Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ?

résumé :
Le « Rapport Hadopi » n’est ni plus ni moins qu’une opération d’intox – reprise en coeur dans les média début novembre – menée par l’industrie de la Culture et destinée à influencer le parlement, qui doit voter la loi Hadopi en janvier prochain. C’est une chose de le dire, c’est autrement plus long à démontrer. Pour cela, il va vous falloir lire la suite… Désolé pour la taille de ce billet… 

10.000, rien que ça, c’est le nombre d’emplois directs et indirects qui auraient été détruits en 2007 par les vilains pirates. C’est en tout cas la conclusion à laquelle arrive le « Rapport Hadopi » (à télécharger ici) réalisé par le cabinet d’expertise économique Tera Consultants et commanditée par Equancy.

Frustrés de ne voir, à quelques exceptions près, que de plats communiqués de presse recopiés à la va-vite, la news n’ayant malheureusement pas été jugée suffisamment importante pour n’être autre chose qu’une dépêche AFP (en même temps, il faut bien dire qu’un milliard de pertes, de nos jours, cela passe plutôt inaperçu), nous avons voulu en savoir plus et nous nous sommes procuré le Rapport Hadopi.

Le Rapport Hadopi sera également gracieusement distribué à nos représentants politiques, au premier rangs desquels notre ministre de la Culture, Christine Albanel, à qui le Rapport Hadopi sera remis en grande pompes ce mercredi 19 novembre. A elle la charge de le photocopier et de le distribuer massivement aux centaines de députés ainsi qu’à leurs assistants (elle a du personnel, rassurez-vous), afin que nos chers parlementaires puissent voter en toute connaissance de cause sur la loi Hadopi en janvier prochain.

Il faut dire que la loi étant passée en première lecture au sénat, et ce malgré les protestations de la CNIL et de Bruxelles, il ne manque plus qu’un petit coup de pouce pour faire passer la pilule. Le voilà, sous la forme de 73 pages, écrites en gros caractères à double interlignage (moyenne d’âge à l’assemblée oblige ?).

Au préalable, je vous dois une confession. Je ne suis pas journaliste, ça, vous avez pu vous en rendre compte, même si je m’efforce d’en respecter les règles, mais je ne suis pas non plus bloggeur. Non, dans la vraie vie, je suis, entre autres, consultant. En stratégie Internet, qui plus est. C’est vous dire si je mange ce genre d’étude au petit déjeuner, et ce depuis de nombreuses années. C’est une chance : ces milliers d’heures à lire d’obscurs textes, souvent rédigés dans un style lourd et pataud, vont me servir à autre chose qu’à prédire l’avenir à mes clients. Qui plus est, le Rapport Hadopi est rédigé en Français. Une aubaine, tant les plus grands spécialistes internationaux sur la question, parmi lesquels on compte – cocorico – plusieurs Français, se bornent, c’est une habitude chez les scientifiques, à écrire en Anglais. Cerise sur le gâteau, le texte semble s’être abstenu de tout ce formalisme académique, qui rend les écrits scientifiques aussi difficiles à digérer qu’un cassoulet bien arrosé.

Non, ici, c’est du light, du weight watchers, c’est facile à lire, et l’usage des neurones est facultatif tant rien ne vous incite à la réflexion tout au long des 73 pages du Rapport Hadopi. Un idiot y trouverait une lueur, si ce n’est d’intelligence, du moins, de bases nécessaires pour étayer ce qui lui semblerait être le fruit de sa propre réflexion.

Ne soyons pas présomptueux (un peu ? si, quand même) : la plupart des destinataires du Rapport Hadopi n’iront pas jusqu’à le lire en intégralité, ils se contenteront du traditionnel ‘executive summary’.

Le sommaire qui exécute (traduction libre)

Qu’y lit-on ? Oh, ma foi, tout y est, inutile de pousser plus loin, nul besoin de lire 73 pages de schémas et de chiffres, ami député, noble sénateur, ton temps est précieux, et en deux pages écrites en gros caractères, voici la substantifique moelle d’une prose qui, pour le coup, n’a rien de Rabelaisienne.

«  La copie illégale via l’Internet d’œuvres numérisées est un phénomène massif. »

Oui, non seulement c’est vrai, mais d’indiscutables preuves sont là pour en témoigner, le piratage, ou tout du moins l’utilisation des technologies Peer to Peer sur internet, est un usage grand public de plus en plus populaire.

Comment prétendre le contraire ? C’est une évidence, et jusqu’ici, je ne peux qu’abonder dans le sens de l’auteur de cette étude. Mais qui est-ce, d’ailleurs ? Le Rapport Hadopi, en effet, porte pour seule signature, les logos des sociétés qui l’ont, respectivement, commandité et réalisé.

Continuons cet « executive summary », qui commence décidément sous les meilleurs auspices, en enfonçant une porte ouverte.

« Cette pratique a un impact économique car elle induit inévitablement une moindre activité, voire une contraction de l’activité des secteurs qui la subisse. »

Inévitablement. Tiens. Cette porte là n’était pas ouverte, mais la voilà qui vole en éclats, sans même interrompre la sieste d’un sénateur, pour qui cette assertion peu sembler, ma foi, tout a fait logique. La Terre est plate, circulez, y’a rien à voir. Au XVIe siècle, personne n’aurait trouvé à y redire… Ou presque.

Nous le verrons, cette ‘évidence’ est loin, très  loin, d’avoir été prouvée à ce jour. La réalité est pour le moins… dérangeante, pour les partisans de la loi Hadopi tout du moins, car plusieurs études – scientifiques, elles, – ont tendance à démonter… le contraire.

Par scientifique, j’entends une étude publiée sous le sceau d’une institution scientifique – une Université ou une Grande Ecole, la plupart du temps – ou d’une institution internationale reconnue, ou bien encore d’une revue reconnue pas l’institution scientifique, mais pas par une officine privée aux intérêts pour le moins obscurs (enfin, pas vraiment, Equancy, la société qui à commandité le Rapport Hadopi, poétiquement intitulé « Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France », a pour client, entre autre, la FNAC, qui était dirigée il y a peu par… Denis Olivennes, l’instigateur de la loi Hadopi. De son coté, Tera Consultants, qui a réalisé l’étude, compte Vivendi parmi ses clients). Mais passons sur ces détails mesquins et continuons cette passionnante lecture…

« Cela induit une perte de chiffre d’affaires et une perte d’emplois. »

Cela paraît évident, dans une entreprise, là où il y a perte de chiffre d’affaire, il y a perte d’emploi. A moins d’une baisse subite de la productivité et des salaires, nous sommes là face à une vérité bien assénée.

Nous voilà donc face à un gros raccourci (piratage = baisse des ventes) entouré de deux évidences, appelées à la rescousse pour mieux faire passer la pilule.

Ce premier paragraphe résume à lui seul parfaitement le reste de l’étude. C’est, après tout, ce que l’on attend d’un executive summary, et en ce sens, c’est un modèle du genre.

A aucun moment dans le reste du Rapport Hadopi, cette ‘évidence’ ne fera l’objet d’une quelconque tentative de démonstration, c’est tout juste si elle sera appuyée par un obscur sondage (page 17), réalisé par la BPI, l’équivalent anglais de la RIAA américaine et du SNEP Français. Comment douter de l’objectivité d’un tel acteur ? On invoquera également, au passage, la mort de la théorie de déstruction créatrice de Schumpeter, mon économiste préféré, qui doit se retourner dans sa tombe.

Pour ce qui est de calculer un « taux de substitution », c’est à dire la mesure de la perte induite, en terme de ventes, par le téléchargement illégal, le « chiffre magique » qui permet d’affirmer que pour 100 téléchargements de fichiers, on a x ventes perdues, on fera (page 19) appel à un véritable texte scientifique - une fois n’est pas coutume -, écrit par Peitz et Waelbroeck, mais on se gardera bien – un malheureux oubli, sans doute – d’en donner la référence précise (pas de chance, le voici).

Certes, cette étude, qui porte sur les années 1998-2002, conclue à une perte en terme de ventes induite par le téléchargement illégal, ce que peu d’économistes contestent sur cette période. Par contre, la plupart se rejoignent pour dire qu’une fois cette pratique adoptée par un large public (2005-2008), l’effet « sampling », qui a fait des gros téléchargeurs des découvreurs/prescripteurs et des surconsommateurs de produits culturels légaux, a fait, au minimum, plus que compenser les pertes induites par le téléchargement. Pourquoi donc utiliser un chiffre portant sur une période datant d’il y a dix ans alors que le monde fourmille de données à jour ? Mystère. Mais le plus important ici est ailleurs. Retenez le nom de l’auteur de l’étude sur laquelle s’appuie le chiffre fondateur de tout le Rapport Hadopi, et qui lui permet d’arriver à 1,2 milliard de pertes : Waelbrock. Nous y reviendrons par la suite.

Et la lumière fût !

Le deuxième paragraphe à pour but d’enfoncer le clou, en nous montrant à quel point, sans le Rapport Hadopi, nous aurions pu tous mourir dans l’ignorance la plus crasse.

« Cet impact purement économique de la copie illégale en France a été peu étudié. La présente étude comble ce manque. »

Mon Dieu. Dire que sans le Rapport Hadopi, nous serions restés dans l’obscurité. Dire que face à un phénomène clairement identifié depuis des années, aucun scientifique Français ne s’est penché sur la question. Quelle honte, quel scandale, honni soit cette institution universitaire paresseuse, qui ne s’occupe que de sujets futiles. Doit-on cet oubli de la part de nos scientifiques nationaux aux récentes baisses de crédits ? Au manque d’intérêt de la communauté scientifique pour le sujet ?

Après une rapide enquête, il semblerait que cela soit, en réalité, dû à une petite erreur qui se serait malencontreusement glissée dans le texte de l’étude (le correcteur automatique d’orthographe de Word est parfois vicieux). En pratique, il fallait probablement lire :

« Cet impact purement économique de la copie illégale en Français a été peu étudié. La présente étude comble ce manque. »

Car oui, les scientifiques Français on l’impudence de publier leurs travaux… en Anglais. Et le manque de crédits évoqué plus haut est très certainement responsable de l’absence de traduction Française. Il était donc bien indispensable de réaliser une étude écrite dans la langue de Molière, afin de permettre à une classe politique, dont la pratique de l’anglais nous a ridiculisé à travers le monde entier, d’accéder, enfin, au savoir.

Sauvez l’emploi, à défaut de notre pouvoir d’achat

Alors que le concept était sérieusement passé de mode, remplacé dans le cœur des Français par une envie frénétique de consommer plus pour acheter plus (à moins que ce ne soit l’inverse), la crise économique sonne le grand retour des hits des années 80, au premier rangs desquels l’emploi, et la peur de sa perte.

Quand les réformes à faire passer sont difficiles, ou tout simplement inacceptables, l’avidité, l’égoïsme, et l’envie irréfléchie de consommer toujours plus ne suffisent plus. Non, pour y arriver, rien ne vaut la peur.

Georges Bush a bien fait passer le Patriot Act grâce à la peur, il nous faut, à défaut d’un 11 septembre sur notre sol national, foutre la trouille aux Français – aux électeurs, et plus précisément à ceux qu’ils élisent – afin de faire passer la pilule Hadopi. Votez, votez, braves représentants du peuple, car sans cela, vous aurez 10.000 chômeurs sur la conscience d’ici à la fin de votre mandat. D’accord, 10.000 chômeurs, c’est pas grand chose à coté du 11 septembre, mais la loi Hadopi, c’est pas si terible, à coté du Patriot Act… Non ? Il vous en faut plus ?

Et bien pour le même prix, mesdames et messieurs, oui exceptionellement, nous allons doubler la mise, rien que pour vous. Car aux 10.000 chômeurs, il convient d’en ajouter, toujours selon le Rapport Hadopi, 10.000 supplémentaires d’ici 2012. En effet, si seulement 58% des français sont connectés aujourd’hui, faisant du pays l’un des plus sous-équipés du monde ‘développé’, Eric Besson nous l’a promis, d’ici peu, c’est toute la France qui surfera en haut débit. Si rien n’est fait, donc, avec 100% de Français connectés sous peu, c’est le double de pirates, et le double d’emplois perdus. Regardez où en sont les Suédois, ce peuple de dégénérés, massivement connectés, qui abritent la Mecque des pirates et dont le taux de chômage est affolant (enfin, presque).

Résumons. 5000 emplois directs, 5000 emplois induits. 5 et 5 font 10. Multiplié par Eric Besson, soit 2, ça fait 20.000 chômeurs. Dire que certains osent prétendre que l’économie c’est compliqué.

L’économie, de toute évidence, se résume à des opérations mathématiques à la portée d’un élève de sixième. A de multiples reprises, on nous montre de façon schématique les chaines de valeur de diverses industries culturelles, on y appose quelques opérations (multiplication et addition, en pratique, on est plutôt au niveau CE2), et on en déduit une perte sèche pour le secteur tout entier.

La copie, si elle était issue d’une école primaire, aurait cependant droit à une note médiocre, tant les lacunes sont évidentes. L’idée que le téléchargement d’une œuvre – film, musique, peu importe – entraine un manque à gagner en terme de vente, quel que soit le ratio qu’on applique entre ces deux faits, encore une fois, n’est démontré nulle part (et pour cause). On se contentera de s’appuyer sur des données calculées pour appréhender le marché tel qu’il était à la fin du siècle dernier, ou sur un obscur sondage portant, qui plus est, sur tout autre chose, financé – devinez – par l’industrie du disque (BPI Market Information n ° 274, du 25 Août 2006, page 4, cité page 17 de l’étude, seule donnée de l’étude dont je n’ai pu remonter la piste, et qui porte sur le ‘taux de substitution’ entre un CD piraté vendu à la sauvette et un CD acheté en magasin. Inutile de vous dire que, pour l’instant, le BPI ne répond pas à mes emails).

Pire, on a oublié – c’est ballot – de prendre en considération les recettes nouvelles apportées par ces foutus nouvelles technologies. Sonneries téléphoniques ? Un business florissant qui se compte en centaines de millions… Oublié. Taxes sur les CD vierges et les disques durs ? Oubliées. Augmentation des revenus du spectacle vivant ? Oublié. Part de marché sans cesse grandissante du jeu vidéo dans le budget culture des Français ? Oubliée. Chiffre d’affaire des réseaux sociaux en ligne orientés musique, tels que MySpace ? Oublié. Radios en ligne ? Oubliées. Auto-production d’un nombre grandissant d’artistes qui décident de voler de leurs propres ailes ? Oublié. Nouveaux réseaux de distribution alternatifs ? Oubliés. Et enfin, l’explosion du marché de l’occasion C2C sur le segment des produits culturels ? Oublié (pour être franc, j’en oublie probablement moi même, n’hésitez pas à me les signaler en commentaire).

Et si c’était là dedans que les 1,2 milliards de l’industrie culturelle avaient disparu ? Non, pensez donc, le niveau de vie des Français a tellement augmenté ces dix dernières années qu’ils se sont juste contentés d’augmenter leur budget loisir…

Ce n’est pas tout, si les auteurs de l’étude semblent avoir des difficultés avec les soustractions, ils maitrisent l’addition à merveille.

Ainsi, un méchant pirate qui télécharge un film représente une perte pour les entrées en salle, la vente de DVD, la VOD et les revenus publicitaires liés à la diffusion du film à la télévision (je vous fais grâce des chaînes payantes).

Diantre. Rien que ça.

Les pirates doivent être rudement intelligents, à moins que ce soit ceux qui ne piratent pas qui soient frappé de crétinisme, et qui, c’est bien connu, cumulent pour un même film, une séance en salle, suivie, 6 mois plus tard, de l’achat du DVD, puis quelques temps après, de sa location en VOD (le DVD ayant certainement été égaré), le tout finissant sur TF1 pour regarder, à nouveau, le dit film, en profitant à l’occasion d’une coupure publicitaire bien méritée, après tant d’efforts et d’imbécillité.

Précision importante, le ‘non pirate’ prendra soin de réaliser tout cela dans une intimité strictement contrôlée, afin de ne pas faire mentir le Rapport Hadopi, car du coté de l’imputation des pertes liées au téléchargement illégal, on n’a pas oublié de prendre en considération les amis qui peuvent se joindre au pirate pour regarder un film (chose que tout citoyen responsable s’abstient de faire avec un DVD ou de la VOD), ou ceux à qui le pirate à donné une copie (qui oserait prêter un DVD ou pire encore, le revendre après l’avoir vu, en utilisant, encore une fois, ces abjectes nouvelles technologies qui rendent décidément la vie si difficile à nos gentils industriels de la Culture). Cela parait idiot, mais cet habile stratagème est responsable, à lui seul, d’un accroissement de 113% des dégâts financiers imputables au téléchargement d’un DivX (51% liés au prêt, et 62% d’amis qui sont aux cotés du pirate lors du coupable visionnage, page 35 du Rapport Hadopi).

Ajoutez, pour pimenter la sauce, des chiffres tous fournis généreusement par l’industrie censée subir ces lourdes pertes, et vous arrivez au résultat qui vous fera plaisir, il vous suffit d’ajuster les variables. Sur une suite d’additions et de multiplications, c’est une équation assez simple. Disons qu’un élève de quatrième devrait y parvenir sans difficultés. C’est d’autant plus facile que les chiffres clés, ceux qui impactent réellement le calcul de la perte collossale d’1,2 milliard revendiqués par le Rapport Hadopi, sont fournis par ceux qui – surprise – sont censés perdre cet argent (ou les ‘associations’ qu’ils financent). Un modèle de rigueur scientifique.

Car oui, les chiffres utilisés dans le Rapport Hadopi, à défaut d’être incontestables, sont incontestés, et l’on s’attend à ce que vous fassiez de même : leur provenance ne prête pas à discussion, jugez plutôt de l’impartialité des fournisseurs, et surtout, de leur contributions respectives, avec, par ordre d’apparition : Nielsen/Netrating (p9), le Ministère de la Culture (page 10), l’Observatoire de la Musique (pages 12 et 13), le SNEP (pages 14, 15, 16, 17, 18, 51 et 63), le CNC (pages 19, 23, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 34, 37, 42 et 43), l’IPI (page 20), l’ALPA (pages 23 et 35), Xerfi (pages 24, 26, 28, 42, 57 et 59), GfK (pages 29, 42 et 51 ), Mediametrie (pages 43), TF1 (page 43), M6 (page 43), France Télévision (page 43), Canal+ (page 43), la FNAC (pages 48 et 59) et le SNE (pages 54 et 59).

Je ne résiste pas à un petit camembert, après tout, pourquoi s’en priver, cela n’a pas grande valeur scientifique, mais ça fait plaisir, et éclaire malgré tout un petit peu sur la situation, non ?

Mon Dieu, se pourrait-il que tout cela ne soit qu’un procès à charge ? Je n’ose le croire. ;)

A ce stade, il est utile de préciser qu’à aucun moment, et contrairement à tous les autres travaux sérieux faits sur le sujet, la moindre institution n’a cautionné le Rapport Hadopi. Ni l’université Panthéon-Assas dans laquelle exerce le fondateur de Tera Consultants, la société qui a réalisé l’étude, ni la prestigieuse ENST, l’Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications, dans laquelle il intervient, n’ont apporté leur aura, ne serait-ce que par l’apposition d’un logo, aux contenus de cette étude… Et pour cause. On trouve, dans les murs même de l’ENST, l’un des plus grands spécialistes Français de la question, et son avis est… comment dire… quelque peu divergeant.

La Science entre en scène

Patrick Waelbroeck est maitre de conférence à l’ENST, au département des sciences sociales et économiques. Vous vous souvenez de lui ? C’est de l’un de ses travaux qu’est issu le ‘chiffre magique’ censé justifier les pertes en terme de ventes induites par le téléchargement illégal. Ses recherches portent sur l’économie de la science de l’innovation et la microéconométrie appliquée. Un truc compliqué, où l’on utilise des outils mathématiques autrement plus complexes que l’addition et la multiplication.

Ses travaux, eux, portent le sceau de l’ENST, de l’Université Internationale Allemande, du CESifo, ou bien encore de la Sauder School of Business, et sont publiés un peu partout dans les circuits académiques, ou dans d’austères revues comme la Review of Economic Research on Copyright Issues.

On ne peut s’empêcher de penser que les auteurs de l’étude ne connaissent non seulement pas Google,  qui les auraient mené rapidement chez Waelbroeck, mais également que l’ENST manque cruellement de communication interne, car Patrick Waelbroeck et Laurent Benzoni, le fondateur de Tera Consultants, la société qui a réalisé le Rapport Hadopi, y travaillent l’un comme l’autre. Curieux… Pourtant, le Rapport Hadopi affirme, dans son introduction, qu’en France, le sujet «a été peu étudié»… Patrick Waelbroeck, qui travaille à Paris, a réalisé pas moins d’une douzaine de travaux, la plupart co-signés avec différents spécialistes internationaux de la question.

D’un naturel curieux, j’ai entamé la lecture de quelques uns des ses travaux… Autant le Rapport Hadopi peut se lire dans le métro en rentrant du bureau, autant les travaux de Patrick Waelbroeck demandent un environnement plus propice à la concentration. C’est difficile à lire, et il y est même parfois… un peu vexant.

Dans « Piratage des biens digitaux : une revue critique des travaux économiques »,  à la page 13, on peut y lire (en anglais) :

Ca, un exemple simple ? De qui se moque-t-on ?

Bon, heureusement, Patrick Waelbroeck fait, lui aussi, des executive summaries, sauf que chez les scientifiques, les vrais, cela s’appelle un abstract.

On y apprend que, selon les scientifiques sérieux, et selon des études réalisées en France sur un échantillon fait de petits français, le piratage de films aurait tendance à faire augmenter la consommation légale de films, que parmi les vilains téléchargeurs de mp3, se cachent bon nombre d’ « explorateurs » qui achètent bien plus, du fait de leur trouvailles, que le piratage pourrait être, en réalité, une aubaine pour l’industrie du disque,  et enfin, que l’appréhension économique du phénomène du piratage demande des outils un tantinet plus sophistiqués que les additions et les multiplications (on s’en doutait un peu). Enfin, on trouve un guide à destination des économistes pour aborder l’économie de la musique digitale. Utile, pour peu qu’on ai le niveau – doctorat en microéconomie minimum – pour réaliser ce genre d’études sans sombrer dans le ridicule.

Le problème, c’est que, en dehors des abstracts qui sont faciles à lire, ce sont des études scientifiques sérieuses, écrites en petits caractères, truffées de chiffres et de références, et où le moindre phénomène est appréhendé à travers des équations particulièrement complexes. Alors, pour ceux qui n’ont pas de doctorat en économie, Patrick a la bonne idée de participer à un excellent blog, édité par Telos, dont nous ne pouvons que vous recommander la lecture. Ses billets, ont des titres évocateurs : Malgré l’eau du robinet, les marchands d’eau en bouteille gagnent de l’argent… Frappant, comme analogie, non ?

Et là,  ami scientifique, qui êtes arrivé sur ReadWriteWeb suite à un buzz quelconque ou à travers l’email rigolard (ou rageur) d’un collègue, vous allez me dire que ne prendre qu’un seul point de vue opposé n’est pas, en soi, une approche d’une rigueur scientifique irréprochable. Vous avez bien raison. Il me faudrait, pour enfoncer le clou, remonter plus haut dans le classement de Shangaï, aller plus haut, comme le réclame Tina Arena, la philosophe tant appréciée des vilains pirates de mp3.

Tout en haut du classement, on trouve Harvard, l’uber prestigieuse université Américaine, dont les diplômes en économie valent de l’or (dans tous les sens du terme).

Felix Oberholzer-Gee est professeur à la Strategy Unit de la célèbre Harvard Business School. Ses conclusions sont similaires. Selon lui, le piratage n’affecte en rien les ventes de disques, les raisons sont à chercher ailleurs. Felix est du genre obstiné, il étudie le phénomène depuis pas mal de temps, et ses conclusions ne varient guère, ce qui ne l’empêche pas, année après année, de publier ses travaux.

A ce stade, les scientifiques devraient êtres convaincus, mais qu’en est-il des destinataires du Rapport Hadopi, nos chers parlementaires ?

Ceux-ci auraient, c’est bien naturel, tendance à faire confiance à des gouvernements, esprit corporatiste oblige. Imaginez leur réaction s’ils savaient que le ministère de l’industrie Canadien, pas vraiment connu pour être fantaisiste, a commandité une étude qui montre, elle aussi, la même chose.

Diantre. Mais… on m’aurait menti ?

Même l’OCDE s’y met et abonde dans ce sens

Bon, résumons. Le piratage n’a aucun impact sur les ventes de biens culturels, le débat porte, en réalité, plutôt sur la question suivante : il est bien possible que le piratage booste les ventes et soit une opportunité, offerte à l’industrie culturelle, pour réduire drastiquement ses dépenses marketing (l’industrie du porno, qui se garde bien de poursuivre le moindre pirate, l’a bien compris, sans même évoquer Radiohead). Harvard n’en est pas totalement convaincu mais n’exclu pas cette hypothèse. A l’ENST, on y croit, tout comme au ministère de l’industrie Canadien. L’OCDE ne se prononce pas mais confirme que la raison du déclin des ventes n’est pas liée à l’explosion du piratage. Une chose, c’est clair, fait l’unanimité : la chute drastique des ventes n’est en rien imputable au téléchargement illégal.

Alors, il est où le problème ?

Le problème est de deux ordres. Le premier est drôle, le second l’est moins, mais il a le mérite de répondre au premier.

Si on tolère, parce qu’il est économiquement inoffensif pour l’industrie de la Culture, le piratage ; c’est à dire que l’on met à mort une partie du concept de propriété privé, connue sous le nom de copyright ou de droit d’auteur, celle qui s’applique aux biens culturels digitaux ; comment justifier, ou reconstruire, ce fondement de la société capitaliste qu’est  la propriété privée ? Pire encore, comment construire la société de demain sans ce fondement, et par quoi le remplacer ? Comment justifier le maintien de ce socle du capitalisme sur une part grandissante des biens de consommation, les produits culturels digitaux ? Et pour finir, comment construire une société mondiale, basée sur le droit fondamental à la Culture – au même titre que la Liberté d’expression – pour tous, partout ?

Pas facile.

Le deuxième problème est moins drôle, c’est la réponse de notre gouvernement à la première question : la dictature.

Si la loi Hadopi n’a pas pour objectif de protéger l’industrie culturelle, quel est son but ? Pourquoi confier respectivement à une officine privée et à l’administration plutôt qu’à la police et à la Justice, le soin de « surveiller et punir » ?

La loi Hadopi ne serait-elle pas que le premier volet d’une longue série qui instaurera, petit à petit, amendement après amendement, au gré opportuniste d’événements savamment mis en scène ou théâtralisés, une véritable dictature moderne, faisant d’Orwell un prospectiviste plus qu’un auteur de fiction, et dont le seul but est le maintien d’un système économique devenu, de toutes évidences, un peu obsolète ?

Ne serait-il pas plus raisonnable d’abandonner l’idée de propriété privée sur les biens culturels numériques, couper un membre gangrené du capitalisme, en quelque sorte, plutôt que de laisser pourrir sur pied tout l’édifice de la démocratie qui le soutien ? Je ne prends ici pas particulièrement position, je me contente de poser la question.

Je conclue par le seul élément de cette étude qui me semble être frappé du sceau de la vérité, son titre :

Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France
Quand le chaos économique s’immisce dans la révolution technologique

Ca fait peur, hein ? Bienvenue au XXIe siècle, où même les luttes sont numériques.




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161 commentaires pour cet article

  1. Simon

    great article!

    ce fut rude mais nous arri­vâmes jusqu’au bout ;)

  2. Erwan

    Ben voilà, qu’est-ce que je disais. Un bou­lot de qua­lité n’a pas besoin de méthodes de pro­mo­tion moi­sies. Après, on a de biens jolis commentaires ! ;)

  3. Boris Schapira

    Merci pour cet article très inté­res­sant. Tu as dû y pas­ser un paquet d’heures !

  4. jammer

    Hélas, nos chers par­le­men­taires ne doivent pas spé­cia­le­ment appro­cher d’un ordi­na­teur (bon, peut être pour jouer au soli­taire quand même) et ne risquent pas de lire autre chose que ce char­mant tissu de men­songes!
    Pôvre france (non, je ne suis pas sur qu’elle mérite encore un F).….

  5. tomy13

    Bravo très bonne ana­lyse, dans la série des « on a oublié », oubliées peut-être les daubes com­mer­ciales qui ne se vendent pas tel­le­ment sont moches. (Il y en a beau­coup).
    Pour les emplois per­dus cer­taines piste sont oubliées aussi http://www.sntpct.fr/index.php?ref=44&type=cine&menu=FONDS+DE+SOUTIEN+DE+L%92ETAT
    http://www.adcine.com/+Baisse-des-tournages-et-hausse-de+
    Sinon le fon­da­teur de la société d’Equancy & Co, Robert Zarader sait très bien men­tir à cer­tain moment, quand ça l’arrange http://www.mediapart.fr/club/blog/laurent-mauduit/040608/a-propos-de-quelques-betises
    Voila quelques pales de plus au moulin

  6. bigbabou

    bon décryp­tage ! ça aurait presque mérité un exe­cu­tive summarie ;)

    sinon quand tu par­lais des nou­velles sources de reve­nus non prises en compte dans ces cal­culs cet article est assez inté­res­sant sur Universal, qui font bien les mal­heu­reux mais qui s’en mettent qd même pas mal dans les poches …
    http://www.zdnet.fr/blogs/2008/11/15/universal-music-recolte-les-fruits-de-sa-strategie/

  7. bourgpat

    Essaieraient vous aussi de publier cet article chez ago­ra­vox pour lui don­ner plus de visi­bi­lité encore.

  8. Fabrice Epelboin

    @boris @bourgpat C’est clair, je ne m’attends pas à ce qu’un par­le­men­taire vienne ici, atti­rer leur atten­tion, c’est plu­tôt le rôle de la presse… A suivre, donc…

  9. Benoît Granger

    Chapeau !

  10. Stéphane

    Excellent article, bravo!
    Un témoi­gnage d’une artiste recon­nue illustre à mon avis la grande trom­pe­rie orga­ni­sée par les majors pour pro­té­ger leur busi­ness model d’un autre âge : “S’il n’y avait pas eu de pira­tage, j’aurai vendu 200 000 singles” (Cindy Sanders).

    Logique digne d’un élève de pri­maire : le mor­ceau a été télé­chargé 200 000 fois donc c’est autant de ventes en moins.
    A aucun moment notre chère Cindy ou les mai­sons de disque n’envisagent que les inter­nautes puissent télé­char­ger des mor­ceaux qu’ils n’auraient jamais ache­tés, de toute façon.

    Il est toujours plus facile d’accuser le voi­sin que de se remettre en cause.

    Peu de monde ne s’indigne non plus sur le fait que nous payions une “amende” sur tous nos pro­duits de sto­ckage et que le télé­char­ge­ment soit néan­moins jugé illé­gal.
    C’est un peu comme si à chaque achat d’un véhi­cule, l’état vous rajou­tait 3% parce que vous risquez de faire des dépas­se­ments de vitesse. Cela ne vous empê­che­rait pas de prendre une prune si cela devait réel­le­ment arriver.

    C’est ce qui se passe avec les droits d’auteur : jugé cou­pable par prin­cipe et vous pou­vez payer votre peine deux fois.
    Scandaleux.

    Le lobby de l’industrie musi­cale est déci­dé­ment très puis­sant pour arri­ver à faire voter des lois aussi absurdes.

    Mais quand comprendra-t-elle que le pira­tage doit être consi­déré pour ce qu’il est : un concur­rent.
    Et face à la concur­rence, on innove, on pro­pose plus de valeur, on se dif­fé­ren­cie. On ne s’enferme pas dans un busi­ness model hérité des années 80.

    Le magni­fique suc­cès com­mer­cial du store Apple iTunes le prouve.
    A moins d’un euro le mor­ceau, fran­che­ment je ne m’embête pas à pirater.

  11. Fabrice Epelboin

    @Stéphane Le point de vue des artistes (pas Cindy Sanders, bien sûr) est tout a fait inté­res­sant, même si ce n’est pas vrai­ment l’objet de ce billet. Ceci dit, on pour­rait faire un dos­sier la des­sus. Je suis prêt à croire que Cindy aurait vendu plus de disques si elle était sor­tie en 1995, mais com­bien d’artiste ne serait jamais sorti de l’anonymat et n’arriveraient pas à vivre de leurs concerts aujourd’hui, s’ils étaient dans le même sys­tème qu’en 95 ?

  12. Fabrice Epelboin

    A lire (enfin, plu­tôt a regar­der) aujourd’hui chez Techcrunch, un point de vue alter­na­tif sur l’industrie de la musique, fort ins­truc­tif : L’inévitable muta­tion de l’industrie musi­cale, le trans­fert du pou­voir de l’artiste.

  13. Yann Leroux

    +1.
    +10 même.
    Un article qui ras­semble en un lieu les éléments épars sur la question.

    La loi Hadopi est donc juste une ques­tion de pou­voir. Peut on faire cette lec­ture ? Une des choses les plus génantes de l’Internet, c’est que c’est un espace poten­tiel de liberté. Les états s’en sont peu sou­ciés, et lorsqu’ils ont pris conscience de l’Internet, les choses étaient déjà lan­cées. Ils tentent main­te­nant de reprendre la main en s’alliant au néo­li­bé­ra­lisme et n’ont de cesse de pro­té­ger des inté­rets écono­miques — ima­gi­naires, comme l’article le montre — plû­tot que de pro­té­ger leurs citoyens.

    C’est une tarte a la crème : nous vivons une situa­tion de crise. Et dans les crises, les pou­voirs ont toujours ten­dance a res­ser­rer les bou­lons. Là ou la situa­tion se com­plique, c’est que nous ne sommes plus dans une confi­gu­ra­tion sujet / pou­voir — par exemple, un citoyen, un état. La baisse constante et régu­lière de la pré­sence de l’état dans les domaines clés de l’éducation et la santé fait que nous ne pou­vons plus avoir les rela­tions de conflits qui ont été la clé des rela­tions des citoyens avec les états pen­dant le 20ieme.

    Que nous reste t il ? De grands groupes qui tentent de main­te­nant leurs béné­fices sur des logiques anciennes plu­tot que de faire preuve de créa­tivé. A coté de cela, de nou­veaux empires a la Google appa­raissent. Pour l’instant, ils n’ont pas fait usage de leur pou­voir mais je ne doute pas que le temps vien­dra. Le Don’t do evil de Google ne sera plus de mise lorsque, par exemple, Google se sen­tira menacé.

    J’ai de plus en plus le sen­ti­ment que nous avons a prendre les choses en main. L’état ne nous défen­dra pas. Nous nous défen­dons par les usages du P2P, mais c’est, hélas, une défense vécue comme hon­teuse et culpa­bi­lisé. Il nous faut nous rap­pe­ler que nous sommes la culture avant d’être le web. Et que, pour para­phra­ser le Comité de l’Instruction Publique (1793, tout de même) tous ces objets que l’on tient loin de nous, que l’on nous montre pour nous frap­per d’étonnement et de res­pect NOUS appartiennent.

    A mon, sens, il est plus que temps qu’un col­lec­tif — RRW ? — com­mence a ras­sem­bler les indi­vi­dua­li­tés et a rap­pe­ler l’élémentaire droit à la piraterie.

  14. Fabrice Epelboin

    Je doute que RWW aille jusque là, nous ne somme là que pour (re)lancer un débat et sus­ci­ter une réflexion là où, pour l’instant, tout le monde ou presque se contente d’avaler des cou­leuvres. Bien sur, les oppo­sant ne manquent pas, mais il leur faut s’organiser un mini­mum, et sur­tout, por­ter leurs attaque sur un point faible, car nous somme face à une machine de guerre. Le Rapport Hadopi est leur talon d’Achille, c’est le moment d’en profiter.

    Je com­prends que cer­tains soient pour Hadopi, pour un contrôle du citoyen, pour une cen­sure sur inter­net, je reviens à l’instant des forums d’ ecrans.fr où je me suis aperçu — un peu tard — qui Laurent Joffrin a pris clai­re­ment posi­tion pour Hadopi. Soit.

    Mon seul objec­tif est que ce soit fait en pleine conscience (désolé, Yann, je n’entrerais pas plus loin dans le débat poli­tique). On peu être pour la cen­sure, plein de pays ont fait ce choix, et la plu­part des être humains sur Terre vivent dans un tel régime. Mais il convient d’être clair, plu­tôt que de faire sem­blant de vou­loir sau­ver l’industrie Culturelle.

    Dans 5 ans, quand celle ci aura fini de mou­rir, et que ses restes seront sub­ven­tion­nés par l’état, il sera trop tard pour se retour­ner sur le passé et s’apercevoir que les enjeux d’Hadopi n’étaient pas, en réa­lité, sa sauvegarde.

  15. KerniX

    Un bémol sur ceci tout de même : “Part de mar­ché sans cesse gran­dis­sante du jeu vidéo dans le bud­get culture des Français ? Oubliée.”
    c’est limite comique.. on doit pas par­ler de la même culture..
    mais à part ça, merci pour cet article bien complet.

  16. GloupGloup

    Le billet est cité ici :
    http://www.pcinpact.com/actu/news/47389-rapport-equancy-piratage-chomage-albanel.htm

  17. Fabrice Epelboin

    @Kernix : yes, et non en même temps… Mais c’est un débat en tant que tel. Que World of Warcraft ne fasse pas parti de la Culture avec un grand C, d’accord, mais alors, je pose la ques­tion exis­ten­tielle : OU EST CINDY SANDERS ? Que faire de Tina Arena ? 

    Pas évident, hein…

    Le cinéma ne fait pas parti de la Culture, cette affir­ma­tion choque aujourd’hui, mais était extrê­me­ment cou­rante au début du XXe. 

    (dis­clai­mer : je ne suis pas vrai­ment un gamer)

  18. Fabrice Epelboin

    @Gloupgloup

    Merci, n’hésitez pas à vous ser­vir en cita­tions, illus­tra­tions pour faire, comme PCimpact, des billets plus courts et plus digestes.

  19. pourquoi

    Pourquoi faut-il que Internet soit devenu une vaste gale­rie marchande?

  20. Marc

    Superbe billet.
    Ne manque plus qu’un rapide cal­cul de ce que rap­portent ce qui a été omis pour défi­ni­ti­ve­ment enfon­cer le clou.
    Merci à vous pour cette analyse.

  21. Fabrice Epelboin

    Rapide, j’ai peur que ce ne soit pas rapide ;) Téléchargez un des tra­vaux de Patrick Waelbroeck et vous serez convain­cus :)
    Sans comp­ter que, en ce qui me concerne, il me fau­drait com­men­cer par pas­ser un doc­to­rat en écono­mie, et j’en suis très loin… Ceci dit, les réponses existent dans les tra­vaux que j’ai linké dans l’article.

  22. Arezki

    Le billet est cité ici:
    http://fr.news.yahoo.com/16/20081119/ttc-le-rapport-sur-le-piratage-remis-alb-c2f7783.html

    Sinon, un excellent article. Un rai­son­ne­ment clair, struc­turé et sur­tout rem­plis de références.

  23. Boris Schapira

    Je me suis per­mis de reprendre le som­maire comme mise en bouche sur mon blog, afin que mes lec­teurs viennent lire cet article très très bon.
    Merci encore Fabrice.

  24. adeodat

    Merci pour ce décryp­tage de rap­port Hadopi. Maintenant, com­ment peut on faire pour enrayer ce pro­ces­sus de légis­la­tion. Nos Hommes poli­tiques (que ce soit de droite ou de gauche) ont l’air d’être plus inté­res­sés par leurs inté­rêts que par les nôtres. 

    Merci Fabrice, ce billet m’a donné l’envie de m’informer un peu plus sur le sujet. j’espère que beau­coup de per­sonne liront le billet.

  25. Fabrice Epelboin

    @ adeo­dat
    J’avoue que je n’ai pas de réponses toutes faites…
    Vous pou­vez écrire à votre député, sait on jamais : http://www.assemblee-nationale.fr/12/tribun/comm3.asp

    UPDATE: oui, bien sûr, si ce n’est déjà fait, signez la péti­tion de SVM http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_graduee#signer

  26. mon cas m'isole. Supprimons la radio, outil de diffusion illégal !

    Bravo (et merci). 

    De toute façon il est cer­tain que les cabi­nets de conseil n’ont qu’une cau­tion “scien­ti­fique” limi­tée. Ceux qui tra­vaillent dans l’industrie connaissent bien les limites de ce genre d’entreprises. Merci d’en faire la brillante démons­tra­tion ici.

    Mais soyons réa­listes ces études servent plus de paravent pseudo-scientifique pour faire pas­ser une loi sous la pres­sion inter­na­tio­nale. Il faut bien essayer de faire croire au peuple que c’est une déci­sion basée sur une réflexion abou­tie natio­nale et non le simple abou­tis­se­ment de la pres­sion des majors inter­na­tio­nales. Gardons la tête haute !
    Et oui je fais par­tie de ceux qui découvrent des artistes dans des play­list illé­gales télé­char­gées illé­ga­le­ment. Et le pire c’est que j’achète leurs CD et je vais à leurs concerts. Chose que je fai­sais avant en enre­gis­trant des cas­settes et en me fai­sant des com­piles de ce qui pas­sait à la radio (ce qui n’était pas illé­gal à l’époque). Avec le peer to peer je suis arrivé au para­dis et je n’étais plus à la merci du matraque des tubes à la radio. J’ai déve­loppé mes goûts et me suis pas­sionné pour des artistes que j’avais choi­sit réel­le­ment. Ce qui m’a donné envie d’acheter leurs CD et d’aller à leurs concerts. Merci au peer to peer pour m’avoir fait décou­vrir her­man Dune et lui avoir fait gagné de l’argent.
    Belle méta­phore que celle de l’eau mais ça marche aussi pour la radio. Il fau­drait pou­voir inter­dire aussi d’enregistrer à la radio et même de dif­fu­ser.
    Ça me rap­pelle la crise que la finance connaît actuel­le­ment. On est dans des modèles écono­miques qui s’effondrent et au lieu de construire de nou­velles choses on reste accro­chés à ces modèles condam­nés, car mal­gré les lois, la loi écono­mique est elle impi­toyable.
    On pren­dra juste du retard sur les autres pays un peu plus inven­tifs eux (comme la suède).

  27. Yanis

    très inté­res­sant

    par contre 2 3 fautes d’orthographe à cor­ri­ger, et par pitié, il faut éviter les GIF ani­més pour mettre des gra­phiques et cal­culs en avant…

    j’ai été obligé de faire une cap­ture d’écran et de la col­ler sous Paint pour pou­voir lire les formules…

  28. Fabrice Epelboin

    @Yanis Télécharge le rap­port entier, tu rates plein de for­mules très droles, les gifs ani­més c’est juste pour s’amuser http://www.guim.fr/blog/2008/11/impact-conomiqu.html

  29. WHVN

    Bonjour,
    excellent article avec juste une petite remarque concer­nant ce paragraphe:

    “Car oui, les scien­ti­fiques Français on l’impudence de publier leurs tra­vaux… en Anglais. Et le manque de cré­dits évoqué plus haut est très cer­tai­ne­ment res­pon­sable de l’absence de tra­duc­tion Française. Il était donc bien indis­pen­sable de réa­li­ser une étude écrite dans la langue de Molière, afin de per­mettre à une classe poli­tique, dont la pra­tique de l’anglais nous a ridi­cu­lisé à tra­vers le monde entier, d’accéder, enfin, au savoir.”

    Dans bon nombre de domaines scien­ti­fiques, il est d’usage de publier les résul­tats de ses tra­vaux en anglais afin de lui faire pro­fi­ter d’une plus grande expo­si­tion. De plus, la plu­part des jour­naux scien­ti­fiques sont en anglais. Ceci etant sur­tout valable pour les sciences “dures” telles que les Maths, phy­siques, chi­mie, mais aussi pour l’economie par exemple. Concernant d’autres recherches scien­ti­fiques concer­nant le droit ou la lit­té­ra­ture par exemple, il est sou­vent plus judi­cieux de publier dans la langue sur le quel le sujet porte…
    cordialement

  30. Fabrice Epelboin

    @WHVN Je sais, je sais, c’était un trait d’humour ;)

  31. Julien B.

    Très bonne ana­lyse avec un humour excellent…
    mais j’hésite entre rire… ou pleurer…

  32. Zurmff, association WDA

    Très beau tra­vail!
    L’avez vous envoyé à la ligue Odébi qui milite et mène des actions sur la liberté numérique ?

  33. Fabrice Epelboin

    @Zurmff Heu… non, si quelqu’un les connaît, n’hésitez pas à leur envoyer un lien ;)

  34. Fabrice Epelboin

    Une petite série de slides venues de la FING, la théo­rie du steak frite (une ana­lo­gie a rap­pro­cher de l’eau du robinet)

    http://musique.fing.org/files/La_gratuite_du_P2P_GChampeau.pdf

  35. Gorkk

    Très bel article, espé­rons qu’il sera repris dans la presse (même si j’en doute quelque peu pour la presse traditionnelle).

    J’aimerai par contre indiquer une étude scien­ti­fique sur les pra­tiques du pira­tage élabo­rée en France et en français il y a main­te­nant 3 ans, réa­li­sée par le labo­ra­toire ADIS de l’Université Paris XI (Paris Sud Orsay) et l’UFC Que Choisir. Les conclu­sions sont les mêmes que les autres études scien­ti­fiques (avec pour avan­tage que le rap­port com­mu­niqué, bien qu’explicitant les méthodes et la pro­ve­nance des chiffres, s’avère com­pré­hen­sible pour quelqu’un qui n’est ni doc­teur en microé­co­no­mie, ni doc­teur en statistiques).

    J’ai égale­ment noté un élément assez trou­blant sur la figure 15 de cette étude : en effet, pour évaluer la perte de CA Internet pour la musique, elle prend pour valeur d’une fichier sur Internet par la voie légale la somme de… 1,95 € ! Il me sem­blait pour­tant qu’iTunes, très lar­ge­ment majo­ri­taire sur le mar­ché, fac­tu­rait 0,99 € le mor­ceau, et que ses concur­rents étaient sen­si­ble­ment au même prix (de toute façon iTunes repré­sen­tant envi­ron 70% des ventes de musique déma­té­ria­li­sée, le mon­tant moyen ne peut être au final le double du prix qu’il pratique).

  36. Fabrice Epelboin

    @Gorkk Cette étude m’avait échap­pée (comme beau­coup d’autres très cer­tai­ne­ment), auriez vous un lien, ou une réfé­rence pré­cise, je ne la trouve pas…

    Sinon, oui, vous avez rai­son, 1,95€ par track sur inter­net, c’est bizarre…

  37. Matt

    Pourquoi ne pas orga­ni­ser un boy­cott des pro­duits cultu­rels pour la période de Noël? 

    Au moins ils auraient vrai­ment des chiffres concluant de baisse de chiffre d’affaires.

    Et les stars n’auraient plus à aller en Suisse car elles n’auraient plus de revenus…

  38. Fabrice Epelboin

    @Matt Je doute que nous ayons suf­fi­sam­ment de pou­voir pour contrer, pèle mêle, les mil­lions dépen­sés en pub, l’industrie de la culture, les dis­tri­bu­teurs, et le père noël…

    Qui plus est, le boy­cott est vrai­ment inutile, il suf­fit de lais­ser le temps au temps. Hadopi ou pas, toutes les études montrent que les ventes vont conti­nuer a s’effondrer.

  39. Gorkk

    Oups, j’avais effec­ti­ve­ment fina­le­ment oublié de don­ner le lien. Je le donnes par le biais de tinyurl http://tinyurl.com/6zdmpn vu que la struc­ture du site de l’UFC Que Choisir sur lequel est publiée l’étude (il serait tou­te­fois logique qu’elle soit dis­po­nible quelque part dans les res­sources de l’université d’Orsay égale­ment) génère des liens à rallonge.

  40. non sequitur

    très bon article même si je ne sous­crit pas à la pro­po­si­tion final ni ne trouve que le pre­mier point de cette même par­tie soit vrai­ment “drôle”…

    je pense par ailleurs qu’il aurait tout de même fallu pré­ci­ser que si cer­taines indus­tries vont mal c’est que leur busi­ness model est dépassé. à vous lire on a presque l’impression que le télé­char­ge­ment leur fait gagner de l’argent…

  41. Fabrice Epelboin

    @sequitur JE NE PRENDS PAS POSITION, si ce n’est, en effet, en qua­li­fiant de ‘drôle’ la pers­pec­tive de construire une société où le copy­right a dis­paru sur les pro­duits culturels.

  42. fredg

    Limpide et gou­leyant… mais trop court hélas !

    L’intelligence arti­fi­cielle étant le contraire de la bêtise natu­relle, nul doute que nos poli­ti­cards avalent cette huile de pansu pous­sah (Norman SPINRAD in “La guerre des bleus et des roses”) sans cher­cher plus outre.

    On pour­rait par­ler de for­fai­ture, à tout le moins d’incompétence crasse de nos “représentants”.

    Et si on fai­sait plus simple ? Tout Français serait obligé d’acheter le disque de Carla (le pro­blème de sur­dité des jeunes avec les lec­teurs MP3 à donf serait auto­ma­tique­ment résolu) et le pro­duit de la taxe FAI de 0,9% ser­vi­rait à consti­tuer un fond de garan­tie pour les ache­teurs de rolex (pas Molex, ça, c’est la boîte qui licen­cie pour délo­ca­li­ser et accroître ses bénéfices).

    La boucle serait bouclée.

    Ne te repose pas, mec, fais encore mieux la pro­chaine fois.

    Cordialement,

    FG

  43. Nobadi

    Merci.Beaucoup même.

    Question sub­si­diaire, est il pos­sible de récu­pé­rer cette étude à titre par­ti­cu­lier, et si oui comment ? :)

    Les don­nées ont l’air si étof­fées et si bien réfé­ren­cées que je m’appuierai volon­tiers des­sus pour fina­li­ser mon mémoire sur le futur du mar­ché écono­mique en ligne ;)

  44. Yves Hulot

    Merci pour ces éclai­rages, un sujet comme celui-ci en avait bien besoin. Espérons qu’il contri­buera à faire recu­ler les idées-reçues etla mal­hon­nê­teté intellectuelle…

    A pro­pos de la faveur dont béné­fi­cient les indus­tries cultu­relles auprès de nos gou­ver­nants et repré­sen­tants ajoutons : 

    –le cadeau fait lors du pas­sage de 33% à 19,6 % de TVA sur les CD décidé il y a plu­sieurs années, baisse qui n’a pas été inté­gra­le­ment réper­cu­tée sur les prix, mais bien sur les marges
    - l’acceptation au plus haut niveau, par MM Chirac puis Sarkozy de relayer la constante volonté de la même indus­trie de pas­ser à 5,5% cette même TVA sur les CD, comme pour les livres (certes non encore aboutie)

    et “last but not least” : 

    - le cré­dit d’impôt dont cette indus­trie béné­fi­cie depuis 2006 qui s’applique à toutes les dépenses artis­tiques, de déve­lop­pe­ment et de numé­ri­sa­tion des nou­veaux talents dans la limite d’un pla­fond de 500 000 euros par entre­prise et par exercice. 

    Tout cela fleure bon le ren­voi d’ascenseur, la rému­né­ra­tion pour ser­vice rendu. Pas sûr que la Démocratie y gagne.

  45. Krondstadt

    Bravo, ça c’est du boulot!

    j’ai trouvé le lien vers votre billet ici:

    http://rezo.net/large

    et je me suis per­mis de le “dif­fu­ser” ici :

    http://forum.telecharger.01net.com/microhebdo/infos_debats_et_detente/debats/le-rapoort-hadopi-3146/messageswithpost-495939.html#post495939

    merci!

    EDIT: @Krondstadt, désolé pour le retard de mise en ligne, deux liens et mon anti spam com­mence à mon­ter les dents ;)

  46. Geoffrey Dorne

    Ahaha Hadopi, une affiche pour pro­tes­ter contre cette loi idiote : http://jaffiche.fr/?p=106

  47. Franck

    Bravo, super, c’est mar­rant on s’en dou­tait un peu quand même. Les copains, c’est sacré …

  48. logicos

    Bien sur, vous aurez com­pris que nos gou­ver­nants aime­raient bien contro­ler l’Internet: le pira­tage, le ter­ro­risme ou la pedo­por­no­gra­phie ne sont que des prétextes.

    De nos jours, on peut citer plé­tore d’informations (des plus anec­do­tiques au plus essen­tiels) qui n’auraient jamais été connu sans Internet.

    Cela dérange.

    Les indus­triels aime­raient juste contro­ler les flux pour contro­ler les ventes.

    Les valeurs Républicaine, ils s’en moquent.

    Vive la liberté.

  49. Gilles Delouse

    Ayant eu l’occasion de tra­vailler avec Patrick Waelbroeck (à l’ENSAE) j’ai pu lire la plu­part de ses articles. Lorsque j’ai eu vent de cette his­toire de 10 000 emplois par un proche, j’étais donc prêt à écrire un article rageur pour démon­ter tous les rai­son­ne­ments fal­la­cieux du rap­port Hadopi.

    Je crois que je n’en aurai pas besoin, le vôtre suf­fi­sant largement.

    Bravo, et merci.

  50. Fabrice Epelboin

    @Gilles Vous vou­lez rire ? Si vous avez le niveau pour lire ses articles, c’est votre devoir d’écrire ce billet !!! AU BOULOT ! ;)

  51. Laurent

    Excellent article !

    Ça me ras­sure de voir que je ne suis pas un cas à part, c’est vrai que je “pirate” pas mal de mp3 depuis que j’ai acheté un ipod voilà 2 ans (d’ailleurs tu as oublié les lec­teurs mp3 dans les sources de reve­nus), mais je n’ai jamais acheté autant de CD que depuis lors!… près d’une cen­taine en 2 ans : autant que depuis 1986 quand on a eu notre pre­mier lec­teur CD.

    Si la loi passe, je télé­char­ge­rai sur­ement moins, mais achè­te­rai moins également.

    Puis de toute façon quand on voit le prix des CD au Virgin, de qui se moque-t-on? Je suis allé der­niè­re­ment au Virgin pour ache­ter des CD : 22e un CD de Bob Marley. Ça a au moins 30 ans, c’est bien­tôt du domaine public (d’ailleurs à ce pro­pos, au bout de 50 ans les musiques tombent, en France, dans le domaine public, pourquoi ne peut-on les télé­char­ger gra­tui­te­ment?)… Bref j’avais mal­gré tout en main 6 CD pour un mon­tant total de 110€. Je me rends aux caisse : elles étaient toutes BONDEES ! J’ai tout reposé, noté les réfé­rences et acheté l’ensemble sur “Price Minister” pour 40e, port compris!

    … quand ils disent qu’ils ne vendent plus, de qui se moque-t-on?

  52. Papik92

    Merveilleux article, puisse-t-il être lu par des poli­tiques responsables…

    Si vous voyez Christine Albanel, j’aimerais lui poser quelques questions :

    1) J’ai lu sur un site dans les men­tions légales :
    L’établissement de lien vers le site xxxxxx.fr est pos­sible sous réserve d’en infor­mer au préa­lable et par écrit etc…
    Quels sont les risques que j’encoure si mal­gré tout je com­mu­nique ce lien ? Hors ou dans le cadre de la loi Hadopi ?

    2) Ce site, assez mal réa­lisé au pas­sage, n’a ni lien, ni forum, ni publi­cité. Quel est son inté­rêt s’il ne doit pas être divul­gué ? Comment est-il financé ?

    3) Pour reprendre le texte des men­tions légales il est pré­cisé :
    L’établissement de lien vers le site xxxxxxxx.fr est pos­sible sous réserve d’en infor­mer au préa­lable et par écrit le minis­tère de la culture et de la com­mu­ni­ca­tion cliquant ici.
    Une demande à tra­vers un for­mu­laire est-elle consi­dé­rée léga­le­ment comme une demande écrite ?
    L’absence du mot “en”, pré­sent sur les autres liens de la même page, a-t-elle une signification ?

    Pour les lec­teurs des com­men­taires, je suis désolé de ne pas pou­voir vous don­ner de lien pour véri­fier mes dires, mais peut être arri­ve­rez à trou­ver le site ori­gi­nal si je vous donne le lien d’un de ses pla­giats beau­coup plus cré­dible : http://www.jaimelesinternautes.com/

    PS: J’ai la réponse à la ques­tion 2 :
    Ce site a été conçu et pro­duit pour le Ministère de la culture et de la com­mu­ni­ca­tion par l’agence JMS l’inconscient collectif.

    Tout un programme !

  53. Florian

    Excellent !
    Voilà qui prouve que les socié­tés de musique et leurs com­parses sont prêts à tout pour aug­men­ter leurs béné­fices et la loi Hadopi n’est qu’un moyen de gagner plus.

    Hélas nos (cyber)citoyens ne sont plus à convaincre mais nos dépu­tés qu’il faut cor­rec­te­ment et hon­nê­te­ment informer.

  54. sayfam

    Trop bien l’article, l’ami je vais copier col­ler ce texte sur l’ordinateur de sa majesté chez qui je me suis infil­tré sour­noi­se­ment, je vais le nom­mer le fichier : “Salut mon mon choux j’ai quelque chose à te mon­trer” peut être ce sera plus facile à lire, c’est fort n’est ce pas un Abstract qui tient en un nom de fichier !

    Bon un peu trop de vir­gule à mon goût, mais bon les deux points vir­gules ( “;” pour les intimes ) sauvent la mise :-)

    Au risque de perdre quelques neu­rones dans vos lec­tures, je vais de ce pas ajou­ter ReadWriteWeb dans mes RSS.

    Eh ben ouais c’est ça le partages.

  55. Vladimir Moshnyager

    “Si on tolère, (…), le pira­tage ; c’est à dire que l’on met à mort une par­tie du concept de pro­priété privé, connue sous le nom de copy­right ou de droit d’auteur, celle qui s’applique aux biens cultu­rels digi­taux ; com­ment jus­ti­fier, ou recons­truire, ce fon­de­ment de la société capi­ta­liste qu’est la pro­priété privée ?”

    En fait, on peut sans doute faire une dis­tinc­tion ici. Le pira­tage s’apparente plus à de la contre­façon qu’à du vol. Car la “pro­priété” de l’artiste ou de la mai­son de disque n’est pas dimi­nuée quand un album est télé­chargé, ce qui n’est pas la même chose que de voler un disque à la FNAC.

    Lessig a quelques bons exemples pour appuyer cet argu­ment (le juge­ment de la cour suprême amé­ri­caine sur le pro­cès qui oppo­sait un agri­cul­teur qui vou­lait inter­dire aux com­pa­gnies aériennes de sur­vo­ler son champs).

    Excellent article !

  56. Mathieu

    Un autre argu­ment à rajou­ter à ce bel article : suite à ces retours aux bons vieux prin­cipes de la pro­hi­bi­tion, nombre d’usager aver­tis vont subi­te­ment se mettre à chif­frer toutes leurs connec­tions ( TOR, tun­nels ssh vers des ser­veurs héber­gées à l’étranger ) ou plus radi­cal encore de créer des sous-réseaux chif­frés alter­na­tifs à inter­net. Le tout risquant de faire tache d’huile et de noyer le net sous les échanges chif­frés &/ou sté­no­gra­phiés ( j’ai plu­sieurs fois entendu par­ler d’outils en déve­lop­pe­ment qui per­met­taient de dis­si­mu­ler les paquets dans des échanges ano­dins tels que des gale­ries d’images ). Bon cou­rage pour sépa­rer les cri­mi­nels et les ter­ro­ristes du volume des citoyens res­pec­tables qui veulent juste qu’on leur fiche la paix…
    Le “remède” me semble pire que le mal.

    La pro­priété pri­vée est un faux pro­blème, de plus en plus d’auteurs créent et dif­fusent sous des licences per­met­tant la dif­fu­sion libre et gra­tuite mais main­te­nant la pro­priété &/ou excluant tout usage com­mer­cial ( par exemple ).

  57. grupel

    La lumière ‘fût’ : quelle trou­vaille poé­tique que ce ‘fût’ de lumière, et comme aurait été plat le cor­rect ‘La lumière fut’…

  58. Spiderjerusalem

    “tous aux abrits” sic

    Votre camem­bert est digne de la théo­rie du complot. 

    Si vous étiez un scien­ti­fique sérieux, vous n’utiliserez pas ce genre d’arguments (c’est vrai depuis quand peut on se baser sur les sta­tis­tiques publiées par l’Etat).

  59. Fabrice Epelboin

    @Spiderjerusalem Vous avez bien rai­son, à croire que ma trop longue pra­tique du mar­ke­ting et de la com’ m’a cor­rompu l’esprit ;)

  60. urinercestvoler

    Une exemple simple tiré du rap­port per­met de démon­trer tres rapi­de­ment tout le sérieux mis dans ses conclusions. 

    Et en uti­li­sant la méthode de cal­cul des pertes pour la TV gratuite : 

    - à 0,06€/h par per­sonne.
    - nous allons régu­lie­re­ment aux toilettes/manger/boire/obiwan kenobi pen­dant la pause pub, admet­tons pen­dant 10 minutes.
    - nous sommes devant la tv pen­dant les 2 cou­pures pub du prime time.
    => nous pas­sons donc 20 minutes loin de la pub par jour, et donc nous cou­tons 0,02€ par jour à la “tv gra­tuite”.
    - on est 6,07 mil­lions devant la tv chaque jour en moyenne, le tout étalé sur un an
    => 0,02 * 6070000 * 365 = 443 110 00 €/an
    - on va arron­dir le tout avec un petit 50% que je sort de mon cha­peau
    => 22 155 500 euros par an. 

    Conclusions :

    - Il est urgent de voter un loi obli­geant les gents à regar­der la télé pen­dant les pubs.
    - Uriner c’est voler. 

    Mon ana­lyse est elle moins sérieuse que celle de ce joli rapport ?

    Tout ça pour dire : très bon article, pré­cis et plein d’humour. Dommage qu’aucun des “quo­ti­diens sérieux” n’ai le cou­rage d’en par­ler. Mais ça vien­dra … un jour … trop tard surement.

  61. Laurent

    Bravo et belle analyse.

    Il serait inté­res­sant de faire une ana­lyse com­por­te­men­tale de nos élus, ceux que nous avons choisi par nos bul­le­tins de vote.

    Ainsi, il sem­ble­rait que le jour où la loi DADVSI était votée, les dépu­tés s’étaient vus remettre à l’entrée de l’assemblée des bons de télé­char­ge­ment de 10 oeuvres d’un major. Etait ce vrai ? Le cas échéant, pour­rait on avoir la liste des par­le­men­taires ayant accepté les­dits bons.

    De même, il serait inté­res­sant de savoir quels sont les com­por­te­ments inter­nau­tiques de nos élus. Vont ils sur Internet ? Savent ils se ser­vir d’un ordi­na­teur ? Ont ils des enfants ou des proches qui uti­lisent le P2P ? Dans quel but ?

    Troisième point, et non des moindres ; ceux que nous avons élus sont ils réel­le­ment nos repré­sen­tant. Cette der­nière ques­tion doit nous inter­pe­ler sur nos choix de vote car fina­le­ment, en votant pour des repré­sen­tants qui au bout du compte ne nous repré­sentent pas mais repré­sentent des inté­rêts pri­vés autres que ceux qui les ont élus, c’est la base même de la démo­cra­tie qui est ébranlée.

  62. Nicolas

    Zou ! un lien sur mon blog de cet excellent article.

    Pense à infor­mer “La qua­dra­ture du net” de cet article !

    Pour la conclu­sion : Je ne par­tage pas com­plè­te­ment l’analyse sur la pro­priété pri­vée. Nous sommes plus sur une notion de pro­priété intel­lec­tuelle. La dif­fé­rence est que la pro­priété intel­lec­tuelle est faite pour être dif­fu­sée par nature contrai­re­ment à la pro­priété privée.

    Sur le deuxième point moins réjouis­sant, je me pose la même ques­tion. Pourquoi tant de moyens pour défendre des mai­sons de disque (pas les artistes) dont le modèle écono­mique est dépassé ? N’est-ce pas l’occasion de remettre en cause la neu­tra­lité des réseaux ? Dans quels buts ?

    @ Sthéphane : Je me per­met de reco­pier ton excellent com­men­taire sur mon blog. Je le retire si tu n’es pas d’accord.

    Bonne conti­nua­tion.
    Nicolas

  63. Laurent

    Je reviens sur mon pré­cé­dent mes­sage en citant mes sources pour les bons de téléchargements :

    http://www.pcinpact.com/actu/news/26724-Contestations-du-lobbying-dans-la-loi-DADVSI.htm

    http://www.freenews.fr/nat/2898-divers-projet-de-loi-dadvsi-virgin-et-la-fnac-font-du-lobbying-a-l-assemblee-nationale.html

    Quels sont les dépu­tés qui les ont acceptés ?

    Voilà qui devrait nous inter­pe­ler sur l’impartialité des déci­sions prises autour du dos­sier P2P.

  64. fabien

    Pour ceux qui pense que le jeu vidéo n’est pas de la Culture avec un grand C je leur dirais, là n’est pas la ques­tion, c’est un bien numé­rique, payant, pira­table, un loi­sirs au même titre que le cinéma, la musique, la télé­vi­sion…
    Expérience per­son­nel, addict de world of war­craft, depuis la sor­tie du der­nier addon, je n’ai pas allumé la télé, ni écouté une webra­dio, encore moins allé au cinéma ou acheté un DVD, j’ai même plus le temps de regar­der ce que je pirate,

  65. hristou

    1er com­men­taire sur ton blog que je lis depuis … C’est vrai­ment un billet du tonnerre.

  66. Henri

    Merci pour cet excellent article, c’est vrai­ment édifiant !

  67. KerniX

    @Fabrice :
    “@Kernix : yes, et non en même temps… Mais c’est un débat en tant que tel. Que World of Warcraft ne fasse pas parti de la Culture avec un grand C, d’accord, mais alors, je pose la ques­tion exis­ten­tielle : OU EST CINDY SANDERS ? Que faire de Tina Arena ?

    Pas évident, hein…

    Le cinéma ne fait pas parti de la Culture, cette affir­ma­tion choque aujourd’hui, mais était extrê­me­ment cou­rante au début du XXe.

    (dis­clai­mer : je ne suis pas vrai­ment un gamer)”

    Je vous rejoins, dans la dif­fé­rence qu’il y a à faire entre art et culture. et même, deuxième dif­fé­rence, entre culture de masse (Tina Arena) et haute culture (Gabriel Matzneff).
    Le cinéma n’était pas consi­déré comme “cultu­rel” au début du XXe. soit. pour autant, il est devenu une expres­sion artis­tique. je doute que le jeu vidéo, sans le déni­grer for­cé­ment, devienne un jour un attri­but de la haute culture.

  68. Fabrice Epelboin

    @Kernix C’est là un pas­sion­nant débat… Puis-je me per­mettre de vous redi­ri­ger vers le post du jour, autre­ment plus éloquent que moi sur le sujet : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/20/entrevues/readwriteculture-laurence-lessig/

  69. Fabrice Dejaigher

    Article long certes, mais la lec­ture est aisée car interessante.

    vos par­lez de for­mat mp3, mais il me semble que vous ne men­tion­nez pas l’impact sur les vente de lec­teurs mp3.
    L’impact égale­ment sur les ventes de PC que quelques-uns achètent pour le P2P !

    Et qui dit PC pour le P2P dit Abonnement FAI, Applicatif (vente for­cée de pro­duit Microsoft).
    Et petit paren­thèse sur Microsoft, il y a quelques années un rumeur (fon­dée ?) cir­cu­lait sur le fait que MS fer­mait les yeux sur le pira­tage des pro­duits au niveau des par­ti­cu­lers, comme la suite Office. La rai­son étant simple, l’entrée dans les habi­tudes du pro­duit, et donc celui qui sera emplyé dans les entre­prises, les écoles… Et là pas ques­tion de lais­ser pas­ser les ver­sions pirates !

    On balance le pre­mier album en mp3 sur le P2P d’un artiste qui débute (coût publi­ci­taire quasi nul).
    On a un nombre de télé­char­ge­ment qui per­met d’avoir une idée de l’impact, bref un étude de mar­ché quasi nulle.
    On fait un scan­dale à la TV ou dans les médias (pub gra­tuite là encore) et pirouette on en pro­fite pour par­ler du pro­chain album qui lui sera vendu en exclu au pro­chain concert…

    Bref…

  70. Micha

    Parallèlement à ce tra­vail de fond tout à fait pas­sion­nant et ins­truc­tif, je vous conseille de voir une vidéo de 25 mn qui pro­pose un inter­pré­ta­tion plus for­melle de cette thé­ma­tique, “Fanfan la Tulipe vs Pépé le Moko” par MRS (Musique Rythmique & Sportive), col­lec­tif d’artists, sur leur site:

    http://www.studiophebes.com/mrs/vid/fanfan.htm

  71. Pecky

    Bravo! remarquable article, per­ti­nent et très bien construit.

    Si on savait déjà que les dés étaient pipés, vous en faites une belle démonstration

  72. Frederic

    remarquable lec­ture, le “tri­pa­touillage” scien­ti­fique méri­te­rait un autre article sur ce seul sujet..

    @41 @42 “détail” si vous avez envie de vous repa­lu­cher les cal­culs : la (pseudo)perte de chiffre d’affaires de l’industrie se cal­cule “Hors Taxes” => iTunes c’est 0.82€ H.T.

    (ce qui nous vau­dra un jour un autre scud sur les pertes de TVA sup­por­tées par l’Etat…)

  73. Simon

    Les déci­sions prisent par le gou­ver­ne­ment dans toute cette affaire autour de la loi HADOPI tourne réel­le­ment au ridicule.

    Comment espé­rer que nos dépu­tés prennent la bonne déci­sion alors que la plu­part d’entre eux ne maî­trise pas du tout les enjeux des nou­velles tech­no­lo­gies? Sans comp­ter la dés­in­for­ma­tion de masse orches­tré par nos ministres en col­la­bo­ra­tion avec les médias.

    Malheureusement, il s’agit là d’un pro­blème récur­rent dans notre démo­cra­tie aujourd’hui. Les inté­rêts des entre­prises majeurs (majors ?) comptent bien plus que la liberté de chacun…

  74. Genaro

    Je me joins au concert (gra­tuit) de louanges pour cet article, qui place d’emblée ce blog et son auteur au niveau de son pen­dant américain.

    Un grand merci, espé­rons qu’à nous tous, nous puis­sions faire avan­cer le débat jusque devant le Sénat. Si ce n’est dans l’immédiat, peut-être plus tard. La lutte com­mence, je m’y joins.

  75. zarma!

    Une bien belle pierre, cama­rade, sur la tombe déjà char­gée du projet de loi au nom ridi­cule.
    J’imagine la poste gueu­ler parce que le mail lui fait un trou dans son acti­vité. La poli­tique Sarkozienne ( Hadopi est une par­tie de la lettre de mis­sion confiée à Albanel lors de sa nomi­na­tion par NS ) est une suite de petits hold-up cor­po­ra­tistes.
    Pour le reste, que Hadopi passe ou pas, qu’on singe ce qui se fait déjà aux states ou en angle­terre, on s’en fout pro­fon­dé­ment: le pira­tage ne sera pas stoppé pour autant, il se fera juste autre­ment, et les cou­pures d’accès, s’il s’avérait qu’elles fussent pos­sibles, seront cas­sées une par une par des tribunaux.

  76. Lucio14

    Enfin quelqu’un ose pro­non­cer le mot dic­ta­ture. Tout mes potes me regardent comme un dingue quand je leur dit que nos liber­tés dis­pa­raissent les unes après les autres et qu’on reste tous les bras croi­sés. Personne n’a l’air de trou­ver ça impor­tant.
    Merci pour cet article, il ne chan­gera sur­ement rien a ce qui devra se pas­ser mais je trouve vrai­ment bien que des per­sonnes comme toi tente de faire pas­ser un mes­sage qui va dans le “bon sens”.

  77. Philippe DESCAMPS

    On peut consta­ter tout les jours les ravages du pira­tage, ou plu­tôt du vol sur inter­net.
    A cause du pira­tage mas­sif dont il a été vic­time le film français “Bienvenue vhez les Chtis” a eu toute les peines du monde à dépas­ser le misé­rable score de 20 mil­lions d’entrées. Et si ce même Film est actuel­le­ment en tête des ventes de DVD cela ne peut signi­fier que les autres films ne se vendent plus du tout!

    Comment Dany Boon peut-il res­ter serein face à l’ampleur d’une telle catastrophe.

  78. morice

    Un très bon conte rendu sur la loi hadopi,il taxe les cd est les dvd, mes tous le monde ne copie de la musique ou des filmes des­sus, mois je mais mes photo que je fait.Les son­ne­ries sur les télé­phone por­table cela coute cher

  79. malrepast

    Intéressante ana­lyse

    merci ;)

  80. fredg

    ‘faut bien aider les copains !

    Quand les pro­fi­teurs vole­ront, il y aura un grand bruit d’ailes au conseil des ministres… Ok, ils volent déjà mais pas de la même façon :-(

  81. jayalebee

    “Il n’y a pas d’éloge qui ne vaillent la peine d’être faites” (disait l’autre) : merci.
    Je suis impa­tient de lire le “tome 2″ de ce billet, vous savez, le fameux tome qui s’adresserait aux Pascal Nègre, Denis Olivennes et autres …
    Si je me sou­viens bien du résumé (en que j’ai lu en qua­trième de couverture

  82. jayalebee

    (… je reprends et conti­nue — saleté de track­pad trop sen­sible ;-))
    Si je me sou­viens bien du résumé, ce tome était consa­cré au détail du fabu­leux mar­ché qu’il faut voir der­rière ces télé­char­ge­ment illé­gaux : et si mon offre était telle que je cap­tais une par­tie de ces “tran­sac­tions” à (dans l’ordre) mon pro­fit et celui des artistes ?
    Et si, après tout, plu­tôt que dépen­ser des sommes colos­sales dans les DRM et autres pro­tec­tions, je me disais que … fina­le­ment, les inter­nautes ne sont majo­ri­tai­re­ment pas des pirates mais des gens dignes de confiance, avec qui il est pos­sible de pas­ser un contrat moral ? Mieux : les (jeunes) “pirates” d’aujourd’hui ne seraient-ils pas mes clients de demain ? Comment faire pour les fidéliser ?

    “La deuxième volet d’une saga d’un auteur en plein essor, qui s’intéresse vrai­ment au sujet, et ça se voit.”

    Merci encore.

  83. Fabrice Epelboin

    @jayalebee Le deuxième volet est là, et il est beau­coup plus digeste (il faut dire que l’auteur est infi­ni­ment plus doué :
    http://fr.readwriteweb.com/2008/11/20/entrevues/readwriteculture-laurence-lessig/

    Le troi­sième volet, lui, est énorme, mais il en existe des résu­més très faciles a lire, c’est ici :
    http://fr.readwriteweb.com/2008/11/21/a-la-une/berkeley-jouer-avec-internet-bon-pour-les-jeunes/

    Bonne lec­ture ;)

  84. Erwan (un autre)

    Beau bou­lot !

    Grace a vous mon exposé d’ECJS a bien avancé !

  85. Olivier

    Excellent article.

    Domage qu’il n’y ait pas un petit mot sur ce que les pira­tages engendrent comme chiffres d’affaires “annexes”.

    En effet,quand Sony Music se plaint d’un manque à gagner pour ne pas avoir vendu un cer­tain nombre de CD qui sont télé­char­gés, Sony ne se plaint pas d’avoir vendu dans le même temps:
     — un bala­deur mp3
     — un gra­veur
     — une palanquée de CD.
     — peut être un por­table vaio.
     — peut être un disque dur

    PS: j’ai pris sony car il se trouve sur tous les sec­teurs anexes. On aurait pu par­ler de tf1/fnac et apple/archos/… Bref, quand l’un perd des revenu, l’autre en gagne, donc la perte sèche des emplois, c’est de la foutaise.

  86. Wilfried

    Petite ques­tion…
    Si l’on part du prin­cipe que le pira­tage d’œuvres numé­riques a un impacte posi­tif sur les ventes et le “busi­ness” cultu­rel en géné­ral, ou se trouve l’intérêt des repré­sen­tant et béné­fi­ciaires de ces œuvres de favo­ri­ser le contrôle ou l’arrêt de cette pratique ?

  87. Fabrice Epelboin

    @Wilfried
    Qui sont les repré­sen­tants ? Quels sont LEURS intê­rets ? J’insiste sur le pluriel.

  88. Nicolas Bermond

    C’est génial on se croi­rait dans un roman de pros­pec­tive ou de fic­tion et non tout ça est notre réa­lité. Du coup j’ai lu quelques articles asso­ciés, pour finir sur wiki­pe­dia ou 4 jours après ton article on te consacre une tri­bune en der­nière ligne http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hadopi
    C’est ça la réflexion col­lec­tive, on ne peut pas pas­ser à côté de cette oppor­tu­nité que ce nou­veau média nous donne.
    Le monde change tel­le­ment vite, que la cami­sole légis­la­tive ne peut que dans le meilleur des cas retar­der les échéances. Il me semble qu’il devrait plu­tôt pas­ser leur temps à réflé­chir pour inno­ver et s’adapter au lieu de punir pour pré­ser­ver les miettes.
    Le Hadopi débat s’annonce corsé, il n’en sor­tira je l’espère que du bon.

    A bien­tôt et merci Fabrice pour le temps que tu consacres à l’Internet

    Nicolas

  89. Wilfried

    Merci beau­coup, Fabrice, pour ton tra­vail remarquable et de grande qua­lité.
    J’aurais peut être dû com­men­cer par là…
    Et merci aussi, pour ta réflexion sur mon manque de rigueur ortho­gra­phique. (j’essaie de me soigner…)

    Tu dis que les “béné­fi­ciaires” ont de mul­tiples inté­rêts.
    Quels sont ils au regard des cri­tiques sur le rap­port Hadopi ?

  90. FrédéricLN

    Bravo pour votre tra­vail. Il illustre par­fai­te­ment un ingré­dient néces­saire, mais indis­pen­sable, au débat démo­cra­tique : le débat scientifique.

  91. FrédéricLN

    (néces­saire bien que méconnu … les lec­teurs auront rec­ti­fié d’eux-mêmes ?!)

  92. lg

    Ravi d’avoir trouvé ton article.. J’allais écrire un truc com­plè­te­ment dif­fé­rent et je me suis ravisé.

    merci encore

    à voir:

    http://www.ladepeche.fr/article/2008/10/31/485394-Piratage-informatique-la-Haute-assemblee-adopte-le-principe-de-la-coupure.html

  93. sebastien

    La hadopi mérite bien qu’on agite les idées contre elles. Mais j’ai jeté un oeil sur les deux pre­mières études que vous citez, et elle semblent dire le contraire de ce que vous en retenez…!

    Derrière les URLS où vous résu­mez :
    “On y apprend que, selon les scien­ti­fiques sérieux, et selon des études réa­li­sées en France sur un échan­tillon fait de petits français, le pira­tage de films aurait ten­dance à faire aug­men­ter la consom­ma­tion légale de films, que parmi les vilains télé­char­geurs de mp3, se cachent bon nombre d’explorateurs qui achètent bien plus, du fait de leur trou­vailles […]”
    on peut lire :
    “Surprisingly, approxi­ma­tely one third of the pirates decla­red that wat­ching pira­ted movies
    increa­sed their demand for films (for ins­tance, it led them to rent or pur­chase videos that they would not
    have ren­ted or pur­cha­sed other­wise). Using regres­sions ana­ly­sis, we find no impact of piracy on thea­ter
    atten­dance, and a strong impact on video ren­tals and pur­chases. However, movie piracy has no impact on
    video ren­tals for respon­dents who use pre-paid pri­cing schemes at video-stores.”
    et :
    “We find that there are two popu­la­tions: explo­rers and pirates. For the explo­rers, MP3 sha­ring through phy­si­cal contacts has a posi­tive impact on CD consump­tion. For the pirates, ano­ny­mous file-sharing on the inter­net and a large num­ber of MP3 files have a nega­tive effect on CD consumption.”

    Donc non seule­ment ces études sont faites sur une popu­la­tion étudiante de grandes écoles / uni­ver­si­tés (tech­no­phile et friquée ?) dont on peut se deman­der si elle est repré­sen­ta­tive, mais en plus leur conclu­sion n’est ni blanc ni noir : en fait, l’impact du pira­tage, fait de plus et de moins, on ne le connait pas !

    Alors, peut-on vrai­ment s’abriter der­rière les études scientifiques ?

    Pas pour résoudre le pro­blème de fond, et qui est moral, que vous posez si bien.

  94. Fabrice Epelboin

    @ sebas­tien
    oui, on peut s’abriter der­riere des études scientifiques. 

    Vous sou­le­vez un point inté­res­sant, si le son­dage que vous évoquez a été fait auprès d’une “popu­la­tion étudiante de grandes écoles / uni­ver­si­tés (tech­no­phile et friquée ?)”, Felix Oberholzer-Gee (le prof de Harvard qui a étudié aussi le phé­no­mène), étudie de plus près ce phé­no­mène chez les “pauvres”, ceux qui ne peuvent se payer tout ca, de toutes façons. Si vous sou­hai­tez en savoir plus, je vous ren­voi sur ses travaux.

    Par ailleurs, est-il utile de pré­ci­ser qu’un son­dage est un outil scien­ti­fique dis­cu­table en tant que tel ? (ce qu’aucun des scien­ti­fiques que je cite ne nie, d’ailleurs, Patrick Waelbroeck a certes réa­lisé un gros sondage/enquête dans les milieux étudiants Francais, mais il a aussi réa­lisé une dou­zaine de tra­vaux dif­fé­rents sur le sujet).

  95. Fabrice Epelboin

    @sebastien
    Sinon, le pro­blème de fond ne me semble pas lié à la morale, mais à la Culture et à l’économie… ceci dit, ça se dis­cute, c’est même pour moi le but de ce billet : reca­drer ce débat là où il devrait réel­le­ment avoir lieu. 

    Si un vol ne lèse pas le volé, est-ce encore un vol ?

  96. Thaz

    Excellent article. Je vais le dif­fu­ser un maximum.

    Je suis per­son­nel­le­ment pour le pira­tage, que je nom­me­rais plu­tôt l’accès libre à la culture (ou pas). 

    Comme cité plus haut, ils (les majors et autres escrocs) ne perdent pas d’argent puisque, de toute façon, je n’aurai jamais acheté. 

    Le véri­table pro­blème vient plu­tôt de la rému­né­ra­tion des artistes. La sainte SACEM en assure soi disant la rému­né­ra­tion, c’est à dire que plus vous êtes connu, plus vous êtes payé (rac­courci certes gros­sier mais effi­cace). Des modèles écono­miques alter­na­tifs appa­raissent, de l’artiste aux consom­ma­teurs sans inter­mé­diaire, et semblent viables. Cela reste à voir sur le long terme. 

    N’empêche que les artistes qui sur­vivent actuel­le­ment le font en allant sur scène, au contact du public. Certains d’entre eux se sont trop repo­sés sur un modèle dans lequel ils fai­saient un album et atten­daient tranquille­ment chez eux que les sous rentrent. Il est pri­mor­dial qu’ils com­prennent que le télé­char­ge­ment est une aubaine. Un média aussi large assure une promo tout aussi impor­tante qu’un pas­sage TV… (n’ayons pas peur des mots)

    Bref qu’ils se remettent au bou­lot, qu’ils nous pro­posent des pro­duits de qua­lité. Comme dirait notre cher pré­sident (…), tra­vaillez plus pour gagnez plus !

  97. Fufu

    Excellent article et bravo pour le bou­lot accompli.

    Je trouve juste dom­mage de ne pas avoir étayé la rai­son qui vous pousse à pen­ser aux pré­misses d’une dic­ta­ture. Je dois dire que je suis dans la tech­nique infor­ma­tique, et que par consé­quent je me suis ren­sei­gné sur les moyens envi­sa­gés pour appliquer cette loi. Certaines socié­tés pri­vées, tra­vaillant pour les lob­bies cultu­rels, ont pondu des softs per­met­tant de scan­ner le contenu des flux. Bien entendu, les res­pon­sables assurent qu’il ne s’agit que de retrou­ver les œuvres pira­tées.
    Personnellement, au vue de notre société actuelle, rien ne garan­tie qu’il n’y aurait pas une dérive dans l’usage de ces solu­tions. A aucun moment il n’est ques­tion de contrô­ler les orga­nismes effec­tuant ces recherches. Et ces der­niers seront rému­né­rés sur les deniers de l’état.
    Il existe un pays ou l’on scan tout les flux, et c’est la Chine.
    Inquiétant….

    Quand aux ayants droit qui se plaigne aujourd’hui dans les medias (Pascle Negre et autre), je veux bien échan­ger ma place avec la leur tout en lais­sant tranquille les ‘pirates’ (je trouve se terme mal appro­prié et ne cor­res­pon­dant pas du tout à ce qu’est un vrai hacker).
    Il me semble indé­cent au regard du salaire moyen d’un sala­rié de venir pleu­rer que cette année il lui manque 1M€ sur ces 10M€ annuel

  98. MikePattonWasRight

    Un article aussi brillant qu’édifiant, et qui laisse ce sale goût d’être dirigé par des per­sonnes dont on se demande si elles sont davan­tage inté­res­sées ou sim­ple­ment inca­pables…
    il y a sans doute un peu (beau­coup) des deux.

    Merci d’exposer votre savoir en la matière avec autant de clarté et d’ironie à la fois bien sen­tie et jamais dépla­cée.
    J’ai tan­tôt ri, tan­tôt ri jaune face à l’énormité de ce rapport/torchon pré­senté à ceux qui nous dirigent et à leur réac­tion “una­ware” quant à la situa­tion réelle.

    Merci, j’ai l’impression de m’endormir ce soir moins bête qu’hier.

  99. DenWaow

    Excellent article, empli de bon sens.

    Un oubli majeur par contre, dans les oubliés : L’achat d’ordinateur (+ Internet bien sur).

    Je suis arti­san (vente/dépannage à domi­cile) dans le domaine : moti­va­tion de 80% des achats = MP3, films, (+ mes­sen­ger et jeux pour les ados).

    Ce qui ne m’empêche pas de consta­ter de belles col­lec­tions de CD/DVD ori­gi­naux chez de nom­breux clients de tous milieux.
    Preuve que le télé­char­ge­ment n’est pas un frein à l’achat.

  100. YN

    Pour infor­ma­tion, en uti­li­sant seule­ment la fonc­tion “Recherche” dans le PDF de 73 pages, je me suis aperçu que mon nom et un article rédigé par moi étaient cités en biblio­gra­phie du “Rapport Hadopi” :
    (a) mais l’article en ques­tion n’est cité nulle part dans le corps du texte du rap­port, ce qui est peut-être curieux puisque, habi­tuel­le­ment, les réfé­rences don­nées en biblio­gra­phie ren­voient aux cita­tions faites dans le corps du texte ; et
    (b) l’article en ques­tion n’a rien à voir avec l’”Impact écono­mique de la copie illé­gale des biens numé­ri­sés en France” (j’ai écrit un article sur un sujet assez proche, c’est vrai, mais ce N’est PAS l’article cité en biblio­gra­phie du rapport).

  101. jul

    Probable que ce projet de loi soit une mau­vaise solu­tion, cepen­dant, je reste convaincu qu’il y a un vrai problème.

    Primo, on oublie sou­vent la volonté de l’artiste.
    Si cer­tains sont “d’accord” pour être pira­tés (ex : Manu chao), d’autres sont farou­che­ment opposé à ça (ex : JL Murat).

    Secundo, le pré­sent article mélange les tor­chons et les ser­viettes en dres­sant une liste de nou­velles sources de reve­nus four­nies par les nou­velles tech­nos.
    Ok le CA généré par les jeux vidéo explose, mais les chan­teurs, eux, n’en touchent rien, et c’est un peu pour eux qu’hadopi existe.
    Ensuite, qu’en est-il vrai­ment de la pos­si­bi­lité de s’auto-produire ? Je vous invite à vous ren­sei­gner sur le “test” qu’avait fait Mano Solo : se pas­ser d’une mai­son de disque pour pro­duire son der­nier album. Bilan : échec écono­mique (alors que du point de vue artis­tique, on était dans la conti­nuité de ce qu’il avait déjà fait).
    Enfin, avec les fameuses son­ne­ries de télé­phone, n’est-on pas dans le même schéma qu’avec la sacem : seuls les gros touchent de l’argent, les artistes plus confi­den­tiels n’y gagnent rien.
    Bref,une bonne ques­tion à se poser serait de savoir com­ment évolue le “pou­voir d’achat” du chan­teur moyen…

    Tertio, j’en vois plu­sieurs qui disent que si les CD se vendent moins, les bala­deurs mp3 s’arrachent, et que cer­taines boitent font leur beurre là des­sus (ex : sony).
    OK, mais le chan­teur qui est chez SONY, vous croyez qu’il touche un % sur les ventes de bala­deur ??? Moi je ne pense pas.

    Pour conclure, je dirais 2 choses :
    1/ toute cette belle liste d’argument ten­dant à prou­ver que “le pira­tage c’est bien” n’est-elle pas une com­pi­la­tion des­ti­née à nous sou­la­gée la conscience lorsqu’on fait quelque chose d’illégal
    2/ au delà d’un pro­blème écono­mique, nous sommes aussi face à un pro­blème de morale avec la ques­tion “puis-je m’approprier quelque chose que je n’ai pas acheté et auquel à priori je n’ai pas droit” (là, cha­cun y répond comme il l’entend).

  102. Fabrice Epelboin

    Alors…

    1/ non, pas vrai­ment, c’est une com­pli d’études scien­ti­fiques des­ti­nées à prou­ver que le pira­tage n’affecte en rien les ventes de CD et que l’explication est à trou­ver ailleurs (notam­ment dans le fait que le porte mon­naie des Français s’est tourné vers d’autres forme de consom­ma­tion cultu­rels, par le passé, cela a été le cas pour toutes les formes de pro­duits cultu­rels, le music hall au début du XXe était un busi­ness bien plus lucra­tif qu’il ne l’est aujourd’hui, le cinéma aussi, qui a atteint son pic au len­de­main de la seconde guerre mon­diale, avant que la télé n’envahisse les foyers, etc, etc).

    1bis/ Pour les amis des artistes qui s’imaginent qu’Hadopi va sau­ver leurs sources de reve­nus, sachez que:
    A) très peu d’artistes vivent de leurs ventes de disque (ca rap­porte essen­tiel­le­ment aux majors), la plu­part des artistes qui vivent de leur musique le font à tra­vers la vente de leurs droits et sur­tout à tra­vers le spec­tacle vivant, qui ne s’est jamais porté aussi bien (manque de bol, les mai­son de disque on aban­donné il y a long­temps ce busi­ness)
    B) Les mêmes cher­cheurs qui sont à l’origine de ces études scien­ti­fiques sont una­nimes pour affir­mer qu’Hadopi ou pas, cela ne chan­gera rien au déclin des ventes de disques. La réa­lité du ‘pira­tage’ est infi­ni­ment plus com­plexe que la simple uti­li­sa­tion du peer to peer.

    2/ Problème moral ou pro­blème juri­dique (eg réforme du copy­right), oui, c’est le vrai sujet. Je vous ren­voi vers ce billet en guise de réponse : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/20/entrevues/readwriteculture-laurence-lessig/

  103. Stéphane

    Hé bien voilà un article qui donne et don­nera une bonne conscience aux pirates. Que je sache, écono­mie ou pas écono­mie, pira­ter c’est du vol, ni plus ni moins. Des auteurs laissent leurs oeuvres en libre dif­fu­sion sur des sites ad’hoc. Sil les auteurs ne laissent pas leurs droits, c’est tout de même qu’il y a une rai­son.
    Il est mer­veilleux de lire les com­men­taires aussi, du style ça fait long­temps que je pirate et fina­le­ment j’ai rai­son… J’aide l’économie du disque…Les argu­ments pour le vol sont aussi peu étayés que le rap­port Hadopi…Mais là comme ça arrange tout le monde, du coup, tout va bien.
    Quand on lit en com­men­taire 110, je cite “Je suis per­son­nel­le­ment pour le pira­tage, que je nom­me­rais plu­tôt l’accès libre à la culture (ou pas)”…C’est formidable…mais de quoi je me mêle ? Qui donne libre accès à la culture ? Qui ? La culture, ça coûte cher et si quelqu’un ne paie pas à un moment donné, l’état, les consom­ma­teurs, les auteurs, ou autre, la culture s’appauvrira… On aura l’air malin…

    Je suis pho­to­graphe (artiste ama­teur). J’avoue que si on uti­li­sait mes pho­tos sans mon accord, ça me ren­drait furieux. Je me plain­drai et j’entendrai ce dis­cours que je vois dans les com­men­taires “Je suis per­son­nel­le­ment pour le pira­tage, que je nom­me­rais plu­tôt l’accès libre à la culture (ou pas).”

    Et bien sûr, l’article finit sur la théo­rie du complot…

    A réflé­chir et pas qu’un peu

  104. flo

    cher ste­phane (pho­to­graphe amateur),

    j’ai du mal à com­prendre votre commentaire,

    avez vous lu l’article ci des­sus en tota­lité ou n’avez vous lu que quelques pas­sages? (je pré­cise que ce n’est pas une ques­tion de rhé­to­rique sté­rile et insul­tante, c’est une ques­tion sincère)

    l’article apporte de “nou­velles” don­nées qui manquent cruel­le­ment au projet de loi que M Epelbion ana­lyse ici.
    il insiste ainsi sur le fait que le modèle actuel régis­sant la pro­priété intel­lec­tuelle des oeuvres doit être réformé et esquisse quelques voies…c’est pour ça que j’ai du mal à vous suivre

  105. Bertil Hatt

    Stéphane,

    Beaucoup de pho­to­graphes (y com­pris des pro­fes­sion­nels) ne sont pas du même avis que vous, et sont ravis de voir leurs pho­tos reprises par l’intermédiaire des pla­te­formes Flickr, SmugMug ou PixintheCity : c’est avec leur auto­ri­sa­tion, et sur une liste de pho­tos qu’ils décident de rendre acces­sibles — un book en quelque sorte, sans les frais d’impression. Internet a per­mis de faci­li­ter consi­dé­ra­ble­ment le tra­vail de pro­mo­tion, et si cer­tains ado­les­cents viennent dire des inep­ties sur ce forum, ne confon­dez pas ça avec le besoin urgent d’adapter la légis­la­tion aux nou­veaux com­por­te­ments de cer­tains créa­teurs. Votre volonté de ne pas être piraté sera d’autant plus res­pec­tée que les “pirates” trou­ve­ront leur compte plus faci­le­ment auprès de col­lec­tions publiques.

    Quand à faire ce que l’on veut sans deman­der l’autorisation de l’artiste, c’est ce que font les radios tous les jours : faute de pou­voir rever­ser des cen­times à chaque com­po­si­teurs, arran­geur, inter­prète, elles paient une licence glo­bale pour les titres qu’ils dif­fusent aux socié­tés d’artistes — et Mylène Farmer ne peut pas inter­dire à son œuvre de deve­nir une icône gay.

  106. angeldust

    La ques­tion n’est pas de la pro­priété et du droit d’auteur sur les biens cultu­rels. Ca, c’est un droit qui n’a pas à être discuté !

    De la même façon, le pira­tage nuit à l’industrie du disque (ou du livre) qui, rap­pe­lons le, n’est qu’une indus­trie qui détient les moyens de dis­tri­bu­tions “offi­cielles” des œuvres. Elle n’est pas la créa­trice. Elle prend pos­ses­sion (un peu façon mante reli­gieuse) d’un artiste, le ligote avec un contrat d’exclusivité, et se rince sur le dos de sa créativité.

    Il est rare de nuire direc­te­ment à un artiste et à ses droits d’auteurs en télé­char­geant son CD, car son contrat pré­voit un prix de base, quelques soient les ventes. Contrat qu’elle n’aurait jamais due signer à mon avis … Par contre, ca per­met d’en faire la pro­mo­tion éven­tuelle auprès de nos amis …

    Quand au droit d’auteur, il n’est pas remis en ques­tion puisque l’œuvre est signée et enre­gis­trée avant d’être dis­tri­buée : peu de chance d’être pla­giée unique­ment du fait du piratage.

    La ques­tion est que légi­féré sur un moyen de libre cir­cu­la­tion de l’information, quel qu’il soit, et quelque soit le sup­port, est nui­sible, pure­ment et sim­ple­ment, à la démo­cra­tie. Non seule­ment ça relève de la cen­sure, mais ça empêche l’enrichissement des sources, des inspirations …

    Au même titre que la rede­vance télé, et bien­tôt ordi­na­teur (sic !), est contraire à la consti­tu­tion (donc illé­gale) dans ce sens qu’un moyen d’information uti­lisé par l’Etat vers le peuple doit être gra­tuit. Que je sache l’allocution pré­si­den­tielle du 14 juillet et les vœux du 1ier jan­vier sont télévisés.

    Ca, c’est un vrai combat !

  107. Fabrice Epelboin

    @angeldust

    “La ques­tion n’est pas de la pro­priété et du droit d’auteur sur les biens cultu­rels. Ca, c’est un droit qui n’a pas à être discuté !”

    Ha? Ben… si, pourquoi se gênerait-on ? Creative Commons n’est il pas une façon par­ti­cu­liè­re­ment intel­li­gente de lan­cer cette dis­cus­sion en appor­tant, jus­te­ment, une alter­na­tive au Copyright (ou droit d’auteur, dans cette pers­pec­tive, c’est la même chose).

  108. Kronos

    Très bel article, per­ti­nent et bien construit (contrai­re­ment au rap­port HADOPI).

    La ques­tion (?) sur l’obsolescence du capi­ta­lisme face au par­tage numé­rique vient d’ailleurs à point nommé.

    Si ces mes­sieurs (et mes­dames) les séna­teurs et dépu­tés dai­gnaient s’en inspirer…

  109. Kolobos

    Un grand BRAVO pour cette ana­lyse que je vais m’empresser de dif­fu­ser par le biai de mon groupe P2P.Tout ce que je pour­rais faire comme com­men­taire ne ser­vi­rait à rien sinon à ren­for­cer encore les opi­nions posi­tives que j’ai pu lire ici.

    Répression = NON … cela ne sert per­sonne et ne conduit qu’à la haine de l’outil répres­sif et de plus côte exces­si­ve­ment cher aux états.

    Solution = Licence glo­bale option­nelle. dur à ava­ler pour l’outil répres­sif mais aurait quand même le don de mettre tout le monde d’accord. Les “béné­fi­ciaires rece­vraient leur argent, et les inter­nautes “ivres” de télé­char­ge­ments et sur­tout de nou­velles décou­vertes ne seraient plus inquié­tés. C’est très négo­ciable quoique cer­tains pensent le contraire et pré­fèrent de loin la repression.

    Vente en ligne à des prix rai­son­nable de mor­ceaux qui ne sont plus publiés = OUI si cette pra­tique pro­fite bien aux ayants droits et est par­tiel­le­ment com­pen­sa­toire au fameux “manque à gagner” qu’arborent les majors depuis le début.

    A noter tou­te­fois que ces mêmes mai­sons d’éditions refu­se­raient à juste titre de repres­ser un seul disque pour conten­ter un seul ama­teur qui vou­drait bien l’acquérir — lorsque ce disque hypo­thé­tique a dis­paru des bacs depuis 10 ans) c’est conce­vable MAIS dans ce cas pourquoi ne pas mettre le contenu de ce der­nier à dis­po­si­tion de l’acheteur poten­tiel et à un tarif rai­son­nable (c’est quand même l’acheteur qui aura tout le tra­vail de gra­vure à sa charge que diable !)

    Dire aussi que les musiques et films et autres sont de même qua­lité que leur ori­gi­nal est FAUX je pré­fère de loin ache­ter un ori­gi­nal que d’en accep­ter une copie de mau­vaise qua­lité mais il y a des oeuvres que l’on ne trouve plus du tout et alors on se contente de ce que l’internet nous donne..

    Pourquoi donc ne pas lut­ter prio­ri­tai­re­ment contre la VERITABLE pira­tage ? (toutes les nou­veau­tés cir­culent sur les mar­chés des grandes villes à des prix déri­soires). Ce qui pro­fite aux véri­tables PIRATES est AUSSI un manque à gagner pour les pro­duc­teurs … et on ne fait rien. Personne ne bouge vrai­ment. La “répres­sion” pré­fère s’attaquer à quelque étudiants sur­pris en train de télé­char­ger ou échan­ger leurs propres disques sur inter­net oui cela, c’est plus ren­table sans doute. 

    J’arrête car il y aurait trop à dire mais pour en reve­nir à l’article pré­senté ici. En effet cer­tains déci­deurs devraient plus s’en ins­pi­rer et peut être un jour par­ve­nir à un consen­sus. je suis per­suadé que les inter­nautes en géné­ral ne veulent PAS nuire aux auteurs et pro­duc­teurs si cela était ainsi, plus per­sonne ne son­ge­rait à télé­char­ger “gra­tui­te­ment” (mais mon accès inter­net n’est pas gra­tuit et donc d’une cer­taine manière JE paie ce que je télé­charge que ce soit des infos ou de la musique ou même de vieux films)

  110. Ulrik

    Très bon article bien illus­tré ! Sur le point de vue de la dic­ta­ture je suis mal­heu­reu­se­ment d’accord, on va dou­ce­ment vers un état de des­po­tisme “doux” dans lequel les citoyens n’auront même pas l’impression que la liberté leur à échap­pée. Quand je vois cer­taines chaînes TV(TF1 par exemple) qui dia­bo­lise le web dès qu’ils le peuvent, ça me dégoute … Comment ins­tau­rer la peur chez le citoyen lambda … je ne parle pas de cer­taines per­sonnes comme Frédéric Lefebvre, qui eux seraient bien content de reve­nir sous Vichy.

    Allez ! Je revien­drai sur votre site, qui est vrai­ment de qualité ! ;)

  111. ANGELDUST

    @Fabrice Epelboin

    Je ne vois pas en quoi le fait qu’un auteur soit pro­prié­taire de sa créa­tion soit gênant !

    Allez dire à un sculp­teur qu’il n’est pas pro­prié­taire de son oeuvre ! Qu’un peintre n’a pas le droit de choi­sir qui peut ou non voir son tableau ! Qu’un écri­vain n’a pas le droit de défendre son oeuvre des cita­tions qui omettent de don­ner le nom de la source !

    Allez dire que le fruit d’un tra­vail intel­lec­tuel n’est pas la pro­priété de celui qui y a travaillé.

    Vous vous trom­pez de com­bat. Ce n’est pas la pro­priété intel­lec­tuelle qui est en cause, mais les droits de dif­fu­sion et de distribution.

    Je crois que vous n’avez pas lu mon pro­pos inté­gra­le­ment, ou vous ne vous seriez pas limité à la pre­mière phrase …

    A moins que vous n’ayez jamais rien créer, jamais pensé à quoique ce fut, jamais écrit, jamais innové. A moins que vous ne soyez pas un être pen­sant, je pense que vous ne puis­siez pas défendre d’un indi­vidu ne pos­sède pas son cer­veau, mais unique­ment la peau de son cul. Et encore !

    Il est vrai qu’à l’air capi­ta­liste, ce sont les patrons qui pos­sèdent notre savoir faire, savoir pen­ser, savoir créer. Mais si cela est génant, c’est bien le fait d’user du savoir faire d’autrui qui est ger­bant. Non que cet autre puisse défendre sa création.

    Autant se dépos­sé­der aussi de son droit de vote, puisque selon vous, le droit de pen­ser ou d’être l’auteur de quelque acte ou pen­sée que ce fut est un non droit …

  112. Fabrice Epelboin

    @ANGELDUST

    On ne se com­prend pas bien, et pour­tant, nous ne sommes pas comme vous sem­blez le croire, dans un oppo­si­tion frontale.

    A mon sens, non seule­ment on peut mais on doit dis­cu­ter la notion de pro­priété créa­tive (droit d’auteur ou copy­right, peu importe), mais il ne s’agit en aucun cas de l’abolir.

    Plutôt qu’une expli­ca­tion rébar­ba­tive, lais­sez moi vous racon­ter briè­ve­ment l’histoire d’une autre pro­priété qui fut dis­cu­tée au siècle der­nier : celle de la pro­priété terrienne.

    Le droit amé­ri­cain avait défini la pro­priété ter­rienne comme allant ‘du sous sol jusqu’aux cieux’, et cela n’avait jamais posé le moindre pro­blème, en dehors de dis­cus­sions théo­riques sur la pro­priété des étoiles, jusqu’à l’arrivée d’une avan­cée tech­no­lo­gique majeure : l’aviation.

    Selon ce droit, les avions cir­cu­lant dans le ciel auraient du deman­der une auto­ri­sa­tion de pas­sage à tous les pro­prié­taires des ter­rains survolés…

    Que pensez-vous que la Cour Suprême des Etats Unis fit de ce droit ? Bien sûr, elle ne l’abolit pas, mais elle le dis­cuta, et le réforma, pour l’adapter à une évolu­tion tech­no­lo­gique et pro­fi­ter au mieux de l’aviation pour déve­lop­per son écono­mie, sa culture, son rayon­ne­ment, etc.

    La demande du clan anti Hadopi est très simi­laire, certes, il y a des extré­mistes qui se ver­raient bien pas­ser à un régime sans pro­priété, mais ils ne sont pas nom­breux, et ils sont assez réa­listes, d’autant plus que dans l’univers des tech­no­lo­gie, c’est fai­sable dès à pré­sent avec l’open source.

    Si vous sou­hai­tez en savoir plus la des­sus, et voir en détail les réformes pro­po­sées, je vous conseille la lec­ture du livre de Lawrence Lessig : Culture Libre.

  113. Le Joker

    Donc si je com­prends bien, faute de pou­voir décou­vrir de nou­veaux artistes grâce au télé­char­ge­ments, les ventes vont s’effondrer grâce à cette loi à dopi. En tou cas, moi, je ne finance plus ces lob­bies ; je n’achète plus de disques et si je vais encore au cinéma, c’est unique­ment dans des salles art et essai pour voir des films en pro­ve­nance d’amérique latine (comme cet excellent Telepolis de Esteban Sapir) !

  114. Roland

    “Le « Rapport Hadopi » n’est ni plus ni moins qu’une opé­ra­tion d’intox ”

    pas éton­nant, beau­coup de rap­ports offi­ciels, ou assi­mi­lés, parus ces der­nières années ne sont que de l’intox, de la mani­pu­la­tion et/ou du bidon­nage, des­ti­née à condi­tion­ner l’opinion à quelque opé­ra­tion pro­fi­table et/ou liberticide.

  115. Bidule

    Bonjour,

    Pour tous ceux qui ne sou­haitent pas voir voter la loi Hadopi et qui doute de l’impartialité du minis­tère de la culture, vous pou­vez rejoindre le groupe Facebook deman­dant l’ouverture d’une enquête par­le­men­taire contre Christine Albanel : 

    “Pour l’ouverture d’une enquête par­le­men­taire contre Christine Albanel” http://www.facebook.com/group.php?gid=66788188571

    Faites le savoir sur Facebook : “Le suc­cès du groupe et le mes­sage qu’il porte inter­pellent en effet ceux des par­le­men­taires et de nos confrères jour­na­listes qui ne soupçon­naient pas jusqu’à pré­sent la sin­cé­rité du tableau catas­tro­phiste pré­senté par Christine Albanel, et la dis­pro­por­tion des moyens pro­po­sés pour lut­ter contre le pira­tage. Le mes­sage que vous por­tez dans ce groupe invite la presse et les dépu­tés à se deman­der si les atteintes aux liber­tés publiques et aux droits fon­da­men­taux qui sont induites par la riposte gra­duée et par la créa­tion de l’Hadopi sont réel­le­ment justifiées. 

    Si l’on ne gagne pas au plus vite cette bataille de la prise de conscience média­tique, les chances de rem­por­ter la bataille par­le­men­taire seront nulles.” site Numerama 

    Merci

  116. Airtek

    Qui pho­to­co­pie ce post pour les parlementaires ?

  117. Guillaume

    Merci Fabrice. Lu jusqu’au bout, d’accord avec tout. 

    Il faut peser de tous nos petits poids sur les dépu­tés, jusqu’à atteindre une masse cri­tique, sus­cep­tible d’inscrire HADOPI et toutes ses conséquences (cf. conclu­sion de ton post)en prio­rité sur l’agenda politico-médiatique. 

    Aux armes(virtuelles, je m’entends)citoyens(bien réels, ceux là)

  118. romualb

    Comme je l’ai pré­cisé sur mon blog, http://www.romualb.com/2008/11/08/64/loi_creation_et_internet_une_veritable_fumisterie_.html , cette loi est une arnaque. Même si elle est légi­time, les sanc­tions pré­vues sont tota­le­ment exa­gé­rées et liber­ti­cides, et elle ne pro­fi­tera encore une fis qu’aux majors et non pas aux artistes.

  119. radiolibre

    1/ je ne pirate plus de musique depuis que dee­zer et équi­va­lents sont sortis

    2/ j’attends la même chose pour le cinéma (qua­lité DVD bien sur)

    Le reste n’est que de l’intox pour pou­voir jus­ti­fier le contrôle des peuples, d’internet et de tout ce qui y cir­cule, big brother!

  120. PaPi

    hello hello…Papi fera de la résis­tance!
    Tous cela serait cohé­rent si nous étions tous égaux devant les nou­velles technologies.Dans ma cam­pagne bien que je paye le même for­fait télé­pho­nique ! la même rede­vance ! le même tarif inter­net je n ai pas du tout les même ser­vices:)
    =>POUR exemple la télé;je n’ai que 4 chaines “regar­dables” alors oui lorsque j ai pu enfin passé du “nume­ris” 8kos a la dsl(64/16ko/s)donc pas de télé par le net.…
    j ai effec­ti­ve­ment chargé quelques séries tv que je ne pou­vait vision­ner qu’extremement brouillées sur mon poste de TV!DONC,SI ==>je reçois 5 sur 5 la télé //j’enregistre sur vhs un film qui passe //pour mon épouse le soir //==> pas de blâme !!!ET SI je reçois cette chaine 2 sur 5 a savoir, même pas la peine d enre­gis­trer MAIS que je charge avec p2p le meme épisode..j ai quand meme payé ma rede­vance comme tout le monde au même tarif ALORS là je suis un pirate…::(( Et croyez que mal­gré tout nous sommes très nom­breux a rési­der dans des zones ou l implan­ta­tion de ces tech­no­lo­gies ne sont pas ren­tables et donc consi­dé­rés comme des sous client qui n ont d autre choix que de priez…:)
    En bref, je ne m’estime pas pirate lorsque j arrive a vision­ner un épisode d un feuille­ton quelquonque que j aurais dû pou­voir vision­ner nor­ma­le­ment sur ma télévision,en le télé­char­geant sur le net et en remer­ciant la per­sonne qui a eu la bonté de le faire vivre.
    merci et bon cou­rage à nous.

  121. ANGELDUST

    J’ignore si on se com­prend mal, mais voici vos propos :

    “Ne serait-il pas plus rai­son­nable d’abandonner l’idée de pro­priété pri­vée sur les biens cultu­rels numé­riques, cou­per un membre gan­grené du capi­ta­lisme, en quelque sorte, plu­tôt que de lais­ser pour­rir sur pied tout l’édifice de la démo­cra­tie qui le sou­tien ? Je ne prends ici pas par­ti­cu­liè­re­ment posi­tion, je me contente de poser la question.”

    Si ma réponse à votre ques­tion ne vous plaît pas, c’est donc, sauf erreur, que ce n’était pas une question …

    La notion de pro­priété pri­vée n’est QUE vul­gai­re­ment rat­ta­chée au capi­ta­lisme, celui-ci étant bien postérieur. 

    Elle exis­tait bien avant. Heureusement d’ailleurs, étant farou­che­ment oppo­sée audit capi­ta­lisme, je n’ai pas pour habi­tude de me contredire.

    Les phy­sio­crates défen­daient déjà la pro­priété fon­cière dans l’antiquité. Le capi­ta­lisme est un sys­tème écono­mique post indus­triel, dont la phy­lo­so­phie est issue, notam­ment, comme vous l’avez si bien fait remarquer, des nou­velles décou­vertes spaciales. 

    Vient ensuite la ques­tion de la pro­priété intel­lec­tuelle. Celle-ci est phi­lo­so­phique avant toutes choses, sur­tout lorsqu’elle est attaquée par Proudhon.

    Et c’est bien parce que vous faites cet amal­gamme entre la notion phi­lo­so­phique et la notion écono­mique, sou­pou­dré d’une gros­sière erreur his­to­rique que je me per­mets de repo­ser la question : 

    Est-ce la pro­priété intel­lec­tuelle qui vous dérange ou n’est-ce-pas plu­tôt la façon dont des mul­ti­na­tion­nales s’accaparent les droits de dis­tri­bu­tion et de com­mer­cia­li­sa­tion des oeuvres ?

    Dans le pre­mier cas, vous tuez dans l’oeuf l’envie de créer. En effet, pourquoi se cas­ser le Q à inven­ter, écrire, sculp­ter si tout le monde se fout que ce soit vous l’auteur, et que tout le monde puisse modi­fier votre pro­duc­tion à sa guise ? Autant ne rien entre­prendre puisqu’on ne pour­rait même pas tirer la moindre fierté de le faire, la moindre paternité.

    Dans le deuxième cas, ca fait long­temps qu’il serait bon de s’insurger. Et effec­ti­ve­ment, s’en inquié­ter du fait de l’évolution du sup­port et des moyens de com­mu­ni­ca­tion devient une évidence.

    Aussi, je réitère. Ce n’est pas la notion de pro­priété intel­lec­tuelle qu’il faut réfor­mer, mais la façon dont elle pro­fite à des tiers non créa­teurs tels les pro­duc­teurs, dis­tri­bu­teurs, et autres –teurs avides …

    Pour poser la ques­tion fran­che­ment, ce qui vous dérange, n’est-ce-pas plu­tôt de devoir don­ner 19 euros pour un CD plu­tôt que ver­ser direc­te­ment aux musi­ciens, inter­prètes, paro­liers et com­po­si­teurs les quelques cen­times qui leur reviennent + le prix d’un CD vierge ?
    Devoir payer 25 euros un bouquins de 150 pages sur du papier plus proche du PQ que du papier glaçé, au lieu de don­ner direc­te­ment à l’auteur des 3 euros qui lui reviennent + le prix d’une rame de papier ?

    Le pira­tage existerait-il si les biens cultu­rels n’étaient si cou­teux, du fait du rin­cage géné­reux d’Universal, par exemple, ou autres TVA ??

    Ne cher­chez vous pas plu­tôt à dédoua­ner de leur res­pon­sa­bi­lité les pirates pour ne pas dire pillards plu­tôt que de cher­cher à dénon­cer la fruc­ti­fi­ca­tion sur le dos des artistes, l’augmentation du coût de la vie et l’inadéquation entre les prix des biens cultu­rels et de la boîte de ravio­lis qui com­po­sera le seul repas d’une famille de 3 enfants dans, mal­heu­reu­se­ment, un grand nombre de familles ce soir ???

    Vous vou­lez lut­ter ???? Soit, mais ne plan­tez pas trop fort de lutte. Vous feriez rire un tas de cailloux. Si le pira­tage existe, c’est qu’il faut choi­sir entre bouf­fer et écou­ter de la musique.

    Vous vou­lez pira­ter sans ver­gogne ??? Alors per­sis­tez et signez, mais ne venez pas me dire que vous êtes anti­ca­pi­ta­liste. On ne peut plus bel exemple d’égoïsme et d’individualisme écono­mique que le vôtre !!!

  122. HUGOV

    LA LOI HADOPI EXPLIQUEE A MON PEER (TO PEER)
    Lien: http://www.dailymotion.com/video/k5a0yyHJrrWVUDYD9n

  123. Emmanuel de Saint-Bon

    Quelle pas­sion ! Merci pour ce par­tage d’informations et vos réflexions.

  124. Boby

    +1 pour cet article

    Petit mes­sage pour AngelDust, Je pirate, je per­siste et je signe et ceux depuis que j’ai l’age de 5ans mais pour­tant tout mon fric passe dans mes pas­sions (musique, jeux video, film, ani­ma­tion) et je conti­nue­rai tant que j’aurai pas un salaire de pdg qui me per­met­trai d’alimenter cette pas­sion. Et comme tu dit je pré­fé­re­rais payer direc­te­ment l’artiste quitte à lui filer bien plus que ce qu’il touche actuel­le­ment, inter­net per­met ça et ça défrise les majors de grosse boite

  125. Fabrice Epelboin

    @angeldust Un rapide coup d’oeil à mon CV et à vos accu­sa­tions (ou espé­rance) des mes posi­tions anti­ca­pi­ta­listes ferait mou­rir de rire un tas de cal­loux (pour reprendre votre expres­sion). Pour mémoire, co fon­da­teur d’une demi dou­zaine de boites, au front pour l’introduction en bourse d’une web agency en 99, etc, etc.

    Ma ques­tion ne pose pas sur l’abandon du droit d’auteur/copyright dans l’absolu, mais à son aban­don sur les BIEN DIGITAUX CULTUREL A USAGE PRIVE. Il y a une grosse nuance.

    Votre remarque sur le fait que les sys­tèmes de répar­ti­tion de droits ne pro­fitent en réa­lité qu’à un quar­te­ron de pri­vi­lé­giés et aux orga­nismes eux mêmes est par­fai­te­ment fon­dée (et encore, vous oubliez les caisses noires), mais en dehors de cela, vous êtes tota­le­ment à coté de la plaque dans vos attaques.

  126. Maroan

    Quelle imbé­cilté cette loi! Et les déduc­tions du rap­port sont tel­le­ment fal­la­tieuses qu´on ce demamde ou ses inves­ti­ga­teurs ont étudiés… Oui c´est vrai­ment à pleu­rer de rire… Ou bien à en pleu­rer tout court! Merci pour cette excel­lente ana­lyse! Pourquoi res­treindre alors qu´il se trouve des solu­tions valables (et légales) aux alen­tours… J´habite au Danemark ou la IFPI égale­ment fait cam­pagne pour intro­duire la “3 strikes and youre out”, uti­li­sant (bien sûr) les mêmes argu­ments –1 download=une vente per­due, 10.000 emplois per­dus, rajou­tez ce qui manque!- mais une étude toute fraîche vient de prou­ver que seule­ment 23% de la popu­la­tion font des down­loads illé­gaux… Et dans un sens pour cause: La plus grande com­pa­gnie danoise de télé­com­mu­ni­ca­tions (TDC) a depuis plus d´un an mis a la dis­po­si­tion de ses clients un cata­logue conte­nant plus de 3 mil­lions de titres gra­tui­te­ment. Bon, la qua­lité n‘est pas des meilleurs (192kps), et ces titres contiennent les fameux DRM, mais c´est déjà un pas dans la bonne direc­tion, TDC en plus essaye de convaincre les majors de per­mettre à ses clients de trans­fé­rer les titres sur CD ou bala­deurs MP3.. Alors la France=arriérés de l´Europe?

  127. ploufplouf

    reve­nons donc sur l’absurdité de cette loi sur le contrôle des télé­char­ge­ments illi­cites par loca­li­sa­tion d’adresse IP qui nous l’avons vu peut être en un seul clic masquer sans dif­fi­culté et avec un pro­gramme tout à fait légale que n’importe quelle inter­naute peut ache­ter ou télé­char­ger pour moin de 20 € . Résumons le gou­ver­ne­ment va donc dépen­ser des mil­lions d’euros du contri­buable pour enfin de compte ne rien ver­ser de plus aux artistes mais en revanche enri­chir les concep­teurs de pro­grammes de dis­si­mu­la­tion d’adresses IP super !!! comme quoi dans cette his­toire il y a quand même des gagnants !!!

  128. Florent

    @ tous ceux qui consi­dèrent le “pira­tage” comme un vol. 

    Déjà, moi je suis pour l’abolition de cet abus de lan­gage. Considérer une per­sonne qui casse le code d’un site pour y déro­ber des infos, ok, ça semble cor­res­pondre à l’idée qu’on peut légi­ti­me­ment se faire d’un pirate. Un pirate, c’est une per­sonne qui inter­cepte des mar­chan­dises en cours de trans­port, ou les vole par effrac­tion là où elles sont sto­ckées (et sou­vent pro­té­gées). Un pirate est donc un voleur qui prend des risques. Assimiler les pauvres uti­li­sa­teurs (par dépit) de vul­gaires copies d’oeuvres à des pirates, ce n’est que de l’intimidation, un glis­se­ment séman­tique qui arrange bien les mai­sons d’édition, et qui est assené à la popu­la­tion à lon­gueur de temps :
    Le pira­tage, c’est du vol !
    Le pira­tage, c’est du vol !
    Le pira­tage, c’est du vol !

    On l’entend tel­le­ment sou­vent qu’on ne se demande même plus ce qu’est le pira­tage. On pour­rait accu­ser les mai­sons d’édition de har­cel­le­ment moral, visant à faire culpa­bi­li­ser le pékin, et le pous­ser à la consom­ma­tion. J’écoute à la radio de la musique que je ne paie pas, je me cultive. Je télé­charge des musiques que je ne paie pas, je me cultive. Je télé­charge des films que je ne paie pas, je me cultive. Je ne fais qu’utiliser de la COPIE, ce qui est un plai­sir moindre, com­paré à celui d’aller à un concert ou au cinéma. C’est sur­tout pour ne pas mou­rir idiot, au même titre que celui qui n’a pas les moyens d’aller à Paris pour voir la Joconde, peut au moins en voir une repré­sen­ta­tion dans un livre d’Art, avec un com­men­taire écrit au lieu d’un guide dans le musée. Moi à la limite, on pour­rait dire que je peux me les payer, ces musiques et ces films, mais mon voi­sin pauvre lui, ne pour­rait pas se le per­mettre. Et puis pourquoi devrais-je les payer, si ce sont juste des copies? Des trucs que je garde pour m’en sou­ve­nir, pour en revoir des mor­ceau de temps en temps, pour mon­trer un truc à un copain… Quand je vais au cinéma, je paye. J’y vais très sou­vent, mal­gré la faci­lité avec laquelle je peux télé­char­ger une copie du film. D’ailleurs je télé­charge le film ensuite, s’il m’a plu. Je n’utilise aucune de mes copies pour gagner de l’argent, ou pour me faire valoir mal­hon­nê­te­ment. Je suis 100% pour le droit de pro­priété intellectuelle. 

    Bref. Il fut un temps, avant le vinyle, où la dif­fu­sion de la musique ne pas­sait par aucun sys­tème com­mer­cial. Nos ancêtres écou­taient la radio, et ne payaient rien aux artistes. Les artistes n’existaient pas? Et même avant la radio­dif­fu­sion, ils exis­taient. Les gens qui chan­taient (bien ou mal) leurs chan­sons pour le plai­sir étaient-ils en train de faire de la copie pirate?

    Un com­merce (énorme) est né parce qu’il a eu l’opportunité de naître. Il y avait moyen de pro­po­ser aux gens d’écouter de la musique très loin de la source, grâce à des copies de qua­lité, qu’on pou­vait ache­ter. Le sys­tème de royal­ties ver­sées aux auteurs n’est apparu que bien après, mais ce n’était en rien le fon­de­ment du sys­tème. C’était sur­tout pour légi­ti­mer l’argent démen­tiel que pou­vaient se faire les mai­sons de disque. Pour se faire encore plus de tunes ils ont trouvé un truc tout aussi génial : le star sys­tem. En effet, quand on a des tunes, on peut faire les choses en grand, pro­pul­ser des gens soi­gneu­se­ment sélec­tion­nés sur le devant de la scène, en faire des dieux, et ainsi vendre une quan­tité encore plus démen­tielle de disques. Le filon a été exploité jusqu’à la moelle, jusqu’à l’état actuel de ridi­cule que l’on sait : le prin­cipe des « nou­velles star », fabriquées de toutes pièces, à par­tir de… pas grand chose. 

    Et puis est arrivé internet.

    Un com­merce (énorme) va mou­rir parce qu’il n’a plus l’opportunité de vivre. C’est tout, rien d’autre. La créa­tion n’a pas eu besoin de lui pour naître, et elle ne mourra pas avec lui. 

    Mais pen­dant ces décé­nies d’opportunités, les oppor­tu­nistes ont eu le temps de deve­nir tel­le­ment riches et puis­sants, qu’ils ont les moyens d’imposer aux gou­ver­ne­ments d’assurer leur sur­vie. Imaginez, le jour où on aura trouvé une éner­gie propre et GRATUITE pour faire tour­ner nos voi­tures, que les puis­sants Total & Co. arrivent à convaincre nos gou­ver­ne­ments que les citoyens doivent mal­gré tout conti­nuer à uti­li­ser des voi­tures à essence, juste pour éviter aux mil­lions d’employés de l’industrie du pétrole de perdre leur emploi?

  129. peter murphy

    Bonjour,

    Enfin un texte intel­li­gent. Permettez moi de le com­men­ter néan­moins.
    J’essais depuis quelques semaine d’avoir la vision la plus objec­tive du débat sur la lo Hadopi et c’est très dif­fi­cile. En effet la plu­part des com­men­ta­teurs sont pas­sion­né­ment contre cette loi qui va res­treindre une de leur pra­tique (de consom­ma­tion et de fait leurs argu­ments sont très 1er dégrès — sou­vent du niveau du client d’un hyper­mar­ché qui veut que les prix baissent).
    Pour être par­fai­te­ment hon­nête je tiens à dire que mon metier a long­temps était de réa­li­ser des clips vidéos et donc que la crise écono­mique que vivent les mai­sons de disque (je ne dis pas que le pira­tage en est la cause) a direc­te­ment impacté ma vie en me condui­sant à chan­ger de metier pour faire qqch de beau­coup plus ali­men­taire. Il est donc légi­time que je regarde les ten­ta­tives des indus­tries cultu­relles pour contrer le pira­tage avec inté­rêt et que je compte sur le net pour m’apporter une dis­tance de réflexion suf­fi­sante par rap­port au dis­cours de ces indus­tries (même si, les ayant pra­tiqués ils n’ont rien de vrai­ment industriels :-)).

    cette mise en pers­pec­tive faite, recon­cen­trons nous vers les points inter­es­sants :
    –Que l’édition musi­cale aille mal, c’est une réa­lité. (je ne par­le­rai pas du cinéma ou de la pro­duc­tion de fic­tion pour la TV, je n’y connais rien et même si c’est ce à quoi me des­ti­nait ma for­ma­tion, je n’aime ni l’un ni l’autre)
    –Que la cause en soit en par­tie la concur­rence des autres pro­duits cultu­rel, cela me semble évident. (il n’y avait que peu de jeux vidéos dans mon enfance, ni d’internet à payer, ni de for­fait télé­pho­nique)
    –Cela n’empêche pas que le piratge est une manière aujourd’hui de pou­voir écou­ter de la musique sans la payer pour pou­voir se payer d’autres loi­sirs. Si vous vou­lez mon avis, c’est plu­tôt bien.
    En revanche il y a 2 points qui me gènent et que cet article éffleure pour l’un tout le long des démons­tar­tions sans le trai­ter et aborde pour l’autre. (c’est déjà beau­coup plus que tout ce que j’ai lu jusqu’à présent). 

    –L’économie (sec­teur hors mar­chand mais aussi sec­teur marchand)de la musique n’a jamais été aussi fleu­ris­sante.
    Pourtant ceux qui en touchent les divi­dendes ne sont pas ceux qui sont à la source de la pro­duc­tion. La est pour moi le pira­tage néfaste et le véri­table scan­dale. En effet, le peer to peer est un outil fan­tas­tique pour l’économie des four­nis­seur d’accés à Internet. Cela jus­ti­fie auprès d’une très grande part de la popu­la­tion qui n’utilise pas le net pro­fes­sion­nel­le­ment de fac­tu­rer du haut débit à 30€ (et plus en fait puisque le revenu moyen par abonné de free est de 34€…). Et cela sans rému­ne­rer les ayant droits des oeuvres qui jus­ti­fient un abon­ne­ment à Internet! C’est un peu comme si Canal + avait pro­posé ses abon­ne­ments sans payer les pro­duc­teurs de films dif­fu­sés ni les clubs de foot, mais en disant que grace à leur boi­tier on pou­vait “cap­ter” les signaux des stades ou des stu­dios. Je ne rentre pas dans l’argumentation juri­dique, mais avec un peu de bon sens ou ne peut que trou­ver cela anor­mal. Personnellement je suis pour la dif­fu­sion mas­sive des oeuvres cultu­relles et contre la pro­priété intel­le­tuelle (j’y revien­drai plus tard), mais je ne com­prends pas que l’on se batte d’abords contre les reve­nus de l’édition et les artistes (qui quoi que l’on en dise sur le plan stric­te­ment écono­mique — le reste est à étudier plus sérieu­se­ment– ont bcp perdu) avant d’exiger la gra­tuité de l’accés à inter­net alors que les marges des FAI sont beau­coup plus impor­tantes et que cela est au moins autant un ser­vice public que la musique. Je rap­pelle que ce sont des offi­cines pri­vées qui gèrent l’internet avec les pro­fits que l’on connait qui leur ont per­mis de rache­ter les indus­tries cultu­relles qu’elles avaient pillées (ex. Vivendi-SFR qui est pro­prié­taire d’Universal).
    C’est d’ailleurs ce qui me conduit à être très méfiant sur le deuxième sujet :
    –La pro­priété intel­lec­tuelle est elle légi­time?
    Toute ma culture (et mes quelques connais­sances écono­miques) me conduisent à dire que non. En effet, je consi­dère qu’un artiste n’est qu’un médium, il uti­lise la culture de son époque pour la faire évoluer, et son art est la confron­ta­tion de sa pro­duc­tion inter­agis­sant avec son public. C’est ainsi que je me consi­dère quand je mets en image de la musique. Néanmoins l’art coute cher à pro­duire, et même si cer­taines pro­duc­tions artis­tiques sont rela­ti­ve­ment peu coû­teuse, tout tra­vail ne mérite t il pas un salaire. Les artistes n’ont ils pas à payer leur loyer leur pain… et même pour éviter toute contes­ta­tion fal­la­cieuse, je me per­met d’étendre cela à toute la chaine de pro­duc­tion. De celui qui prends un risque en finançant jusqu’à la per­sonne qui conseille artis­tique­ment, ou celle dont le tra­vail consiste à faire connaitre les oeuvres (du gale­riste d’art à l’attaché de presse de mai­son de disques). Il faut évidem­ment se battre contre la seule alter­na­tive qui rédui­rait le choix des indi­vi­dus entre gagner sa vie ou faire de l’art.
    Pourtant, et c’est un des mérites de votre article de le sou­li­gner, l’art aujourd’hui (les loi­sirs cultu­rels si on veut) rap­portent beau­coup, beau­coup d’argent! C’est une indus­trie très lucra­tive.
    Et c’est bien là ou est le pro­blème. Si on ne rému­nère pas les oeuvres de l’esprit, mais que cer­tains les uti­lisent pour faire du pro­fit alors il y a un scan­dale (au sens grec du terme).
    C’est pourquoi je suis d’accord quand un député com­mu­niste vote contre le projet Hadopi, c’est cohé­rent, cela s’inscrit dans un projet plus large ou l’artiste n’a pas pro­priété de ses oeuvres, mais per­sonne ne les uti­lise pour faire du pro­fit, elles sont en libre accés. Quand ce sont des inter­nautes consom­ma­teurs cela devient plus génant, et quand ce sont des gens qui sont sous la coupe du lobby des télé­coms c’est car­ré­ment de l’escroquerie.

    Tout ce que j’écris pour les oeuvres artis­tiques pour­rait être étendu, me semble t il, à tous les bre­vets. Mais je ne suis pas assez com­pé­tent pour développer.

    Donc pour ma part, je pense que le peer 2 peer en temps que forme moderne de l’échange et de l’entraide doit être encou­ragé, mais que cela doit avant tout pas­ser par un accés gra­tuit au net, (je rap­pelle que la sanc­tion de sus­pendre l’internet existe déjà, c’est ce qui se passe quand on a pas payé son abon­ne­ment, il serait temps de s’insurger contre cela!). Que cela demande une réflexion pous­sée sur le finan­ce­ment des créa­tions de l’esprit. Et j’ai très peur que n’ayant pas la solu­tion on finisse par appau­vrir la pro­duc­tion ou muse­ler le web. 

    Je n’ai pas la solu­tion, mais j’espère que l’on fera le vrai tour du pro­blème avant de déci­der, cela changerait…

  130. Fabrice Epelboin

    Peter, merci pour votre long com­men­taire, la solu­tion existe, mais elle laisse de coté les orga­nismes de ges­tion de droits et les majors, cela s’appelle la licence glo­bale. Pour reve­nir sur votre paral­lèle avec Canal+, c’est comme si une part de votre abon­ne­ment rému­né­rait les créateurs. 

    Sans cette solu­tion, on va en effet muse­ler le web (enfin, pas vrai­ment, on fera éclore un inter­net under­ground auquel seule une élite aura accès, pour ce qui est de la créa­tion, elle sera impac­tée, c’est sûr, de là à dire que la qua­lité bais­sera avec les bud­gets, ce serait cor­ré­ler ces deux don­nées, ce que je me refuse à faire.

  131. Florent

    J’abonde dans le sens de peter, concer­nant l’imputation des droits d’auteurs dans le cout de l’abonnement inter­net. Au pas­sage, j’ajoute celui-ci pour­rait être règle­menté afin que les FAI ne fassent pas trop de pro­fit, au détri­ment du consom­ma­teur et, par consé­quent, des auteurs. Il semble bizarre que depuis quelques années, le cout des abon­ne­ments soit inva­riables, 29 euros quelque soit le FAI, pour le ser­vice stan­dard : inter­net + télé­phone + télévision.

    En fait, les pre­miers à avoir pensé à impu­ter quoique ce soit au cout des abon­ne­ments à inter­net, ce sont les mai­sons d’édition… pour récu­pé­rer leur manque à gagner. Pourtant, le rai­son­ne­ment qui amène à une telle pro­po­si­tion est on ne peut plus gon­flé. Même en esti­mant que les mai­sons de disque perdent de l’argent à cause du “pira­tage” (je répète, terme abu­sif), le pro­blème ce n’est pas qu’ils perdent de l’argent (car ce n’est que le fait d’un sup­port en déclin : le CD, par rap­port à un sup­port en pro­grès : inter­net) mais que les auteurs perdent de l’argent. 

    Je ne sais pas pour vous, mais n’étant pas quelqu’un qui écoute beau­coup de musique, je trou­ve­rai fort de café d’avoir à payer dans mon abon­ne­ment inter­net le dédom­ma­ge­ment cor­res­pon­dant aux béné­fices hon­teux que se fait l’industrie du disque sur le dos des auteurs. Pourquoi ne pas seule­ment payer le petit pour­cen­tage cor­res­pon­dant aux droits d’auteur? Vu le cout net­te­ment infé­rieur, la plu­part des consom­ma­teurs trou­ve­raient que c’est un moindre incon­vé­nient. (sug­ges­tion de lec­ture à ce sujet : http://focuslibre.net/Droits-d-auteurs-A-qui-profite-le)

    D’ailleurs, on pour­rait même trou­ver une manière de rému­né­rer les auteurs pro­por­tion­nel­le­ment à l’intensité des tele­char­ge­ments dont sont leurs oeuvres sont l’objet. Ca devrait être tech­nique­ment pos­sible de sur­veiller le tra­fic dans ce sens. Bien sûr, les fichiers peuvent avoir des noms erro­nés, mais on a bien réussi à mettre au point des sys­tèmes ultra per­fec­tion­nés de DRM pour limi­ter les usages, on peut bien trou­ver quelque chose pour iden­ti­fier clai­re­ment des fichiers, quelque soient leur noms (par exemple : recon­nais­sance de la forme des ondes d’un mor­ceau de Lorie, dont le nom aura été changé… ou bien d’un mor­ceau qui aura été appelé “I Love You” de manière abu­sive pour que Lorie se fasse des béné­fices de trop… ou tout sim­ple­ment pour régler le pro­blème des homo­nymes). Ainsi, si on observe sur le tra­fic de Free que la chan­son I Love You a été télé­char­gée 300 fois pen­dant le mois, Free ver­sera à Lorie les droits cor­res­pon­dant, et ce sera à Free de réper­cu­ter ce cout sur les abon­ne­ments. Reste à savoir main­te­nant s’il faut que le client paie pré­ci­sé­ment ce qu’il télé­charge, ou que tout le monde paye glo­ba­le­ment. Je suis favo­rable à la deuxième solu­tion, pour plus d’égalité entre les for­tu­nés et les moins fortunés. 

    En atten­dant cette prouesse tech­nique (envi­sa­geable, à mon avis), on peut opter pour la licence glo­bale, comme le dit peter, mais UNIQUEMENT des­ti­née aux auteurs, et en aucun cas aux mai­sons d’édition!

  132. Florent

    Pardon, pour la Licence glo­bale… comme le disait Fabrice, et non Peter…

  133. Makabeus

    Je vou­drais juste réagir sur 2 choses.

    Dans ton article, tu nous dit que ce rap­port ne démontre pas que le le pira­tage a un effet néga­tif sur les ventes de logi­ciel, de film, etc …
    Tout d’abord, je dirais que le pro­blème de la contre façon, qui est simi­laire au pira­tage dont il est ques­tion ici, a une réa­lité écono­mique qui a déjà été démon­trée, il y a bien long­temps.
    Si régu­liè­re­ment des mil­liers de litres de faux par­fums et de fausses montres sont détruites, ce n’est pas pour s’amuser, ceci a un réel impact sur le chiffres de ventes des socié­tés concernées.

    Ensuite, je ne trouve du côté de votre article aucune démons­tra­tion nous mon­trant que le pira­tage n’a aucun impact sur le chiffre d’affaires des socié­tés tou­chées par ce pro­blème. C’est quand même la moindre des choses quand on infirme quelque chose d’en faire la démonstration.

    Par contre, je peux vous citer l’ancien PDG de l’entreprise Ironlore qui avait créé il y a 3 ans un jeu vidéo qui a été très bien coté sur le net et qui a eu un énorme suc­cès … mais sur­tout sur les pla­te­forme P2P, le résul­tat ?
    La société a fait faillite il y a quelques mois, je vous cite donc ce qu’en a dit son PDG :

    “Si seule­ment une petite par­tie des joueurs qui ont piraté Titan Quest avaient dépensé un peu de leur foutu argent, […] les choses auraient pu être dif­fé­rentes pour Iron Lore”- Michael Fitch (THQ)”

    Le suis moi même déve­lop­peur de logi­ciels pro­fes­sion­nels et ma petite entre­prise a du fer­mer ses portes fin de l’année pas­sée suite au pira­tage de nos 2 logi­ciels majeures que l’on pou­vait retrou­ver par­tout sur le net en P2P, nos ventes ont chu­ter de 75 % en quelques mois et nous avons du d’abord licen­cier du per­son­nel pour nous retrou­ver en ces­sa­tion de paie­ment fin 2008.

    Je trouve donc très cava­lier votre manière de balayer du revers de la main une réa­lité désas­treuse qu’est le P2P (vous ne niez d’ailleurs pas les chiffres alar­mants de la crois­sance de l’usage du P2P) sur­tout pour les petites entre­prises et les petits labels.

    Le pira­tage est une plaie et une pra­tique qui va crois­sante car la majo­rité des per­sonnes qui le pra­tique sont des jeunes de moins de 16 ans qui n’ont aucune idée des conséquences écono­miques à moyen terme de leur com­por­te­ment égoïste, c’est tel­le­ment facile de voler le tra­vail de quelqu’un d’autre ano­ny­me­ment et en toute impu­nité.
    Je ne suis pas cer­tain que ces mêmes per­sonnes ose­raient voler une voi­ture dans un dépôt ou au coin d’une rue et pour­tant c’est exac­te­ment la même chose écono­mique­ment par­lant, sauf qu’il fau­drait ima­gi­ner qu’il vole plu­sieurs véhi­cule par mois.

    Avez vous pris la peine de vous ins­crire sur des tra­cker de tor­rent afin d’y lire ce qu’il s’y passe ?
    C’est abso­lu­ment atter­rant, cette pra­tique du pira­tage est consi­dé­rée comme tout à fait nor­mal par les mil­liers de membres qui se par­tage des dizaines de mil­liers de films et logiciels.

  134. Fabrice Epelboin

    Tout d’abord, je dirais que le pro­blème de la contre façon, qui est simi­laire au pira­tage dont il est ques­tion ici, a une réa­lité écono­mique qui a déjà été démon­trée, il y a bien longtemps.

    Pas du tout simi­laire, il s’agit de bien numé­riques, obéis­sant à une réa­lité écono­mique et sociale très dif­fé­rente. La seule vrai simi­la­rité est dans l’encadrement juri­dique de ces deux phénomènes.

    Si régu­liè­re­ment des mil­liers de litres de faux par­fums et de fausses montres sont détruites, ce n’est pas pour s’amuser, ceci a un réel impact sur le chiffres de ventes des socié­tés concernées.

    Hum… ça c’est ce qui s’appelle une preuve scien­ti­fique. Donc si on a brulé des livres durant l’inquisition (ou des être humains durant la Shoa), ça démontre quoi au juste ?

    Ensuite, je ne trouve du côté de votre article aucune démons­tra­tion nous mon­trant que le pira­tage n’a aucun impact sur le chiffre d’affaires des socié­tés tou­chées par ce pro­blème. C’est quand même la moindre des choses quand on infirme quelque chose d’en faire la démonstration.

    Je vois… vous devez être nou­veau sur inter­net. Cet article est truffé de réfé­rences scien­ti­fiques, beau­coup d’entre elles sont dans une typo­gra­phie rouge, il s’agit de liens hyper­textes. Si vous cliquez des­sus, vous vous ren­drez sur les sites de Harvard, de l’OCDE, de Télécom Paris et bien d’autres où vous pour­rez prendre connais­sance dans leur inté­gra­lité des études scien­ti­fiques qui démontrent mon propos.

    Je trouve donc très cava­lier votre manière de balayer du revers de la main une réa­lité désas­treuse qu’est le P2P (vous ne niez d’ailleurs pas les chiffres alar­mants de la crois­sance de l’usage du P2P) sur­tout pour les petites entre­prises et les petits labels.

    Outre que vous faites une trans­po­si­tion hasar­deuse des mes pro­pos por­tant sur la musique dans le monde du logi­ciel, j’aurais ten­dance à vous dire (P2P ou pas), que là aussi, le pira­tage — qui dans le logi­ciel, vous m’accorderez cela, remonte à bien avant l’apparition du P2P — est une don­née qu’il faut prendre en compte dans un modèle écono­mique.
    Regardez par exemple la façon dont un nombre crois­sant d’éditeurs passent à un modèle hybride mêlant SAAS et logi­ciel (WoW) ou car­ré­ment à du tout SAAS.
    Plus éloi­gné dans le temps, pen­sez vous sin­cè­re­ment que la suite Office s’est impo­sée comme un stan­dard ? (les plus vieux s’en sou­viennent, elle avait une forte concur­rence de qua­lité il y a long­temps) Microsoft a laissé le pira­tage faire sa dis­tri­bu­tion ! (avant ensuite, sa domi­na­tion assu­rée, pas­ser à une autre stra­té­gie, certes il faut avoir les reins solides pour faire cela). Idem pour Xpress, etc, etc. Je ne défends pas le pira­tage logi­ciel, je dis sim­ple­ment que c’est une réa­lité dont les plus malins ont tiré parti. Tout comme on ne conçoit pas les voi­ture de la même façon aujourd’hui que dans les années 80, régu­la­tions, taxe pol­lu­tion et prix de l’essence oblige, l’environnement dans lequel on vend un pro­duit doit néces­sai­re­ment impac­ter la façon dont on le conçoit.

    Beaucoup de petites entre­prises du logi­ciels, plus intel­li­gentes que les autres, on pris en compte leur envi­ron­ne­ment avant de lan­cer des pro­duits, regar­dez Zoho, 37signals et tant d’autres, ils n’ont abso­lu­ment rien à craindre du pira­tage. En gros, et en cari­ca­tu­rant vos pro­pos, vous pour­riez tout aussi bien repro­cher à Apple d’avoir popu­la­risé l’interface gra­phique qui rend votre logi­ciel uti­li­sable en ligne de com­mande inven­dable sur le mar­ché actuel.

    Pour reve­nir sur la situa­tion des petit labels (je bosse avec beau­coup d’entre eux), vous oubliez bien vite que cette struc­tu­ra­tion de l’industrie du disque est dû aux grosses majors (qui au pas­sage se portent très bien finan­ciè­re­ment, jetez un oeil au rap­port annuel d’Universal, béné­fices en hausse de 9% cette année). C’est peut être là qu’il faut aller regar­der, non ? Comment expliquer que sur un mar­ché à ce point dif­fi­cile (ce que je ne nie pas) Universal voit ses béné­fices grim­per en flèche, et que les petits labels coulent ? Curieux, non ? La bonne nou­velle (pour les petits labels), c’est que cette stra­té­gie est — à mon sens — une erreur, car Universal a de facto out­sourcé son poten­tiel d’innovation, et que dans le lot des labels dans la tour­mente, pas mal d’entre eux sor­ti­ront de la tem­pête bien plus fort  — car ils auront com­pris qu’il est vain de lut­ter contre la marée qui monte — et auront la capa­cité et les com­pé­tences pour réin­ven­ter leur industrie.

    Ce n’est pas la pre­mière fois que les majors font de telles erreurs stra­té­giques, en aban­don­nant le spec­tacle vivant (concerts), moins ren­tables à une époque que la dupli­ca­tion de CD, ils ont créé ce qui aujourd’hui sont des géants de l’entertainment, et qui hier n’était que de petits sous trai­tants que l’on trai­tait avec mépris. Une leçon, et un espoir, pour les labels.

    Le pira­tage est une plaie et une pra­tique qui va crois­sante car la majo­rité des per­sonnes qui le pra­tique sont des jeunes de moins de 16 ans qui n’ont aucune idée des conséquences écono­miques à moyen terme de leur com­por­te­ment égoïste, c’est tel­le­ment facile de voler le tra­vail de quelqu’un d’autre ano­ny­me­ment et en toute impu­nité.
    Je ne suis pas cer­tain que ces mêmes per­sonnes ose­raient voler une voi­ture dans un dépôt ou au coin d’une rue et pour­tant c’est exac­te­ment la même chose écono­mique­ment par­lant, sauf qu’il fau­drait ima­gi­ner qu’il vole plu­sieurs véhi­cule par mois.

    Je vous ren­vois sur la démons­tra­tion brillante d’Attali qui a en plus le mérite d’être plus brève que la mienne : si j’ai un verre d’eau, que vous me le pre­nez, je ne l’ai plus, si j’ai un fichier, que je le par­tage, vous ne me dépos­sé­dez de rien. Vous com­pa­rez des choux fleurs et des bet­te­raves, là encore, vos pro­pos sont hors de toute logique.
    Pour reprendre égale­ment les pro­pos de Patrick Waelbroeck, prof à l’ENST, “mal­gré l’eau du robi­net, les mar­chands d’eau conti­nuent à vendre”.

    Pour ce qui est de repro­cher à des gamins de n’avoir aucune idée des conséquences écono­miques de leurs actes, je trouve ce pro­pos outra­geux et scan­da­leux. Que dire des géné­ra­tions pré­cé­dentes (dont, à bien­tôt qua­rante ans, je fais un peu parti) qui se sont payé leur confort, leur sécu­rité, et leurs pri­vi­lèges en creu­sant depuis 30 ans des défi­cits que les gamins en ques­tion auront à rem­bour­ser ? En se garan­tis­sant des retraites auxquelles les gamins en ques­tion n’auront pas droit et qu’ils devront néan­moins payer à leurs ainés ? En détrui­sant l’environnement dans lequel les gamins en ques­tion vont devoir vivre ? Tous le monde est conscient depuis pas mal de temps de cette situa­tion, et rien ne change? En terme de dégats écono­miques, pen­sez vous que ceux faits par les anciens soient com­pa­rables ? Je ne le pense pas. Pensez vous que nous soyons en mesure de don­ner de telles leçons de morale à cette géné­ra­tion ? En aucun cas.

    Avez vous pris la peine de vous ins­crire sur des tra­cker de tor­rent afin d’y lire ce qu’il s’y passe ?

    Je ne répon­drais pas sans mon avocat. 

    Sincèrement, je vous donne l’impression de par­ler à ce point d’un phé­no­mène que je n’ai pas observé de près ? La seule dif­fé­rence entre moi et les gamins de 16 ans que vous dénon­cez, c’est que mes reve­nus sont très supé­rieurs. Du coup, en tant que chef d’entreprise (et parce que j’ai pu tes­ter toute une palette de softs ‘gra­tui­te­ment’, j’achète des licences à la dou­zaine. En tant que par­ti­cu­lier, je dépenses des sommes folles dans de la culture, culture, soit dit au pas­sage, que je n’aurais jamais décou­verte sans ce mode de dis­tri­bu­tion qu’est le P2P.

  135. AbriCoCotier

    @Fabrice : Oh putain, j’avais pas fait le rap­pro­che­ment avec le défi­cit des retraites, mais je l’aime bien, en fait. Il fait mal, là où il faut.

    Sur le reste, je suis d’accord à 100% (mais bon, ça a été dit, répété et expliqué déjà 1000 fois sur ce blog). Reste plus qu’aux com­men­ta­teurs de les lire AVANT de commenter.

  136. mraz

    Un objet phy­sique, meme fabriqué en série, cou­tera toujours de l’argent (matiere pre­miere, main d’oeuvre, éner­gie…) En ce qui concerne les oeuvres audio­vi­suelles, elles sont dupli­cables à l’infini.Concernant la musique, “Maison de disque” est un terme qui appar­tient au passé. Est ce que ces oeuvres imma­te­rielles doivent etres rému­né­réés indé­fi­ni­ment? N’y a t-il pas des gens qui tra­vaillent dur sou­vent, ailleurs que dans ces milieux, et a qui beau­coup de bonne musique gra­tuite ‚tout genres confon­dus, connue, d’artistes connus et qui ne sont pas à la rue, faci­le­ment télé­char­geable ne ferait pas de mal? On paye l’éléctricité, la connec­tion inter­net, et sou­vent l’ordi qui sert entre autre à cela, non? C’est mal?
    Finalement, tout ce ram­dam vir­tuel ne serait-il pas le pré­mice d’un malaise géné­ral beau­coups plus impor­tant des indi­vi­dus consti­tuant notre “civilisation”?

  137. eb

    Bravo pour ce brillant et drôle article. Merci de don­ner les réfé­rences sur des tra­vaux sérieux. On com­prend que nos poli­tiques n’ont aucune culture scien­ti­fique. Ils ne lisent pas la lit­té­ra­ture uni­ver­si­taire, et peut être s’en méfient-ils : on a peur de ce que l’on ne veut –ne peut– pas appré­hen­der. Et puis, pour gou­ver­ner des “veaux” inutile de se bour­rer la tête d’équations. Mieux vaut faire mir­roi­ter 10000 emplois en moins. Alors qu’on a pas dit com­bien l’économie numé­rique a créé d’emplois en plus !

  138. Makabeus

    Juste deux mots, puisque qu’il s’agit ici au vu de votre réponse d’asséner ses véri­tés de la manière la plus cas­sante pos­sible en évitant de répondre à ce qui dérange vraiment.

    Je trouve gro­tesque le plai­doyer sur les retraites de nos chères tête blondes, d’abord cela n’a stric­te­ment rien à voir avec le débat, ensuite pour suivre notre logique, tuons tout nos voi­sins à tour de bras, nos grand pères ayant fait la pre­mière guerre mon­diale, nous sommes de pauvres victime …

    Ensuite, juste pour infor­ma­tion, s’inscrire sur des sites de tra­ckers de Torrent pour lire ce qu’il s’y passe ne demande pas d’avoir un avo­cat, sauf si tel l’autruche on pré­fère res­ter la tête dans le sable.

  139. Fabrice Epelboin

    @Makabeus je vois avec plai­sir que vous ne rele­vez pas mes remarques concer­nant les défi­cits accu­mu­lés depuis 30 ans et les dégats faits par les anciennes géné­ra­tions sur l’environnement. 

    La remarque sur mon avo­cat est un trait d’humour, si vous avez lu mon texte, il en est truffé (en même temps, rien ne vous oblige à l’apprécier, ce qui de toutes évidence, n’est pas le cas).
    Donc pour être par­fai­te­ment expli­cite (la phrase qui suit ce “trait d’humour” l’était tout de même assez), oui, bien sûr que je suis ins­crit à de nom­breux forums asso­ciés à des tra­ckers, je fais aussi parti du groupe P2P insi­der de Linkedin, ainsi que de plu­sieurs mai­ling list trai­tant du sujet.

  140. Makabeus

    A encore ceci, qui est flo­ri­lège et bien à l’image de votre long mono­logue com­plè­te­ment à côté de la plaque :

    “Je vous ren­vois sur la démons­tra­tion brillante d’Attali qui a en plus le mérite d’être plus brève que la mienne : si j’ai un verre d’eau, que vous me le pre­nez, je ne l’ai plus, si j’ai un fichier, que je le par­tage, vous ne me dépos­sé­dez de rien. Vous com­pa­rez des choux fleurs et des bet­te­raves, là encore, vos pro­pos sont hors de toute logique.”

    Quelle brillante com­pa­rai­son, sauf qu’elle n’a stric­te­ment rien à voir avec le monde de logi­ciel.
    Développer un logi­ciel, c’est un tra­vail de longue haleine sur des mois, qui demande un bud­get impor­tant avant de pou­voir récu­pé­rer ce qui est investi en temps et en moyen.
    Alors si in fine au lieu de vendre 100 exem­plaires qui per­met­trait de cou­vrir les coûts, je n’en vends que 10 qui sont après pira­ter, le projet devient une perte, je n’ai pas de ren­trée finan­cière et pas de quoi nour­rir ma famille.
    C’est plus claire comme ça ?

  141. Fabrice Epelboin

    Et là, je vous ren­voi sur mon com­men­taire, votre modèle écono­mique ne prend pas en compte l’environnement dans lequel le pro­duit est vendu. Je sais, cela s’appelle du mar­ke­ting, c’est mal, mais que vou­lez vous, c’est la vie. 37signals et Zoho ne sont pas pira­tés (et pour cause), World of Warcraft non plus, ils prennent en compte cet envi­ron­ne­ment, eux.

    “Développer un logi­ciel, c’est un tra­vail de longue haleine sur des mois, qui demande un bud­get impor­tant avant de pou­voir récu­pé­rer ce qui est investi en temps et en moyen.”

    Ha… un disque, c’est différent ?

  142. Makabeus

    Où ais je dit que c’était dif­fé­rent pour la musique ?
    Je parle de ce que je connais bien, le monde des logiciels.

    Ensuite toujours concer­nant vos exemples dans le monde des logi­ciels, tout le monde ne peut pas adop­ter le modèle écono­mique qui demande un paie­ment récur­rent tout les mois avec clé validée.

    La majo­rité des logi­ciels pro­fes­sion­nels ou non se vendent en “Oneshot” car un abon­ne­ment ne se jus­ti­fie­rait abso­lu­ment pas.

    Le pira­tage qui tue des entre­prises dans le domaine des déve­lop­peurs infor­ma­tiques est une réa­lité, je vous en ai donné des exemples très précis.

    Si les déve­lop­peurs perdent un temps énorme à ten­ter de pro­té­ger leur logi­ciel, ce n’est pas pour s’amuser à perdre du temps jus­te­ment, c’est une réa­lité écono­mique qui leur est impo­sée, l’attitude consu­mé­riste outran­cière de la part du monde du pira­tage, qui consomme mais ne paie pas.
    Trop facile.

    Pour ma part, si je suis mécon­tent d’un pro­duit, je ne l’achète pas mais je ne le vole pas non plus.
    Le pirate sur le web, lui crache sur le sys­tème, mais consomme quand même mais sur­tout sans payer.
    C’est mer­veilleux, non ?

  143. Fabrice Epelboin

    Ce que vous pré­co­ni­sez (inves­tir dans la pro­tec­tion) est vain, sur­tout pour un petit éditeur, com­ment vou­lez vous réus­sir à vous pro­té­ger d’une horde de barbares ?

    C’est la concep­tion du pro­duit qui est à repen­ser, et si, cela peut se faire pour tout type de logi­ciel, que ce soit un jeu vidéo (WoW), un logi­ciel grand public (Zoho) ou un pro (SalesForce, 37signals). Maintenant, c’est vrai que c’est plus du res­sort d’un mar­ke­teux (et encore, pas n’importe lequel) que d’un dev.

    Je com­prends bien que ce ne soit pas for­cé­ment la tasse de thé d’un déve­lop­peur d’intégrer ce type de contraintes à la concep­tion de logi­ciel, mais là encore, si vous ne pre­nez pas en compte l’environnement dans lequel vous vivez, celui ci finira toujours par avoir raison.

  144. Makabeus

    Personnellement, je n’adhère pas à la démarche où ce serait aux gens “legit” à s’adapter au com­por­te­ment illé­gaux de cer­taines personnes.

    Nous vivons dans un Etat de droit, ce que font les pirates de logi­ciels et de musique est un délit. je pense donc avoir le “droit” de m’insurger.

    Et aussi pour finir avec une ana­lo­gie puisque vous les appré­ciez, votre démarche signi­fie donc que si dans mon quar­tier il y a beau­coup d’agression le soir, je devrais donc res­ter enfer­mer chez moi ?

    Moi, je pense plu­tôt que les agres­sions devrait cesser.

  145. Fabrice Epelboin

    Ha… et elles cessent ? 

    Face à une sup­po­sée délinquance, vous avez la solu­tion du tout répres­sif, et celle de l’accompagnement social, de la lutte contre les inéga­li­tés, etc, etc. 

    Chacun choisi son camp.

  146. Makabeus

    “Face à une sup­po­sée délinquance, vous avez la solu­tion du tout répres­sif, et celle de l’accompagnement social, de la lutte contre les inéga­li­tés, etc, etc.
    Chacun choisi son camp.

    De nou­veau, je ne pense pas avoir par­ler de répres­sion, est ce vrai­ment une habi­tude chez vous de mettre dans la bouche de votre inter­lo­cu­teur des choses qu’il n’a jamais dites ?

    Quand je demande que les agres­sions cessent, je mets cela en pers­pec­tive avec la vic­time qui pour les éviter devrait chan­ger son com­por­te­ment et res­ter chez lui.

    Ce sont les deux démarche dont je parle.

    Ensuite, que les actions entre­prisent pour que les agres­sions cessent, je prône évide­ment les plus effi­cientes à long terme, c’est à dire attaquer le pro­blème en amont quand c’est pos­sible via effec­ti­ve­ment l’accompagnement social, la lutte contre les inéga­li­tés, etc …

    Et donc en ce qui concerne le pira­tage, j’adopte la même atti­tude, faire com­prendre à ceux qui piratent impu­né­ment des logi­ciels et de la musique que ce qu’ils font est un délit, que c’est une forme de vol qui met à mal cer­taines entre­prises, que tout tra­vail méritent salaire, etc …

    Malheureusement, c’est très dif­fi­cile de le faire com­prendre à ces pirates, c’est pourquoi je vous invi­tais à aller lire les forums de ces sites de “tra­ckers P2P” pour vous rendre compte que ces pirates sont per­sua­dés de leur bon droit, il n’achètent par exemple plus aucun jeu, par contre ils ont des équi­pe­ments infor­ma­tiques der­niers cris, des connexions Internet à haut débit, pour cela ils ont de l’argent (beau­coup) à dépen­ser.
    Je reste donc per­suadé que ce qui pré­do­mine dans ce cas de figure, c’est l’aspect tota­le­ment impuni et facile du pira­tage qui explique sa crois­sance impor­tante ces der­nières années.
    C’est la règle du “Pas vu, pas pris” et “je pro­fite un max sans risque” qui jus­ti­fie essen­tiel­le­ment ce comportement.

    Et trou­ver des “excuses” sys­té­ma­tique­ment à ce type de com­por­te­ment n’aide vrai­ment pas à chan­ger les men­ta­li­tés justement.

  147. Fabrice Epelboin

    Mais je sais bien que les pirates sont sûr de leur bon droit, tout comme les anti pirates sont sûr qu’il convient de mettre à mal la démo­cra­tie en met­tant en place un sys­tème, hadopi, qui met de coté le judi­ciaire pour le confier à une admi­nis­tra­tion (indé­pen­dante, dont le patron est nommé par la pré­si­dence et dont la cnil est exclue, excu­sez du para­doxe), qui confie les tâches poli­cières à des offi­cines pri­vées, et qui ren­verse une base du sys­tème juri­dique com­mune à toute démo­cra­tie comme la charge de la preuve, tout en pre­nant soin de ne pas four­nir aux accu­sés la men­tion exacte de ce qui leur vaut d’être condamné. Renseignez vous sur Hadopi, qui cou­vrira sous peu la pro­tec­tion des logi­ciels, ras­su­rez vous.

    Encore un fois, choi­sis ton camp, camarade.

  148. Xenophon

    Bel article, merci. Malheureusement, il fal­lait sans dou­ter, la loi est pas­sée, les chiens sont lachables doré­na­vant. En tant qu’éditeur de logi­ciel depuis plus de 15 ans je rigole : mes créa­tions sont pro­té­gées contre la copie et je ne suis pas bien riche à l’inverse de Microsoft dont la dupli­ca­tion des softs, non pro­té­gés eux, à fait la for­tune et une stan­dar­di­sa­tion du mar­ché… per­met­tant ainsi la créa­tion de socié­tés d’éditions comme la mienne… J’ai 44 ans et comme tout le monde j’ai vu arri­ver les cas­settes audio per­met­tant d’enregistrer de la musique, puis les cas­settes VHS per­met­tant d’enregister des films et à l’époque on annonçait la mort des artistes et des socié­tés char­gées de la dis­tri­bu­tion de leurs oeuvres… c’était quand déjà ? 20, 25, 30 ans ? Je ne me rap­pelle pas mais je constate que ceux qui devaient mou­rir sont toujours là…
    Mon père, 84 ans, a toute une col­lec­tion de VHS sur lesquelles il a, vieux pirate, honte à lui, enre­gis­tré des cen­taines d’heures de films pas­sés à la télé, dois-je, en bon patriote que je me dois d’être, le dénon­cer pour qu’on lui coupe gra­duel­le­ment son sono­tone ? Ah nooonn, c’est vrai, c’est pas du P2P ! ouf t’es sauvé papa. On peut copier mais pas télé­char­ger alors ? Hadopi, ne serait-ce pas plu­tot alors un moyen détourné pour ins­ti­tu­tion­na­li­ser la sur­veillance de tous les échanges sur le net sous cou­vert d’une pseudo pro­tec­tion des oeuvres cultu­relles ? Ou alors, pire encore, serait-ce un moyen pour limi­ter la vul­ga­ri­sa­tion des dites oeuvres car, c’est bien connu les pou­voirs tota­li­taires com­mencent toujours par limi­ter l’accès à la culture, cen­su­rer les oeuvres “contes­ta­taires”, faire la chasse aux intel­lec­tuels dits “agi­ta­teurs”, qua­li­fier de ter­ro­riste ceux qui n’acceptent pas de telles mesures… parai­trait aussi qu’il faut avoir peur de bandes de jeunes… d’ici qu’on nous dise qu’à plus de deux per­sonnes ensemble dans la rue, c’est une mani­fes­ta­tion poli­tique inter­dite, y a pas loin ! Brrrr ça fait froid dans le dos non ?

  149. Serguei Molotov

    Beau bou­lot, ça manque d’objectivité mais com­ment res­ter de marbre face à un dis­po­si­tif liber­ti­cide par essence. Et je ne parle pas de la liberté de pira­ter mais de la liberté d’échanger des infor­ma­tions sans être sur­veillé. Contrairement à maka­beus (c’est le nom de famille de Judas soit dit en pas­sant, un choix judi­cieux) qui sou­haite faire ces­ser les agres­sions en bas de chez lui, je ne suis pas prêt à sup­por­ter 250 camé­ras au mètre carré pour que la rue soit sure et je pré­fère impo­ser à nos chers élus de reprendre le bou­lot et de nous trou­ver une solu­tion plus éthique. Pirater n’est pas un droit, sur­veiller tous nos faits et gestes non plus. Je ne suis pas un amé­ri­cain et je ne veux pas qu’on sur­veille tout et tout le monde, sur­tout si c’est un vigile privé qui le fait (avec un peu de bol il sera payé au ren­de­ment et nous aurons à subir ses excès de zèle). Bref cher Judas, vous chan­tez avec la cho­rale de l’industrie à la gueule de bois et vous oubliez que der­rière votre PC vous avez déjà bien du pira­ter un truc ou deux : Vous avez payé toutes vos licences logi­cielles ? Vous avez les ori­gi­naux de tous vos mp3 ? Même le petit mor­ceau passé vite fait par un col­lègue juste pour dire “écoute ce truc c’est génial” ? Un petit DVD gravé ? Un pps rigolo dans le mail qui contient des images pro­té­gées par un copy­right ? Un fond d’écran avec une photo dont vous ne connais­sez pas l’auteur ? Un petit porno pas acheté ? Cherchez bien, on en a tous un. Et quand vous aurez mis la main des­sus, n’hésitez pas à vous dénon­cez, non pas à cause de ce mp3 mais pour avoir trahi vos convictions.

  150. Fabrice Epelboin

    @Serguei

    Votre méta­phore avec les camé­ras de sur­veillance est géniale, il y a de quoi faire une vidéo virale anti hadopi top niveau !
    Reste plus qu’à trou­ver des petits jeunes doués avec une caméra qui fassent la réal et on a le contre­point de la pub de Morano, l’intrusion dans le réel du vir­tuel, l’incarnation du numé­rique pour faire peur :


    Qui s’y met ? Vous êtes réal ? Vous bos­sez dans le cinéma ? Je vous pro­mets que je ferais tout ce qu’il faut pour dif­fu­ser une vidéo virale faite sur ce scé­na­rio pour dénon­cer Hadopi ! Vous avez du talent pour le viral ? C’est le moment de vous faire remarquer /-)

  151. yann

    allez hop, quelques mots ici en pas­sant: il est effec­ti­ve­ment inac­cep­table et irres­pon­sable de la part de légis­la­teurs élus d’imposer à des inno­cents l’installation d’un logi­ciel de controle pré­ven­tif de leur inno­cence, d’autant plus que ce logi­ciel aura des effets contraires aux atten­dus for­mu­lés et trans­for­mera ainsi les inno­cents en cou­pables. c simple et c dit.

  152. Pierre

    La rai­son de cette chutte des ventes est toute trou­vée : la culture pro­po­sée par les sys­tèmes de pro­mo­tion clas­siques ne repré­sente plus ce qu’attendent les gens de la culture. C’est dif­fi­cile à ava­ler pour Thomas Dutronc ou Luc Besson, mais c’est vrai pour moi.

    Je remarque sim­ple­ment que dans le domaine de la musique, inter­net n’est plus un simple vil­lage glo­bal ou tout est proche, mais d’une pla­nète où l’on se rend compte de la gran­deur du monde (pen­sez au nombres d’artistes que vous sur­vo­lez et que vous pour­riez aimer quand vous êtes en avion)

    Je vous conseille pour ma part le carac­tère fétiche dans la musique de Théodore Adorno et l’œuvre d’art à l’ère de la repro­duc­ti­bi­lité tech­nique de Walter Benjamin (tous les deux de l’école de Frankfort, de bonnes lec­tures en perspective)

  153. Fabrice Epelboin

    Walter Benjamin, abso­lu­ment, je confirme. Indispensable.

  154. Xenophon

    Quelle mas­ca­rade. La loi a été reje­tée, du moins pour l’instant. Tant mieux, mais nos dépu­tés ont, une fois de plus, donné là une piètre image de notre “démo­cra­tie” : A peine plus de 30 dépu­tés étaient dans l’hémicycle et l’opposition en pro­fite pour être majo­ri­taire… c’est pathé­tique. Peut-être peut-on espè­rer que cet épisode fasse un peu plus prendre conscience aux français qu’ils sont mal repré­sen­tés par leur dépu­tés et que la classe poli­tique ne se sou­cie guère de leurs attentes réelles, ce serait toujours ça de gagné… mais non, pas un seul artiste, indé­pen­dant ou se sen­tant exploité, pour se féli­ci­ter publique­ment du rejet du texte : Continuez donc à vous faire tondre et lobo­to­mi­ser par les socié­tés de dis­tri­bu­tion, sou­te­nues par le gou­ver­ne­ment, et qui vous dictent la teneur de vos créa­tions et les moyens à uti­li­ser pour leur vulgarisation !

  155. L.Martigues

    Pendant que cette loi HADOPI fait beau­coup par­ler d’elle,
    d’autres décrets sont pro­mul­gués. Vous avez tous entendu par­ler de Monsieur Pierre Bédier,
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020506484&fastPos=1&fastReqId=1412923021&categorieLien=id&oldAction=rechTexte
    Condamné plu­sieurs fois :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_B%C3%A9dier

    http://questions.forumactif.net/informatique-en-general-f1/reperage-telechargement-illegal-nouvelles-loi-sur-t44.htm#98

  156. Fabrice Epelboin

    @L.Martigues Heu… je ne com­prends pas bien… Un député condamné ? Mouis… bof… pas très ori­gi­nal, c’est le cas de nombre d’entre eux. Que contient ce décret qui soit en rap­port avec inter­net ? Peux tu nous don­ner des précisions ?

  157. porschecollec

    @Florent, concer­nant la fin de son mes­sage qui je repro­duit ici:

    “Imaginez, le jour où on aura trouvé une éner­gie propre et GRATUITE pour faire tour­ner nos voi­tures, que les puis­sants Total & Co. arrivent à convaincre nos gou­ver­ne­ments que les citoyens doivent mal­gré tout conti­nuer à uti­li­ser des voi­tures à essence, juste pour éviter aux mil­lions d’employés de l’industrie du pétrole de perdre leur emploi?”

    Pas besoin d’imaginer; nous y sommes…depuis plus de 50 ans.
    la dés­in­for­ma­tion a été telle que le mmo­teur a eau est consi­dé­rée par la majo­rité comme une plai­san­te­rie. Mais c’est une plai­san­te­rie qui tourne sur de nom­breux véhi­cules, alors que pen­dant ce temps nous tra­vaillons pour payer des sub­ven­tions à des entre­prises qui “cherchent” des moteurs plus écono­miques. Total & Co n’a pas eu besoin de convaincre qui que ce soit, puisque c’est la meme caste qui dirige grandes entre­prises et gou­ver­ne­ments. Lorsque la dic­ta­ture détourne les lois du capi­ta­lisme et du libé­ra­lime, on abou­tit à ce genre de stu­pi­dité. Schumpeter peut aller se rha­biller, la des­truc­tion créa­trice, ou plu­tot la créa­tion tout court, artis­tique ou tech­no­lo­gique est fine­ment étouf­fée. La loi du mar­ché, que ce soit pour les salaires des hauts cadres ou pour la ventes d’oeuvres musi­cales, ne joue plus en dic­ta­ture. C’est cela qui détruit l’état de droit et ava­lise alors le “pira­tage” ou n’importe quel vol comme moyen de consom­ma­tion. On ne peut que déplo­rer qu’il en soit ainsi, mais com­ment en vou­loir au petit de voler des miettes lorsque ceux d’en haut se gavent ouvertememnt ?

  158. Anéfé

    Bonjour,

    Quelques points:

    - Bravo conti­nuons comme ca, téléchargeons(illégalement je le dis pas trop fort) sans jamais ache­ter, car on l’aurait jamais fait … de toute facon, bref l’hypocrésie a de beaux jours devant elle.

    Quel inté­rêt de vou­loir télé­char­ger alors, je ne com­prends plus. Avant pour décou­vrir un artiste on ache­tait un album, ou on l’écoutait. C’est cela la culture, pas le fait de télé­char­ger des fichiers repro­duits dans la plus stricte illé­ga­lité avec des lois qui existent depuis long­temps. C’est bien la mépri­ser à mon sens

    Vive inter­net et la consom­ma­tion “jetable”

    Le pirate serait-il si stu­pide que ca .…

    Ah oui j’avais oublié l’internaute est libre de pou­voir tout faire, et sur­tout n’importe quoi, lais­sons faire sans rien changer.

    “On innove, on pro­pose plus de valeur, on se dif­fé­ren­cie…” tel­le­ment que 10 ans après le télé­char­ge­ment illé­gal est toujours d’actualité. Allez com­prendre où est le loup. 

    Vive la dif­fé­rence dans l’indifférence de chacun.

    Si vous faîtes peut être allu­sion au Libre, dans ce cas la porte est ouverte, c’est vrai­ment bien le consi­dé­rer que de conti­nuer à télé­char­ger illé­ga­le­ment de bon vieux logi­ciels pro­prié­taires, des albums ou des films dis­tri­buer par les grandes industries.

    Dans le genre je fais pas ce que je dis.

    D’ailleurs j’ai hate fran­che­ment de voir ce que sera ce modèle cultu­rel dans quelques années.

    Lequel aura cou­ler l’autre… et sur­tout qui l’aura cou­ler, puisque ca ne sera pas les grandes majors qui auront dis­paru depuis longtemps.

  159. jean-lou bourgeon

    Elogieux, gran­dis­sime.

    J’en avais lu les grandes lignes en son temps ; j’ai pris le temps de lire ligne à ligne ce concen­tré de recherche qui me semble pour le moins rele­ver du net­toyage des écuries d’Augias.

    L“ami Epelboin n’épargne pas ses effort, qui pour­rait dire le contraire ? Et pour reve­nir sur l’actu qui m’amène à éplu­cher cette recherche, c’est-à-dire le post de Mike chez les jeunes sar­ko­ziens, clai­re­ment nous atten­dons un rec­ti­fi­ca­tif sur leur site…

    Nous atten­dons. Viendra, vien­dra pas ? J’ai mon idée sur la question.

    Voyons voir si l’autorité suprême (je ne parle pas là d’Hadopi, vous voyez de qui je fais allu­sion) don­nera son aval à la publi­ca­tion d’un mea culpa.

    Ainsi va la démocratie. 

    Piqûre de rap­pel : élec­tions en mars 2010, aux urnes, citoyens.

  160. Renaud Krylatov

    Bonjour,

    Merci de cet article et de la ligne de dis­cus­sion qu’il a ouvert.

    Il y a un autre rap­pro­che­ment que je ne retrouve que suc­cinct;
    Le ratio salaire/loisirs.

    Partant du prin­cipe que les salaires n’augmentent pas autant que les charges de loi­sirs (audio/téléphonie/informatique glo­bale), est ce que le ratio n’aurait pas eu ten­dance à tout de même pro­gres­ser en faveur des loi­sirs tout de même ?

    Avant 2000 , les gens payaient des accès à Internet à orange, de la musique à la Fnac ou aux super­mar­chés du coin (pour ma part Auchan).
    Un appa­reil Numérique valait entre 400 et 1000 euros pour le grand public.
    Un ordi­na­teur dans les 1500 euros et devait tenir 5 ans …

    Je serai inté­ressé de connaître les stocks de cds ven­dus sur les années 1990 – 2010. Quelle pro­gres­sion , tant en bud­get qu’en quan­tité ; rap­por­tée au prix moyen unitaire.

    N’y a t il pas moyen de faire connaître par un débat natio­nal le point de vue des français sur cette fameuse loi, et l’engagement à long terme qu’elle repré­sente ?
    La vie d’une liberté ne doit-elle pas être accom­pa­gnée d’un débat de fond ?

    En tous cas, ce seront toujours les moins équi­pés et ceux qui en savent le moins qui seront tou­chés. Aujourd’hui on peut trou­ver des solu­tions d’anonymisation par proxy pour télé­char­ger en paix…Alors quoi bon pro­mou­voir encore une loi qui se conten­te­rait de ne frap­per que les moins-sachants?

    renaud

  161. Boudah Talenka

    Un réqui­si­toire struc­turé et agréable à lire merci !

    Cela aide à rela­ti­vi­ser les choix de nos élus de savoir à quel point ils sont eux-mêmes mani­pu­lés. Les lob­bys indus­triels et poli­tique manque cruel­le­ment d’un contre-pouvoir populaire…

48 Trackbacks For This Post

  1. Read Write Web : les informations du rapport Hadopi sont biaisées | BorisSchapira.com :

    […] pas cou­tume, je ne mets pas en avant un de mes articles mais celui de Fabrice Epelboin pour RWW : Le « Rapport Hadopi », offert gra­cieu­se­ment aujourd’hui mer­credi 19 novembre à la Ministre de […]

  2. RPI #1 : De l'Hadopi, Ian Rogers, ArtistDish & Guitar Hero - On Your Cloud ! :

    […] Une réflexion sur le Rapport Hadopi par Fabrice Epelboin étayée par de nom­breux docu­ments, à lire abso­lu­ment. [FR] […]

  3. Dev, Linux, Tech and Co » Rapport Hadopi, on nous prends (toujours) pour des cons :

    […] Voici un billet qui traite du rap­port, et explique en détail tout ce qui ne vas pas. Comme TOUT ne vas pas, le billet est un peu long […]

  4. vivanno.com::aggregator » Archive » Un rapport sur le piratage démonté en bonne et due forme :

    […] tant ils sont lim­pides, justes et bien écrits, avec juste la dose de mor­dant qu’il faut. Celui de Fabrice Epelboin dans ReadWriteWeb est un exemple du genre. Consultant en stra­té­gie Internet, l’auteur […]

  5. Zywiec » Un rapport sur le piratage démonté en bonne et due forme :

    […] tant ils sont lim­pides, justes et bien écrits, avec juste la dose de mor­dant qu’il faut. Celui de Fabrice Epelboin dans ReadWriteWeb est un exemple du genre. Consultant en stra­té­gie Internet, l’auteur […]

  6. Un rapport sur le piratage démonté en bonne et due forme | traffic-internet.net :

    […] tant ils sont lim­pides, justes et bien écrits, avec juste la dose de mor­dant qu’il faut. Celui de Fabrice Epelboin dans ReadWriteWeb est un exemple du genre. Consultant en stra­té­gie Internet, l’auteur […]

  7. Use2web : des idées aux usages » A lire absolument : Le rapport Hadopi ! :

    […] Ca se passe ici ! […]

  8. Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ? | Carnet de note :

    […] Notre ministre de la culture Christine Albanel reçoit son rap­port qu’elle a com­man­dité per­son­nel­le­ment pour elle. Ce rap­port doit convaincre nos par­le­men­taires du bien-fondé de son projet de loi “créa­tion et inter­net”. En réac­tion, Fabrice Epelboin démonte point par point les argu­ments de ce rap­port bidon. […]

  9. La grande intox du rapport Hadopi | Chroniques du web :

    […] Ce billet de Fabrice Epelboin le démontre jus­te­ment très bien. C’est un peu long à lire, mais tel­le­ment vrai. Il faut espé­rer que ce billet sera aussi un jour lu par tous nos députés… […]

  10. Le web et moi... le blog d'Arnaud Valliere | Musique ! :

    […] est un petit scan­dale). Mais d’après un article extrê­me­ment fouillé de ReadWriteWeb (bien qu’il ne soit pas jour­na­liste, l’auteur a fait un remarquable tra­vail que en […]

  11. A lire ailleurs #14-20 novembre 2008 | traffic-internet.net :

    […] . ReadWriteWeb.fr : Rapport Hadopi, le pira­tage en ligne a détruit 10.000 emplois… fic­tifs ? Fabrice Epelboin réa­lise une très inté­res­sante cri­tique du rap­port Hadopi qui indique que le pira­tage en ligne aurait détruit 10 000 emplois. Epelboin démonte la méthode de chif­frage des consul­tants, les approxi­ma­tions et les rac­cour­cis, les conni­vences entre les auteurs de l’étude et les ins­ti­ga­teurs d’Hadopi et de rap­pe­ler d’autres tra­vaux, non cités dans l’étude, qui montrent qu’il n’y a pas d’effets immé­diats entre le pira­tage et la vente de biens cultu­rels. Alors à quoi sert le rapport ? […]

  12. Ce que je disais sur la loi HADOPI, et le téléchargement illégal semble loin d’être complètement faux | AbriCoCotier.fr :

    […] ce que l’on pour­rait pen­ser. Et voilà qu’à mon grand plai­sir, j’apprends dans un article du Read Write Web France que des études scien­ti­fiques tendent à pen­ser la même chose, et, mieux, à le prou­ver : Certes, […]

  13. Avec Hadopi, apprends l’économie :

    […] phrase que j’ai éclaté de rire ce week-end, et pour­tant peu de blo­gueurs me font rire. Mais cet article de ReadWriteWeb France est vrai­ment irré­sis­tible. By the way, mon blogue pré­féré ReadWriteWeb a main­te­nant sa version […]

  14. Un rapport sur le piratage démonté en bonne et due forme | __ T0ra ! T0ra ! T0ra ! __ :

    […] tant ils sont lim­pides, justes et bien écrits, avec juste la dose de mor­dant qu’il faut. Celui de Fabrice Epelboin dans ReadWriteWeb est un exemple du genre. Consultant en stra­té­gie Internet, l’auteur […]

  15. Mauvais travail de com’ | MonBouquet | Le Blog des Fleurs :

    […] Je n’ai ni le temps ni l’envie d’y réflé­chir, de bâtir une argu­men­ta­tion cen­sée, de pau­fi­ner mon voca­bu­laire et de bien peser mots pour démon­ter ce qui suit comme Fabrie a laminé dans un long et excellent article la loi Hadopi. […]

  16. Stefirst - Made in Ardecho » Ca m’énerve :

    […] Un article que m’a signalé Nours, un peu long, soit, mais tel­le­ment inté­res­sant sur le sujet m’a fait réflé­chir à un autre sys­tème, celui-là pour l’instant légal, mais pour com­bien de temps. […]

  17. Albanel se félicite du retrait de l'amendement 138 | Blog Seovox :

    […] Pour rap­pel, voici un article inter­res­sant sur le sujet : ana­lyse du rap­port Hadopi […]

  18. Comment lutter contre le piratage des droits - Article 1 | blogdefred.com :

    […] folles dans des pro­cès, des études subjec­tives et du lob­bying gou­ver­ne­men­tal (cf. la loi Hadopi, voir cet article édifiant ici), les majors feraient donc mieux d’investir cet argent dans la recherche à la fois […]

  19. Revendez vosmp3 d’occasion avec bopaboo :

    […] Ceux qui se croit tout per­mis pour nous pondre des pro­po­si­tions de lois absurdes en fai­sant de la pro­pa­gande auprès de nos dépu­tés pas fran­che­ment bien […]

  20. Rapport Hadopi: l’article ultime. « Reflexio :

    […] Rapport Hadopi: l’article ultime. Classé dans : NTIC, Polémique — ginkl­pios @ 20:57 Tags: hadopi, poli­tique J’ai publié pas mal de billets sur le pré­sent blog sur l’Hadopi. Ils ten­taient d’expliquer mon point de vue. Ils étaient nour­ris de tous ce que je pou­vais lire sur le sujet. Mais ils étaient subjec­tifs étant donné que ma flem­min­gite chro­nique m’empêche de faire l’effort (pour­tant néces­saire) de citer mes sources. (Pour mémoire, ces billets sont: “J’ai honte d’être français“, “J’ai encore honte d’être français“et “J’ai honte d’être français, la nou­velle“.) Mais cet fois-ci, j’ai du maté­riel solide, un article qui cite ses sources: Rapport Hadopi : le pira­tage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ?. […]

  21. Le Buzz Frédéric Lefebvre : on crowdsource l’analyse ! | ReadWriteWeb France :

    […] avoir lutté contre Hadopi, et écrit moultes billets sur le sujet, force est de consta­ter que les ‘blogs’ […]

  22. Un rapport commandé par le gouvernement Hollandais conclu à un impact « très positif » du peer to peer sur l’économie | ReadWriteWeb France :

    […] l’industrie de la musique, du film, et du jeu vidéo. Les conclu­sions font curieu­se­ment echo au Rapport Hadopi publié récem­ment en France et confirment les conclu­sions de Patrick Waelbroeck de l’ENST, […]

  23. Une route sans terre » Traces Anciennes » Pour sortir de la crise : copiez ! :

    […] étude démontre une nou­velle fois que le “piratage” — en fait on devrait plu­tôt par­ler de copie non autorisées — ne […]

  24. Un rapport hollandais sur les conséquences économiques du piratage | Netlex FOCUS :

    […] à sujet : Rapport Hadopi : le pira­tage en ligne a détruit 10.000 emplois… fic­tifs ? par Fabrice Epelboin le 18 novembre […]

  25. Manifestez votre opposition à la loi Hadopi (Création et Internet) « Fandart :

    […] Rapport Hadopi : le pira­tage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ? […]

  26. Faut il interdire le piratage? | Le debriefing :

    […] grande par­tie de l’analyse de ce rap­port n’est pas nou­velle et pro­vient notam­ment de Fabrice Epelboin sur […]

  27. La MAJORation du net ? :

    […] on veut créer une lois m’interdisant d’être libre sur inter­net. Au vu des conclu­sions dou­teuses et auto-contradictoires, je constate avec tris­tesse qu’ils n’ont toujours pas com­pris com­ment s’organise […]

  28. « Hadopi est une mauvaise réponse faite par des gens désemparés » | ReadWriteWeb France :

    […] avions croisé pour la pre­mière fois ses recherches lors de l’analyse du rap­port Hadopi, c’était le seul scien­ti­fique à y être cité, pour ne pas dire détourné, ce qui nous a […]

  29. Dîner au ministère avec Nathalie Kosciusko Morizet | ReadWriteWeb France :

    […] son effet (for­cé­ment, elle est poly­tech­ni­cienne, le genre de for­ma­tion qui fait pas­ser le Rapport Hadopi pour un gag — ou sa col­lègue de la Culture pour un auteur d’oeuvres de fic­tion). Au final, seul […]

  30. Le Black-out contre la loi HADOPI | Le Blog de Jef :

    […] Hadopi = pipo ? […]

  31. Hadopi: un rapport basé sur des mensonges tout simplement… | Travailleurs Du Web :

    […] avoir lu le très bon article (comme d’hab) de Fabrice sur RWW France, je me suis dit autant ne pas mou­rir idiot, je vais le cho­per (il est dis­po­nible ici via Guim.fr) […]

  32. Hadopi… Non ! Non ! Non ! Mais, eu. :

    […] pas inven­tés : ils sont pour la plu­part tirés du superbe mais néan­moins un peu lon­guet article http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/) Certes, il date un peu, mais il est plus que jamais […]

  33. DogmaZine » Archive du blog » Hadopi, la « Contribution Créative », et après… :

    […] (4) Je vous ren­voie tou­te­fois au texte déca­pant de Fabrice Epelboi : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/ […]

  34. La technologie comme écosystème | ReadWriteWeb France :

    […] et des lob­byistes, et que leurs argu­ments rele­vaient essen­tiel­le­ment du men­songe et de la mani­pu­la­tion, rela­ti­ve­ment facile à dénon­cer et à mettre à plat, les ‘adver­saires’ d’aujourd’hui […]

  35. HADOPI : Le projet de loi Made In France | f.louchart :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/ Un groupe de sou­tient à cet homme licen­cié : http://www.facebook.com/group.php?gid=89985866648&ref=nf […]

  36. La Solidarité Numérique en questions | ReadWriteWeb France :

    […] savaient, mais ils n’ont rien fait. Alors qu’il y a six mois à peine l’argument de l’emploi était uti­lisé pour jus­ti­fier Hadopi, voilà que cette loi s’avère, de l’aveu même de repré­sen­tants du gouvernement, […]

  37. Loi HADOPI, mon avis, ma critique, la fin d'Internet ? | NeoSting's blog :

    […] Rapport du pira­tage en ligne Vs Emplois Article à lire d’urgence AKPC_IDS += “971,”; […]

  38. Hadopi : téléchargez, vous êtes surveillés | Invision.me :

    […] Et je ne cite même pas les sources. Je vous ren­voie cette fois-ci à l’excellent article de Fabrice Epelboin, peut-être pas le plus objec­tif qui soit, mais sans aucun conteste de très bonne […]

  39. Manifestez votre opposition à la loi Hadopi (Création et Internet) | Hajen.fr :

    […] Rapport Hadopi : le pira­tage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ? […]

  40. Twitter Trackbacks for Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ? | ReadWriteWeb France [readwriteweb.com] on Topsy.com :

    […] link is being sha­red on Twitter right now. @virtualgoodz said @epelboin sur Hadopi, à lire sur RWW.fr : […]

  41. UMP 2.0 : les limites de la démocratie participative | ReadWriteWeb France :

    […] d’économie alors que le seul argu­ment avancé pour défendre la loi Hadopi est le bon vieux rap­port Hadopi d’Equancy qui a tant fait rire les lecteurs […]

  42. Les créateurs Anglais farouchement opposés à l’Hadopi locale « Renaud's Blog :

    […] Les esti­ma­tions très approxi­ma­tives des béné­fices annuels atten­dus par une telle légis­la­tion (200 mil­lions de livres) font clai­re­ment trans­pa­raître que celle-ci ont été faites sur la base du préjugé qui veut qu’un mor­ceau télé­chargé soit égal à une perte en terme de vente. Cet argu­ment de la “sub­sti­tu­tion” est en réa­lité la parole des lob­byistes : il est sans fon­de­ment logique et aucun écono­miste n’a jamais cau­tionné un tel chiffre pour ten­ter d’estimer les pertes induites par le P2P sur l’industrie de la musique. [RWW avait le pre­mier, en novembre der­nier, réa­lisé une longue enquête sur ce même point, détrui­sant à l’occasion le Rapport Hadopi com­man­dité par le minis­tère de la Culture Français] […]

  43. ePolitique Culturelle ? | ReadWriteWeb France :

    […] fois passé la sur­prise du bon sens contre­dit – non, la Terre n’est pas plate – l’idée que les pauvres qui consomment DivX et mp3 ne portent en rien préju­dice à un […]

  44. Les créateurs Anglais farouchement opposés à l’Hadopi locale | ReadWriteWeb France :

    […] Les esti­ma­tions très approxi­ma­tives des béné­fices annuels atten­dus par une telle légis­la­tion (200 mil­lions de livres) font clai­re­ment trans­pa­raître que celle-ci ont été faites sur la base du préjugé qui veut qu’un mor­ceau télé­chargé soit égal à une perte en terme de vente. Cet argu­ment de la “sub­sti­tu­tion” est en réa­lité la parole des lob­byistes : il est sans fon­de­ment logique et aucun écono­miste n’a jamais cau­tionné un tel chiffre pour ten­ter d’estimer les pertes induites par le P2P sur l’industrie de la musique. [RWW avait le pre­mier, en novembre der­nier, réa­lisé une longue enquête sur ce même point, détrui­sant à l’occasion le Rapport Hadopi com­man­dité par le minis­tère de la Culture Français] […]

  45. De Copé à Olivennes : retournement général de veste… et alors ? | Tête de Quenelle ! :

    […] soyons donc pas dupe : der­rière tout cela, son ambi­tion est toujours la même : défendre bec et ongles les inté­rêts de ses amis diri­geants de mai­sons de disques et dis­tri­bu­teurs de pro­duits culturels […]

  46. L’autre fracture numérique | Tête de Quenelle ! :

    […] totale des dépu­tés (à part quelques excep­tions), pourquoi ils sont aussi déterminés, l’influence des lob­bies sur eux […]

  47. L’autre fracture numérique | Owni.fr :

    […] : l’incompétence totale des dépu­tés (à part quelques excep­tions), pourquoi ils sont aussi déter­mi­nés, l’influence des lob­bies sur eux […]

  48. Les droits d’auteurs: à quand un nouveau modèle? - Le blog de Tom :

    […] mer­credi 9 décembre au Café Numérique. Les sujets du jour : les droits d’auteurs et la loi Haidopi. Les invi­tés: MoodioTV et Domenico […]

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ReadWriteWeb est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio, il est publié en anglais, en français, en coréen, en espagnol, en portugais et en chinois. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.

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