C’est une première, et pas dans le style habituel qui consiste à dérouler un tapis rouge et à inviter un parterre de stars. Aujourd’hui, le troisième film du scénariste et réalisateur Rick Winters, ‘Blank’, sort (directement) en DVD, mais aussi sur les réseaux P2P, où il est mis gratuitement à la disposition des internautes.
Je ne vais pas m’attarder à faire une critique du film, l’intérêt de ce film, celui qui justifie que l’on en parle sur un blog tel que ReadWriteWeb, est ailleurs : le modèle économique de ce film est pour le moins… révolutionnaire.
Le financement et la distribution de ce film a en effet de quoi, en cas de succès, faire frémir Luc Besson. Selon les mots de son réalisateur, Rick Winter, qui est aussi le fondateur de Annodam, la société de production qui est derrière ce film : “Ce qui fait que ce film est unique, c’est l’adhésion de la totalité de l’équipe et des acteurs au concept qui consiste à travailler exclusivement contre un pourcentage des profits réalisés. En d’autres mots, l’équipe et les acteurs touchent directement une part des profits, qui ne passent pas du coup dans les poches des patrons de Hollywood, mais vont dans les poches des créateurs du film à la place”.
Ce choix ne semble pas avoir été fait faute de trouver un deal de distribution, au contraire, Rick Winter en aurait rejeté plusieurs, échaudé par l’expérience de ses deux premiers films, dont les profits était restés dans les poches des producteurs et des distributeurs.
Du coup, le réalisateur a décidé de se tourner vers Bittorent et de confier ainsi la distribution (et la promotion) de son film à ses spectateurs.
“Cette fois ci, c’est aux téléspectateurs qui regardent le film qu’il appartient de payer ou non ses créateurs”. Pour Rick Winter, le futur marché du cinéma se situe “dans les foyers, à travers une distribution en P2P”, un propos qu’il serait tout de même bon de nuancer tant certaines œuvres ont du mal à supporter un visionnage sur un écran, quel que soit sa qualité. Il est vrai cependant que bon nombre d’œuvres filmés, à commencer par les séries, sont parfaitement adaptés à cette vision d’un cinéma « home market » exclusif, et c’est le cas de bon nombre de films qui ne sortent qu’en DVD, mais également d’un nombre innombrable de petits trésors fort mal distribués, on pense notamment au cinéma d’auteur Asiatique ou Sud Américain, au court métrage, et d’une façon générale, au cinéma qui n’est ni Français, ni Américain et qui – à quelques exception près – n’a que rarement l’occasion d’apparaitre ne serait-ce que sous la forme d’un DVD à la FNAC.
Il est à noter que si Rick Winter est l’un des premiers réalisateurs à mettre en pratique cette vision d’une distribution des œuvres culturelles via la p2p, de nombreux fabricants de hardware on déja dans leurs cartons des inventions étonnantes qui laissent entrevoir la richesse potentielle, en terme de consommation culturelle, que serait un monde où la licence globale serait choisie à la place de méthodes répréssives cherchant désespérément à faire revenir le monde au XXe siècle. Souhaitons qu’à limage d’un Nine Inch Nails ou d’un Radiohead, un réalisateur de renom expérimente sous peu ce type de modèle économique.
De nombreux trackers Bittorent ont commencé à distribuer “Blank”, comme Mininova, et Rick Winter a annoncé qu’il écrivait en ce moment un livre afin de documenter en détails ce nouveau modèle économique qu’il tente de mettre au point pour le cinéma.
Si ce genre de cinéma vous plait, n’hésitez pas : procurez vous une copie via votre client torrent préféré en vous rendant sur Mininova, et s’il vous a plu, n’oubliez surtout pas de rémunérer les créateur, en achetant, par exemple, leur DVD.
(via torrentfreak)
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23 mars 2009 à 2:19
Malheureusement, je ne suis pas sûr que ça marche. Pourquoi ?
Tout simplement car le P2P marche comme suit : les consommateurs/citoyens/gens voient des pubs dans la rue, à la télé, ou à la radio pour tel ou tel dernier film. Ils ont alors le réflexe d’aller le télécharger illégalement. Là, si ils ont aimé le film, ils décident d’aller le revoir au cinéma et/ou de l’acheter en DVD.
Le problème du film ci-dessus, c’est qu’il n’est pas doté de l’élément déclencheur, à savoir la promotion massive du film. C’est la raison pour laquelle je pense que la promotion d’un film ne peut pas être fait que sur les réseaux P2P (c’est trop peu), mais que le P2P ne doit être considéré que comme un vecteur de publicité secondaire (on montre d’abord l’affiche du film dans la rue, puis le film en entier via les réseaux P2P, ce qui peut déclencher l’achat en DVD).
23 mars 2009 à 8:51
Ce genre de film (horreur de série B) n’a que très rarement droit à ce genre de promo, et — sur le territoire US en tout cas — s’en sort souvent pas mal sans cette promo.
Je ne suis pas un spécialiste de la promo de film — si un lecteur l’est, je suis preneur d’une interview — mais de toutes évidences, la promo blockbuster que tu décris est un cas parmi d’autre.
Il y a des centaines de films qui sortent chaque année directement en DVD, celui ci est plutôt ce genre…
Quoi qu’il en soit, cette aventure sera documentée de près, et bien sûr, on y reviendra quand le livre sortira :)