La Hollande, l’autre pays du “piratage”, voit aujourd’hui 30% de sa population utiliser les réseaux peer to peer pour échanger de la musique, des films, ou des jeux vidéo (près de 90% de sa population est connectée, contre un peu plus de 50% en France).
En rendant public ce rapport, à quelques semaines de l’adoption en France de la loi “Création et internet”, et un mois seulement après que la loi se soit vu infligé un sévère camouflet à Bruxelles, le gouvernement Hollandais semble désormais considérer que le “piratage” soit une bonne chose, car son impact sur l’économie et la culture se révèle… positif.
Le rapport de 142 pages, explore en profondeur les conséquences économiques et culturelles du “piratage” sur l’industrie de la musique, du film, et du jeu vidéo. Les conclusions font curieusement echo au Rapport Hadopi publié récemment en France et confirment les conclusions de Patrick Waelbroeck de l’ENST, l’un des expert mondiaux en la matière, qui a modélisé en détail l’interaction entre le “piratage” et l’économie.
Après la communauté scientifique (les scientifiques pro Hadopi se comptent sur les doigts de la main, les adversaires sont légion), et après la Commission Européenne, c’est désormais au tour du gouvernement Hollandais d’infliger un camouflet au gouvernement Français et à son projet de loi « Création et Internet ».
Surprise, bien que la plupart des “pirates” téléchargent essentiellement des oeuvres protégés sans les payer, l’impact sur l’économie est au final positif. Le rapport va même jusqu’à chiffrer cet impact à 100 millions d’euros par an sur la seule économie Hollandaise (en faisant une – bien peu scientifique – règle de trois à partir des populations respectives des deux pays, on pourrait extrapoler l’impact sur la France à 370 millions d’euros).
Bien qu’il reconnaisse que l’industrie de la Culture connaisse une chute de son chiffre d’affaire, les effets positifs semblent plus que compenser ces pertes. Le rapport conclue en effet que les “pirates” donnent, de par leurs activités, accès à un très large catalogue de biens culturels, souvent utilisés pour voir ou écouter un contenu qui sera acheté par la suite. La plupart des “pirates” n’auraient jamais acheté les contenus qu’ils téléchargent mais le simple fait d’avoir accès à un tel catalogue augmente considérablement le bien-être (welfare) des citoyens Hollandais, notent les chercheurs. Patrick Waelbroeck (qui n’a pas participé à cette étude, et qui se limite strictement à l’étude de l’impact économique) arrive a des conclusions similaires.
Les auteurs du rapport ont par ailleurs montré que les “pirates” n’achètent pas moins de produits culturels que les autres, en réalité, ils auraient même tendance à fréquenter plus assidûment les concerts. Ceux qui téléchargent des jeux vidéo en achètent, vous avez deviné, bien plus que ceux qui ne “piratent” pas.
Le rapport montre également que dans l’industrie de la musique, les effets du “piratage” profitent bien plus aux petits groupes de musiciens peu connus qu’aux stars, ce qui explique probablement le ralliement quasi unanime de ces dernières à la loi « Création et Internet » alors qu’on entend peu les petits groupes se plaindre du peer to peer.
Enfin, les chercheurs pensent que le renforcement de la législation sur la protection des oeuvres n’aura pas beaucoup d’effet sur l’industrie de la Culture, la plupart des pertes qu’elle subie étant, en réalité, dues à tout autre chose qu’au partage en peer to peer. Pour la musique, en particulier, la concurrence faite par d’autres formes de loisir apparues ces dix dernières années est énorme.
Alors que le désormais célèbre « Rapport Hadopi » a été largement distribué à l’assemblé, et que son seul argument repose sur des supposés dégats économiques calculés de manière fantaisiste, et alors qu’il a ridiculisé de par la crétinerie de son argumentation scientifique ses auteurs, ce rapport sera-t-il pris en compte par nos députés ? La réponse dans peu de temps.
A lire également :
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20 janvier 2009 à 13:30
Combien de temps ?
20 janvier 2009 à 13:36
@Nicolas Combien de temps pour ???
20 janvier 2009 à 13:37
J’habite aux Pays-Bas, et je pense que la vision est différente en raison de la taille du pays: les oeuvres néerlandaises recevant des aides de l’état ne sont pas piratées à l’étranger car elles n’interèssent pas les non néerlandophones, et le fait que tout le monde ait accès à Internte provient du fait, que comme en belgique, la télé herzienne n’existe plus depuis des années, et donc qu’il faut payer le cable pour avoir la TV, et Internet est dans le package.
Les néerlandais ont aussi prouvé que la prostitution apporte de l’argent à l’économie et génère des revenus touristiques énormes, la vente de drogues près des frontières allemandes et belges aussi.
Le problème n’est pas du tout le même, car la culture est locale et n’a pas d’ambition internationnale au niveau de l’état. Seules les initiatives personelles permettent à un groupe ou à une oeuvre d’être connu à l’internationnal.
Le gouvernement NL se suffit du fait que le bien être des habitants augmente parce qu’ils écoutent de la musique américaine non payée.
Les chinois sont contents de pouvoir profiter de sacs de contre-façon à bas prix, c’est plus ou moins proche.
La question principale pour un état reste selon moi : sommes-nous globalement importateurs ou exportateurs de bien culturels?
Je pense que la France et les Pays-Bas ne sont pas du même côté.
20 janvier 2009 à 13:59
@Fabrice Tu conclues l’article par “La réponse dans peu de temps.” Je me demandais donc… combien de temps ? :)
20 janvier 2009 à 14:32
@Schroumyziguac –> super intéressant ton commentaire ! c pas souvent qu’une contribution de lecteur fait progresser le débat…
@Fabrice Epelboin –> je ne comprends pas le début de l’article : “Un rapport commandé par le gouvernement Hollandais conclu à un impact « très positif » du peer to peer sur l’économie” puis un peu plus loin “Les conclusions (du rapport) font curieusement echo au Rapport Hadopi publié récemment en France” –> cette dernière phrase indique que les conclusions du rapport hollandais et du rapport hadopi sont similaires ce qui est en contradiction avec le titre. Que faut il comprendre ?
20 janvier 2009 à 14:45
@Pierre Font écho = Répondent… ha, mea culpa… je croyais avoir introduit une pointe — si ce n’est de style — au moins d’humour… C’est si peu clair ?
@Nicolas Ha… C’est pas encore clairement fixé, à priori, la loi est voté en mars, mais rien n’est fixé pour l’instant…
@Schroumyziguac/Stéphanie J’attends votre mail de confirmation d’ID :)
Votre argument, quoi qu’il en soit (et qui que vous soyez) n’en est pas moins intéressant et recevable. En terme d’export, je ne suis pas sûr que les Français soient très forts, bien que l’on doit certainement être meilleurs que les Hollandais. Ceci dit, l’étude va bien au delà de cela.
1) Elle étudie également l’impact sur la Culture, qu’elle juge “très positivement” impactée par le P2P
2) Elle propose une modélisation du phénomène, qui doit pouvoir être transposée à la France histoire de pouvoir faire des comparaisons sérieuses, et pourquoi pas, aborder le phénomène sous un angle Européen.
Comme je le disait, extrapoler le phénomène à la France avec une règle de trois est tout aussi bidon que les modes de calculs du rapport Hadopi, la réalité du modèle scientifique utilisé est infiniment plus complexe. Par contre, il y a peu de chances que tout cela puisse être fait à temps pour le vote à l’assemblée.
20 janvier 2009 à 16:40
A lire également sur le même sujet chez Ecrans.fr http://www.ecrans.fr/Le-piratage-et-ses-effets-positifs,6189.html
20 janvier 2009 à 16:48
@Schroumyziguac Bon, pour le concour référencement, choisir un blog qui fait des nofollow sur le url des contributeurs, c’est pas malin ;)
Quoi qu’il en soit, votre remarque n’en reste pas moins intéressante pour autant. J’ajoute à mon commentaire précédent que l’étude montre également autre chose, qui s’applique, pour le coup, à n’importe quel pays, quel que soit sa ‘balance des paiements culturels’, c’est l’analyse et la démonstration qu’un législation plus dure ne changera strictement rien au chiffre d’affaire de l’industrie culturel. Chose qui m’avait déja été annoncé par les scientifiques que j’avais interrogés lors de la rédaction de l’article sur le Rapport Hadopi.
Tous, ils m’avaient, en substance, appelé au calme en me disant:
1) rassure toi coco, l’Europe va faire sauter tout ca.
2) de toutes façon, même si ça passe, ils vont plonger question Chiffre d’Affaire, et finiront par réaliser qu’ils sont passé à coté d’un jackpot, à partir de ce moment, ils changeront de cap à 180°
On reviendra sur le “jackpot” avec une intervention sous peu… d’un scientifique (encore un).
20 janvier 2009 à 17:16
Salut Fabrice. Je lis avec moins de plaisir chaque article allant dans le sens du P2P et contre Hadopi, dans la mesure où j’ai l’impression que ceux-ci sont finalement à chaque fois un constat d’échec de plus : si les éléments en faveur du P2P sont évidents (thèse que je soutiens), pourquoi HADOPI n’est pas encore enterrée ? Pourquoi les député ne changent pas radicalement de position ? La situation au niveau de l’avis des députés sur la question évolue-t-elle ?
Tout un tas de questions qui restent actuellement pour moi sans réponses. Bref : j’ai l’impression qu’on a raison, mais que les décideurs ne nous entendent pas.
Boarf, me direz-vous, avant qu’ils nous chopent, il va se passer très longtemps, mais là n’est pas le but : des idées sont faites pour être ralliées, non ? Or là, ça ne paraît pas être le cas.
20 janvier 2009 à 17:26
J’ai le même constat, et j’ai peur que la vérité soit ailleurs, en l’occurrence, du coté de la Net Neutrality.
Les lobbies ne sont pas idiots, ils savent bien que la loi ne fera pas remonter leur chiffre d’affaire, par contre, elle peut étouffer pendant un temps la culture du remix en France, un potentiel concurrent redoutable, ce qui leur laisse le temps de sauver quelques meubles (et d’arriver à la retraite pour bon nombre d’entres eux).
Comme le résume Lessig, la Culture a toujours été en mode Read-Write jusqu’au XXe siècle ou elle est passé en Read Only, certains y voit beaucoup d’intérêt et entendent que cela reste ainsi. Pour caricaturer, en mode Read Only, on a à faire à du temps de cerveau disponible, en mode Read Write, c’est plus compliqué…
21 janvier 2009 à 1:29
@AbriCoCotier : la réponse est en fait “simple” : les lobbies travaillent bien. Il y a de très nombreux adversaires dans les deux camps (PS et UMP), mais les majors sont dans les “limbes” : elles n’arrivent pas à arrêter l’hémorragie, et elles ne savnt aps où elles vont et comment réinventer leur business model. De fait, afin de ne aps ressembler aux “houillères de Lorraine”, elles freinent des quatre fers le temps de voir ce qui émerger, et faire les élagages qui vont bien… Difficile de passer d’une situation où tu faisais la loi à une situation où tu dois partager. Et avec ton public en plus, arrgghh ! ;)
21 janvier 2009 à 4:32
Je suis musicien, et j’ai pris parti depuis longtemps en faveur de la “licence globale” sur laquelle se jettent maintenant les opérateurs privés, réduisant le mot “global” à leur microcosme très monolythique (licence globale Sony, L.G. Virgin à venir, etc)…
En disant ça, je ne tiens pas à ajouter un nouveau débat sur cette licence globale (quel dommage ! c’était si simple, tous les organismes de redistribution des droits sont déjà là, ils ne manquaient que la centralisation des données de transfert -éthique sans problème, puisque seul l’objet était listé, pas l’utilisateur, et, c’est vrai, une renégociation des pourcentages de redistribution…pierre d’achoppement du “Bien général“au profit de quelques particuliers, Sacem entre autres, qui se sont empressés de refuser de négocier ces pourcentages, au nom de l’ancienneté…la Spedidam vien encore de manger son châpeau dans son juste combat !).
Je tiens bel et bien à dire combien il est évident pour nombre de musiciens que les “pirates” (Ah les méchants pirates !) sont notre plus sûr public en concert, par un jeu d’économies qui m’a toujours semblé évident.
Les producteurs gagnent moins sur les concerts…
Ma réflexion s’est par ailleurs étendue à la “théorie” qui rend aveugle les “tenants” de cette économie très particulière des “biens culturels”: ils ont maintenu des prix hors de toute logique d’offre-et-demande, ce depuis la fin des années 70, pour le cinéma comme pour la musique (21−23 Euros là où 12 – 15 Euros serait bien le maximum pour un cd à faible distribution), et ils en ont payé le prix fort avec cette “soudaine” gratuité.
Après tout, “gratuit”, c’est d’abord ce qu’il y a de “moins cher”, et le principe d’Offre et Demande n’exclue pas cette possibilité de la gratuité pour accéder au bien-être (la Loi d’Equilibre de Walras précise que la Loi d’Offre et Demande a pour but le bien-être des peuples grâce à un équilibre des prix obtenus selon cette règulation “automatique”, cette “main invisible” du marché qui fait que les tickets d’entrée au cinéma restent aussi chers en périodes de faible fréquentation…).
La réponse “flic” des prod. et distrib. est bien la preuve que le commerce (innovation) n’est pas leur souci, mais bien plutôt le profit…entre autres sur mon dos de musicien !
Eh oui, en même temps qu’on veut “fliquer” l’échange sur internet, les producteurs viennent d’obtenir la possibilité d’imposer des “cessions de droits” aux artistes, qui ont à présent l’obligation de léguer leurs droits pour “toute utilisation faite après la 1ère exploitation de l’oeuvre” (réédition, exploitation télé, notamment, voir le site de la Spedidam sur ce sujet)… intéressante complémentarité du politique et de l’économique quand il se réduit à une seule catégorie d’artiste: les producteurs (ironie)…
J’ai eu des K7 toute mon adolescence, et j’ai tout de même une discothèque de disque acheté qui ferait bien plaisir à n’importe quel patron de la distribution de biens culturels…
C’est juste complètement con de prêter le flanc à leurs arguments (pénalité pour l’auteur : c’est faux ! la “cession de droits” au producteur est bien plus préjudiciable à l’artiste que le peer-to-peer !).
Enfin, nombre d’oeuvres ne sont tout simplement pas accessibles sur le marché — je pense particulièrement à nos productions hexagonales de Jazz Français qui restent un seul mois en rayon, flux-tendu oblige !- , et le peer-to-peer est un vrai moyen de répondre à cette immense lacune des commerciaux.
Nous connaissons ces gens (les prod, les distrib) depuis qu’ils se plaignent du piratage en K7 (années 80); ils sont tout simplement de médiocres profiteurs de notre travail, bien réel celui-là (et bien fructueux pour tous — donc pour nous aussi– quand la “Culture” arrive à avoir pignon-sur-rue au moins autant que le “divertissement”, substrat d’un profit aussi honteux qu’improductif) …!!
Et pendant que nous débattons pour “nous fliquer nous-mêmes”, l’ensemble des pays émergents pratique la vente de dvd et cd piratés à 50 cts ou 1 dollar dans toutes les rues commerçante des grandes villes, avant même la parution des oeuvres dans le commerce … 1 gag !!
Bien cordialement. Merci pour votre article !!
21 janvier 2009 à 10:22
Nous avons pris contact avec l’un des auteurs de l’étude et allons réaliser une interview. Si vous avez des question, n’hésitez pas.
Schroumyziguac, la votre fera bien sûr parti du lot, elle est vraiment intéressante :)
21 janvier 2009 à 11:26
Merci.
Pas de problème.
Pour que les choses soient claires, je ne prend pas parti pour ou contre cette loi, parce que je n’ai pas suivi de près ce sujet à partir de l’étranger.
Personnellement, je pense que la musique sur CD ou support numérique non matériel va certainement devenir un produit promotionnel pour des activités rémunératrices (concert, merchandising,…).
Autre remarque, j’ai l’impression, vue de l’extérieur, que la culture, surtout le cinéma, est utilisée comme un moyen d’augmenter le rayonnement internationnal de la France, au même titre que l’industrie aéronautique ou ferroviaire, ou la gastronomie française.
De mon point de vue, la culture, comme l’éducation, est nationale est France, elle est locale (régionale) aux Pay-Bas, et communautaire en Belgique, elle est fédérale (dépendante des länders) en Allemagne. Ca change énormément la façon de voir les choses des citoyens.
21 janvier 2009 à 14:56
@ Schroumyziguac : “La question principale pour un état reste selon moi : sommes-nous globalement importateurs ou exportateurs de bien culturels?”
Arrrrg…
Cette question dénote une curieuse façon d’envisager la culture comme un bien exclusivement marchand, et c’est justement avec ce genre de paradygme pour le moins réducteur qu’on en arrive à des projets de loi aussi dangereusement imbeciles, inutiles et hors-sujet que le projet hadopi.
Je m’insurge violemment contre cet amalgame entre culture et industrie culturelle que les majors nous imposent insidieusement.
Et même, j’ai parfois tendance à penser que l’industrie culturelle, c’est la mort de la culture : il suffit de faire un tour d’horizon de la daube préfabriquée que nous vendent les majors pour comprendre qu’on est bien loin d’une quelconque préoccupation culturelle…
Si l’on veut réellement avoir un discours d’économiste au sujet de la culture, c’est l’impact sur l’Indice de Développement Humain qu’il faut considérer avant celui sur la balance des paiements.
Le “welfare” abordé par le rapport n’est en ce sens pas dénué d’intérêt, et le traduire par l’axiome “j’écoute de la musique américaine non payée” est non seulement simpliste et réducteur mais encore extrèmement partisan.
Ça ne veut pas dire qu’il faut plus envisager la culture sous son aspect économique : simplement qu’il faut refuser la dérive vers un monopole de l’industrie, par essence dangereuse pour ce qu’en termes de marché on appellerait “l’économie de niches” et qu’en “vrai” on désigne par “les petits” (les petits musiciens, les petits cinéastes… bref, tout ce qui construit en culture une dynamique du risque et de la nouveauté, et qui n’a pas sa place dans une perspective de rentabilité. Antoine doit comprendre ce dont je parle ici…).
Le projet hadopi est un des outils de mise en place et de préservation de ce monopole de l’industrie. Pour l’instant, il a convaincu des députés parce qu’il repose sur des arguments exclusivement économiques face auxquels les mises en garde éthiques de ses détracteurs font figure d’utopisme gentillet.
Alors, ouf, ça fait du bien d’avoir ce type de rapport qui, enfin, pourrait bien renvoyer les partisans d’hadopi dans leurs quinze mètres, avec leurs propres arguments.
… A condition qu’il soit vu, lu, cru…
Croisons les doigts.
21 janvier 2009 à 18:31
J’ai tendance à être de cet avis, parler de ‘balance commerciale’ pour la Culture, c’est tout de même regarder la Culture par le petit bout de la lorgnette.
Même s’il ne faut pas tomber dans l’excès inverse, on peut se demander ce que serait la Culture si cette façon de voir les chose avait prévalu.
Picasso : IN, Duchamp : OUT ?
Question art contemporain, on ne serait aps allé beaucoup plus loin…
Non, franchement… c’est un angle d’analyse, ok, mais si c’est le seul, au secours !
22 janvier 2009 à 5:42
Depuis Napster (ça remonte) j’ai toujours pris position pour le P2P, je trouve dommage que les professionnels n’ont pas su exploité cette excellente technologie.
J’avais écris un article là dessus.
Pour moi les réseaux de partages ne sont pas la cause des maux de l’économie culturelle.
On oublie bien souvent un détail : le pouvoir d’achat.
Il faut aussi noter que le téléchargement sauvage a également permis la découverte d’artistes qui ont profités d’une nouvelle notoriété grâce au web, chose qu’ils n’auraient pas eu avant.
Plus généralement, la musique a aussi connu une baisse de qualité. Personnellement quand je regarde ma discothèque la plupart de mes achats remontent avant 2000.
Je suis musicien également et pour moi Internet permet aussi une incroyable publicité.
L’auto-production a plus d’avenir que les grandes majors selon moi. Celles-ci auraient plus tendance a freiner l’évolution du marché…
22 janvier 2009 à 13:16
Numérama en parle ici: http://www.numerama.com/magazine/11765-Les-effets-economiques-et-culturels-du-P2P-sont-extremement-positifs.html
27 janvier 2009 à 12:57
c’est que lorsqu’il n’existait qu’un seul canal de diffusion (radio, tv), ça pouvait se calculer en terme de rentabilité ; mais la multiplication anarchique des moyens à permis ceci ; que l’on ne place plus en tant qu’acteur économique ses sous dans les mêmes paniers ; ce qui chagrine fort les non pas ayant-droits mais surtout les filières industrielles ; c’est embêtant, pour elles, et on peut bien le comprendre ; c’est un monopole qui s’affaisse … et leur rentabilité (du genre ; 75% de bénéfices …) elles voudraient bien les conserver … voir les augmenter ou plus machiavéliquement les installer comme rentes (avec nos sous).… de fait, avec les taxes sur les supports d’une main gauche et de la droite taper sur les gens en annulant le “manque à gagner” du piratage. C’est pour le moment sa tactique cousue de fil blanc.
Je ne prendrais en exemple que cette constatation ; ça coûte combien pour produire 1 CD … et combien nous est-il vendu ? (ce CD indestructible dont le prix devait baisser il y a de cela une vingtaine d’années … du fait de sa démocratisation) ; on est passé ce jour-là de 50 fr le vinyle à 120 fr le cd.
Donc leur embarras ne vient pas de la vente elle-même, mais de leur taux de rentabilité (comme toute entreprise qui veut garantir son monopole), les filières veulent le conserver tel quel. Leur taux de rentabilité ; pas le coût réel des Cds (ou des artistes). Si le taux de rentabilité est mensonger, surévalué à la base, cela n’entre pas du tout dans leur point de vue. Et ils ne s’imaginent même pas qu’il puisse en être autrement … euh… enfin si, ils en sont parfaitement conscients…
AD ; ils ne posent pas la question, tout comme d’autres ne se posent pas la question des (non) augmentations de salaires depuis 30 ans … et ce n’est pas amalgamer, parce que c’est le même processus.
Comment s’étonner alors que les “gens ” estiment payer suffisamment et que trop c’est trop …
Alors les artistes ; là je ne comprends pas.
si vous voulez que les artistes soient rémunérés ; qu’ils se produisent eux-mêmes, qu’ils aient la main mise sur leur production (ou création); et au lieu des 2 ou 3 de pourcentage, qu’ils récupèrent 10 ou 25. Sans doute il se développe (développera) des mini marchés, et non plus un seul marché monolithique ; et en quantité ceux qui vendent beaucoup vendront moins … (du fait des moyens de diffusions démultipliés, de même que la TNT réduit les parts des généralistes habituels pour la TV)
mais si ils récupèrent plus sur leurs propres diffusions, non seulement cela répartit la même somme de dépense (des gens) mais autrement, mais de plus c’est beaucoup plus juste et beaucoup plus prolifique en terme de créativités.
Et donc si l’on veut promouvoir les individus plutôt que les sociétés de production, comme moyen terme (entre l’auto diffusion et le monopole vieux de 70 ans, rock and roll et tout ça), vous devriez être davantage intéressé par la licence globale …
ce qui impose évidemment de se passer des intermédiaires (et non je n’oublie pas les simples salariés de ces entreprises). Le but n’est pas de subventionner une industrie privée, mais de favoriser la création.
Et quant au fond ; la multiplication des moyens de diffusions et en ce cas, sa « gratuité », dont je comprends bien qu’elle pose problème quelque part .
Ce que cela impose c’est un changement des goûts et des couleurs. Cad ; une multiplication des marchés possibles ; ce qui fâchent les monopoles donc. Mais cela provoque un appel d’air pour le culturel en général ; c’est simple pourtant …
Ceux qui n’avaient pas le gout de ceci ou cela, le télécharge : ceci ou cela qu’ils ne connaissaient ni d’Eve ni d’Adam : et élargissent ainsi leur propension à se « cultiver ».
Qui va nier que la « gratuité » a enrichi l’envie d’écouter, regarder, etc, d’un nombre considérable de personnes ? Et qu’au final, tandis que la culture prenait globalement, 10% de notre temps il y a 10 ans, elle récupère 20 ou 30% maintenant.
Que les diffusions classiques en aient pâti, (dans leur taux de rentabilité, pas dans les frais de coût réel) c’est une chose ; que cela occasionne une diversité de diffusions (rentables quoi qu’ils en disent) classiques ou surtout nouvelles en est une autre.
Bêtement, je me pose la question ; pour “être un artiste reconnu” faut-il nécessairement passer à la télé … ou encore gagner x millions d’euros par an … ou amasser les fans par millions …?
il me parait évident que l’idéal demeure (faussement) dans la tête que la “reconnaissance” est du genre ; “tout le monde sait qui est Johnny” ; et non pas ; “quelques uns connaissent King Crimson”
:- )
mais entre tout et rien (ou quelques uns) il existe quantité de niveaux ;
et tandis que le système de starification pour des raisons presque exclusivement comptables,(mais aussi par regroupement de foule, ou de lien social) promeut un Buzz continuel autour de quelques uns, très connus, (afin de récupérer jusqu’au dernier cent possible, par contagion),
il faut bien poser les autres structures qui sont déjà engagées ; que les publics se diversifient, donc les marchés, donc les créations, mais de même aussi les moyens de production, création … cad non pas que tout le monde fera sa zic avec sa Wii dans son salon (!!!)
mais puisque les publics non seulement se diversifient mais aussi se perfectionnent dans leurs attentes ou exigences, de même les individualités passionnées de ceci ou de cela augmentent toutes les possibilités d’interventions, de participations.
Alors il y aura quelques élus, mais ces quelques élus seront de fait plus nombreux que l’élection pyramidale et hiérarchique et obsessionnelle des superstars (qui n’en continueront pas moins d’exister, mais récolteront moins de sous … redistribués).
18 février 2009 à 22:31
Pour information, la version anglaise du rapport néerlandais sera vraisemblablement disponible dans quelques jours. Je ne sais pas toutefois si elle sera facilement accessible en ligne…
18 février 2009 à 23:26
Normalement, oui, à défaut, nous avons pris contact avec la chercheur (euse?) qui a dirigé l’étude, je suis sûr qu’elle nous laissera le diffuser ici.
04 mars 2009 à 22:06
Au fait, la version anglaise du rapport dont je parlais dans mon commentaire du 18 février 2009 est en ligne, par exemple à cette adresse : http://www.ivir.nl/publicaties/vaneijk/Ups_And_Downs_authorised_translation.pdf . Je n’ai fait que le survoler très vite et ne puis dire si c’est un rapport solide ou pas ; en particulier, son résumé, bien qu’intéressant a priori, n’est pas suffisant pour se faire une idée.
18 mars 2009 à 17:57
UPDATE Interview des auteurs de l’étude et download de l’étude ici !
20 mars 2009 à 9:40
Il y a une dizaine d’années, on faisait déjà l’hypothèse de cette étude en France. Le piratage de logiciel permettait à des non-initiés de se former pour pouvoir acheter les logiciels (à prix d’or) dans le cadre professionnel plus tard.
Si microsoft ne cherche pas depuis 15 ans à emprisonner les “pirates” c’est bien parce que la disponibilité de leur OS sur les p2p contribue à leur monopole, une fois en entreprise.
Les acteurs du logiciel libre et de la culture libre l’ont bien compris, lorsque quelque-chose est offert, le nombre d’utilisateurs/admirateurs est tellement vaste (lorsqu’il y a une réelle qualité) que la faible proportion de gens prêts à payer est suffisante à leur réussite économique. Sortez un logiciel libre dans un secteur où tout est propriétaire revient à poser une “bombe économique” qui conduit à un avantage concurrentiel à long terme.
En plus de cela, dans un monde où on a accès à tout et où l’ont est abrutis par la publicité incessante, l’image de qualité ou l’engagement d’un artiste vaut énormément dans le choix d’achat.
Je ne prends aucune position, c’est un constat personnel.