Les deux facettes de la connectivité

connectiviteKevin Kelly, fondateur de Wired, met en évidence dans un article intitulé « Two Strands of Connectionsim » qu’il existe actuellement deux mouvements séparés prônant la nouvelle connectivité du web. Une connectivité sociale (le web 2.0) qui a maintenant quelques années, et une connectivité technique (web mobile, cloud computing, web sémantique), plus récente.

Je ne peux être plus en accord sur le constat que ces deux tendances se développent de manière complètement séparées. Les hommes se parlent et communiquent de plus en plus, réseaux sociaux, blogs, etc, vous connaissez le web 2.

Mais les applications ne sont pas en reste, le projet LinkedData, les APIs et mash-up en tout genre montrent chaque jour que les machines commencent à communiquer. On ne parle pas ici de réseau mais belle et bien d’une connectivité applicative.

Pourquoi Kevin Kelly insiste-t-il sur le web sémantique? Car pour lui le web sémantique répond à la problématique suivante : comme les humains, les applications ont besoin d’une langue commune pour communiquer, le web sémantique fournit ce langage. C’est même à mon sens son principal intérêt aujourd’hui.

Alors comment créer des passerelles entre ces deux mondes, celui des hommes et celui des machines? Il existe de nombreuses manières, et beaucoup de start-up ont identifié l’opportunité de devenir le ou l’un de ces « bridges ». Analyse linguistique, tags, étude des comportements, chacun a son idée sur le sujet. Un point commun entre toutes les solutions existantes, c’est la machine qui essaye de comprendre l’homme: comprendre ses phrases, comprendre ses tags, comprendre ses déplacements sur le web. C’est l’approche top-down tel que l’a décrit Alex Iskold.

Une autre approche serait que l’homme fournisse à la machine des éléments qu’elle comprenne plus facilement. C’est la problématique des données structurées, c’est l’approche bottom-up. Cette dernière est certainement plus difficile à mettre en place aujourd’hui mais c’est à mon sens celle qui a le plus d’avenir : les mentalités changent, les applications s’ouvrent, le projet LinkedData prend de l’importance, les données se libèrent. Alors comment favoriser le développement de ces données structurées? Quelles données auraient de la valeur à être intégrée dans le Giant Global Graph? Ça sera sûrement le sujet d’un prochain billet…

Kevin Kelly termine son article en prédisant l’arrivé du web 3.0. Il le définit comme la rencontre de ces deux réseaux connectés, celui des hommes et celui des machines. En attendant il y a la place pour toute sorte d’innovations, d’un côté comme de l’autre.

Pour aller plus loin : 
si le sujet du web sémantique vous intéresse, pour découvrir ou approfondir, je vous invite à lire ma carte du web sémantique (cliquer « play » et utiliser les flèches).

Cet article a été originellement écrit par Nicolas Cynober.

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