Comment sauver les journaux ? En en faisant des entreprises innovantes certainement …

Comment les journaux peuvent s’en sortir ? c’est la question que tout le monde se pose depuis que l’Internet vient concurrencer le format papier et surtout que n’importe quelle entreprise est capable de venir jouer sur son terrain de jeu, la création et la diffusion de contenus. De la même manière que Youtube et DailyMotion sont devenus des acteurs capables de faire de l’ombre à la télévision, eBay, Amazon, et les sites spécialisés sont devenus plus que des concurrents des versions digitales des journaux. A celà, Le Monde, le Figaro, et les autres grands de l’information n’ont pas su répondre. Pour combien de temps encore ?

Des entreprises qui se reposent sur leurs lauriers

Les journaux ont beau protester, poser des plaintes, et tenter de freiner des pieds pour que l’information reste encore et toujours leur chasse gardée, la réalité n’en reste pas moins totalement à l’avantage de ceux qui innovent. Ce que cette industrie, comme celle de la musique, se refuse à faire. Car comment se fait-il que l’industrie leader sur les petites annonces n’ait pas su évoluer sur un nouveau canal de diffusion ? Comment une industrie leader sur la diffusion de l’information se fait concurrencer par des particuliers, par des entreprises bien plus jeunes alors qu’elle avait toutes les ressources nécessaires pour accentuer encore sa main-mise sur cette information qui est le coeur de leur modèle économique ?

Les raisons sont multiples et bien trop complexes à expliquer dans un article, mais une chose est certaine : l’industrie de l’information s’est cru trop belle et en paie les pôts cassés en ce moment. Jusqu’à ce que la nouvelle génération reprenne le travail là où il s’est arrêté, et qu’enfin ces entreprises fortes se remettent à innover. Ou simplement qu’elles se mettent à prendre exemple sur les succès que les entreprises concurrentes ont connu sur Internet pour en faire le leur. Car avec une audience et une image telle que celle dont dispose Le Wall Street Journal, Le Monde, ou encore El Pais, il semble invraisemblable que des idées poussées par des petites structures ne puissent pas voir le jour chez eux et rencontrer au minimum le même succès …

Des exemples qui ne sont pas suivis

Quand on voit le succès d’un site comme GenerationMP3, aussi bien en terme d’audience que de potentiel de publicité, ou celui beaucoup plus important de Weblogs, Inc (propriétaire du blog Anglais Engadget entre autres) racheté par AOL pour entrer dans son bouquet de contenus sur le hi-tech et le « digital lifestyle », ou encore celui de Perez Hilton qui a créé son blog sur les ragots de Hollywood et qui en est devenu un personnage influent, on peut se demander ce que font encore les « majors » de l’information.

Pourtant, tous les grands journaux ont dans leurs rédactions des auteurs capables de fournir une information de qualité sur des domaines qui sont ceux abordés par les sites déjà existants en ligne, et générant un chiffre d’affaire plus que conséquent. Source de revenu qui leur échappe donc, et qui pourrait être complémentaire à ce que proposent déjà les grands journaux. Et que penser de « l’oubli » improbable de ces entreprises qui se font le relai du boom des réseaux sociaux sans se préoccuper d’en faire une valeur ajoutée pour eux, avec pourquoi pas la création d’un équivalent à Digg ou à Del.icio.us ?

Faire passer la Presse à l’heure de l’Internet, mais surtout à l’heure de l’innovation

De l’autre côté de l’information, comment se fait-il que l’on ne retrouve pas dans les pages virtuelles des grands journaux des sections intégrant pleinement eBay et Amazon ? Comment peut-on rester à se préoccuper de son pré carré alors que de nouvelles opportunités s’offrent tous les jours ? A croire que la presse a refusé de se réinventer, préférant se plaindre plutôt que de jouer à l’entrepreneur, ce qu’elle avait sû faire durant toute le règne du format papier, et qu’elle n’a pas su faire depuis plus de 10 ans. Que cela soit en terme de diffusion de l’information, de ligne éditoriale, d’utilisation de sa rédaction et de ses pigistes, de la création d’une communauté évidente autour de l’information, et de la réflexion sur l’intégration de la publicité dans un environnement nouveau.

La presse n’en est pas pour autant morte, mais la presse reste avant tout à une entreprise, et comme toute entreprise, elle se doit d’évoluer avec son temps. La mort n’attend pas au tournant, simplement plus de concurrents qu’il faudra apprendre à battre. Espérons en tout cas qu’elle se relèvera avant que l’information n’est plus de valeur qualitative, ce qui est en train d’arriver à cause ou grâce à la possibilité qu’ouvre Internet de créer et diffuser tout et n’importe quoi.

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10 commentaires pour cet article

  1. eMeRiKa

    C’est exac­te­ment le même pro­blème pour le sec­teur auto­mo­bile ! Les géants amé­ri­cains n’ont pas su inno­ver et sont à bout de souffle.

    C’est quand tout va bien qu’il faut inno­ver. Quand les périodes dif­fi­ciles arrivent, c’est déjà trop tard.

  2. Pierre

    Euh… c moi qui fait du mau­vais esprit ou bien cet article est tota­le­ment vide et creux ?

    A la lec­ture du titre, je m’attendais au mini­mum à trou­ver quelques ébauches de pistes sur ces inno­va­tions que pour­raient uti­li­ser les entre­prises de presse.

    Au lieu de ça, un enchai­ne­ment de pla­ti­tudes déjà évoquées ailleurs.

    Eh, ReadWriteWeb, c parce que vous faites du web qu’il faut croire que le moindre post va se trans­for­mer en buzz. Une info, une ana­lyse, ça se travaille…

  3. Romain Péchard

    @eMeRika : l’innovation vient plus fréquem­ment lors de crises, et les grands suc­cès se sont créés à la suite de ces événe­ments. Il n’est jamais trop tard, et j’ai foi en la presse pour nous le prouver.

    @Pierre : les pistes sont toutes pré­sentes, les suc­cès aussi. Il ne m’a pas sem­blé utile de reve­nir sur les modèles écono­miques qui ont fait le suc­cès des entre­prises citées, ni de la pos­si­bi­lité de les inté­grer qua­si­ment tel quel. Cet article se vou­lait une ouver­ture plus qu’une ana­lyse, mais preuve est faite que l’article n’était pas suf­fi­sa­ment tra­vaillé à la lec­ture de votre com­men­taire, ce que je m’efforcerais de faire.

    Cependant notre objec­tif n’est pas d’être un “think tank” mais un outil d’ouverture pour la réflexion et la dif­fu­sion de pra­tiques inté­res­santes, et qui sont trop sou­vent oubliées sur les media clas­siques au pro­fit d’autres pla­ti­tudes moins por­tées sur les oppor­tu­ni­tés et exemples dont l’industrie de la presse dis­pose pour­tant pour avan­cer et retrou­ver la place qu’elle se doit d’avoir.

  4. AbriCoCotier

    C’est fou, il y a une opi­nion qui ne veut pas me sor­tir de la tête.

    Cette opi­nion, c’est que les jour­naux en ligne sont à l’image des jour­na­listes qui les ali­mentent : élitistes et trop sûr d’eux-même ainsi que du pié­des­tal sur lequel ils s’enracinent.

    Qu’à cela ne tienne : aussi sûr que les blogs sont en train de tuer les ‘mau­vais’ jour­na­listes (ceux qui reco­pient les dépêches AFP, par exemple), les nou­veaux média (le web 2.0, les digg-like, les nou­veaux modes de moné­ti­sa­tion du gra­tuit) sont en train de faire la peau à la presse française.

  5. Anne Onime

    Bonjour,
    je n’ai pas com­plè­te­ment lu l’article car je ne le com­prends pas… mais du peu que j’en retiens, ne vous posez vous pas la ques­tion: si les jour­na­listes des groupes de presse ne sont pas sur le net, ne serait-ce pas qu’ils n’y seraient pas ren­tables ?
    Le modèle éco du web n’a rien à voir avec le papier. Weblogs inc, perez hil­ton ne font pas le même métier que des groupes de presse tra­di­tion­nels. GenMP3 n’a pas des reve­nus qui per­mettent de faire vivre ne serait-ce qu’une petite équipe d’un groupe de presse… Alors bien sûr, ils peuvent se réin­ven­ter, inno­ver… mais c’est presque comme si vous deman­diez à Arcelor de faire un site à la Perez Hilton par­ceque ça marche…

  6. Romain Péchard

    @Anne Onime : les per­sonnes des rédac­tions ne sont-elles pas capable de tenir un blog pour y mettre en ligne leurs articles, articles ensuite relayés sur le site glo­bal, comme com­mence le fait le New York Times avec ReadWriteWeb US ? Est-il impen­sable de voir un jour­na­liste mettre en ligne des articles courts sur l’actualité et tra­vailler en paral­lèle sur des articles de fond, comme le font les jour­na­listes qui tra­vaillent dans les entre­prises comme Cnet ? En quoi les entre­prises comme Weblogs Inc, Generation MP3, ou Perez Hilton font un tra­vail dif­fé­rent ? leur capa­cité à pro­duire des conte­nus, leur capa­cité à faire des articles de fond ? leur for­mat est dif­fé­rent, évidem­ment, mais ce même for­mat per­met d’avoir ce genre de pro­duc­ti­vité.
    ReadWriteWeb US fait aussi parti de ces micro entre­prises qui sont capables de géné­rer des conte­nus de qua­lité, en quoi les groupes de presse ne sont-ils pas capables de prendre exemple sur ces suc­cès ? les modèles écono­miques du web pour les créa­teurs de conte­nus sont les mêmes, et pour­tant la presse se refuse à en pro­fi­ter, eux qui ont la cré­di­bi­lité et la visi­bi­lité pour deve­nir bien plus qu’ils ne sont actuel­le­ment.
    La presse people et Perez Hilton ont le même métier celui de géné­rer du contenu sur les “peoples”. Pourquoi ne pas leur deman­der de prendre le meilleur de son mode de fonc­tion­ne­ment ?
    GenMP3 n’a pas les reve­nus mais le poten­tiel pour avoir un pool d’auteurs à plein temps, et Weblogs Inc a prouvé que ce sys­tème était ren­table et fonc­tion­nait très bien. La presse pren­dra sa déci­sion, mais seuls ceux qui sau­ront chan­ger leurs modes de fonc­tion­ne­ment auront la grosse part du gateau. Les exemples sont là, il suf­fit de les mettre en pra­tique, et oui cela va deman­der des efforts de tous. Mais c’est ce que l’on appelle la survie.

  7. Anne Onime

    parcequ’on ne change pas les gens…
    Des per­sonnes qui tra­vaillent sur le papier depuis des décen­nies et mêmes quelques années sont inca­pables (pas au sens néga­tif mais dans les faits) de faire un autre métier car c’est un autre métier de pro­duire pour le web.

    Bien sûr il y a peut-être der­rière les fagots des excep­tions chez les jour­na­listes, mais ce serait presque plus facile pour un ouvrier de chez Arcelor dans le sens où il n’aurait pas à com­pa­rer son NOUVEAU métier avec l’ANCIEN… ce que ferait immanqua­ble­ment un jour­na­liste à qui l’on dirait qu’il va faire du web.
    Regardez dans les groupes médias online (ceux qui ne sont pas des trous sans fond j’entends), y a t il des vété­rans de la presse traditionnelle ?

    Encore une fois, ce n’est pas le même métier (para­doxa­le­ment tel­le­ment proche dans l’idée, et tel­le­ment dif­fé­rents dans les faits).
    Allez jeter un oeil dans les rédac­tions papier et web d’un même groupe pour vous rendre compte que ce ne peuvent pas être les mêmes per­sonnes.
    Ce n’est pas que cer­tains ne veulent pas, c’est qu’ils ne peuvent pas… ils pour­ront plus faci­le­ment deve­nir plombier…

    Bref, oui le média tra­di­tion­nel est mort, non les gens qui y tra­vaillent ne peuvent pas se réin­ven­ter pour faire du web.
    Le gâteau comme vous dîtes (est très petit par ailleurs online) et les groupes médias ne peuvent rien espé­rer d’autre… que des pertes

  8. Anne Onime

    PS: on parle du mar­ché français ici… c’est un peu la même chose aux US mais atté­nué par la taille du mar­ché qui fait que les jour­na­listes peuvent là-bas par­fois se risquer à faire en par­tie online le métier pour lequel ils ont eu la vocation.

  9. KerniX

    “Regardez dans les groupes médias online (ceux qui ne sont pas des trous sans fond j’entends), y a t il des vété­rans de la presse tra­di­tion­nelle ?” je crois que oui, mais il est clair que c’est la jeune géné­ra­tion des jour­na­listes qui mai­trise le mieux l’outil mails. cer­tains “vieux” savent à peine se rendre sur inter­net. c’est quand même grave de cou­ler à ce point une pro­fes­sion et une voca­tion par le refus de l’adaptation…

  10. KerniX

    erra­tum : “l’outil web” pas “l’outil mail”. tapé trop vite, sans doute..

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  1. Le web et moi... le blog d'Arnaud Valliere | Innover avec retard :

    […] simples pistes illus­trent le fait que des indus­tries comme celles de l’information ou du cinéma ou du diver­tis­se­ment pour­raien.… Mais elle ne le font pas car les déci­deurs ne com­prennent pas ces […]

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