Impact positif du p2p : interview des auteurs de l’étude scientifique Néerlandaise

Dear Annelies Huygen, Joost Poort, Nico van Eijk, Natali Helberger et Paul Rutten, les auteurs de l’étude Néerlandaise qui concluait à un « impact positif » du p2p sur l’économie et la culture ont eu la gentillesse de répondre à une longue interview pour ReadWriteWeb. Ils en détaillent les particularités et mettent en lumière des points essentiels dans le débat actuel sur Hadopi qui montrent, une fois de plus, l’aspect totalement contre productif de la loi à venir, tant pour les consommateurs, la Culture que l’industrie Culturelle.

Comment mesurez-vous l’impact culturel des échanges de fichiers en peer to peer ?

Pour évaluer l’impact culturel du p2p, vous pouvez regardez ses effets sur les modèles économiques, l’emploi, les moyens pour les artistes de toucher un public, et la somme des produits culturels consommés/appréciés. Nous avons trouvé que de nouveaux modèles économiques se faisaient jour, ainsi que de nouvelles façons pour les artistes de trouver et d’interagir avec leurs fans. La fréquentation des concerts explose, tout comme les dépenses liées aux consoles et aux jeux vidéos. La consommation de média – payés ou non – a atteind des sommets jamais connus jusqu’à aujourd’hui. C’est également vrai pour la disponibilité : jamais l’offre (encore une fois légale ou non) n’a été aussi riche et variée, et ce à l’aide d’un simple ordinateur.

Nous avons déjà passé en revue des études sur les impacts économiques du p2p comme celles faites par Felix Oberholzer-Gee de Harvard ou celles de Patrick Waelbroeck de l’ENST, quelles sont les principales différences entre ces deux approches de la modélisation micro économique du phénomène et la votre ?

Les études que vous mentionnez sont passées en revue au chapitre 5 de notre étude. Nous indiquons clairement que différentes études mettent en lumière différents effets (même si aucune n’indiquent un impact négatif du p2p sur les ventes ces dernières années). Toutes ces études ont des imperfections – le matériel à étudier est vraiment complexe – différents pays, différents groupes étudiés, et différentes méthodes, donnent des résultats différents sur les effets économiques du p2p. Si vous voulez plus de détails la dessus, jettez un œil à la section 5.3 de notre étude.

Si vous deviez faire une prédiction (scientifique, bien sûr), quelle serait selon vous la conséquence économique d’une surveillance et d’un filtrage des réseaux en France sur l’industrie de la Culture ?

A vue de nez, les effets seraient limités. De nouveaux usages destinés à contourner la surveillance se ferait jour, comme le simple fait de zipper les fichiers ou de les encrypter, de façon à ce qu’ils ne puissent pas être reconnus automatiquement. Après tout, bloquer tout le trafic p2p reviendrait à fermer internet, cela a peu de chances d’arriver. En dehors de cela, il est fort possible que les gens ignorent tout simplement la loi. Aux Etats Unis, par exemple, le nombre de téléchargeurs a baissé après les premiers procès retentissants contre les « pirates », mais après peu de temps, le « piratage » est revenu à un niveau similaire à celui qui existe en Europe, bien que les risques encourus là bas soit bien plus élevés.
Il y a cependant une différence intéressante à noter, là bas, télécharger et payer est connoté négativement, alors que dans des régimes plus souple, cela à plutôt une connotation positive. Cela semblerait indiquer que s’attaquer à ses consommateurs pourrait être particulièrement contreproductif [et mettre en péril toute chances de s’en sortir un jour]

Si vous deviez faire une prédiction (scientifique, toujours ;-), quelle serait l’impact culturel de la surveillance et du filtrage des réseaux en France ?

En dehors du fait que les effets seront à priori limités, comme je l’indiquait dans ma précédente réponse, nous nous attendons à un « coup de froid » sur la liberté d’expression et la créativité. La disponibilité des films Français et de la musique Française sur les réseaux de partage serait moindre et serait totalement dominée par la production étrangère [ce qui impacterait probablement à long terme les habitudes de consommation des jeunes générations]. Qui plus est, sans des gardes fous efficaces contre tout abus, la surveillance et le filtrage des réseaux ouvre de nouveaux moyens pour limiter la capacité à s’exprimer de l’opinion publique, notamment à travers les puissants outils qu’offrent le web 2.0, renforcer la domination culturelle des média traditionnels, et supprimer l’expression des opinions jugés indésirables. L’effet négatif sur la diversité culturelle est évident.

Si l’on part du principe que la France est une véritable puissance culturelle, pensez-vous que cette puissance puisse être affectée par la loi Hadopi ?

La loi telle qu’elle est rédigée aujourd’hui [elle est encore suceptible d’être lourdement amendée à l’heure ou ces lignes sont rédigées, le 17 mars 2009], envoi un très mauvais signal : criminaliser l’utilisateur final, et sanctionner les usages (qu’ils soient légaux ou non, créatifs ou pas) de matériel protégés par le droit d’auteur. Dans le même temps, les critiques de la loi doutent qu’elle ait le moindre effet positif sur l’industrie de la Culture.

Lorsque nous avons annoncé la sortie de votre étude sur ReadWriteWeb France, Schroumyziguac, l’un de nos lecteur, a commenté que la Hollande n’étant pas exportatrice de biens culturels, vos conclusions sur un »impact positif du p2p » ne pouvaient pas s’appliquer dans notre beau pays. Que pouvez-vous lui répondre ?

La Hollande exporte des produits culturels (des jeux vidéos, des films et de la musique), tout comme la France. Je crois que la différence se situe sur la part de marché de la culture anglosaxonne dans nos pays respectifs. Elle est plus importante aux Pays bas qu’en France. Ceci étant établit, le partage d’œuvres culturelles est en effet un peu plus un atout pour nous que pour la France. [ceci dit, les études faites en France sur des données Française montrent la même chose, mais en effet dans des proportion plus faibles]

Récemment, le parlement Européen à donné aux détenteurs de copyrights un allongement de leur droits, portant la durée du copyright à 95 années. Comment cela peut il affecter la Culture en Europe ?

Une étude commandée par la Commission Européenne à l’Institute for Information Law a montré que le projet de la Commission d’étendre la durée du copyright des enregistrements sonores avait peu de chances de profiter à la majorité des artistes (ce qui était l’un des buts recherchés) ou de promouvoir la Culture. Au contraire, cela a toutes les chances d’avoir un effet négatif sur la disponibilité et la consommation de la culture sous forme digitale ainsi que sur les prix. Des conclusions similaires ont été trouvées par une étude anglaise du Center for Intellectual Property and Information Law.
En se basant sur cette dernière étude, le Gower Review a recommandé au gouvernement anglais de ne pas étendre la durée du copyright. D’autres états membre sont également très critiques au sujet de cette extension, dont les Pays Bas.

Selon vous, pourquoi l’industrie de la musique est elle incapable de trouver de nouvelles sources de revenus, et quelles sont ces nouvelles sources ?

Ces industries se sont construites sur un marketing de l’offre [et d’une demande qui réagi à celle-ci], et ont tardé à réagir à l’évolution des usages qui ont fait que les consommateurs, avec le p2p, se sont occupés eux même de leur demande, qui s’est totalement déconnectée de l’offre. Ceci dit, de nouveaux modèles économiques émergents et beaucoup de gens font encore de l’argent avec la musique. Les organisateurs de concert, iTunes, les deals avec la publicité, le merchandising, les jeux vidéo… Reportez vous à la section de notre étude sur les nouveaux modèles économique pour plus de détails.

L’un dans l’autre, en incluant les anciennes sources de revenus et les nouvelles, comment à évolué le chiffre d’affaire de la musique ces dix dernières années ?

Ce point est traité en détail dans notre étude, en particulier aux chapitre 2.3 et 2.6. L’un des point les plus difficiles à cerner est le chiffre d’affaire lié à l’industrie du « live » (et dans une moindre mesure au merchandising), qui sont tous deux en très fort croissance mais dont les chiffres ne sont pas bien connus.

En quoi l’industrie du jeu vidéo est elle différente de l’industrie du cinéma et de la musique par rapport au p2p ?

D’un point de vue légal, les jeux vidéo sont du domaine du logiciel et tombent dans un régime différent, aux Pays Bas, le droit de copie privé ne s’y applique pas, par exemple. En d’autres termes, et contrairement au téléchargement de films ou de musique, qui est parfaitement légal en Hollande, le téléchargement de jeux vidéo reste ici illégal.

Le gouvernement Néerlandais prépare-t-il une loi similaire à Hadopi ? Comment la population, bien plus connectée qu’en France, réagirait si une telle loi était voté aux Pays Bas ?

A ce jour, il n’y a aucun projet de modifier la loi Néerlandaise à cause du p2p.

Pensez-vous que l’Europe résoudra le problème ?

Quel problème ? Il y a une réticence unanime des parlementaires et politiques, tant au niveau national qu’Européen, à criminaliser les citoyens en masse. Reportez vous à la section 3.6 de notre étude pour voir cela en détail.

Enfin, où peut-on se procurer votre étude ?

La version anglaise est disponible ici. Si vos lecteurs ont d’autres questions, nous serons ravi d’y répondre.

Reblog this post [with Zemanta]

A lire également :

  1. Un rapport commandé par le gouvernement Hollandais conclu à un impact « très positif » du peer to peer sur l’économie ...
  2. Sortie de la première étude sur l’état du piratage des livres Français ...
  3. Tu viens ? Interview avec Nathalie Kosciusko-Morizet ...
  4. Publiez sur Wikipedia ou disparaissez disent les revues scientifiques aux auteurs ...
  5. TwoBits : impact culturel du logiciel libre ...
  6. Les monde virtuels en entreprise plus efficaces que les téléconférences (étude) ...
  7. eBook : une interview à l’envers ...

9 commentaires pour cet article

  1. Thomas

    Intéressant comme inter­view même si cer­taines ques­tions ne sont pas expliquées en pro­fon­deur. Il fau­drait vrai­ment que ce genre d’étude soit mise au grand jour, et par­ti­cu­liè­re­ment dans les médias de masse tels que la TV ou la radio… Si ça reste sur quelques sites “poin­tus” sur le net, dif­fi­cile à ce que le grand public (et nos poli­ti­ciens) soit sen­si­bi­lisé là dessus.

  2. yannb

    La fréquen­ta­tion des concerts n’explose pas bien au contraire, et les bons chiffres des années pré­cé­dentes s’expliquent en rai­son du suc­cès de quelques artistes (ex : Polnareff ou Halliday)
    Si comme le sou­ligne les per­sonnes inter­viewées aucune étude “n’indiquent un impact néga­tif du p2p sur les ventes ces der­nières années”, n’est-ce pas parce que ces études ne vou­laient pas démon­trer ce phé­no­mène ?
    Comme ici, tous les par­ti­sans du P2P parlent d’autres modèles écono­miques, mais per­sonne ne s’est pen­ché à ma connais­sance sur la ques­tion des reve­nus des artistes. En effet ces modèles existent mais je suis per­plexe sur l’impact en terme de revenu (les cachets des artistes en concert n’ont pas aug­men­tés, la publi­cité ne pro­fite qu’aux artistes connus comme le merchandising.…)

    Pour finir, je veux bien lire cette étude mais je ne parle pas le néer­lan­dais. Quelqu’un peut-il la tra­duire ? On pour­rait ainsi avoir un débat sur pièce !

  3. Fabrice Epelboin

    @yannb

    Ben si, le CA du live augmnte, ou alors mes chiffres sont faux, mais en tout cas, les miens (enfin, ceux des grosses boites qui fond du live, qui sont égale­ment listé en détail dans l’étude hol­lan­daise) indiquent une explo­sion, enfin, une très forte pro­gres­sion du CA des concerts ces der­nières années, tout type de concert confon­dus, du gros truc à la petite salle…

    Quant à ces études qui prouvent que le P2P est bon pour le CA de la culture, oui, tu dois avoir rai­son, Harvard, Télécom Paris et l’Université Hollandaise sont cer­tai­ne­ment d’affreux ven­dus qui font de la pro­pa­gande… Bien sûr…

    Pour finir, cette étude est dis­po­nible en anglais (cf mon lien), et si tu ne sais pas lire l’anglais, il va fal­loir m’expliquer com­ment tu as pu prendre connais­sance de toutes les autres études que tu des­cend en flamme, car elle sont en anglais, elles aussi…

  4. dust

    Cela fait des années que le débat fait “débat”.
    Bref.…
    Le plus impor­tant dans cet inter­view c’est qu’effectivement le P2P sert de pré­sence , de visi­bi­lité.
    Et si à cause d’une loi, on par­tage moins d’artiste français alors ces artistes français seront encore moins visibles en dehors de l’hexagone.
    Au fait il fau­drait une bonne fois pour toute, arrê­ter de par­ler des ARTISTES en géné­ral. Un groupe sous CCommons c’est aussi des artistes comme Bruelest aussi est un artiste.
    Mais je ne pense pas qu’ils vivent les même vies.
    Hadopi c’est pour Bruel et quelques pri­vi­lé­giers pas pour les Creative Commons ni les indé ou auto­pro­duit qui eux repré­sentent 90% des fameux Artistes.

  5. dust

    oooop’s désolé pour les fautes.Oublié de me relire avant de pos­ter.
    Faudrait d’urgence appe­ler l’autre , com­ment il s’appelait déjà.

  6. YN

    Merci pour ce billet intéressant.

    Attention ! l’étude “Harvard”, bien que publiée dans une revue pres­ti­gieuse, a été assez for­te­ment cri­tiquée par l’économiste Stan Liebowitz sur son site (http://www.utdallas.edu/~liebowit/intprop/main.htm), et l’étude de Peitz et Waelbroeck citée dans le rap­port néer­lan­dais a été publiée dans une revue de niveau plu­tôt moyen d’après le clas­se­ment du CNRS des revues écono­miques et elle a été cri­tiquée par Rufus Pollock sur son site (http://www.rufuspollock.org/economics/p2p_summary.html).

    Il faut peut-être être pru­dent sur les éléments de réponse don­nés aux ques­tions 3 et 4 (pas inin­té­res­sants, d’ailleurs) lorsque vous atten­dez d’eux qu’ils soient de nature scien­ti­fique. Est-on bien sûr que les éléments don­nés ici reposent sur une riche lit­té­ra­ture scientifique…?

    Sur l’idée d’allonger la durée du “copy­right”, le débat n’est pas for­cé­ment tran­ché chez les écono­mistes : s’il y a beau­coup d’économistes qui consi­dèrent que ce n’est pas une bonne chose pour la société prise dans son ensemble, d’autres écono­mistes (sérieux) auraient plu­tôt ten­dance à pen­ser le contraire ou, en tout cas, ont avancé des argu­ments allant dans ce sens (Liebowitz et Margolis, Landes et Posner…).

    Au sujet de la conclu­sion prin­ci­pale du rap­port néer­lan­dais (“impact posi­tif”), j’ai lu en entier ce der­nier à par­tir de sa tra­duc­tion en anglais (http://www.ivir.nl/publicaties/vaneijk/Ups_And_Downs_authorised_translation.pdf). Il y a de nom­breux éléments inté­res­sants sur les modèles d’affaires (musique enre­gis­trée, film et jeux vidéo), sur des ques­tions juri­diques (aux Pays-Bas, le télé­char­ge­ment des­cen­dant sans auto­ri­sa­tion des titu­laires de droits et sans mise à dis­po­si­tion est légal) et poli­tiques, sur la lit­té­ra­ture écono­mique sur le sujet, sur leurs résul­tats d’enquête ad hoc “décla­ra­tive” clas­sique auprès d’un échan­tillon de per­sonnes de 15 ans et plus habi­tant aux Pays-Bas, sur les nou­velles sources de reve­nus dans la musique au sens large, etc. C’est inté­res­sant mais, je crois, pas très très nou­veau pour qui s’intéresse déjà un peu à tous ces sujets (beau­coup de choses ont déjà été dites dans d’autres rap­ports, études, articles, etc., depuis quelques années).

    Le cha­pitre du rap­port néer­lan­dais vrai­ment inté­res­sant (et plu­tôt nova­teur, à mon avis) est le cha­pitre 6 sur l’impact écono­mique des pra­tiques de télé­char­ge­ment gra­tuit sur le bien-être col­lec­tif des Pays-Bas pris dans leur ensemble. La force du rap­port est en effet la ten­ta­tive — rare — de ses auteurs dans ce cha­pitre de mesu­rer les choses en rete­nant une approche VRAIMENT écono­mique (plu­tôt qu’une approche, disons, finan­cière ou pécu­niaire biai­sée ne s’intéressant qu’aux pro­duc­teurs, éditeurs et dis­tri­bu­teurs de la ou des indus­tries exa­mi­nées), en tenant compte aussi bien de l’offre que de la demande (celle des consom­ma­teurs au sens large concer­nés), et en cher­chant à dis­tin­guer ce que les écono­mistes appellent l’efficience allo­ca­tive (ce que le rap­port qua­li­fie d’impact direct ou sta­tique ou de court terme) et l’efficience dyna­mique (pour le rap­port, impact dyna­mique ou indi­rect ou de long terme). Cette ten­ta­tive par les auteurs du rap­port rap­pelle notam­ment que le pro­fit perdu (et NON le chiffre d’affaire, comme le retient incor­rec­te­ment le rap­port) en rai­son des pra­tiques de sub­sti­tu­tion condui­sant à ne plus ache­ter mais à télé­char­ger est une perte pour les “indus­triels” mais un gain pour les consom­ma­teurs (l’argent reste dans leurs poches) et que, écono­mique­ment, ce N’est PAS une perte quand on rai­sonne en termes de bien-être col­lec­tif. La perte pour la col­lec­ti­vité (et il ne faut pas la négli­ger a priori), c’est l’impact néga­tif éven­tuel du P2P sur la créa­ti­vité, le renou­vel­le­ment créa­tif, l’innovation artis­tique, lorsque les agents écono­miques en amont des filières (pour la musique enre­gis­trée par exemple, les mai­sons de disques, les com­po­si­teurs et les inter­prètes) ne sont pas “cor­rec­te­ment rétri­bués” à cause des pra­tiques P2P sub­sti­tu­tives. Et, bien sûr, l’autre effet, c’est le gain en bien-être pour les consom­ma­teurs (sur­plus accru) avec tous ces titres musi­caux, ces films, ces séries télé, etc. qu’on trouve en ligne sur le P2P à peu de frais.

    Le rap­port ne dit pas grand-chose grand-chose sur les aspects dyna­miques, il s’intéresse plu­tôt aux ten­dances récentes avec une hypo­thèse assez opti­miste sur leur pro­lon­ge­ment, mais il ne pro­pose mal­heu­reu­se­ment pas un exer­cice un peu élaboré comme pour les aspects plus sta­tiques de court terme.

    Sur ce der­nier point, l’approche dans le rap­port est inté­res­sante (je me répète), avec une ana­lyse gra­phique puis numé­rique en termes de bien-être col­lec­tif dis­tin­guant les dif­fé­rents cas à exa­mi­ner. MAIS, quand on prend le temps de bien lire le cha­pitre 6 sur ce point, les dif­fé­rents cal­culs qui conduisent les auteurs à conclure posi­ti­ve­ment sont SUJETS À CAUTION et PEU FIABLES (les auteurs recon­naissent eux-mêmes d’ailleurs qu’ils reposent sur des “hypo­thèses” et des “incer­ti­tudes” non négli­geables). Autrement dit, pour une telle approche, les pra­tiques de télé­char­ge­ment gra­tuit ont peut-être pro­duit et pro­duisent aujourd’hui peut-être un effet net total posi­tif pour les Pays-Bas pris dans leur ensemble (c’est tout à fait pos­sible, a priori) MAIS les éléments numé­riques don­nés dans le rap­port NE le démontrent clai­re­ment PAS de manière solide. On peut le regret­ter mais la démons­tra­tion reste encore à faire, et je ne prends aucun plai­sir à pas­ser pour le cri­tique pré­ten­tieux de service…

  7. Fabrice Epelboin

    Merci YN pour ce point, pour être tout a fait com­plet, je me dois, même si vos remarques sont exactes, pré­ci­ser quelques points :

    1) les contres études que vous citez n’ont pas été cau­tion­nées par l’ensemble de la com­mu­nauté scien­ti­fique. Il en existe aussi tout un tas prou­vant que l’homme n’est pour rien dans le réchauf­fe­ment cli­ma­tique (pas plus cau­tion­nées par leurs pairs scien­ti­fique ceci dit)

    2) la syn­thèse de Ruffuspollock.org que vous uti­li­sez pour mettre en doutes les conclu­sions des études qui concluent à un impact nul ou posi­tif du P2P sur les ventes de disques, apporte tout de même sa cau­tion à d’autres études scien­ti­fiques qui concluent la même chose, comme Oberholzer and Strumpf (2005) ou Rochelandet and Le Guel (2005).

    Lang a retourné sa veste, soit, mais Malraux doit se retour­ner dans sa tombe, non ? ;-)

  8. billball74

    Un pote à moi à une solu­tion qui peut etre sympa, mais liée à une licence glo­bale. Avec deux ou trois tele­char­ge­ments gra­tuits, mais les autres pos­sibles seule­ment si on a noté ce qu’on à vu ou écouté avant. D’où un clas­se­ment plu­tot objec­tif pour la répar­ti­tion de la sacem et une limi­ta­tion du bour­rage de crane des majors, limite à un vote par adresse mails .… à mettre en place!!!!!

  9. Lentremetteur

    @BillBall74 : vaut mieux le mécé­nat glo­bal, non ? Plutôt qu’une licence glo­bale rému­né­rant en rente.…des artistes qui n’auront pour seule­ment valeur d’être “enre­gis­trés” et non celles de créa­tion et de “succès”.

3 Trackbacks For This Post

  1. Une semaine sur la toile. « La vie mobile. :

    […] Impact posi­tif du p2p : inter­view des auteurs de l’étude scien­ti­fique Néerlandaise. Encore un truc dont le gou­ver­ne­ment ne va pas parler. […]

  2. Création & internet : 7 problématiques pour un vrai débat | Tête de Quenelle ! :

    […] Impact posi­tif du p2p : inter­view des auteurs de l’étude scien­ti­fique Néerlandaise – RWW France […]

  3. Un reportage d’Envoyé Spécial bidonné « :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/03/18/a-la-une/impact-positif-p2p-interv󈻘 […]

Réagissez !

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leur impact sur les média, la communication et la société.

ReadWriteWeb est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio, il est publié en anglais, en français, en coréen, en espagnol, en portugais et en chinois. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.

Partenaires

hébergement infogérance Bearstech
af83



Publications

Lawrence Lessig
Culture Libre



Pierre Bellanger
La Radio IP