Fabrice Epelboin, qui est l’un des piliers de ReadWriteWeb France, pose la question dans une interview qu’il a donné lors des rencontres d’Autrans 2009. Il ouvre le débat sur la diffusion des contenus numériques, l’impact supposé du piratage, et la réforme des copyrights. Les Creative Commons sont une première réponse à cette réforme, cruciale pour la “génération digitale” dont les nouvelles habitudes de consommation bouleversent l’ordre établi.
Les remarques de Fabrice sont justes, et me semblent faire partie d’une réflexion globale enclenchée depuis des années, mais à qui le numérique donne un coup d’accélérateur magistral. La réflexion autour des copyrights et de leur ré-aménagement n’est qu’une partie de la remise en cause totale de la chaine de la valeur de la création au global, avec des spécificités ensuite selon le medium (écrit, parlé, filmé).
Le numérique apporte avec lui, identiquement à Gutenberg en son temps, la capacité de dupliquer à l’identique une création et d’en simplifier la diffusion. Mais ici les reproductions se font à l’infini à un coût marginalement décroissant, sans perte de qualité, et la diffusion est facilitée par le format “dématérialisé” qui permet de démultiplier les canaux et les supports de lecture. Mais là où le numérique porte le coup de grâce au schéma mit en place au XXe siècle, c’est concernant les monopoles de la production et de la diffusion : dans un monde numérique, fini les imprimeurs ou les “presseurs” de disques industriels, le schéma tourne à l’avantage de structures plus légères, jusqu’à descendre au consommateur qui peut devenir lui-même producteur et diffuseur, via éventuellement des plateformes mutualisées et indépendantes des acteurs traditionnels. C’est cette “confusion de genres”, inédite depuis que l’industrie de la culture existe, qui porte atteinte à la logique de copyright et déstabilise les institutions actuelles qui ne savent plus comment réagir . Sauf à diaboliser bien sur, la peur étant un réflexe pavlovien surtout face à l’inconnu.
Or, cette situation inédite ouvre un champ des possibles incroyable, or l’essence même de l’innovation est de naviguer en avenir incertain (ce qui est d’autant plus inconfortable et porteur de dissonance cognitive pour beaucoup de nos capitaines d’industries). Cela ne fera pas sans casse, inévitablement. A l’instar des années 70-80 et des douloureuses restructurations industrielles (notammet du charbon, du textile et de l’acier), le numérique apporte avec lui la nécessité de revoir son outil de production au global pour le repositionner face à un consomm’acteur désormais au centre du mécanisme. Comme toujours, on a vu venir le risque de loin… La musique a été la première à y passer… et tous les autres attendent leur heure, partagés entre anticiper au mieux les choses, et retarder l’échéance. D’où le mouvement de fond gouvernemental actuel, très nettement lié à des lobbys qui espèrent pouvoir enrayer “quelque chose”. Or ce “quelque chose” étant une hydre aux mille têtes et le débat assez “technique”, il faut emporter l’adhésion de la population en surfant sur deux sujets “compréhensibles” : les vils pirates qui saccagent la création culturelle, et l’internet comme zone de non-droit pour nos enfants, sujets assez “épidermiques” pour permettre de brouiller tout débat serein et construit.
En fait, la précipitation avec laquelle agissent les acteurs aujourd’hui est une réaction d’urgence face à une situation inconnue qui les dépasse, et face surtout à une génération “digital native” qui maitrise totalement ce nouveau monde et ses codes. Ne pas se faire dépasser par ses propres enfants et finir du mauvais côté de la fracture, voilà l’enjeu ! Sans compter une économie qui a du mal à se renouveler son modèle, pour qui le numérique présente une épine de plus dans son modèle claudiquant. Or, le mouvement Open-Source a prouvé qu’il était possible de construire durablement et de manière intelligente, répartie et rentable. Le Peer to Peer ne sert pas qu’aux pirates, c’est avant tout une technologie qui permet d’imaginer des nouveaux services (comme Twinverse) économiquement plus rentables par des économies d’échelles mondiales. La “Freelosophy” prone la dépénalisation du partage de la connaissance et la criminalisation des entraves à ce partage. Il part du prinicipe que l’information n’est pas une propriété privée. Bref, de nouveaux paradigmes sont possibles, il faut juste se donner la peine et l’envie de les étudier.
Dans mon vocable personnel, j’appelle le type de séquence que nous vivons actuellement “la mécanique des engrenages” : tous les ingrédients (analyses, usages, besoins, technologies) sont là depuis longtemps, mais se mettent en place et murissent à des vitesses différentes. A un moment, les différents engrenages se mettent en place de telle sorte qu’ils peuvent se mettre à tourner ensemble harmonieusement. Cet alignement n’est pas le fruit du hasard, il provient à la fois des hommes et des femmes, de leurs envies, de leurs visions, de leurs aspirations, des innovations et du progrès technique, et du sens de l’histoire. Mais ne sachant pas vraiment où cet mécanique peut nous emmener, la seule manière d’y pallier est de mettre du sable…
Le débat est ouvert, et mérite certainement plus qu’un énième “Grenelle du numérique” que le gouvernement serait tenté de proposer, à l’image des Assises de la Création qui avaient très discrètement lieu fin 2008, et où aucun représentant du public et des professionnels d’Internet n’étaient conviés. De fait, facile de norcir le tableau quand toutes les personnes et organisations présentes ont intérêt à ce qu’il soit le plus sombre possible. Cassons le thermomètre plutôt que de soigner la fièvre. L’organisateur de ce colloque était… Frédéric Lefebvre.
UPDATE
En bonus track, deux interviews réalisées par Ludovic Coutant pour la webradio d’Autrans :
Sur ReadWriteWeb et la sémantique
Sur la free-culture, le copyright, la politique et la démocratie de la réputation
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Commentaires
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Attendez, le député (je ne me rappelle plus son nom) qui sera peut-être secrétaire d’Etat au numérique ne sait même pas ce qu’est le Web 2.0. Dans un climat d’inculture numérique pareille, comment voulez-vous un débat serein ? Et pire, avec des préjugés et une incompréhension pareils, croyez-vous un jour que cette génération (généralité pour tous ceux qui ne s’intéressent pas au sujet bien sur) passe de l’autre côté de la fracture ?
Et je dis ça en prenant cet exemple parce que c’est cette population qui forme le gouvernement, seul pouvoir qui ait capacité à imposer des cadres légaux à l’utilisation d’Internet. Et si eux ne comprennent pas ce genre d’enjeux, ils se f(er)ont allègrement manipuler par les lobbys médiatiques, qui eux, ne changeront pas, non pas parce qu’ils ne comprennent pas ces enjeux, mais parce qu’ils veulent garder le maximum de fric avec le minimum d’engagement…
Ecrit par : Hans | 12 janvier 2009 à 6:24
C’est un journaliste de rww le gars qui parle sur la freeculture?…
Il est cool, je n’aime pas trop le cynisme et je crois qu’il gagnerai en affection s’il était moins cynique ou alors c’était juste l’humeur de jour, ce n’est pas bien grave…
En tout cas ce blog et ce qu’il dit est très bien, mais on a quand même du mal a voir les applications concrètes de ces idées aujourd’hui, j’ai l’impression qu’elle ne peuvent vivre que sur le net, c’est difficile pour tout a chacun de considérer le net comme le grand tout, je trouve ça même assez déprimant…
Bon l’internet mobile avoir ses infos, sa musique, sa culture, sur des appareils qui serait des extensions de nos oreille de nos doigt etc… un peu à l’image de la souris à un bouton et l’idée que s’en fait apple, …. je crois qu’il y’a encore de “grosses” inovations techniques a faire avec que le ccomons puissent être la norme et a la porté de tous.
la vrai question c’est comment les créateurs de contenu culturels peuvent rester indépendant et gagner leur vie avec ce qu’il propages.
Parce que comme il le dit, ça se limite surtout a des lolcat ce prétendu partage de l’information et le sample est complètement assimilé et accepté par les maisons de disques aujourd’hui
Ecrit par : SALUT | 12 janvier 2009 à 7:50
Heu… non, je ne dis pas que la culture du remix se limite aux LOLcats, Mozinor est un bon exemple qu’il y a un potentiel autrement plus grand en matière d’humour, et Michel Gondry peut même être mis dans le lot tant son univers est basé sur ce concept (”Be kind rewind” parle d’ailleurs de celà).
La culture du remix va bien au delà des Lolcats, et potentiellement, elle est infiniment plus grande que ce qu’elle arrive a exprimer aujourd’hui sous le joug du copyright.
Sinon, oui, il m’arrive d’être cynique, c’est dans ma nature, et non je ne suis pas journaliste (en tout cas, je n’ai pas de carte de presse). Ceci dit, je ne voit pas bien le cynisme la dedans… mais en même temps, j’ai fini par ne plus trop y faire attention (ce qui n’est pas bien, j’en conviens ;-)
Ecrit par : Fabrice Epelboin | 12 janvier 2009 à 12:27
@Hans Il ne faut désespérer, il y a des politiques ouverts au dialogue, et surtout curieux de comprendre ce qu’il y a derrière ce mouvement freeculture.
Le fait que Barrack Obama ai passé ses sites web en Creative Commons et utilise openID a fait brutalement réaliser aux politiques Français que tout cela était vraisemblablement plus sérieux que cela en avait l’air et que quelque chose leur avait vraisemblablement échappé.
Ecrit par : Fabrice Epelboin | 12 janvier 2009 à 12:33
@Salut,
Bien que ce soit flou, j’ai l’impression que vous vous situez du mauvais côté de la fracture.
Je pense que la freeculture dont parle Damien Douani est un courant de culture porté par des valeurs dérivées de celles du logiciel libre selon Stallman et la FSF. En d’autres termes, une application des principes des licences libres à autre chose que du logiciel.
Vous constatez que ce modèle a encore beaucoup de chemin à parcourir, c’est sur. Mais s’il prend le même chemin que le logiciel libre, il y a toutes les chances que ça marche étant donné le succès du logiciel libre.
De plus cette culture du partage se retrouve sur tous les wikis, sur tous les sites qui proposent du contenu sous creative commons. Flickr a un immense réservoir de photos publiées sous CC!
Les lolcats ne sont pas graphiquement très avancés! Faites un tour sur un forum de jeu en ligne, tout le monde a une bannière autrement plus sophistiquée. Comment? Parce que les brush, fondus et autres calques d’Adobe Photoshp n’ont plus aucun secret pour beaucoup de “digital natives”.
La blogosphère française regorge de webcomics ou encore de blogs video. N’est-ce pas la preuve que la nouvelle génération maitrise pleinement les outils d’édition?
Alors vous avez tout à fait raison quand vous vous demandez: “la vrai question c’est comment les créateurs de contenu culturels peuvent rester indépendant et gagner leur vie avec ce qu’il propages”. C’est la vrai question (que je me permets de reformuler): “Comment les créateurs actuels dont le modèle actuel est dépassé peuvent s’adapter à la nouvelle mécanique culturelle?”
Sachant qu’à mon sens, introduire du sable les rouages qui semblent ne pas prendre la direction désirée et la plus mauvaise chose qu’ils peuvent faire: la seule chose qu’ils gagnent c’est du retard.
Quand est-ce que la France va cesser d’être en retard? En retard sur internet, sur un paquet de nouvelles technologies, et maintenant sur l’évolution de la culture.
Les politiques français devraient observer Obama et en prendre de la graine. C’est pas en s’entourant de fracturés numériques comme ce cher député que notre président va relever le défi du numérique…
Ecrit par : Ginko | 12 janvier 2009 à 16:20
@Ginko tiens, les signatures de forum… je n’y avais pas pensé… Un bon exemple de ReadWriteCulture, en effet… Bien vu, ça mériterait un billet.
Ecrit par : Fabrice Epelboin | 12 janvier 2009 à 16:33
Oui mais la question principal au delà même de lui trouver une réponse n’est tj pas abordé, comment les créateurs peuvent t’il gagner de l’argent?
Les lolcats que j’adore, les digital natives qui maîtrise tout de Photoshop à after affects c’est très bien, Yahoo ou Barack obama qui a tout compris au CC, c’est cool!
Mais comment faire pour que les créateurs aient assez d’argent pour continuer à créer,
Il ne faudrait pas que le « free culture » suive le même chemin que la « contre culture » et que ce soit le fait d’une classe sociale, cela aurait encore moins de sens a l’heure ou tout le monde est un « prolétaire post moderne »
Et au delà de l’engouement que suscite l’open source a t’ont déjà seulement quantifié sa propagation?
Son implication concrète, mis a part le web qui s’est bâti sur des techniques très marginales pour tout à chacun (PHP, html…) et qui plus est doit son succès grâce a un acteur omnipotent Google!
Firefox lui même doit son succès en grande partie grâce à Google…
Moi je suis plutôt allergique à l’idée de tout breveter, mais comment on fait pour gagner des sous..?
Ecrit par : SALUT | 12 janvier 2009 à 23:17
Je ne sais pas si c’est extrapolable, mais des groupes comme Nine Inch Nails ou Radiohead ont signé des titres licenciés sous CC et qui pourtant se sont très bien vendus par ailleurs.
Certains groupes vivent essentiellement sur leurs concerts. (Je n’ai pas d’exemple sous le coude, désolé)
Par ailleurs le marché global de la musique se porte pas si mal que les majors veulent nous le faire croire. Ce sont les ventes de CD qui s’effondrent (logique à l’ère de l’ipod…)
Il y a encore largement la place pour une industrie culturelle. Mais le modèle actuel n’est plus adapté. Ils doivent le renouveler.
Cependant, ils ne font que retarder cette évolution parce que toute évolution brusque fait de la casse et que personne ne veut prendre le risque de couler dans la manœuvre… au risque que tous y passent…
Quand au problème de la création cantonnée à une classe, les plus pauvres en seront vraisemblablement exclus. C’est regrettable mais on sort du débat présent. En revanche, je pense qu’une autre fracture, dont on parle beaucoup ici sur RWW va se faire sentir dans les prochaines années/se fait déjà sentir…
Par rapport au libre, il n’y a pas que le web et firefox. Il y a aussi OpenOffice.org, vlc, Linux (essayez Ubuntu!!!, voire Linux Mint ;) ), etc…
Je ne suis pas sur de la santé financière de Sun ou de novell, mais il me semble que Redhat, SuSe et Mandriva ne s’en sortent pas trop mal.
Mais le modèle du logiciel libre n’est pas utilisable tel quel pour la culture en général. Les logiciels sont des outils. Le logiciel libre permet par exemple d’externaliser des coûts de production et donc d’économiser de l’argent (potentiellement d’en “gagner”, donc) ce qui n’est pas le cas d’une œuvre culturelle.
C’est la que le conférence de Laurence Lessig (merci Fabrice Epelboin!) est intéressante. Elle montre vers quels changement il faut orienter le copyright pour l’adapter à la nouvelle mécanique culturelle.
PS: Connaissez-vous jamendo et magnatune? Je ne pense pas que ces plateforme fassent vivre les artistes, mais ça montre que c’est pas parce que les majors disparaissent qu’on manquera de musique!
Ecrit par : Ginko | 13 janvier 2009 à 0:26
Je suis d’accord avec tout ce que vous dites;
Vous terminez en disant:
“Connaissez-vous jamendo et magnatune? Je ne pense pas que ces plateforme fassent vivre les artistes, mais ça montre que c’est pas parce que les majors disparaissent qu’on manquera de musique!”
C’est justement le problème de ce débat, il faut sortir de cette enthousiasme et réfléchir a comment gagner de l’argent parce que les jamendo et compagnie ne rapporte pas d’argent. (Tout comme facebook d’ailleurs et bcp de plateforme ou le partage de l’information est très important)
Les artistes qui gagnent des sous, les gagnent parce qu’ils savent gérer leur label, leur promos et leur carrière…
Ca n’a pas grand chose en commun avec le CC.
Les exemples de radiohead ou NIN sont ni extrapolable ni symbolique, c’était juste un gros coup de promo.
Le problème en France en général (et en Belgique) je crois est que les initiatives personnelles ne sont pas encourager, mais ça c’est un débat “gauche/droite” On préfère donner bcp d’argent a Bouygues plutôt que bcp d’argent à bcp de gens… c’est du capitalisme d’état pour aller vite…
C’est certains qu’une vie existe avec ou sans les grosses majors du disque ou de la culture, leur air désolé qu’ils traînent est le seul moyen qu’ils aient trouvé pour influencer les medias et l’opinion en leur faveur.
C’est la peste ou le cholera, la faiblesse de l’industrie du disque profite à clearchannel.
Madonna, U2 Jay Z, on changé de maitre, mais c’est le même fouet.
Par contre c’est certains qu’il faut revoir le copyright et vouloir breveter « l’intelligence » est très néfaste.
Une free culture qui profite à tout à chacun, une longue traîne qui ne profite pas qu’à amazon, google, ebay ou obama mais à tout le monde, c’est sur ça je pense que le débat doit activement porter
Ecrit par : SALUT | 13 janvier 2009 à 1:27
Bon, ça tourne à la discussion en tête-à-tête, je vais essayer de recentrer le débat:
Je cite l’article:
“le schéma tourne à l’avantage de structures plus légères, jusqu’à descendre au consommateur qui peut devenir lui-même producteur et diffuseur, via éventuellement des plateformes mutualisées et indépendantes des acteurs traditionnels”
“le numérique apporte avec lui la nécessité de revoir son outil de production au global pour le repositionner face à un consomm’acteur désormais au centre du mécanisme”
Tous ces échanges directe de consomm’acteur à consomm’acteur vont sortir du champs de l’économie de marché puisque ces échanges ne sont pas monétaires! Il n’y aura pas d’argent généré hormis par certains acteurs qui fourniront des plateformes comme Google par exemple. Comme le dit Laurence Lessig, le temps du grand monopole du read-only est révolu, le read-write revient en force.
Dans ce contexte, le marché économique de la culture va sans doute perdre de l’importance. (Si j’écoute plus de musique libre, a priori, j’écoute moins de musique propriétaire). Mais ça ne signifie pas la mort de la culture “propriétaire”, seulement un marché économique affaibli auxquels les acteurs actuels doivent s’adapter ou disparaitre.
Comme le dit Damien Douani, “Bref, de nouveaux paradigmes sont possibles, il faut juste se donner la peine et l’envie de les étudier.”
Pour finir: dernière citation de l’article: “Le débat est ouvert”. Le seul problème c’est quand nos décideurs sont encore à mille lieux de ce débat…
Ecrit par : Ginko | 13 janvier 2009 à 13:24
Je resume ce que je dis:
cela me gêne que les acteurs du read-write soit uniquement google ou clearchannel ou …lagardere sur le web, surtout que clearchannel cloisonne déjà la culture en dehors.
Les sempiternelles exemples cité sont des coups de promo, si dans 10 les consom’acteur existes tj, on vivra dans un monde parfait. mais les exemples type: http://www.mymajorcompany.com/
sont complètement marginaux.
le copyright est né de la nécessité de protéger et rémunérer dans notre système économique les créateurs.
Aujourd’hui, le droit d’auteur dans l’industrie du disque, appartient à 5 maisons de disques, c’est ce monopole qui est assassin et même anti créatif, mais le capitalisme à su (comme tj) s’adapter et se mue désormais en platefome neutre qui se limite à indexer l’information, c’est le cas du monopole google.
Mais c’est aussi le cas du monopole myspace/clearchannel/livenation qui a dors et déjà indexé toute la musique.
Ma crainte du CC c’est qu’il puisses bénéficier d’abord au monopole, et que comme les petit commerçant se disputes les miettes les miettes de la longues traînes que leur laissent ebay et amazon, les petits labels se disputes les miettes de myspace ou google audio.
“le schéma tourne à l’avantage de structures plus légères, jusqu’à descendre au consommateur qui peut devenir lui-même producteur et diffuseur, via éventuellement des plateformes mutualisées et indépendantes des acteurs traditionnels”
Si c’est structures n’ont pas d’argent pour diffuser la culture c’est google qui le fera, et google ne fait tout cela que pour son millions d’annonceur.
Alors oui le débats est ouvert mais j’attends que les béni oui oui du CC nous disent comment gagner des sous, sinon je préfère “m’atteler” à d’autre combat, comment faire tomber ces monopoles économiques qui ont succédé en toute logique au monopole d’état, me semble plus intéressant que le CC.
Itunes c’est bien beau, mais il est emmitouflé au chaud dans paradis fiscal luxembourgeois, comment on fait pour le taxer, ce grand acteur a sa manière du read-write
Ecrit par : SALUT | 13 janvier 2009 à 20:16
@SALUT Vous soulignez un point essentiel, je cite “Il ne faudrait pas que le « free culture » suive le même chemin que la « contre culture »”. Je ne peux qu’être d’accord (je n’irai pas jusqu’à la pirouette Marxiste prolétarisante, mais bon… on a un compromis, non ?).
Mais pour cela, il ne faut pas rendre la freeculture clandestine, ce que s’apprête à faire les politiques de façon unanimes. Cela aura des conséquence lourdes à court terme pour les industries culturelles, mais leur permettra de survivre à long terme. Aujourd’hui, on prend le chemin inverse, c’est clairement (enfin, je crois) le sens de mon intervention à Autrans.
Quant à savoir comment faire de l’argent en tant que créateur dans cette nouvelle donne économique, je vous renvoi à Lessig et à sa théorie de l’économie hybride ;)
Ecrit par : Fabrice Epelboin | 14 janvier 2009 à 9:50
Je suis totalement d’accord avec les commentaires de Salut, il n’y a pas de modèle économique alternatif au droit d’auteur !
Y’en a marre d’être taxé de réactionnaire lorsque l’on défend la création ou pire d’être pris de haut par des soit disant intellectuels !
Je vous rappelle simplement que le droit d’auteur est antérieur à la liberté d’expression et à mon humble avis ce n’est pas pour rien. Si on a pas de quoi crouter avec ces créations à quoi bon être libre de créer.
Ce modèle que les “modernistes” prônent, le suppression du droit d’auteur, a une conséquence négative : le nivellement de la culture !
Qui créera demain si les auteur ne peuvent plus vivre de leurs créations : ce pour qui la création artistique sera une activité accessoire. Belle perspective !
Ecrit par : Je suis d'accord avec Salut | 15 janvier 2009 à 22:00
@Je suis d’accord avec Salut : il ne s’agit pas de traiter qui que ce soit de réactionnaire. D’ailleurs, cela n’a été fait par aucune des personnes ici présente dans ces colonnes. Il s’agit juste de provoquer le débat, en posant les questions qui “fâchent”, ou plutôt qui “interpellent”. Pas d’idéologie, mais la mise en exergue de modèles alternatifs qui peuvent éviter à terme un clash culturel majeur et extrême. Or les extrêmes n’ont jamais le jeu de la démocratie et des créateurs.
Je ne crois pas une seconde au débat “modernes contre anciens”, et ce n’est pas là l’épicentre des choses. La question est de savoir s’il faut faire évoluer le modèle actuel, et si oui comment. De par la même, il n’est pas question de supprimer les droits d’auteurs (certes certains défendent cela, mais je n’y crois guère), mais de le faire évoluer en revoyant ses modalités, voire sa nature même.
Les artistes et créateurs se doivent de vivre, et d’ailleurs l’ère numérique qui s’ouvre à nous tous est une opportunité unique pour cela, puisque le pouvoir de diffusion et de partage est beaucoup plus à la portée de chacun que par le passé.
L’interrogation est donc : faut-il faire évoluer le modèle pour l’adapter aux enjeux à venir, et faire en sorte qu’il y ait des créateurs gagnants et une diffusion la plus large possible des œuvres ? L’open-source a prouvé qu’il y avait des alternatives viables (qui aurait cru qu’un navigateur comme Firefox puisse tenir un jour la dragée haute à Microsoft ?).
Ne pas se poser la question, c’est à mon sens hypothéquer les chances des artistes de pouvoir vivre de leur art, et niveller par le bas avec ce qui restera.
Ecrit par : Damien Douani | 15 janvier 2009 à 22:26
[...] Autrans 2009 : comment sauver l’industrie culturelle ? [...]
Ecrit par : blog test via un flux rss google reader » Archives du Blog » La mairie de Paris accueille un atelier d’initiation aux Creative Commons | 17 janvier 2009 à 11:00
La question me semble plus complexe et devrait être étudier par secteurs d’activité.
Pour les média audio/video, nous savons tous que le P2P ne porte pas réellement atteinte aux artistes pour peu que l’industrie s’y adapte.
De toutes manière, le “piratage” de ce genre de fichiers ne pourra que s’accroitre quelles que soient les mesures prisent pour s’en priver.
Maintenant, de la à abandonner totalement le copyright dans l’ensemble des domaines ne me semble pas sage.
Je suis pour ma part infographiste et je suis partisan du Créative Common dans certains cas. Je n’hésite pas à laisser libre de droits mes créations de textures 3D, certaines illustrations non acceptées par un client…
Maintenant, si je réalise un logotype pour une société, ce dernier doit être protégé par le Copyright. Le logo en question représente l’image de mon client et ne dois pas pouvoir être réutilisé par un de ses concurrents! Ce serait très dangereux car nous pourrions vite faire l’amalgame d’une société à l’autre et cela devient trompeur!
Au même titre, la presse telle que nous la connaissons est décédée, j’en suis convaincu. Cela ne doit pas pour autant permettre à chacun de diffuser librement le travail d’un autre.
Car si la presse actuelle doit trouver d’autres pistes, par exemple permettre un téléchargement à moindre prix des articles afin que nous puissions les consulter sur un livre numérique, voire permettre de récupérer l’article gratuitement en finançant peut être uniquement par la publicité…?
Mais il serait trop facile par exemple que je puisse réaliser un copier/coller de l’ensemble des articles réalisés par RWW pour les publier sur mon blog!
Car de la sorte, il ne me reste qu’à réaliser un interface graphique plus conviviale que celle de RWW et je vais récupérer 70% de vos lecteurs alors que tout le boulot de recherche & rédaction vous revient.
Quelle solution aurait donc RWW pour survivre? Vous arrêteriez probablement même de publier.
Autre exemple encore plus dangereux : une industrie qui crée des produits innovants ne trouvera plus aucun intérêt à être leader en design, technicité ou autre et d’investir 3 ans de travaux sur un projet qui pourra être pompé en 3 moins par son concurrent direct.
Maintenant, il y a certains domaines dans lequel l’abandon des droits peuvent probablement être intéressants, notamment l’industrie des disques qui peut continuer à survivre malgrés le piratage. Procédé qui risque d’ailleurs fort de s’accentuer avec la loi HADOPI étant donné que braver l’interdit est souvent (chez les jeunes principalement) un intérêt qui risque fort de les pousser à davantage pirater !
Il est également ridicule qu’une oeuvre soit soumise au copyright durant presque un siècle comme actuellement.
Une periode de 1 à 5 ans me semble bien mieux indiquée. Cela permettrait d’amortir le travail réalisé par le créateur et les investisseurs, et de profiter de son avance.
Mais permettrait également aux autres de bénéficier du travail accompli une fois celui-ci amortit par ses créateurs, et de s’en servir de base pour améliorer le processus, tout en gardant l’obligation de citer les investigateurs originels, comme sous licence CC du reste.
D’ailleurs, n’est-ce pas ce principe qui est utilisé dans l’industrie pharmaceutique avec les médicaments génériques!??
En résumé, il faut bien évidemment pouvoir utiliser un travail déjà réalisé par d’autres pour développer autre chose, mais le créateur 1er doit pouvoir d’abord avoir amortit ses travaux.
Nous ne pouvons donc abandonner les droits d’auteurs dans l’ensemble des professions! Maintenant, ces droits doivent impérativement être revus, et permettre à la concurrence de s’installer.
Au même titre, les lois ne doivent plus protéger une minorité de sociétés indéfiniment en leur assurant le monopole dans leur secteur et proner en même temps la libre concurrence, je pense là par exemple à la téléphonie mobile!
Ecrit par : Pascal Coulougnon | 3 avril 2009 à 10:47