

2009 approche à grands pas et tout le monde est d’accord pour dire que l’année va vraiment être difficile. La crise financière américaine déclenche une récession globale qui nous touche tous en Europe. Cependant, il faut aussi voir la crise comme une porte ouverte vers de nouveaux espoirs et de nouvelles opportunités. C’est une époque pour prendre du recul, réfléchir différemment, construire sous un autre angle et se préparer au prochain redémarrage.
Avant de parler des monstres du web, tous venus des US sans exception, nous allons également essayer de prodiguer les mêmes conseils pour les étoiles du web français
Selon vous quelles sont les 5 sociétés françaises qui méritent ce traitement ? Répondez au questionnaire :
Pour les mastodontes du net, 2009 va être un calvaire pour eux sans aucun doute. Les recettes publicitaires vont chuter et les consommateurs vont moins dépenser en général, particulièrement sur internet. Peu de choses pourront changer ces prévisions. Par contre, ce que ces grandes compagnies peuvent faire, c’est investir dans l’innovation et actionner des leviers stratégiques qui soutiendront la croissance de l’entreprise dans les années à venir. Voici donc les quelques sujets sur lesquels certains majors du web devraient se pencher pour 2009.
Conseils pour Google
Malgré la baisse de résultats, Google demeure un pilier inévitable, une machine à cash incroyable. Le roi des moteurs de recherche occupe la place sans sourciller et, à n’en pas douter, dès que le business repartira, ses revenus remonteront également. Google devrait donc aller de l’avant et investir dans ses prochaines ressources à forte valeur ajoutée : la vidéo et sa nouvelle aventure, le navigateur web.
1. Intégration de la recherche vidéo sur le Web dans Youtube
Nous avons écris récemment sur Youtube et sa cote de popularité en croissance parmi les adolescents. Une masse considérable de contenu va évoluer du format texte au format vidéo, donnant ainsi de plus en plus de poids à Youtube pour Google. Aujourd’hui déjà, Youtube est le deuxième plus gros moteur de recherche sur internet.
Cependant, Youtube est un portail distribuant uniquement du contenu généré par ses utilisateurs. Google devrait sans attendre raccorder sa fonction de recherche vidéo à Youtube et faire ressortir des vidéos dispersées sur la toile dans l’interface Youtube tant appréciée. Ainsi Youtube deviendrait LA destination par défaut pour celui qui cherche du contenu vidéo sur internet.
2. Rendre les extensions Firefox compatibles avec Google Chrome
Le lancement de Google Chrome a fait beaucoup de bruit début septembre. L’intrusion de Google dans la guerre des navigateurs était un acte bien réfléchi. Chrome se présente comme un browser de très bonne facture et possède déja une bonne base d’utilisateurs (déjà supérieure à Opera, RIP). Cela dit, la route vers l’adoption massive de ce navigateur est semée d’embuches, même si Chrome a la chance d’être promu via la home page de Google et associé dans de nombreux bundles avec des fabricants d’ordinateurs.
Une opportunité que Chrome ne doit pas rater pour augmenter son taux d’adoption est le support des extensions. La plupart des « early adopters » utilisent aujourd’hui Firefox et adorent les extensions Mozilla qui permettent de personnaliser son navigateur. Google pourrait booster la diffusion de Chrome si ce dernier supportait les extensions Firefox. Cela permettrait de faire gagner énormément de temps aux développeurs web et montrerait que Google respecte l’écosystème déjà en place sur le web.
Conseils pour Microsoft
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Tout le monde sait que Google est le nouveau Microsoft et que Microsoft est le nouveau IBM. Microsoft s’est lancé dans une course contre la montre pour rattraper Google depuis que le géant de Redmond a perdu la guerre de la recherche sur le web. Et nous attendons encore la véritable attaque sur le marché de Google. L’opération la plus intéressante côté Microsoft dernièrement a surement été d’investir 250 millions de dollars dans Facebook qui était évalué à 15 milliards de dollars. Quand bien même l’investissement était malin, la technologie derrière Facebook n’apporte rien de révolutionnaire à Microsoft. Or c’est exactement ce sur quoi Microsoft devrait investir : L’exécution et l’innovation.
1. Exécuter mieux et plus vite
Ce problème colle à la peau des grands corporations. La bureaucratie prend le pas sur le sens commun et introduit le chaos. Des meetings sans fin, un chemin de validation barré par la hiérarchie et des scénarios avec X possibilités qui transforment n’importe quelle grosse compagnie en bête. Microsoft doit fondamentalement restructurer son approche de livraison des produits : réduire les imbrications entre produits, raccourcir les délais, purifier et mettre à jour le code en enlevant les partie devenues inutiles et polluantes. Pour faire court, Microsoft devrait travailler plus comme Google s’ils veulent se battre contre Google.
2. Innover
Évidemment Microsoft a plein de projets de recherche en cours, mais à chaque fois qu’ils annoncent un nouveau produit, on a ce vieux refrain qui apparait : « Ah encore ça ». Tout d’abord, il y a la rivalité avec Google sur les moteurs de recherche. Beaucoup pensent que la publicité est la killer app du web, ce qui est encore vrai aujourd’hui. Mais ça ne signifie pas que les moteurs de recherche sont les seules sources pour afficher de la publicité. Microsoft est englué dans sa construction d’un moteur de recherche meilleur que Google, alors que la réponse se trouve peut-être dans la recherche d’un nouveau moyen, fondamentalement différent de délivrer de la publicité.
De la même façon, Amazon a fait son entrée dans le cloud computing. Microsoft a suivi l’année d’après avec encore un « Me too ». Zune fut un autre fiasco retentissant, une vaine tentative de piquer la vedette aux intouchables produits Apple. Le problème aujourd’hui c’est que l’époque des « Me too » est révolue. La seule et unique façon de maitriser le futur est de le construire. Microsoft doit vraiment faire de l’innovation son cheval de bataille s’ils veulent avoir une chance de revenir sur le devant de la scène.
Conseils pour Amazon
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Amazon a su déployer son réseau de web services de façon brillante depuis quelques années. La société a su prendre son infrastructure centrale, le plus grand magasin en ligne, pour la transformer en produit. L’arrivée d’Amazon sur le secteur des web services a marqué le véritable démarrage de l’ère du cloud computing et de la collaboration en ligne entre produits web. Cela dit, dans le même temps, nous avons vu des évènements étranges se passer sur la boutique comme la publicité insérée dans les pages produits. Amazon devrait continuer à accélérer sa stratégie sur les web services mais il faudrait penser sérieusement à retourner dans la boutique et nettoyer les rayons.
1. Continuer la poussée rapide vers les Web Services
L’avantage du premier entrant fonctionne de temps en temps, et parfois non. Beaucoup de premiers entrants sur le marché sont dépassés et écrasés par les suiveurs qui savent comment améliorer ce qui a déja été fait. Cependant, si le premier produit est brillant (brillant comme les produits Apple par exemple), alors il est très difficile pour les autres de s’introduire sur le marché. Amazon a innové rapidement dans le domaine des web services et a construit un leadership très substantiel.
Le timing d’arrivée sur ce marché a été presque parfait et la compagnie continue à investir dans son activité principale. Plus les blocs de services disponibles sont utiles, moins les utilisateurs iront voir ailleurs. Les coûts et la fiabilité sont déjà là donc le développement doit se calmer pour ajouter quelques nouveaux blocs et se reconcentrer sur le support client et la mise à en œuvre des produits.
2. Simplifier et nettoyer les pages produits
Malgré un récente mise à jour, les pages d’Amazon ont toujours gardé ce look des années 90. Ils ont trop de projets en même temps. Il faut tout d’abord supprimer les bannières publicitaires. Bien qu’elles génèrent du cash, il est assez aberrant de voir des publicités hors sujet sur des camions remorques quand un utilisateur cherche le dernier livre de Freedman.
Ensuite, les pages sont difficilement lisibles à cause du design et de la quantité d’informations affichées. La plupart des informations ne sont pas nécessaires et n’amélioreront pas le taux de conversion. Il faudrait avoir un simple indicateur de popularité au lieu d’avoir des graphiques en bâtons incompréhensibles. Les gens n’ont pas non plus besoin de lire 400 avis d’utilisateurs, 5 devraient suffire. Les listes des cross selling dans la barre latérale sont une distraction pour le potentiel acheteur. La liste est assez longue, il y a vraiment beaucoup de travail pour nettoyer ces pages.
Conseils pour eBay

eBay n’excite plus grand monde comme société web depuis les années 90. Ebay ne propose plus un service d’aussi bonne qualité, le site n’a pas évolué et les acquisitions n’ont pas du tout été optimisées (cf Skype et StumbleUpon). Ebay doit se réinventer à travers des acquisitions adaptées.
1. Acheter Etsy
Etsy est une place de marché en ligne pour les articles artisanaux qui connait une croissance rapide. L’artisanat est la nouvelle tendance avec son côté durable et écolo qui sont omniprésents dans les esprits des gens pour les dix années à venir. Etsy a la chance d’avoir une équipe de qualité aux manettes, une culture tournée vers l’utilisateur et un réel talent pour innover. Si Etsy était déployé sur le site d’eBay, l’expérience utilisateur sera considérablement améliorée et plus ludique.
2. Acheter Craigslist
S’il y a bien une autre société part Google qui a su percer le secret de la simplicité sur le web, c’est bien Craigslist. les créateurs du site ont trouvé la manière la plus simple et efficace pour publier des petites annonces en ligne, acheter et vendre, trouver un job et louer quelque chose. Dupliquer le même modèle pour plusieurs marchés était une idée de génie et Craigslist l’a eue. Il n’est pas sûr que la société soit disposée à se faire racheter mais si c’était le cas, eBay prendrait une bonne dose de coolitude. De plus, les revenus suivraient sûrement dans la mesure où Craigslist a toujours été assez conservateur quand il s’agit de facturer les utilisateurs.
Conseils pour Yahoo!
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Yahoo! est vraiment dans une situation compliquée. Il semble que leur seul échappatoire est l’innovation (dans la cas, bien sûr, où ils ne veulent vraiment pas être vendus à Microsoft). Yahoo! doit d’abord savoir dans quel business ils veulent se situer clairement et ensuite mettre en œuvre sans faute son plan pour la direction choisie.
1. Investir dans les meilleurs directions, supprimer le reste
Apparemment, Yahoo! a lancé nombre incalculable de projets internes qui n’ont jamais vraiment abouti. Il y a un vrai paradoxe business lorsqu’on choisit de passer par un processus d’incubation d’un nouveau produit, son lancement et son développement. Prenons Yahoo! Shortcuts comme exemple : très bonne idée, espace compétitif, bonne réalisation. Où en est le produit aujourd’hui ? Lancé en 2007, il fonctionne uniquement sous WordPress, n’a pas vraiment eu de promotion et aucune ligne directrice claire pour la suite.
2. Etre compétitif dans la recherche web
Tout n’est pas perdu, surtout quand on est numéro 2 mondial. Bien sûr le fossé qui sépare Yahoo! du leader est énorme mais il n’y a qu’une seule case à franchir. Google attire les utilisateurs grâce à une interface simple, rapide et adaptée. Yahoo! doit absolument résoudre ses problème de rapidité et d’adaptation de son moteur de recherche pour ensuite investir dans une interface utilisateur différente. Le projet Search Monkey pourrait être la clé de ce côté là. Parmi toutes les innovation récente dans le domaine de la recherche web, celle-ci se démarque par son approche certes simple mais puissante.
Conclusion
2009 sera compliqué pour tout le monde. C’est aussi une fantastique opportunité pour s’améliorer et investir sur le future. L’enjeu est de savoir comment les mastodontes du web vont pouvoir délivrer efficacement. Et vous ? quels sont selon vous les « smart moves » de 2009 pour ces compagnies ?
Nous allons également essayer de prodiguer les mêmes conseils pour les étoiles du web français :-) Selon vous quelles sont les 5 sociétés françaises qui méritent ce traitement ?
Traduit et adapté d’un billet d’Alex Iskold publié le 25 novembre dans l’édition anglaise de ReadWriteWeb
Pour aller plus loin sur le sujet :
Microsoft’s Strategy for FY 2009
eBay Strategies blog
Microsoft’s cloud strategy?
Google Stories
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27 novembre 2008 à 16:00
Très bon article.
J’ai travaillé un moment dans une de ces compagnies(7 ans) c’est vraiment devenu comme tu le décris :)
01 décembre 2008 à 21:55
Très bon article,
réflexion stratégique très pertinente,
les 5 sociétés françaises qui méritent des conseils ?
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Dailymotion, qui doit se différencier plus de Youtube et proposer des +, sinon il y a un risque de se marginaliser
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02 décembre 2008 à 22:33
Au fait le vote sur Poll Daddy ne fonctionne pas pour moi…