Jacques Attali prédit la mort d’Hadopi et met en garde les artistes

Si vous ne prenez pas vos affaires en main, les majors finiront par mettre en place la licence globale pour leur seul bénéfice et vous ne toucherez que des miettes, prévient Jacques Attali dans une interview donnée à iPol.
De quoi faire méditer les artistes qui soutiendrons lundi prochain à 11h au Théatre de l’Odéon Christine Albanel dans son ultime effort pour défendre une loi qui commence a avoir pas mal de plomb dans l’aile…
Reblog this post [with Zemanta]

A lire également :

  1. Cali se désolidarise des artistes Français pro Hadopi ...
  2. Jim Kerr des Simple Minds donne son avis sur Hadopi ...
  3. Les artistes peuvent-ils se permettent de lutter contre leurs fans ? ...
  4. Les artistes anglais contre la criminalisation des pirates ...
  5. Les artistes peuvent-ils quitter le navire des maisons de disque ? ...
  6. Mitterrand : retour sur une mise à mort annoncée ...
  7. Hadopi m’a tuer : une grande fête musicale et légale ...

73 commentaires pour cet article

  1. AbriCoCotier

    Bon, et bien il ne reste plus qu’à ce que les rédac­tions des quo­ti­diens non spon­so­ri­sés par le minis­tère de la Culture (sui­vez mon regard) voient cet inter­view, et conti­nuent à s’informer (y’a pas à aller loin : ce blog suf­fit ample­ment), et à relayer la VRAI information.

    C’est pas gagné (mais on y vient !).

  2. AbriCoCotier

    Je rajoute à l’explication d’Attali sur la licence glo­bale, que fina­le­ment, on s’en fout un peu de savoir qui va gagner quoi via cette licence. En effet : ce que gagne­ront les artistes via cette licence sera toujours infé­rieur au poten­tiel de ce qu’ils peuvent gagner en fai­sant des concerts.

    Bref : la licence glo­bale est un faux pro­blème (mais bon, si il per­met de conser­ver la pré­somp­tion d’innocence, on va s’en conten­ter), et elle n’ira pro­ba­ble­ment pas plus loin qu’un RMI pour les artistes les moins télé­char­gés, mais bon, ils faut qu’ils com­pren­nen­tune bonne fois pour toute que la vente de mor­ceaux est un busi­ness plan révolu, et que le seul viable est la réa­li­sa­tion de shows.

  3. Jeremy

    Je suis toujours admi­ra­tif de la com­pré­hen­sion de Jacques Attali dans de si nom­breux domaines. Il par­vient en moins de 2 minutes à syn­thé­ti­ser l’ensemble des tenants et abou­tis­sants de la réforme en cours. Quel esprit brillant!

    En revanche je suis moins per­suadé que lui de la faci­lité à mesu­rer avec pré­ci­sions l’audience de chaque oeuvre. Un sys­tème comme lastfm est bon mais néces­site l’installation d’un logi­ciel sur les diverses pla­te­formes de dif­fu­sion (PC, bal­la­deur, télé­phone etc.…). Pas sur que l’utilisateur lambda veuille ou sache uti­li­ser ce genre de service.

    Passons, c’est de la tech­nique et on par­vien­dra sans doute à mettre en place une mesure des télé­char­ge­ment. Indice impar­fait de l’audience, mais indice tout de même, qui per­met­tra sans doute au major et label de jus­ti­fier encore leur rôle pro­mo­tion­nel (plus de pro­mo­tion = plus de téléchargement).

    @abricocotier certes les concerts prennent une place de plus en plus impor­tante dans les reve­nus des artistes. Mais comme toujours, avant de pré­voir une tour­née, il faut pou­voir la finan­cer. Tu dis que la licence glo­bale ne sera qu’un smic par artiste, mais fai­sons une esti­ma­tion. En nous basant sur les 15 mil­lions de foyers connecté à Internet que l’on taxe­rait à hau­teur de 5€ par mois. On arrive à la coquette somme de 900 mil­lions d’€uros annuel. Soit envi­ron le chiffre d’affaire glo­bale de l’industrie musi­cale en 2004 (http://www.lemonde.fr/technologies/infographie/2009/03/09/les-chiffres-du-telechargement-de-la-musique-en-france_1165608_651865.html).
    hum.… pas si mal que ça pour un RMI.

  4. Rupert

    Un truc mar­rant chez les adver­saires de la licence glo­bale c’est l’argument sui­vant: “savoir qui télé­charge quoi est impos­sible, c’est une usine à gaz tech­nique bla­bla­bla.”
    Par contre, pour l’hadopi, c’est tout à fait possible.

    Je ne suis pas très calé en tech­nique, mais là faut qu’on m’explique… ;o)

  5. AbriCoCotier

    @Jeremy : Justement, comme cela est très bien expliqué ici (http://www.abricocotier.fr/3397-les-majors-volent-les-artistes), la majo­rité des petits artistes ne gagne qua­si­ment rien…

  6. Fabrice Epelboin

    En ce qui concerne la licence glo­bale, je confirme les chiffres de Jeremy, on est à des esti­ma­tions qui sont entre 800M et un mil­liard, c’est poten­tiel­le­ment une grosse source de reve­nus pour les artistes. 

    Le pro­blème, c’est qu’ils sont — en France — pas très malins (à quelques excep­tion près) et tout aussi tech­no­phobes que les poli­tiques. Ils pré­fèrent se ran­ger der­rière Albanel, et cela leur sera fatal.

    Attali a rai­son quand il annonce au pire pour Hadopi son inef­fi­ca­cité, et au mieux sa mort pro­chaine. Tous les lec­teurs ici le savent, mais son point le plus inté­res­sant est défi­ni­ti­ve­ment la mise en garde qu’il fait aux artistes. 

    Là où les artistes Anglais sont en train de prendre leurs affaire en main, et reven­diquent non seule­ment que l’on foute la paix aux télé­char­geurs mais égale­ment que l’on res­pecte leurs droits ainsi que de nou­veaux droits qu’ils reven­diquent, les artistes Français, eux, vont doci­le­ment à l’abattoir.

    D’ici deux ou trois ans (avant 2012, soyez en sûr), le gou­ver­ne­ment pas­sera à la licence glo­bale (his­toire de ne pas avoir trop de pro­blème avec inter­net lors des élec­tions) et ce seront les majors, et non les artistes, qui empo­che­ront le pac­tole. Les artistes se par­ta­ge­ront les miettes. Ajoutez à cela que d’ici là (moins d’un an) on aura réglé le sort des inter­mit­tents qui seront dépeint par les média, merci la crise, comme de gros privilégiés.

    Et là, après le sou­tien mas­sif des artistes à Hadopi, per­sonne n’ira les défendre. Au final, les artistes seront les grands per­dant de toute cette histoire.

    Tout cela tombe à point nommé, Albanel fait une grande conf de presse à l’Odéon lundi pro­chain pour mon­trer à quel point les artistes la sou­tienne… les cons, s’il savaient…

  7. Fabrice Epelboin

    Maintenant, l’argument d’Abricocotier n’est pas faux non plus, le busi­ness des concert est flo­ris­sant et ne cesse de croitre, notam­ment pour les ‘petits’ artistes.

    Dès lors, si les artistes Français étaient moins cons et sui­vait l’exemple de leurs col­lègues anglais, ils pour­raient se retrou­ver avec beau­coup beau­coup plus d’argent d’ici quelques années (vous croyez quoi, que les anglais font ça pas philanthropie ?). 

    En réa­lité, en France, ils vont se retrou­ver une fois de plus à aban­don­ner une par­tie conséquente de leurs reve­nus pour finan­cer une indus­trie qui se meurt et qui va ainsi récu­pé­rer de quoi finan­cer sa retraite.

  8. Jeremy

    @rupert : J’avais décou­vert le prin­cipe de la licence glo­bale dans le 1er livre d’Alban Martin en 2005. Et je défend ce prin­cipe de licence glo­bale depuis lors. Seulement en 4 ans j’ai aussi eu le temps de réflé­chir à la dif­fi­culté de la mesure d’audience. Et crois moi, si des tas d’entreprise per­mette aujourd’hui de détec­ter le télé­char­ge­ment illé­gale des artistes phare des majors (pour les autres c’est un ser­vice géné­ra­le­ment beau­coup trop cou­teux) et encore sur quelques réseau peer to peer, il leur est en revanche impos­sible aujourd’hui de tra­cker l’ensemble des moyens de télé­char­ge­ment et encore moins de tra­cker le nombre d’écoutes… Donc oui, il y a une dif­fi­culté tech­nique qu’il ne faut pas négliger.

    @abricocotier : t’es pas croyable! Tout pour ren­voyer du tra­fic vers ton blog :D

    @fabrice : tout à fait d accord, il faut qu’ils en prennent rapi­de­ment conscience.

  9. AbriCoCotier

    @Fabrice : J’ai adoré le franc parlé des com­men­taires 6 et 7, même s’il cor­res­pond à une las­si­tude logique géné­rée par une bêtise et une igno­rance sans borne.

    Vu comme tu dépeins la situa­tion, c’est moche, tout ce gâchis. Des heures de débat à l’assemblée natio­nale per­due pour un résul­tat qui est déjà écrit à l’avance, des gens qui vont s’en mettre plein les poches sans rien faire (les majors), d’autres qui vont tri­mer comme des diables alors qu’ils font de la qua­lité. Youpi.

  10. Fabrice Epelboin

    De deux choses l’une, soit les artistes Français se bougent (je viens de vois Cali sur France 5 qui pre­nait clai­re­ment ses dis­tances avec les artistes pro Hadopi et trai­tait les majors de voleurs), soit ils conti­nuent sur la voie des pro Hadopi, et là, j’ai envie de dire, “tant pis pour leur gueule”.

  11. AbriCoCotier

    Tu peux don­ner le lien ? (ou le nom de l’émission, si tu l’as regar­dée à la télé)

  12. Fabrice Epelboin

    Ma free­box a planté l’enregistrement, c’était FOG, et en dehors de Cali, le par­terre de vieux cons était una­nime pour sacri­fier les liber­tés numé­rique sur l’autel du droit à la consommation :(

  13. AbriCoCotier

    A pro­pos de cette émis­sion, que je viens de voir. 

    Il y a une dif­fé­rence entre voler une bicy­clette et la copie illé­gale ! Même Cali est contre le télé­char­ge­ment ! Et l’autre vieille qui consi­dère que c’est la créa­tion qui est en jeu. Mais elle a rai­son ! C’est l’alternative qui est en jeux ! Internet per­met une grande remise à plat des artistes, où les plus créa­tifs (jus­te­ment) ont le plus à gagner, et où les moins pro­duc­tifs ont le plus à perdre (fina­le­ment, un sys­tème libé­ral : que le meilleur gagne, de la méri­to­cra­tie, etc.).

  14. el hombre

    On attend sur­tout que Attali fasse comme ce qui est anoncé sur ce blog : attaligratuit.wordpress.com

    Parce que les paroles pour paraitre sym­pa­thique c’est facile, mais les gestes…

  15. Fabrice Epelboin

    @el hombre

    ce blog est un fake, jette un oeil à la bio d’Attali ;)

  16. Viva musica

    C’est un fake peut-être mais quand on prêche le libre, le gra­tuit et les crea­tives com­mons, on peut com­men­cer par l’appliquer à soi même non ?

  17. Fabrice Epelboin

    Je ne vois pas où tu a vu Attali pré­cher le libre et le gra­tuit, il fait une ana­lyse écono­mique, point barre.
    Qu’il soit conscient de ce qu’est la Free Culture est déja pas mal, main­te­nant, prê­cher la Culture Libre n’implique pas néces­sai­re­ment de mettre toutes ses œuvres en crea­tive com­mons. Même le pape de la Culture Libre, Lawrence Lessig, ne fait pas cela. Tu lui fait un bien mau­vais pro­cès, IMHO.

  18. Fred

    là entre autres.
    Si les indus­tries cultu­relles sont aussi méchante qu’il le dit ? pourquoi les choisi-t-il pour dif­fu­ser ses oeuvre ? Qu’il aille jusqu’au bout de sa théo­rie vu qu’il est aussi artiste .
    La théo­rie de Monsieur Attali est bien sym­pa­thique mais mal­heu­reu­se­ment un poil trop sim­pliste et déma­gogue. Si comme le dit Attali, les méchants sont les pro­duc­teurs, les majors et les indus­tries cultu­relles, alors tout va bien, vu le poid de ces petites bêtes face aux entre­prises du web, on se fatigue vrai­ment pour rien. Un mois de béné­fi­cies et l’ensemble de la pro­duc­tion musi­cale appar­tient à Google.

    Ben non. Les pro­duc­teurs ne sont pas des méchants. Si la licence glo­bale peut-être une solu­tion écono­mique théo­rique inté­res­sante, per­sonne ne trouve la clef pour résoudre l’usine à gaz que serait ce sys­tème au niveau de la répar­ti­tion. Et non, l’audience n’est pas la seule mesure de qua­lité d’une oeuvre. C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a des pro­duc­teurs qui inves­tissent dans des trucs chouette mais pas ren­table.
    Si Internet donne un accès gra­tuit à du contenu, il doit se faire dans des règles. C’est choquant de dire ça ?

  19. Fabrice Epelboin

    @Fred

    La clé de répar­ti­tion est mal­heu­reu­se­ment exces­si­ve­ment simple à cal­cu­ler. Si vous connais­siez des pro­to­coles comme bit­torent, vous vous aper­ce­vriez que le nombre de télé­char­ge­ment effec­tué sur chaque album est réper­to­rié et affi­ché publique­ment. Il en est de même avec la plu­part des autres réseaux P2P. C’est comme cela que des sites comme Torrentfreak sortent chaque semaine un hit parade des albums, séries et films les plus télé­char­gés. Consolider ces chiffres et en déduire une clé de répar­ti­tion est — par rap­port à l’énorme usine à gaz de sur­veillance de la popual­tion qu’est Hadopi — vrai­ment très facile à faire.

    Par contre, tout cela consis­te­rait à annon­cer la mort des orga­nisme de répar­ti­tion exis­tants, et à mettre sur la table la ques­tion clé de la “juste” répar­ti­tion entre artistes et majors (cf le billet sur Cali). Ca, c’est un pro­blème… délicat…

    Non, Fred, le pro­blème est ailleurs… 

    Bon, en même temps, vu les posi­tions radi­ca­le­ment oppo­sées aux miennes que vous défen­dez sur votre blog, je com­prends que RWW vous énerve.

  20. AbriCoCotier

    @Fabrice : Assez d’accord avec toi sur la répar­ti­tion. C’est plu­tôt simple. Mais ça va pas plaire à ceux qui se rem­plissent les poches à l’heure actuelle. Et le vrai pro­blème est là.

  21. Fred

    @ Fabrice. Pour la répar­ti­tion, le pro­blème ne vient (pas seule­ment) de la col­lecte des infos. Bon, les pro­to­coles bit­tor­rent le per­mettent. Cool. Assurons nous que les fichiers soit bien recon­nais­sable au niveau des meta­da­tas (artitst, groupe, prod, com­po­si­teurs, inter­prète, année de publi­ca­tion auteurs…) chose qui, ou j’ai mal vu, n’est pas encore en place sur les réseau libre.
    Ensuite, on par­tage le gateau, façon Société civil.
    Sur le papier c’est cool. en pra­tique, il faut, our que ce modèle soit juste, appliquer ce mode à chaque sys­tème d’échange, et donc être com­pa­tible avec tous les pro­to­coles de down­load du monde.
    Bon, des petits malins télé­char­ge­rons non stop leurs titres pour avoir des sous, c’est de bonne guerre. Mais côté popu­la­tion, le public est il prêt à consom­mer de la musique sans charts, sans store, sans accro­ché une valeur à un pro­duit ? Si c’ets peut être bon pour le numé­rique, quel débou­ché pour le finan­ce­ment de la musique (en plus de la licence glo­bale, qui sera toujours insuf­fi­sante ?
    Le live ? ce sec­teur en pré-crise qui est avant tout un goufre à frics avant qu’on entre dans ses frais et qui pro­fite (d’un point de vue $$$) qu’a une minorité ?

    les artistes a être consommé de cette manière ? Je ne sais pas.
    en tout cas, ce mode de répar­ti­tion sent très fort l’usine à gaz. La notion de ter­rioire, es down­load fait de l’étranger, les artistes non-signé en Euroep, ils touchent quoi ? Comment ? quand on gratte un peu, c’est une vraie usine à gaz. 

    De plus, la licence glo­bale repose quand même sur une sur­veillance du réseau. D’une manière ou d’une autre, on tend quand meme vers une régu­la­tion du réseau.
    Quid du stream dans ce modèle ?

    Quand à la “juste” répar­ti­tion de l’artiste, le pro­blème n’est pas for­cé­ment là. 

    Il est clair que la chaine musi­cale a de bien vilaine tumeurs. par contre, accu­ser les prod comme le mal absolu, c’est pas­ser à côté d’une bonne par­tie des pro­blème liée à la musique. regar­dez le poid de la dis­trib à tout niveau, regar­dez l’évolution du sec­teur avant le web dans les année 90. Le mal de la musiqu, si l’on peut l’appeler comme ça, c’est avant tout lié à un rap­port tronqué entre celui qui finance (le prod) et celui qui vend (le dis­trib)
    Il y a un mal pro­fond, reste à trou­ver le mei­leur remède pour le soi­gné. Je ne pense pas que le laser que vous pro­po­ser soit, pour l’instant, vu l’état du patient, le plus apte.

    Que l’on soit bien clair. je ne suis pas un fervent défen­seur de cette loi, ni un fervent défen­seur du “sys­tème” actuel. Je com­prend le malaise dû à l’échange libre que connaissent cer­taines per­sonnes comme je com­prends les bien fait de ces même échange. Par contre, je ne sup­portes pas les rac­cour­cis que l’on peut lire de part et d’autres des sup­por­ters ou oppo­sants du sys­tème.
    Derrière une créa­tion, il y a un ensemble de métier, un inves­tis­se­ment en temps et en argent. Qui va payer cet inves­tis­se­ment et quels seront ses retours sur inves­tis­se­ment et/ou ses garan­tis ?
    La répar­ti­tion est ban­cale (pas dans le sens artiste / prod) mais plu­tot dans le sens Prod/distrib. Et là, c’est un super gros débat bien com­plexe (que je kife d’ailleurs)

    Je ne trouve pas que mis­ter Attali répond à cette ques­tion dans ces discours. 

    C’est très com­pliqué. Le mar­ché de la musique est très très com­pliqué. Alors ZUT a toute forme de sim­pli­fi­ca­tion :-)
    (rooo j’ai dit ZUT sur un blog)

    Enfin, RWW ne m’énerve pas (lisez un peu les autres post de mon blog), bien au contraire.…

  22. Fabrice Epelboin

    Fred, c’est beau­coup moins com­pliqué que vous sem­blez le croire (ne croyez pas ce que vous en dit Pascal Negre), et cela ne néces­site en rien une sur­veillance des réseaux, encore une fois, ces don­nées sont publiées publique­ment sur les tra­kers. Votre remarque sur les meta­data est bonne, mais c’est un point rela­ti­ve­ment facile à résoudre. 

    en matière d’usine à gaz, ce n’est abso­lu­ment rien avec l’immense bor­del tech­nique qu’Hadopi va mettre en place.

    Le vrai pro­blème, c’est qu’au rythme où vont les choses, la dis­tri­bu­tion n’a aucune rai­son d’exister à l’avenir avec des tech­no­lo­gies comme le P2P.

    Reste à régler le pro­blème de la répar­ti­tion pro­duc­teur / créa­teur, un débat vieux comme le monde (capi­tal vs. tra­vail), mais vous note­rez que ce débat est soi­gneu­se­ment évité par le débat Hadopi actuel.

    Par ailleurs, je crois tota­le­ment à la pré­dic­tion d’Attali, la licence glo­bale étant la seule solu­tion, elle finira par s’imposer, et les artistes Français seront les din­dons de la farce, tout cela au moment où les artistes anglais se prennent en main pour récu­pé­rer le max de sous de leur créa­tion dans le cadre d’une licence glo­bale qu’ils savent inéluctable.

    Si les artistes Français étaient un peu moins cons, ils établi­raient un dia­logue avec les experts en techno et s’en aper­ce­vraient très vite, mais de toutes évidences, ils pré­fèrent faire confiance à ceux qui les exploitent… tant pis pour eux.
    J’ajoute que cette solu­tion sera plus dif­fi­cile demain à mettre en place car les usages auront éclaté en une mul­ti­tude de sous usages des­ti­nés à contour­ner Hadopi qu’il sera bien plus dif­fi­cile de comp­ta­bi­li­ser. Aujourd’hui, on doit avoir 90% des télé­char­ge­ments fait sur une dou­zaines de sys­tèmes tout au plus, suf­fi­sant pour extra­po­ler aux 10% qui ne sont pas visible. Demain, 90% des usages ne seront pas visibles…

  23. Fred

    “Votre remarque sur les meta­data est bonne, mais c’est un point rela­ti­ve­ment facile à résoudre. ”
    Vous n’avez jamais fait de meta­da­tas vous ;-)
    la com­plexité n’est pas sur le sup­port tech­nique mais sur l’identification du conte­nus et la répar­ti­tion aux ayant droits. Sur une loi natio­nal, on s’ouvre une belle merde avec les artistes “non-signé” en France et les down­loa­der hors ter­ri­toire Français.

    “en matière d’usine à gaz, ce n’est abso­lu­ment rien avec l’immense bor­del tech­nique qu’Hadopi va mettre en place.” Hadopi est une usine à gaz aussi, je vous rejoins sur ce point. 

    “Reste à régler le pro­blème de la répar­ti­tion pro­duc­teur / créa­teur, un débat vieux comme le monde (capi­tal vs. tra­vail), mais vous note­rez que ce débat est soi­gneu­se­ment évité par le débat Hadopi actuel.”
    Comme celui sur le droit d’auteur. On neparle que de la msie en palce de la riposte et non pas du pourquoi (ou pourquoi pas) une pro­tec­tion des Droits d’Auteur. Cela dit, vu l’usine à gaz qu’est HADOPI, c’est peut être pas plus mal.
    Le pro­blème est la répar­ti­tion Distributeur/producteur/artistes. C’et ce que dit Cali, sauf qu’il nomme pro­duc­teur ce qui est en plus un dis­tri­bu­teur. cela dit, RAS sur le finan­ce­ment du dev d’un artiste, bien plus cher que sa “simple” production.

    “Par ailleurs, je crois tota­le­ment à la pré­dic­tion d’Attali, la licence glo­bale étant la seule solu­tion,” oui c’est une solu­tion de DISTRIBUTION. On paye un droit d’entrée pour accé­der à un contenu. Arriver avec un prin­cipe de dis­trib devant des per­sonne qui défendent du droit d’Auteur avec en plus des per­sonne qui cherche du finan­ce­ment à la pro­duc­tion, vous com­pre­nez bien pourquoi je suis faché contre Attali. C’est juste un pan du pro­blème pré­senté comme une solu­tion à tous les pro­blème.
    “Si les artistes Français étaient un peu moins cons, ils établi­raient un dia­logue avec les experts en techno et s’en aper­ce­vraient très vite” mais un artiste ne touchent pas que sur la vente, il s tou­chents es reve­nus sur d’autres sources, si la SACEM, l’ADAMI et consors dis­pa­raissent au pro­fil d’une seule Licence, qui va com­bler le manque à gagner ? Non, les artistes ne sot pas si cons; C’est dom­mages que vous ne soyez pas venu lundi matin à l’Odéon, vous aurez pu vous en rendre compte et avoir de bien belle dis­cus­sion avec le bout de la chaine.

    Personne n’est prêt à la licence glo­bale dans la musique, et sa mise en place par voix légale est qua­si­ment impos­sible. Par contre on aura une mul­ti­tude de licence glo­bale pri­vée qui fonc­tion­ne­ront très bien. C’est un peu cou­per la poire en deux.

  24. Fabrice Epelboin

    “Vous n’avez jamais fait de meta­da­tas vous ;-)”

    Oh que si… reli­sez mes billets sur le web sémantique ;)

    Cela pré­sente, somme toutes, les même dif­fi­cul­tés pour les artiste hors ter­ri­toire natio­nal que celle qu’affrontent les orga­nisme de répar­ti­tion de droits aujourd’hui… en fait…

    Mais le pro­blème n’est pas là Fred, la licence glo­bale est inévi­table, on ne peut que retar­der son appli­ca­tion et la rendre de plus en plus dif­fi­cile à mettre en oeuvre, de moins en moins bien perçue par la popu­la­tion, et de plus en plus injuste pour les artistes. Point barre.

    Les licence glo­bale pri­vée, c’est le pre­mier pas pour le grand pillage des artistes au pro­fit des majors, je n’appellerait pas cela cou­per la poire en deux.

    Comment expliquer, si c’est si simple, la réac­tion viru­lente des artistes anglais ?

    http://fr.readwriteweb.com/2009/03/23/a-la-une/les-artistes-anglais-contre-la-criminalisation-des-pirates/

  25. Fred

    la réac­tion des anglais ? Simple, Youtibe a bloqué leurs acc!ès aux vidéos car la rené­go­cia­tion des droits entre music.uk et Google a abou­tit sur une impasse. Vous note­rez au pas­sage la beauté du geste de la aprt de Google qui a bloquer les vidéos des artists UK sur le ter­ri­toire anga­lis. l’internaute est plus indul­gent avec google qu’avec le prod.

    La réac­tion des artistes est logique. point barre (comme vous dites) Mais par contre, aps de licence glo­bale outre manche. pas encore.

    Sur la mise en place de la licence glo­bale vous avez rai­son sur tout sauf un point essen­tiel.
    C’est quoi qui, mal­gré les baisse, fait vivre la musique ? le sup­port phy­sique qui repré­sente 75% du CA. non négli­geable et per­sonne n’a spé­cia­le­ment envie de se tirer une balle dans le pied à ce niveau là. Même si la musique a cet ava­natge, per­sonne ne veut la vendre. une licence glo­bale, ca ren­drait bien ser­vice à la Fnac tient donc.

    Vous êtes intel­li­gent, vous com­pre­nez bien que les pro­fes­sio­nels est envies d’avoir un geste de la part du gou­ver­ne­ment sur la pro­tec­tion du droit d’auteur. Le geste est gros­sier, pourri à la base dans son appli­ca­tion mais la demande est légi­time (vous note­rez que c’est un res­pon­sable de GSS qui est à l’origine de ce chef d’oeuvre). Comme je vous dit, y a d’abord un pro­blème de repré­sen­ta­ti­vité de ce qui finance par rap­port à ce qui vende dans la filière.

    “Oh que si… reli­sez mes billets sur le web séman­tique ;)”
    Minute papillon, je découvre à peine ce blog ;-)

  26. Fabrice Epelboin

    Heu… reli­sez le texte des artistes anglais, ils sont bien plus spé­ci­fiques que cela, ils posent des reven­di­ca­tion très claires. Évacuer le pro­blème qu’ils sou­lèvent ainsi c’est soit que vous n’avez pas lu ne serait-ce que mon billet, et encore moins leur site.

    Le CA du phy­sique est certes de 75%, mais comme vous êtes vous aussi intel­li­gent, vous réa­li­sez bien que le CA des mar­chand de calèches au XIXe a mor­flé au XXe. Va fal­loir s’adapter parce que je ne vois pas pourquoi le sup­port phy­sique et la dis­tri­bu­tion phy­sique serait encore vivants dans 5 a 10 ans.

    Le CA du disque — cor­ri­gez moi si je me trompe — est de l’ordre du mil­liard d’euros en France. La licence glo­bale peut rap­por­ter faci­le­ment la moi­tié. Si on la réparti ‘jus­te­ment’, les artiste pour­raient voir leurs reve­nus dou­blés sans sou­cis. Pour la dis­tri­bu­tion, c’est effec­ti­ve­ment plus com­pliqué car elle est appe­lée à dis­pa­raitre. On peut la sub­ven­tion­ner sous pré­texte qu’elle sup­porte l’emploi, mais il faut alors mettre les cartes sur table et voir com­ment elle compte uti­li­ser l’argent de la sub­ven­tion pour se recon­ver­tir (et dans quoi). Tout comme les mar­chands de calèches.

  27. Fred

    la mise en place de la licence glo­bale, c’ets la fin du jour au len­de­main de la vente phy­sique. Là ce sont les tocks des labels qui vont faire mal à la compta (un peu comme les sub­prime mais en phy­sique) Plus d’uns se sont cassé les dents quand le vinyle a été arrêté du jour au len­de­main en 1995 avec des stocks à ne plus quoi savoir en foutre.

    l’argu des calèches témoigne un maque d’info. Combien de fabri­cant de calèches on fait des voi­tures ? 0.
    Là, le métier reste (prod) mais le sup­port dis­pa­rait. Alors on fait quoi, on bombe le dos et on attends que ça passe ? a ce jeu là, les plus faibles, les moins ren­tables et les plus arti­sa­naux vont mettre la clef sous la porte
    C’est le juste prix à payer pour la licence glo­bale ? je ne pense pas.

  28. Fabrice Epelboin

    Fred, Fred, Fred… véri­fie tes infos, Renault était un construc­teur de calèche (appelé Dion Bouton), il a trans­formé des calèches en auto­mo­biles, et c’est ce point qui en à fait un acteur mineur face à Ford qui lui est parti de zéro. Peugeot, lui, était dans la fabri­ca­tion de vête­ment… comme quoi, on peut se recon­ver­tir quand une révo­lu­tion (indus­trielle, celle là) arrive.

    Sinon, oui, c’est le prix à payer pour pas­ser de la calèche à l’automobile… enfin, plus exac­te­ment, c’est le prix à payer si l’on veux avoir un fabri­cant auto­mo­bile natio­nal demain plu­tôt que de les ache­ter à l’étranger, enfin, je parle de musique, tu m’auras compris.

    Oui, le prix est élevé, mais recu­ler le pro­blème, c’est comme pour l’écologie, cela ne fera qu’augmenter consi­dé­ra­ble­ment la facture.

  29. Fred

    Avoue que la licence glo­bale main­te­nant c’est un coup de poker avec revenu à la baisse pour une filière. je connais per­sonne qui est prêt à se mettre en dan­ger à se point sous pré­texte que le pro­grès va dans ce sens. Le pro­grès si il est par­tagé par tous. (c’est pas un slo­gan ça ?)

  30. Fabrice Epelboin

    C’est un coup de poker, certes, qui a une chance de rap­por­ter moins que la rente actuelle, certes, mais ce n’est pas évident, et ce qui est sûr, par contre, c’est que cela rap­por­tera quelque chose de signi­fi­ca­tif (encore une fois, on l’estime à un demi milliard).

    Par contre, le pari fait actuel­le­ment, c’est un coup de poker qui ne peut que perdre. 

    Le pro­grès s’il est par­tagé par tous, c’est très 80s, la réa­lité est plus cruelle. A force d’y aller à recu­lons, qui à tiré les mar­rons du feu du pro­grès ? Yahoo, Google, Microsoft… Les Etats Unis. L’attitude de la France face au pro­grès fait du pays un grand per­dant, là des­sus, je suis d’accord. 

    Je te recom­mande chau­de­ment le bouquin d’Attali, ‘une brève his­toire de l’avenir’, qui com­mence jus­te­ment par un long exposé de la façon dont dif­fé­rentes régions du monde se sont emparé de pro­grès tech­niques pour domi­ner l’économie de la pla­nète, et la façon dont ces centres de pou­voir écono­miques ont changé de l’antiquité à nos jours. C’est un excellent livre, rapide à lire et qui éclaire par­ti­cu­liè­re­ment le point que tu sou­lève sur le progrès.

  31. Fred

    Renault était un petit ingé de chez Dion Bouton qui a pro­fité de la struc­ture de calèche pour faire des voi­ture. Opel fai­sait des machine à coudre. très bien, l’automobile est née du dvlpt de la tech­nique au début du XXeme siècle avec des indus­triels qui ont (ou pas) inves­tit dans l’automobile. 

    Un sec­teur, qui évolue. Des struc­tures indus­trielle qui finance un objet du progrès.

    Un élément rem­place l’autre, c’est le schéma classique.

    pour la musique, on n’a pas un super truc tech­nique qui rem­place autre chose. On conti­nue a pro­duire du contenu. Il y a un coût. Seul l’arrivée des $$ change. Donc se pri­ver de sa source prin­ci­pale de revenu (le phy­sique) pour avoir a peu près la moi­tié (ou plus, ou moins) avec une licence glo­bale, non, c’est logique­ment as accep­table pour le sec­teur. t’aimerais perdre 50% de tes reve­nus pour le pro­grès sans réduire ton tra­vail à 50% ?
    Une licence glo­bale, c’est filer une oppor­tu­nité sans résist­sance à Orange Nokia et Apple de deve­nir prod, de rache­ter les cata­logue et les labels à des prix cas­ser.
    Avec une glo­ba­li­sa­tion tuyaux/contenu, l’internaute sera-t-il vrai­ment gagnant ?
    Y a un truc qui cloche à ce niveau là. Ce n’est pas le moment car per­sonne n’est prêt à sacri­fier ses reve­nus juste pour faire plai­sir aux inter­nautes. Ce n’est pas enter­rer la licence glo­bale ou sou­te­nir HADOPI de l’accepter.

    Moi aussi j’ai du taf, pour une fois que je tombe sur un blog pas trop mal :-)

  32. Fabrice Epelboin

    A des prix cassé ? Universal Music, pour le par­ler que d’eux, se portent super bien (béné­fices en hausse), pas sûr qu’ils bradent leur catalogue. 

    Encore une fois, il faut dis­tin­guer dans ‘la musique’ trois choses :

    1) les artistes, s’ils se bougent comme en Angleterre, ce seront les grands gagnants du futur sys­tème. Leurs reve­nus seront en forte hausse, leurs modèles écono­miques for­te­ment changé, mais la ‘clien­tèle’ suivra.

    2) les pro­duc­teurs : ils peuvent encore pré­tendre à une part du gateau, mais il leur faut chan­ger en pro­fon­deur, notam­ment faire la part belle à la ‘longue traine’ au détri­ment du top50

    3) les dis­tri­bu­teurs : RIP. Ils sont morts, quoi qu’il arrive, reste à gérer les emplois per­dus, et ce n’est pas avec l’innovation (cf les cen­taines de star­tups Us sur le sec­teur musique) qui va régler le pro­bleme, parce que l’innovation Française, se fait à l’étranger.

    L’arbitrage entre 1 et 2 relève de la répar­ti­tion de la valeur créée entre tra­vail et capi­tal, c’est un débat de société. Je ne prends pas posi­tion ici.

    Le 3 s’appelle Darwin. La sidé­rur­gie Lorraine a connu cela en 81, et bien d’autres avant eux. It is inevi­table Mister Anderson.

  33. Fred

    Sauf que le 3, c’est celui qui à la carte bleu et le car­net de chèque pour les autres et aussi, acces­soi­re­ment, la parole dans les repré­sen­ta­tions des asso de prod. Si le point 2 me parait juste, faut quand même, en plus d’une sacrée paire de C****** (ce qui n’est pas le plus dif­fi­cile) avoir une grosse tréso pour faire la bas­cule. Et si tu regarde la santé finan­cière de la pro­duc­tion, un ramas­sis de TPE et PME, ca parait dif­fi­cile.
    Dans le cas de la sidé­rur­gie, la cré d’acier est resté, elle a été délo­ca­lisé là ou sa fabri­ca­tion cou­taient moins chère. Ce n’est pas com­pa­rable. On n’a pas dans l’histoire de l’économie une cris e de la dstrib com­pa­rable. A savoir une rup­ture sur le mar­ché phy­sique et un trans­fert sur le digi­tal freiné par la répar­ti­tion des richesse entre le pro­duc­teur et le ven­deur au sens large. par contre, pleins d’autres crise simu­laire vont arri­vées dans d’autres secteurs. 

    Ce n’est pas qu’une évolu­tion tech­nique qui cham­boule l’industrie du disque, c’est aussi (et d’abord) les limites d”un sys­tème de dis­tri­bu­tion qui ne fonc­tionne pas mais repr­sente la majo­rité des revenu du busi­ness.
    C’est pas facile de virer celui qui rap­porte du fric àla maison :-) 

    Dans le pre­mier point, tu oublies qu’un artiste sans prod, il ne peut pas faire grand chose. On va pas dire à un réal fait ton film tout seul”. en musique c’est pareil. Faut quand même un ingé son, un réal (si pos­sible) des musi­ciens, des com­po­si­teurs, un tour­neur, un prod de spec­tacle. LE je fais à 100% tout tout seul n’est pas (ou peu) pos­sible et atteint vite ses limite pour l’artiste (qui en géné­ral est bien content de sous trai­ter sa promo, son dev, sa dis­trib, je suis bien placé pour le savoir ;-)
    pour être plus juste, à mon avis, il fau­drait réunir les points 1 et 2. En Anglaterre le rôle du mana­ger est (reconnu) et dif­fé­rents et fait mieux la pas­se­relle avec la prod.

    Enfin, Universal, c’est 1 entre­prise. Bon, c’est le gros arbre qui cache la forêt (ou plu­tôt la gar­rigue vu la tailles des autres). La bonne santé d’Universal repose sur 2 chose.
    la négo au prix fort d’avance pour l’utilisation des pro­duits uni­ver­sal sur Internet (stream et down­load)
    une poli­tique avec moins de dev et plus d’exploitation d’artiste reconnu ou en bonne voix.
    <Faut recon­naitre que la machine Universal et rude­ment bien huilé et fonc­tionne à mer­veille. Et que son large cata­logue avec tant de nom incon­tour­nable le met dans une posi­tion de force pour les négo­cia­tion avec les start-up de la musique.

  34. Fabrice Epelboin

    Délocalisation ? iTunes, Etats-Unis, Luxembourg ! (qui eux, semblent avoir retenu la leçon de la sidérurgie ;)

    Je ne nie pas du tout le rôle du pro­duc­teur (et c’est vrai que le réduire au Capital est sim­pliste), par contre, le bou­let qu’est la dis­tri­bu­tion est évident, dans tout les sens du terme : pas facile de faire une course avec un bou­let au pied.

    Quant à la négo à l’avance des prix du stream, je vous ren­voi sur l’histoire de la radio dans les années 30 et de sa lutte avec la même indus­trie, qui a duré dix ans, et qui est par­fai­te­ment décrite dans le livre de Lawrence Lessing, “Culture Libre” (dis­po­nible gra­tui­te­ment). Ca donne une bonne idée de ce qui attend les sites de stream.

    La trans­for­ma­tion à venir, vous avez rai­son, est très dif­fi­cile et dou­lou­reuse, mais c’est comme un can­cer, plus on s’y prend tôt, plus on a de chances de s’en sor­tir… et là, on a feint d’ignorer le pro­blème depuis dix ans.

    Aujourd’hui, la solu­tion pré­co­ni­sée pour lut­ter contre le can­cer, c’est la loi. Autant légi­fé­rer pour inter­dire à la marée de monter.

  35. Fabrice Epelboin

    A lire chez Techcrunch : Michael Arrington, de toutes évidences sur la même lon­gueur d’onde qu’Attali :
    http://fr.techcrunch.com/2009/04/01/voler-de-la-musique-est-ce-vraiment-mal/

  36. AbriCoCotier

    “reste à gérer les emplois per­dus” Ben jus­te­ment, il y a fort à parier que la nou­velle écono­mie qui pour­rait émer­ger de la mort des majors crée­rait plus d’emplois que le modèle actuel… si ces emplois étaient créés en France (pour le mar­ché Français bien sûr, on va pas quand même être capable d’aller prendre du bou­lot chez nos voi­sins, voyons).

    Un autre exemple : celui des opé­ra­teurs télé­pho­niques qui font une pres­sion sur l’emploi pour repous­ser l’arrivée de Free : tout le monde sais que, au final, les consom­ma­teurs seront gagnants, et qu’il y aura plus d’emplois à la clef. CQFD.

  37. Fred

    @ Farbice à pro­pos de l’article de tech­crunch
    Je suis très déçu que tu (vous?) enthou­siasme pour cet article qui a pour conclu­sion “on télé­charge grauit en chine, pourquoi pas nous.
    Zut, on oublie de dire que google paye la musique qu’il offre.
    On s’en fout que l’utilisateur la paye ou paye. Faut juste que l’utilisation d’un contenu sur Internet apporte rému­né­ra­tion (finan­cière ou autres) aux ayants droits. C’est pas être reac de dire ça non ?

    La phase de chan­ge­ment s’est déjà enclen­chée.
    D’un point de vue de consom­ma­teur, on en peut que sou­hai­ter que la gra­tuité et le libre accès (même si niveau média­tion cultu­relle, c’est un peu pourri mais bon…)
    Par contre, un mar­ché c’est pas comme une armoire Ikéa, la tran­fo­ra­tion se fait de l’intérieur. On ne change pas toute l’es pièce d’un coup pour faire un nou­veau meuble. Et ça, faut en tenir compte !
    Le coup de la baguette magique “licence glo­bale” ou “répar­ti­tion juste des revenu” c’est très bisou­nours sur le papier mais sur le ter­rains, tu fait com­ment ? un mail pour dire qu’on change les règle ? une loi ? une légis­la­tion ? Une régu­la­tion de l’Etat ? selon quel cri­tère ?
    La vente s de musique n’est qu’une branche du mar­ché de la musique mais toutes les sources de revenu sont liée. On en peut pas scier la par­tie de la dis­trib non com­pa­tible au web sans faire écrou­ler l’édifice.

    @Abricotier. C’est pas un pro­blème d’emploi mais de métiers. Si les matiers lié à l’artiste se dépro­fes­sio­na­lisent, c’est sur­ement pas les consom­ma­teurs et uti­li­sa­teurs qui vont être gagnant.
    Après pour la créa­tion d’emploi et de valeur, je suis d’accord. le web est une source de créa d’emploi. Et l’argu des iopé­ra­teur contre l’arrivée de free pue le popu­lisme à plein nez :-)

  38. Fabrice Epelboin

    @Fred

    Deux choses :

    1) concer­nant mon com­men­taire sur TC, je per­siste et signe, même si je ne suis pas à 100% d’accord avec Arrington, je suis ravi qu’il prenne la parole sur le sujet.

    2) L’industrie aurait du com­men­cer à s’adapter il y a 10 ans. One word : Darwin.
    Je te ren­voi à notre pré­cé­dente conver­sa­tion. Si on ne fait pas une muta­tion main­te­nant au for­ceps, on aura rapi­de­ment plus du tout d’industrie et 100% du busi­ness ailleurs qu’en France.

    Maintenant, Fred, je com­prend que tu panique, tu viens du milieu de la musique et le milieu de la techno est devenu le point cen­tral dans ton busi­ness, or per­sonne n’y com­prend rien dans ton secteur.

    Ce qu’Hadopi va faire, c’est faire muter fissa les usages, mettre en place d’ici quelques mois les réseaux d’échanges P2P cryp­tés et ano­nymes, et rendre impos­sible toute pos­si­bi­lité d’évolution. Aujourd’hui, il reste encore une pos­si­bi­lité, demain, il sera trop tard. Arrête de bloquer sur l’extrême vio­lence de la muta­tion que TOUS les acteurs de l’internet pres­crivent et appellent de leur vœux et réa­lise qu’ils ont des argu­ments que vous ne com­pre­nez pas, dans le milieu de la musique.

    Comment peux tu ima­gi­ner un ins­tant qu’autan d’acteurs par ailleurs res­pec­tables se soient pro­non­cés contre Hadopi ?
    Ils ont d’excellentes rai­sons, mais il est impé­ra­tif de com­prendre leur argu­men­ta­tion, qu’elle soit au niveau tech­nique ou en matière de pros­pec­tive des usages post hadopi à venir.

  39. Fred

    Ola Fabrice. Je ne défends pas Hadopi. C’est pas parce qu’on a des points de désac­cord que je défends cette lo eet tout et tout. j’ai un pide dans les techno (moins pro­fond que les tiens) et un plein de pied dans la ziK Comme tu le dit, per­sonne ne com­prend rien à ce sec­teur. je suis d’accord avec l’évolution, croit moi, elle a ben com­mencé déjà. Mais comme le démontre Darwin, l’évolution se fait dans le temps avec sur­vie des espèces qui s’adapte. On n’a pas une grosse bombe qui fait tout péter et le nou­veau repousse tout comme il faut.
    oui à l’évolutoin mais comme toute évolu­tion, faut tenir compte de l’écosystème, et l’écosystème c’est mon domaine.
    Arrêtons les rac­cour­cis trop facile et sui­vons de près la phase d’évolution.
    A mon avis, la licence glo­bale ne verra jamais le jour (du moins pas comme elle est pré­senté là) on aura une concur­rence de type de licence glo­bale pri­vée brandé par des acteurs du contenu et des acteurs du web. L’offre de Google en Chine c’est un peu ça non ?
    On tend vers ça (et vu de l’intérieur, c’est ce qui se pro­fil) entre autre . Plein de choses évolue à dif­fé­rents niveau. On verra plus clair en 2010 quand l’économie du live sera en crise struc­tu­relle :-)
    Evolution, toujours évolu­tion.
    toujours un plai­sir de conver­ser avec toi ! Juste ne sim­pli­fie pas mon écosy­tème d’usine à gaz qu’est l’industrie de la musique :-)

  40. Fred

    C’est cool qu’Arrngyon se pro­nonce, je suis d’accord. d’un autre côté, c’est tel­le­ment pas­sion­nant comme sujet, com­ment aurait-il fait autre­ment ?
    :-)

  41. Fabrice Epelboin

    @Fred

    Ce qu’a démon­tré Darwin, c’est aussi :

    1) les espèces qui se déve­loppent iso­lées du reste du monde (ile de Paques/France qui sera la seule a adop­ter une telle loi) n’ont aucune chance de sur­vie une fois que leur eco­sys­tème s’ouvre (dégâts colos­saux crées en Australie dès l’instant où les pre­mier explo­ra­teurs sont arrivés/La France quand elle sera forcé d’appliquer des direc­tives Européennes)

    2) quand un météo­rite tombe (e.g. quand l’internet devient mains­tream), les espèces inadap­tés dis­pa­raissent (dino­saures) ou changent de façon dras­tique et perdent leur domi­na­tion (les oiseaux)

  42. Fred

    Rooo le point 2 c’est vrai­ment pour avoir rai­son. La météo­rite, à l’échelle de l’évolution (si tu as fait de la bio) c’est un événe­ment ins­tan­tané et pas com­pa­rable au stream mais plu­tôt a une bombe qui fait tout péter.

    Pour le pre­mier point, tu as rai­son, mais NON DE NON, lâche moi avec HADOPI !
    Un sec­teur d’activité évolue dans son ensemble. ça prend du temps, ça crée des mort etc… La mar­ché n’est pas exclu des autres écosys­tème pour filer la méta­phore. Ca frite à un niveau de la numé­ri­sa­tion du contenu, légi­ti­mité ou pas de la vente d’un MP3, licence glo­bal, abon­ne­ment stream) mais non de non, la musique n’est pas sur l’ile de Pâques. y a dejà pleins d’exemple isolé d’acteurs qui ont su s’adapter (Radiohead, Jamendo, NNE…)
    C’est du cas par­ti­cu­lier.
    Le mar­ché de la musique est une grosse toile bien com­plexe qui a déjà com­mencé sa muta­tion et l’évolution se fera dans le temps.
    C’est fou chez toi cette manie à tout vou­loir sim­pli­fier.
    On évolue (même si de l’extérieur on ne voit pas grand chose) et ça prend du temps. Ne te fie pas à la phase visible de l’iceberg :-)

  43. Fabrice Epelboin

    Fred, je ne t’accuse as de sou­te­nir Hadopi, je t’accuse de croire que l’industrie musi­cale a encore le temps de chan­ger. Hadopi est une météo­rite qui va pré­ci­pi­ter les inter­nautes dans des usages sur lesquels il n’y aura aucun retour en arrière pos­sible. L’evolution ne se fera pas dans le temps, le temps n’est pas un para­mètre sur lequel on peut légiférer.

    Jamendo, avec tout le res­pect que j’ai pour eux, ne repré­sente rien dans le busi­ness de la musique, là où radio­head, NIN et bien d’autres tirent des pro­fits incroyables du P2P et des “pirates” (tu note­ras que ce n’est pas le cas de la dis­trib, tout comme tu as noté qu’aucun artiste Français, aucun dis­tri­bu­teur, aucune pro­duc­teur Français ne mai­trise ce nou­veau modèle écono­mique, par­ti­cu­liè­re­ment com­plexe et qui ne sau­rait s’adopter du jour au lendemain).

    Encore une fois, on ne peux par légi­fé­rer pour inter­dire la marée de mon­ter. L’industrie de la musique doit com­prendre cet aspect du pro­blème, elle ne peut pas contrô­ler le temps qui passe et déci­der de l’arrêter parce qu’elle sou­haite prendre le temps qu’il lui faut pour évoluer.

  44. Fabrice Epelboin

    Comme le fait remarquer un com­men­ta­teur de TechCrunch, le seul ave­nir que se des­sine l’industrie du disque avec Hadopi, c’est le sub­ven­tion­ne­ment et un contrôle de la culture par l’Etat. Une situa­tion peu enviable dans laquelle se trouve la presse aujourd’hui (mais bon, je m’égare)

  45. Fred

    “le sub­ven­tionnent et un contrôle de la culture par l’Etat”
    la mise en place d’une licence glo­bale (même avec une ges­tion par société civile) c’est la fin d’un mar­ché et une forme de culture d’Etat. Surtout si tu ajoutes une taxes ou une aides aux jeunes artistes (sous quel cri­tères) On fait comme le théâtre ?
    Comment une loi qui lutte contre le pira­tage peut avoir comme conséquence une mau­vais mise en place d’une licence globale ?

    Sérieusement, je ne com­prend pas com­ment HADOPI peut arrivé à ce genre de conséquence. Je com­prend pas.…Tu peux m’expliquer ?

  46. Fabrice Epelboin

    Aujourd’hui, les sys­tèmes P2P sont rela­ti­ve­ment trans­pa­rents, on peut comp­ta­bi­li­ser, même impar­fai­te­ment, les artistes qui sont télé­char­gés et répar­tir une taxe/licence glo­bale au pro­rata. Qui plus est, dans le cas d’une licence glo­bale, obte­nir la col­la­bo­ra­tion des gros tra­ckers bit­torent ne serait pas très difficile.

    Demain, grâce à Hadopi, tous les réseaux seront cryp­tés, plus moyen de voir quoi que ce soit, com­ment se cal­cu­lera la répar­ti­tion ? (hint : en espion­nant les com­mu­ni­ca­tions de tous les Français ?)

  47. Fred

    tu l’ass déjà et on en a déjà parlé plus tôt. En quoi Hadopi va faire abou­tir à ça :
    “indus­trie du disque avec Hadopi, c’est le sub­ven­tion­ne­ment et un contrôle de la culture par l’Etat. Une situa­tion peu enviable dans laquelle se trouve la presse aujourd’hui (mais bon, je m’égare) ”
    (Pour la presse, elle était en crise BIEN avant le web :-D)

  48. Fabrice Epelboin

    oublie la presse, le rai­son­ne­ment est assez simple : aujourd’hui, on peut faire une licence glo­bale juste, demain, avec les usages qui vont évoluer suite à Hadopi, ce ne sera plus fai­sable tech­nique­ment. Ce sera le reigne de l’arbitraire.

    Une bonne nou­velle pour les dis­tri­bu­teurs, pas mal aussi pour les pro­duc­teurs, pour les artistes, c’est une autre histoire.

    Pourquoi crois tu que les artistes anglais se rebellent ?

  49. Fred

    Les artistes anglais n’ont pas le même écosy­tème et ne sont pas confronté à la meme situa­tion. Ca s’export tout suel un artiste anglais. On est sur un rap­port busi­ness plus fort par tra­di­tion. Les artistes sont­plus impliqué dans leurs dev.
    Bon, non de non, tu n’a pas répondu à cette satan­née ques­tion : En quoi Hadopi va abou­tir au “c’est le sub­ven­tion­ne­ment et un contrôle de la culture par l’Etat”
    Tu dis que tu es d’accord avec moi. Explique moi, je ne com­prends pas.
    Enfin, si on passe d’une Hadopi à une Licenec glo­bale, toutes les meusre de cryp­tage vont dis­pa­raitre natu­rel­le­ment car inutile. C’est l’évolution non ?

  50. Fabrice Epelboin

    Ha, je vois où tu bloques…

    Non, en fait, non. Si on passe dans un sys­tème de sur­veillance géné­ra­li­sée pen­dant des années, puis à une licence glo­bale, crois tu sérieu­se­ment que les gens vont arrê­ter d’être para­nos sur la sur­veillance sous pré­texte que le déclen­cheur ins­tru­men­ta­lisé de celle ci, le “pira­tage” de la musique, a enfin réa­lisé que cette stra­té­gie le menait dans une impasse ?

    Du tout. La pra­tique des échanges crypté res­tera. Encore une fois, pas de retour en arrière. Désolé de te décevoir.

    Si tu as suivi les débats à l’assemblée, tu aura par ailleurs noté que les pro Hadopi admettent qu’il fau­dra pas­ser à la licence glo­bale dans quelques années, manque de pot, ils per­sé­vèrent à consi­dé­rer que les usages inter­net sont dic­tés par la législation.

  51. AbriCoCotier

    Arf, les mesures de cryp­tages vont dis­pa­raitre ? Hé non, puisque c’est le graal de l’informatique, de tout cryp­ter. Donc actuel­le­ment, on a du mal à faire bou­ger les choses, mais lorsque HADOPI y aura contri­bué, le retour en arrière sera impos­sible. A la limite, c’est un des points posi­tifs d’HADOPI.

    Le point néga­tif, c’est qu’à l’heure actuelle, les pédo­philes sont encore rela­ti­ve­ment pis­tables car n’utilisant pas tous les réseaux cryp­tés : HADOPI leur fera com­prendre que désor­mais, il faut pas­ser au niveau supé­rieur de la tech­no­lo­gie. Un peu comme quand on fait la chasse aux petits dea­lers pour éradiquer la drogue : c’est pure­ment improductif.

  52. Fred

    @ Abricotier Oui. Je pense que les pédo­philes savent déjà qu’ils doivent se crypté. Ils sont dévient sexuel, pas gros débile.

    @ Fabrice
    “tu sérieu­se­ment que les gens vont arrê­ter d’être para­nos sur la sur­veillance sous pré­texte que le déclen­cheur ins­tru­men­ta­lisé de celle ci, le “pira­tage” de la musique,”
    Si ce ser­vice est payant, oui, ils vont faire un retour en arrière. enfin, on en peut pas faire des plans sur la comètes d’un com­por­te­ment d’un public face à une nou­velle régle­men­ta­tion dans x années sans savoir si la loi Hadopi sera (en plus) adopté et mise en place d’ici là.
    Les usages à Internet sont dic­tés par quoi alors ? Ou s’arrête le légal sur le web ? 

    Par contre, tu ne répond pas à ma ques­tion non de non :
    En quoi Hadopi va abou­tir au “c’est le sub­ven­tion­ne­ment et un contrôle de la culture par l’Etat”

  53. Fabrice Epelboin

    Si, on peut faire des pré­dic­tion, c’est même un métier, cela s’apelle faire de la pros­pec­tive, des gens comme Damien Douani et moi même qui écri­vons dans rww sont payés pour cela.

    Il n’estpas ques­tion d’arrêter de faire du légis­la­tif sur le web, mais pen­ser que le faire va modi­fier les com­por­te­ment est idiot.

    8 mil­lions de Français fument de la marijuana, à ma connais­sance, c’est illégal.

    Par ailleurs, le ser­vice de cryp­tage du P2P (et d’autres choses) n’est pas payant, c’est aujourd’hui une option peu uti­li­sée (et que peu de logi­ciels de P2P ont inté­gré d’ailleurs), mais tu peux être cer­tain que les futures ver­sions des logi­ciels ‘clients’ de P2P auront tous cette option acti­vée par défaut.

    Pour la réponse à ta ques­tion, s’il te plait, relis mes pré­cé­dentes réponses, c’est clair, même si je m’efforce de sim­pli­fier le rai­son­ne­ment, je ne peux pas plus le simplifier :

    1) aujourd’hui, ce qui tran­site par les réseaux P2P est assez facile à voir (va jeter un oeil à un tra­cker, tu verra de quoi je parle). En cas de mise en place d’une licence glo­bale, on pour­rait par ailleurs obte­nir des chiffres pré­cis de la part des gros tra­ckers qui n’auraient aucune rai­son de ne pas coopé­rer dans la mesure où ces don­nées seraient ano­nymes (en gros, on leur deman­de­rait de don­ner un hit parade des titres télé­char­gés en France). Ce n’est pas facile facile, mais c’est faisable.

    2) Post Hadopi, tout le monde va contour­ner le sys­tème, soit en site de down­load du type RapidShare, soit en P2P crypté, soit en autre chose, les solu­tions ne manquent pas. Tout sera caché, invi­sible, per­sonne, même les sites comme ThePirateBay ne sera en mesure de voir le moindre chiffre et de dire quels sont les artistes qui sont télé­char­gés, et dans quel proportion.

    3) post post Hadopi : arri­vée de la licence glo­bale, com­ment, sur quels chiffres, va-t-on répar­tir l’argent de la licence glo­bale ? Certainement pas sur une réa­lite de la consom­ma­tion réelle de ces artiste. Qui va déci­der de tout celà ? L’Etat ? Une alliance des majors et de l’Etat ? Les orga­nismes de répar­ti­tion de droits ? Et sur quels critères ? 

    Il n’y aura d’ici là aucune solu­tion pour le faire de façon juste, on a toutes les chances de voir les indus­triels se par­ta­ger le gateau et les artistes être les din­dons de la farce, non ?

  54. Fred

    Je ne pense pas qu’on fasse de la pros­pec­tive avec nos petits échanges ami­caux via se blog (je me trompe peut-être) c’est mai­gri­chons en don­nées non? Tu dois bien être placé pour le voir.

    Tu alors m’expliques pourquoi The pirate bay, les ultra Libertaires qui ne cher­chaient pas à faire (beaucoup)de biz lance une solu­tion de cryp­tage payante ? Elle pou­vait être gra­tuite non ? On est pas sur un nou­veau mar­ché et un enjeu majeur du web de demain ? le busi­ness de celui qui regarde et le busi­ness de celui qui se cache ?

    Quand (enfin) à la réponse à ma ques­tion, oui, ça ce tient.
    Dans le point 3, tu oublies les solu­tions alter­na­tives. Comment on mesure ça ? 

    On doit pas­ser par une sur­veillance des fichiers échan­gés pour que la licence soit juste. Que ce soit à la source via les tra­cker sur P2P ou bien via d’autres sys­tème au niveau de la connexion de l’internaute ou ailleurs (je ne sais, y a plein de chose à créer à ce niveau là).
    Tu dit qu’avec la géné­ra­li­sa­tion du cryp­tage (conséquence logique d’Hadopi) les sites de P2P n’ont aucune rai­son de coopé­rer. Mais si c’est par obli­ga­tion légale et pour une bonne répar­ti­tion de la licence glo­bale, qu’est ce qui jus­ti­fie ce blo­cage ? Si les uti­li­sa­teurs se pré­sente comme des per­sonnes res­pec­tant la créa et les artistes, pourquoi cryteront-ils leurs réseaux ? Je ne suis pas un pro (comme toi) en pros­pec­tive mais je trouve ça un peu trop catégorique.

    Tu a 10000000000 fois rai­sons sur ce point et je te rejoins à 100% sur ça, c’est le coeur, la force, l’enjeu pre­mier de la licence glo­bale, c’est le mode de répar­ti­tion. Et là, actuel­le­ment, (vu que c’est mon taf, tu peux me croire) pas grand monde est prêt pour cette discussion. 

    C’est Ubuesque mais il faut l’échec de HADOPI pour faire la tran­sis­sions. Y a pas trop de solu­tions de point là. Sans comp­ter le coût de mise en place. Sur un mar­ché qui vit de 75 à 80% du phy­sique, per­sonne n’est prêt de mettre la main à la poche pour payer la fac­ture. Sérieux, tu vois une solu­tion à ce niveau là ? on dit “pouce!”, fini le mar­ché libre (même si il est pour­ris), on fait un pot com­mun et on répar­tit sui­vant les down­load. Sans par­ler de l’harmonisation des meta­da­tas sur les sites. en plus, c’est tirer une balle dans le pied aux sites de musiques qui se mettent en place…Tu vas dire à itunes et consort “merci les gars mais c’est sans vous” gros bisous.
    meme si, et c’est évident, de nou­veau busi­ness peuvent naitre avec la licence glo­bale (au niveau de la reco sur­tout) mais des petits busi­ness pas for­ce­ment costaud.

    On tend plus vers une licence glo­bale de type privé. Ça conserve les rap­ports de force lié au mar­ché qu’il y a dans le mar­ché (même si c’est pas une bonne chose) du coup les acteurs sont prêt, ça donne de la diver­sité de l’offre, on ne rajoute pas une taxe (c’est pas popu­laire, une taxe, en l’oublions pas, 100% des français ne sont pas connecté ni 100% des français écoutent de la musique)

    La licence glo­bale est peu pro­bable. Des ver­sion “privé ” l’est plus. Des solu­tions alter­na­tive (taxe sur fai pour finan­cer la prod géré par une société d’auteur SANS auto­ri­ser le P2P) est plus que pro­bable.
    Si par contre tu trouve la solu­tion pour inté­grer un mar­ché dans un sys­tème de licence glo­bal, je suis preneur. 

    Je ne suis pas contre la licence glo­bale, juste que c’est pas gérable dans le mar­ché de musique tel qu’il est. (sans par­ler des détails de mise en place (recoltes d’infos, taux, répar­ti­tion qui sont, on des d’accords des enjeux qui peuvent trou­ver de bonne solu­tions aisément)

  55. Fabrice Epelboin

    Nan Fred, la pros­pec­tive je la fais dans mes billet, et tu y trou­vera la même ana­lyse (pas dans celui ci, relis les autres trai­tant du sujet, ainsi que l’interview du pro­fes­seur de l’ENST qui a le même avis peu ou prou.

    ThePirateBay ne sont pas tant des oies blanche que tu veux bien le croire, ils gagnent des mil­lions avec la pub, par ailleurs, ils ne pro­posent pas de réseau crypté (tech­nique­ment, ce n’est pas au niveau du tra­cker que cela se passe mais au niveau du client), ils pro­posent un VPN, cela n’a aucun rap­port. Encore une fois, plu­tot que de t’aventurer dans de l’analyse tech­nique, fais nous un mini­mum confiance, tu te doutes bien que si on racon­tait des conne­ries, on se ferait immé­dia­te­ment tom­ber des­sus par la com­mu­nauté des techos qui nous lit (et qui nous cor­rige quand on dit des conne­ries d’ailleurs).

    La sur­veillance d’échange crypté ne ser­vira a rien, on a tout juste la puis­sance de cal­cul neces­saire pour envi­sa­ger de décryp­ter cer­tains échange, mais tous les échanges, c’est abso­lu­ment impos­sible. La sur­veillance telle qu’elle est (mal­heu­re­se­ment) envi­sa­gée ne pourra se faire que sur des échanges non cryptés.

    La sur­veillance au niveau des postes (de nos ordis), c’est flip­pant mais Dieu merci, les spé­cia­liste (là encore, je te ren­voi sur l’interview de ce prof de l’ENST) estiment le cout à plu­sieurs mil­liers de dol­lars par poste. Donc ca me semble dif­fi­cile (sans comp­ter la réac­tion du public, bien sûr, mais cela, de toute évidence, ne semble pas te poser de pro­blème, tu as du beau­coup appré­cier 1984 d’Orwell)

    Ce que tu appelle la licence glo­bale de type privé ne concerne que 6 à 7% de la consom­ma­tion réelle de musique sur le web. Elle fait l’impasse sur le P2P dont la pro­por­tion dans les échange aug­mente d’année en année. Là encore, on est loin d’une solu­tion juste.

    Enfin, tu met le doigt sur un truc réel, il faut l’echec d’Hadopi pour pas­ser à la licence glo­bale, et l’Hadopi la ren­dra impos­sible à mettre en oeuvre. C’est le para­doxe que je dénonce. Ouf. On y arrive.

    Conclusion : prendre le temps de mou­rir, ou se cou­per une jambe tout de suite ?

  56. Fred

    Merci pour l’éclairage tech­nique. tou­te­fois, c’est (a moi­tié ) sur­pre­nant de voir ce ser­vice de VPN payant chez TPB.

    “La sur­veillance au niveau des postes (de nos ordis),” Je suis ras­suré que tech­nique­ment ça ne puisse pas abou­tir. Là aussi, je lis tes apports tech­nique avec beau­coup d’attention

    Je ne pense pas que les pro­blèmes tech­nique à la mise en place d’une LG ou LG’like en post Hadopi soit un vrai pro­blème. Ça se résous la tech­nique non ? Par contre (et la musique est encore sacri­fié pour la cause) le web se retrouve sous la pres­sion d’une forme de régu­la­tion pas­sant par “la sur­veillance” des flux et/ou des “échanges” au sens large. le fameux mini­tel 2.0 qui a beau­coup de par­ti­sans dans le phy­sique et dans le web. Ce qui e cha­grine c’est que ces enjeux dépasse la musique au la main et le sec­teur passe encore pour des cons, des voleurs des salaud et tout ce que tu veux.
    De plus, une offre de télé­char­ge­ment gra­tuite et légale et les P2P perdent de la vitesse. Faut trou­ver et mettre en place la for­mule qui per­met ce prin­cipe. (un peu à la Airtist ou TOP100.cn) Ca passe par la pub et donc seul des grandes agences de pub du web peuvent se le per­mettre (et encore, si le mar­ché local est “réac­tif”). Si éthique­ment là aussi une bonne vieille LG est à pré­fé­rer, je ne voit pas quel lobby pourra la por­ter et la mettre à exécution. 

    Tout ça dépasse le ridi­cule petit lobby minable de la musique qui n’impressionne que 2 pin­gouins (le ciné est 1000 fois plus puis­sant mais c’est la musique en pre­mière ligne) qui mène à la baguette toute cette stra­té­gie.
    Avec une LG incom­pa­tible dans l’état avec le mar­ché de la musique, tu vois dans quelle situa­tion se trouve le sec­teur. Le cul entre 2 chaises, en pre­mière ligne et ne com­prend pas tout..Sauf ses métiers d’édition, de pro­duc­tion de dis­tri­bu­tion et de pro­mo­tion.
    C’est pas en trai­tant de con la filière (tu ne le fais pas, je le sais bien) ou en sim­pli­fiant à outrance le sec­teur qu’on trouve une solu­tion ou qu’on apporte des réponses lisible à la crise du sec­teur (qui n’est pas née d’Internet mais ça on pourra en par­ler autour d’un café)… d’où, entre autre, ce besoins de recon­nais­sance via Hadopi.
    Si la LG est, sur le papier, le plus logique à plu­sieurs point d evue, sa mise en place est un véri­table exploit qua­si­men­tir­réa­li­sable. Pourtant, sur le papier, c’est du 20/20. Y a trop de para­mètres qui se croise pour qu’une déci­sion légis­la­tive puisse lan­cer la machine LG. l’HADOPI c’est aussi pour faire le ménage en pré­pa­ra­tion de la suite.

    “prendre le temps de mou­rir, ou se cou­per une jambe tout de suite ?” = “on fait tout ce qu’on peut pour vous soi­gner” dirait doc­teur Carter dans Urgences ;-)

  57. Fabrice Epelboin

    Fred, j’aime bien nos petits échange, mais tu t’acharne à ne pas com­prendre. Non, la tech­no­lo­gie ne peux pas tout résoudre, c’est PRÉCISÉMENT cette façon de pen­ser qui va pro­voquer une telle catas­trophe, c’est cette façon de pen­ser la tech­no­lo­gie qui fait de nos poli­tique la risée des états déve­lop­pés (tech­no­lo­gique­ment) comme les States, la Corée, la Hollande, la Suède et que sais-je encore. Surveiller les échanges cryp­tés, par exemple, demande une puis­sance de cal­cul que nous n’aurons pas avant plu­sieurs décé­nies, et encore, il fau­drait ima­gi­ner que d’ici là les échanges n’augmnentent pas, or ils doublent chaque année.

    Le mini­tel 2.0 n’a aucun par­ti­san dans le web, désolé de te déce­voir, seule­ment dans le phy­sique, et essen­tiel­le­ment dans la presse papier, la musique et la poli­tique (soit pas grand monde au final), et ce ne serait appli­cable que sur un ter­ri­toire local, cela signi­fie­rait la fin de toute forme d’innovation en France, un décro­chage défi­ni­tif du pays. Tu notera que même la Chine n’en est pas là. Ceci dit, la France est en Europe, et on ne peut, Dieu merci, pas faire n’importe quoi.

    Par ailleurs, tu confonds pub et annon­ceurs, les agences ne peuvent rien pour toi, désolé.

    Ceci dit, tu semble avoir com­pris que le temps n’était pas du coté de l’industrie du disque, que prendre du temps aujourd’hui, c’est néces­sai­re­ment mou­rir demain, il y a urgence. Si tu com­prends quoi que ce soit à l’écologie, c’est exac­te­ment la même situa­tion. Ton indus­trie aujourd’hui se rend com­plice de la mise en place d’un future dic­ta­ture numé­rique (non, pour être par­fai­te­ment hon­nête, elle se fait ins­tru­men­ta­li­ser, mais au final, d’ici 5 ans, per­sonne ne fera la différence).

  58. Dafide

    Actuellement en M2 pro­gram­ma­tion et déve­lop­pe­ment, je ne pré­ten­drai pas tout savoir des solu­tions tech­niques dis­po­nibles, ni être un spé­cia­liste des pro­to­coles réseaux et/ou de sécurité.

    Cependant, de par mes connais­sances en infor­ma­tique et de celles de la tota­lité des gens que je connais, j’irai dans le sens de Fabrice Epelboin qui a enfin sou­levé un point clé que je n’ai pas vu sur les autres forums et posts que j’ai par­couru sur le sujet, à savoir les pro­blèmes tech­niques de sur­veillance des machines et du réseau…

    Les pro­to­coles cryp­tés sont irré­mé­dia­ble­ment indis­pen­sables aujourd’hui:
    –> même si ce n’est qu’un exemple (parmi un très grand nombre): accé­dez à votre banque en ligne sans cryp­tage et vous ferez une sacré tête en rece­vant l’état de votre compte en banque à la fin du mois…

    On ne peut donc en aucun cas les inter­dire… quant à les décryp­ter tous… Fabrice a dit l’essentiel, c’est très pré­ten­tieux de dire qu’on va le faire en claquant des doigts pour tout échange et toute opé­ra­tion sur un ordinateur…

    Après on aura le pro­blème des logi­ciels libres… euh, dans les facul­tés on tra­vaille la plu­part du temps sous… linux, or il fau­dra autant de ver­sion du spy­ware, que de sys­tème d’exploitation… ça fait beau­coup, beau­coup de ver­sion… et ne comp­tez pas sur la com­mu­nauté des déve­lop­peurs pour déve­lop­per ça sans résis­tance… ils ont d’autres choses à faire, je pense, et ils détestent ce genre de pra­tique qui consiste à sur­veiller ce que l’utilisateur fait et à le signa­ler, du moins en géné­ral…
    Il va donc fal­loir une armée de déve­lop­peur pour déve­lop­per votre spy­ware… c’est quoi votre bud­get exac­te­ment ? Cela dit ça devrait régler en par­tie les pro­blèmes de chô­mage, si vous vou­lez une idée du nombre de per­sonne néces­saire… Enfin, à moins qu’on ne veuille que l’appliquer dans une dizaine d’année…

    Et si pour une fois, avant de faire une loi absurde sur un domaine rela­tif à l’informatique, on la fai­sait pas­ser devant une com­mis­sion de spé­cia­liste en infor­ma­tique ? En effet, entendre des poli­ti­ciens par­ler d’informatique (en étant tota­le­ment dépas­sés par la tech­no­lo­gie pour la plu­part) hérisse le poil de n’importe quel débu­tant…
    Exemple récent : “Open office est un pare­feu très performant”

    Cette tech­no­lo­gie évolue beau­coup trop rapi­de­ment pour la lais­ser sous le contrôle absolu de telles personnes…

    Arrêtez de perdre du temps en débats/lois sté­riles sans vous sou­ciez des pro­blèmes tech­niques qui ne seront pas magique­ment résolus… 

    La licence glo­bale est la seule solu­tion à mon sens qui soit “tech­nique­ment” envisageable… 

    Reste le pro­blème de l’estimation des télé­char­ge­ments et écoutes (car on est pas obligé de télé­char­ger tout pour écou­ter… cf, strea­ming audio/vidéo) et ça, ça néces­site une cen­tra­li­sa­tion du sys­tème. Car arrê­tons de se leur­rer on arri­vera jamais à se mettre d’accord au niveau mon­dial pour avoir les chiffres mon­diaux (d’autant qu’il existe beau­coup de sup­port et de pla­te­forme d’écoutes/téléchargement)… 

    Il faut donc qu’un ou des orga­nismes légaux se charge de mettre à dis­po­si­tion une offre qui soit la plus com­plète pos­sible et bien sûr, faire quelque chose qui réponde à l’attente des gens… car si (comme ça arrive sou­vent) les gens n’utilisent pas ce sys­tème, on aura pas une esti­ma­tion réel de qui on doit rémunérer…

    Mais je fais confiance au sec­teur pour inves­tir en conséquence… c’est tout de même de sa rému­né­ra­tion dont on parle et de son avenir.

    Dernière solu­tion: Ou alors on fait comme dans cer­tains pays d’Asie et on fait un inter­net local… et on filtre tout le reste. Mais là on s’expose à d’autres pro­blèmes dont je vous laisse juge: autar­cie, limi­ta­tion de la liberté d’information et d’expression…

    Voilà…

    Ps: Après relec­ture, je tiens à pré­ci­ser une chose, je ne dis pas qu’aucun poli­ti­cien ne connait rien en infor­ma­tique… je dis juste qu’ils sont trop nom­breux à dire n’importe quoi… 

    ET je ne juge pas cela… car même en s’y connais­sant, ce milieu évolue beau­coup trop vite… res­ter à la page est un bou­lot à plein temps… et encore même ainsi, on a vite fait de se trom­per… Bref, res­tons modeste et deman­dons à DES gens dont c’est le métier (et là je ne parle pas for­cé­ment que du/des res­pon­sables qui pour­ront ne plus être à la page non plus…).

  59. Fabrice Epelboin

    @Dafide

    Juste une petite pré­ci­sion, le fameux spy­ware ne leur cou­tera pas un cen­time, c’est à toi de l’acheter, et selon la loi, il n’y a pour les déve­lop­peurs (du privé) aucune obli­ga­tion d’interopérabilité… Comme quoi, il doit y avoir deux trois mecs com­pé­tent en tech­no­lo­gie quelque part, en tout cas, pour rédi­ger cet amen­de­ment par­ti­cu­liè­re­ment tordu.

    Les facs vont-elles pas­ser leurs machines Linux sous Windows ? Rien qu’à l’idée d’imaginer la tête des profs d’informatique à qui on va annon­cer ça, je me marre !

  60. AbriCoCotier

    @Fabrice : Je ne connais­sais pas c point, et je le trouve par­ti­cu­liè­re­ment vicieux. La loi est-elle faite pour être juste, ou vicieuse ? J’ai mon idée là-dessus, mais à l’évidence, tout le monde ne la par­tage pas.

  61. Fabrice Epelboin

    En même temps, c’est le genre de truc qui va réel­le­ment se régler à Bruxelles. La vrai bataille, c’est à Bruxelles qu’elle va se mener…

    Ce n’est qu’un début /-)

  62. JCC

    Votre très inté­res­sante conver­sa­tion m’as ins­piré une (pas si petite) syn­thèse et l’ouverture de quelques réflexions.

    Depuis main­te­nant 10 ans, Internet a modi­fié pro­fon­dé­ment le rap­port de force com­mer­cial entre les éditeurs de pro­duits cultu­rels et leur public. La muta­tion au tout inter­net, retar­dée autant que pos­sible, parait aujourd’hui aussi iné­luc­table qu’imminente.

    Pourtant les acteurs en place semblent encore frei­ner des deux pieds pour ralen­tir le cou­rant (voir hadopi). Comment s’inscrit cette démarche au sein de l’évolution du réseau ?

    C’est pour­tant mal com­prendre l’évolution actuelle, dans un mar­ché écono­mique jusque la dominé par une offre for­ma­tée, limité a cer­tains lieu de vente, dans le temps, et poussé par un matraquage publi­ci­taire, est arrivé un élément qui allait tout chan­ger, comme une liberté retrouvée.

    Le pira­tage arrive, et tout d’un coup le consom­ma­teur dis­pose d’une pro­fu­sion sans pareille de titres. Internet a rendu, en moins de 10 ans, l’offre en maga­sin, obso­lète, non que celle ci soit tota­le­ment inutile mais prin­ci­pa­le­ment parce qu’elle dis­tri­bue au final très mal ses cata­logues, et que son modèle écono­mique n’est plus adapté aux évolu­tions des besoins.

    De quelques dizaines de cassettes/cd les col­lec­tions se sont éten­dues a quelques cen­taines, sinon mil­liers d’albums en mp3, les gouts se sont élar­gis, éten­dus, ont englo­bés des ter­ri­toires jusque la inconnu, déve­lop­pant le gout, la curio­sité et l’exigence de qua­lité. Internet a per­mis a la culture musi­cale de s’étendre à une échelle inédite, sans que les éditeurs y soient asso­ciés, car ils n’ont jamais été pré­cur­seurs ni même présents.

    L’offre n’as jamais été aussi impor­tante qu’aujourd’hui, elle a fait redé­cou­vrir au consom­ma­teur la liberté. Liberté d’écouter ou non, les mor­ceaux de son choix, de son gout, dans n’importe quel lieu, n’importe quand, par n’importe que moyen, et sur­tout pour presque rien. Ce n’est plus le sys­tème d’avant ou l’on ne pou­vait écou­ter tel ou tel artiste que si l’on accep­tait de cou­rir un risque a ache­ter direc­te­ment un album, et d’aimer ou pas. C’etais dif­fi­cile le mar­ché n’était pas trans­pa­rent, pour insis­ter, le modèle était impar­fait, et ne se rap­pro­chait que modé­ré­ment des attentes nou­velles mais aussi latentes des client.

    Le modèle écono­mique d’internet c’est celui du pécheur sur son bateau, jusque la notre pécheur péchait au filet dans un petit étang rame­nant tout ce qu’il pou­vait, tout en sachant qu’il était loin de pou­voir pécher tout le pois­son dis­po­nible, et main­te­nant il doit apprendre a pécher a la ligne, mais dans un océan immense qui ne cesse de gran­dir, c’est Internet. Pour le moment la pêche n’est pas satis­fai­sante, parce que d’une part l’océan n’est quand meme pas assez grand pour faire le grand saut, et que d’autre part ses moyens de pèches ne sont pas adaptés. 

    Pour être plus concret la vente de musique en ligne repré­sente envi­ron 7% de l’ensemble actuel­le­ment en France, contre près de 30% aux États Unis. Il est a peu prés cer­tains que dans les 5 ans qui viennent plus de 50% du chiffre d’affaires sera repré­senté par Internet. On l’as bien com­pris, pour le sys­tème de dis­tri­bu­tion phy­sique, la messe est dite, faute de valeur ajou­tée perçue, c’est ter­miné, mais avec elle s’envole la plus lourde charge sur les couts de l’édition actuelle (40%).

    C’est sans doute un moment his­to­rique, une fenêtre qui s’ouvre sur un chan­ge­ment de la répar­ti­tion des droits entre artistes (5%!!) et pro­duc­teurs. L’opinion est aujourd’hui de leur coté, ca ne durera pas si la dia­bo­li­sa­tion des consom­ma­teurs qui oppose inter­nautes et artistes conti­nue d’être orches­trée.. y com­pris par le minis­tère de la culture, ce qui est assez incompréhensible.

    Finalement dans l’océan qui est le notre, le pira­tage est l’élément qui va élimi­ner la dis­tri­bu­tion de l’équation, sur­ement pas l’artiste et le pro­duc­teur qui ont démon­trés que leur métier conti­nue d’etre néces­saire dans une eco­no­mie 2.0. Alors pourquoi tant d’inquiétudes ? Tout sim­ple­ment pour assu­rer la tran­si­tion. C’est dans ce contexte qu’intervient l’adoption de la loi Hadopi.. C

    Commençons par enfon­cer les portes ouvertes

    L’Hadopi ne sera jamais appliquée !, c’est assez évident lorsque l’on constate le nombre de failles juri­diques, tech­no­lo­giques et consti­tu­tion­nelles qui n’ont volon­tai­re­ment pas été cor­ri­gées (l’occasion en a été donné mainte fois via des amen­de­ments reje­tés). Il s’agit a l’évidence de jouer sur le ter­rain de la com­mu­ni­ca­tion plu­tot que celui de la loi, la peur de se faire prendre, pour­suivre etc.… L’objectif n’est pas d’avoir une loi appli­cable mais de faire peur, l’objectif affi­ché est de limi­ter le pira­tage, en réa­lité il n’en est rien. Le pira­tage n’est pas du tout l’élément essen­tiel qui impacte sur l’activité, il ne la touche que mar­gi­na­le­ment. Car il y a un dan­ger encore plus grand.

    Le but non avoué est prin­ci­pa­le­ment de mettre fin à l’idée de licence glo­bale, tota­le­ment reje­tée par les pro­fes­sion­nels. Historiquement, le pira­tage sur inter­net a connue de mul­tiples tech­no­lo­gie, de mp3.com a emule, puis bit­torent, et demain les réseaux chif­frés et ano­nyme. Revenons en jus­te­ment aux réseaux chif­frés, tout ce qu’il leur manque pour réus­sir c’est l’unification autour d’un logi­ciel pour obte­nir une masse cri­tique d’utilisateurs per­met­tant de pas­ser d’un sys­tème a l’autre, tout aussi riche mais cette fois ci masqué, la tech­no­lo­gie est aujourd’hui dans sa der­nière phase tech­nique avant un déploie­ment mas­sif, et l’hadopi est défi­ni­ti­ve­ment l’impulsion qui manquait pour fran­chir le der­nier pas.

    En effet, si aujourd’hui il est encore pos­sible tech­nique­ment d’aggreger les chiffres de télé­char­ge­ment sur un cer­tains nombre de grands sites tor­rent et de défi­nir ainsi la rénu­mé­ra­tion d’un artiste en fonc­tion d’une quote part de la licence glo­bale, ce sera défi­ni­ti­ve­ment ter­miné demain (c’est a dire dans quelques mois au plus), ou pour être très clair, il ne sera plus pos­sible du tout de savoir qui télé­charge quoi, ni com­bien de fois.

    Mais alors si l’on ne sou­haite pas la licence glo­bale, quel est le but poursuivi ?

    Globalement on pour­suit encore une chi­mère, ou l’on feint de le faire, qui semble ména­ger tout le monde, celle de faire per­du­rer le modèle actuel, en fai­sant de la chasse a l’internaute “mal­veillant” en oubliant pour de bon que l’on pour­suit des clients que l’on ne sait pas satisfaire. 

    Ceci afin d’avoir le temps de mettre en place des “licences glo­bales” mais pri­va­ti­sée de fait limité a quelques sites, ou quelques asso­cia­tions avec des four­nis­seurs d’accès, ceux des grands majors, et sin­gu­liè­re­ment en France, celle d’Universal, en ayant élimine de l’équation le minis­tère de la culture, qui risque­rait par trop d’intervenir de manière bru­tale dans l’écosystème (on se sou­vient sans doute de l’impact du prix unique du livre, posi­tif cultu­rel­le­ment, mais conser­va­teur écono­mique­ment) si un chan­ge­ment poli­tique avait lieu, ou si déci­dé­ment les choses allaient trop mal, d’établir une licence glo­bale. Hors celle ci serait trop bru­tale, du jour au len­de­main elle met­trait fin à la vente physique.

    De fait, le chan­ge­ment de dis­tri­bu­tion va pro­duire de lourds dégâts dans ce sec­teur, on ne passe pas de la loco­mo­tive a vapeur à celle élec­trique sans qu’il n’y ait sur le che­min d’innombrables faillites, aujourd’hui 75% du CA est toujours lié au phy­sique, mais plus pour long­temps, si n’y a pas d’adaptation il n’y aucune rai­son de pen­ser que les majors seront encore vivante dans 5 a 10 ans, il est temps pour les petits pécheurs de choi­sir leur bateau, avant qu’il n’y en ai plus.

    Alors c’est un pari sur l’avenir bien entendu, même si c’est risqué, le risque absolu, c’est de voir aux com­mandes de la culture française des géants comme Orange, Google ou Apple qui si per­sonne ne fait rien, auront très vite réa­lisé que l’acquisition de contenu est fina­le­ment infi­ni­ment peu cou­teux par rap­port a leur puis­sance que cela leur donne.

    Une fois ce cap passé, le champs est immense, celui d’un age d’or cultu­rel, car enfin la créa­tion dis­po­sera du bon medium, de la bonne forme de dis­tri­bu­tion per­met­tant, de tou­cher plus de monde, plus pro­fon­dé­ment, de mieux explo­rer les ten­dances, de béné­fi­cier de toute la pro­fon­deur des cata­logues. On en arri­vera alors a ce moment, avec une dras­tique réduc­tion des prix équi­va­lente à celle du pas­sage des moines copistes a Gutenberg, et une explo­sion de la rému­né­ra­tion des artistes et des pro­duc­teurs, un ensemble beau­coup plus grand de la popu­la­tion, sui­vra a ce moment la, le che­min ouvert par leurs ainés, explo­ra­teurs stig­ma­ti­sés jusque la, la décou­verte de la liberté et le bon­heur apporté par la créa­tion est un che­min sans retour arrière, res­sort pro­fond et véri­table de l’âme humaine.

    Un mar­ché avez vous dis ? pas seule­ment et heureusement !

  63. Dafide

    @Fabrice : Il va bien fal­loir le déve­lop­per ce spy­ware, il va pas tom­ber du ciel… 

    Je n’avais pas com­pris qu’ils lais­saient ça à… nos chers opé­ra­teurs… On va donc bien rigo­ler! Certains ont déjà du mal à faire du net cor­rec­te­ment… et pour quelle effi­ca­cité réelle au final… 

    Non, je ne pense toujours pas qu’il y ait des gens com­pé­tent qui ait pondu cette loi tordu, ils vont nous pondre des spy­ware obso­lètes, qui vont juste rendre plus com­pliqué l’accès inter­net pour le com­mun des internautes.

    Tiens, je pro­pose à Que choi­sir d’attaquer tout de suite et par avance tous les opé­ra­teurs pour une fac­tu­ra­tion abu­sive d’une connec­tion inuti­li­sable. Je pré­dis, en effet, tel Nostradamus, beau­coup de refus de connec­tion à la mise en place de cha­cune des ver­sions de leurs spy­wares… ça c’est de la pré­vi­sion de bug!

    Pour la muta­tion de l’économie, je suis assez d’accord avec ce qui a été dit… mais j’ai un peu observé les sites qui se lient à des artistes… je n’ai hélas pas l’impression que ce soit très viable écono­mique­ment à grande échelle pour l’instant.

    Il se peut donc fina­le­ment que le modèle prenne un peu de temps à se mettre en place et qu’on soit pris à revers par la vraie solu­tion comme à chaque fois… la “licence glo­bale” que j’entendais n’était d’ailleurs pour moi qu’une solu­tion inter­mé­diaire… on est dans un pro­blème mon­dial et donc l’équilibre va quoiqu’il arrive se faire tout seul et bien sûr sur le net, pas dans une cour de justice !

    Donc au revoir les majors ? Ca, j’en sais rien, mais il va leur fal­loir une sacré carte pour atteindre les indes dans cet Océan!

    @JCC: Par contre, fais gaffe, la fin de ton der­nier post ça vire à l’utopie ou à la quête spi­ri­tuelle, ça a cepen­dant le mérite de sou­li­gner un point posi­tif que tout le monde a ten­dance à oublier avec cette his­toire… l’ouverture de la culture. Même si le pro­blème de la rému­né­ra­tion est loin d’être réglé.

  64. JCC

    @Dafide

    Je par­tage vos impres­sions sur l’installation d’un spy­ware (ce n’est rien d’autre d’ailleurs !) sur une machine.

    Pour autant une solu­tion logi­cielle n’est pas la seule solu­tion. La brèche ouverte par cette loi va per­mettre l’émergence de nou­veaux for­faits com­mer­cia­li­sés par nos chers opé­ra­teurs “inter­net sécu­rise hadopi” + 1 – 5 euros par mois, il suf­fit pour s’en convaincre d’observer ce qui est actuel­le­ment fait par Orange pour les filtres anti-spam, et les “fire­wall inté­grés”, com­mer­cia­le­ment c’est tout a fait envi­sa­geable, plus hypo­cri­te­ment cela peut aussi prendre sa place au sein d’un “contrôle paren­tal étendu”. Bien évide­ment ces sys­tèmes ne feront pas dans le détail, fil­trage de sites, et fil­trages pro­to­co­laires, inter­dic­tion de cer­tains cryp­tages (hors ssl ban­caire), etc, etc.

    Cela pose le pro­blème, à nou­veau, d’une évidente atteinte à la neu­tra­lité de ces mêmes four­nis­seurs de tuyau, qui ne pour­ront plus uti­li­ser cette neu­tra­lité comme défense juri­dique, cela dis, tant que cette solu­tion n’est pas impo­sée (mais for­fai­taire et option­nelle), on pourra dif­fi­ci­le­ment les attaquer sur ce ter­rain la, il en serait tout autre­ment si par aven­ture, l’opérateur livrait ses box avec des sys­tèmes inté­grés et non desac­ti­vables imposé par la loi. Faut il s’inquiéter que l’échec pré­vi­sible d’une solu­tion logi­cielle nous entraine legis­la­ti­ve­ment sur ce deuxième terrain ?

    Je crois plu­tôt que l’opportunisme, ou le prag­ma­tisme com­mer­cial de ces opé­ra­teurs finira par voir l’apparition d’un inter­net ano­nyme, avec masquage d’ip et chif­fre­ment de bout en bout, pour 5 euros par mois dans un pre­mier temps, puis qui finira par être com­pris dans l’abonnement de base. C’est actuel­le­ment ce qui com­mer­cia­lisé par des opé­ra­teurs externes. Il n’y a d’ailleurs pas beau­coup d’autre solu­tions si l’État veut pou­voir encore conti­nuer à sur­veiller le réseau pour des rai­sons de sécurité.

    Pour en reve­nir au carac­tère uto­pique et quasi mys­tique de la fin de mon pré­cé­dent post, après relec­ture, je suis assez d’accord, dis comme cela, ça parait assez bru­tal, et sur­tout exces­sif. Et sans doute faut il expliquer ce qui m’amène à pen­ser qu’un age d’or cultu­rel est pos­sible. L’expression est pom­peuse, mais elle découle d’une cer­taine obser­va­tion de l’évolution récente des réseaux, et d’une réa­lité effec­tive. Comme toujours ce sont les pion­niers qui essuient les plâtres.

    L’utopie, sans doute, c’est d’estimer qu’une pos­si­bi­lité de culture entraine for­ce­ment l’élévation de la culture dans les mêmes pro­por­tions. Ce n’est pas le cas, puisqu’elle se fait sur des effets de bords, mar­gi­na­le­ment, par contre ses effets sont durables. Un exemple tout simple dans le domaine de l’information, il n’y a jamais eu autant d’information dis­po­nible, mais com­bien de per­sonnes regardent encore le jour­nal de TF1, pour­tant l’audience de celui ci s’effrite d’années en années. De fait, il y a une dimi­nu­tion du temps passé devant une télé­vi­sion depuis qu’Internet existe, ce der­nier repré­sente plus de 44% du temps libre passé par les jeunes amé­ri­cains, temps infi­ni­ment supé­rieur a ceux de leurs ainés 10 ans aupa­ra­vant. De fait, les chan­ge­ments humains sont moins rapides que ce la tech­no­lo­gie nous apporte, même si elle en est l’instrument effec­tif. Mais mêmes ralen­tis, ils ont bien un effet durable.

    Pour autant, dans 200 ans, lorsque les his­to­riens se pen­che­ront sur notre actua­lité, ils remarque­ront cer­tai­ne­ment ce phé­no­mène pour l’information. Finalement tout est une ques­tion d’échelle d’observation, et la rapi­dité bru­tale de la crois­sance d’internet nous laisse a pen­ser qu’une crois­sance expo­nen­tielle de la culture est pos­sible en quelques années, est ce une uto­pie ? Je ne le crois pas, ce serait d’une part, nier l’évolution extra­or­di­nai­re­ment rapide d’internet, et d’autre part nier que la mul­ti­pli­ca­tion de l’espace cultu­rel ai réel­le­ment un impact sur la culture, de cet age d’or nous n’en sommes qu’au tout début.

    Quand au pro­blème de la rému­né­ra­tion, c’est tout autant un pro­blème d’échelle, comme vous en conve­nez, le sys­tème de dis­tri­bu­tion phy­sique est très mal adapté à de nou­velles façons de consom­mer. Très mal adapté aux humains qui sont au bout de la chaine. Il ne touche qu’un nombre limité de per­sonnes, qui sont celles sur lesquelles repose tout le sys­tème actuel. C’est un mar­ché qui repose sur la rareté.

    Le modèle d’internet est très dif­fé­rent, c’est de tou­cher tout le monde, qu’une infime par­tie par­ti­cipe au finan­ce­ment de l’ensemble, par des moyens qu’il reste à défi­nir, mais qu’au final cela suf­fise, et lar­ge­ment, pour cou­vrir tous les frais. Plus cet ensemble ini­tial est grand, et plus grand est le pro­fit, ça c’est une réa­lité, Google ne fait rien d’autre avec Adwords. 

    Nous sommes dans une phase d’expansion du “réseau de dis­tri­bu­tion” qu’est inter­net, expan­sion remarquée sur tous les sites inter­net par une crois­sance conti­nue et sur­tout méca­nique du nombre de visi­teurs. Cette expan­sion va dou­bler a tri­pler dans les 5 ans qui viennent dans nos pays occi­den­taux, et même a ce point il res­tera encore les 2/3 de la pla­nète à couvrir.

    Une fois a cette étape, une phase de conso­li­da­tion, de fusion de sites, ou de sys­tème, aura lieu. Ce n’est que dans ce sens que je com­prends la déci­sion récente des majors de déli­vrer gra­tui­te­ment via Google 350,000 titres musi­caux en chine. Elles acceptent mal sans doute d’avoir pu se libé­rer (ou d’être en phase de l’être) d’un réseau de dis­tri­bu­tion phy­sique et des couts asso­ciés (40%) pour en voir un autre, tout aussi exi­geant prendre cette place (Itunes). Marché étrange ou l’on voit que tout le monde est en train de scier la branche de l’autre… sauf si l’on se sou­vient du modèle glo­bal d’internet.

  65. Fred

    “Ceci dit, tu semble avoir com­pris que le temps n’était pas du coté de l’industrie du disque, que prendre du temps aujourd’hui, c’est néces­sai­re­ment mou­rir demain, il y a urgence”

    Rebouté par l’assemblée natio­nale, à ce rythme là, Hadopi sera signé en 2012. J’aime ce côté sur­prise avec cette loi, un vrai feuille­ton.
    Merci pour ces échanges. Je comble mes lacunes en tech­nique par ici. Au plai­sir de t’aider à décryp­ter le monde de l’édition et pro­duc­tion musi­cale. On n’est jamais trop bien informé.

  66. Petro-Museum

    bah, j’ai acheté un vieux PC sur Ebay “qui ne fonc­tion­nait plus”… Je l’ai ouvert et remis en route. Dans le disque dur, j’ai décou­vert plus de 5GO de mp3. Ensuite, j’ai fais un tour sur la page Facebook du ven­deur et j’y ai trouvé une photo de quelqu’un de visi­ble­ment très sym­pa­tique. C’est tout. Enfin non, c’est pas tout : je ne met plus mes com­po­si­tions en ligne depuis des lustres et au lieu de m’acheter des PC flam­bants neufs, je me pro­cure des PC qui ne démarrent plus… Sympa, la vie d’artiste numé­rique du XXIème siècle hein ?

  67. Fabrice Epelboin

    Ca c’est la vie d’artiste du XXe perdu au XXIe siècle numé­rique, pour aller aux XXIe, c’est par là :
    http://fr.readwriteweb.com/2009/07/18/divers/d2f-direct-to-fan/

  68. Petro-Museum

    hi hi j’y était déjà dans le XXIème au XXème…
    et le 2.0 ça me gave pas mal

    pas moyen de “zap­per” le XXIème ?
    pour pas­ser direc­te­ment au XXIIème ?

    parce que fran­che­ment 2010, 2020, 2030, 2040, 2050, 2060, 2070, 2080, 2090…

  69. Fabrice Epelboin

    pas moyen de “zap­per” le XXIème ?

    Oserais-je dire que vous sem­blez faire déjà cela à merveille ;-)

    pour pas­ser direc­te­ment au XXIIème ?

    Cryogénisation ? Mais de là à dire que vous appré­cie­rez le XXIIe… Un peu de patience, la machine a remon­ter le temps ne devrait pas tar­der, en France, tout du moins…

  70. Petro-museum

    Je suis “marqué” par Idiocraty (le film) désolé.
    Comedy ?
    Prophecy ?

  71. Petro-museum

    “Idiocracy”
    je ne sais même plus à écrire correctement.

  72. Petro-museum

    pfuu, voila ce que donne une trop grande quan­tité d’informations dans une petite tête comme la mienne…

  73. bonjour assistance informatique colmar

    @petro-museum tu parles du film réa­lisé par Mike Judge Avec Luke Wilson si oui moi je dirai quand même une comé­die il faut ces­ser d’être pes­si­miste à ce point!

7 Trackbacks For This Post

  1. Jacques Attali prévoir la fin d’Hadopi et met en garde les artistes | taggle.org :

    […] Via RRW […]

  2. Jean-Marie Gall.com :

    […] Jacques Attali pré­dit la mort d’Hadopi et met en garde les artistes by Fabrice de fr.ReadWriteWeb.com […]

  3. Hadopi, un sombre avenir pour les artistes, vive les miettes! :

    […] Via readwriteweb.com […]

  4. P. » Archive du blog » Quelques remous… :

    […] Je vou­lais juste en par­ler pour vous filer ce lien vers une inter­view de Jacques Attali qui semble fort serein quand à l’échec d’Hadopi : http://fr.readwriteweb.com/2009/03/27/entrevues/jacques-attali-predit-la-mort-hadopi-et-met-en-garde... […]

  5. Web Zapping # 23 | webjet :

    […] Jacques Attali tacle Hadopi ReadWriteWeb Hadopi : ce qui va chan­ger pour les inter­nautes Zebulon Hadopi, la fin Standblog Ce […]

  6. La Solidarité Numérique en questions | ReadWriteWeb France :

    […] de par­tage est vu la plu­part du temps comme une soli­da­rité au rabais. Pas éton­nant dès lors que les argu­ments déployés par Jacques Attali lors du débat Hadopi, qui affir­mait que l’on pas­sait à coté d’une for­mi­dable oppor­tu­nité de […]

  7. Twitter Trackbacks for Jacques Attali prédit la mort d’Hadopi et met en garde les artistes | ReadWriteWeb France [readwriteweb.com] on Topsy.com :

    […] Jacques Attali pré­dit la mort d’Hadopi et met en garde les artistes | ReadWriteWeb France fr.readwriteweb.com/2009/03/27/entrevues/jacques-attali-predit-la-mort-hadopi-et-met-en-garde-les-artistes – view page – cached Si vous ne pre­nez pas vos affaires en main, les majors fini­ront par mettre en place la licence glo­bale pour leur seul béné­fice et vous ne tou­che­rez que des m — From the page […]

Réagissez !

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leur impact sur les média, la communication et la société.

ReadWriteWeb est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio, il est publié en anglais, en français, en coréen, en espagnol, en portugais et en chinois. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.

Partenaires

hébergement infogérance Bearstech
af83



Publications

Lawrence Lessig
Culture Libre



Pierre Bellanger
La Radio IP