J’ai tendance a être partial quand il s’agit d’Apple, autan vous le signaler tout de suite, c’est plus qu’un disclaimer classique, cela peut toucher à la mauvaise foi, mon entourage vous le confirmera. Voilà pour le préambule.
En marge du Facebook Garage de Paris, j’ai eu l’occasion d’avoir une fort intéressante discussion avec Simon Dawlat (itoonzlive.com) et Louis Montagne (FaberNovel/af83) à propos de la bataille iPhone vs. Androïd à venir.
Malgré les velléités de Google de contrôler, tout comme Apple, le contenu de votre téléphone, une chose semble assez évidente : du point de vue d’un développeur, Androïd sera un espace bien plus libre que celui proposé par l’iPhone.
Au delà des applications, l’interface utilisateur, c’est de coutume chez Apple, sera strictement contrôlée et régulée afin d’assurer une uniformité. Cette même uniformité a fait le succès du Mac, et encore aujourd’hui, la différence entre l’interaction homme-machine est flagrante entre un Mac et un PC. Grâce à des pionniers de l’interface utilisateur comme Bruce Tognazzini et des évangélistes comme Guy Kawazaki, Apple a su à l’époque du Mac assurer une uniformité dans la façon dont une application Mac interagissait avec son utilisateur qui en a fait l’ordinateur le plus simple d’utilisation au monde.
Il faut reconnaître cependant que cela s’est fait dans un cadre qui frôle, du point de vue d’un développeur, la dictature, et qui a eu pour conséquence le faible niveau de l’offre logiciel Mac par rapport au foisonnement de l’offre PC.
Vont-ils recommencer avec l’iPhone ? C’est plus que probable. Face à un Androïd qui – de par sa nature ‘libre’ (je mets des guillemets) – donnera lieu à mille partis pris en matière d’interface utilisateur, l’iPhone affiche dès à présent une uniformité qui rime, selon les points de vue, avec simplicité ou ennui.
Pour un geek, passer d’une interface à une autre, et changer son modèle mental à chaque changement d’application est une habitude prise depuis longtemps, mais pour le commun des mortels, c’est très perturbant. La conséquence se traduit par une utilisation très limitée de l’ordinateur, se cantonnant bien souvent à quelques applications de base.
Or s’il s’agit de se limiter à quelques applications, autant se passer de Smartphone, ou se contenter d’un Blackberry. L’enjeu pour l’iPhone comme pour Androïd est de démultiplier les usages en mobilité, et donc d’inciter leurs utilisateurs à adopter le plus d’applications possible (en particulier pour Apple, qui vend ces applications de façon quasi exclusive, tentant de reproduire ainsi le modèle économique de l’iPod).
Que va-t-il donc se passer pour une plateforme comme Androïd qui – comme c’est le cas pour les logiciels PC aujourd’hui – va voir apparaître une multitude de modèle d’interfaces, de mode d’interactions, pas forcements mauvais, mais très variés, là où l’iPhone offrira une uniformité sans faille ?
Va-t-on voir la génération Y s’engouffrer dans ce joyeux chaos (qui ne les dérange pas du tout sur leur PC, de toute évidence), ou les ainés de la génération X (W, voir même, soyons fou, V), moins férus de ‘nouveauté permanente’ vont-ils imposer l’iPhone ? Verra-t-on une spécificité démographique derrière les utilisateurs de ces deux plateformes, une fracture numérique ‘soft’ ?
Il est bien trop tôt pour le dire, mais ce qui s’annonce est aussi passionnant que la disruption introduite en 1984 par Apple avec le Finder, et cette disruption a changé pour toujours l’informatique personnelle.
Ajoutez à cela que – selon Louis Montagne – le Linux sur mobile n’a pas dit son dernier mot (contrairement à Windows), la mobilité est un territoire d’innovation à surveiller au plus près dans les années à venir, tant en matière de proposition d’usage que d’adoption.
Alors, dictature à la Apple ou anarchie ‘open source’ (notez les guillemets, j’insiste) d’Androïd ? Quel est le meilleur régime pour faire éclore un internet mobile qui s’annonce depuis déjà très (trop) longtemps comme une seconde naissance d’internet ? Faites-nous part de vos impressions dans les commentaires…
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18 octobre 2008 à 15:22
Je pense que Android va plaire aux “freetards”, mais en général, je crois que les gens vont préférer la simplicité du iPhone. le iPhone est un objet cool, alors que Android est un OS pour mobiles. Mais j’ai vraiment hâte de voir comment Google va promouvoir Android.
18 octobre 2008 à 15:50
Beau billet. Même si ton concept de difference de génération sur le choix de la machine ou du système est intéressant, je pense que c’est avant tout un état d’esprit. Et puis coté nouveauté permanente, avantage : Apple
18 octobre 2008 à 15:56
Encore un mot : et côté design de ce que je vois sur Android, ça manque, pour l’instant, de classe.
18 octobre 2008 à 16:25
Joli billet. Je pense aussi qu’Android tirera un avantage du fait qu’il est “open source”, mais aussi qu’il ne se cantonne pas à une seule machine (Android est un OS mobile, l’iPhone est un téléphone). Il y aura sûrement tout un tas d’applications et on le verra décliner sur une multitude de téléphones (ils ont déjà des partenariats avec plusieurs constructeurs, tout comme Microsoft pour WindowsMobile).
D’un autre côté il est vrai que d’un point de vue grand public, à l’heure actuelle, je pense que c’est l’iPhone qui tire son épingle du jeu, déjà parce que c’est du Apple, mais aussi pour son interface et sa simplicité d’utilisation.
Même si les 2 produits sont sur un domaine similaire et vont certainement se livrer une petite guerre, je pense qu’ils sont positionnés différemment, tout va dépendre de la manière dont Google va promettre son OS, un OS pour mobile (qui ne touchera certainement pas le grand public, l’os sera installé sur un mobile, le client qui achète ne le saura pas forcément) ou bien un téléphone Google.
18 octobre 2008 à 17:02
Au delà de la simplicité made in Apple, il y a quelque chose qui est totalement absent de cette analyse et qui est pourtant fondamental dans la politique de la pomme : l’intégration. Particulièrement poussée sous Mac, elle l’est déjà beaucoup moins sous Windows, et effroyablement difficile à mettre en place sous Linux. Ce que veut l’utilisateur, c’est poser son téléphone sur son socle, et avoir immédiatement la synchronisation de ses mails, son calendrier, son carnet d’adresses, ses MP3, ses photos et j’en oublie sans avoir à installer de logiciels spécifiques, coder une demi douzaine de scripts, ou configurer une quinzaine d’outils différents.
J’ai passé 10 ans avec Linux comme OS sur ma station de travail, et je ne compte plus les nuits blanches passées à recompiler les packages et modifier mes scripts pour avoir un minimum d’intégration. J’ai eu un Ipaq 5450 (tout premier PDA avec wifi + bluetooth) il y a 5 ans, j’ai passé 2 mois à tenter de l’intégrer à mon système existant avant d’abandonner (ceci incluant les modifications dans le code des outils buggés que j’utilisais), et c’est une des raisons pour lesquelles je suis depuis passé sous Mac (avec Textmate). Si Androïd permet un tel niveau d’intégration avec l’environnement de ses utilisateurs, dans un packaging sexy, avec une approche marketing cool, alors il a ses chances. Dans le cas contraire, il n’y aura même pas de bataille.
19 octobre 2008 à 3:48
+ avec frédéric.
Je suis passé au Mac pour les mêmes raisons, et l’iPhone a suivi d’une part parce que c’est un excellent produit, mais aussi parce qu’il synchronise mon carnet d’adresses et mon calendrier du Mac, mes podcasts, mes applis, mes photos prises avec… simplement en branchant la prise qui me sert à le recharger.
Même s’il peut y avoir plus performant chez la concurrence (un meilleur appareil photo, de la vidéo etc), avoir un téléphone à jour sans avoir à s’en préoccuper est exactement ce que je souhaitais.
Et puis avoir un navigateur internet qui tient vraiment la route, c’est quand même génial aussi.
19 octobre 2008 à 7:00
Salut Fabrice, super content pour toi et pour les lecteurs de RWW qui auront la chance de te lire. Excellente continuation et a bientot. Amities, Freddy
19 octobre 2008 à 12:48
Intégration pour le iPhone, OS pas forcément limité à un téléphone et ‘open source’ pour Android… Les arguments ne manquent pas (de quoi faire de nouveaux billets :)
Thanks guys!
@Freddy Ravi de te voir là — a très bientôt!!!
20 octobre 2008 à 13:08
Personnellement je vais m’offir un iphone, pourquoi ? Car pour moi c’est le seul qui permet “vraiment” de surfer sur Internet !
20 octobre 2008 à 13:31
Dans tous les cas, Google sera le grand gagnant: avec plus de téléphones capables d’aller sur le Web, il y aura de plus en plus d’Internet mobile, et donc de plus en plus de GoogleAds en mobilité.
Mis à part le débat sur la vision de l’UI et de l’environnement de développement et de distribution, un point me parait essentiel: à terme, tous ces téléphones LG et Samsung tactiles vendus pour une bouchée de pain pourraient être équipés d’Android, alors que l’achat d’un iPhone est forcément motivé par une raison particulière.
Android pourrait l’emporter simplement en étant le choix “par défaut” de ces constructeurs.
Je ne vois pas spécialement Android et l’iPhone occuper des places identiques sur le marché.
20 octobre 2008 à 16:56
@Hadrien Je ne savais pas que LG comptait commercialiser ses téléphones pas cher et avec Android… je suis preneur d’infos la dessus :) Effectivement, ca peut changer pas mal de choses, un acteur comme LG pourrait pré-équiper en logiciel ses téléphones histoire d’offrir une base de logiciels cohérente (et suffisante pour beaucoup d’utilisateurs)…
20 octobre 2008 à 17:43
Pour les membres de l’Open Handset Alliance: http://www.openhandsetalliance.com/oha_members.html
On aura une idée du véritable public d’Android que vers la mi-2009 (voir fin 2009), quand les LG, Samsung et Motorola se mettront à sortir leurs combinés.
Pourquoi continuer à développer du soft dans le cas de ces compagnies, alors que leur savoir-faire est essentiellement sur le hardware ? Autant s’appuyer sur une plateforme existante et gratuite.
D’ailleurs Android n’a pas forcément besoin de périphériques tactiles ou disposant d’un grand écran: il faut se souvenir des premiers prototypes présentés à l’époque.
16 juin 2009 à 21:55
Très intéressant.
Pour ma part j’ai hésité entre l’iPhone et le HTC G2 (sous Android). J’ai été obligé de choisir sans avoir manipulé aucun des deux engins.
J’ai finalement choisi le G2, mais c’est pour une raison qui concernera un public restreint, celui des développeurs. Après avoir f
16 juin 2009 à 21:57
Rendez-vous dans deux jours chez RWW, tu ne va pas regretter ton Android ;-) Je ne t’en dis pas plus… Moi même, qui ai un iPhone, je suis un peu vert…
16 juin 2009 à 22:12
mes excuses, j’ai validé par erreur le message précédent avant d’avoir terminé. Je continue donc:
Après avoir fait joujou avec les outils de programmation, j’ai compris qu’Android permet à des programmeurs “du dimanche” de s’adonner à la programmation d’un téléphone, chose qui était exclue jusqu’à présent (même avec l’iPhone qui nécessite de connaitre une variante du langage C). Les outils faciles d’accès d’Android et la documentation abondante sont une aide importante pour les développeurs.
Maintenant voyons la philosophie Apple. J’ai été propriétaire d’un Mac (le LC475 pour ne pas le citer) de 1994 à 1997. J’en étais absolument amoureux. La philosophie de Steve Jobs était de proposer des produits de toute première qualité à ses clients, en rassemblant les meilleurs talents (graphistes, programmeurs, spécialistes des interfaces). A ce sujet, voir le documentaire “the triumph of the nerds” où dans un entretien, Jobs dit qu’il n’a rien à reprocher à Microsoft en dehors dui fait qu’ils vendent des produits de troisième catégorie (Windows). Mais depuis les années 90, la philosophie Apple a fini par transpirer sur les autres acteurs de l’informatique. Aujoud’hui, Windows est relativement simple à utiliser, même si l’estéthique n’est pas quelque chose de naturel chez Microsoft. Et les programmeurs indépendants, même s’ils ont la tête dure, finissent par intégrer les principes directeurs des interface (Human Interface Guidelines). Bien sûr il reste quelques indécrottables (je pense à AndNav 2 dont l’interface est repoussante). Mais la moyenne “de la classe” augmente.
A ce jour je n’ai toujours pas manipulé d’iPhone. Je ne peux donc toujours pas comparer, mais Android me donne l’impression d’avoir un potentiel immense. A défaut d’être parfait.
Cela étant dit, je ne me suis engagé que pour 12 mois auprès de mon opérateur téléphonique. On n’est jamais trop prudent !
16 juin 2009 à 22:20
J’ai peur que la mainmise absolue d’Apple sur les appli reproduisent ce que l’on a connu dans les années 80 – 90 entre Apple et Microsoft. L’iPhone est impressionnant, très impressionnant. C’est un tout parfaitement intégré, pas spécialement un téléphone, ni un ordi qui ferait téléphone…
Bon, ceci dit, je n’ai pas encore eu d’Android dans les main…
16 juin 2009 à 22:23
C’est mystérieux… Je me demande bien ce qui va se passer dans 2 jours. OK, le rendez-vous est pris.
16 juin 2009 à 23:03
Une appli de folie pour Android… un truc qu’on a vu dans Star Trek et Star Wars… faut que je finisse l’article :-)
15 octobre 2009 à 10:26
Je possède un HTC depuis que HTC fait des téléphones !
Nous venons malheureusement de passer de win 6.truc à win 6.machin..
Je me demande de qui se moque-t-on !
Je viens d’offrir un iphone (…) je me suis posé, j’ai regardé la bête, celui qui à fait ça vient de révolutionner pour longtemps
L’ère du portable. C’est une merveille d’ergonomie et de design, le system d’exploitation (pas vu, sur cet engin)
C’est comme pour la musique, Il y à Mozart et les ………. !
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