Le Réseau des Pirates milite pour un Pacte des Libertés numériques

piratesCréé par huit citoyens professionnels et/ou passionnés de l’internet et apolitiques, le Réseau des Pirates a été lancé officiellement ce soir 10 mars. Avec un objectif simple : réveiller les consciences, notamment des politiques, et œuvrer pour un Pacte des Libertés numériques signé par le plus grand nombre. Cette initiative vient s’ajouter à d’autres actions en cours, ayant toutes pour objet de lutter contre une règlementation de l’internet et proposant de réfléchir à une nouvelle vision de l’économie numérique.

Le Pacte

« Ils sont, nous sommes,  des millions, en France, chaque jour à échanger des œuvres: des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables,  des œuvres oubliées ou «tombées» dans le domaine public (…) Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique (…) Il est grand temps de reconnaître ces pratiques.  De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse« .

Chaque signataire reconnaît avoir « consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles » et donc, être « un pirate » au sens où il est définit par les politiques actuels.

L’objectif est donc de provoquer une prise de conscience, en s’appuyant sur le débat citoyen provoqué par la loi Création & Internet (Hadopi), et de révéler au grand jour que tout un chacun peut-être demain accusé d’avoir « piraté » un contenu, pouvant de fait être soumis à la riposte graduée (jusqu’à la coupure de sa ligne internet).

Désirant s’adresser globalement aux Parlementaires (notamment ceux se présentant aux prochaines élections européennes les 6 et 7 juin prochain), le Réseau liste 10 engagements, une vision de l’internet « où s’invente peut-être la société de demain, fondée sur la coopération et l’échange : celle de « l’aprés-crise« . Il ont pour ambition de venir compléter

Les 10 engagements proposés par ce Réseau

Ces 10 engagements proposent une vision nouvelle de l’internet, afin d’en préserver ses fondements initiaux et ouvrir le débat sur de nouveaux modèles fortement emprunt de Free Culture.

1) Préserver les libertés numériques
2) Protéger le droit à la vie privée
3) Encourager  la libre circulation des connaissances scientifiques
4) Préserver et étendre le domaine public des créations de l’esprit
5) Donner un coup d’arrêt à l’extension de la propriété intellectuelle et au renforcement de ses mécanismes d’exécution
6) Préserver le principe de neutralité de l’internet dans le cadre de régulation européen en matière de télécommunications
7) Promouvoir un projet de directive reconnaissant les droits et libertés numériques des salariés
8) Favoriser l’implication des citoyens dans le débat public et l’évaluation des politiques publiques européennes
9) Promouvoir au niveau européen et national une approche exigeante de l’interopérabilité
10) Soutenir les initiatives sociétales visant les mêmes objectifs.

Les autres actions en cours

Les auteurs de cette action, qui désire porter le débat au delà de celui actuel de la loi Création et Internet, ont fait en sorte qu’elle soit complémentaire à celles déjà existantes.

Elles manifestent toutes contre les tendances à vouloir réglementer de manière restrictives l’internet. Parmi les forces en présence, SVM propose une pétition spécifique à Hadopi, et la quadrature du Net propose (parmi toute la richesse des documents qu’elle met en ligne sur le sujet) d’écrire à son député afin de lui faire prendre conscience de l’importance de son vote à l’Assemblée Nationale concernant Hadopi.

Les membres fondateurs de cette action sont : Olivier Maurel (manager des innovations sociales chez Danone et incubateur de start-ups), Mikiane (cofondateur de Rue89, directeur du studio multimédia de France 24), Nicolas Voisin (PDG de 22 mars SAS, créateur de Politicshow, lesdemocrates.net…), Damien Douani (marketeur digital, économiste, évangéliste 2.0, membre de ReadWriteWeb France), Benoît Thieulin (fondateur de la NetScouade, spécialiste du web politique), Maurice Ronai (chercheur en sciences sociales, auteur de documentaires et co-auteur du rapport Rocard sur la République 2.0), Fabrice Epelboin (consultant, créateur de start-ups et membre de ReadWriteWeb France), et Guillaume Champeau (fondateur de Numerama.com).

EDIT : cette liste était incomplète au moment de la publication de l’article. Tous les noms sont trouvables ici : http://www.reseaudespirates.org/?q=content/qui-sommes-nous

A lire également :

  1. Le New York Times s’appuie sur un réseau d’experts pour traiter l’information ...
  2. De citoyen à internaute, des libertés oubliées ...
  3. Le prochain noeud de réseau internet sera votre voiture ...
  4. Welcom, le réseau social le plus fermé de la planète ...
  5. Pirates ou terroristes : Le Monde prend-t-il les députés pour des imbéciles ? ...
  6. Les anti-pirates infestent les pirates avec un Trojan ...
  7. Les artistes anglais contre la criminalisation des pirates ...

14 commentaires pour cet article

  1. Thomas

    Le site semble ne plus fonc­tion­ner déjà :(

  2. Jm

    Le site n’est plus acces­sible !!
    — —  — –
    Account Suspended

    If you are the account owner, you should have recei­ved a noti­fi­ca­tion regar­ding this.
    - If you have ques­tions kindly open a sup­port ticket via the control panel -

    Best regards,
    Your Servage.net team

  3. Bob ArdKor

    d’une part, je me méfie quand on me parle de gens “apo­li­tiques”, d’autre part le site du Réseau des Pirates men­tionne * Arnaud Dassier * dans la liste des fon­da­teurs alors qu’il n’est pas men­tionné dans cet article ni sur Numerama… qu’en est-il ?

    on ne peut vrai­ment pas dire que le Spammeur UMP, qui trou­vait Madelin trop à gauche, soit fran­che­ment “apolitique”…

    http://www.kitetoa.com/Pages/Textes/Textes/Texte10/20050210-UMP-ministere-interieur-nicolas-sarkozy-spam-le-net-sans-vergogne-1.shtml
    http://www.transfert.net/a8822
    http://www.marianne2.fr/Arnaud-Dassier,-conseiller-Internet-de-l-Ump_a63.html

  4. AbriCoCotier

    Dis donc, y’a du lourd dans les membres fon­da­teurs (et ça fait plaisir) !

    Maintenant, je me dis que c’est pas ça qui fera plier Mme Albanel et qui chan­gera les opi­nions des dépu­tés, au vu du faible impact de ce qui a déjà été dit (et notam­ment sur le fait qu’à la radio, on n’entends jamais per­sonne remettre en cause le fait que le P2P est mau­vais pour l’économie de la culture !).

  5. Thomas

    @AbriCoCotier: Personnellement, je n’ai pas non plus entendu les médias télé­vi­sés sur ce sujet. A chaque fois que j’ai vu quelque chose, c’était du style “le télé­char­ge­ment tue la musique”.
    Bizarrement, aucun ne parle de ces vrais rap­ports (qui ne sont pas com­man­dés par des majors et autres lob­bys) qui disent même le contraire… C’est vrai­ment triste de voir les médias français comme ça et à quel point la dés­in­for­ma­tion est de tous les côtés. Heureusement qu’il reste le net pour s’exprimer libre­ment et en apprendre vrai­ment sur le fond des choses.

  6. Nicolas Cynober

    En atten­dant je suis tombé hier soir sur Jérémie Zimmermann (la qua­dra­ture du net) invité sur radio BFM. Il a explosé en vol. On l’a collé sur un pla­teau de 6 per­sonnes, il était le seul anti-hadopi. J’ai rare­ment vu un débat aussi violent sur BFM: per­sonne ne se lais­sait par­ler, c’était à cer­tains moments inaudible.

    A bout de souffle, visi­ble­ment dépité par la tour­nure du “débat”, le der­nier mot de Jérémie Zimmermann aura été: “Hadopi res­tera dans la pou­belle de l’histoire”.

    Quand on voit la tour­nure des choses, il semble clair que la par­tie est loin d’être gagnée et qu’il fau­dra la jouer plei­ne­ment. DAVSI a été un ter­rible échec pour cer­tains indus­triels, Hadopi est leur der­nière chance. 

    Visiblement il ne fau­dra pas comp­ter non plus sur un relai des anciens médias, mais on s’y attendait…

    Bonne chance au réseau des pirates. J’espère que vous trou­ve­rez des moyens inno­vants pour pro­pa­ger nos idées… il en faudra.

  7. Damien Douani

    Bonjour, le site est désor­mais dis­po­nible à http://www.reseaudespirates.net

    Il y a eu trop de sur­charge sur le précédent.

  8. Damien Douani

    @Bob : par apo­li­tique, il faut entendre que ce n’est pas une action poli­tique pilo­tée par un camp ou un autre qui se trouve der­rière, c’est un mou­ve­ment parti d’initiatives indi­vi­duelles. En revanche, il n’est pas sur­pre­nant de retrou­ver des per­sonnes déjà enga­gées poli­tique­ment dans cette initiative.

    Arnaud Dassier est pour­tant bien men­tionné ici, et ne fait pas mys­tère de ses appar­te­nances : http://reseaudespirates.net/?q=content/qui-sommes-nous

  9. Bob ArdKor

    Oui, j’ai bien vu qu’il était dans le “qui sommmes-nous”, c’est là que j’ai trouvé son nom. Mais pourquoi ne pas le men­tion­ner dans cet article, ou dans l’article sur numerama ? 

    La ques­tion vaut aussi pour Jacques Rosselin et Benoît Raphaël, d’ailleurs, puisqu’ils ne sont pas non plus au nombre des “huit gus”, mais bien pré­sents sur la page “qui sommes-nous” du site.

  10. Damien Douani

    @Bob : en fait cette liste était com­po­sée des pre­miers membres fon­da­teurs, incom­plète au moment où elle a été dif­fu­sée. La liste inté­grale est sur le site du Réseau des Pirates.

  11. Papageno

    Quelle sur­prise, il n’y a pas un seul musi­cien parmi les “pirates”:

    http://reseaudespirates.net/?q=content/qui-sommes-nous

    évidem­ment, pou­voir tout télé­char­ger gra­tos, ça dif­fuse la culture, ça encou­rage la créa­ti­vité, et c’est vache­ment cool pour tout le monde, sauf peut-être pour les gens qui ont investi leur temps et leur argent dans la pro­duc­tion de la musique ou des films.

    Quand à l’argument “oui, j’ai piraté cet album, mais pro­mis je vais ache­ter le CD si j’aime bien la musique” c’est une belle hypo­cri­sie… 99% des gens, quand on leur donne un truc gra­tuit, ils empochent et ne pensent même pas à dire merci.

    Derrière les grands mots et les grands prin­cipes (les “liber­tés numé­riques”), tout ce qu’il y a en réa­lité c’est “tous les films gra­tos c’est cool et c’est pas cher, j’aimerais bien que ça dure”.

  12. Damien Douani

    @Papageno : il existe des exemples qui prouvent que l’on peut mettre en ligne de la musique gra­tui­te­ment et pour autant être rému­néré pour son talent et son travail. 

    Cerrone gagne de son propre aveu de l’argent via les droits déri­vés et les droits Sacem tout en dis­tri­buant gra­tui­te­ment son der­nier album, et l’album Ghosts I-IV de Trent Reznor figure en tête des albums les plus ven­dus en 2008 sur la pla­te­forme de télé­char­ge­ment d’Amazon aux Etats-Unis alors qu’il est dis­tri­bué sous licence libre sur les réseaux P2P.

    D’autre part, des solu­tions existent pou­vant lier télé­char­ge­ment (légal) gra­tuit ou payant : le prin­cipe de la licence globale.

    Il y a des contre-exemples aux asser­tions comme quoi le télé­char­ge­ment et la gra­tuité vont contre la rému­né­ra­tion des artistes. Des scien­ti­fiques de renoms (des exemples sont pré­sents sur RWW) en font la démons­tra­tion, et demandent à ce que le débat s’ouvre. Or à ce jour la seule réponse don­née à l’ouverture de ce débat est la sur­veillance géné­ra­li­sée. Ce qui, vous en convien­drez, est bien l’inverse des liber­tés, numé­riques et individuelles.

  13. Papageno

    Oui bien sûr il existe des moyens de gagner sa vie en four­nis­sant des mp3 gra­tui­te­ment, mais de là à le faire sans deman­der son avis à l’artiste qui l’a pro­duit, il y a tout de même un pas à franchir…

    Quand à la licence glo­bale, elle existe déjà: plu­sieurs sites pro­posent des abon­ne­ments à quelques euros par mois per­met­tant d’écouter ou de télé­char­ger tout ce qu’on veut dans un cata­logue très étendu (plu­sieurs mil­lions de titre). Je crois davan­tage dans ce genre de for­mule que dans un bou­zin géré par l’Etat ou la SACEM qui serait syno­nyme d’injustices et de gas­pillage. Comme on ne peut pas mesu­rer avec pré­ci­sion les télé­char­ge­ments ‘illé­gaux’ sur bit­tor­rent on ne peut pas non plus rému­né­rer les ayants-droits de manière équi­table. Aux gens qui prônent la licence glo­bale j’ai envie de dire “abonne-toi à musicme ou neuf­mu­sic ou rhap­sody si tu veux mais ne l’impose pas aux autres. merci pour eux !”

    Quant aux articles scien­ti­fiques, ceux que j’ai lu ne m’ont pas convaincu… on peut par exemple consta­ter que les artistes les plus pira­tés sont ceux qui ont les meilleures ventes, mais dans quel sens est le rap­port de cause à effet ? Et les modèles mathé­ma­tique avec des fonc­tions d’utilité c’est du pipo. Dans la vraie vie, je n’ai jamais vu quelqu’un qui avait les mp3 sur son ordi­na­teur aller ache­ter le CD.

    Je ne conteste pas qu’il y a de nou­veaux busi­ness models à trou­ver pour dis­tri­buer la musique sur inter­net, et peut-être des adap­ta­tions néces­saires au droit d’auteur, mais la ver­sion “on met tout le cata­logue gra­tui­te­ment en ligne sans rien payer au pro­duc­teur” c’est du bru­tal quand même.

  14. Fabrice Epelboin

    @Papageno A quelles etudes scien­ti­fiques faites-vous réfé­rence ? Celle de Harvard, celle de l’ENST ? une autre ? Que n’avez vous pas com­pris dedans ? J’avoue que moi même, les modé­li­sa­tion dépassent de loin mes com­pé­tences mathé­ma­tique (et j’ai une for­ma­tion scientifique). 

    Quand à votre remarque sur la licence glo­bale, vous confon­dez licence glo­bale et abon­ne­ment, cela n’a rien à voir.

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