Le prochain livre de Jeff Jarvis auto-censuré en France

jarvis (update : le livre a enfin réussi à trouver un éditeur courageux en France : Télémaque, avec l’aide de FaberNovel, vous pouvez lire l’annonce de sa sortie ici)

Jeff Jarvis est un journaliste américain, créateur de ‘Entertainment Weekly’, un magazine publié par le groupe Time Inc, qui parle de télévision, de cinéma, de théâtre et de littérature, et qui se vend à plusieurs millions d’exemplaires chaque semaine. Il a travaillé pour le New York Times, About.com, le Chicago Tribune, TV Guide, et il enseigne les nouveaux média à l’école de journalisme de la City University of New York. C’est l’un des pionniers du blogging et ses billets, publiés dans “The Buzz Machine”, font autorité dans le monde des professionnels du web et des média (US). Voilà pour le pedigree. Un CV long comme le bras, une réputation au dessus de tout soupçons.

Un best seller annoncé

Quand une telle personnalité publie son premier livre, le parcours dans le milieu de l’édition est un grand classique (disclaimer : j’ai été éditeur au début des années 90). Voilà, en gros, comment cela se passe.

Un éditeur (Harper Collins) passe un contrat avec un auteur (Jeff Jarvis), en essayant de réunir un sujet (qu’il choisi, la plupart du temps) qui intéresse le plus de monde possible et un auteur star (s’il ne sait pas écrire, on lui trouvera un nègre au passage, ici, cela n’a pas été nécessaire).

On se chargera ensuite de trouver une autre personnalité prestigieuse pour rédiger une préface (ici, Chris Anderson, rédacteur en chef de Wired, l’inventeur du concept de le Longue Traine). A ce stade, et avant même que Jeff Jarvis ai écrit son premier chapitre, non seulement la plupart des marketeurs de la planète cherchent à pré acheter le livre chez Amazon, mais le coté obscur du business de l’édition démarre.

Harper Collins fait le tour de la planète pour trouver des éditeurs locaux, qui se chargeront de traduire le livre et d’en assurer la promotion sur un territoire dont ils auront l’exclusivité. Pour un best-seller potentiel de ce type, cela ressemble en général à un jeu de surenchères entre éditeurs. Comme le livre n’est généralement pas encore écrit à ce stade, on a tout le temps de faire monter les enchères. Un grand classique. L’auteur, de son coté, reçoit des avances qui peuvent se compter en millions de dollars.

Ainsi, vous pourrez prochainement acheter le livre de Jeff Jarvis en Anglais, bien sûr, mais aussi en Chinois, en Espagnol, en Japonais… mais pas en Français. Non. Dans le pays des lumières qui s’enfonce jour après jour dans l’obscurantisme, aucun éditeur n’a accepté de traduire le livre de Jeff Jarvis.

Edition, communication, propagande, même combat.

Le problème, c’est le sujet du livre.

Non, Jeff Jarvis ne parle pas dans son livre des joies de la pédophilie sur internet, il ne fait pas l’apologie du nazisme ou du terrorisme en ligne (il se définit lui même comme un Démocrate soft), non, Jeff Jarvis fait bien pire que cela, il nous explique comment Google a inventé une nouvelle recette du succès, et comment nous pouvons l’appliquer à bien des choses.

Le marché de l’édition, (qui est dans une situation similaire à celui de la presse, à ceci près qu’il se porte plutôt bien économiquement) est dominé par deux grands Groupes industriels : Lagardère et Vivendi, et pour ces Groupes, il ne s’agit pas de diffuser le savoir mais d’appliquer la politique de la maison (qui est très proche de celle du gouvernement, étant donné les liens de leurs dirigeants respectifs). Ces temps ci, le mot d’ordre est de diaboliser internet, et plus particulièrement Google, que l’un des dirigeants de Lagardère (quelle curieuse coïncidence) a menacé de traîner devant les instances juridiques Européennes pour… abus de position dominante (sans rire).

Au final, tout va bien au pays de Voltaire, nul besoin de censurer la presse ou l’édition, ils ont parfaitement internalisé cette fonction. Tant mieux, cela fait réaliser de précieuses économies au gouvernement, et pour nous, citoyens, c’est autant d’impôts en moins.

Reste évidemment internet, mais les prochaines lois à venir début 2009 devraient régler le problème.

De quoi ça parle ?

wwgdLe livre de Jeff Jarvis, “What Would Google Do?” sort aux Etats-Unis dans quelques semaines, et son éditeur le présente comme un mélange de prospective, d’expérimentation, de manifeste et de manuel axé autour de Google. Jeff Jarvis dit avoir essayé de faire du reverse engineering sur Google, l’entreprise qui a connu la plus forte croissance de l’histoire du capitalisme, pour en extraire quarante règles de base, applicables aussi bien au management, à la direction d’entreprise, qu’à la vie de tous les jours.

Ses trouvailles sont inattendues (counterintuitive en anglais), créatives, pratiques et par dessus tout, visionnaires.

Jeff Jarvis aborde, entre autre, l’idée d’une voiture crée par ses conducteurs, d’une université mondiale où les étudiants façonneraient individuellement leur cursus, d’un avion qui carburerait grâce à un réseau social et d’un restaurant open source. Au final, il passe en revue un large panel d’industries et d’institutions qui pourraient bénéficier de l’approche que Google a mise en œuvre et qui l’a mené au succès. Ce livre, conclue Jarvis dans sa présentation, “ne parle pas de Google, mais de vous”.

Y a t-il un éditeur indépendant en France ? (et courageux)

Le fait que ce livre ne soit pas disponible en Français et ne fasse l’objet d’aucune promotion est particulièrement alarmant. Combien d’autre livres ont été auto-censurés de la sorte car leur contenus déplaisent à l’industrie des média ? Mystère.

Mais en ce qui concerne celui-là, une chose est sûre, soit vous savez lire l’anglais, le chinois, le japonais, l’espagnol, le coréen, l’allemand (et j’en passe), soit vous n’aurez pas accès à ce morceau de connaissance. Si comme nous cet état de fait vous choque, rassurez-vous, il existe peut être une solution.

Il existe encore un France bon nombre de petits éditeurs. Habituellement, ceux-ci n’ont pas l’occasion de passer des deals avec des géants comme Harper Collins, mais là, il y a peu être une opportunité à saisir. Si vous êtes un éditeur et que vous souhaiter entrer en contact avec Jeff Jarvis, contactez-nous.

Y a t-il des lecteurs que cela choque ?

Si c’est votre cas, que vous trouvez cette auto censure choquante, commentez ce billet, demandez ici publiquement au monde de l’édition Française de passer outre cette auto censure. Plus vous serez nombreux, plus les éditeurs finiront par s’apercevoir qu’ils passent à coté d’une belle occasion de se démarquer de lot.


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59 commentaires pour cet article

  1. Christophe Jean

    Pire que la cen­sure, l’auto cen­sure… Dans un sys­tème de cen­sure les gens sont tenté de vou­loir chaque fois repous­ser un peu plus loin les bar­rières. Quand il n’y a plus de bar­rières les gens sont “mal­heu­reu­se­ment” pas tenté de s’aventurer à l’abri du “si je vou­lais, je pourrais”.

    Bien entendu, si ce livre sort en France, je serai ravis de ma le pro­cu­rer chez le libraire du coin, sinon, on fera une fois de plus fonc­tion­ner l’économie étrangère…

  2. Antho

    Cela ne me sur­prend pas outre mesure, car mal­heu­reu­se­ment l’appropriation des fon­da­men­taux du mar­ke­ting digi­tal est en France très faible. Je connais beau­coup de pro­fes­sion­nels du lec­teurs qui n’ont jamais mis le nez dans le clue­train, la long tail, le tip­ping point et consorts. Y a t-il seule­ment un VRAI mar­ché de la lit­té­ra­ture busi­ness en France?

    Je vous pro­pose que l’équipe FR de RWW tra­duise le livre de Jeff sous forme de cha­pitre avec son auto­ri­sa­tion un peu à la manière de Kevin Kelly et son “New Rules”: http://www.kk.org/newrules/blog/

  3. Romain Péchard

    @Antho : très bonne idée, mais cela risque de prendre quelques temps avant que la sor­tie du livre tra­duit se fasse. Nous allons ten­ter de nous mettre en rela­tion avec J. Jarvis et voir le volume de tra­vail néces­saire, et ferons peut être un appel à contribution.

  4. Antho

    @Romain: count me in alors!

  5. Fabrice Epelboin

    En atten­dant, si un éditeur indé­pen­dant se mani­feste, il y a tout de même pas mal d’argent à se faire, le Cluetrain et le Long tail se sont bien vendu en France, mal­grè tout, qui plus est, par les temps qui courent où le digi­tal est le seul sec­teur à résis­ter à la crise, les ventes coté agence de pub, de mar­ke­ting et dans la com’ en géné­ral sont assurées.

    Ceci dit, reste à prou­ver aux yeux de tous qu’il y a une demande, et là, les com­men­taires sont là pour ça :)

  6. Cyril

    Je suis très inté­ressé par ce livre, s’il faut le lire en anglais ben je m’y col­le­rais :)
    mais en français je com­mande de suite !

  7. Zephir

    Vraiment dingue tout ça.
    Désolant et pathé­tique, voilà :-(

    Alors oui bien sûr je veux une tra­duc­tion en français sinon… bah sinon on pren­dra la VO sur amazon…

  8. Nicolas

    on va se le tra­duire nous même alors !!
    ensuite on publiera la trad sur nos blogs avec un ver­sion pdf :)

    Et puis ce sera tout !

  9. lovny

    Traduisons le : un cha­pitre cha­cun uti­li­sons l’UGC intelligemment !

  10. Scheiro

    Pas éton­nant cette affaire, car la France est un drôle de pays où tout le monde fait sa loi, les gros comme les petits: en ce moment des mer­deux de 15 ans sont en train d’expliquer — sans rire — au gou­ver­ne­ment com­ment faire des réformes sur l’enseignement… et ça marche. Alors vous ima­gi­nez bien que des groupes comme Lagardère et Vivendi peuvent faire la pluie et le beau temps. Et puis de toute façon, vu la qua­lité de l’enseignement plus per­sonne ne saura bien­tôt lire. Dommage pour Jeff Jarvis qui pour­tant me semble être un auteur qui devrait être tra­duit rapidement.

  11. Nicolas

    J’aimerais bien entendre une réponse du monde de l’édition au sujet des rai­sons pour lesquelles ce livre n’est pas tra­duit. Sans cette réponse mes inquié­tudes concer­nant les accoin­tances entre presse/édition/gouvernement/bigbusiness (la théo­rie du com­plot, oui, oui) trou­ve­raient un fon­de­ment rela­ti­ve­ment solide.

    Espérons que nous ne soyons pas tombé si bas…

  12. Nicolas

    Max Milo — je prends les paris qu’ils se bat­tront pour l’avoir : excellent éditeur, qui plus est ;-)

  13. Christophe Jean

    @Scheiro >
    Superbe men­ta­lité basée sur la géné­ra­li­sa­tion en plus d’être hors sujet.
    “Les petits mer­deux” réagissent — sans doute — parce que les prin­ci­paux concer­nés, c’est eux, que per­sonne ne va bou­ger à leur place et que pour eux (et leur pro­fes­seurs) le fait de sup­pri­mer des emplois dans l’éducation n’est jus­te­ment pas une bonne solu­tion pour éviter que “plus per­sonne ne sache lire” à moins que la famille ait les moyens de payer une école privée.

    Pour les autres, la tra­duc­tion “com­mu­nau­taire” semble en effet être une solu­tion plu­tôt bonne pour rendre ce livre acces­sible à tout les fran­co­phones mais quid de la rému­né­ra­tion du tra­vail de Jeff Jarvis ?

  14. chrisc

    une rec­tif sur ce papier : Si Lagardère est bien le pre­mier groupe d’édition en France, le second n’est pas Vivendi qui s’est séparé de son pôle édition en 2002 (Vivendi Universal Publishing) devenu Editis, et rache­tée par le groupe Wendel, pré­sidé par Ernest Antoine Sellière. Wendel a revendu Editis à l’espagnol Planeta en mai der­nier après une superbe opé­ra­tion de LBO qui a per­mis au petit staff de Sellières d’empêcher plu­sieurs cen­taines de mil­lions d’€ de plues-values… Bref le 2eme groupe d’édition en France est donc espa­gnol. Je ne connais pas le teneur de ce bouquin de Jeff Jarvis mais je ne crois pas au com­plot des éditeurs.

  15. Louis

    est-ce que vous pour­riez appor­ter le début d’une preuve ? une réac­tion d’un éditeur, n’importe quel élément fac­tuel. en fait avez vous fait une enquête ou est-ce sim­ple­ment votre opinion ? 

    en cher­chant 2 minutes sur Amazon j’ai trouvé 4 livres consa­cré à Google édité en France (il y en a pro­ba­ble­ment d’autres) : la révo­lu­tion google de john bat­tle eyrolles ed. ; la révo­lu­tion du mana­ge­ment, le modèle google de girard ; la face cachée de google de ippo­lita ; le réfé­ren­ce­ment sur google. 

    Donc disons que l’affirmation selon laquelle Lagardere inter­di­rait toute publi­ca­tion sur google en France est maté­riel­le­ment fausse.

  16. Damien Douani

    Pour rejoindre mes amis auteurs de RWW Romain et Fabrice, je pense que s’il se confirme qu’aucun éditeur ne désire se lan­cer dans l’expéreince, une édition tra­duite de manière com­mu­nau­taire et “crowd­sour­cée” pour­rait être une magni­fique appli­ca­tion de ce qui semble se des­si­ner dans ce livre.

  17. Fabrice Epelboin

    @Louis oui, bien sûr, en pra­tique, tout est dans les liens, ce qui me semble evi­de­ment mais qui ne l’est pas for­cé­ment pour tout le monde : http://www.buzzmachine.com/2008/12/16/try-life-without-google-france/

    Par ailleurs, il y a bien plus de livre encore sur Google, mais si vous reli­sez cal­me­ment l’article, vous trou­ve­rez que les cir­cons­tance vis à vis de Google sont par­ti­cu­lières depuis quelques semaines, la poli­tique du gou­ver­ne­ment face à inter­net a changé depuis quelques mois, et que le contenu du livre de Jarvis n’a aucun rap­port avec les livres que vous citez.

  18. louis

    il y a deux groupes d’éditions en France, ils sont contrô­lés par le gou­ver­ne­ment or le gou­ver­ne­ment est contre google donc le livre de jar­vis n’est pas publié. voila votre raisonnement. 

    si ce rai­son­ne­ment est évident pour vous, il n’en demeure pas moins qu’il faut le prouver. 

    don­nez nous par exemple une cita­tion qui expri­me­rait la posi­tion du gou­ver­ne­ment français sur Google.
    mon­trez nous qu’il est impos­sible de publier en France, chez aucun éditeur, un ouvrage qui ne soit pas favo­rable au gou­ver­ne­ment. mon­trez nous pourquoi un petit éditeur n’aurait aucun inté­rêt à dif­fu­ser un “best-seller” refusé par ses confrères.
    ou bien don­nez nous le nom des éditeurs contac­tés par jar­vis qui ont refusé de l’éditer parcequ’ils ont subi des pressions.

  19. Taiji

    Comment expliquer qu’un suc­cès d’édition quasi cer­tain ne soit pas publié ? Pas la peine de plon­ger dans la théo­rie du com­plot, il suf­fit de prendre conscience qu’il s’agit for­cé­ment d’un choix stra­té­gique des lea­ders de l’édition. Et un choix stra­té­gique peut-être guidé par des moti­va­tions diverses et variées. Rien ne sert de spé­cu­ler ici sur ces moti­va­tions puisque, sans enquête d’investigation appro­fon­die, cela res­te­rait de la pure spéculation…

    Pour l’instant peu importent les causes, concen­trons nous sur l’objectif : dis­po­ser de cet ouvrage en français que ce soit par l’intermédiaire d’un éditeur ou d’un tra­vail de tra­duc­tion en accord avec l’auteur.

  20. Moktarama

    C’est assez incroyable tout de même ! Ce mec est un gou­rou des nou­veaux médias, on trouve son nom dans des articles de toutes langues, mais nooooon, pourquoi ça se ven­drait en France, le pays ou Google a peut-être la plus grosse part de marché ?

    Effectivement, si un micro-éditeur — et je pense qu’on peut même aller du côté de la socio­lo­gie ou de la philo — est inté­ressé pour “faire un coup” et se ren­flouer en cette période de crise, j’aurais ten­dance à pen­ser que c’est le livre fait pour ça ! De toute manière, il est assuré d’en vendre au moins quelques mil­liers rien qu’avec les blo­gueurs et jour­na­listes — sans oublier les chefs d’entreprise.

  21. Laurent

    Il n’y a pas qu’en France qu’on parle Français.
    Quid des Canadiens ? Peut-être va-t-il être tra­duit chez eux ? En Belgique et Suisse, peut-être y a-t-il d’autres groupes de presse qu’en France, moins sujets que les Français à l’auto-censure…

  22. Hubert Guillaud

    hum.

    Je crois que tu vois là une auto-censure volon­taire, alors qu’il n’y a que de l’incompétence.

    Comment ça se passe, ce genre de choses, nor­ma­le­ment ? C’est simple. Beaucoup d’éditeurs de la pla­nète pro­posent leurs titres à la tra­duc­tion et à la vente. Cela fait rare­ment lieu de véri­tables enchères, sauf sur quelques très grands best-sellers (et le livre de Jarvis n’entre pas dans cette caté­go­rie, sois en sûr : il n’est pas une star, ni un auteur reconnu). La plu­part du temps, l’éditeur ori­gi­nel contacte des éditeurs ou des groupes d’édition qu’il connait. Rarement pour un titre, sou­vent les éditeurs pro­posent des cata­logues entiers de titres, de nou­veau­tés à acheter

    J’imagine qu’HarperCollins a pro­posé son titre aux sec­teurs achat de droit de Lagardère et d’Editis. Ici, les ache­teurs n’ont qu’un court synop­sis en anglais, quelques rares indi­ca­tions. Le livre de Jarvis est un pre­mier essai, sur Google (un de plus), il n’avait aucune rai­son par­ti­cu­lière d’attirer l’attention d’un ache­teur qui n’est pas spé­cia­liste, d’autant qu’il gère en même temps l’achat d’autres titres, bien plus impor­tants. HarperCollins est-il allé plus loin qu’une pro­po­si­tion à deux par­te­naires pri­vi­lé­giés ? Peut-être pas. Sans comp­ter que ces ache­teurs ont plu­tôt ten­dance à ache­ter des gros romans et des vrais best-sellers en terme d’essais (La longue traîne, s’est peut-être bien vendu, mais n’est pas un best-seller de l’essai). 

    Je ne crois pas vrai­ment à la thèse de l’auto-censure, très para­noïaque et complotiste. 

    Mais ce billet est une bonne nou­velle, je ne serais pas étonné qu’un éditeur plus petit ou qu’une filiale de ses mas­to­dontes signent le livre signe dans les pro­chains jours cette traduction.

  23. leafar

    Bon ben je vais le lire en anglais cela va aller plus vite. Dommage, pour ceux qui ne sont pas bilingue et pour l’édition en général.

    Apres pourquoi pas pro­po­ser une tra­duc­tion gra­tuite par les lec­teurs, cela serait un joli pieds de nez.

    je pro­pose de tra­duire qq pages si vous lan­cez l’initiative, apres tout quel bel exemple pour la théo­rie meme de Jarvis ;-D

  24. Fabrice Epelboin

    Effectivement, mon appel à des éditeurs indé­pen­dants et cou­ra­geux est un peu pro­voc, les grosses boites comme Harper Collins ont des accords établis avec d’autres grosses boites d’édition Françaises, mettre en péril un tel par­te­na­riat pour un seul livre est loin d’être évident.

    Pour ce qui est de la théo­rie du com­plot, je me contente de rap­pro­cher deux faits : les menaces d’un des diri­geants de Lagardère vis à vis de Google et le fait — que nous appel­le­rons donc hasard plu­tôt que com­plot — qu’un livre qui fait l’apologie de Google soit bla­ck­listé en France. Je ne crois pas moi même à une théo­rie du com­plot, juste à un sys­tème en place où l’ensemble des com­po­santes, sans coor­di­na­tion par­ti­cu­lière, cherche à pré­ser­ver ses inté­rêts, quitte à aller dans le sens contraire de l’histoire (de l’intérêt col­lec­tif, de la démo­cra­tie, etc). Je doute fort que Mr Lagardère ou Sarkozy aient décro­ché leur télé­phone pour cen­su­rer quoi que ce soit, ni même qu’il aient fait pas­ser la moindre consigne en ce sens.

    Pour ce qui est de crowd­sour­cer la tra­duc­tion, ça ne me semble pas du tout évident sur le plan de la négo­cia­tion de droits… L’idée est sédui­sante, mais d’un point de vue juri­dique, cela me semble un chouïa uto­pique.
    Ceci dit, publier les ‘bonnes feuilles’ semble bien plus fai­sable (que ce soit sur le plan du tra­vail de tra­duc­tion que sur le plan juri­dique). Je retiens l’idée, on fera cela début 2009.

    @Laurent Les Canadiens parlent anglais, ce sont les Québécois qui parlent Français, ceci dit, ils sont tous bilingues ou presque, donc pas vrai­ment génés par tout cela.

  25. Hubert Guillaud

    Il n’y a aucun élément pour dire que le livre est “bla­ck­listé” Fabrice. C’est peut-être l’avis de Jeff Jarvis et le tien, mais vous n’en appor­tez aucune preuve. Un fais­ceau de conjonc­tion ne fait pas preuve, tout sim­ple­ment parce qu’il n’y a aucun lien la plu­part du temps entre les poli­tiques d’achats de titres étran­gers et la poli­tique des mai­sons d’édition. 

    Encore une fois, connais­sant le fonc­tion­ne­ment de l’édition, je ne pense pas que ce soit le cas. Et je ne serais pas sur­pris — si l’achat de droit n’est pas trop élevé — que ce livre trouve pro­chai­ne­ment pre­neur, chez un éditeur indé­pen­dant ou dans une filiale de ces grands groupes. La plu­part des éditeurs — hor­mis pour de très gros best­sel­lers et des auteurs mon­diaux à la Dan Brown, mais cela ne concerne que quelques éditeurs qui peuvent faire l’avance astro­no­mique qui va avec — ne sont sou­vent pas au cou­rant des titres qui se publient dans toutes les mai­sons d’édition de la pla­nète, leur réseau de veille s’intéresse sou­vent à des livres déjà parus qu’à des livres à paraître, ça per­met aussi de mieux mesu­rer le suc­cès pos­sible et son report dans une autre langue et un autre pays.

  26. Fabrice Epelboin

    Encore uns fois, je voie là de l’auto cen­sure. Pas un com­plot. Par contre, j’ai du mal à sous­crire à la théo­rie de l’incompétence…
    L’avenir nous dira com­ment tout cela va se pas­ser, mais ‘attendre pour voir’, fran­che­ment, je n’y crois pas un ins­tant (com­ment expliquer qu’une mul­ti­tude d’autres pays en soit à ter­mi­ner la tra­duc­tion et n’ai pas attendu quoi que ce soit ?), sur­tout dans un pays ou l’édition ne se porte pas si mal, et où Google domine encore plus qu’ailleurs.

  27. narvic

    Jeff Jarvis est clair : il indique que la France est le seul pays où son livre n’a pas trouvé d’éditeur et que la réponse qui lui a été faite est que les éditeurs français cher­chaient des livres polé­miques anti Google et pas des livres favo­rables à Google.

    Je ne sais pas si les termes de cen­sure, d’auto-censure ou de bla­ck­lis­tage conviennent, mais qu’un tel livre ne trouve pas d’éditeur de pre­mier plan en France me semble un très réel problème.

  28. Hubert Guillaud

    @narvic : La France n’est cer­tai­ne­ment pas le seul pays où le livre n’a pas été vendu car à part cer­tains auteurs de polars, rares sont les livres qui sont pré­ache­tés avant leur com­mer­cia­li­sa­tion dans toutes les langues ;-). Nous connais­sons très bien Jarvis et le consi­dé­rons comme une per­son­na­lité de pre­mier plan, mais cela est tout de même très très rela­tif (il y a une foule consi­dé­rable de très bons livres amé­ri­cains qui ne sont jamais tra­duits, et inversement). 

    Je n’en reste pas moins per­suadé que ce billet va aider à ce qu’il trouve un éditeur. Mais que ce n’est ni l’auteur ni le sujet qui est en cause, ni le fait que livre soit pro-Google plu­tôt qu’anti. J’aurais ten­dance à dire au contraire. ;-)

  29. FPM

    Alain Joannès, sur Journalistiques, aborde lui aussi la ques­tion de “l’aveuglement” de la presse française.

    http://www.journalistiques.fr/post/2008/12/17/La-crise-de-la-presse-est-parfaitement-logique#comments

    (oui, je lui ai “souf­flé” ce thread).

    Je crois qu’il dresse une excel­lente ana­lyse de la situa­tion actuelle, et de la volonté des éditeurs de se “vic­ti­mi­ser” face à Google. Qui dit vic­time dit indem­ni­sa­tion, non ?

  30. bituur esztreym

    un éditeur qui serait cer­tai­ne­ment très heu­reux de le publier en français : In Libro Veritas — http://inlibroveritas.net/ — si J.Jarvis est dis­posé à le publier sous licence libre… ! ça pour­rait être un joli pied de nez à “l’édition fraançaiseuh”…

  31. Fabrice Epelboin

    @Hubert Ce n’est pas du tout l’avis de Jeff Jarvis, l’auteur du livre en ques­tion, bien placé pour savoir de quoi il parle, et qui écrit clai­re­ment dans BuzzMachine qu’une mul­ti­tude de pays ont pré-acheté le livre et qu’il n’a ren­con­tré des dif­fi­cul­tés qu’en France, où on lui a clai­re­ment dit que les éditeurs cherchent des conte­nus à charge contre google. Relis son billet (cf lien), il est par­fai­te­ment expli­cite sur le sujet. Je t’engage à entrer en rela­tion avec lui si tu sou­haite en savoir plus, de notre coté, nous publie­rons au fur et à mesure les avan­cées sur ce sujet, mais si tu cherche à faire men­tir ce billet, com­mence par t’attaquer à la source, pas à nous. Cette info est en pro­ve­nance de Jeff Jarvis, une fois de plus, pas de nous. 

    Sinon, oui, à moins d’un contrat d’exclusivité béton, deux éditeurs nous ont déja contacté pour entrer en rela­tion avec Jarvis, il y a de bonnes chances pour qu’il arrive, mal­gré tout, en France, mais sans la promo ‘habi­tuelle’. Reste un ques­tion : sans une geu­lante de la part de blog­geurs, aurait-ce été le cas ? Coté promo, j’imagine que du coté de la Fing et de Lacantine, les portes sont ouvertes pour lui offrir un tri­bune ? Car une chose est sûre, les pla­teaux télé et les colonnes des jour­naux, eux, seront fer­més, à double tour.

  32. molloy

    Editeur indé­pen­dant. je ne vois pas dans le refus des éditeurs français l’ombre d’une (auto) cen­sure… mais tout sim­ple­ment un choix com­mer­cial. Je ne suis pas sûr que le sujet pas­sionne tant que cela les Français. C’est une simple his­toire d’investissement :
    10 000 euros d’à valoir
    10 000 euros de tra­duc­tion
    10 000 euros de fabri­ca­tion
    10 000 euros de lan­ce­ment
    40 000 euros, soit un point mort à 20/25 000 exem­plaires ven­dus…
    Si vous y croyez tant que cela, je vous envoie mon RIB bancaire…

  33. Fabrice Epelboin

    @molloy Etonnant… com­ment expliquer que cela passe dans des pays bien plus petits et avec des langues bien plus exo­tiques que le Français ? (au pas­sage, la Francophonie, du point de vue du mar­ché de l’édition, dépasse de très loin la France comme mar­ché)
    Pourquoi, alors que la France est l’un des pays où Google connaît le plus de suc­cès, un tel refus ? Pourquoi cette réponse faite à Jarvis ? On ne lui a pas répondu que son livre n’avait pas la moindre chance de suc­cès en France, mais que l’on cher­chait un livre ‘à charge’, pourquoi, enfin, comme le sou­ligne un com­men­ta­teur, existe-t-il autant de livres sur Google publiés en Français ces der­nières années ?

    Ceci dit, Stephen, si ce que vous sous enten­dez est un appel public à contri­bu­tion pour finan­cer la publi­ca­tion en France, contac­tez nous, cela peut s’envisager pour peu que Harper Collins soit d’accord. J’attends de vos nou­velle (ou pas).

  34. ppmartin

    Je pense comme @molloy que c’est un faux débat, mais pour une autre rai­son: les français pas­sion­nés par inter­net et capables de mettre en pra­tique les recom­men­da­tions de Jarvis devraient être par­fai­te­ment capable de lire son livre en VO.

    On ne dépense tout de même pas des for­tunes en for­ma­tion lin­guis­tique dans l’éducation natio­nale pour ensuite devoir sys­té­ma­tique­ment tra­duire en français tous les ouvrages anglo-saxons.

    A ce pro­pos, il est assez frus­trants que tant de films anglo-saxons soient proje­tés en ver­sion “dou­blées” en france.

    Dans les pays nor­diques, les films étran­gers sont sys­té­ma­tique­ment pas­sés en “sous-titrés” et non en “dou­blés”. Résultat: il y a beau­coup de scan­di­naves bilingues.

    Cela dit, un éditeur Québécois pourra peut-être rele­ver le défi de @fabrice pour la gloire de la francophonie.

    PPM
    Hong Kong

  35. Fabrice Epelboin

    @ppmartin pas sûr de bien vous com­prendre… les films étran­ger sont sys­té­ma­tique­ment dou­blés en France (je sus d’accord, c’est nul), on dépense ‘des for­tunes’ en for­ma­tion lin­guis­tique (et le niveau d’anglais des Français est l’un des plus faibles d’Europe), donc pas besoin de tra­duire les bouquins… Ça manque un peu de logique, non ?
    Si votre argu­ment est de dire que le niveau d’anglais en France est nul et que bloquer l’accès au savoir à ceux qui ne sont pas bilingues est un bon moyen de les moti­ver, pourquoi pas, mais com­mençons par les films à la télé (qu’on peut — doit — dif­fu­ser en bilingue très faci­le­ment d’ailleurs).

  36. ppmartin

    I see your point, @Fabrice, so let me fur­ther cla­rify my ear­lier remark and dif­fe­ren­ciate bet­ween movies and busi­ness books.

    First, concer­ning movies, I think it is a case of self-fulfiling pro­phecy, as if anglo-saxon TV pro­grams (as your cle­verly sug­gest) and anglo-saxon movies were not dub­bed in France, it would incen­ti­vize “Joe Public” — or rather Mr Martin ;) — to bet­ter mas­ter “International English”.

    Second, busi­ness books are a gene­rally simi­lar yet dif­ferent story: although the ave­rage french per­son may not be as fluent in English as one might wish, you would at least expect the “tar­get mar­ket” for Jeff Jarvis’ book to be fairly fluent the “lan­guage of business”.

  37. Romain Péchard

    @ppmartin : et com­ment fait-on pour les per­sonnes qui ne sont pas des pas­sion­nés d’Internet et/ ou qui n’ont pas un niveau d’Anglais suf­fi­sam­ment élevé pour com­prendre le lan­gage de Sheakspeare ? devons-nous lais­ser ces per­sonnes pas­ser à côté d’ouvrages non grand public ? Nous espé­rons que non, c’est la rai­son pour laquelle nous avons lancé RWW France d’ailleurs.

  38. Fabrice Epelboin

    @ppmartin You would be ama­zed how bad english is spo­ken, and event worse, read here in France. Of course, loo­king at that from HK could be mis­lea­ding, but believe me, things are very bad here. Only Spain is as bad as us when it comes to spea­king english.
    I’ve been wor­king in the tech indus­try for more than 15 years, and most people I wor­ked with will not read an english book… Sounds weird, but that’s a hard fact.
    Digital lite­racy is very very low here, and it’s star­ting to be a major pro­blem, as Romain said, this was one of the rea­son we laun­ched RWW in France.

  39. ppmartin

    Merci, @Romain et @Fabrice, votre démarche est tout à fait louable… et je la sou­tiens en lisant et com­men­tant les articles de RWW ;)

  40. Michael Boamah

    Moi ça me choque … je vais me faire éditeur si ça continue

  41. seekoeur

    Je rejoins un peu l’avis de @PPM.
    Cet article invite à lire le livre le plus vite pos­sible en anglais tant il pré­sente un point de vue ori­gi­nal sur Google, où plu­tôt sur notre rap­port à cette entre­prise. Comme @ppm je pense que les fran­co­phones qui s’intéressent au sujet lisent l’anglais et n’ont nul besoin de trou­ver l’ouvrage en français. Néanmoins, le publier en français est une très bonne idée, ne serait que pour s’approprier autre­ment les idées de Jarvis. L’anglais pour les décou­vrir, les com­prendre, le français pour les vivre, les res­sen­tir. Je ne vois de pro­blèmes nulle part ? Vivement qu’un éditeur fran­co­phone saute sur cette oppor­tu­nité et merci pour ce billet.

  42. carole

    Je suis en mas­ter “Edition”. Je ne pense pas que l’on puisse par­ler de cen­sure pour ce livre, en tous cas pas au niveau natio­nal (pour les gros éditeurs que vous citez, je veux bien vous croire). Le seul pro­blème — et c’est sans doute pour cela que la pos­si­bi­lité de publier le livre de Jarvis en France s’est offerte d’abord aux deux plus grands éditeurs français -, ce doit être le prix des ces­sions de droits. N’importe quel petit éditeur indé­pen­dant serait ravi de publier un livre à suc­cès, mais il lui faut les fonds pour avan­cer au préa­lable (avant toute ren­trée d’argent) la somme cor­res­pon­dant à la ces­sion des droits en langue française, qui peut être exor­bi­tante (par­fois des éditeurs acceptent de payer d’énormes ces­sions, impos­sibles à recou­vrir, pour avoir des “pro­duits d’appel” et faire connaître sa mai­son d’édition). Si les droits de ces­sion s’avéraient cor­rects, alors ce serait une autre his­toire et l’on pour­rait par­ler de cen­sure. Il faut faire le tour de petites mai­sons d’éditions et les convaincre de publier le livre de Jarvis. S’il est des­tiné à se vendre bien et si les droits sont acces­sibles, vous devriez avoir plus de mai­sons inté­res­sées que vous ne le pensez.

  43. Fabrice Epelboin

    @carole Certes, c’est bien les ‘gros’ que je mes en cause dans ce billet…

  44. Transcontinental

    D’abord, merci à Fabrice Epelboin pour son article, inté­res­sant, ins­truc­tif.
    S’agit-il d’auto-censure ou plu­tôt d’un creux d’intérêt de la part des éditeurs “ins­ti­tu­tion­nels” français pour un sujet qu’ils ima­ginent peut-être américano-américain? Ce en quoi ile auraient bien tort. Mais enfin, ils doivent bien avoir une rai­son que j’ignore pour pareille­ment éviter un livre-évènement que ce “What Would Google Do?” … qui sait, il n’est pas trop tard pour bien faire, n’est-ce pas?

  45. marco

    y’a qu’à chan­ger le titre :

    “What Would Quaero Do?”

  46. Bertil Hatt

    J’ai com­menté direc­te­ment sur le billet de Jarvis — mais un mot rapide pour dire que s’il vous faut des tra­duc­teurs, ou faire une syn­thèse du bouquin, je suis dispo; je l’achèterai pro­ba­ble­ment le jour de la sor­tie, en bas de chez moi ou en ligne.

  47. Jane

    Pas mieux, c’est fou!

  48. Dominique Dupagne

    Google a fait bien plus que révo­lu­tion­ner la recherche, il a révo­lu­tionné l’évaluation de la qua­lité en géné­ral (voir le lien).

    Mais dans le cas pré­cis, ce sont sans doute les pré­ten­tions exor­bi­tantes de l’éditeur amé­ri­cain asso­ciées au minus­cule mar­ché français qui expliquent ce “trou”. Si le livre marche bien, il sera dif­fusé en français. Le pro­blème aussi réside dans le fait que sur ce sujet par­ti­cu­lier, les lec­teurs poten­tiels sont sou­vent anglophones.

  49. Malo

    Au moins 10 per­sonnes nous ont envoyé le lien vers cet article assez bien titré pour pro­voquer mais démon­trant sur­tout la mécon­nais­sance du métier d’éditeur :).

    Comme heu­reu­se­ment 2 ou 3 per­sonnes le sou­lignent dans les com­men­taires, ce n’est pas si simple. Le mar­ché pour un tel livre est déri­soire au regard des inves­tis­se­ments. Malgré sa noto­riété (très rela­tive) dans la blo­go­sphère, l’auteur est tota­le­ment inconnu du public. Un tel livre peut se vendre à quelques mil­liers d’exemplaires pas en dizaines de milliers…

    Alors par­ler de cen­sure, quelle blague :).

    Malo
    M21 Editions
    Un éditeur amusé de ces polé­miques sur des com­plots fumeux

  50. Fabrice Epelboin

    Certes Malo, mais la polé­mique vient avant tout des pro­pos rap­por­tés par Jeff Jarvis, jettes un oeil à son billet (en lien dans l’article), des pro­pos qui rap­portent une volonté d’éditeurs Français (dont tu ne fais pas parti, bien sûr) de publier des livres cri­tiques vis à vis de Google. Tout n’est pas si simple, mais de là à croire aux bisou­nours et à l’absence de com­plot des lob­bys de l’indutrie cultu­relle (et des lob­bys de la Presse écrite) contre Google (et YouTube), il y a de quoi rigoler.

    Pour info :
    1) plu­sieurs livres (cri­tiques) sortent sur Google dans les semaines à venir, nous vous tien­drons au cou­rant sur RWW. Curieusement, il semble que cer­tains livres sur le sujet, eux, soient publiés… curieux, non ?
    2) J’ai été éditeur, pour le compte de Larousse, Plon et, entre autres, Dorling Kindersley au début des années 90.

  51. Fabrice Epelboin

    Pour enfon­cer le clou, le livre de Jarvis vient de sor­tir en Allemagne… En France, toujours rien…

    Share photos on twitter with Twitpic

  52. toto

    +1

  53. rofo

    Peut être les éditions JCL au Québec qui ont déjà édité AMEN de Henri BELLOTTO un français de Grenoble.

  54. Jean-Lou Bourgeon

    Bien, on en est où . Trouvé un éditeur ? Pour info, semaine der­nière, Francis Pisani en par­lait sur son Transnets (http://pisani.blog.lemonde.fr/2009/05/01/what-would-google-do-exemple-ou-menace/)

    Qui a tra­duit ? Quand pourra-t-on l’acheter.

  55. Fabrice Epelboin

    A ma connais­sance, le livre n’a toujours pas trouvé d’éditeur en France. Il ne vous reste plus qu’à le lire en anglais.

  56. hillson

    Il a fallu 8 ans pour voir tra­duit LES NETOCRATES en français…
    C’est un peu la même chose. Ca parle d’Internet, de réseaux, etc.

  57. Al-Kanz

    2 mois plus tard, où en est-on ?

  58. Fabrice Epelboin

    @hillson Certes, mais il faut avouer qu’à l’époque, les auteurs des Netocrates étaient incon­nus. Le livre est par ailleurs beau­coup moins grand public que celui de Jeff Jarvis. Indispensable ceci dit.

    @Al-Kanz On y est arrivé, grâce à FaberNovel et un petit éditeur cou­ra­geux : Télémaque.

    http://fr.readwriteweb.com/2009/07/04/nouveautes/mthode-google-livre-de-jeff-jarvis-sort-enfin-en-france/

  59. frank

    assez de l’auto-censure.
    seuls 2 groupes de presse decident de ce qu’on a le droit de lire !!! Hallucinant.
    tres belle phrase : France, pays des lumieres qui s’enfonce de + en + dans l’obcurantisme…

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