
Voilà qui va faire plaisir à Frédéric Cavazza : Forterra Systems, une société qui fourni des univers virtuels au monde de l’entreprise, sortira sous peu une étude intitulée “Les recettes du succès en l’entreprise dans les univers virtuels” et dont les conclusions sont prometteuses. Nous avons eu la primeur de cette étude, basée sur des expériences pilotes conduites en partenariat avec Accenture et ACS, qui ont utilisé la technologie de monde virtuels de Forterra appelée OLIVE (On-Line Interactive Virtual Environment).
L’une des conclusions les plus intéressantes de cette étude est que les mondes virtuels sont non seulement plus incitatifs mais également moins coûteux à mettre en œuvre que des systèmes audio ou web de téléconférence, bien que, nous le verrons, il reste encore pas mal de challenges à relever du point de vue de l’usabilité et du point de vue technique.
Il y a eu beaucoup d’espoirs – et pas mal d’effet de mode l’année dernière – sur l’utilisation des mondes virtuels en entreprise pour la formation et la collaboration. En janvier, nous passions en revue l’analyse de Forrester sur l’utilisation des monde virtuels sur le lieu de travail, qui affirmait que “d’ici cinq ans, l’internet en 3D sera aussi important au travail que l’est le web aujourd’hui”. Au jour d’aujourd’hui, il reste encore beaucoup à faire avant que les monde virtuels soient suffisamment ‘user friendly’ pour s’attaquer sérieusement au monde de l’entreprise – “vous devez être un «gamer» pour tirer parti de ces outils”, soulignait Forrester en janvier dernier. Ceci dit, Forrester citait également plusieurs grands comptes qui investissaient dès à présent dans ce type de technologie : BP, IBM, Intel, et l’armée américaine.
La question à un million de dollars est, bien sûr, de savoir si les mondes virtuels peuvent devenir des outils sérieux en entreprise, ou de savoir s’il ne sont destinés qu’à rester un truc sympa destiné à animer un site web tel que celui de Coca Cola. L’étude de Forterra donne a voir comment les entreprises pourraient utiliser ces outils à l’avenir.
Avant tout, une explication s’impose sur les outils de Forterra. Son principal produit OLIVE, qu’ils décrivent comme “une plateforme client-serveur distribuée pour construire des mondes virtuels”, propose une API, des contenus 3D sous licence, l’intégration de technologies tierces, et des outils pour créer et éditer des mondes virtuels.
Les mondes virtuels vs. les web conférences
Forterra fait la comparaison des deux technologies dans son rapport :

A en croire ce tableau (et il est utile de le prendre au conditionnel dans la mesure où tout cela émane d’un marchand d’outils pour monde virtuels), les mondes virtuels ne coûtent pas plus cher à mettre en œuvre qu’un système de web conférence. Les deux points qui restent à régler pour les mondes virtuels sont assez explicites : “prouver son efficacité” et “faciliter l’utilisation pour des novices”. Le rapport de Forrester insistait lui aussi particulièrement sur l’usabilité de ces technologies, mais il faut être honnête, Forterra reconnaît que c’est un réel problème, et le reste de l’étude n’élude pas les difficultés rencontrées par ce nouveau type de technologie.
Comme ACL a testé les monde virtuel pour la formation
Les deux cas d’école testés par ACS et Accenture, en partenariat avec Forterra, ont conclu que cette technologie méritait d’être explorée plus en profondeur dans ses applications possibles au monde de l’entreprise. ACS, une énorme société de consulting (6,2 milliards de dollars de CA et 63.000 employés) a testé la technologie de Forterra pour la formation de quatre de ses gros clients issus du secteur de la finance d’entreprise. L’un des ‘cobayes’ a commenté que “ces [mondes virtuels] deviennent de plus en plus des options à considérer pour la formation, surtout quand on considère l’augmentation de la bande passante et de la puissance des ordinateurs. Les graphiques seront encore meilleurs et les mondes virtuels encore plus immersifs, et ces améliorations ne feront qu’augmenter la capacité de ces produits à servir à des tâches de formation à distance”.
Un autre commentaire d’un des utilisateurs au sein d’ACS était que “bien que les mondes virtuels ne reproduiront pas complètement une véritable interaction en face à face, les entreprises auront à considérer cette option pour certains types de formation, car la faible réduction de l’efficacité d’une telle formation n’est rien en regard des économies réalisées, de la réduction des risques et de l’accroissement global de l’efficacité réalisés grâce à ces technologies”.
Conclusion : un secteur à suivre de près
Les entreprise s’intéressent de plus en plus aux univers virtuels, et ces expériences pilotes montrent qu’il existe encore quelques problèmes à résoudre, mais elles montrent également qu’il y a là de potentielles gains de productivité et une option à creuser pour l’avenir de la formation et de la collaboration en entreprise.
Bien qu’il n’existe pas encore de déploiement massif de telles technologies en entreprise – même Forterra n’en prévoit aucune à court terme – ces technologies pourrait bien nous surprendre dans les années à venir.
A lire également :
- Utiliser Twitter en entreprise : valeur ajoutée et intégration ...
- Où se porte votre regard ? Résultats détaillés d’une étude d’Eye Tracking par Google ...
- Etude du cas Tweetblast : comment gagner des clients grâce à Twitter Qui a dit que Twitter ne servait pas aux marques, et ne permettait pas de l'argent ? Contre-exemple avec la subtile et très simple mécanique qu'a mise en place la société MacHeist, éditrice de logiciels pour Mac, pour gagner facilement des clients. Analyse d'un cas d'usage....
- Twitter annonce-t-il le reporting permanent en entreprise ? ...
- SAP se met au temps réel en entreprise ...
- Utilisation de Twitter en Entreprise : pourquoi et comment ? ...
- Sortie de la première étude sur l’état du piratage des livres Français ...











18 décembre 2008 à 12:24
Super article… Il n’y a que la dernière phrase qui est fausse :-)
Il existe des déploiements massifs en cours dans certaines entreprises et notamment pour ne pas dire principalement en France.
De notre coté, nous portons, seulement nous mais il en existe peut-être d’autres, au moins 3 projets de ce type, qui seront en production au premier semestre 2009, l’un d’entre eux étant déjà en pilote.
Concernant votre remarque sur les coûts de déploiement, cela peut se tenir mais tout est question de contenu de la solution et d’organisation/infrastructure du client… donc je suis d’accord pour dire que ce tableau est très marketing.
On peut faire moins et cher et plus, cela dépends de ce que l’on fait :-)
Merci de cette analyse étayée sur les usages des univers virtuels.
18 décembre 2008 à 12:29
@Pierre-Olivier Mea culpa, aurais-tu des liens pour en savoir plus ? (je n’ai pas cherché de fond en comble sur le site de Cavazza, mais je n’y ai rien vu de cet ordre à priori)
18 décembre 2008 à 12:43
Effectivement cela fait plaisir de voir –enfin — un article de fond sur les univers virtuels. Pour avoir testé les conférences sous les trois formes citées dans l’article je ne peux qu’appuyer le fait que les mondes virtuels apportent vraiment un plus. Ce plus c’est le présentiel, l’affectif et dans une formation ou un meeting cela me semble essentiel.
18 décembre 2008 à 13:21
@Fabrice : Une seule source est peut-être un peu juste, surtout sur ce sujet là en particulier. Ceci étant, le New-York Times n’était pas mieux informé donc l’honneur est sauf ! :-)
Je n’ai pas voulu mettre de lien pour éviter de spammer RWW, mais globalement, nous publions tout ce que nous faisons (et n’est pas confidentiel !) sur nos blogs perso ou pro, suivant les sujets.
http://www.david-castera.com
http://www.pocarles.com
http://www.stonfield-inworld.com
Il y a en d’autres, mais je vais pas mettre tout Stonfield InWorld non plus :-)
Je pense qu’il y a notamment une vidéo que nous avons fait il y a quelques mois, qui me semble pédagogique sur les usages des Univers Virtuels. Elle est visible ici :
http://mondes-virtuels.stonfield-inworld.com/une-journee-avec-linternet-3d-dans-la-vie-dun-jeune-cadre/
Tout ce qui est là-dessus n’est pas le futur mais ce que nous faisons aujourd’hui, y compris le passage avec l’imprimante 3D.
18 décembre 2008 à 14:02
@Pierre-Olivier Heu… en même temps, l’info sur le sujet que l’on trouve dans le New York Times, c’est de nous ;)
Merci pour ces liens :)
18 décembre 2008 à 15:17
moi je dis ok, mais qui peut expliquer ça au Firewall de ma société… ?
18 décembre 2008 à 20:42
@Fabrice : Ah désolé… Ben alors, c’est entièrement de ta faute ! :-)
@Fred : En général, le Directeur Financier mesure le ROI, le communique au DG qui demande aussitôt au DSI de demander au Firewall de faire un effort rapide et suffisant :-)
18 janvier 2009 à 22:05
En même temps, sans vouloir faire mon trouble fête, il faut observer que le commanditaire de l’étude est une société de mondes virtuels et non un organisme indépendant…
18 janvier 2009 à 22:10
Absolument, vous noterez que nous y faisons clairement mention dans l’article.