solides sont possibles.

Le Web 3.0 ouvre la voie de l’échange de donnes spécifiques et détaillées entre tous les points de l’internet, avec ‘la machine’ entre ces points, qui a pour principales caractéristiques :

1. Une interconnexion intelligente

L’internet deviendra plus ‘intelligent’ et se transformera en outil susceptible d’exécuter des tâches complexes et d’analyser des comportements sociaux en ligne.

2. Des applications aux contours flou

Les théories du Web 3.0 suggèrent que les applications seront bien plus aptes qu’aujourd’hui à fonctionner ensemble, dans la continuité de l’open source (d’un point de vue philosophique), toutes les application seront capables de communiquer entre elles. Les APIs pourront lire des données depuis n’importe quelle plateforme et offrir un accès centralisé pour toute référence.

3. Des bases de données distribuées

Le web 3.0 aura besoin de place pour stocker une information complexe et très gourmande en mémoire. Il aura besoin d’ontologies pour établir des relations entre des informations en provenance de sources différentes, chercher des millions de connections entre ces informations, et parcourir des milliards de données.

Comment cela va-t-il générer de l’argent ?

« C’est là qu’intervient la sémantique » explique Solomon. « Les entreprises comprennent enfin l’internet et reconnaissent que la publicité est un bon modèle économique, si vous pouvez la faire fonctionner correctement »

Selon Solomon, il existe pour l’instant deux approches à la publicité : l’approche contextuelle et l’approche comportementale.

Le ciblage contextuel repose sur le fait de parcourir un texte à la recherche de mots clé qui vont déterminer l’affichage d’une publicité. Utilisée dans les résultats des moteurs de recherche, elle affiche des publicités en rapport avec la recherche effectuée par l’internaute. Malheureusement, ces publicités ne sont pas toujours appropriées car les mots peuvent avoir plusieurs significations. Les erreurs peuvent parfois être drôles, mais révèlent une faille certaine : les sociétés qui y investissent de l’argent gâchent tout de même un part de leur budget publicitaire et exposent parfois inutilement leur marque.

Le ciblage comportemental, lui, collecte des informations sur les habitudes de consommation en matière d’information de l’internautes, habituellement à travers des cookies. C’est là une faille majeure en soi car les récentes législations Européennes (directive 2002/58) sur la vie privée et les communications électroniques, ainsi que des loi américaines à venir condamnent à terme ce type de publicité. Qui plus est, les ordinateurs domestiques sont souvent partagés, ce qui rend le ‘comportement’ impossible à analyser correctement. Plus encore que pour la publicité contextuelle, il y a un gaspillage d’argent pour les annonceurs.

La voie de l’avenir : le ciblage sémantique

Cibler de façon efficace une publicité, c’est afficher la bonne annonce à la bonne personne au bon moment. Le web sémantique peut mettre les données dans un format sémantique à la volée, et cibler l’affichage de la publicité en fonction non plus de la présence de mot clé, mais du sens de la page au sein de la quelle la publicité est affichée.

Si c’est une une bonne nouvelle pour les annonceurs – plus de publicités mal ciblées, on se souvient des couacs entre les publicités adsense de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royale lors de la dernière présidentielle Française, celà va-t-il chager la vie des internautes ?

(disclaimer : RWW est sponsor de la Web 3.0 Conférence) – (article adapté d’un billet de Lidija Davis )

A lire également :

  1. Ciblage des publicités, entre Big Brother et pertinence ...
  2. Les moteurs de recherche sémantiques ont-ils besoin d’une carte sémantique ? ...
  3. ROI, ciblage comportemental, rôle éditorial de la marque, placement produit : des éclairages sur le futur de la publicité on-line ...
  4. Cognition lance la “plus grande carte sémantique au monde” ...
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  6. SematicProxy : le signal de départ du web sémantique ? ...
  7. Google se met-il au web sémantique ? ...

3 commentaires pour cet article

  1. fsav

    Encore faut-il avoir le loi­sir d’afficher de la publi­cité. Si les don­nées sont si por­tables et acces­sibles, il est fort pro­bable qu’elles seront, plus sou­vent qu’autrement, affi­chées dans une appli­ca­tion qui les col­lecte de plu­sieurs sources.

    Si ce rai­son­ne­ment est cor­rect, les sources ori­gi­nales des don­nées ne seront donc pas celles qui pour­ront affi­cher la publi­cité, dans bien des cas: ce seront plu­tôt les Google et autres appli­ca­tions qui le feront. La moti­va­tion à publier les don­nées sous forme séman­tique et por­table en sera donc dimi­nuée, non?

  2. Fabrice Epelboin

    Excellente remarque, mais a terme, la four­ni­ture d’information sera pro­ba­ble­ment soit payante, soit four­nie avec des deal de reve­nus par­tagé… ceci dit, tout cela demande de la matu­ra­tion.
    Bon nombre de four­nis­seurs de conte­nus voient aujourd’hui ceux ci moné­ti­sés par des tiers (à com­men­cer par Google), et la pra­tique semble accep­tée à par­tir du moment où le tiers en ques­tion cite ses sources et ren­voi du tra­fic… A suivre, donc…

  3. Jean-Marie Le Ray

    Bonjour,

    Pourquoi ne pas mettre aussi le lien du billet ori­gi­nal dont celui-ci est l’adaptation ? Je vou­lais lire l’anglais à la suite de celui-ci, un lien faci­li­te­rait les choses.

    Jean-Marie

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