ReadWriteWeb a toujours été critique à propos des concessions faites par les grands acteurs du web face aux régimes autoritaires un peu partout sur la planète, et l’annonce de Google et de Yahoo! a évidement attiré notre attention.
Le site GlobalNetworkInitiative se veut le reflet de deux années de travail en commun destiné à supporter les droits de l’Homme tout en continuant à opérer dans des zones géographique où cela n’est pas, c’est le moins que l’on puisse dire, populaire.
Cela aura-t-il le moindre effet ? Pour reprendre la conclusion que fait Rebecca Mac Kinnon, une ancienne de CNN : peut être.
Petite histoire (récente) de la violation des droits de l’Homme sur le web
Que reproche-t-on aux géants du web ? Voici un petit aperçu de ce qui nous a choqué ces dernières années…
En avril 2004, le journaliste Chinois Shi Tao commet l’erreur d’utiliser son mail Yahoo! pour envoyer à un site pro-démocratie basé aux Etats Unis un compte rendu d’une directive gouvernementale donnant pour instruction aux média de ne pas faire état de la commémoration des évènements de Tien’anmen. Il sera arrêté 8 mois plus tard, grâce à la complicité de Yahoo!, et condamné à 10 années de prison pour transmission de secret d’état à une puissance étrangère (source : Amnesty International)
Google censure les images et pas mal d’informations à la demande du gouvernement Chinois.

(images de Search Engine Watch )
Youtube a censuré, puis remis en ligne, tout en supprimant le compte de l’utilisateur, une vidéo d’un activiste Égyptien montrant les brutalité policière courantes dans le pays. Youtube, face à la pression internationale, a fini par remettre en ligne la vidéo.
L’avenir sera-t-il meilleur ?
Tout cela ne sont que des exemples parmi d’autre. L’initiative prise aujourd’hui par Yahoo! et Google permettra-t-elle d’améliorer cela ? Il est permit d’en douter. Ce n’est pas la première fois que des entreprises prise la main dans le sac promettent de mieux se comporter pour oublier rapidement leurs belles parole, et l’histoire (j’y reviendrais) montre que d’autres ont fait bien pire, et à plusieurs reprise, sans jamais avoir à rendre de compte. Difficile pour une entreprise dont la fonction première est de générer du profit, et qui lorgnent sur ces immenses marchés que sont la Chine et le Moyen Orient, de ne pas jeter un voile pudique sur ce qui pourrait leur fermer une source de revenu colossale.
Pas de conclusion pour l’instant donc, juste une vigilance renforcée, et en lieu et place de mot final, je vous propose la lecture d’un extrait du billet de Rebecca MacKinnon, traduit ci dessous.
Les organisations comme Human Right Watch, Human Rights in China, Human Rights First ainsi que le Committee to Protect Journalists ne mettraient pas leur réputation en jeu en s’associant à un tel projet si elles le pensaient vide de sens.
Ceci dit, cette initiative se doit de prouver dans les années à venir sont utilité en mettant en place un moyen de diffuser ses idées dans la culture des entreprises, ainsi qu’en mesurant de façon rigoureuse l’adhésion des entreprises à ces principes. S’il existe un process rigoureux de notation des entreprises, alors les investisseurs qui se soucient de leur responsabilité sociale, ainsi que les utilisateurs soucieux de ne pas voir leur confiance trahie, pourront comparer la conduite des différentes sociétés et prendre des décisions éclairées.
Cette initiative est également basé sur le fait qu’il n’existe pas un gouvernement sur la planète, Etats -Unis (et France, ndt) compris, qui n’exerce pas de pression sur les fournisseurs d’accès internet en vu de pouvoir potentiellement attenter aux droits des internautes à la vie privée et à leur liberté d’expression. Les entreprises doivent considérer que le respect de la vie privée et de la liberté d’expression sont une part importante de ce qui les rend socialement responsables, et ce quel que soit le marché sur lequel elles opèrent. Une partie du problème réside dans le fait que les entreprises n’y on tout simplement pas réfléchit. [...] Il s’agit également d’être plus transparent et honnête avec ses utilisateurs sur ce que les entreprises censurent, pourquoi elle le font, et comment elle réalisent cette censure, ainsi que de les informer sur la façon dont leurs informations personnelles sont stockées, partagées et utilisées. C’est la seule façon pour permettre aux utilisateur de prendre des décisions éclairées sur la meilleure et la plus sécure façon d’utiliser leur services, ou de ne pas le faire.
et pour le plaisir, cette petite vidéo qui fait le tour du problème (en anglais)
(adapté d’un billet de Marshall Kirkpatrick)












