Depuis ce matin, il est possible à certains utilisateurs de Google de découvrir de nouvelles fonctionnalités sous le nom de Google SearchWiki. Les ajouts son plus que notable, et la nouvelle fait bien plus de bruit que l’habituelle vague d’information qui traverse le web. Des vagues non pas en terme quantitatifs, mais en terme qualitatif, car l’annonce du lancement de Google SearchWiki a ébranlé le web entier en venant modifier durablement et profondément l’acte premier du web, la recherche. Nous vous emmenons faire le tour du propriétaire et ferons un l’inventaire de tout ce que ce qui pourrait changer avec ce que l’on pourrait appeler « nouvel acte fondateur du web ».
De part son statut d’acteur fondateur du web que l’on connait aujourd’hui, Google fait parler de lui à chacune de ses annonces. On a pu le voir avec celle faite lors du rachat de la plateforme de partage de vidéo Youtube, acclamé puis discuté car étant financièrement un puits sans fond (tout du moins jusqu’à l’annonce récente du moyen d’en faire une source de revenus à la dimension de Google). On ne prétait plus vraiment attention à ce que le géant de la recherche sur Internet pouvait faire avec tout son flot d’informations envoyés depuis quelques semaines, surtout quand c’était pour des annonces anecdotiques comme le fait que son service de courrier electronique Gmail dispose d’une option permettant d’avoir des thèmes personnalisés. Mais cette annonce-ci est bien différente car elle est directement liée au métier de Google, la recherche.
Google SearchWiki comme outil de personnalisation des recherches
SearchWiki est un service directement lié à un compte utilisateur Google, qui est activé à partir du moment où une personne se connecte à un des services Google (email, outil de startistiques, …). Il permet dès à présent de modifier les listes de résultats de recherches en offrant la possibilité aux utilisateurs de faire remonter un résultat de la recherche en tête de liste, pour ainsi pouvoir y accéder simplement dès que la recherche sera à nouveau effectuée. Cette modification n’affectera que la recherche de l’utilisateur qui a fait cette action, tout du moins dans un premier temps, n’ayant aucun effet sur la position d’un résultat dans les recherches des autres utilisateurs. Il sera aussi possible de supprimer un résultat s’il est pas estimé pertinent, la liste des éléments « effacés » étant accessible à n’importe quel moment sur la page SearchWiki.
Ajouté à cette option il sera possible de commenter les résultats de recherche pour plus d’information que la simple phrase fournie par Google, simplement en cliquant sur l’icône en forme de bulle pour ouvrir la zone permettant de faire un commentaire. Bien qu’il soit expliqué dans le FAQ de Google que ce commentaire est à titre privé, le bouton de validation est intitulé « Faire un commentaire public » (Make a public comment). De quoi croire qu’à terme, ces commentaires pourront être partagés avec les autres utilisateurs, voire des amis.
Toutes les modifications faites en utilisant SearchWiki seront dès lors ajoutées dans un historique pour que l’utilisateur puisse y accéder rapidement. Ce qui fait potentiellement de cet outil un dossier où l’on peut stocker ses pages préférées ( »bookmark ») directement chez Google. Une nouvelle fonctionnalité cachée donc.
SearchWiki bien plus qu’une avancée sur la recherche
SearchWiki seul peut paraître une belle idée, mais rien de révolutionnaire. En effet, ajouter des commentaires sur des sites web et mettre en avant un résultat de recherche pour le retrouver plus rapidement la fois suivante n’a rien d’impressionnant, et certains outils permettent déjà de le faire (à ce sujet regardez le plugin Read It Later pour FireFox et Internet Explorer). Mais c’est en prenant du recul sur les différents mouvement de Google sur toute cette année que l’on peut voir un schéma d’action plus vaste, et une ambition bien différente. L’apparition du navigateur web de Google, Chrome, le travail fait depuis un an sur OpenSocial, les petites fonctionnalités ajoutées à Gmail et au lecteur de flux RSS Google Reader, tout cela permet de penser à plusieurs stratégies que pourraient poursuivre l’entreprise de Moutain View.
Un micro réseau social
D’une part SearchWiki permet aux utilisateurs de commenter les résultats retournés par Google, et demain il sera possible de les partager. D’autre part, Gmail et Google Reader permettent de connecter entre eux les utilisateurs via le carnet d’adresse et la fonction « ami » (à la manière d’un Facebook). Et OpenSocial permet aux utilisateurs d’emporter partout ses amis, et aussi dans les pages de résultat de Google. Mélangez tout cela, et vous pourrez discuter des pages de résultats avec vos amis. Celà n’en fait pas un concurrent direct de Facebook, mais quelques entreprises risquent d’en souffrir.
FriendFeed, site permettant de discuter du contenu d’une page web, avait déjà été affecté par Facebook, et risque de mourir par la concurrence de Google. Les sites de partage de pages web comme Del.icio.us, Mahalo, et autres Magnolia risquent aussi d’y rester face à ce micro réseau social poussé par Google. Et ce ne serait qu’un début, à moins qu’à la manière dont le moteur de recherche est en train de transformer Youtube de plateforme de contenus à moteur de recherche de vidéos, Google pousse cette fonctionnalité comme meta moteur de « bookmarks ». Ce qui serait une meilleure stratégie pour l’entreprise qui a pour objectif de ne pas faire le mal ( »Don’t do evil »).
Compléter les recherches avec des avis consommateurs
Si SearchWiki vient à se démocratiser, ce qui est certainement l’objectif puisqu’il n’a pas été intégré à Google Labs mais est bien un pôle distinct et « officiel » chez Google (bien que SearchWiki soit une officiellement une « expérimentation »), il est fort possible de voir arriver une API permettant aux sites d’intégrer de nouveaux contenus reliés aux résultats fournis par Google. De nouvelles opportunités pour les sites marchands, les sites de comparaison de prix, par exemple.
Les eBay, Amazon, Fnac, et bien d’autres pourraient bien se frotter les mains par la possibilité d’ajouter des commentaires faits par les utilisateurs et d’autres contenus commerciaux, sans pour autant devenir une zone de publicité, mais peut être avec un accès payant à cet API.
Google Chrome comme porteur du message
Les effets de cette innovation qu’est SearchWiki pourraient aussi toucher le navigateur lancé par Google. Car en plus d’obtenir quelques avantages sur l’accès aux fonctionnalités SearchWiki, il pourrait devenir pourquoi pas un outil de messagerie instantée, répondant naturellement au besoin d’évolution des outils de communication type MSN ou Yahoo! Messenger. Ou d’embarquer un partenaire dans cette aventure, avec une entreprise comme Yoono ou Meebo pour s’occuper de cela.
Il est clair que cette annonce n’est qu’un début, mais c’est la voie dans laquelle le web est en passe de prendre. Cela faisait plus de 10 ans que la recherche d’informations sur Internet n’avait pas subi d’évolution majeure, et cette « expérimentation » de Google pourrait bien être celle-ci, orientée sur l’usage social du web et de l’intelligence globale des utilisateurs, un pas de plus vers la sémantique ? Mais c’est avant tout un grand pas du côté commercial, le moteur de recherche obtenant encore plus d’informations sur les habitudes des utilisateurs, venant s’ajouter à celle dont il dispose via la boite email et l’outil d’analyse de trafic Google Analytics. En espérant que Google conserve sa ligne directrice « Don’t do evil », sans quoi tout le monde pourrait être en danger, à force de mettre dans les mains d’un seul toutes ses informations.
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