Le Web 2.0 Expo Berlin nous a donné l’occasion d’assister à quelques sessions intéressantes sur des thèmes comme le développement d’applications, le design et la vision de l’expérience utilisateur, les stratégies de développement et les modèles économiques possibles, ainsi que le marketing et la gestion de communauté qui peut être fait autour des applications et plateformes. Mais la partie la plus intéressante a définitement été d’avoir l’occasion d’interviewer Tim O’Reilly, fondateur et CEO de O’Reilly Media, Brady Forrest, en charge des conférences « Where 2.0″ et « Emerging Technology » de O’Reilly, et Jennifer Pahlka, General Manager du Web 2.0 expo.
Nous avons eu droit à 1h de questions réponses avec ces 3 personnes et en avons filmé l’intégralité. Les vidéos viendront dans un second temps mais il nous semblait intéressant de parler de quelques thèmes abordés :
Après l’annonce de la mort du Web 2.0 en décembre 2005 via un article de ZDnet, et l’annonce d’une nouvelle zone de turbulences pour les entreprises du web faite par les investisseurs américains, avec en chef de file Sequoia (voir l’article disponible sur GigaOm), la question de changer le nom de la conférence a été posée à Tim O’Reilly. La réponse a été claire et sur le point du terme « 2.0″, il n’a jamais été présenté comme une version nouvelle du web, mais une manière de dire qu’il n’est pas mort suite à la bulle Internet, mais qu’au contraire il est encore plus vivant. Les startups ont continué à se développer, mais cette fois-ci en ajoutant le concept du « network as a platform » (le réseau comme plateforme de diffusion) dans leur développement, comme toutes les applications sur mobile et les réseaux sociaux le prouvent.
Une autre question s’est portée sur la capacité du web et des startups à connecter le monde réel à la sphère virtuelle. A cette question Brady Forrest a apporté un exemple comme preuve, celui de la startup allemande Aka-Aki qui permet d’utiliser le mobile pour savoir si les amis d’un utilisateur de ce service sont à proximité (AkiAki permet de détecter la proximité d’un ami dans une zone de 15 km, en Allemagne uniquement pour le moment). Le web est un accélérateur de rencontres, et la limite dans la connexion entre monde réel et virtuel n’est fondé que sur les limites fixées par les utilisateurs via la quantité d’information qu’ils fournissent aux différents services web auxquels ils sont inscrits. Jennifer Pahlka ajoute que les personnes veulent se retrouver dans la vie réelle, et que le web permet de générer de nouvelles rencontres grâce aux fonctionnalités de recherche par centre d’intérêt (comme sur Facebook, Twitter, et les réseaux professionnels comme LinkedIn).
A la question « Quel est votre avis sur l’utilisation du marketing en utilisant les réseaux sociaux et les médias sociaux (comme Dell avec IdeaStorm, Starbucks, Cisco et d’autres), et que pensez vous que l’implication des consommateurs va changer dans le développement des entreprises ? », Tim O’Reilly a répondu que ce type de marketing était ce qu’il y avait de plus efficace, précisant que c’est ce que O’Reilly Media faisait depuis plus de 5 ans, et que les chefs d’entreprises les plus intelligents mettaient en place des stratégies en utilisant le web comme moyen d’entrer en contact direct et rapide avec les consommateurs et clients. Zappos (vente en ligne de chaussures aux Etats-Unis) le fait et connait un grand succès grâce à cette communication différente, le modèle Open Source s’est développé sur cette idée, tout comme le developpement du marché des PC ou de Linux. Robert Scoble a donné une forme humaine à Microsoft en devenant son bloggeur officiel dans le monde Internet. Les entreprises vont progressivement apprendre à utiliser ces nouveaux canaux, et celles qui n’auront pas su maîtriser cette nouvelle forme de communication seront en situation de faiblesse. Les startups devront comprendre qu’il ne suffit plus de développer leurs produits, mais que la communication est tout aussi importante, et le travail de relation publique devra s’adapter à cette nouvelle forme de communication plus informelle. Jennifer Pahlka ajoute que, comme dans les années 90 toutes les entreprises cherchaient un webmaster, aujourd’hui elles cherchent des community manager.
La vidéo complète de l’interview sera mise en ligne rapidement, ainsi que des séquences en fonction des thèmes abordés.
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