résumé :
Le « Rapport Hadopi » n’est ni plus ni moins qu’une opération d’intox – reprise en coeur dans les média début novembre – menée par l’industrie de la Culture et destinée à influencer le parlement, qui doit voter la loi Hadopi en janvier prochain. C’est une chose de le dire, c’est autrement plus long à démontrer. Pour cela, il va vous falloir lire la suite… Désolé pour la taille de ce billet…
10.000, rien que ça, c’est le nombre d’emplois directs et indirects qui auraient été détruits en 2007 par les vilains pirates. C’est en tout cas la conclusion à laquelle arrive le « Rapport Hadopi » (à télécharger ici) réalisé par le cabinet d’expertise économique Tera Consultants et commanditée par Equancy.
Frustrés de ne voir, à quelques exceptions près, que de plats communiqués de presse recopiés à la va-vite, la news n’ayant malheureusement pas été jugée suffisamment importante pour n’être autre chose qu’une dépêche AFP (en même temps, il faut bien dire qu’un milliard de pertes, de nos jours, cela passe plutôt inaperçu), nous avons voulu en savoir plus et nous nous sommes procuré le Rapport Hadopi.
Le Rapport Hadopi sera également gracieusement distribué à nos représentants politiques, au premier rangs desquels notre ministre de la Culture, Christine Albanel, à qui le Rapport Hadopi sera remis en grande pompes ce mercredi 19 novembre. A elle la charge de le photocopier et de le distribuer massivement aux centaines de députés ainsi qu’à leurs assistants (elle a du personnel, rassurez-vous), afin que nos chers parlementaires puissent voter en toute connaissance de cause sur la loi Hadopi en janvier prochain.
Il faut dire que la loi étant passée en première lecture au sénat, et ce malgré les protestations de la CNIL et de Bruxelles, il ne manque plus qu’un petit coup de pouce pour faire passer la pilule. Le voilà, sous la forme de 73 pages, écrites en gros caractères à double interlignage (moyenne d’âge à l’assemblée oblige ?).
Au préalable, je vous dois une confession. Je ne suis pas journaliste, ça, vous avez pu vous en rendre compte, même si je m’efforce d’en respecter les règles, mais je ne suis pas non plus bloggeur. Non, dans la vraie vie, je suis, entre autres, consultant. En stratégie Internet, qui plus est. C’est vous dire si je mange ce genre d’étude au petit déjeuner, et ce depuis de nombreuses années. C’est une chance : ces milliers d’heures à lire d’obscurs textes, souvent rédigés dans un style lourd et pataud, vont me servir à autre chose qu’à prédire l’avenir à mes clients. Qui plus est, le Rapport Hadopi est rédigé en Français. Une aubaine, tant les plus grands spécialistes internationaux sur la question, parmi lesquels on compte – cocorico – plusieurs Français, se bornent, c’est une habitude chez les scientifiques, à écrire en Anglais. Cerise sur le gâteau, le texte semble s’être abstenu de tout ce formalisme académique, qui rend les écrits scientifiques aussi difficiles à digérer qu’un cassoulet bien arrosé.
Non, ici, c’est du light, du weight watchers, c’est facile à lire, et l’usage des neurones est facultatif tant rien ne vous incite à la réflexion tout au long des 73 pages du Rapport Hadopi. Un idiot y trouverait une lueur, si ce n’est d’intelligence, du moins, de bases nécessaires pour étayer ce qui lui semblerait être le fruit de sa propre réflexion.
Ne soyons pas présomptueux (un peu ? si, quand même) : la plupart des destinataires du Rapport Hadopi n’iront pas jusqu’à le lire en intégralité, ils se contenteront du traditionnel ‘executive summary’.
Le sommaire qui exécute (traduction libre)
Qu’y lit-on ? Oh, ma foi, tout y est, inutile de pousser plus loin, nul besoin de lire 73 pages de schémas et de chiffres, ami député, noble sénateur, ton temps est précieux, et en deux pages écrites en gros caractères, voici la substantifique moelle d’une prose qui, pour le coup, n’a rien de Rabelaisienne.
« La copie illégale via l’Internet d’œuvres numérisées est un phénomène massif. »
Oui, non seulement c’est vrai, mais d’indiscutables preuves sont là pour en témoigner, le piratage, ou tout du moins l’utilisation des technologies Peer to Peer sur internet, est un usage grand public de plus en plus populaire.
Comment prétendre le contraire ? C’est une évidence, et jusqu’ici, je ne peux qu’abonder dans le sens de l’auteur de cette étude. Mais qui est-ce, d’ailleurs ? Le Rapport Hadopi, en effet, porte pour seule signature, les logos des sociétés qui l’ont, respectivement, commandité et réalisé.
Continuons cet « executive summary », qui commence décidément sous les meilleurs auspices, en enfonçant une porte ouverte.
« Cette pratique a un impact économique car elle induit inévitablement une moindre activité, voire une contraction de l’activité des secteurs qui la subisse. »
Inévitablement. Tiens. Cette porte là n’était pas ouverte, mais la voilà qui vole en éclats, sans même interrompre la sieste d’un sénateur, pour qui cette assertion peu sembler, ma foi, tout a fait logique. La Terre est plate, circulez, y’a rien à voir. Au XVIe siècle, personne n’aurait trouvé à y redire… Ou presque.
Nous le verrons, cette ‘évidence’ est loin, très loin, d’avoir été prouvée à ce jour. La réalité est pour le moins… dérangeante, pour les partisans de la loi Hadopi tout du moins, car plusieurs études – scientifiques, elles, – ont tendance à démonter… le contraire.
Par scientifique, j’entends une étude publiée sous le sceau d’une institution scientifique – une Université ou une Grande Ecole, la plupart du temps – ou d’une institution internationale reconnue, ou bien encore d’une revue reconnue pas l’institution scientifique, mais pas par une officine privée aux intérêts pour le moins obscurs (enfin, pas vraiment, Equancy, la société qui à commandité le Rapport Hadopi, poétiquement intitulé « Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France », a pour client, entre autre, la FNAC, qui était dirigée il y a peu par… Denis Olivennes, l’instigateur de la loi Hadopi. De son coté, Tera Consultants, qui a réalisé l’étude, compte Vivendi parmi ses clients). Mais passons sur ces détails mesquins et continuons cette passionnante lecture…
« Cela induit une perte de chiffre d’affaires et une perte d’emplois. »
Cela paraît évident, dans une entreprise, là où il y a perte de chiffre d’affaire, il y a perte d’emploi. A moins d’une baisse subite de la productivité et des salaires, nous sommes là face à une vérité bien assénée.
Nous voilà donc face à un gros raccourci (piratage = baisse des ventes) entouré de deux évidences, appelées à la rescousse pour mieux faire passer la pilule.
Ce premier paragraphe résume à lui seul parfaitement le reste de l’étude. C’est, après tout, ce que l’on attend d’un executive summary, et en ce sens, c’est un modèle du genre.
A aucun moment dans le reste du Rapport Hadopi, cette ‘évidence’ ne fera l’objet d’une quelconque tentative de démonstration, c’est tout juste si elle sera appuyée par un obscur sondage (page 17), réalisé par la BPI, l’équivalent anglais de la RIAA américaine et du SNEP Français. Comment douter de l’objectivité d’un tel acteur ? On invoquera également, au passage, la mort de la théorie de déstruction créatrice de Schumpeter, mon économiste préféré, qui doit se retourner dans sa tombe.
Pour ce qui est de calculer un « taux de substitution », c’est à dire la mesure de la perte induite, en terme de ventes, par le téléchargement illégal, le « chiffre magique » qui permet d’affirmer que pour 100 téléchargements de fichiers, on a x ventes perdues, on fera (page 19) appel à un véritable texte scientifique - une fois n’est pas coutume -, écrit par Peitz et Waelbroeck, mais on se gardera bien – un malheureux oubli, sans doute – d’en donner la référence précise (pas de chance, le voici).
Certes, cette étude, qui porte sur les années 1998-2002, conclue à une perte en terme de ventes induite par le téléchargement illégal, ce que peu d’économistes contestent sur cette période. Par contre, la plupart se rejoignent pour dire qu’une fois cette pratique adoptée par un large public (2005-2008), l’effet « sampling », qui a fait des gros téléchargeurs des découvreurs/prescripteurs et des surconsommateurs de produits culturels légaux, a fait, au minimum, plus que compenser les pertes induites par le téléchargement. Pourquoi donc utiliser un chiffre portant sur une période datant d’il y a dix ans alors que le monde fourmille de données à jour ? Mystère. Mais le plus important ici est ailleurs. Retenez le nom de l’auteur de l’étude sur laquelle s’appuie le chiffre fondateur de tout le Rapport Hadopi, et qui lui permet d’arriver à 1,2 milliard de pertes : Waelbrock. Nous y reviendrons par la suite.
Et la lumière fût !
Le deuxième paragraphe à pour but d’enfoncer le clou, en nous montrant à quel point, sans le Rapport Hadopi, nous aurions pu tous mourir dans l’ignorance la plus crasse.
« Cet impact purement économique de la copie illégale en France a été peu étudié. La présente étude comble ce manque. »
Mon Dieu. Dire que sans le Rapport Hadopi, nous serions restés dans l’obscurité. Dire que face à un phénomène clairement identifié depuis des années, aucun scientifique Français ne s’est penché sur la question. Quelle honte, quel scandale, honni soit cette institution universitaire paresseuse, qui ne s’occupe que de sujets futiles. Doit-on cet oubli de la part de nos scientifiques nationaux aux récentes baisses de crédits ? Au manque d’intérêt de la communauté scientifique pour le sujet ?
Après une rapide enquête, il semblerait que cela soit, en réalité, dû à une petite erreur qui se serait malencontreusement glissée dans le texte de l’étude (le correcteur automatique d’orthographe de Word est parfois vicieux). En pratique, il fallait probablement lire :
« Cet impact purement économique de la copie illégale en Français a été peu étudié. La présente étude comble ce manque. »
Car oui, les scientifiques Français on l’impudence de publier leurs travaux… en Anglais. Et le manque de crédits évoqué plus haut est très certainement responsable de l’absence de traduction Française. Il était donc bien indispensable de réaliser une étude écrite dans la langue de Molière, afin de permettre à une classe politique, dont la pratique de l’anglais nous a ridiculisé à travers le monde entier, d’accéder, enfin, au savoir.
Sauvez l’emploi, à défaut de notre pouvoir d’achat
Alors que le concept était sérieusement passé de mode, remplacé dans le cœur des Français par une envie frénétique de consommer plus pour acheter plus (à moins que ce ne soit l’inverse), la crise économique sonne le grand retour des hits des années 80, au premier rangs desquels l’emploi, et la peur de sa perte.
Quand les réformes à faire passer sont difficiles, ou tout simplement inacceptables, l’avidité, l’égoïsme, et l’envie irréfléchie de consommer toujours plus ne suffisent plus. Non, pour y arriver, rien ne vaut la peur.
Georges Bush a bien fait passer le Patriot Act grâce à la peur, il nous faut, à défaut d’un 11 septembre sur notre sol national, foutre la trouille aux Français – aux électeurs, et plus précisément à ceux qu’ils élisent – afin de faire passer la pilule Hadopi. Votez, votez, braves représentants du peuple, car sans cela, vous aurez 10.000 chômeurs sur la conscience d’ici à la fin de votre mandat. D’accord, 10.000 chômeurs, c’est pas grand chose à coté du 11 septembre, mais la loi Hadopi, c’est pas si terible, à coté du Patriot Act… Non ? Il vous en faut plus ?
Et bien pour le même prix, mesdames et messieurs, oui exceptionellement, nous allons doubler la mise, rien que pour vous. Car aux 10.000 chômeurs, il convient d’en ajouter, toujours selon le Rapport Hadopi, 10.000 supplémentaires d’ici 2012. En effet, si seulement 58% des français sont connectés aujourd’hui, faisant du pays l’un des plus sous-équipés du monde ‘développé’, Eric Besson nous l’a promis, d’ici peu, c’est toute la France qui surfera en haut débit. Si rien n’est fait, donc, avec 100% de Français connectés sous peu, c’est le double de pirates, et le double d’emplois perdus. Regardez où en sont les Suédois, ce peuple de dégénérés, massivement connectés, qui abritent la Mecque des pirates et dont le taux de chômage est affolant (enfin, presque).
Résumons. 5000 emplois directs, 5000 emplois induits. 5 et 5 font 10. Multiplié par Eric Besson, soit 2, ça fait 20.000 chômeurs. Dire que certains osent prétendre que l’économie c’est compliqué.
L’économie, de toute évidence, se résume à des opérations mathématiques à la portée d’un élève de sixième. A de multiples reprises, on nous montre de façon schématique les chaines de valeur de diverses industries culturelles, on y appose quelques opérations (multiplication et addition, en pratique, on est plutôt au niveau CE2), et on en déduit une perte sèche pour le secteur tout entier.
La copie, si elle était issue d’une école primaire, aurait cependant droit à une note médiocre, tant les lacunes sont évidentes. L’idée que le téléchargement d’une œuvre – film, musique, peu importe – entraine un manque à gagner en terme de vente, quel que soit le ratio qu’on applique entre ces deux faits, encore une fois, n’est démontré nulle part (et pour cause). On se contentera de s’appuyer sur des données calculées pour appréhender le marché tel qu’il était à la fin du siècle dernier, ou sur un obscur sondage portant, qui plus est, sur tout autre chose, financé – devinez – par l’industrie du disque (BPI Market Information n ° 274, du 25 Août 2006, page 4, cité page 17 de l’étude, seule donnée de l’étude dont je n’ai pu remonter la piste, et qui porte sur le ‘taux de substitution’ entre un CD piraté vendu à la sauvette et un CD acheté en magasin. Inutile de vous dire que, pour l’instant, le BPI ne répond pas à mes emails).
Pire, on a oublié – c’est ballot – de prendre en considération les recettes nouvelles apportées par ces foutus nouvelles technologies. Sonneries téléphoniques ? Un business florissant qui se compte en centaines de millions… Oublié. Taxes sur les CD vierges et les disques durs ? Oubliées. Augmentation des revenus du spectacle vivant ? Oublié. Part de marché sans cesse grandissante du jeu vidéo dans le budget culture des Français ? Oubliée. Chiffre d’affaire des réseaux sociaux en ligne orientés musique, tels que MySpace ? Oublié. Radios en ligne ? Oubliées. Auto-production d’un nombre grandissant d’artistes qui décident de voler de leurs propres ailes ? Oublié. Nouveaux réseaux de distribution alternatifs ? Oubliés. Et enfin, l’explosion du marché de l’occasion C2C sur le segment des produits culturels ? Oublié (pour être franc, j’en oublie probablement moi même, n’hésitez pas à me les signaler en commentaire).
Et si c’était là dedans que les 1,2 milliards de l’industrie culturelle avaient disparu ? Non, pensez donc, le niveau de vie des Français a tellement augmenté ces dix dernières années qu’ils se sont juste contentés d’augmenter leur budget loisir…
Ce n’est pas tout, si les auteurs de l’étude semblent avoir des difficultés avec les soustractions, ils maitrisent l’addition à merveille.
Ainsi, un méchant pirate qui télécharge un film représente une perte pour les entrées en salle, la vente de DVD, la VOD et les revenus publicitaires liés à la diffusion du film à la télévision (je vous fais grâce des chaînes payantes).
Diantre. Rien que ça.
Les pirates doivent être rudement intelligents, à moins que ce soit ceux qui ne piratent pas qui soient frappé de crétinisme, et qui, c’est bien connu, cumulent pour un même film, une séance en salle, suivie, 6 mois plus tard, de l’achat du DVD, puis quelques temps après, de sa location en VOD (le DVD ayant certainement été égaré), le tout finissant sur TF1 pour regarder, à nouveau, le dit film, en profitant à l’occasion d’une coupure publicitaire bien méritée, après tant d’efforts et d’imbécillité.
Précision importante, le ‘non pirate’ prendra soin de réaliser tout cela dans une intimité strictement contrôlée, afin de ne pas faire mentir le Rapport Hadopi, car du coté de l’imputation des pertes liées au téléchargement illégal, on n’a pas oublié de prendre en considération les amis qui peuvent se joindre au pirate pour regarder un film (chose que tout citoyen responsable s’abstient de faire avec un DVD ou de la VOD), ou ceux à qui le pirate à donné une copie (qui oserait prêter un DVD ou pire encore, le revendre après l’avoir vu, en utilisant, encore une fois, ces abjectes nouvelles technologies qui rendent décidément la vie si difficile à nos gentils industriels de la Culture). Cela parait idiot, mais cet habile stratagème est responsable, à lui seul, d’un accroissement de 113% des dégâts financiers imputables au téléchargement d’un DivX (51% liés au prêt, et 62% d’amis qui sont aux cotés du pirate lors du coupable visionnage, page 35 du Rapport Hadopi).
Ajoutez, pour pimenter la sauce, des chiffres tous fournis généreusement par l’industrie censée subir ces lourdes pertes, et vous arrivez au résultat qui vous fera plaisir, il vous suffit d’ajuster les variables. Sur une suite d’additions et de multiplications, c’est une équation assez simple. Disons qu’un élève de quatrième devrait y parvenir sans difficultés. C’est d’autant plus facile que les chiffres clés, ceux qui impactent réellement le calcul de la perte collossale d’1,2 milliard revendiqués par le Rapport Hadopi, sont fournis par ceux qui – surprise – sont censés perdre cet argent (ou les ‘associations’ qu’ils financent). Un modèle de rigueur scientifique.
Car oui, les chiffres utilisés dans le Rapport Hadopi, à défaut d’être incontestables, sont incontestés, et l’on s’attend à ce que vous fassiez de même : leur provenance ne prête pas à discussion, jugez plutôt de l’impartialité des fournisseurs, et surtout, de leur contributions respectives, avec, par ordre d’apparition : Nielsen/Netrating (p9), le Ministère de la Culture (page 10), l’Observatoire de la Musique (pages 12 et 13), le SNEP (pages 14, 15, 16, 17, 18, 51 et 63), le CNC (pages 19, 23, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 34, 37, 42 et 43), l’IPI (page 20), l’ALPA (pages 23 et 35), Xerfi (pages 24, 26, 28, 42, 57 et 59), GfK (pages 29, 42 et 51 ), Mediametrie (pages 43), TF1 (page 43), M6 (page 43), France Télévision (page 43), Canal+ (page 43), la FNAC (pages 48 et 59) et le SNE (pages 54 et 59).
Je ne résiste pas à un petit camembert, après tout, pourquoi s’en priver, cela n’a pas grande valeur scientifique, mais ça fait plaisir, et éclaire malgré tout un petit peu sur la situation, non ?

Mon Dieu, se pourrait-il que tout cela ne soit qu’un procès à charge ? Je n’ose le croire. ;)
A ce stade, il est utile de préciser qu’à aucun moment, et contrairement à tous les autres travaux sérieux faits sur le sujet, la moindre institution n’a cautionné le Rapport Hadopi. Ni l’université Panthéon-Assas dans laquelle exerce le fondateur de Tera Consultants, la société qui a réalisé l’étude, ni la prestigieuse ENST, l’Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications, dans laquelle il intervient, n’ont apporté leur aura, ne serait-ce que par l’apposition d’un logo, aux contenus de cette étude… Et pour cause. On trouve, dans les murs même de l’ENST, l’un des plus grands spécialistes Français de la question, et son avis est… comment dire… quelque peu divergeant.
La Science entre en scène
Patrick Waelbroeck est maitre de conférence à l’ENST, au département des sciences sociales et économiques. Vous vous souvenez de lui ? C’est de l’un de ses travaux qu’est issu le ‘chiffre magique’ censé justifier les pertes en terme de ventes induites par le téléchargement illégal. Ses recherches portent sur l’économie de la science de l’innovation et la microéconométrie appliquée. Un truc compliqué, où l’on utilise des outils mathématiques autrement plus complexes que l’addition et la multiplication.
Ses travaux, eux, portent le sceau de l’ENST, de l’Université Internationale Allemande, du CESifo, ou bien encore de la Sauder School of Business, et sont publiés un peu partout dans les circuits académiques, ou dans d’austères revues comme la Review of Economic Research on Copyright Issues.
On ne peut s’empêcher de penser que les auteurs de l’étude ne connaissent non seulement pas Google, qui les auraient mené rapidement chez Waelbroeck, mais également que l’ENST manque cruellement de communication interne, car Patrick Waelbroeck et Laurent Benzoni, le fondateur de Tera Consultants, la société qui a réalisé le Rapport Hadopi, y travaillent l’un comme l’autre. Curieux… Pourtant, le Rapport Hadopi affirme, dans son introduction, qu’en France, le sujet «a été peu étudié»… Patrick Waelbroeck, qui travaille à Paris, a réalisé pas moins d’une douzaine de travaux, la plupart co-signés avec différents spécialistes internationaux de la question.
D’un naturel curieux, j’ai entamé la lecture de quelques uns des ses travaux… Autant le Rapport Hadopi peut se lire dans le métro en rentrant du bureau, autant les travaux de Patrick Waelbroeck demandent un environnement plus propice à la concentration. C’est difficile à lire, et il y est même parfois… un peu vexant.
Dans « Piratage des biens digitaux : une revue critique des travaux économiques », à la page 13, on peut y lire (en anglais) :

Ca, un exemple simple ? De qui se moque-t-on ?
Bon, heureusement, Patrick Waelbroeck fait, lui aussi, des executive summaries, sauf que chez les scientifiques, les vrais, cela s’appelle un abstract.
On y apprend que, selon les scientifiques sérieux, et selon des études réalisées en France sur un échantillon fait de petits français, le piratage de films aurait tendance à faire augmenter la consommation légale de films, que parmi les vilains téléchargeurs de mp3, se cachent bon nombre d’ « explorateurs » qui achètent bien plus, du fait de leur trouvailles, que le piratage pourrait être, en réalité, une aubaine pour l’industrie du disque, et enfin, que l’appréhension économique du phénomène du piratage demande des outils un tantinet plus sophistiqués que les additions et les multiplications (on s’en doutait un peu). Enfin, on trouve un guide à destination des économistes pour aborder l’économie de la musique digitale. Utile, pour peu qu’on ai le niveau – doctorat en microéconomie minimum – pour réaliser ce genre d’études sans sombrer dans le ridicule.
Le problème, c’est que, en dehors des abstracts qui sont faciles à lire, ce sont des études scientifiques sérieuses, écrites en petits caractères, truffées de chiffres et de références, et où le moindre phénomène est appréhendé à travers des équations particulièrement complexes. Alors, pour ceux qui n’ont pas de doctorat en économie, Patrick a la bonne idée de participer à un excellent blog, édité par Telos, dont nous ne pouvons que vous recommander la lecture. Ses billets, ont des titres évocateurs : Malgré l’eau du robinet, les marchands d’eau en bouteille gagnent de l’argent… Frappant, comme analogie, non ?
Et là, ami scientifique, qui êtes arrivé sur ReadWriteWeb suite à un buzz quelconque ou à travers l’email rigolard (ou rageur) d’un collègue, vous allez me dire que ne prendre qu’un seul point de vue opposé n’est pas, en soi, une approche d’une rigueur scientifique irréprochable. Vous avez bien raison. Il me faudrait, pour enfoncer le clou, remonter plus haut dans le classement de Shangaï, aller plus haut, comme le réclame Tina Arena, la philosophe tant appréciée des vilains pirates de mp3.
Tout en haut du classement, on trouve Harvard, l’uber prestigieuse université Américaine, dont les diplômes en économie valent de l’or (dans tous les sens du terme).
Felix Oberholzer-Gee est professeur à la Strategy Unit de la célèbre Harvard Business School. Ses conclusions sont similaires. Selon lui, le piratage n’affecte en rien les ventes de disques, les raisons sont à chercher ailleurs. Felix est du genre obstiné, il étudie le phénomène depuis pas mal de temps, et ses conclusions ne varient guère, ce qui ne l’empêche pas, année après année, de publier ses travaux.
A ce stade, les scientifiques devraient êtres convaincus, mais qu’en est-il des destinataires du Rapport Hadopi, nos chers parlementaires ?
Ceux-ci auraient, c’est bien naturel, tendance à faire confiance à des gouvernements, esprit corporatiste oblige. Imaginez leur réaction s’ils savaient que le ministère de l’industrie Canadien, pas vraiment connu pour être fantaisiste, a commandité une étude qui montre, elle aussi, la même chose.
Diantre. Mais… on m’aurait menti ?
Même l’OCDE s’y met et abonde dans ce sens…
Bon, résumons. Le piratage n’a aucun impact sur les ventes de biens culturels, le débat porte, en réalité, plutôt sur la question suivante : il est bien possible que le piratage booste les ventes et soit une opportunité, offerte à l’industrie culturelle, pour réduire drastiquement ses dépenses marketing (l’industrie du porno, qui se garde bien de poursuivre le moindre pirate, l’a bien compris, sans même évoquer Radiohead). Harvard n’en est pas totalement convaincu mais n’exclu pas cette hypothèse. A l’ENST, on y croit, tout comme au ministère de l’industrie Canadien. L’OCDE ne se prononce pas mais confirme que la raison du déclin des ventes n’est pas liée à l’explosion du piratage. Une chose, c’est clair, fait l’unanimité : la chute drastique des ventes n’est en rien imputable au téléchargement illégal.
Alors, il est où le problème ?
Le problème est de deux ordres. Le premier est drôle, le second l’est moins, mais il a le mérite de répondre au premier.
Si on tolère, parce qu’il est économiquement inoffensif pour l’industrie de la Culture, le piratage ; c’est à dire que l’on met à mort une partie du concept de propriété privé, connue sous le nom de copyright ou de droit d’auteur, celle qui s’applique aux biens culturels digitaux ; comment justifier, ou reconstruire, ce fondement de la société capitaliste qu’est la propriété privée ? Pire encore, comment construire la société de demain sans ce fondement, et par quoi le remplacer ? Comment justifier le maintien de ce socle du capitalisme sur une part grandissante des biens de consommation, les produits culturels digitaux ? Et pour finir, comment construire une société mondiale, basée sur le droit fondamental à la Culture – au même titre que la Liberté d’expression – pour tous, partout ?
Pas facile.
Le deuxième problème est moins drôle, c’est la réponse de notre gouvernement à la première question : la dictature.
Si la loi Hadopi n’a pas pour objectif de protéger l’industrie culturelle, quel est son but ? Pourquoi confier respectivement à une officine privée et à l’administration plutôt qu’à la police et à la Justice, le soin de « surveiller et punir » ?
La loi Hadopi ne serait-elle pas que le premier volet d’une longue série qui instaurera, petit à petit, amendement après amendement, au gré opportuniste d’événements savamment mis en scène ou théâtralisés, une véritable dictature moderne, faisant d’Orwell un prospectiviste plus qu’un auteur de fiction, et dont le seul but est le maintien d’un système économique devenu, de toutes évidences, un peu obsolète ?
Ne serait-il pas plus raisonnable d’abandonner l’idée de propriété privée sur les biens culturels numériques, couper un membre gangrené du capitalisme, en quelque sorte, plutôt que de laisser pourrir sur pied tout l’édifice de la démocratie qui le soutien ? Je ne prends ici pas particulièrement position, je me contente de poser la question.
Je conclue par le seul élément de cette étude qui me semble être frappé du sceau de la vérité, son titre :
Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France
Quand le chaos économique s’immisce dans la révolution technologique
Ca fait peur, hein ? Bienvenue au XXIe siècle, où même les luttes sont numériques.
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18 novembre 2008 à 23:59
great article!
ce fut rude mais nous arrivâmes jusqu’au bout ;)
19 novembre 2008 à 2:27
Ben voilà, qu’est-ce que je disais. Un boulot de qualité n’a pas besoin de méthodes de promotion moisies. Après, on a de biens jolis commentaires ! ;)
19 novembre 2008 à 7:14
Merci pour cet article très intéressant. Tu as dû y passer un paquet d’heures !
19 novembre 2008 à 9:26
Hélas, nos chers parlementaires ne doivent pas spécialement approcher d’un ordinateur (bon, peut être pour jouer au solitaire quand même) et ne risquent pas de lire autre chose que ce charmant tissu de mensonges!
Pôvre france (non, je ne suis pas sur qu’elle mérite encore un F).….
19 novembre 2008 à 9:42
Bravo très bonne analyse, dans la série des « on a oublié », oubliées peut-être les daubes commerciales qui ne se vendent pas tellement sont moches. (Il y en a beaucoup).
Pour les emplois perdus certaines piste sont oubliées aussi http://www.sntpct.fr/index.php?ref=44&type=cine&menu=FONDS+DE+SOUTIEN+DE+L%92ETAT
http://www.adcine.com/+Baisse-des-tournages-et-hausse-de+
Sinon le fondateur de la société d’Equancy & Co, Robert Zarader sait très bien mentir à certain moment, quand ça l’arrange http://www.mediapart.fr/club/blog/laurent-mauduit/040608/a-propos-de-quelques-betises
Voila quelques pales de plus au moulin
19 novembre 2008 à 10:26
bon décryptage ! ça aurait presque mérité un executive summarie ;)
sinon quand tu parlais des nouvelles sources de revenus non prises en compte dans ces calculs cet article est assez intéressant sur Universal, qui font bien les malheureux mais qui s’en mettent qd même pas mal dans les poches …
http://www.zdnet.fr/blogs/2008/11/15/universal-music-recolte-les-fruits-de-sa-strategie/
19 novembre 2008 à 11:40
Essaieraient vous aussi de publier cet article chez agoravox pour lui donner plus de visibilité encore.
19 novembre 2008 à 11:43
@boris @bourgpat C’est clair, je ne m’attends pas à ce qu’un parlementaire vienne ici, attirer leur attention, c’est plutôt le rôle de la presse… A suivre, donc…
19 novembre 2008 à 13:27
Chapeau !
19 novembre 2008 à 13:39
Excellent article, bravo!
Un témoignage d’une artiste reconnue illustre à mon avis la grande tromperie organisée par les majors pour protéger leur business model d’un autre âge : “S’il n’y avait pas eu de piratage, j’aurai vendu 200 000 singles” (Cindy Sanders).
Logique digne d’un élève de primaire : le morceau a été téléchargé 200 000 fois donc c’est autant de ventes en moins.
A aucun moment notre chère Cindy ou les maisons de disque n’envisagent que les internautes puissent télécharger des morceaux qu’ils n’auraient jamais achetés, de toute façon.
Il est toujours plus facile d’accuser le voisin que de se remettre en cause.
Peu de monde ne s’indigne non plus sur le fait que nous payions une “amende” sur tous nos produits de stockage et que le téléchargement soit néanmoins jugé illégal.
C’est un peu comme si à chaque achat d’un véhicule, l’état vous rajoutait 3% parce que vous risquez de faire des dépassements de vitesse. Cela ne vous empêcherait pas de prendre une prune si cela devait réellement arriver.
C’est ce qui se passe avec les droits d’auteur : jugé coupable par principe et vous pouvez payer votre peine deux fois.
Scandaleux.
Le lobby de l’industrie musicale est décidément très puissant pour arriver à faire voter des lois aussi absurdes.
Mais quand comprendra-t-elle que le piratage doit être considéré pour ce qu’il est : un concurrent.
Et face à la concurrence, on innove, on propose plus de valeur, on se différencie. On ne s’enferme pas dans un business model hérité des années 80.
Le magnifique succès commercial du store Apple iTunes le prouve.
A moins d’un euro le morceau, franchement je ne m’embête pas à pirater.
19 novembre 2008 à 14:09
@Stéphane Le point de vue des artistes (pas Cindy Sanders, bien sûr) est tout a fait intéressant, même si ce n’est pas vraiment l’objet de ce billet. Ceci dit, on pourrait faire un dossier la dessus. Je suis prêt à croire que Cindy aurait vendu plus de disques si elle était sortie en 1995, mais combien d’artiste ne serait jamais sorti de l’anonymat et n’arriveraient pas à vivre de leurs concerts aujourd’hui, s’ils étaient dans le même système qu’en 95 ?
19 novembre 2008 à 14:35
A lire (enfin, plutôt a regarder) aujourd’hui chez Techcrunch, un point de vue alternatif sur l’industrie de la musique, fort instructif : L’inévitable mutation de l’industrie musicale, le transfert du pouvoir de l’artiste.
19 novembre 2008 à 14:40
+1.
+10 même.
Un article qui rassemble en un lieu les éléments épars sur la question.
La loi Hadopi est donc juste une question de pouvoir. Peut on faire cette lecture ? Une des choses les plus génantes de l’Internet, c’est que c’est un espace potentiel de liberté. Les états s’en sont peu souciés, et lorsqu’ils ont pris conscience de l’Internet, les choses étaient déjà lancées. Ils tentent maintenant de reprendre la main en s’alliant au néolibéralisme et n’ont de cesse de protéger des intérets économiques — imaginaires, comme l’article le montre — plûtot que de protéger leurs citoyens.
C’est une tarte a la crème : nous vivons une situation de crise. Et dans les crises, les pouvoirs ont toujours tendance a resserrer les boulons. Là ou la situation se complique, c’est que nous ne sommes plus dans une configuration sujet / pouvoir — par exemple, un citoyen, un état. La baisse constante et régulière de la présence de l’état dans les domaines clés de l’éducation et la santé fait que nous ne pouvons plus avoir les relations de conflits qui ont été la clé des relations des citoyens avec les états pendant le 20ieme.
Que nous reste t il ? De grands groupes qui tentent de maintenant leurs bénéfices sur des logiques anciennes plutot que de faire preuve de créativé. A coté de cela, de nouveaux empires a la Google apparaissent. Pour l’instant, ils n’ont pas fait usage de leur pouvoir mais je ne doute pas que le temps viendra. Le Don’t do evil de Google ne sera plus de mise lorsque, par exemple, Google se sentira menacé.
J’ai de plus en plus le sentiment que nous avons a prendre les choses en main. L’état ne nous défendra pas. Nous nous défendons par les usages du P2P, mais c’est, hélas, une défense vécue comme honteuse et culpabilisé. Il nous faut nous rappeler que nous sommes la culture avant d’être le web. Et que, pour paraphraser le Comité de l’Instruction Publique (1793, tout de même) tous ces objets que l’on tient loin de nous, que l’on nous montre pour nous frapper d’étonnement et de respect NOUS appartiennent.
A mon, sens, il est plus que temps qu’un collectif — RRW ? — commence a rassembler les individualités et a rappeler l’élémentaire droit à la piraterie.
19 novembre 2008 à 14:55
Je doute que RWW aille jusque là, nous ne somme là que pour (re)lancer un débat et susciter une réflexion là où, pour l’instant, tout le monde ou presque se contente d’avaler des couleuvres. Bien sur, les opposant ne manquent pas, mais il leur faut s’organiser un minimum, et surtout, porter leurs attaque sur un point faible, car nous somme face à une machine de guerre. Le Rapport Hadopi est leur talon d’Achille, c’est le moment d’en profiter.
Je comprends que certains soient pour Hadopi, pour un contrôle du citoyen, pour une censure sur internet, je reviens à l’instant des forums d’ ecrans.fr où je me suis aperçu — un peu tard — qui Laurent Joffrin a pris clairement position pour Hadopi. Soit.
Mon seul objectif est que ce soit fait en pleine conscience (désolé, Yann, je n’entrerais pas plus loin dans le débat politique). On peu être pour la censure, plein de pays ont fait ce choix, et la plupart des être humains sur Terre vivent dans un tel régime. Mais il convient d’être clair, plutôt que de faire semblant de vouloir sauver l’industrie Culturelle.
Dans 5 ans, quand celle ci aura fini de mourir, et que ses restes seront subventionnés par l’état, il sera trop tard pour se retourner sur le passé et s’apercevoir que les enjeux d’Hadopi n’étaient pas, en réalité, sa sauvegarde.
19 novembre 2008 à 15:15
Un bémol sur ceci tout de même : “Part de marché sans cesse grandissante du jeu vidéo dans le budget culture des Français ? Oubliée.”
c’est limite comique.. on doit pas parler de la même culture..
mais à part ça, merci pour cet article bien complet.
19 novembre 2008 à 15:25
Le billet est cité ici :
http://www.pcinpact.com/actu/news/47389-rapport-equancy-piratage-chomage-albanel.htm
19 novembre 2008 à 15:26
@Kernix : yes, et non en même temps… Mais c’est un débat en tant que tel. Que World of Warcraft ne fasse pas parti de la Culture avec un grand C, d’accord, mais alors, je pose la question existentielle : OU EST CINDY SANDERS ? Que faire de Tina Arena ?
Pas évident, hein…
Le cinéma ne fait pas parti de la Culture, cette affirmation choque aujourd’hui, mais était extrêmement courante au début du XXe.
(disclaimer : je ne suis pas vraiment un gamer)
19 novembre 2008 à 15:29
@Gloupgloup
Merci, n’hésitez pas à vous servir en citations, illustrations pour faire, comme PCimpact, des billets plus courts et plus digestes.
19 novembre 2008 à 15:55
Pourquoi faut-il que Internet soit devenu une vaste galerie marchande?
19 novembre 2008 à 16:18
Superbe billet.
Ne manque plus qu’un rapide calcul de ce que rapportent ce qui a été omis pour définitivement enfoncer le clou.
Merci à vous pour cette analyse.
19 novembre 2008 à 16:20
Rapide, j’ai peur que ce ne soit pas rapide ;) Téléchargez un des travaux de Patrick Waelbroeck et vous serez convaincus :)
Sans compter que, en ce qui me concerne, il me faudrait commencer par passer un doctorat en économie, et j’en suis très loin… Ceci dit, les réponses existent dans les travaux que j’ai linké dans l’article.
19 novembre 2008 à 16:32
Le billet est cité ici:
http://fr.news.yahoo.com/16/20081119/ttc-le-rapport-sur-le-piratage-remis-alb-c2f7783.html
Sinon, un excellent article. Un raisonnement clair, structuré et surtout remplis de références.
19 novembre 2008 à 16:48
Je me suis permis de reprendre le sommaire comme mise en bouche sur mon blog, afin que mes lecteurs viennent lire cet article très très bon.
Merci encore Fabrice.
19 novembre 2008 à 17:17
Merci pour ce décryptage de rapport Hadopi. Maintenant, comment peut on faire pour enrayer ce processus de législation. Nos Hommes politiques (que ce soit de droite ou de gauche) ont l’air d’être plus intéressés par leurs intérêts que par les nôtres.
Merci Fabrice, ce billet m’a donné l’envie de m’informer un peu plus sur le sujet. j’espère que beaucoup de personne liront le billet.
19 novembre 2008 à 17:32
@ adeodat
J’avoue que je n’ai pas de réponses toutes faites…
Vous pouvez écrire à votre député, sait on jamais : http://www.assemblee-nationale.fr/12/tribun/comm3.asp
UPDATE: oui, bien sûr, si ce n’est déjà fait, signez la pétition de SVM http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_graduee#signer
19 novembre 2008 à 18:08
Bravo (et merci).
De toute façon il est certain que les cabinets de conseil n’ont qu’une caution “scientifique” limitée. Ceux qui travaillent dans l’industrie connaissent bien les limites de ce genre d’entreprises. Merci d’en faire la brillante démonstration ici.
Mais soyons réalistes ces études servent plus de paravent pseudo-scientifique pour faire passer une loi sous la pression internationale. Il faut bien essayer de faire croire au peuple que c’est une décision basée sur une réflexion aboutie nationale et non le simple aboutissement de la pression des majors internationales. Gardons la tête haute !
Et oui je fais partie de ceux qui découvrent des artistes dans des playlist illégales téléchargées illégalement. Et le pire c’est que j’achète leurs CD et je vais à leurs concerts. Chose que je faisais avant en enregistrant des cassettes et en me faisant des compiles de ce qui passait à la radio (ce qui n’était pas illégal à l’époque). Avec le peer to peer je suis arrivé au paradis et je n’étais plus à la merci du matraque des tubes à la radio. J’ai développé mes goûts et me suis passionné pour des artistes que j’avais choisit réellement. Ce qui m’a donné envie d’acheter leurs CD et d’aller à leurs concerts. Merci au peer to peer pour m’avoir fait découvrir herman Dune et lui avoir fait gagné de l’argent.
Belle métaphore que celle de l’eau mais ça marche aussi pour la radio. Il faudrait pouvoir interdire aussi d’enregistrer à la radio et même de diffuser.
Ça me rappelle la crise que la finance connaît actuellement. On est dans des modèles économiques qui s’effondrent et au lieu de construire de nouvelles choses on reste accrochés à ces modèles condamnés, car malgré les lois, la loi économique est elle impitoyable.
On prendra juste du retard sur les autres pays un peu plus inventifs eux (comme la suède).
19 novembre 2008 à 18:25
très intéressant
par contre 2 3 fautes d’orthographe à corriger, et par pitié, il faut éviter les GIF animés pour mettre des graphiques et calculs en avant…
j’ai été obligé de faire une capture d’écran et de la coller sous Paint pour pouvoir lire les formules…
19 novembre 2008 à 18:31
@Yanis Télécharge le rapport entier, tu rates plein de formules très droles, les gifs animés c’est juste pour s’amuser http://www.guim.fr/blog/2008/11/impact-conomiqu.html
19 novembre 2008 à 18:37
Bonjour,
excellent article avec juste une petite remarque concernant ce paragraphe:
“Car oui, les scientifiques Français on l’impudence de publier leurs travaux… en Anglais. Et le manque de crédits évoqué plus haut est très certainement responsable de l’absence de traduction Française. Il était donc bien indispensable de réaliser une étude écrite dans la langue de Molière, afin de permettre à une classe politique, dont la pratique de l’anglais nous a ridiculisé à travers le monde entier, d’accéder, enfin, au savoir.”
Dans bon nombre de domaines scientifiques, il est d’usage de publier les résultats de ses travaux en anglais afin de lui faire profiter d’une plus grande exposition. De plus, la plupart des journaux scientifiques sont en anglais. Ceci etant surtout valable pour les sciences “dures” telles que les Maths, physiques, chimie, mais aussi pour l’economie par exemple. Concernant d’autres recherches scientifiques concernant le droit ou la littérature par exemple, il est souvent plus judicieux de publier dans la langue sur le quel le sujet porte…
cordialement
19 novembre 2008 à 18:38
@WHVN Je sais, je sais, c’était un trait d’humour ;)
19 novembre 2008 à 18:43
Très bonne analyse avec un humour excellent…
mais j’hésite entre rire… ou pleurer…
19 novembre 2008 à 18:47
Très beau travail!
L’avez vous envoyé à la ligue Odébi qui milite et mène des actions sur la liberté numérique ?
19 novembre 2008 à 18:54
@Zurmff Heu… non, si quelqu’un les connaît, n’hésitez pas à leur envoyer un lien ;)
19 novembre 2008 à 19:03
Une petite série de slides venues de la FING, la théorie du steak frite (une analogie a rapprocher de l’eau du robinet)
http://musique.fing.org/files/La_gratuite_du_P2P_GChampeau.pdf
19 novembre 2008 à 19:09
Très bel article, espérons qu’il sera repris dans la presse (même si j’en doute quelque peu pour la presse traditionnelle).
J’aimerai par contre indiquer une étude scientifique sur les pratiques du piratage élaborée en France et en français il y a maintenant 3 ans, réalisée par le laboratoire ADIS de l’Université Paris XI (Paris Sud Orsay) et l’UFC Que Choisir. Les conclusions sont les mêmes que les autres études scientifiques (avec pour avantage que le rapport communiqué, bien qu’explicitant les méthodes et la provenance des chiffres, s’avère compréhensible pour quelqu’un qui n’est ni docteur en microéconomie, ni docteur en statistiques).
J’ai également noté un élément assez troublant sur la figure 15 de cette étude : en effet, pour évaluer la perte de CA Internet pour la musique, elle prend pour valeur d’une fichier sur Internet par la voie légale la somme de… 1,95 € ! Il me semblait pourtant qu’iTunes, très largement majoritaire sur le marché, facturait 0,99 € le morceau, et que ses concurrents étaient sensiblement au même prix (de toute façon iTunes représentant environ 70% des ventes de musique dématérialisée, le montant moyen ne peut être au final le double du prix qu’il pratique).
19 novembre 2008 à 19:10
@Gorkk Cette étude m’avait échappée (comme beaucoup d’autres très certainement), auriez vous un lien, ou une référence précise, je ne la trouve pas…
Sinon, oui, vous avez raison, 1,95€ par track sur internet, c’est bizarre…
19 novembre 2008 à 19:11
Pourquoi ne pas organiser un boycott des produits culturels pour la période de Noël?
Au moins ils auraient vraiment des chiffres concluant de baisse de chiffre d’affaires.
Et les stars n’auraient plus à aller en Suisse car elles n’auraient plus de revenus…
19 novembre 2008 à 19:58
@Matt Je doute que nous ayons suffisamment de pouvoir pour contrer, pèle mêle, les millions dépensés en pub, l’industrie de la culture, les distributeurs, et le père noël…
Qui plus est, le boycott est vraiment inutile, il suffit de laisser le temps au temps. Hadopi ou pas, toutes les études montrent que les ventes vont continuer a s’effondrer.
19 novembre 2008 à 20:46
Oups, j’avais effectivement finalement oublié de donner le lien. Je le donnes par le biais de tinyurl http://tinyurl.com/6zdmpn vu que la structure du site de l’UFC Que Choisir sur lequel est publiée l’étude (il serait toutefois logique qu’elle soit disponible quelque part dans les ressources de l’université d’Orsay également) génère des liens à rallonge.
19 novembre 2008 à 21:01
très bon article même si je ne souscrit pas à la proposition final ni ne trouve que le premier point de cette même partie soit vraiment “drôle”…
je pense par ailleurs qu’il aurait tout de même fallu préciser que si certaines industries vont mal c’est que leur business model est dépassé. à vous lire on a presque l’impression que le téléchargement leur fait gagner de l’argent…
19 novembre 2008 à 21:20
@sequitur JE NE PRENDS PAS POSITION, si ce n’est, en effet, en qualifiant de ‘drôle’ la perspective de construire une société où le copyright a disparu sur les produits culturels.
19 novembre 2008 à 21:49
Limpide et gouleyant… mais trop court hélas !
L’intelligence artificielle étant le contraire de la bêtise naturelle, nul doute que nos politicards avalent cette huile de pansu poussah (Norman SPINRAD in “La guerre des bleus et des roses”) sans chercher plus outre.
On pourrait parler de forfaiture, à tout le moins d’incompétence crasse de nos “représentants”.
Et si on faisait plus simple ? Tout Français serait obligé d’acheter le disque de Carla (le problème de surdité des jeunes avec les lecteurs MP3 à donf serait automatiquement résolu) et le produit de la taxe FAI de 0,9% servirait à constituer un fond de garantie pour les acheteurs de rolex (pas Molex, ça, c’est la boîte qui licencie pour délocaliser et accroître ses bénéfices).
La boucle serait bouclée.
Ne te repose pas, mec, fais encore mieux la prochaine fois.
Cordialement,
FG
19 novembre 2008 à 22:13
Merci.Beaucoup même.
Question subsidiaire, est il possible de récupérer cette étude à titre particulier, et si oui comment ? :)
Les données ont l’air si étoffées et si bien référencées que je m’appuierai volontiers dessus pour finaliser mon mémoire sur le futur du marché économique en ligne ;)
19 novembre 2008 à 22:20
Merci pour ces éclairages, un sujet comme celui-ci en avait bien besoin. Espérons qu’il contribuera à faire reculer les idées-reçues etla malhonnêteté intellectuelle…
A propos de la faveur dont bénéficient les industries culturelles auprès de nos gouvernants et représentants ajoutons :
–le cadeau fait lors du passage de 33% à 19,6 % de TVA sur les CD décidé il y a plusieurs années, baisse qui n’a pas été intégralement répercutée sur les prix, mais bien sur les marges
- l’acceptation au plus haut niveau, par MM Chirac puis Sarkozy de relayer la constante volonté de la même industrie de passer à 5,5% cette même TVA sur les CD, comme pour les livres (certes non encore aboutie)
et “last but not least” :
- le crédit d’impôt dont cette industrie bénéficie depuis 2006 qui s’applique à toutes les dépenses artistiques, de développement et de numérisation des nouveaux talents dans la limite d’un plafond de 500 000 euros par entreprise et par exercice.
Tout cela fleure bon le renvoi d’ascenseur, la rémunération pour service rendu. Pas sûr que la Démocratie y gagne.
19 novembre 2008 à 22:21
Bravo, ça c’est du boulot!
j’ai trouvé le lien vers votre billet ici:
http://rezo.net/large
et je me suis permis de le “diffuser” ici :
http://forum.telecharger.01net.com/microhebdo/infos_debats_et_detente/debats/le-rapoort-hadopi-3146/messageswithpost-495939.html#post495939
merci!
EDIT: @Krondstadt, désolé pour le retard de mise en ligne, deux liens et mon anti spam commence à monter les dents ;)
19 novembre 2008 à 22:40
Ahaha Hadopi, une affiche pour protester contre cette loi idiote : http://jaffiche.fr/?p=106
19 novembre 2008 à 22:49
Bravo, super, c’est marrant on s’en doutait un peu quand même. Les copains, c’est sacré …
19 novembre 2008 à 23:05
Bien sur, vous aurez compris que nos gouvernants aimeraient bien controler l’Internet: le piratage, le terrorisme ou la pedopornographie ne sont que des prétextes.
De nos jours, on peut citer plétore d’informations (des plus anecdotiques au plus essentiels) qui n’auraient jamais été connu sans Internet.
Cela dérange.
Les industriels aimeraient juste controler les flux pour controler les ventes.
Les valeurs Républicaine, ils s’en moquent.
Vive la liberté.
19 novembre 2008 à 23:15
Ayant eu l’occasion de travailler avec Patrick Waelbroeck (à l’ENSAE) j’ai pu lire la plupart de ses articles. Lorsque j’ai eu vent de cette histoire de 10 000 emplois par un proche, j’étais donc prêt à écrire un article rageur pour démonter tous les raisonnements fallacieux du rapport Hadopi.
Je crois que je n’en aurai pas besoin, le vôtre suffisant largement.
Bravo, et merci.
19 novembre 2008 à 23:19
@Gilles Vous voulez rire ? Si vous avez le niveau pour lire ses articles, c’est votre devoir d’écrire ce billet !!! AU BOULOT ! ;)
19 novembre 2008 à 23:29
Excellent article !
Ça me rassure de voir que je ne suis pas un cas à part, c’est vrai que je “pirate” pas mal de mp3 depuis que j’ai acheté un ipod voilà 2 ans (d’ailleurs tu as oublié les lecteurs mp3 dans les sources de revenus), mais je n’ai jamais acheté autant de CD que depuis lors!… près d’une centaine en 2 ans : autant que depuis 1986 quand on a eu notre premier lecteur CD.
Si la loi passe, je téléchargerai surement moins, mais achèterai moins également.
Puis de toute façon quand on voit le prix des CD au Virgin, de qui se moque-t-on? Je suis allé dernièrement au Virgin pour acheter des CD : 22e un CD de Bob Marley. Ça a au moins 30 ans, c’est bientôt du domaine public (d’ailleurs à ce propos, au bout de 50 ans les musiques tombent, en France, dans le domaine public, pourquoi ne peut-on les télécharger gratuitement?)… Bref j’avais malgré tout en main 6 CD pour un montant total de 110€. Je me rends aux caisse : elles étaient toutes BONDEES ! J’ai tout reposé, noté les références et acheté l’ensemble sur “Price Minister” pour 40e, port compris!
… quand ils disent qu’ils ne vendent plus, de qui se moque-t-on?
20 novembre 2008 à 0:31
Merveilleux article, puisse-t-il être lu par des politiques responsables…
Si vous voyez Christine Albanel, j’aimerais lui poser quelques questions :
1) J’ai lu sur un site dans les mentions légales :
L’établissement de lien vers le site xxxxxx.fr est possible sous réserve d’en informer au préalable et par écrit etc…
Quels sont les risques que j’encoure si malgré tout je communique ce lien ? Hors ou dans le cadre de la loi Hadopi ?
2) Ce site, assez mal réalisé au passage, n’a ni lien, ni forum, ni publicité. Quel est son intérêt s’il ne doit pas être divulgué ? Comment est-il financé ?
3) Pour reprendre le texte des mentions légales il est précisé :
L’établissement de lien vers le site xxxxxxxx.fr est possible sous réserve d’en informer au préalable et par écrit le ministère de la culture et de la communication cliquant ici.
Une demande à travers un formulaire est-elle considérée légalement comme une demande écrite ?
L’absence du mot “en”, présent sur les autres liens de la même page, a-t-elle une signification ?
Pour les lecteurs des commentaires, je suis désolé de ne pas pouvoir vous donner de lien pour vérifier mes dires, mais peut être arriverez à trouver le site original si je vous donne le lien d’un de ses plagiats beaucoup plus crédible : http://www.jaimelesinternautes.com/
PS: J’ai la réponse à la question 2 :
Ce site a été conçu et produit pour le Ministère de la culture et de la communication par l’agence JMS l’inconscient collectif.
Tout un programme !
20 novembre 2008 à 0:44
Excellent !
Voilà qui prouve que les sociétés de musique et leurs comparses sont prêts à tout pour augmenter leurs bénéfices et la loi Hadopi n’est qu’un moyen de gagner plus.
Hélas nos (cyber)citoyens ne sont plus à convaincre mais nos députés qu’il faut correctement et honnêtement informer.
20 novembre 2008 à 1:02
Trop bien l’article, l’ami je vais copier coller ce texte sur l’ordinateur de sa majesté chez qui je me suis infiltré sournoisement, je vais le nommer le fichier : “Salut mon mon choux j’ai quelque chose à te montrer” peut être ce sera plus facile à lire, c’est fort n’est ce pas un Abstract qui tient en un nom de fichier !
Bon un peu trop de virgule à mon goût, mais bon les deux points virgules ( “;” pour les intimes ) sauvent la mise :-)
Au risque de perdre quelques neurones dans vos lectures, je vais de ce pas ajouter ReadWriteWeb dans mes RSS.
Eh ben ouais c’est ça le partages.
20 novembre 2008 à 4:37
“Si on tolère, (…), le piratage ; c’est à dire que l’on met à mort une partie du concept de propriété privé, connue sous le nom de copyright ou de droit d’auteur, celle qui s’applique aux biens culturels digitaux ; comment justifier, ou reconstruire, ce fondement de la société capitaliste qu’est la propriété privée ?”
En fait, on peut sans doute faire une distinction ici. Le piratage s’apparente plus à de la contrefaçon qu’à du vol. Car la “propriété” de l’artiste ou de la maison de disque n’est pas diminuée quand un album est téléchargé, ce qui n’est pas la même chose que de voler un disque à la FNAC.
Lessig a quelques bons exemples pour appuyer cet argument (le jugement de la cour suprême américaine sur le procès qui opposait un agriculteur qui voulait interdire aux compagnies aériennes de survoler son champs).
Excellent article !
20 novembre 2008 à 7:40
Un autre argument à rajouter à ce bel article : suite à ces retours aux bons vieux principes de la prohibition, nombre d’usager avertis vont subitement se mettre à chiffrer toutes leurs connections ( TOR, tunnels ssh vers des serveurs hébergées à l’étranger ) ou plus radical encore de créer des sous-réseaux chiffrés alternatifs à internet. Le tout risquant de faire tache d’huile et de noyer le net sous les échanges chiffrés &/ou sténographiés ( j’ai plusieurs fois entendu parler d’outils en développement qui permettaient de dissimuler les paquets dans des échanges anodins tels que des galeries d’images ). Bon courage pour séparer les criminels et les terroristes du volume des citoyens respectables qui veulent juste qu’on leur fiche la paix…
Le “remède” me semble pire que le mal.
La propriété privée est un faux problème, de plus en plus d’auteurs créent et diffusent sous des licences permettant la diffusion libre et gratuite mais maintenant la propriété &/ou excluant tout usage commercial ( par exemple ).
20 novembre 2008 à 8:25
La lumière ‘fût’ : quelle trouvaille poétique que ce ‘fût’ de lumière, et comme aurait été plat le correct ‘La lumière fut’…
20 novembre 2008 à 9:13
“tous aux abrits” sic
Votre camembert est digne de la théorie du complot.
Si vous étiez un scientifique sérieux, vous n’utiliserez pas ce genre d’arguments (c’est vrai depuis quand peut on se baser sur les statistiques publiées par l’Etat).
20 novembre 2008 à 9:22
@Spiderjerusalem Vous avez bien raison, à croire que ma trop longue pratique du marketing et de la com’ m’a corrompu l’esprit ;)
20 novembre 2008 à 10:21
Une exemple simple tiré du rapport permet de démontrer tres rapidement tout le sérieux mis dans ses conclusions.
Et en utilisant la méthode de calcul des pertes pour la TV gratuite :
- à 0,06€/h par personne.
- nous allons régulierement aux toilettes/manger/boire/obiwan kenobi pendant la pause pub, admettons pendant 10 minutes.
- nous sommes devant la tv pendant les 2 coupures pub du prime time.
=> nous passons donc 20 minutes loin de la pub par jour, et donc nous coutons 0,02€ par jour à la “tv gratuite”.
- on est 6,07 millions devant la tv chaque jour en moyenne, le tout étalé sur un an
=> 0,02 * 6070000 * 365 = 443 110 00 €/an
- on va arrondir le tout avec un petit 50% que je sort de mon chapeau
=> 22 155 500 euros par an.
Conclusions :
- Il est urgent de voter un loi obligeant les gents à regarder la télé pendant les pubs.
- Uriner c’est voler.
Mon analyse est elle moins sérieuse que celle de ce joli rapport ?
Tout ça pour dire : très bon article, précis et plein d’humour. Dommage qu’aucun des “quotidiens sérieux” n’ai le courage d’en parler. Mais ça viendra … un jour … trop tard surement.
20 novembre 2008 à 10:33
Bravo et belle analyse.
Il serait intéressant de faire une analyse comportementale de nos élus, ceux que nous avons choisi par nos bulletins de vote.
Ainsi, il semblerait que le jour où la loi DADVSI était votée, les députés s’étaient vus remettre à l’entrée de l’assemblée des bons de téléchargement de 10 oeuvres d’un major. Etait ce vrai ? Le cas échéant, pourrait on avoir la liste des parlementaires ayant accepté lesdits bons.
De même, il serait intéressant de savoir quels sont les comportements internautiques de nos élus. Vont ils sur Internet ? Savent ils se servir d’un ordinateur ? Ont ils des enfants ou des proches qui utilisent le P2P ? Dans quel but ?
Troisième point, et non des moindres ; ceux que nous avons élus sont ils réellement nos représentant. Cette dernière question doit nous interpeler sur nos choix de vote car finalement, en votant pour des représentants qui au bout du compte ne nous représentent pas mais représentent des intérêts privés autres que ceux qui les ont élus, c’est la base même de la démocratie qui est ébranlée.
20 novembre 2008 à 10:37
Zou ! un lien sur mon blog de cet excellent article.
Pense à informer “La quadrature du net” de cet article !
Pour la conclusion : Je ne partage pas complètement l’analyse sur la propriété privée. Nous sommes plus sur une notion de propriété intellectuelle. La différence est que la propriété intellectuelle est faite pour être diffusée par nature contrairement à la propriété privée.
Sur le deuxième point moins réjouissant, je me pose la même question. Pourquoi tant de moyens pour défendre des maisons de disque (pas les artistes) dont le modèle économique est dépassé ? N’est-ce pas l’occasion de remettre en cause la neutralité des réseaux ? Dans quels buts ?
@ Sthéphane : Je me permet de recopier ton excellent commentaire sur mon blog. Je le retire si tu n’es pas d’accord.
Bonne continuation.
Nicolas
20 novembre 2008 à 10:41
Je reviens sur mon précédent message en citant mes sources pour les bons de téléchargements :
http://www.pcinpact.com/actu/news/26724-Contestations-du-lobbying-dans-la-loi-DADVSI.htm
http://www.freenews.fr/nat/2898-divers-projet-de-loi-dadvsi-virgin-et-la-fnac-font-du-lobbying-a-l-assemblee-nationale.html
Quels sont les députés qui les ont acceptés ?
Voilà qui devrait nous interpeler sur l’impartialité des décisions prises autour du dossier P2P.
20 novembre 2008 à 11:29
Pour ceux qui pense que le jeu vidéo n’est pas de la Culture avec un grand C je leur dirais, là n’est pas la question, c’est un bien numérique, payant, piratable, un loisirs au même titre que le cinéma, la musique, la télévision…
Expérience personnel, addict de world of warcraft, depuis la sortie du dernier addon, je n’ai pas allumé la télé, ni écouté une webradio, encore moins allé au cinéma ou acheté un DVD, j’ai même plus le temps de regarder ce que je pirate,
20 novembre 2008 à 11:46
1er commentaire sur ton blog que je lis depuis … C’est vraiment un billet du tonnerre.
20 novembre 2008 à 11:58
Merci pour cet excellent article, c’est vraiment édifiant !
20 novembre 2008 à 12:26
@Fabrice :
“@Kernix : yes, et non en même temps… Mais c’est un débat en tant que tel. Que World of Warcraft ne fasse pas parti de la Culture avec un grand C, d’accord, mais alors, je pose la question existentielle : OU EST CINDY SANDERS ? Que faire de Tina Arena ?
Pas évident, hein…
Le cinéma ne fait pas parti de la Culture, cette affirmation choque aujourd’hui, mais était extrêmement courante au début du XXe.
(disclaimer : je ne suis pas vraiment un gamer)”
Je vous rejoins, dans la différence qu’il y a à faire entre art et culture. et même, deuxième différence, entre culture de masse (Tina Arena) et haute culture (Gabriel Matzneff).
Le cinéma n’était pas considéré comme “culturel” au début du XXe. soit. pour autant, il est devenu une expression artistique. je doute que le jeu vidéo, sans le dénigrer forcément, devienne un jour un attribut de la haute culture.
20 novembre 2008 à 12:28
@Kernix C’est là un passionnant débat… Puis-je me permettre de vous rediriger vers le post du jour, autrement plus éloquent que moi sur le sujet : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/20/entrevues/readwriteculture-laurence-lessig/
20 novembre 2008 à 12:48
Article long certes, mais la lecture est aisée car interessante.
vos parlez de format mp3, mais il me semble que vous ne mentionnez pas l’impact sur les vente de lecteurs mp3.
L’impact également sur les ventes de PC que quelques-uns achètent pour le P2P !
Et qui dit PC pour le P2P dit Abonnement FAI, Applicatif (vente forcée de produit Microsoft).
Et petit parenthèse sur Microsoft, il y a quelques années un rumeur (fondée ?) circulait sur le fait que MS fermait les yeux sur le piratage des produits au niveau des particulers, comme la suite Office. La raison étant simple, l’entrée dans les habitudes du produit, et donc celui qui sera emplyé dans les entreprises, les écoles… Et là pas question de laisser passer les versions pirates !
On balance le premier album en mp3 sur le P2P d’un artiste qui débute (coût publicitaire quasi nul).
On a un nombre de téléchargement qui permet d’avoir une idée de l’impact, bref un étude de marché quasi nulle.
On fait un scandale à la TV ou dans les médias (pub gratuite là encore) et pirouette on en profite pour parler du prochain album qui lui sera vendu en exclu au prochain concert…
Bref…
20 novembre 2008 à 13:17
Parallèlement à ce travail de fond tout à fait passionnant et instructif, je vous conseille de voir une vidéo de 25 mn qui propose un interprétation plus formelle de cette thématique, “Fanfan la Tulipe vs Pépé le Moko” par MRS (Musique Rythmique & Sportive), collectif d’artists, sur leur site:
http://www.studiophebes.com/mrs/vid/fanfan.htm
20 novembre 2008 à 13:33
Bravo! remarquable article, pertinent et très bien construit.
Si on savait déjà que les dés étaient pipés, vous en faites une belle démonstration
20 novembre 2008 à 13:39
remarquable lecture, le “tripatouillage” scientifique mériterait un autre article sur ce seul sujet..
@41 @42 “détail” si vous avez envie de vous repalucher les calculs : la (pseudo)perte de chiffre d’affaires de l’industrie se calcule “Hors Taxes” => iTunes c’est 0.82€ H.T.
(ce qui nous vaudra un jour un autre scud sur les pertes de TVA supportées par l’Etat…)
20 novembre 2008 à 14:01
Les décisions prisent par le gouvernement dans toute cette affaire autour de la loi HADOPI tourne réellement au ridicule.
Comment espérer que nos députés prennent la bonne décision alors que la plupart d’entre eux ne maîtrise pas du tout les enjeux des nouvelles technologies? Sans compter la désinformation de masse orchestré par nos ministres en collaboration avec les médias.
Malheureusement, il s’agit là d’un problème récurrent dans notre démocratie aujourd’hui. Les intérêts des entreprises majeurs (majors ?) comptent bien plus que la liberté de chacun…
20 novembre 2008 à 14:49
Je me joins au concert (gratuit) de louanges pour cet article, qui place d’emblée ce blog et son auteur au niveau de son pendant américain.
Un grand merci, espérons qu’à nous tous, nous puissions faire avancer le débat jusque devant le Sénat. Si ce n’est dans l’immédiat, peut-être plus tard. La lutte commence, je m’y joins.
20 novembre 2008 à 15:00
Une bien belle pierre, camarade, sur la tombe déjà chargée du projet de loi au nom ridicule.
J’imagine la poste gueuler parce que le mail lui fait un trou dans son activité. La politique Sarkozienne ( Hadopi est une partie de la lettre de mission confiée à Albanel lors de sa nomination par NS ) est une suite de petits hold-up corporatistes.
Pour le reste, que Hadopi passe ou pas, qu’on singe ce qui se fait déjà aux states ou en angleterre, on s’en fout profondément: le piratage ne sera pas stoppé pour autant, il se fera juste autrement, et les coupures d’accès, s’il s’avérait qu’elles fussent possibles, seront cassées une par une par des tribunaux.
20 novembre 2008 à 16:38
Enfin quelqu’un ose prononcer le mot dictature. Tout mes potes me regardent comme un dingue quand je leur dit que nos libertés disparaissent les unes après les autres et qu’on reste tous les bras croisés. Personne n’a l’air de trouver ça important.
Merci pour cet article, il ne changera surement rien a ce qui devra se passer mais je trouve vraiment bien que des personnes comme toi tente de faire passer un message qui va dans le “bon sens”.
20 novembre 2008 à 18:03
On peut constater tout les jours les ravages du piratage, ou plutôt du vol sur internet.
A cause du piratage massif dont il a été victime le film français “Bienvenue vhez les Chtis” a eu toute les peines du monde à dépasser le misérable score de 20 millions d’entrées. Et si ce même Film est actuellement en tête des ventes de DVD cela ne peut signifier que les autres films ne se vendent plus du tout!
Comment Dany Boon peut-il rester serein face à l’ampleur d’une telle catastrophe.
20 novembre 2008 à 18:59
Un très bon conte rendu sur la loi hadopi,il taxe les cd est les dvd, mes tous le monde ne copie de la musique ou des filmes dessus, mois je mais mes photo que je fait.Les sonneries sur les téléphone portable cela coute cher
20 novembre 2008 à 19:15
Intéressante analyse
merci ;)
20 novembre 2008 à 22:40
‘faut bien aider les copains !
Quand les profiteurs voleront, il y aura un grand bruit d’ailes au conseil des ministres… Ok, ils volent déjà mais pas de la même façon :-(
21 novembre 2008 à 14:00
“Il n’y a pas d’éloge qui ne vaillent la peine d’être faites” (disait l’autre) : merci.
Je suis impatient de lire le “tome 2″ de ce billet, vous savez, le fameux tome qui s’adresserait aux Pascal Nègre, Denis Olivennes et autres …
Si je me souviens bien du résumé (en que j’ai lu en quatrième de couverture
21 novembre 2008 à 14:09
(… je reprends et continue — saleté de trackpad trop sensible ;-))
Si je me souviens bien du résumé, ce tome était consacré au détail du fabuleux marché qu’il faut voir derrière ces téléchargement illégaux : et si mon offre était telle que je captais une partie de ces “transactions” à (dans l’ordre) mon profit et celui des artistes ?
Et si, après tout, plutôt que dépenser des sommes colossales dans les DRM et autres protections, je me disais que … finalement, les internautes ne sont majoritairement pas des pirates mais des gens dignes de confiance, avec qui il est possible de passer un contrat moral ? Mieux : les (jeunes) “pirates” d’aujourd’hui ne seraient-ils pas mes clients de demain ? Comment faire pour les fidéliser ?
“La deuxième volet d’une saga d’un auteur en plein essor, qui s’intéresse vraiment au sujet, et ça se voit.”
Merci encore.
21 novembre 2008 à 14:55
@jayalebee Le deuxième volet est là, et il est beaucoup plus digeste (il faut dire que l’auteur est infiniment plus doué :
http://fr.readwriteweb.com/2008/11/20/entrevues/readwriteculture-laurence-lessig/
Le troisième volet, lui, est énorme, mais il en existe des résumés très faciles a lire, c’est ici :
http://fr.readwriteweb.com/2008/11/21/a-la-une/berkeley-jouer-avec-internet-bon-pour-les-jeunes/
Bonne lecture ;)
21 novembre 2008 à 15:51
Beau boulot !
Grace a vous mon exposé d’ECJS a bien avancé !
21 novembre 2008 à 23:53
Excellent article.
Domage qu’il n’y ait pas un petit mot sur ce que les piratages engendrent comme chiffres d’affaires “annexes”.
En effet,quand Sony Music se plaint d’un manque à gagner pour ne pas avoir vendu un certain nombre de CD qui sont téléchargés, Sony ne se plaint pas d’avoir vendu dans le même temps:
— un baladeur mp3
— un graveur
— une palanquée de CD.
— peut être un portable vaio.
— peut être un disque dur
PS: j’ai pris sony car il se trouve sur tous les secteurs anexes. On aurait pu parler de tf1/fnac et apple/archos/… Bref, quand l’un perd des revenu, l’autre en gagne, donc la perte sèche des emplois, c’est de la foutaise.
22 novembre 2008 à 2:49
Petite question…
Si l’on part du principe que le piratage d’œuvres numériques a un impacte positif sur les ventes et le “business” culturel en général, ou se trouve l’intérêt des représentant et bénéficiaires de ces œuvres de favoriser le contrôle ou l’arrêt de cette pratique ?
22 novembre 2008 à 3:07
@Wilfried
Qui sont les représentants ? Quels sont LEURS intêrets ? J’insiste sur le pluriel.
22 novembre 2008 à 13:45
C’est génial on se croirait dans un roman de prospective ou de fiction et non tout ça est notre réalité. Du coup j’ai lu quelques articles associés, pour finir sur wikipedia ou 4 jours après ton article on te consacre une tribune en dernière ligne http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hadopi
C’est ça la réflexion collective, on ne peut pas passer à côté de cette opportunité que ce nouveau média nous donne.
Le monde change tellement vite, que la camisole législative ne peut que dans le meilleur des cas retarder les échéances. Il me semble qu’il devrait plutôt passer leur temps à réfléchir pour innover et s’adapter au lieu de punir pour préserver les miettes.
Le Hadopi débat s’annonce corsé, il n’en sortira je l’espère que du bon.
A bientôt et merci Fabrice pour le temps que tu consacres à l’Internet
Nicolas
23 novembre 2008 à 19:12
Merci beaucoup, Fabrice, pour ton travail remarquable et de grande qualité.
J’aurais peut être dû commencer par là…
Et merci aussi, pour ta réflexion sur mon manque de rigueur orthographique. (j’essaie de me soigner…)
Tu dis que les “bénéficiaires” ont de multiples intérêts.
Quels sont ils au regard des critiques sur le rapport Hadopi ?
23 novembre 2008 à 22:16
Bravo pour votre travail. Il illustre parfaitement un ingrédient nécessaire, mais indispensable, au débat démocratique : le débat scientifique.
23 novembre 2008 à 22:17
(nécessaire bien que méconnu … les lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes ?!)
23 novembre 2008 à 23:30
Ravi d’avoir trouvé ton article.. J’allais écrire un truc complètement différent et je me suis ravisé.
merci encore
à voir:
http://www.ladepeche.fr/article/2008/10/31/485394-Piratage-informatique-la-Haute-assemblee-adopte-le-principe-de-la-coupure.html
24 novembre 2008 à 12:20
La hadopi mérite bien qu’on agite les idées contre elles. Mais j’ai jeté un oeil sur les deux premières études que vous citez, et elle semblent dire le contraire de ce que vous en retenez…!
Derrière les URLS où vous résumez :
“On y apprend que, selon les scientifiques sérieux, et selon des études réalisées en France sur un échantillon fait de petits français, le piratage de films aurait tendance à faire augmenter la consommation légale de films, que parmi les vilains téléchargeurs de mp3, se cachent bon nombre d’explorateurs qui achètent bien plus, du fait de leur trouvailles […]”
on peut lire :
“Surprisingly, approximately one third of the pirates declared that watching pirated movies
increased their demand for films (for instance, it led them to rent or purchase videos that they would not
have rented or purchased otherwise). Using regressions analysis, we find no impact of piracy on theater
attendance, and a strong impact on video rentals and purchases. However, movie piracy has no impact on
video rentals for respondents who use pre-paid pricing schemes at video-stores.”
et :
“We find that there are two populations: explorers and pirates. For the explorers, MP3 sharing through physical contacts has a positive impact on CD consumption. For the pirates, anonymous file-sharing on the internet and a large number of MP3 files have a negative effect on CD consumption.”
Donc non seulement ces études sont faites sur une population étudiante de grandes écoles / universités (technophile et friquée ?) dont on peut se demander si elle est représentative, mais en plus leur conclusion n’est ni blanc ni noir : en fait, l’impact du piratage, fait de plus et de moins, on ne le connait pas !
Alors, peut-on vraiment s’abriter derrière les études scientifiques ?
Pas pour résoudre le problème de fond, et qui est moral, que vous posez si bien.
24 novembre 2008 à 12:34
@ sebastien
oui, on peut s’abriter derriere des études scientifiques.
Vous soulevez un point intéressant, si le sondage que vous évoquez a été fait auprès d’une “population étudiante de grandes écoles / universités (technophile et friquée ?)”, Felix Oberholzer-Gee (le prof de Harvard qui a étudié aussi le phénomène), étudie de plus près ce phénomène chez les “pauvres”, ceux qui ne peuvent se payer tout ca, de toutes façons. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous renvoi sur ses travaux.
Par ailleurs, est-il utile de préciser qu’un sondage est un outil scientifique discutable en tant que tel ? (ce qu’aucun des scientifiques que je cite ne nie, d’ailleurs, Patrick Waelbroeck a certes réalisé un gros sondage/enquête dans les milieux étudiants Francais, mais il a aussi réalisé une douzaine de travaux différents sur le sujet).
24 novembre 2008 à 12:35
@sebastien
Sinon, le problème de fond ne me semble pas lié à la morale, mais à la Culture et à l’économie… ceci dit, ça se discute, c’est même pour moi le but de ce billet : recadrer ce débat là où il devrait réellement avoir lieu.
Si un vol ne lèse pas le volé, est-ce encore un vol ?
24 novembre 2008 à 17:42
Excellent article. Je vais le diffuser un maximum.
Je suis personnellement pour le piratage, que je nommerais plutôt l’accès libre à la culture (ou pas).
Comme cité plus haut, ils (les majors et autres escrocs) ne perdent pas d’argent puisque, de toute façon, je n’aurai jamais acheté.
Le véritable problème vient plutôt de la rémunération des artistes. La sainte SACEM en assure soi disant la rémunération, c’est à dire que plus vous êtes connu, plus vous êtes payé (raccourci certes grossier mais efficace). Des modèles économiques alternatifs apparaissent, de l’artiste aux consommateurs sans intermédiaire, et semblent viables. Cela reste à voir sur le long terme.
N’empêche que les artistes qui survivent actuellement le font en allant sur scène, au contact du public. Certains d’entre eux se sont trop reposés sur un modèle dans lequel ils faisaient un album et attendaient tranquillement chez eux que les sous rentrent. Il est primordial qu’ils comprennent que le téléchargement est une aubaine. Un média aussi large assure une promo tout aussi importante qu’un passage TV… (n’ayons pas peur des mots)
Bref qu’ils se remettent au boulot, qu’ils nous proposent des produits de qualité. Comme dirait notre cher président (…), travaillez plus pour gagnez plus !
24 novembre 2008 à 20:23
Excellent article et bravo pour le boulot accompli.
Je trouve juste dommage de ne pas avoir étayé la raison qui vous pousse à penser aux prémisses d’une dictature. Je dois dire que je suis dans la technique informatique, et que par conséquent je me suis renseigné sur les moyens envisagés pour appliquer cette loi. Certaines sociétés privées, travaillant pour les lobbies culturels, ont pondu des softs permettant de scanner le contenu des flux. Bien entendu, les responsables assurent qu’il ne s’agit que de retrouver les œuvres piratées.
Personnellement, au vue de notre société actuelle, rien ne garantie qu’il n’y aurait pas une dérive dans l’usage de ces solutions. A aucun moment il n’est question de contrôler les organismes effectuant ces recherches. Et ces derniers seront rémunérés sur les deniers de l’état.
Il existe un pays ou l’on scan tout les flux, et c’est la Chine.
Inquiétant….
Quand aux ayants droit qui se plaigne aujourd’hui dans les medias (Pascle Negre et autre), je veux bien échanger ma place avec la leur tout en laissant tranquille les ‘pirates’ (je trouve se terme mal approprié et ne correspondant pas du tout à ce qu’est un vrai hacker).
Il me semble indécent au regard du salaire moyen d’un salarié de venir pleurer que cette année il lui manque 1M€ sur ces 10M€ annuel
25 novembre 2008 à 2:35
Un article aussi brillant qu’édifiant, et qui laisse ce sale goût d’être dirigé par des personnes dont on se demande si elles sont davantage intéressées ou simplement incapables…
il y a sans doute un peu (beaucoup) des deux.
Merci d’exposer votre savoir en la matière avec autant de clarté et d’ironie à la fois bien sentie et jamais déplacée.
J’ai tantôt ri, tantôt ri jaune face à l’énormité de ce rapport/torchon présenté à ceux qui nous dirigent et à leur réaction “unaware” quant à la situation réelle.
Merci, j’ai l’impression de m’endormir ce soir moins bête qu’hier.
26 novembre 2008 à 12:54
Excellent article, empli de bon sens.
Un oubli majeur par contre, dans les oubliés : L’achat d’ordinateur (+ Internet bien sur).
Je suis artisan (vente/dépannage à domicile) dans le domaine : motivation de 80% des achats = MP3, films, (+ messenger et jeux pour les ados).
Ce qui ne m’empêche pas de constater de belles collections de CD/DVD originaux chez de nombreux clients de tous milieux.
Preuve que le téléchargement n’est pas un frein à l’achat.
16 décembre 2008 à 14:15
Pour information, en utilisant seulement la fonction “Recherche” dans le PDF de 73 pages, je me suis aperçu que mon nom et un article rédigé par moi étaient cités en bibliographie du “Rapport Hadopi” :
(a) mais l’article en question n’est cité nulle part dans le corps du texte du rapport, ce qui est peut-être curieux puisque, habituellement, les références données en bibliographie renvoient aux citations faites dans le corps du texte ; et
(b) l’article en question n’a rien à voir avec l’”Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France” (j’ai écrit un article sur un sujet assez proche, c’est vrai, mais ce N’est PAS l’article cité en bibliographie du rapport).
18 décembre 2008 à 13:31
Probable que ce projet de loi soit une mauvaise solution, cependant, je reste convaincu qu’il y a un vrai problème.
Primo, on oublie souvent la volonté de l’artiste.
Si certains sont “d’accord” pour être piratés (ex : Manu chao), d’autres sont farouchement opposé à ça (ex : JL Murat).
Secundo, le présent article mélange les torchons et les serviettes en dressant une liste de nouvelles sources de revenus fournies par les nouvelles technos.
Ok le CA généré par les jeux vidéo explose, mais les chanteurs, eux, n’en touchent rien, et c’est un peu pour eux qu’hadopi existe.
Ensuite, qu’en est-il vraiment de la possibilité de s’auto-produire ? Je vous invite à vous renseigner sur le “test” qu’avait fait Mano Solo : se passer d’une maison de disque pour produire son dernier album. Bilan : échec économique (alors que du point de vue artistique, on était dans la continuité de ce qu’il avait déjà fait).
Enfin, avec les fameuses sonneries de téléphone, n’est-on pas dans le même schéma qu’avec la sacem : seuls les gros touchent de l’argent, les artistes plus confidentiels n’y gagnent rien.
Bref,une bonne question à se poser serait de savoir comment évolue le “pouvoir d’achat” du chanteur moyen…
Tertio, j’en vois plusieurs qui disent que si les CD se vendent moins, les baladeurs mp3 s’arrachent, et que certaines boitent font leur beurre là dessus (ex : sony).
OK, mais le chanteur qui est chez SONY, vous croyez qu’il touche un % sur les ventes de baladeur ??? Moi je ne pense pas.
Pour conclure, je dirais 2 choses :
1/ toute cette belle liste d’argument tendant à prouver que “le piratage c’est bien” n’est-elle pas une compilation destinée à nous soulagée la conscience lorsqu’on fait quelque chose d’illégal
2/ au delà d’un problème économique, nous sommes aussi face à un problème de morale avec la question “puis-je m’approprier quelque chose que je n’ai pas acheté et auquel à priori je n’ai pas droit” (là, chacun y répond comme il l’entend).
18 décembre 2008 à 14:10
Alors…
1/ non, pas vraiment, c’est une compli d’études scientifiques destinées à prouver que le piratage n’affecte en rien les ventes de CD et que l’explication est à trouver ailleurs (notamment dans le fait que le porte monnaie des Français s’est tourné vers d’autres forme de consommation culturels, par le passé, cela a été le cas pour toutes les formes de produits culturels, le music hall au début du XXe était un business bien plus lucratif qu’il ne l’est aujourd’hui, le cinéma aussi, qui a atteint son pic au lendemain de la seconde guerre mondiale, avant que la télé n’envahisse les foyers, etc, etc).
1bis/ Pour les amis des artistes qui s’imaginent qu’Hadopi va sauver leurs sources de revenus, sachez que:
A) très peu d’artistes vivent de leurs ventes de disque (ca rapporte essentiellement aux majors), la plupart des artistes qui vivent de leur musique le font à travers la vente de leurs droits et surtout à travers le spectacle vivant, qui ne s’est jamais porté aussi bien (manque de bol, les maison de disque on abandonné il y a longtemps ce business)
B) Les mêmes chercheurs qui sont à l’origine de ces études scientifiques sont unanimes pour affirmer qu’Hadopi ou pas, cela ne changera rien au déclin des ventes de disques. La réalité du ‘piratage’ est infiniment plus complexe que la simple utilisation du peer to peer.
2/ Problème moral ou problème juridique (eg réforme du copyright), oui, c’est le vrai sujet. Je vous renvoi vers ce billet en guise de réponse : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/20/entrevues/readwriteculture-laurence-lessig/
27 décembre 2008 à 19:01
Hé bien voilà un article qui donne et donnera une bonne conscience aux pirates. Que je sache, économie ou pas économie, pirater c’est du vol, ni plus ni moins. Des auteurs laissent leurs oeuvres en libre diffusion sur des sites ad’hoc. Sil les auteurs ne laissent pas leurs droits, c’est tout de même qu’il y a une raison.
Il est merveilleux de lire les commentaires aussi, du style ça fait longtemps que je pirate et finalement j’ai raison… J’aide l’économie du disque…Les arguments pour le vol sont aussi peu étayés que le rapport Hadopi…Mais là comme ça arrange tout le monde, du coup, tout va bien.
Quand on lit en commentaire 110, je cite “Je suis personnellement pour le piratage, que je nommerais plutôt l’accès libre à la culture (ou pas)”…C’est formidable…mais de quoi je me mêle ? Qui donne libre accès à la culture ? Qui ? La culture, ça coûte cher et si quelqu’un ne paie pas à un moment donné, l’état, les consommateurs, les auteurs, ou autre, la culture s’appauvrira… On aura l’air malin…
Je suis photographe (artiste amateur). J’avoue que si on utilisait mes photos sans mon accord, ça me rendrait furieux. Je me plaindrai et j’entendrai ce discours que je vois dans les commentaires “Je suis personnellement pour le piratage, que je nommerais plutôt l’accès libre à la culture (ou pas).”
Et bien sûr, l’article finit sur la théorie du complot…
A réfléchir et pas qu’un peu
30 décembre 2008 à 10:45
cher stephane (photographe amateur),
j’ai du mal à comprendre votre commentaire,
avez vous lu l’article ci dessus en totalité ou n’avez vous lu que quelques passages? (je précise que ce n’est pas une question de rhétorique stérile et insultante, c’est une question sincère)
l’article apporte de “nouvelles” données qui manquent cruellement au projet de loi que M Epelbion analyse ici.
il insiste ainsi sur le fait que le modèle actuel régissant la propriété intellectuelle des oeuvres doit être réformé et esquisse quelques voies…c’est pour ça que j’ai du mal à vous suivre
03 janvier 2009 à 2:12
Stéphane,
Beaucoup de photographes (y compris des professionnels) ne sont pas du même avis que vous, et sont ravis de voir leurs photos reprises par l’intermédiaire des plateformes Flickr, SmugMug ou PixintheCity : c’est avec leur autorisation, et sur une liste de photos qu’ils décident de rendre accessibles — un book en quelque sorte, sans les frais d’impression. Internet a permis de faciliter considérablement le travail de promotion, et si certains adolescents viennent dire des inepties sur ce forum, ne confondez pas ça avec le besoin urgent d’adapter la législation aux nouveaux comportements de certains créateurs. Votre volonté de ne pas être piraté sera d’autant plus respectée que les “pirates” trouveront leur compte plus facilement auprès de collections publiques.
Quand à faire ce que l’on veut sans demander l’autorisation de l’artiste, c’est ce que font les radios tous les jours : faute de pouvoir reverser des centimes à chaque compositeurs, arrangeur, interprète, elles paient une licence globale pour les titres qu’ils diffusent aux sociétés d’artistes — et Mylène Farmer ne peut pas interdire à son œuvre de devenir une icône gay.
22 janvier 2009 à 11:26
La question n’est pas de la propriété et du droit d’auteur sur les biens culturels. Ca, c’est un droit qui n’a pas à être discuté !
De la même façon, le piratage nuit à l’industrie du disque (ou du livre) qui, rappelons le, n’est qu’une industrie qui détient les moyens de distributions “officielles” des œuvres. Elle n’est pas la créatrice. Elle prend possession (un peu façon mante religieuse) d’un artiste, le ligote avec un contrat d’exclusivité, et se rince sur le dos de sa créativité.
Il est rare de nuire directement à un artiste et à ses droits d’auteurs en téléchargeant son CD, car son contrat prévoit un prix de base, quelques soient les ventes. Contrat qu’elle n’aurait jamais due signer à mon avis … Par contre, ca permet d’en faire la promotion éventuelle auprès de nos amis …
Quand au droit d’auteur, il n’est pas remis en question puisque l’œuvre est signée et enregistrée avant d’être distribuée : peu de chance d’être plagiée uniquement du fait du piratage.
La question est que légiféré sur un moyen de libre circulation de l’information, quel qu’il soit, et quelque soit le support, est nuisible, purement et simplement, à la démocratie. Non seulement ça relève de la censure, mais ça empêche l’enrichissement des sources, des inspirations …
Au même titre que la redevance télé, et bientôt ordinateur (sic !), est contraire à la constitution (donc illégale) dans ce sens qu’un moyen d’information utilisé par l’Etat vers le peuple doit être gratuit. Que je sache l’allocution présidentielle du 14 juillet et les vœux du 1ier janvier sont télévisés.
Ca, c’est un vrai combat !
22 janvier 2009 à 11:34
@angeldust
“La question n’est pas de la propriété et du droit d’auteur sur les biens culturels. Ca, c’est un droit qui n’a pas à être discuté !”
Ha? Ben… si, pourquoi se gênerait-on ? Creative Commons n’est il pas une façon particulièrement intelligente de lancer cette discussion en apportant, justement, une alternative au Copyright (ou droit d’auteur, dans cette perspective, c’est la même chose).
04 février 2009 à 13:50
Très bel article, pertinent et bien construit (contrairement au rapport HADOPI).
La question (?) sur l’obsolescence du capitalisme face au partage numérique vient d’ailleurs à point nommé.
Si ces messieurs (et mesdames) les sénateurs et députés daignaient s’en inspirer…
09 février 2009 à 14:09
Un grand BRAVO pour cette analyse que je vais m’empresser de diffuser par le biai de mon groupe P2P.Tout ce que je pourrais faire comme commentaire ne servirait à rien sinon à renforcer encore les opinions positives que j’ai pu lire ici.
Répression = NON … cela ne sert personne et ne conduit qu’à la haine de l’outil répressif et de plus côte excessivement cher aux états.
Solution = Licence globale optionnelle. dur à avaler pour l’outil répressif mais aurait quand même le don de mettre tout le monde d’accord. Les “bénéficiaires recevraient leur argent, et les internautes “ivres” de téléchargements et surtout de nouvelles découvertes ne seraient plus inquiétés. C’est très négociable quoique certains pensent le contraire et préfèrent de loin la repression.
Vente en ligne à des prix raisonnable de morceaux qui ne sont plus publiés = OUI si cette pratique profite bien aux ayants droits et est partiellement compensatoire au fameux “manque à gagner” qu’arborent les majors depuis le début.
A noter toutefois que ces mêmes maisons d’éditions refuseraient à juste titre de represser un seul disque pour contenter un seul amateur qui voudrait bien l’acquérir — lorsque ce disque hypothétique a disparu des bacs depuis 10 ans) c’est concevable MAIS dans ce cas pourquoi ne pas mettre le contenu de ce dernier à disposition de l’acheteur potentiel et à un tarif raisonnable (c’est quand même l’acheteur qui aura tout le travail de gravure à sa charge que diable !)
Dire aussi que les musiques et films et autres sont de même qualité que leur original est FAUX je préfère de loin acheter un original que d’en accepter une copie de mauvaise qualité mais il y a des oeuvres que l’on ne trouve plus du tout et alors on se contente de ce que l’internet nous donne..
Pourquoi donc ne pas lutter prioritairement contre la VERITABLE piratage ? (toutes les nouveautés circulent sur les marchés des grandes villes à des prix dérisoires). Ce qui profite aux véritables PIRATES est AUSSI un manque à gagner pour les producteurs … et on ne fait rien. Personne ne bouge vraiment. La “répression” préfère s’attaquer à quelque étudiants surpris en train de télécharger ou échanger leurs propres disques sur internet oui cela, c’est plus rentable sans doute.
J’arrête car il y aurait trop à dire mais pour en revenir à l’article présenté ici. En effet certains décideurs devraient plus s’en inspirer et peut être un jour parvenir à un consensus. je suis persuadé que les internautes en général ne veulent PAS nuire aux auteurs et producteurs si cela était ainsi, plus personne ne songerait à télécharger “gratuitement” (mais mon accès internet n’est pas gratuit et donc d’une certaine manière JE paie ce que je télécharge que ce soit des infos ou de la musique ou même de vieux films)
12 février 2009 à 2:05
Très bon article bien illustré ! Sur le point de vue de la dictature je suis malheureusement d’accord, on va doucement vers un état de despotisme “doux” dans lequel les citoyens n’auront même pas l’impression que la liberté leur à échappée. Quand je vois certaines chaînes TV(TF1 par exemple) qui diabolise le web dès qu’ils le peuvent, ça me dégoute … Comment instaurer la peur chez le citoyen lambda … je ne parle pas de certaines personnes comme Frédéric Lefebvre, qui eux seraient bien content de revenir sous Vichy.
Allez ! Je reviendrai sur votre site, qui est vraiment de qualité ! ;)
19 février 2009 à 10:13
@Fabrice Epelboin
Je ne vois pas en quoi le fait qu’un auteur soit propriétaire de sa création soit gênant !
Allez dire à un sculpteur qu’il n’est pas propriétaire de son oeuvre ! Qu’un peintre n’a pas le droit de choisir qui peut ou non voir son tableau ! Qu’un écrivain n’a pas le droit de défendre son oeuvre des citations qui omettent de donner le nom de la source !
Allez dire que le fruit d’un travail intellectuel n’est pas la propriété de celui qui y a travaillé.
Vous vous trompez de combat. Ce n’est pas la propriété intellectuelle qui est en cause, mais les droits de diffusion et de distribution.
Je crois que vous n’avez pas lu mon propos intégralement, ou vous ne vous seriez pas limité à la première phrase …
A moins que vous n’ayez jamais rien créer, jamais pensé à quoique ce fut, jamais écrit, jamais innové. A moins que vous ne soyez pas un être pensant, je pense que vous ne puissiez pas défendre d’un individu ne possède pas son cerveau, mais uniquement la peau de son cul. Et encore !
Il est vrai qu’à l’air capitaliste, ce sont les patrons qui possèdent notre savoir faire, savoir penser, savoir créer. Mais si cela est génant, c’est bien le fait d’user du savoir faire d’autrui qui est gerbant. Non que cet autre puisse défendre sa création.
Autant se déposséder aussi de son droit de vote, puisque selon vous, le droit de penser ou d’être l’auteur de quelque acte ou pensée que ce fut est un non droit …
19 février 2009 à 10:42
@ANGELDUST
On ne se comprend pas bien, et pourtant, nous ne sommes pas comme vous semblez le croire, dans un opposition frontale.
A mon sens, non seulement on peut mais on doit discuter la notion de propriété créative (droit d’auteur ou copyright, peu importe), mais il ne s’agit en aucun cas de l’abolir.
Plutôt qu’une explication rébarbative, laissez moi vous raconter brièvement l’histoire d’une autre propriété qui fut discutée au siècle dernier : celle de la propriété terrienne.
Le droit américain avait défini la propriété terrienne comme allant ‘du sous sol jusqu’aux cieux’, et cela n’avait jamais posé le moindre problème, en dehors de discussions théoriques sur la propriété des étoiles, jusqu’à l’arrivée d’une avancée technologique majeure : l’aviation.
Selon ce droit, les avions circulant dans le ciel auraient du demander une autorisation de passage à tous les propriétaires des terrains survolés…
Que pensez-vous que la Cour Suprême des Etats Unis fit de ce droit ? Bien sûr, elle ne l’abolit pas, mais elle le discuta, et le réforma, pour l’adapter à une évolution technologique et profiter au mieux de l’aviation pour développer son économie, sa culture, son rayonnement, etc.
La demande du clan anti Hadopi est très similaire, certes, il y a des extrémistes qui se verraient bien passer à un régime sans propriété, mais ils ne sont pas nombreux, et ils sont assez réalistes, d’autant plus que dans l’univers des technologie, c’est faisable dès à présent avec l’open source.
Si vous souhaitez en savoir plus la dessus, et voir en détail les réformes proposées, je vous conseille la lecture du livre de Lawrence Lessig : Culture Libre.
19 février 2009 à 11:51
Donc si je comprends bien, faute de pouvoir découvrir de nouveaux artistes grâce au téléchargements, les ventes vont s’effondrer grâce à cette loi à dopi. En tou cas, moi, je ne finance plus ces lobbies ; je n’achète plus de disques et si je vais encore au cinéma, c’est uniquement dans des salles art et essai pour voir des films en provenance d’amérique latine (comme cet excellent Telepolis de Esteban Sapir) !
22 février 2009 à 0:26
“Le « Rapport Hadopi » n’est ni plus ni moins qu’une opération d’intox ”
pas étonnant, beaucoup de rapports officiels, ou assimilés, parus ces dernières années ne sont que de l’intox, de la manipulation et/ou du bidonnage, destinée à conditionner l’opinion à quelque opération profitable et/ou liberticide.
22 février 2009 à 16:09
Bonjour,
Pour tous ceux qui ne souhaitent pas voir voter la loi Hadopi et qui doute de l’impartialité du ministère de la culture, vous pouvez rejoindre le groupe Facebook demandant l’ouverture d’une enquête parlementaire contre Christine Albanel :
“Pour l’ouverture d’une enquête parlementaire contre Christine Albanel” http://www.facebook.com/group.php?gid=66788188571
Faites le savoir sur Facebook : “Le succès du groupe et le message qu’il porte interpellent en effet ceux des parlementaires et de nos confrères journalistes qui ne soupçonnaient pas jusqu’à présent la sincérité du tableau catastrophiste présenté par Christine Albanel, et la disproportion des moyens proposés pour lutter contre le piratage. Le message que vous portez dans ce groupe invite la presse et les députés à se demander si les atteintes aux libertés publiques et aux droits fondamentaux qui sont induites par la riposte graduée et par la création de l’Hadopi sont réellement justifiées.
Si l’on ne gagne pas au plus vite cette bataille de la prise de conscience médiatique, les chances de remporter la bataille parlementaire seront nulles.” site Numerama
Merci
01 mars 2009 à 17:26
Qui photocopie ce post pour les parlementaires ?
01 mars 2009 à 18:25
Merci Fabrice. Lu jusqu’au bout, d’accord avec tout.
Il faut peser de tous nos petits poids sur les députés, jusqu’à atteindre une masse critique, susceptible d’inscrire HADOPI et toutes ses conséquences (cf. conclusion de ton post)en priorité sur l’agenda politico-médiatique.
Aux armes(virtuelles, je m’entends)citoyens(bien réels, ceux là)
02 mars 2009 à 13:35
Comme je l’ai précisé sur mon blog, http://www.romualb.com/2008/11/08/64/loi_creation_et_internet_une_veritable_fumisterie_.html , cette loi est une arnaque. Même si elle est légitime, les sanctions prévues sont totalement exagérées et liberticides, et elle ne profitera encore une fis qu’aux majors et non pas aux artistes.
03 mars 2009 à 11:32
1/ je ne pirate plus de musique depuis que deezer et équivalents sont sortis
2/ j’attends la même chose pour le cinéma (qualité DVD bien sur)
Le reste n’est que de l’intox pour pouvoir justifier le contrôle des peuples, d’internet et de tout ce qui y circule, big brother!
05 mars 2009 à 10:56
hello hello…Papi fera de la résistance!
Tous cela serait cohérent si nous étions tous égaux devant les nouvelles technologies.Dans ma campagne bien que je paye le même forfait téléphonique ! la même redevance ! le même tarif internet je n ai pas du tout les même services:)
=>POUR exemple la télé;je n’ai que 4 chaines “regardables” alors oui lorsque j ai pu enfin passé du “numeris” 8kos a la dsl(64/16ko/s)donc pas de télé par le net.…
j ai effectivement chargé quelques séries tv que je ne pouvait visionner qu’extremement brouillées sur mon poste de TV!DONC,SI ==>je reçois 5 sur 5 la télé //j’enregistre sur vhs un film qui passe //pour mon épouse le soir //==> pas de blâme !!!ET SI je reçois cette chaine 2 sur 5 a savoir, même pas la peine d enregistrer MAIS que je charge avec p2p le meme épisode..j ai quand meme payé ma redevance comme tout le monde au même tarif ALORS là je suis un pirate…::(( Et croyez que malgré tout nous sommes très nombreux a résider dans des zones ou l implantation de ces technologies ne sont pas rentables et donc considérés comme des sous client qui n ont d autre choix que de priez…:)
En bref, je ne m’estime pas pirate lorsque j arrive a visionner un épisode d un feuilleton quelquonque que j aurais dû pouvoir visionner normalement sur ma télévision,en le téléchargeant sur le net et en remerciant la personne qui a eu la bonté de le faire vivre.
merci et bon courage à nous.
05 mars 2009 à 17:43
J’ignore si on se comprend mal, mais voici vos propos :
“Ne serait-il pas plus raisonnable d’abandonner l’idée de propriété privée sur les biens culturels numériques, couper un membre gangrené du capitalisme, en quelque sorte, plutôt que de laisser pourrir sur pied tout l’édifice de la démocratie qui le soutien ? Je ne prends ici pas particulièrement position, je me contente de poser la question.”
Si ma réponse à votre question ne vous plaît pas, c’est donc, sauf erreur, que ce n’était pas une question …
La notion de propriété privée n’est QUE vulgairement rattachée au capitalisme, celui-ci étant bien postérieur.
Elle existait bien avant. Heureusement d’ailleurs, étant farouchement opposée audit capitalisme, je n’ai pas pour habitude de me contredire.
Les physiocrates défendaient déjà la propriété foncière dans l’antiquité. Le capitalisme est un système économique post industriel, dont la phylosophie est issue, notamment, comme vous l’avez si bien fait remarquer, des nouvelles découvertes spaciales.
Vient ensuite la question de la propriété intellectuelle. Celle-ci est philosophique avant toutes choses, surtout lorsqu’elle est attaquée par Proudhon.
Et c’est bien parce que vous faites cet amalgamme entre la notion philosophique et la notion économique, soupoudré d’une grossière erreur historique que je me permets de reposer la question :
Est-ce la propriété intellectuelle qui vous dérange ou n’est-ce-pas plutôt la façon dont des multinationnales s’accaparent les droits de distribution et de commercialisation des oeuvres ?
Dans le premier cas, vous tuez dans l’oeuf l’envie de créer. En effet, pourquoi se casser le Q à inventer, écrire, sculpter si tout le monde se fout que ce soit vous l’auteur, et que tout le monde puisse modifier votre production à sa guise ? Autant ne rien entreprendre puisqu’on ne pourrait même pas tirer la moindre fierté de le faire, la moindre paternité.
Dans le deuxième cas, ca fait longtemps qu’il serait bon de s’insurger. Et effectivement, s’en inquiéter du fait de l’évolution du support et des moyens de communication devient une évidence.
Aussi, je réitère. Ce n’est pas la notion de propriété intellectuelle qu’il faut réformer, mais la façon dont elle profite à des tiers non créateurs tels les producteurs, distributeurs, et autres –teurs avides …
Pour poser la question franchement, ce qui vous dérange, n’est-ce-pas plutôt de devoir donner 19 euros pour un CD plutôt que verser directement aux musiciens, interprètes, paroliers et compositeurs les quelques centimes qui leur reviennent + le prix d’un CD vierge ?
Devoir payer 25 euros un bouquins de 150 pages sur du papier plus proche du PQ que du papier glaçé, au lieu de donner directement à l’auteur des 3 euros qui lui reviennent + le prix d’une rame de papier ?
Le piratage existerait-il si les biens culturels n’étaient si couteux, du fait du rincage généreux d’Universal, par exemple, ou autres TVA ??
Ne cherchez vous pas plutôt à dédouaner de leur responsabilité les pirates pour ne pas dire pillards plutôt que de chercher à dénoncer la fructification sur le dos des artistes, l’augmentation du coût de la vie et l’inadéquation entre les prix des biens culturels et de la boîte de raviolis qui composera le seul repas d’une famille de 3 enfants dans, malheureusement, un grand nombre de familles ce soir ???
Vous voulez lutter ???? Soit, mais ne plantez pas trop fort de lutte. Vous feriez rire un tas de cailloux. Si le piratage existe, c’est qu’il faut choisir entre bouffer et écouter de la musique.
Vous voulez pirater sans vergogne ??? Alors persistez et signez, mais ne venez pas me dire que vous êtes anticapitaliste. On ne peut plus bel exemple d’égoïsme et d’individualisme économique que le vôtre !!!
09 mars 2009 à 11:21
LA LOI HADOPI EXPLIQUEE A MON PEER (TO PEER)
Lien: http://www.dailymotion.com/video/k5a0yyHJrrWVUDYD9n
11 mars 2009 à 13:08
Quelle passion ! Merci pour ce partage d’informations et vos réflexions.
15 mars 2009 à 20:42
+1 pour cet article
Petit message pour AngelDust, Je pirate, je persiste et je signe et ceux depuis que j’ai l’age de 5ans mais pourtant tout mon fric passe dans mes passions (musique, jeux video, film, animation) et je continuerai tant que j’aurai pas un salaire de pdg qui me permettrai d’alimenter cette passion. Et comme tu dit je préférerais payer directement l’artiste quitte à lui filer bien plus que ce qu’il touche actuellement, internet permet ça et ça défrise les majors de grosse boite
21 mars 2009 à 11:55
@angeldust Un rapide coup d’oeil à mon CV et à vos accusations (ou espérance) des mes positions anticapitalistes ferait mourir de rire un tas de calloux (pour reprendre votre expression). Pour mémoire, co fondateur d’une demi douzaine de boites, au front pour l’introduction en bourse d’une web agency en 99, etc, etc.
Ma question ne pose pas sur l’abandon du droit d’auteur/copyright dans l’absolu, mais à son abandon sur les BIEN DIGITAUX CULTUREL A USAGE PRIVE. Il y a une grosse nuance.
Votre remarque sur le fait que les systèmes de répartition de droits ne profitent en réalité qu’à un quarteron de privilégiés et aux organismes eux mêmes est parfaitement fondée (et encore, vous oubliez les caisses noires), mais en dehors de cela, vous êtes totalement à coté de la plaque dans vos attaques.
22 mars 2009 à 14:54
Quelle imbécilté cette loi! Et les déductions du rapport sont tellement fallatieuses qu´on ce demamde ou ses investigateurs ont étudiés… Oui c´est vraiment à pleurer de rire… Ou bien à en pleurer tout court! Merci pour cette excellente analyse! Pourquoi restreindre alors qu´il se trouve des solutions valables (et légales) aux alentours… J´habite au Danemark ou la IFPI également fait campagne pour introduire la “3 strikes and youre out”, utilisant (bien sûr) les mêmes arguments –1 download=une vente perdue, 10.000 emplois perdus, rajoutez ce qui manque!- mais une étude toute fraîche vient de prouver que seulement 23% de la population font des downloads illégaux… Et dans un sens pour cause: La plus grande compagnie danoise de télécommunications (TDC) a depuis plus d´un an mis a la disposition de ses clients un catalogue contenant plus de 3 millions de titres gratuitement. Bon, la qualité n‘est pas des meilleurs (192kps), et ces titres contiennent les fameux DRM, mais c´est déjà un pas dans la bonne direction, TDC en plus essaye de convaincre les majors de permettre à ses clients de transférer les titres sur CD ou baladeurs MP3.. Alors la France=arriérés de l´Europe?
23 mars 2009 à 17:53
revenons donc sur l’absurdité de cette loi sur le contrôle des téléchargements illicites par localisation d’adresse IP qui nous l’avons vu peut être en un seul clic masquer sans difficulté et avec un programme tout à fait légale que n’importe quelle internaute peut acheter ou télécharger pour moin de 20 € . Résumons le gouvernement va donc dépenser des millions d’euros du contribuable pour enfin de compte ne rien verser de plus aux artistes mais en revanche enrichir les concepteurs de programmes de dissimulation d’adresses IP super !!! comme quoi dans cette histoire il y a quand même des gagnants !!!
24 mars 2009 à 4:22
@ tous ceux qui considèrent le “piratage” comme un vol.
Déjà, moi je suis pour l’abolition de cet abus de langage. Considérer une personne qui casse le code d’un site pour y dérober des infos, ok, ça semble correspondre à l’idée qu’on peut légitimement se faire d’un pirate. Un pirate, c’est une personne qui intercepte des marchandises en cours de transport, ou les vole par effraction là où elles sont stockées (et souvent protégées). Un pirate est donc un voleur qui prend des risques. Assimiler les pauvres utilisateurs (par dépit) de vulgaires copies d’oeuvres à des pirates, ce n’est que de l’intimidation, un glissement sémantique qui arrange bien les maisons d’édition, et qui est assené à la population à longueur de temps :
Le piratage, c’est du vol !
Le piratage, c’est du vol !
Le piratage, c’est du vol !
On l’entend tellement souvent qu’on ne se demande même plus ce qu’est le piratage. On pourrait accuser les maisons d’édition de harcellement moral, visant à faire culpabiliser le pékin, et le pousser à la consommation. J’écoute à la radio de la musique que je ne paie pas, je me cultive. Je télécharge des musiques que je ne paie pas, je me cultive. Je télécharge des films que je ne paie pas, je me cultive. Je ne fais qu’utiliser de la COPIE, ce qui est un plaisir moindre, comparé à celui d’aller à un concert ou au cinéma. C’est surtout pour ne pas mourir idiot, au même titre que celui qui n’a pas les moyens d’aller à Paris pour voir la Joconde, peut au moins en voir une représentation dans un livre d’Art, avec un commentaire écrit au lieu d’un guide dans le musée. Moi à la limite, on pourrait dire que je peux me les payer, ces musiques et ces films, mais mon voisin pauvre lui, ne pourrait pas se le permettre. Et puis pourquoi devrais-je les payer, si ce sont juste des copies? Des trucs que je garde pour m’en souvenir, pour en revoir des morceau de temps en temps, pour montrer un truc à un copain… Quand je vais au cinéma, je paye. J’y vais très souvent, malgré la facilité avec laquelle je peux télécharger une copie du film. D’ailleurs je télécharge le film ensuite, s’il m’a plu. Je n’utilise aucune de mes copies pour gagner de l’argent, ou pour me faire valoir malhonnêtement. Je suis 100% pour le droit de propriété intellectuelle.
Bref. Il fut un temps, avant le vinyle, où la diffusion de la musique ne passait par aucun système commercial. Nos ancêtres écoutaient la radio, et ne payaient rien aux artistes. Les artistes n’existaient pas? Et même avant la radiodiffusion, ils existaient. Les gens qui chantaient (bien ou mal) leurs chansons pour le plaisir étaient-ils en train de faire de la copie pirate?
Un commerce (énorme) est né parce qu’il a eu l’opportunité de naître. Il y avait moyen de proposer aux gens d’écouter de la musique très loin de la source, grâce à des copies de qualité, qu’on pouvait acheter. Le système de royalties versées aux auteurs n’est apparu que bien après, mais ce n’était en rien le fondement du système. C’était surtout pour légitimer l’argent démentiel que pouvaient se faire les maisons de disque. Pour se faire encore plus de tunes ils ont trouvé un truc tout aussi génial : le star system. En effet, quand on a des tunes, on peut faire les choses en grand, propulser des gens soigneusement sélectionnés sur le devant de la scène, en faire des dieux, et ainsi vendre une quantité encore plus démentielle de disques. Le filon a été exploité jusqu’à la moelle, jusqu’à l’état actuel de ridicule que l’on sait : le principe des « nouvelles star », fabriquées de toutes pièces, à partir de… pas grand chose.
Et puis est arrivé internet.
Un commerce (énorme) va mourir parce qu’il n’a plus l’opportunité de vivre. C’est tout, rien d’autre. La création n’a pas eu besoin de lui pour naître, et elle ne mourra pas avec lui.
Mais pendant ces décénies d’opportunités, les opportunistes ont eu le temps de devenir tellement riches et puissants, qu’ils ont les moyens d’imposer aux gouvernements d’assurer leur survie. Imaginez, le jour où on aura trouvé une énergie propre et GRATUITE pour faire tourner nos voitures, que les puissants Total & Co. arrivent à convaincre nos gouvernements que les citoyens doivent malgré tout continuer à utiliser des voitures à essence, juste pour éviter aux millions d’employés de l’industrie du pétrole de perdre leur emploi?
25 mars 2009 à 18:59
Bonjour,
Enfin un texte intelligent. Permettez moi de le commenter néanmoins.
J’essais depuis quelques semaine d’avoir la vision la plus objective du débat sur la lo Hadopi et c’est très difficile. En effet la plupart des commentateurs sont passionnément contre cette loi qui va restreindre une de leur pratique (de consommation et de fait leurs arguments sont très 1er dégrès — souvent du niveau du client d’un hypermarché qui veut que les prix baissent).
Pour être parfaitement honnête je tiens à dire que mon metier a longtemps était de réaliser des clips vidéos et donc que la crise économique que vivent les maisons de disque (je ne dis pas que le piratage en est la cause) a directement impacté ma vie en me conduisant à changer de metier pour faire qqch de beaucoup plus alimentaire. Il est donc légitime que je regarde les tentatives des industries culturelles pour contrer le piratage avec intérêt et que je compte sur le net pour m’apporter une distance de réflexion suffisante par rapport au discours de ces industries (même si, les ayant pratiqués ils n’ont rien de vraiment industriels :-)).
cette mise en perspective faite, reconcentrons nous vers les points interessants :
–Que l’édition musicale aille mal, c’est une réalité. (je ne parlerai pas du cinéma ou de la production de fiction pour la TV, je n’y connais rien et même si c’est ce à quoi me destinait ma formation, je n’aime ni l’un ni l’autre)
–Que la cause en soit en partie la concurrence des autres produits culturel, cela me semble évident. (il n’y avait que peu de jeux vidéos dans mon enfance, ni d’internet à payer, ni de forfait téléphonique)
–Cela n’empêche pas que le piratge est une manière aujourd’hui de pouvoir écouter de la musique sans la payer pour pouvoir se payer d’autres loisirs. Si vous voulez mon avis, c’est plutôt bien.
En revanche il y a 2 points qui me gènent et que cet article éffleure pour l’un tout le long des démonstartions sans le traiter et aborde pour l’autre. (c’est déjà beaucoup plus que tout ce que j’ai lu jusqu’à présent).
–L’économie (secteur hors marchand mais aussi secteur marchand)de la musique n’a jamais été aussi fleurissante.
Pourtant ceux qui en touchent les dividendes ne sont pas ceux qui sont à la source de la production. La est pour moi le piratage néfaste et le véritable scandale. En effet, le peer to peer est un outil fantastique pour l’économie des fournisseur d’accés à Internet. Cela justifie auprès d’une très grande part de la population qui n’utilise pas le net professionnellement de facturer du haut débit à 30€ (et plus en fait puisque le revenu moyen par abonné de free est de 34€…). Et cela sans rémunerer les ayant droits des oeuvres qui justifient un abonnement à Internet! C’est un peu comme si Canal + avait proposé ses abonnements sans payer les producteurs de films diffusés ni les clubs de foot, mais en disant que grace à leur boitier on pouvait “capter” les signaux des stades ou des studios. Je ne rentre pas dans l’argumentation juridique, mais avec un peu de bon sens ou ne peut que trouver cela anormal. Personnellement je suis pour la diffusion massive des oeuvres culturelles et contre la propriété intelletuelle (j’y reviendrai plus tard), mais je ne comprends pas que l’on se batte d’abords contre les revenus de l’édition et les artistes (qui quoi que l’on en dise sur le plan strictement économique — le reste est à étudier plus sérieusement– ont bcp perdu) avant d’exiger la gratuité de l’accés à internet alors que les marges des FAI sont beaucoup plus importantes et que cela est au moins autant un service public que la musique. Je rappelle que ce sont des officines privées qui gèrent l’internet avec les profits que l’on connait qui leur ont permis de racheter les industries culturelles qu’elles avaient pillées (ex. Vivendi-SFR qui est propriétaire d’Universal).
C’est d’ailleurs ce qui me conduit à être très méfiant sur le deuxième sujet :
–La propriété intellectuelle est elle légitime?
Toute ma culture (et mes quelques connaissances économiques) me conduisent à dire que non. En effet, je considère qu’un artiste n’est qu’un médium, il utilise la culture de son époque pour la faire évoluer, et son art est la confrontation de sa production interagissant avec son public. C’est ainsi que je me considère quand je mets en image de la musique. Néanmoins l’art coute cher à produire, et même si certaines productions artistiques sont relativement peu coûteuse, tout travail ne mérite t il pas un salaire. Les artistes n’ont ils pas à payer leur loyer leur pain… et même pour éviter toute contestation fallacieuse, je me permet d’étendre cela à toute la chaine de production. De celui qui prends un risque en finançant jusqu’à la personne qui conseille artistiquement, ou celle dont le travail consiste à faire connaitre les oeuvres (du galeriste d’art à l’attaché de presse de maison de disques). Il faut évidemment se battre contre la seule alternative qui réduirait le choix des individus entre gagner sa vie ou faire de l’art.
Pourtant, et c’est un des mérites de votre article de le souligner, l’art aujourd’hui (les loisirs culturels si on veut) rapportent beaucoup, beaucoup d’argent! C’est une industrie très lucrative.
Et c’est bien là ou est le problème. Si on ne rémunère pas les oeuvres de l’esprit, mais que certains les utilisent pour faire du profit alors il y a un scandale (au sens grec du terme).
C’est pourquoi je suis d’accord quand un député communiste vote contre le projet Hadopi, c’est cohérent, cela s’inscrit dans un projet plus large ou l’artiste n’a pas propriété de ses oeuvres, mais personne ne les utilise pour faire du profit, elles sont en libre accés. Quand ce sont des internautes consommateurs cela devient plus génant, et quand ce sont des gens qui sont sous la coupe du lobby des télécoms c’est carrément de l’escroquerie.
Tout ce que j’écris pour les oeuvres artistiques pourrait être étendu, me semble t il, à tous les brevets. Mais je ne suis pas assez compétent pour développer.
Donc pour ma part, je pense que le peer 2 peer en temps que forme moderne de l’échange et de l’entraide doit être encouragé, mais que cela doit avant tout passer par un accés gratuit au net, (je rappelle que la sanction de suspendre l’internet existe déjà, c’est ce qui se passe quand on a pas payé son abonnement, il serait temps de s’insurger contre cela!). Que cela demande une réflexion poussée sur le financement des créations de l’esprit. Et j’ai très peur que n’ayant pas la solution on finisse par appauvrir la production ou museler le web.
Je n’ai pas la solution, mais j’espère que l’on fera le vrai tour du problème avant de décider, cela changerait…
25 mars 2009 à 19:47
Peter, merci pour votre long commentaire, la solution existe, mais elle laisse de coté les organismes de gestion de droits et les majors, cela s’appelle la licence globale. Pour revenir sur votre parallèle avec Canal+, c’est comme si une part de votre abonnement rémunérait les créateurs.
Sans cette solution, on va en effet museler le web (enfin, pas vraiment, on fera éclore un internet underground auquel seule une élite aura accès, pour ce qui est de la création, elle sera impactée, c’est sûr, de là à dire que la qualité baissera avec les budgets, ce serait corréler ces deux données, ce que je me refuse à faire.
26 mars 2009 à 9:32
J’abonde dans le sens de peter, concernant l’imputation des droits d’auteurs dans le cout de l’abonnement internet. Au passage, j’ajoute celui-ci pourrait être règlementé afin que les FAI ne fassent pas trop de profit, au détriment du consommateur et, par conséquent, des auteurs. Il semble bizarre que depuis quelques années, le cout des abonnements soit invariables, 29 euros quelque soit le FAI, pour le service standard : internet + téléphone + télévision.
En fait, les premiers à avoir pensé à imputer quoique ce soit au cout des abonnements à internet, ce sont les maisons d’édition… pour récupérer leur manque à gagner. Pourtant, le raisonnement qui amène à une telle proposition est on ne peut plus gonflé. Même en estimant que les maisons de disque perdent de l’argent à cause du “piratage” (je répète, terme abusif), le problème ce n’est pas qu’ils perdent de l’argent (car ce n’est que le fait d’un support en déclin : le CD, par rapport à un support en progrès : internet) mais que les auteurs perdent de l’argent.
Je ne sais pas pour vous, mais n’étant pas quelqu’un qui écoute beaucoup de musique, je trouverai fort de café d’avoir à payer dans mon abonnement internet le dédommagement correspondant aux bénéfices honteux que se fait l’industrie du disque sur le dos des auteurs. Pourquoi ne pas seulement payer le petit pourcentage correspondant aux droits d’auteur? Vu le cout nettement inférieur, la plupart des consommateurs trouveraient que c’est un moindre inconvénient. (suggestion de lecture à ce sujet : http://focuslibre.net/Droits-d-auteurs-A-qui-profite-le)
D’ailleurs, on pourrait même trouver une manière de rémunérer les auteurs proportionnellement à l’intensité des telechargements dont sont leurs oeuvres sont l’objet. Ca devrait être techniquement possible de surveiller le trafic dans ce sens. Bien sûr, les fichiers peuvent avoir des noms erronés, mais on a bien réussi à mettre au point des systèmes ultra perfectionnés de DRM pour limiter les usages, on peut bien trouver quelque chose pour identifier clairement des fichiers, quelque soient leur noms (par exemple : reconnaissance de la forme des ondes d’un morceau de Lorie, dont le nom aura été changé… ou bien d’un morceau qui aura été appelé “I Love You” de manière abusive pour que Lorie se fasse des bénéfices de trop… ou tout simplement pour régler le problème des homonymes). Ainsi, si on observe sur le trafic de Free que la chanson I Love You a été téléchargée 300 fois pendant le mois, Free versera à Lorie les droits correspondant, et ce sera à Free de répercuter ce cout sur les abonnements. Reste à savoir maintenant s’il faut que le client paie précisément ce qu’il télécharge, ou que tout le monde paye globalement. Je suis favorable à la deuxième solution, pour plus d’égalité entre les fortunés et les moins fortunés.
En attendant cette prouesse technique (envisageable, à mon avis), on peut opter pour la licence globale, comme le dit peter, mais UNIQUEMENT destinée aux auteurs, et en aucun cas aux maisons d’édition!
26 mars 2009 à 9:33
Pardon, pour la Licence globale… comme le disait Fabrice, et non Peter…
02 avril 2009 à 7:46
Je voudrais juste réagir sur 2 choses.
Dans ton article, tu nous dit que ce rapport ne démontre pas que le le piratage a un effet négatif sur les ventes de logiciel, de film, etc …
Tout d’abord, je dirais que le problème de la contre façon, qui est similaire au piratage dont il est question ici, a une réalité économique qui a déjà été démontrée, il y a bien longtemps.
Si régulièrement des milliers de litres de faux parfums et de fausses montres sont détruites, ce n’est pas pour s’amuser, ceci a un réel impact sur le chiffres de ventes des sociétés concernées.
Ensuite, je ne trouve du côté de votre article aucune démonstration nous montrant que le piratage n’a aucun impact sur le chiffre d’affaires des sociétés touchées par ce problème. C’est quand même la moindre des choses quand on infirme quelque chose d’en faire la démonstration.
Par contre, je peux vous citer l’ancien PDG de l’entreprise Ironlore qui avait créé il y a 3 ans un jeu vidéo qui a été très bien coté sur le net et qui a eu un énorme succès … mais surtout sur les plateforme P2P, le résultat ?
La société a fait faillite il y a quelques mois, je vous cite donc ce qu’en a dit son PDG :
“Si seulement une petite partie des joueurs qui ont piraté Titan Quest avaient dépensé un peu de leur foutu argent, […] les choses auraient pu être différentes pour Iron Lore”- Michael Fitch (THQ)”
Le suis moi même développeur de logiciels professionnels et ma petite entreprise a du fermer ses portes fin de l’année passée suite au piratage de nos 2 logiciels majeures que l’on pouvait retrouver partout sur le net en P2P, nos ventes ont chuter de 75 % en quelques mois et nous avons du d’abord licencier du personnel pour nous retrouver en cessation de paiement fin 2008.
Je trouve donc très cavalier votre manière de balayer du revers de la main une réalité désastreuse qu’est le P2P (vous ne niez d’ailleurs pas les chiffres alarmants de la croissance de l’usage du P2P) surtout pour les petites entreprises et les petits labels.
Le piratage est une plaie et une pratique qui va croissante car la majorité des personnes qui le pratique sont des jeunes de moins de 16 ans qui n’ont aucune idée des conséquences économiques à moyen terme de leur comportement égoïste, c’est tellement facile de voler le travail de quelqu’un d’autre anonymement et en toute impunité.
Je ne suis pas certain que ces mêmes personnes oseraient voler une voiture dans un dépôt ou au coin d’une rue et pourtant c’est exactement la même chose économiquement parlant, sauf qu’il faudrait imaginer qu’il vole plusieurs véhicule par mois.
Avez vous pris la peine de vous inscrire sur des tracker de torrent afin d’y lire ce qu’il s’y passe ?
C’est absolument atterrant, cette pratique du piratage est considérée comme tout à fait normal par les milliers de membres qui se partage des dizaines de milliers de films et logiciels.
02 avril 2009 à 8:46
Tout d’abord, je dirais que le problème de la contre façon, qui est similaire au piratage dont il est question ici, a une réalité économique qui a déjà été démontrée, il y a bien longtemps.
Pas du tout similaire, il s’agit de bien numériques, obéissant à une réalité économique et sociale très différente. La seule vrai similarité est dans l’encadrement juridique de ces deux phénomènes.
Si régulièrement des milliers de litres de faux parfums et de fausses montres sont détruites, ce n’est pas pour s’amuser, ceci a un réel impact sur le chiffres de ventes des sociétés concernées.
Hum… ça c’est ce qui s’appelle une preuve scientifique. Donc si on a brulé des livres durant l’inquisition (ou des être humains durant la Shoa), ça démontre quoi au juste ?
Ensuite, je ne trouve du côté de votre article aucune démonstration nous montrant que le piratage n’a aucun impact sur le chiffre d’affaires des sociétés touchées par ce problème. C’est quand même la moindre des choses quand on infirme quelque chose d’en faire la démonstration.
Je vois… vous devez être nouveau sur internet. Cet article est truffé de références scientifiques, beaucoup d’entre elles sont dans une typographie rouge, il s’agit de liens hypertextes. Si vous cliquez dessus, vous vous rendrez sur les sites de Harvard, de l’OCDE, de Télécom Paris et bien d’autres où vous pourrez prendre connaissance dans leur intégralité des études scientifiques qui démontrent mon propos.
Je trouve donc très cavalier votre manière de balayer du revers de la main une réalité désastreuse qu’est le P2P (vous ne niez d’ailleurs pas les chiffres alarmants de la croissance de l’usage du P2P) surtout pour les petites entreprises et les petits labels.
Outre que vous faites une transposition hasardeuse des mes propos portant sur la musique dans le monde du logiciel, j’aurais tendance à vous dire (P2P ou pas), que là aussi, le piratage — qui dans le logiciel, vous m’accorderez cela, remonte à bien avant l’apparition du P2P — est une donnée qu’il faut prendre en compte dans un modèle économique.
Regardez par exemple la façon dont un nombre croissant d’éditeurs passent à un modèle hybride mêlant SAAS et logiciel (WoW) ou carrément à du tout SAAS.
Plus éloigné dans le temps, pensez vous sincèrement que la suite Office s’est imposée comme un standard ? (les plus vieux s’en souviennent, elle avait une forte concurrence de qualité il y a longtemps) Microsoft a laissé le piratage faire sa distribution ! (avant ensuite, sa domination assurée, passer à une autre stratégie, certes il faut avoir les reins solides pour faire cela). Idem pour Xpress, etc, etc. Je ne défends pas le piratage logiciel, je dis simplement que c’est une réalité dont les plus malins ont tiré parti. Tout comme on ne conçoit pas les voiture de la même façon aujourd’hui que dans les années 80, régulations, taxe pollution et prix de l’essence oblige, l’environnement dans lequel on vend un produit doit nécessairement impacter la façon dont on le conçoit.
Beaucoup de petites entreprises du logiciels, plus intelligentes que les autres, on pris en compte leur environnement avant de lancer des produits, regardez Zoho, 37signals et tant d’autres, ils n’ont absolument rien à craindre du piratage. En gros, et en caricaturant vos propos, vous pourriez tout aussi bien reprocher à Apple d’avoir popularisé l’interface graphique qui rend votre logiciel utilisable en ligne de commande invendable sur le marché actuel.
Pour revenir sur la situation des petit labels (je bosse avec beaucoup d’entre eux), vous oubliez bien vite que cette structuration de l’industrie du disque est dû aux grosses majors (qui au passage se portent très bien financièrement, jetez un oeil au rapport annuel d’Universal, bénéfices en hausse de 9% cette année). C’est peut être là qu’il faut aller regarder, non ? Comment expliquer que sur un marché à ce point difficile (ce que je ne nie pas) Universal voit ses bénéfices grimper en flèche, et que les petits labels coulent ? Curieux, non ? La bonne nouvelle (pour les petits labels), c’est que cette stratégie est — à mon sens — une erreur, car Universal a de facto outsourcé son potentiel d’innovation, et que dans le lot des labels dans la tourmente, pas mal d’entre eux sortiront de la tempête bien plus fort — car ils auront compris qu’il est vain de lutter contre la marée qui monte — et auront la capacité et les compétences pour réinventer leur industrie.
Ce n’est pas la première fois que les majors font de telles erreurs stratégiques, en abandonnant le spectacle vivant (concerts), moins rentables à une époque que la duplication de CD, ils ont créé ce qui aujourd’hui sont des géants de l’entertainment, et qui hier n’était que de petits sous traitants que l’on traitait avec mépris. Une leçon, et un espoir, pour les labels.
Le piratage est une plaie et une pratique qui va croissante car la majorité des personnes qui le pratique sont des jeunes de moins de 16 ans qui n’ont aucune idée des conséquences économiques à moyen terme de leur comportement égoïste, c’est tellement facile de voler le travail de quelqu’un d’autre anonymement et en toute impunité.
Je ne suis pas certain que ces mêmes personnes oseraient voler une voiture dans un dépôt ou au coin d’une rue et pourtant c’est exactement la même chose économiquement parlant, sauf qu’il faudrait imaginer qu’il vole plusieurs véhicule par mois.
Je vous renvois sur la démonstration brillante d’Attali qui a en plus le mérite d’être plus brève que la mienne : si j’ai un verre d’eau, que vous me le prenez, je ne l’ai plus, si j’ai un fichier, que je le partage, vous ne me dépossédez de rien. Vous comparez des choux fleurs et des betteraves, là encore, vos propos sont hors de toute logique.
Pour reprendre également les propos de Patrick Waelbroeck, prof à l’ENST, “malgré l’eau du robinet, les marchands d’eau continuent à vendre”.
Pour ce qui est de reprocher à des gamins de n’avoir aucune idée des conséquences économiques de leurs actes, je trouve ce propos outrageux et scandaleux. Que dire des générations précédentes (dont, à bientôt quarante ans, je fais un peu parti) qui se sont payé leur confort, leur sécurité, et leurs privilèges en creusant depuis 30 ans des déficits que les gamins en question auront à rembourser ? En se garantissant des retraites auxquelles les gamins en question n’auront pas droit et qu’ils devront néanmoins payer à leurs ainés ? En détruisant l’environnement dans lequel les gamins en question vont devoir vivre ? Tous le monde est conscient depuis pas mal de temps de cette situation, et rien ne change? En terme de dégats économiques, pensez vous que ceux faits par les anciens soient comparables ? Je ne le pense pas. Pensez vous que nous soyons en mesure de donner de telles leçons de morale à cette génération ? En aucun cas.
Avez vous pris la peine de vous inscrire sur des tracker de torrent afin d’y lire ce qu’il s’y passe ?
Je ne répondrais pas sans mon avocat.
Sincèrement, je vous donne l’impression de parler à ce point d’un phénomène que je n’ai pas observé de près ? La seule différence entre moi et les gamins de 16 ans que vous dénoncez, c’est que mes revenus sont très supérieurs. Du coup, en tant que chef d’entreprise (et parce que j’ai pu tester toute une palette de softs ‘gratuitement’, j’achète des licences à la douzaine. En tant que particulier, je dépenses des sommes folles dans de la culture, culture, soit dit au passage, que je n’aurais jamais découverte sans ce mode de distribution qu’est le P2P.
02 avril 2009 à 10:51
@Fabrice : Oh putain, j’avais pas fait le rapprochement avec le déficit des retraites, mais je l’aime bien, en fait. Il fait mal, là où il faut.
Sur le reste, je suis d’accord à 100% (mais bon, ça a été dit, répété et expliqué déjà 1000 fois sur ce blog). Reste plus qu’aux commentateurs de les lire AVANT de commenter.
02 avril 2009 à 22:15
Un objet physique, meme fabriqué en série, coutera toujours de l’argent (matiere premiere, main d’oeuvre, énergie…) En ce qui concerne les oeuvres audiovisuelles, elles sont duplicables à l’infini.Concernant la musique, “Maison de disque” est un terme qui appartient au passé. Est ce que ces oeuvres immaterielles doivent etres rémunéréés indéfiniment? N’y a t-il pas des gens qui travaillent dur souvent, ailleurs que dans ces milieux, et a qui beaucoup de bonne musique gratuite ‚tout genres confondus, connue, d’artistes connus et qui ne sont pas à la rue, facilement téléchargeable ne ferait pas de mal? On paye l’éléctricité, la connection internet, et souvent l’ordi qui sert entre autre à cela, non? C’est mal?
Finalement, tout ce ramdam virtuel ne serait-il pas le prémice d’un malaise général beaucoups plus important des individus constituant notre “civilisation”?
02 avril 2009 à 22:17
Bravo pour ce brillant et drôle article. Merci de donner les références sur des travaux sérieux. On comprend que nos politiques n’ont aucune culture scientifique. Ils ne lisent pas la littérature universitaire, et peut être s’en méfient-ils : on a peur de ce que l’on ne veut –ne peut– pas appréhender. Et puis, pour gouverner des “veaux” inutile de se bourrer la tête d’équations. Mieux vaut faire mirroiter 10000 emplois en moins. Alors qu’on a pas dit combien l’économie numérique a créé d’emplois en plus !
03 avril 2009 à 7:23
Juste deux mots, puisque qu’il s’agit ici au vu de votre réponse d’asséner ses vérités de la manière la plus cassante possible en évitant de répondre à ce qui dérange vraiment.
Je trouve grotesque le plaidoyer sur les retraites de nos chères tête blondes, d’abord cela n’a strictement rien à voir avec le débat, ensuite pour suivre notre logique, tuons tout nos voisins à tour de bras, nos grand pères ayant fait la première guerre mondiale, nous sommes de pauvres victime …
Ensuite, juste pour information, s’inscrire sur des sites de trackers de Torrent pour lire ce qu’il s’y passe ne demande pas d’avoir un avocat, sauf si tel l’autruche on préfère rester la tête dans le sable.
03 avril 2009 à 7:26
@Makabeus je vois avec plaisir que vous ne relevez pas mes remarques concernant les déficits accumulés depuis 30 ans et les dégats faits par les anciennes générations sur l’environnement.
La remarque sur mon avocat est un trait d’humour, si vous avez lu mon texte, il en est truffé (en même temps, rien ne vous oblige à l’apprécier, ce qui de toutes évidence, n’est pas le cas).
Donc pour être parfaitement explicite (la phrase qui suit ce “trait d’humour” l’était tout de même assez), oui, bien sûr que je suis inscrit à de nombreux forums associés à des trackers, je fais aussi parti du groupe P2P insider de Linkedin, ainsi que de plusieurs mailing list traitant du sujet.
03 avril 2009 à 7:31
A encore ceci, qui est florilège et bien à l’image de votre long monologue complètement à côté de la plaque :
“Je vous renvois sur la démonstration brillante d’Attali qui a en plus le mérite d’être plus brève que la mienne : si j’ai un verre d’eau, que vous me le prenez, je ne l’ai plus, si j’ai un fichier, que je le partage, vous ne me dépossédez de rien. Vous comparez des choux fleurs et des betteraves, là encore, vos propos sont hors de toute logique.”
Quelle brillante comparaison, sauf qu’elle n’a strictement rien à voir avec le monde de logiciel.
Développer un logiciel, c’est un travail de longue haleine sur des mois, qui demande un budget important avant de pouvoir récupérer ce qui est investi en temps et en moyen.
Alors si in fine au lieu de vendre 100 exemplaires qui permettrait de couvrir les coûts, je n’en vends que 10 qui sont après pirater, le projet devient une perte, je n’ai pas de rentrée financière et pas de quoi nourrir ma famille.
C’est plus claire comme ça ?
03 avril 2009 à 7:38
Et là, je vous renvoi sur mon commentaire, votre modèle économique ne prend pas en compte l’environnement dans lequel le produit est vendu. Je sais, cela s’appelle du marketing, c’est mal, mais que voulez vous, c’est la vie. 37signals et Zoho ne sont pas piratés (et pour cause), World of Warcraft non plus, ils prennent en compte cet environnement, eux.
“Développer un logiciel, c’est un travail de longue haleine sur des mois, qui demande un budget important avant de pouvoir récupérer ce qui est investi en temps et en moyen.”
Ha… un disque, c’est différent ?
03 avril 2009 à 8:34
Où ais je dit que c’était différent pour la musique ?
Je parle de ce que je connais bien, le monde des logiciels.
Ensuite toujours concernant vos exemples dans le monde des logiciels, tout le monde ne peut pas adopter le modèle économique qui demande un paiement récurrent tout les mois avec clé validée.
La majorité des logiciels professionnels ou non se vendent en “Oneshot” car un abonnement ne se justifierait absolument pas.
Le piratage qui tue des entreprises dans le domaine des développeurs informatiques est une réalité, je vous en ai donné des exemples très précis.
Si les développeurs perdent un temps énorme à tenter de protéger leur logiciel, ce n’est pas pour s’amuser à perdre du temps justement, c’est une réalité économique qui leur est imposée, l’attitude consumériste outrancière de la part du monde du piratage, qui consomme mais ne paie pas.
Trop facile.
Pour ma part, si je suis mécontent d’un produit, je ne l’achète pas mais je ne le vole pas non plus.
Le pirate sur le web, lui crache sur le système, mais consomme quand même mais surtout sans payer.
C’est merveilleux, non ?
03 avril 2009 à 8:45
Ce que vous préconisez (investir dans la protection) est vain, surtout pour un petit éditeur, comment voulez vous réussir à vous protéger d’une horde de barbares ?
C’est la conception du produit qui est à repenser, et si, cela peut se faire pour tout type de logiciel, que ce soit un jeu vidéo (WoW), un logiciel grand public (Zoho) ou un pro (SalesForce, 37signals). Maintenant, c’est vrai que c’est plus du ressort d’un marketeux (et encore, pas n’importe lequel) que d’un dev.
Je comprends bien que ce ne soit pas forcément la tasse de thé d’un développeur d’intégrer ce type de contraintes à la conception de logiciel, mais là encore, si vous ne prenez pas en compte l’environnement dans lequel vous vivez, celui ci finira toujours par avoir raison.
03 avril 2009 à 9:10
Personnellement, je n’adhère pas à la démarche où ce serait aux gens “legit” à s’adapter au comportement illégaux de certaines personnes.
Nous vivons dans un Etat de droit, ce que font les pirates de logiciels et de musique est un délit. je pense donc avoir le “droit” de m’insurger.
Et aussi pour finir avec une analogie puisque vous les appréciez, votre démarche signifie donc que si dans mon quartier il y a beaucoup d’agression le soir, je devrais donc rester enfermer chez moi ?
Moi, je pense plutôt que les agressions devrait cesser.
03 avril 2009 à 9:30
Ha… et elles cessent ?
Face à une supposée délinquance, vous avez la solution du tout répressif, et celle de l’accompagnement social, de la lutte contre les inégalités, etc, etc.
Chacun choisi son camp.
03 avril 2009 à 11:49
“Face à une supposée délinquance, vous avez la solution du tout répressif, et celle de l’accompagnement social, de la lutte contre les inégalités, etc, etc.
Chacun choisi son camp.
”
De nouveau, je ne pense pas avoir parler de répression, est ce vraiment une habitude chez vous de mettre dans la bouche de votre interlocuteur des choses qu’il n’a jamais dites ?
Quand je demande que les agressions cessent, je mets cela en perspective avec la victime qui pour les éviter devrait changer son comportement et rester chez lui.
Ce sont les deux démarche dont je parle.
Ensuite, que les actions entreprisent pour que les agressions cessent, je prône évidement les plus efficientes à long terme, c’est à dire attaquer le problème en amont quand c’est possible via effectivement l’accompagnement social, la lutte contre les inégalités, etc …
Et donc en ce qui concerne le piratage, j’adopte la même attitude, faire comprendre à ceux qui piratent impunément des logiciels et de la musique que ce qu’ils font est un délit, que c’est une forme de vol qui met à mal certaines entreprises, que tout travail méritent salaire, etc …
Malheureusement, c’est très difficile de le faire comprendre à ces pirates, c’est pourquoi je vous invitais à aller lire les forums de ces sites de “trackers P2P” pour vous rendre compte que ces pirates sont persuadés de leur bon droit, il n’achètent par exemple plus aucun jeu, par contre ils ont des équipements informatiques derniers cris, des connexions Internet à haut débit, pour cela ils ont de l’argent (beaucoup) à dépenser.
Je reste donc persuadé que ce qui prédomine dans ce cas de figure, c’est l’aspect totalement impuni et facile du piratage qui explique sa croissance importante ces dernières années.
C’est la règle du “Pas vu, pas pris” et “je profite un max sans risque” qui justifie essentiellement ce comportement.
Et trouver des “excuses” systématiquement à ce type de comportement n’aide vraiment pas à changer les mentalités justement.
03 avril 2009 à 12:43
Mais je sais bien que les pirates sont sûr de leur bon droit, tout comme les anti pirates sont sûr qu’il convient de mettre à mal la démocratie en mettant en place un système, hadopi, qui met de coté le judiciaire pour le confier à une administration (indépendante, dont le patron est nommé par la présidence et dont la cnil est exclue, excusez du paradoxe), qui confie les tâches policières à des officines privées, et qui renverse une base du système juridique commune à toute démocratie comme la charge de la preuve, tout en prenant soin de ne pas fournir aux accusés la mention exacte de ce qui leur vaut d’être condamné. Renseignez vous sur Hadopi, qui couvrira sous peu la protection des logiciels, rassurez vous.
Encore un fois, choisis ton camp, camarade.
03 avril 2009 à 14:28
Bel article, merci. Malheureusement, il fallait sans douter, la loi est passée, les chiens sont lachables dorénavant. En tant qu’éditeur de logiciel depuis plus de 15 ans je rigole : mes créations sont protégées contre la copie et je ne suis pas bien riche à l’inverse de Microsoft dont la duplication des softs, non protégés eux, à fait la fortune et une standardisation du marché… permettant ainsi la création de sociétés d’éditions comme la mienne… J’ai 44 ans et comme tout le monde j’ai vu arriver les cassettes audio permettant d’enregistrer de la musique, puis les cassettes VHS permettant d’enregister des films et à l’époque on annonçait la mort des artistes et des sociétés chargées de la distribution de leurs oeuvres… c’était quand déjà ? 20, 25, 30 ans ? Je ne me rappelle pas mais je constate que ceux qui devaient mourir sont toujours là…
Mon père, 84 ans, a toute une collection de VHS sur lesquelles il a, vieux pirate, honte à lui, enregistré des centaines d’heures de films passés à la télé, dois-je, en bon patriote que je me dois d’être, le dénoncer pour qu’on lui coupe graduellement son sonotone ? Ah nooonn, c’est vrai, c’est pas du P2P ! ouf t’es sauvé papa. On peut copier mais pas télécharger alors ? Hadopi, ne serait-ce pas plutot alors un moyen détourné pour institutionnaliser la surveillance de tous les échanges sur le net sous couvert d’une pseudo protection des oeuvres culturelles ? Ou alors, pire encore, serait-ce un moyen pour limiter la vulgarisation des dites oeuvres car, c’est bien connu les pouvoirs totalitaires commencent toujours par limiter l’accès à la culture, censurer les oeuvres “contestataires”, faire la chasse aux intellectuels dits “agitateurs”, qualifier de terroriste ceux qui n’acceptent pas de telles mesures… paraitrait aussi qu’il faut avoir peur de bandes de jeunes… d’ici qu’on nous dise qu’à plus de deux personnes ensemble dans la rue, c’est une manifestation politique interdite, y a pas loin ! Brrrr ça fait froid dans le dos non ?
03 avril 2009 à 19:54
Beau boulot, ça manque d’objectivité mais comment rester de marbre face à un dispositif liberticide par essence. Et je ne parle pas de la liberté de pirater mais de la liberté d’échanger des informations sans être surveillé. Contrairement à makabeus (c’est le nom de famille de Judas soit dit en passant, un choix judicieux) qui souhaite faire cesser les agressions en bas de chez lui, je ne suis pas prêt à supporter 250 caméras au mètre carré pour que la rue soit sure et je préfère imposer à nos chers élus de reprendre le boulot et de nous trouver une solution plus éthique. Pirater n’est pas un droit, surveiller tous nos faits et gestes non plus. Je ne suis pas un américain et je ne veux pas qu’on surveille tout et tout le monde, surtout si c’est un vigile privé qui le fait (avec un peu de bol il sera payé au rendement et nous aurons à subir ses excès de zèle). Bref cher Judas, vous chantez avec la chorale de l’industrie à la gueule de bois et vous oubliez que derrière votre PC vous avez déjà bien du pirater un truc ou deux : Vous avez payé toutes vos licences logicielles ? Vous avez les originaux de tous vos mp3 ? Même le petit morceau passé vite fait par un collègue juste pour dire “écoute ce truc c’est génial” ? Un petit DVD gravé ? Un pps rigolo dans le mail qui contient des images protégées par un copyright ? Un fond d’écran avec une photo dont vous ne connaissez pas l’auteur ? Un petit porno pas acheté ? Cherchez bien, on en a tous un. Et quand vous aurez mis la main dessus, n’hésitez pas à vous dénoncez, non pas à cause de ce mp3 mais pour avoir trahi vos convictions.
03 avril 2009 à 21:54
@Serguei
Votre métaphore avec les caméras de surveillance est géniale, il y a de quoi faire une vidéo virale anti hadopi top niveau !
Reste plus qu’à trouver des petits jeunes doués avec une caméra qui fassent la réal et on a le contrepoint de la pub de Morano, l’intrusion dans le réel du virtuel, l’incarnation du numérique pour faire peur :
Qui s’y met ? Vous êtes réal ? Vous bossez dans le cinéma ? Je vous promets que je ferais tout ce qu’il faut pour diffuser une vidéo virale faite sur ce scénario pour dénoncer Hadopi ! Vous avez du talent pour le viral ? C’est le moment de vous faire remarquer /-)
03 avril 2009 à 23:32
allez hop, quelques mots ici en passant: il est effectivement inacceptable et irresponsable de la part de législateurs élus d’imposer à des innocents l’installation d’un logiciel de controle préventif de leur innocence, d’autant plus que ce logiciel aura des effets contraires aux attendus formulés et transformera ainsi les innocents en coupables. c simple et c dit.
07 avril 2009 à 1:47
La raison de cette chutte des ventes est toute trouvée : la culture proposée par les systèmes de promotion classiques ne représente plus ce qu’attendent les gens de la culture. C’est difficile à avaler pour Thomas Dutronc ou Luc Besson, mais c’est vrai pour moi.
Je remarque simplement que dans le domaine de la musique, internet n’est plus un simple village global ou tout est proche, mais d’une planète où l’on se rend compte de la grandeur du monde (pensez au nombres d’artistes que vous survolez et que vous pourriez aimer quand vous êtes en avion)
Je vous conseille pour ma part le caractère fétiche dans la musique de Théodore Adorno et l’œuvre d’art à l’ère de la reproductibilité technique de Walter Benjamin (tous les deux de l’école de Frankfort, de bonnes lectures en perspective)
07 avril 2009 à 1:52
Walter Benjamin, absolument, je confirme. Indispensable.
10 avril 2009 à 12:10
Quelle mascarade. La loi a été rejetée, du moins pour l’instant. Tant mieux, mais nos députés ont, une fois de plus, donné là une piètre image de notre “démocratie” : A peine plus de 30 députés étaient dans l’hémicycle et l’opposition en profite pour être majoritaire… c’est pathétique. Peut-être peut-on espèrer que cet épisode fasse un peu plus prendre conscience aux français qu’ils sont mal représentés par leur députés et que la classe politique ne se soucie guère de leurs attentes réelles, ce serait toujours ça de gagné… mais non, pas un seul artiste, indépendant ou se sentant exploité, pour se féliciter publiquement du rejet du texte : Continuez donc à vous faire tondre et lobotomiser par les sociétés de distribution, soutenues par le gouvernement, et qui vous dictent la teneur de vos créations et les moyens à utiliser pour leur vulgarisation !
11 avril 2009 à 21:32
Pendant que cette loi HADOPI fait beaucoup parler d’elle,
d’autres décrets sont promulgués. Vous avez tous entendu parler de Monsieur Pierre Bédier,
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020506484&fastPos=1&fastReqId=1412923021&categorieLien=id&oldAction=rechTexte
Condamné plusieurs fois :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_B%C3%A9dier
http://questions.forumactif.net/informatique-en-general-f1/reperage-telechargement-illegal-nouvelles-loi-sur-t44.htm#98
12 avril 2009 à 17:38
@L.Martigues Heu… je ne comprends pas bien… Un député condamné ? Mouis… bof… pas très original, c’est le cas de nombre d’entre eux. Que contient ce décret qui soit en rapport avec internet ? Peux tu nous donner des précisions ?
21 avril 2009 à 10:05
@Florent, concernant la fin de son message qui je reproduit ici:
“Imaginez, le jour où on aura trouvé une énergie propre et GRATUITE pour faire tourner nos voitures, que les puissants Total & Co. arrivent à convaincre nos gouvernements que les citoyens doivent malgré tout continuer à utiliser des voitures à essence, juste pour éviter aux millions d’employés de l’industrie du pétrole de perdre leur emploi?”
Pas besoin d’imaginer; nous y sommes…depuis plus de 50 ans.
la désinformation a été telle que le mmoteur a eau est considérée par la majorité comme une plaisanterie. Mais c’est une plaisanterie qui tourne sur de nombreux véhicules, alors que pendant ce temps nous travaillons pour payer des subventions à des entreprises qui “cherchent” des moteurs plus économiques. Total & Co n’a pas eu besoin de convaincre qui que ce soit, puisque c’est la meme caste qui dirige grandes entreprises et gouvernements. Lorsque la dictature détourne les lois du capitalisme et du libéralime, on aboutit à ce genre de stupidité. Schumpeter peut aller se rhabiller, la destruction créatrice, ou plutot la création tout court, artistique ou technologique est finement étouffée. La loi du marché, que ce soit pour les salaires des hauts cadres ou pour la ventes d’oeuvres musicales, ne joue plus en dictature. C’est cela qui détruit l’état de droit et avalise alors le “piratage” ou n’importe quel vol comme moyen de consommation. On ne peut que déplorer qu’il en soit ainsi, mais comment en vouloir au petit de voler des miettes lorsque ceux d’en haut se gavent ouvertememnt ?
11 mai 2009 à 19:35
Bonjour,
Quelques points:
- Bravo continuons comme ca, téléchargeons(illégalement je le dis pas trop fort) sans jamais acheter, car on l’aurait jamais fait … de toute facon, bref l’hypocrésie a de beaux jours devant elle.
Quel intérêt de vouloir télécharger alors, je ne comprends plus. Avant pour découvrir un artiste on achetait un album, ou on l’écoutait. C’est cela la culture, pas le fait de télécharger des fichiers reproduits dans la plus stricte illégalité avec des lois qui existent depuis longtemps. C’est bien la mépriser à mon sens
Vive internet et la consommation “jetable”
Le pirate serait-il si stupide que ca .…
Ah oui j’avais oublié l’internaute est libre de pouvoir tout faire, et surtout n’importe quoi, laissons faire sans rien changer.
“On innove, on propose plus de valeur, on se différencie…” tellement que 10 ans après le téléchargement illégal est toujours d’actualité. Allez comprendre où est le loup.
Vive la différence dans l’indifférence de chacun.
Si vous faîtes peut être allusion au Libre, dans ce cas la porte est ouverte, c’est vraiment bien le considérer que de continuer à télécharger illégalement de bon vieux logiciels propriétaires, des albums ou des films distribuer par les grandes industries.
Dans le genre je fais pas ce que je dis.
D’ailleurs j’ai hate franchement de voir ce que sera ce modèle culturel dans quelques années.
Lequel aura couler l’autre… et surtout qui l’aura couler, puisque ca ne sera pas les grandes majors qui auront disparu depuis longtemps.
27 août 2009 à 7:04
Elogieux, grandissime.
J’en avais lu les grandes lignes en son temps ; j’ai pris le temps de lire ligne à ligne ce concentré de recherche qui me semble pour le moins relever du nettoyage des écuries d’Augias.
L“ami Epelboin n’épargne pas ses effort, qui pourrait dire le contraire ? Et pour revenir sur l’actu qui m’amène à éplucher cette recherche, c’est-à-dire le post de Mike chez les jeunes sarkoziens, clairement nous attendons un rectificatif sur leur site…
Nous attendons. Viendra, viendra pas ? J’ai mon idée sur la question.
Voyons voir si l’autorité suprême (je ne parle pas là d’Hadopi, vous voyez de qui je fais allusion) donnera son aval à la publication d’un mea culpa.
Ainsi va la démocratie.
Piqûre de rappel : élections en mars 2010, aux urnes, citoyens.