Quelle économie numérique pour la France ?

Photo REUTERS/Robert Pratta Il fut un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (ils sont nés dedans), celui où l’eCommerce était LE grand facteur de croissance de l’économie numérique. C’est fait. Il reste encore pas mal de croissance à réaliser dans ce secteur, mais cette “révolution” là est derrière nous.

Si l’on veut compter sur internet comme relais de croissance dans la décennie à venir, ce n’est pas l’eCommerce qui va nous y aider. Inutile de s’alarmer, il reste bon nombre de secteurs qui promettent de créer énormément de valeur dans les années qui viennent si elles savent tirer parti du numérique.

La croissance, sur internet, est liée – pour l’essentiel – à deux choses : les technologies et leurs usages. C’est à la première catégorie que je m’intéresse aujourd’hui en passant en revue des secteurs émergeants ou bien installés qui vont, dans les années à venir, se prendre internet et ses technologies dans la gueule (ou qui sont en plein dedans), dans un pays dont les dirigeants n’ont toujours pas compris que le déterminisme des technologies était infiniment plus puissant qu’une quelconque législation.

Plusieurs technologies émergent aujourd’hui et promettent – aux yeux des prospectivistes, des spécialistes des technologies, et des conseils en stratégie internet pointus – un potentiel de croissance fabuleux. Pour en tirer parti, il faudra conjuguer des technologies qui sont déjà là pour la plupart sous une forme embryonnaire, en favoriser et en encourager les usages, et évidemment, créer des conditions économiques et politiques qui permettront d’en profiter.

Voici une petite sélection plus ou moins arbitraire, n’hésitez pas à ajouter celles qui vous tiennent à coeur (à condition qu’elle représente un réel potentiel de croissance).

L’internet mobile

On peut s’émerveiller tant que l’on veut sur l’iPhone, mais c’est faire de la pomme l’arbre qui cache la forêt, et oublier le rôle qu’a toujours tenu Apple dans l’univers des technologies. Quand Apple a sorti une interface graphique accompagnée d’une souris (elle même inspirée du Xerox Parc, mais c’est une autre histoire), il aura fallu 5 années pour que l’ensemble du parc informatique mondial emboîte le pas. L’iPhone provoquera exactement la même chose.

Reste les usages dont les applications iPhone sont une avant goût passionnant. Tant que l’accès internet mobile est fourni par un système tel que la 3G, la barrière à l’entrée sera rédhibitoire. Trop cher. Réservé à quelques happy few qui (en dehors de riches geeks), cumulent un âge avancé et une capacité à innover dans ses usages proche du néant absolu, les usages de masse de l’internet mobile ont peu de chances d’avancer rapidement dans les territoires où l’accès mobile est la chasse gardée des opérateurs mobiles, eux même dans une situation de monopole totalement abusif.

Pour Apple, au passage, c’est une bonne affaire. Sa clientèle, traditionnellement riche et férue de nouveaux usages, lui permettra de creuser l’écart et de profiter longtemps de son “first mover advantage”.

Ce qu’il manque, c’est un accès peu cher, voir gratuit, à l’internet en situation de mobilité, pour permettre une véritable explosion des usages accompagné d’un florilèges de nouveaux modèles économiques, de nouvelles sociétés, de nouveaux emploi, etc.

Google l’a bien compris en offrant gratuitement à San Francisco l’accès WiFi, Delanoë à Paris semble l’avoir également compris, mais voilà, Albanel, elle, n’y comprend rien et propose de brider les bornes WiFi publiques. Pour la France, il faudra aller chercher la croissance ailleurs, la mobilité étant la vache à lait d’un triumvirat qui compte bien presser le citron du paiement prohibitif de l’accès aux réseau jusqu’à la dernière goutte.

L’eBusiness

Le software as a service est un concept qui ne plaît pas toujours aux DSI, mais cela n’en est pas moins une révolution pour toute entreprise qui souhaite disposer d’une palette d’outils informatique évoluée.

Naguère coûteuse, l’informatisation d’une société, de la plus petite PME à la grosse boite peut désormais s’envisager sur un modèle de ‘pay as you go’ (vous payez ce que vous consommez) plutôt que sur l’ancien modèle qui consistait à investir dans de coûteux développements non moins coûteux en maintenance.

SalesForce, l’un des leader mondiaux du marché du CRM l’a bien compris et mise sur le SAAS depuis pas mal de temps. Tout le monde y gagne. Les petites entreprises peuvent désormais s’équiper en logiciels autrefois bien trop chers pour elles, SalesForces voit son marché grandir soudainement. Les entreprises boostent leur productivité. Croissance, tout ça.

Sauf qu’il y semblerait bien y avoir une ombre au tableau : le filtrage de l’internet ralenti considérablement les applications utilisées en mode SAAS, au point de les rendre inutilisables (rappelons le, cela consiste, en gros, à utiliser un logiciel distant via une interface web plutot qu’un logiciel installé localement, sur son PC ou au sein du réseau local). Selon The Inquirer, les délais de réponses suite à l’installation d’un internet filtré en Irlande, posent d’énormes problèmes à certaines entreprises locales.

En France, l’arrivée imminente d’un internet filtré provoquera un double mouvement de va et vient économique. Dans un premier temps, les entreprises qui ont opté pour le SAAS depuis quelques années vont pour beaucoup revoir leur stratégie informatique. Plus de boulot pour les SSII. Emplois, croissance. Dans un second temps, elle ne pourront plus bénéficier d’un accès au nec plus ultra de l’informatique d’entreprise (qui se développera sur ce secteur, quoi qu’il en soit) et plomberont leurs bilans avec des investissements et des coûts récurrents que la concurrence étrangère n’aura pas à faire. Décroissance, perte de productivité. Pertes d’emploi pour les SSII, ainsi que dans les entreprises Françaises. Chômage.

La Culture Française

Jean-Luc Warsmann, député des Ardennes, a une compréhension des technologies aussi pointue que sa collègue ministre de la Culture. Au départ, ce brave garçon a eu une idée qui devait lui sembler lumineuse, au final, son amendement signe – si Hadopi est adopté – la fin de la part de marché confortable dont bénéficie encore la culture Française, et que la plupart des pays occidentaux nous envient.

Son amendement consiste à priver de la « protection Hadopi » les oeuvres dont les ayants droit sont situés dans des pays “fiscalement intéressants” (ce qui fait de facto que pirater Johnny Hallyday sera sans risque, et qu’en matière d’artistes étrangers protégés, en dehors de Abba situé en Suède, on voit mal quel pays est “fiscalement moins intéressant” que la France…

Que cela se traduise en réalité ou non, le signal est limpide. Hadopi est un protectionnisme culturel, et cela, les jeunes générations qui piratent l’entendrons avec d’autant plus de force que le message – dans une ère post Hadopi- sera fortement relayé sur internet, territoire qui constitue l’essentiel de leur source d’information et dans lequel les politiques sont totalement inaudibles et discrédités.

Conclusion : télécharger Mylène Farmer, c’est risqué, télécharger Annie Lennox, c’est sans risque. Encore une fois, la réalité est plus complexe, mais le message à le mérite de la simplicité : sur internet, méfiez vous de la culture Française.

Ajoutez à cela quelques années d’usages au sein d’une génération censée prendre la relève en matière de consommation culturelle (une fois qu’ils gagneront des sous), et vous  voyez poindre la fin de la culture Française. A terme, avec ce genre d’idiots à l’Assemblée Nationale, la culture Française aura le même poids dans l’économie de la Culture que la culture allemande dans l’économie culturelle locale. Pas nulle, mais pas non plus ce qu’elle est en France.

Hé oui, l’exception culturelle, c’est un concept qui tient la route dans un marketing de l’offre, pas dans un marketing de la demande. Et internet fonctionne sur le second principe. La volonté farouche des politiques et des lobbys à revenir aux principes qui ont fait leurs fortunes au siècle dernier aura des effets de bords inattendus et probablement fatals.

L’audiovisuel

Le peer to peer n’est pas un secteur économique, mais il n’en est pas moins la planche de salut de bon nombre d’industriels des contenus qui vont se retrouver dans les années qui viennent dans l’impérieux besoin de diffuser en masse sur internet et qui, faute de P2P, devront, comme YouTube, faire face à des coûts de diffusion prohibitifs.

La télévision sur mobile, outre qu’elle n’a jamais rapporté un sous à quiconque, n’est guère qu’une technologie de transition consistant à habiller un vieillard dans du Chanel, ça n’a jamais fait qu’une veillarde friquée et n’a jamais transformé quiconque en Inès de la Fressange. On passera donc rapidement sur cette hypothèse de croissance qui n’a pour seul mérite que celui d’être technologiquement compréhensible par des demeurés.

Le peer to peer, lui, recèle un potentiel de croissance énorme. Il permet de faire chuter de façon phénoménale les coûts de diffusion, en particulier dans les pays équipés massivement en fibre optique. Skype, le seul gros succès légal du peer to peer à ce jour, a montré que l’on pouvait en se basant sur cette technologie, créer à partir de rien (ou pas grand chose) un opérateur téléphonique apte à concurrencer les géants mondiaux, et ce sans le moindre investissement en infrastructure.

Le même principe est applicable à la télévision (les fondateurs de Skype ont tenté de le faire d’ailleurs), où le P2P est la seule technologie qui permet de diffuser en masse des programmes sans mettre sur la table les centaines de millions qui ne sont, aujourd’hui, plus dans les caisses de M6 et TF1.

Seulement voilà, le P2P est banni, et il va être très difficile en France de changer de discours pour revenir en arrière (ou plus exactement, d’arrêter de faire marche arrière pour se remettre à avancer). D’autres, plus agiles, l’auront fait bien avant et les géants de l’audiovisuel de demain… ne seront pas français.

Dailymotion pourrait il être une planche de salut ? Pas évident, le marché publicitaire sur internet n’est pas suffisant pour envisager de monétiser ainsi, il faudra baisser de façon drastique les coûts de diffusion pour espérer une quelconque rentabilité (les spécialistes noterons que Adobe est sur le coup et que les version futures de Flash – au niveau serveur – intègrent des technologies P2P, mais là encore, les bénéfices iront à coup sûr de l’autre coté de l’Atlantique).

La presse

La presse meurt, ce n’est un secret pour personne. Que ce soit au Etats Unis ou en France, la situation est dramatique, et il ne fait pas bon être un journal en ce moment. C’est une situation aussi tendue que celle d’être un dinosaure au lendemain de la chute d’un météorite géant.

Mais la chute du météorite géant a eu du bon : sans elle, nous, les mammifères, ne serions pas de ce monde.

Aux Etats Unis, on annonce presque quotidiennement la fin d’un journal, souvent en place depuis plus d’un siècle. Les moins adaptés meurent, les plus dynamiques se battent à coup d’innovations technologiques pour survivre (cf le New York Times, partenaire de ReadWriteWeb, au passage), et d’ici quelques temps, le petit groupe de survivants aura la lourde tâche, avec de nouveaux acteurs (l’équivalent des petits mammifères de l’époque des dinosaures) de repeupler l’univers des média et de créer un nouveau paysage médiatique, celui du XXIe siècle.

Sauf en France, où l’on a trouvé la solution : la subvention. En transformant petit à petit les journalistes en fonctionnaires, on est non seulement à l’abri des faillites en série auxquelles on assiste aux US, mais également à l’abri de la possibilité de faire parti des média au XXIe siècle. Bien joué. Tant que le niveau d’anglais des petits Français reste quasi nul, les empêchant de facto de se fournir en information à l’étranger, ça peut tenir, mais il faudra pour cela coordonner le ministère de l’éducation nationale et celui de la culture. Faisable.

Reste à s’assurer que personne ne viendra concurrencer les média sous perfusion en inventant quoi que ce soit d’innovant en la matière sur notre beau territoire. Un régime fiscal désavantageux, proposé et accepté lors des derniers états généraux de la presse, devrait convaincre les impudents innovateurs d’aller voir ailleurs. C’est tout de même rudement bien ficelé.

L’édition

C’est un secteur qui est cher à mon coeur, j’ai été éditeur dans une autre vie, et j’y ai passé de très belles années à côtoyer des individus passionnants. Il m’arrive de les retrouver autour d’un verre, à l’occasion, ils sont toujours aussi passionnants, mais ils sont restés les mêmes. Pour la plupart d’entre eux, la grande révolution technologique date de l’apparition de la PAO qui a sérieusement bouleversé le secteur au début des années 90, date à laquelle j’y travaillais, et technologies que je maîtrisait bien à l’époque. Cela me vaut, encore aujourd’hui, un oreille attentive de la part de quelques acteurs du secteur (malheureusement au bord de la retraite, si ce n’est déjà en train de bronzer à St Tropez ;-).

L’arrivée massive de l’eBook, qu’aucun spécialiste sérieux ne datera, nous nous sommes tous trompés à de nombreuses reprises, est une réalité qu’il faut malgré tout anticiper au plus vite.

Les derniers soubresauts de l’ebook, le Kindle d’Amazon et le Sony eBook reader, montrent deux choses : la forme de l’objet est encore à travailler, les deux produits, quels que soit leur succès – relatifs – actuels, ne sont pas au point dans leur ergonomie générale et  dans la forme que leurs designers respectifs ont imaginé.

L’écran, lui, est arrivé à maturité. Quiconque a fait joujou cinq minutes avec un Sony Reader vous le confirmera, l’écran est absolument bluffant. Très supérieur tant en terme de finesse d’affichage que de confort de lecture à un livre de poche, au niveau d’un ‘beau livre’, il ne lui manque que la couleur, qui ne saurait tarder.

Dès lors, on peut parier que si un Apple se penche sérieusement sur le design et l’ergonomie, on assistera, comme avec l’iPod en son temps, à une rupture brutale de paradigme. Mais Apple n’est pas le seul gros acteur sur le secteur et s’il maîtrise mieux que quiconque le design produit et l’ergonomie, Sony a pour lui une forte culture électronique et un partenariat avec google books lui assurant un très large catalogue, et Amazon, outre son catalogue et son “first mover advantage”, est dans un secteur – la distribution – qui lui permet de vendre le Kindle avec des marges très faibles sans ternir son bilan annuel (un avantage également pour le marché du cloud computing face à Google et Microsoft, au passage).

Bref, amis éditeurs, n’allez pas imaginer un instant que vous pouvez vous permettre de dormir sur vos deux oreilles, les troupes de barbares sont à vos portes, et ils sont infiniment plus puissants que vous ne l’avez jamais été.

Le secteur en France a toutes les chances de suivre la voie de la presse : protectionnisme et subventions. Car les attaques seront d’autant plus rudes qu’il va vite devenir impossible de justifier le protectionnisme, les éditeurs se retrouvant vite dans la même situation que les majors aujourd’hui alors qu’ils bénéficient encore d’une très belle image de marque (mérité, d’ailleurs).

Le premier coup – si j’avais à le porter – visera probablement l’édition scolaire. Un gruyère qui rapporte des millions au secteur de l’édition chaque année et qui apparaîtra de plus en plus comme une rente indue, voire même une taxe injustifiée aux yeux des centaines de milliers de familles obligées à débourser les quelques centaines d’euros annuels nécessaires à l’équipement de leurs leurs rejetons en livres qui, soit pourraient légitimement être co-ecrits par l’éducation nationale et les profs (pas très difficile à imaginer), soit sont tout bonnement dans le domaine public (comme le célèbre Lagarde et Michard, qui n’est guère qu’une compil d’oeuvres du domaine public).

La seule réponse à une telle attaque (en dehors du protectionnisme) de la part des éditeurs de manuels scolaires, c’est de transformer fissa leurs vieux manuels en offre multimédia online complexes conjuguant e-learning, backoffice dédié pour les profs, réseau social pour les élèves, et dieu sait quoi encore. Leurs chances de ne serait-ce qu’envisager ce type d’évolution à court terme sur l’ensemble de leur catalogue ? Nulle.

Le seconde attaque (à moins qu’il s’agisse de la première), c’est la rente de situation qui fait que vous achetez 2 à 5 euros un exemplaire de Madame Bovary sans trop réaliser que ce prix n’est constitué que par le papier, l’impression et la distribution. L’oeuvre, elle, est dans le domaine public depuis longtemps. A moins d’une extension délirante de la durée du copyright (qui est déjà passé d’une trentaine d’année à près d’un siècle au cours du XXe siècle pour ces mêmes raisons de protectionnisme et de privatisation de la culture), ce coût, pour un exemplaire de Mme Bovary, devrait rapidement arriver à zéro.

Or, contrairement aux majors, dont le catalogue (merci les lobbys) est protégé par un copyright sans cesse plus étendu, le catalogue des maisons d’édition va se voir amputé d’ouvrages majeurs, de très gros best sellers, c’est une très grande parti du fond de catalogue qui va ainsi devenir du jour au lendemain gratuit.

Les solutions existent, et elles sont d’ailleurs similaires à celles qu’aurait pu envisager dans les années 90 les majors, mais il faut s’y mettre dès maintenant et sans tarder, au risque de voir apparaître une piraterie dévastatrice… et légale.

Pas mal de startups sont sur cette problématique, et le véritable enjeux, pour des éditeurs qui comprennent bien qu’innover n’est pas leur métier, est de les racheter au plus vite avant que leur prix ne soit bien trop élevé pour leur maigre porte monnaie. Là encore, une situation similaire au champ d’opportunités qui s’offrait, au début des années 2000, aux maisons de disque.

Autre chose ?

J’oublie forcément d’autres choses, c’est d’ailleurs pour celà qu’il y a des commentaires dans les blogs, alors n’hésitez pas !

(Photo REUTERS/Robert Pratta )

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30 commentaires pour cet article

  1. Nicolas D

    Parfait! pas grand chose à ajou­ter. On peut aussi par­ler de l’insee et de media­me­trie qui n’aurons plus grand chose à pro­po­ser quand toutes les don­nées seront dis­po­nibles en temps réel et reque­table facilement.

  2. BSoft

    Hé oui, la France se meurt.…
    Il ne nous reste que notre Histoire.. et encore.. humm, ca peut se télé­char­ger ca? ;)

  3. y!onel

    :D très bon article.
    Dans le sens “les poli­tiques français ne com­prennent rien au numé­rique”, je me fais sou­vent la réflexion quand je mets en paral­lèle les réflexes de l’état français sur les don­nées géo­lo­ca­li­sées : quand on rap­proche les pra­tiques de l’IGN (une approche hyper cen­tra­li­sée de dif­fu­sion des don­nées par le site offi­ciel, fac­tu­ra­tion pro­hi­bi­tive des cartes papier, impos­si­bi­lité d’exploiter la don­née pure et se l’approprier etc etc ) de ce qui peut se pra­tiquer dans le monde “libre” avec open street map, je me dis que les jours de cette démarche de l’IGN sont comp­tés. Tant mieux.
    Plus récem­ment, le site des car­bu­rants du gou­ver­ne­ment offrait “gra­tui­te­ment” les prix des car­bu­rants en france. Cela pou­vait ouvrir la voie à l’innovation aux mashups en tout genre etc etc … trop beau. Bingo, voilà que le gou­ver­ne­ment fac­ture depuis peu les droits d’exploitation de ces don­nées à 38 000 euros pour 3 ans, tuant de facto les petits ini­tia­tives qui auraient pu valo­ri­ser ce data­set.
    Enfin bon, tant pis pour la france, on uti­li­sera Open Street Map leadé par Cloud Made (boite anglaise) et Google maps (US) pour les don­nées géo­lo­ca­li­sées (et j’en passe).

  4. Marc

    Maginifique, rien a ajou­ter. Je suis RWW depuis un bon moment mais ce billet m’a tué, je suis tel­le­ment d’accord avec tout et tout est tel­le­ment bien présenté !

    bref c’est vrai­ment dom­mage que ce pays penche plus vers du pro­tec­tion­nisme de modeles eco­no­miques depas­sés que vers l’innovation…

  5. Alexis Mons

    Excellent et qui révèle bien l’abîme sans fond d’une poli­tique indus­trielle ambi­tieuse dans ce pays. Les aven­tures de Quaero (vous savez, le truc qui devait concur­ren­cer Google books), ces der­nières années, montrent qu’au delà de détec­ter les rup­tures que tu évoques dans ton billet, il manque le logi­ciel pour les com­prendre. Je ne sais plus qui, chez Riposte ce week-end, sou­li­gnait com­bien les outils de l’Etat pour fabriquer de la pros­pec­tives avaient dis­pa­rus. Pour avoir été assez proche de ce qui s’est passé en ce domaine ces der­nières années, “dis­paru” est un mot faible. On repart qua­si­ment de rien.
    Hadopi est sym­bo­lique des réflexes défen­sifs habi­tuels, proche de cette culture de la restruc­tu­ra­tion qui pro­cède plus du dépeçage et de la liqui­da­tion que de la fabri­ca­tion de ter­reaux fer­tiles.
    En fin de compte, il manque une culture de l’innovation et de l’entreprendre. Mais comme Schumpeter n’a pas vrai­ment bonne presse sous nos lati­tudes, il ne faut pas être trop rêveur de disruptions.

  6. Fabrice Epelboin

    La pros­pec­tive, c’est peut être bien la seule chose sur laquelle NKM puisse avoir les cou­dées franches. Mettre en place des outils de veille et un réseau d’experts, c’est tout a fait à sa por­tée, et au moins ça aidera au rede­mar­rage une fois la pro­hi­bi­tion inter­net pas­sée…
    Il y a de bonnes chances que le numé­rique, dans un pro­chain gou­ver­ne­ment (post 2012 au mieux) soit une prio­rité natio­nale, dès lors, elle a tout a gagner à pré­pa­rer cela…

  7. y!onel

    En effet, on sent que le numé­rique va être un point de débat (quitte à ce qu’il ne se limite qu’à ça sans aller au délà…) en 2012.
    Quand je vois aubry s’afficher avec un mac­book pro en pre­mier plan :
    http://www.mac4ever.com/news/43407/france_le_ps_fait_la_pub_d_apple_et_la_sienne/
    et royal créer sa chaine sur dai­ly­mo­tion
    http://www.dailymotion.com/segolene-royal
    on sent que ce sont des petits signaux envoyés pour déjà se placer.….

  8. Alexis Mons

    Le numé­rique pour 2012 : avec le show qu’a fait Obama, c’était une évidence, non ?

  9. AbriCoCotier

    Fabrice, je trouve ton article très inté­res­sant, même si j’y ajou­te­rai un bémol. Tu le sépares en para­graphes, ce qui tend à don­ner un même poids à cha­cun d’eux (au moins visuel­le­ment), alors que des sec­teurs comme l’ebusiness et le Cloud Computing vont être bien plus impor­tant en terme d’emplois créé que la presse et l’édition.

    Ce que je veux dire par là, c’est que le Cloud est une tech­no­lo­gie, une façon de pen­ser, alors que la presse, l’édition et l’ebusiness sont des sec­teurs. En bref : on peu appliquer une tech­no­lo­gie à un sec­teur, mais les deux ne sont pas comparables.

    Cela dit, il est clair que interne test notre eldo­rado, et c’est la belle lueur d’espoir que nous avons. Il y a tant à faire que c’est vrai­ment réjouis­sant. Qui n’a pas une idée de boite qui lui passe par la tête tous les jours/semaines ? (cer­tains ont d’ailleurs le cran de se lan­cer, et c’est tout à leur honneur)

    Donc pour résu­mer, il y a beau­coup à faire sur le net, mais nos voi­sins ne nous attendent pas, et le retard que l’on prend dans les pre­mières secondes (aujourd’hui) aura cer­tai­ne­ment des conséquences sur le long terme. C’est pourquoi il ne faut pas hési­ter à se lan­cer, plu­tôt qu’à mettre sous per­fu­sion des modèles écono­miques en train de mour­rir car obsolètes.

  10. Fabrice Epelboin

    C’est vrai, tout comme il est vrai que cer­taines de ces sec­tions, comme l’edition sont des sec­teurs qui peuvent encore y faire quelque chose et que d’autres, comme la presse ou la culture, sont à priori condamnées…

    Par contre, pour ce qui est du retard que l’on prend dès les pre­mières secondes “aujourd’hui”, je vais me per­mettre de mettre ma casquette de vieux con et de rap­pe­ler aux moins de vingts ans (dont tu fais presque parti) que de 1994 à 1997, France Télécom, pour pro­té­ger les reve­nus du mini­tel, a tout fait pour frei­ner l’arrivée d’internet en France. Le retard de la France a com­mencé à ce moment. Aujourd’hui, on ne fait guère que creu­ser un retard déja conséquent ;)

  11. Nikonoel

    En deux jours, deux articles qui me bluffent. Bravo. Vraiment.
    :-D

  12. Alexis Mons

    @Fabrice
    En vieux con, je dirai que, c’est vrai qu’à la créa­tion de l’agence (1997, ndr), les banquiers nous disaient qu’on était perdu et qu’on devait faire du Minitel.

  13. Ludovic Simon - DoYouBuzz

    Magnifique article ! Le meilleur que j’ai lu cette année toute caté­go­rie confon­due… et tous sup­ports ;) Longue vie aux mam­mi­fère numé­riques et il y en a quand même quelques uns en France !

  14. AbriCoCotier

    @Fabrice : Je ne sais pas si ce qui a plus de 3 ou 4 ans a beau­coup d’importance aujourd’hui (sur le net), car tout va tel­le­ment vite, qu’en fai­sant un bon buzz sur un pro­duit de qua­lité, on peu extrê­me­ment rapi­de­ment le faire deve­nir numéro 1. Je pense notam­ment à Dailymotion, qui est né en 2005, et qui aujourd’hui n’a plus à démon­trer son utilité.

    J’entends par là que je crois qu’aujourd’hui (et ensemble :D), tout est (encore) pos­sible. Le train est en train de par­tir, et on peut encore sai­sir la balle au bond. Or je sens que de plus en plus, les places vont êtres prises, et il ne sera plus si facile de se faire une place au soleil. je crois donc que c’est main­te­nant ou jamais que nos poli­tiques doivent mettre le paquet.

  15. GnomeInWonderland

    La “frac­ture numé­rique” est déjà du côté de ceux qui ont inventé le concept… Attention : danger.

  16. Fabrice Epelboin

    @abricocotier

    Dailymotion peut (et devrait) très bien s’en sor­tir, mais d’un point de vue tech­no­lo­gique, il faut avouer que le stream est une sérieuse régres­sion par rap­port au P2P et ne per­met pas les même avan­cées (mais il per­met un contrôle cen­tra­lisé, ce qui n’est pas for­cé­ment un avan­tage). Qui plus est, un DailyMotion qui aurait la taille d’un TF1 en terme d’audience (c’est à dire un YouTube) serait confronté à des coûts d’infrastructure rédhi­bi­toires. (à ma connais­sance, YouTube n’est pas du tout ren­table, mais eux, ils ont Google pour finan­cer, DailyMotion n’a guère qu’un fond anglais, riche, certes, mais par rap­port à YouTube, ce sont des smicards).

  17. Fabrice Epelboin

    @Alexis

    Le numé­rique pour 2012… hum… tel que c’est parti, ca va se jouer ‘contre inter­net’ du coté de l’UMP, et si l’opposition n’a pas boosté son QI d’ici là, c’est très mal parti…

    On risque bien d’avoir une bataille où les média pren­drons de façon plus ou moins affi­ché fait et cause pour le pou­voir en place (recon­nais­sance du ventre oblige), où l’internet sera vent debout et presque una­ni­me­ment contre, et où le pou­voir en place pas­sera son temps à dis­cré­di­ter inter­net comme on com­mencé à le faire Lefebvre et Morano.

    Je prends les paris ;)

  18. Cab

    Splendide. Merci Fabrice. J’adhère en tout point.

    J’aurais sim­ple­ment rajouté une couche sur la neu­tra­lité du Net et le fossé qui va se creu­ser très vite entre nous et les US et le UK (der­nières annonces de G. Brown)…

  19. MagicYoyo

    Un com­men­taire cir­cons­crit à au pré-ambule. Il appa­rait que le e-commerce sera une grosse loco­mo­tive écono­mique dans les années a venir; même si son dyna­misme est majo­ri­tai­re­ment un “recy­clage” du com­merce traditionnel.

  20. Fabrice Epelboin

    Dans la mesure où toutes les autres loco­mo­tives sont en panne, oui, vous avez rai­son, c’est tout ce qu’il reste. 

    En matière de créa­tion de valeur, c’est plus discutable :

    1) il s’agit plu­tôt de dépla­ce­ment de valeur, le porte mon­naie des Français n’étant pas exten­sible, la valeur créé dans l’eCommerce se fera au détri­ment de la valeur créée dans la dis­tri­bu­tion tra­di­tion­nelle. C’est plus un trans­fert qu’une créa­tion de valeur, au pro­fit du numé­rique, certes, mais le bilan pour la France est d’autant plus dis­cu­table que…

    2) cela repré­sente pour la France une perte dans la mesure où les mar­chands étran­gers ont bien plus faci­le­ment accès au mar­ché Français, sans y créer d’infrastructure de dis­tri­bu­tion ou y créer d’emplois.

  21. AbriCoCotier

    @Fabrice : Ce que je disais, c’est qu’aujourd’hui, sur le net, une bonne idée et un déve­lop­pe­ment propre peuvent suf­fire pour per­cer. Cf les mul­tiples start-up pas for­cé­ment israé­liennes, qui sont sor­ties de nulle part, et qui aujourd’hui tournent très bien. Je pense aussi à des sites com­ment Wikio, Twitter, Digg, bref, des sites extrê­me­ment simples, dont les coûts ne sont pas à priori énormes (contrai­re­ment à Dailymotion/Youtube).

    Tout ça pour dire que la France à encore sa carte à jouer, mais qu’il faut pas trainer.

  22. Alexis Mons

    Je suis d’accord avec Fabrice sur l’e-commerce. Ce n’est pas un moteur, c’est au choix un simple dépla­ce­ment des flux, une évolu­tion des moda­li­tés de vente, au pire on peut consi­dé­rer que l’on courre der­rière les anglais. 1/5 des cybe­ra­chats des français est fait sur des sites étrangers …

    Pour le reste, moins qu’une poli­tique de déve­lop­pe­ment (indus­triel), c’est d’une vraie poli­tique d’innovation que l’on aime­rait voir. D’entendre repar­ler de Small Business Act par exemple, de la sti­mu­la­tion de l’entreprenariat dans l’enseignement supé­rieur, toutes sortes de choses en panne, après de belles inten­tions lors de la cam­pagne présidentielle.

    Au final, j’aimerai bien une pers­pec­tive de pro­grès plu­tôt que des logiques comp­tables. De la vision fina­le­ment, de la vraie.

  23. Amaury de Buchet

    Hello Fabrice,

    Très bon article, merci. Avec l’article sur Rand Corporation et celui-là tu sembles avoir trouvé un ton direct qui vient com­plé­ter un contenu de qua­lité : bravo !
    Je rajou­te­rais juste à ta liste deux sujets, dont un que tu connais bien et que tu as déjà traité dans un de tes pre­miers billets sur RWW France :
    - l’énergie : et sur­tout l’optimisation de la consom­ma­tion, de la dis­tri­bu­tion locale d’énergie pro­duite, l’efficience éner­gé­tique (notam­ment des ordinateurs/serveurs), les comp­teurs intel­li­gents, le smart grid, etc…
    - la banque : grand uti­li­sa­teur de TIC. Là je te laisse com­plé­ter … tu connais très bien le sujet ;-) et la crise actuelle ne fait que ren­for­cer le besoin de remettre pas mal de choses à plat

  24. Fabrice Epelboin

    L’énergie, je ne suis pas spé­cia­liste du tout, mais les ini­tia­tives de Google laissent pen­ser que même si l’on sort du domaine du web, ce der­nier a bien com­pris que la crois­sance était lié à l’existence, demain, d’un monde viable et du coup, s’implique (c’est curieux, il n’y a pas des masses d’autres sec­teurs avec ce niveau de conscience… moyenne d’âge oblige ?)

    Le green living/green tech/green stuff est aussi un fort relais de crois­sance qui pourra s’appuyer sur le numé­rique sans sou­cis, nous avons un auteur invité qui planche sur une série de billet la des­sus, là encore, je ne connais pas bien le sujet mais je m’update… Il est à noter qu’Apple qui n’avait jamais véri­ta­ble­ment eu de conscience écolo­gique (quoi qu’ils en disent) s’est repris sou­dai­ne­ment quand ils se sont fait taper sur les doigts par Greenpeace. Leur nou­velle gamme est par­fai­te­ment green friendly, et sur­tout, Greenpeace a uti­lisé (volon­tai­re­ment ou non, je ne sais pas) les blogs pour faire pres­sion sur Apple.

    La banque, c’est plus déli­cat. La crois­sance n’aura à mon sens aucun rap­port avec le web, là encore, le numé­rique va plu­tôt jouer un rôle dans les trans­fert de valeurs à venir, ils sont à mon sens de trois ordres (dis­clai­mer : je bosse depuis 15 ans pour le sec­teur ban­caire, j’ai bossé avec/pour qua­si­ment tous les acteurs du marché) :

    1) vu la très mau­vaise image des banques dans cette période de crise, on risque fort d’assister (pro­ba­ble­ment une fois que le gros de la crise sera pas­sée) à une mon­tée en flèche de l’infidélité des clients vis à vis de leur banque. Les trans­ferts de clien­tèle pour­raient être for­te­ment influen­cés (après les prix, bien sûr) par l’offre inter­net de ces der­nières (lamen­table en France).

    2) l’arrivée du P2P len­ding, le prêt entre par­ti­cu­liers ou de par­ti­cu­liers à entre­prises, s’il devient une véri­table réa­lité en France, pour­rait gri­gno­ter (de mémoire jusqu’à 10 – 15%) des parts de mar­ché dans l’énorme mar­ché du cré­dit aux par­ti­cu­lier. Voir mon article sur Friendsclear à ce sujet.

    3) L’arrivée sur le mar­ché ban­caire de la géné­ra­tion Y et de la géné­ra­tion Digitale ren­for­cera l’attractivité des banques dis­po­sant d’une offre inter­net de qua­lité. Il leur reste encore quelques années pour la conce­voir, là encore, gros risques de voir la concur­rence étran­gère arri­ver avec une offre rodée et effi­cace, ainsi que de voir (ce n’est pas nou­veau mais le timing est dif­fé­rent) débarquer de nou­veaux acteurs (comme le Hollandais XXX qui pré­pare depuis des lustres une banque en ligne pour le mar­ché Français, il y a cepen­dant des chances que le projet soit à l’eau).

    Ceci dit, je ne vois pas là de relais de crois­sance, plu­tôt un risque de se retrou­ver dans deux ou trois ans avec une indus­trie ban­caire tota­le­ment has been en matière de CRM et de numé­rique et qui se fera bouf­fer par des concur­rents étrangers.

  25. Fabrice Epelboin

    Bien sûr je parle de la banque de gui­chets, pour la banque d’investissement, on a bien vu ce que le numé­rique avait donné, c’est dif­fi­cile de par­ler de crois­sance par les temps qui courent ;)

  26. Fabrice Epelboin

    Sinon, on pour­rait ajou­ter les ser­vices à la per­sonne, si les séniors étaient mieux équi­pés (11% de connec­tés seule­ment selon la der­nière étude du CREDOC), ça pour­rait être un relais de crois­sance sup­porté par le numérique…

  27. AbriCoCotier

    @Fabrice : Quand tu parles d’offres en matières de banque en ligne, est-ce que tu veux dire que les offres de Boursorama Banque et de Monabanq ne sont pas au niveau de ce qui se fait à l’étranger ?

  28. Fabrice Epelboin

    Si, ces deux là ne sont pas mal du tout, en pra­tique, je parle de l’offre des gros acteurs du sec­teur qui pour beau­coup on une banque en ligne abso­lu­ment lamen­table. La Poste, la SoGe, la Banque Populaire… je n’ai pas vu la GUI de BNP et de LCL depuis long­temps mais je doute fort qu’ils l’ai upda­tée de façon signi­fi­ca­tive, etc, etc.

    A l’heure où de petite star­tups comme Mint font de véri­tables logi­ciels de ges­tion de compte et de bud­get en ligne, il y a de quoi s’inquiéter… Dans cette optique, même Bourso et Monabanq ont une grosse marge de progression.

  29. Franck

    Très bonne syn­thèse trans­ver­sale de réflexions sectorielles.

    si je rejoins le manque de clair­voyance et d’anticipation bien démon­tré ici (mais n’est-ce pas un trait de l’identité française, certes à modi­fier de façon urgente et pro­fonde…?), je ne condam­ne­rai pas non plus de manière tout aussi fron­tale cer­taines mesures de pro­tec­tion­nisme, pour peu qu’elles soient tran­si­toires et conditionnées.

    D’une part, je ne suis pas cer­tain que les autres pays ne recourent pas non plus à cer­taines mesures de pro­tec­tion­nisme pour les sec­teurs qui dépassent la capa­cité d’anticipation des déci­deurs écono­miques et poli­tiques. Et l’actualité mon­diale nous en donnent la preuve par les temps qui courent…
    D’autre part, la moindre capa­cité de la société française à anti­ci­per que ses homo­logues, et donc à évoluer à leurs rythmes, oblige les déci­deurs français à subir les crises plu­tôt que les pré­ve­nir… dans ce contexte, le réflexe a toujours été de limi­ter les dégâts sur l’existant.

    Voilà pour le constat. Maintenant, que pou­vons nous faire pour modi­fier cela?

    A court terme, inci­ter les déci­deurs poli­tiques à condi­tion­ner ce pro­tec­tion­nisme à une réelle réflexion ouverte sur les modèles sectoriels

    A plus long terme, “éduquer” les déci­deurs poli­tiques et écono­miques sur ces sujets qui nous tiennent à coeur… il est nor­mal qu’ils ne mai­trisent pas tous les sujets qu’ils abordent, sur­tout quand ils sont aussi évolu­tifs et com­plexes que les nôtres.
    ne serait-il pas pos­sible d’utiliser inter­net pour mieux faire por­ter nos idées, en tant qu’électeurs pour le poli­tique et que clients pour l’économique??? Cela peut paraître un peu uto­pique à pre­mière vue mais per­sonne d’autre ne le fera et nous ne serions pas légi­times à ana­ly­ser et cri­tiquer sans essayer d’en tirer des conséquences.

    PS: sur la seconde par­tie, non abor­dée, des usages, je m’étais fendu d’un ou deux posts qui pour­raient ali­men­ter la dis­cus­sion (une dyna­mique vite retom­bée, vous le consta­te­rez à la fréquence des posts…)

  30. Fabrice Epelboin

    @Franck

    Outre que j’ai de sérieux doutes sur le pro­tec­tion­nisme dans l’absolu et par­ti­cu­liè­re­ment en période de crise pour pro­té­ger quoi que ce soit, si ce n’est remettre à demain et en plus violent ce qu’il serait bon d’affronter aujourd’hui (on voit ce que cela donne en matière d’écologie), mais pas­sons sur ce point, je suis un affreux libé­ral (oui, cela peut se conju­guer avec l’écologie et la culture libre ;), et je ne suis pas si campé que cela sur ces positions.

    Mais en matière de tech­no­lo­gie, c’est oublier bien vite que le concept de fron­tières, bien ancrée dans l’histoire de l’économie, est tota­le­ment exo­gène à inter­net, et là, ça va bugguer.

    Qui plus est, et en dehors de la pro­tec­tion éven­tuelle de Dailymotion, il ne s’agit pas, au vu de ce qui se pro­file, de pro­té­ger l’économie numé­rique Française, mais de pro­té­ger les indus­triels français (média et autres) qui n’ont pas su faire leur tran­si­tion vers le numé­rique. C’est un peu comme si on sur­taxait ou on inter­di­sait car­ré­ment l’importation de voi­tures ‘propres’ sous pré­texte que l’on ne sait pas en fabriquer en France.

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