Le Top 30 du 5e pouvoir : vers une démocratie de la réputation ?

Voici une première analyse rapide sur le buzz politique généré par l’interview de Frédéric Lefebvre par J.J. Bourdin sur BFM, sous la forme d’une tentative de classement. Avant d’aller plus loin, autant vous le dire tout de suite, ce classement, même s’il se base sur un calcul, est loin d’être rigoureux d’un point de vue scientifique. Il n’en apporte pas moins quelques enseignements intéressants.

La méthode

Simple, voire simpliste. A partir des statistiques de lecture de la vidéo sur YouTube, que ce soit au sein d’une page ou par l’intermédiaire d’un lien direct vers YouTube, nous avons calculé le nombre de lecture que chacun des média, blogs et plateforme de networking social avait généré. Nous avons ensuite éliminé de la liste tout ceux qui n’était ‘que’ des technologies, et qui ne procédaient pas à une volonté d’éditorialisation. Exit donc Netvibes, Google, YouTube, Viralvideochart ou Wikio, qui ne font guère que rendre compte du phénomène ou permettre d’y accéder. Il ne reste que des média, du simple blog au site de la plus vénérable institution de la presse écrite.

C’est sommaire, et la méthode mériterait de s’y attarder un peu plus sérieusement. Pour être exact, il faudrait non seulement mettre au point un algorithme plus sérieux, mais également automatiser cela.

Le classement

Avec une telle méthode, on arrive au classement suivant, le chiffre traduit le pourcentage sur le nombre total de vision généré par chacun des acteurs du classement. Les 30 premiers représentent un peu plus de 40% du total des visionnages.

1 rue89.com 9,41 %
2 lepost.fr 7,98 %
3 20minutes.fr 3,26 %
4 pcinpact.com 3,08 %
5 gameblog.fr 2,03 %
6 politique.fluctuat.net 1,51 %
7 desourcesure.com 1,45 %
8 lexpress.fr 1,09 %
9 degroupnews.com 1,08 %
10 numerama.com 1,01 %
11 facebook.com 1,01 %
12 01net.com 0,94 %
13 fr.readwriteweb.com 0,80 %
14 agoravox.fr 0,78 %
15 korben.info 0,72 %
16 padawan.info 0,72 %
17 lexpansion.com 0,62 %
18 blogitexpress.com 0,37 %
19 accessoweb.com 0,36 %
20 nationspresse.info 0,34 %
21 koreus.com 0,32 %
22 lemondeinformatique.fr 0,08 %
23 generationmp3.com 0,06 %
24 telerama.fr 0,06 %
25 bienbienbien.net 0,05 %
26 standblog.org 0,03 %
27 lefigaro.fr 0,03 %
28 factornews.com 0,02 %
29 wefrag.com 0,01 %
30 soundofviolence.net 0,01 %

La longue traine du 4e pouvoir

Sans trop de surprise, on retrouve une répartition sous la forme d’une longue traine. Sachant que les trente acteurs de ce graphique totalisent 40% des visionnages seulement, on peut extrapoler que la traine est ici très longue.

traine

Les catégories ont-elles encore un sens ?

A l’époque du tag, on peut sérieusement se poser la question. La moitié des acteurs de ce classement n’auraient pas leur place dans une catégorie ‘politique’ telle que beaucoup d’annuaires et de technologies comme Wikio abordent l’information sur le web, et c’est sans doute l’information la plus intéressante qui sort de ce classement.

Si le buzz avait eu lieu autour d’un problème politique concernant l’écologie, il aurait été en grande partie différent. Dans ce classement, se trouvent, pèle mêle, des média et des blogs clairement identifiables comme ‘politiques’ et se revendiquant comme tels, mais également beaucoup de média, de blogs et de forums d’experts, qui non seulement, d’un point de vue chronologique, sont à l’origine du buzz, mais qui l’on également soutenu et représentent, au final, une large partie de la visibilité qui a été faite autour du buzz. Si l’on pouvait appréhender la totalité de la longue traine, il n’est pas invraisemblable d’imaginer que les experts représentent, à eux tous, la majorité des visionnages.

Les vieux média ne s’en sortent pas si mal

Certes,ce n’est pas cela qui va remplir leurs caisses, mais nombre d’acteurs du 4e pouvoir sont présents dans ce classement, soit sous leur forme quasi originale (L’Express, L’Expansion, Le Figaro), soit au prix de mutations profondes (Rue89, une ’spinoff’ de Libération – le mot spinoff est inapproprié, j’en conviens, et LePost, une émanation du Monde, squattent de façon dominante les deux premières places du classement). Il doivent cependant faire de la place à de nouveaux acteurs qui désormais comptent et sont là pour rester : rue89 (encore eux, ils jouent sur les deux tableaux, c’est une question de point de vue), LePost (même remarque), 20 minutes (qui joue aussi sur plusieurs tableaux), mais aussi le site de journalisme citoyen Agoravox et Facebook.

Les ‘experts’, cependant, ont eu ici un rôle plus qu’important, de veille, d’alerte, d’analyse et de propagation, notamment au début du phénomène de buzz.

Le grand vainqueur du classement, Rue89, voit ici sa baseline « Journaliste, Expert, Internautes, l’info à trois voix » récompensée et prendre tout son sens. Sans ce mix, un grand média est condamné à être à la traine dans le territoire informationnel et politique qui se dessine. Le New York Times l’a aussi compris (bien plus tard) et a récemment intégré des tribunes d’experts dans ses colonnes.

Vers une démocratie de la réputation ?

La démocratie de la réputation est un concept de David Weinberger, l’un des auteur du célèbre Cluetrain Manifesto. Il entrevoit, en supplément de la démocratie représentative que nous connaissons aujourd’hui, une démocratie réputationelle, vaste réseau social d’experts duquel se détachent des consensus sur des sujets politiques.

Plutôt que de tenter de vous résumer sa pensée, je vous laisse, en guise de conclusion, avec l’exposé qu’il a fait sur sur le sujet le mois dernier au LeWeb ’08.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Reblog this post [with Zemanta]

A lire également :

  1. Identité numérique : e-reputation barcamp le 4 avril à la Cantine (Paris) ...
  2. Partis + élections + démocratie participative = loi de l’offre et la demande? ...
  3. “Medias sociaux et démocratie” : une conférence du Social Media Club le 11 mars ...
  4. Read-Write-Government : la crise de la démocratie vue par Lawrence Lessig ...
  5. Vers une nouvelle fracture numérique ? ...
  6. Qui écrira la démocratie électronique de demain ? ...
  7. Les média sociaux en Afrique — Troisième partie : Démocratie ...

14 commentaires pour cet article

  1. Hadrien

    Après la zone euro, une zone whuf­fie ?

  2. Gregory

    Il serait inté­res­sant de com­pa­rer ces chiffres au timing de publi­ca­tion de la vidéo. Si Rue89 l’a pos­tée en pre­mier, il serait nor­mal qu’ils béné­fi­cient d’un effet de ‘scoop’, si non, alors les gens choi­sissent déli­bé­ré­ment d’aller consul­ter leur article à ce sujet, marque de leur influence.

    J’aimerais aussi jeter un coup d’oeil aux valeurs abso­lues (nombre de dif­fu­sion) et à la part des tech­no­lo­gies qui ont été écar­tées. Je me trompe peut-être mais je pré­sume qu’elles y figurent en bonne place.
    Si c’est bel et bien le cas, peut-être que cela nous dit égale­ment quelques chose sur la consom­ma­tion média et la cir­cu­la­tion de l’influence: une plate-forme comme YouTube est égale­ment un lieu ou s’exerce l’influence mais elle y est extrê­me­ment frag­men­tée. Quelle pro­por­tion des impres­sions sont géné­rées sans inter­mé­diaire, via le bouche à oreille est les recom­man­da­tions d’un inter­naute à un autre ?

    Enfin, je crois qu’il est faux de pen­ser que ces pla­te­formes n’éditorialisent pas leur contenu. Le contenu pré­sent en home­page de Dailymotion ou de YouTube n’y est pas là par hasard ;)

    Gregory

  3. Fabrice Epelboin

    Absolument, il fau­drait faire cette étude. En l’occurrence, rue89 n’a pas publié la vidéo en pre­mier, c’est nous qui l’avons fait et nous ne sommes que 13e dans ce classement.

    Les pla­te­formes videos n’éditorialisent pas leur conte­nus, c’est un algo­rithme qui le fait, et pour une bonne rai­son (enfin, bonne, pas sûr), s’il le fai­saient, ils auraient une res­pon­sa­bi­lité juri­dique d’éditeur et ne pour­raient se réfu­gier der­rière le sta­tut d’hébergeur de la LCEN. 

    Pour jeter un oeil à la tota­lité des chiffres, je vous ren­voi ici.

    Si vous avez le cou­rage de faire une étude sur la chro­no­lo­gie des faits, contac­tez nous, on vous publiera avec plaisir.

  4. Fabrice Epelboin

    @Hadrien Pile poil, oui… Whuffiecratie ?

  5. Damien Douani

    Ce que je trouve inté­res­sant dans l’analyse de Fabrice et pour rebon­dir sur les remarques de Gregory, c’est l’émergence de médias 100% numé­riques comme Rue 89 ou LePost. On est de fait proche de la théo­rie appe­lée “5e pou­voir” énon­cée (entre autres) dans un article de Ignacio Ramonet (http://www.monde-diplomatique.fr/2003/10/RAMONET/10395) qui appelle de ses voeux une “une force civique citoyenne”. Si ce n’est que ces medias là sont fina­le­ment les nou­veaux Libé et Parisien du web..; donc y a-t-il vrai­ment chan­ge­ment? Je dirai plu­tôt muta­tion des habi­tudes de lec­tures qui pri­vi­lé­gient le net au papier.

    Ce 5e puvoir prend vrai­ment forme avec la voix directe du peuple via des blogs ou des sites comme Agoravox, mais là cela reste tel­le­ment infi­ni­té­si­mal dans les tableaux que l’on n’arrive pas encore à vria­ment mesu­rer son poids. Tout au plus on parle “d’influence” pour arri­ver à qua­li­fier le phé­no­mène de recommendation.

    Autres consta­ta­tions : 

    - le graphe longue traine est super inté­res­sant, il per­met de vrai­ment démon­trer la per­ti­nence d’une telle théorie.

    - en revanche, l’emetteur d’une info n’est pas for­cé­ment le béné­fi­ciaire immé­diat. Avant un jour­nal qui fai­sait un scoop voyait son tirage aug­men­ter, à la dif­fé­rence des médias numé­riques puisque ici c’est Rue 89 qui ramasse la donne et que RWW, à l’origine de l’info, n’est que 13e. Cela pose le doigt sur la vola­ti­lité de l’information, de son “sour­cing” et la “valeur” de la recom­men­da­tion (une info de forte “valeur” citée par un média qui a pignon sur web men­tion­nant l’émetteur ini­tial devrait ensuite quelque­part béné­fi­cier à cet émet­teur ini­tial, en termes de réfé­ren­ce­ment par exemple).

    - enfin, dans la liste des medias Rue 89 cotoie face­book et tele­rama, preuve que la thé­ma­ti­sa­tion de l’info n’est pas mise pour la dif­fu­ser (autre­ment dit cette vii­deo n’est pas parue unique­ment dans des sites poli­tiques), et donc qu’une info publiée sur le web l’est plus pour son ori­gi­na­lité (pou­vant atti­rer l’internaute) que pour sa cohé­rence avec la ligne édito­riale du site.

    N’hésitez pas à réagir ou com­men­ter cette ana­lyse com­plé­men­taire, ce sont des conclu­sions personnelles.

  6. PetitSuisse

    et dai­ly­mo­tion, wat, rev­ver and co? on est obligé d’aimer you­tube pour être dans ce classement?

  7. Fabrice Epelboin

    Wat et Reever n’ont pas eu d’action signi­fi­ca­tive, et nous n’avons pas les sta­tis­tiques issues du backof­fice de Dailymotion, qui lui en a eu (sur sa pla­te­forme, mais pas vrai­ment en terme de viral via l’utilisation virale du wid­get DM), mais comme je le dis dans l’article, ces pla­te­forme ne pro­cèdent pas à une édito­ria­li­sa­tion de leur conte­nus, elle ne font que rendre compte d’un phé­no­mène (je parle de Dailymotion et YouTube), dès lors, leur par­ti­ci­pa­tion est en quelque sorte invo­lon­taire, alors que les acteurs de ce clas­se­ment ont fait un choix édito­rial déli­béré, ce qui les qua­li­fie dès lors pour appar­te­nir à un éven­tuel 5e pouvoir.

    Sinon, non, toutes ces pla­te­formes ont leurs avan­tages, YouTube était clai­re­ment lea­der tant en audience qu’en fonc­tion­na­li­tés et en phi­lo­so­phie jusqu’il y a peu de temps. La cen­sure des pistes audio qu’ils ont mis en place il y a peu risque de les mettre hors jeu en tant que pla­te­forme reine de la remix culture.

    Pour ma part, à titre stric­te­ment per­son­nel, je suis très Vimeo.

  8. Benjamin

    Dans ce cas, L’Express et L’Expansion ne fai­saient qu’un (c’est le même article), et j’en pense que nous avons encore du che­min à faire. Pour diverses rai­sons, même si l’on peut pré­sen­ter cela comme qqch de posi­tif, nous ne sommes pas atten­dus sur ce terrain-là, sous cette forme de trai­te­ment, contrai­re­ment à Rue89, LePost et 20 minutes.
    Stats très inté­res­santes, au passage.

  9. Olivier Zara

    Intéressant le concept de “démo­cra­tie de la répu­ta­tion” dans la vidéo en fin d’article mais il me semble que ça ne veut rien dire ! Démos cra­tos, c’est le gou­ver­ne­ment par le peuple. La répu­ta­tion n’a pas de rôle dans la gou­ver­nance mais dans l’influence. Ceux qui ont une bonne répu­ta­tion peuvent influen­cer ceux qui ont le pou­voir. Il ne faut pas confondre le pou­voir et le pou­voir d’influence…

  10. Fabrice Epelboin

    @Olivier Ha… bon… Change.gov c’est du pipeau alors ? Lessig un odieu com­mu­niste ? Purée… j’ai failli me faire avoir ;)

  11. Olivier Zara

    @Fabrice Le ton moqueur de ton com­men­taire à coups de point d’interrogation ne donne pas l’impression que tu cherches à débattre… et vu ton com­men­taire, je pense que tu n’as pas com­pris le mien. C’est pas grave, dans le domaine de la com­mu­ni­ca­tion, ce qui est nor­mal… c’est de ne pas se com­prendre. J’essaye de pré­ci­ser si ça peut aider la dis­cus­sion … mais à condi­tion que tu fasses toi aussi un petit effort ! 

    La démo­cra­tie de la répu­ta­tion, cela me rap­pelle la démo­cra­tie de l’opinion = c’est l’opinion publique qui gou­verne et non les repré­sen­tants du peuple… qui fina­le­ment font tout ce que l’opinion publique veut. Et le pro­blème, c’est que par­fois il s’agit plus de l’opinion de mino­ri­tés actives et que celle du public (dans sa majorité).

    Comme je l’ai dit, je trouve vrai­ment le concept de “démo­cra­tie de la répu­ta­tion” inté­res­sant dans le sens où cela indique que les gou­ver­nants (élus) pour­ront de plus en plus repé­rer des experts jusque-là incon­nus et prendre en compte leur avis. Avoir plus de diver­sité dans les exper­tises. Mais, encore une fois, avoir une bonne répu­ta­tion ne vous donne aucun droit à gou­ver­ner le pays. Au mieux, vous avez un pou­voir d’influence sur les élus. Le terme “démo­cra­tie” ren­voie à l’exercice du pou­voir. L’association des mots démo­cra­tie et répu­ta­tion, c’est du mar­ke­ting… mais ça lance le débat alors c’est bon ;-)

  12. Fabrice Epelboin

    @Olivier Ca trahi sur­tout une cas­se­role sur le feu et trois plats à syn­chro­ni­ser… tout ça a moins d’un quart d’heure du diner… désolé pour la mau­vaise impression…

    Bon… alors…

    Démocratie de la répu­ta­tion ≠ démo­cra­tie de l’opinion, ce n’est vrai­ment pas du tout la même chose, car l’opinion n’est pas faite par les experts mais par les média (je cari­ca­ture). Ici, on parle bien d’un sys­tème (qui reste à inven­ter) où les experts seraient clai­re­ment iden­ti­fiés car adou­bés par leurs pairs, et qui déga­ge­raient entre eux un consensus.

    Par exemple, les ‘experts’ sont una­nimes à dire que le trans­port indi­vi­duel par moteur à com­bus­tion n’a pas sa place dans le monde de demain, or l’opinion est très loin de là.
    Les experts (cf. Al Gore) sont à 100% d’accord pour dire que le réchauf­fe­ment cli­ma­tique est 1) le fait de l’homme pour sa plus grande par­tie 2) un grand dan­ger pour l’humanité toute entière 3) qu’on peut y faire quelque chose, et 4) qu’il n’est pas trop tard.
    L’opinion, elle, sur le sujet, est d’accord à 53% (aux US, j’ai pas le chiffre en France).

    Par ailleurs, ce modèle n’a rien a voir avec la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive que nous avons hérité des Grecs. (et si tu pousse la lin­guis­tique, je suis d’accord, le terme demos cra­tia est usurpé), le modèle n’a pas pour but de rem­pla­cer la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive (quelle hor­reur), mais de la compléter.

    Encore une fois, tout cela reste à inven­ter, et Change.gov est une pre­mière ten­ta­tive (Obama en a lancé une seconde récem­ment, nous y reviendrons).

    Quant à savoir si le terme ‘démo­cra­tie de la répu­ta­tion’ est du mar­ke­ting… ben.. oui. Et alors ? C’est même du bran­ding pour être pré­cis. Pour par­ler d’un nou­veau concept, il faut le dési­gner par un mot (ce n’est pas moi qui l’ai inventé) : démo­cra­tie de la répu­ta­tion, démo­cra­tie répu­ta­tio­nelle, wha­te­ver.
    Le fait de don­ner un nom à quelque chose de nou­veau, même si c’est une pro­cédé uti­lisé par le mar­ke­ting, ne dis­cré­dite pas la chose pour autant. ‘Marketing’ n’est pas néces­sai­re­ment un gros mot, faut pas décon­ner. Quant à qua­li­fier quelque chose de ‘mar­ke­ting’ rien que pour le disqua­li­fier, c’est fran­che­ment facile, non ?

    Cette démo­cra­tie de la répu­ta­tion est inévi­table, car demain (en fait, on com­mence a voir cela aujourd’hui), l’opinion publique sera un élément pris en compte par les déci­deurs poli­tiques au même titre que le consen­sus des experts.

    C’est pré­ci­sé­ment ce qu’il s’est passé pour la nomi­na­tion annu­lée de Lefebvre. Avec 100.000 vision­nages, on ne peut pas par­ler d’opinion publique, ce sont clai­re­ment les experts qui se sont pro­non­cés contre Lefebvre, et ce de façon quasi una­nimes (j’ai compté deux excep­tions et plu­sieurs cen­taines de blogs ou sites qui abon­daient dans le même sens). CQFD, non ?

  13. Olivier Zara

    @Fabrice On est d’accord sur le fond ! Quant à la démo­cra­tie d’opinion, c’était pour faire un paral­lèle et non une com­pa­rai­son. Pas de pro­blème avec le mar­ke­ting sauf quand il vient heur­ter mon reliquat de droit consti­tu­tion­nel… Je suis pas­sionné par tout ce qui touche à la démo­cra­tie alors je sur­saute quand je vois le mot “démo­cra­tie” uti­lisé en dehors de son sens premier.

    Récemment, je dis­cu­tais avec un expert en pros­pec­tive qui m’a expliqué qu’il y a actuel­le­ment des expé­riences de créa­tion de mon­naie sur la base de la répu­ta­tion. Plus tu as une bonne répu­ta­tion, et plus tu gagnes d’argent. Cela fait par­tie des recherches sur les mon­naies alternatives.

    Alors … démo­cra­tie de la répu­ta­tion ou écono­mie de la répu­ta­tion ? Je pré­fère le concept d’économie de la répu­ta­tion comme on parle d’économie de la connais­sance ou du savoir. Quoiqu’il en soit, au-delà des mots, la démo­cra­tie ou l’économie de la répu­ta­tion va dans le sens de l’intelligence col­lec­tive : celle des experts qui se trompent en sui­vant les règles et celle des non-experts qui en savent plus que les experts ;-)

  14. Fabrice Epelboin

    @Oliver Oui, une mon­naie de la répu­ta­tion, c’est le whuf­fie auquel fait allu­sion Hadrien, je ne connais pas bien le sujet, mais Xtof est un spé­cia­liste (il a bossé dans la banque), il fau­drait trou­ver un écono­miste qui connait le sujet pour faire une inter­view… Si quelqu’un a ça sous le coude, envoyez le nous :)

    Pour ce qui est de la dépra­va­tion du terme ‘demo­cra­tie’, j’ai bien peur que le jeu soit dans le camp de ceux qui bougent, à savoir les amé­ri­cain, on se conten­tera d’adopter leur voca­bu­laire dans la mesure où on est bien parti pour suivre plu­tôt que d’innover…

3 Trackbacks For This Post

  1. Une société de confiance dans un monde liquide : application des médias sociaux aux règles politiques et économiques ? | CiTiZeN L. aka Laurent Francois :

    […] La démo­cra­tie de la répu­ta­tion et Read Write Web […]

  2. (veille)> Liens du 18/02/2009 + les identités numériques :

    […] Le Top 30 du 5e pou­voir : vers une démo­cra­tie de la répu­ta­tion ? | ReadWriteWeb France […]

  3. Mitterrand : retour sur une mise à mort annoncée | ReadWriteWeb France :

    […] lutte se mène sur une mul­ti­tude de fronts et, à l’exception du buzz sur Frédéric Lefebvre, nous avons toujours pris le parti, chez RWW, de nous pla­cer sur le ter­rain de l’analyse et de la […]

Réagissez !

Ils nous soutiennent

feedback2.0

hébergement infogérance BearstechLa Cantine

 

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leur impact sur les média, la société et la communication.

ReadWriteWeb est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio.

ReadWriteWeb est publié en anglais, en français, en coréen, en portugais et en chinois. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


eBooks

Lawrence Lessig
Culture Libre



Pierre Bellanger
La Radio IP



Nous y serons