FlatWorld, l’éditeur de livres scolaires en libre accès lève des fonds

Flat World Knowledge a commencé avec une idée révolutionnaire : créer et publier des livres scolaires en ligne gratuitement. Son modèle économique consiste à offrir la possibilité  pour les étudiants et les professeurs de les imprimer en partie ou en totalité pour une fraction du prix d’un livre scolaire classique. En plus de cela, Flat World Knowledge propose des versions audio de ses livres, des fiches de lectures, des quizz en ligne et des tests en flash, et tout cela gratuitement.

Ce modèle économique semble avoir convaincu les investisseurs de Greenhill SAVP, High Peaks Venture Partners et de Valhalla Partner qui ont réuni 8 millions de dollars pour permettre à la startup de devenir, on l’espère, un géant de l’édition scolaire aux Etats Unis.

Si vous suivez de près ou de loin la façon dont différents marchés s’adaptent à un monde où les bien digitaux sont disponibles de façon illimitée et à la fin de l’économie de la rareté, vous savez à quel point le monde du numérique peut être disruptif, en particulier ces derniers temps pour la presse et la musique. Flat World Knowledge est, à coup sûr, le premier d’une longue série de startups dans le secteur de l’édition à chercher un modèle économique dans un marché qui ne pourra plus reposer longtemps sur le concept de rareté.

La mise à disposition gratuite de livres scolaires de grande qualité est une avancée dont on ne peut que ce réjouir, c’est un progrès pour – osons le terme – l’humanité (enfin, le monde anglo saxon, pour l’instant). Les générations futures écouterons très certainement leurs aînés leurs expliquer qu’en leurs temps, le budget annuel d’un étudiant pour acquérir des livres se comptait en centaines d’euros.

L’annonce de cette levée de fond, relativement importante de nos jours est, je vous le jure, totalement indépendante de mes écrits d’hier concernant les menaces qui pèsent sur le monde de l’édition. Elle confirme cependant à point nommé ce que j’anticipais comme la première attaque du numérique faites au monde du livre : celle du livre scolaire.

Aux Etats Unis, il y a fort à parier que de nombreuses écoles vont rapidement adopter des éditeurs comme Flat World afin de faire baisser les coûts de l’éducation particulièrement élevés. En France, on peut parier que les lobbys fasse pression pour que le gouvernement protège le secteur. Malgré tout, il y  fort à parier que des startups semblables soient elles aussi lourdement financées en France, tant la gratuité, quel que soit le modèle économique qui le supporte, est une évidence pour les livres scolaires et le marché de l’édition scolaire francophone phénoménal (France, Benelux, Afrique du Nord, Afrique Francophone, etc).

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21 commentaires pour cet article

  1. Julien

    “les bien digi­taux sont dis­po­nibles de façon illi­mi­tée et à la fin de l’économie de la rareté”

    C’est le concept qu’il est pri­mor­dial de faire pas­ser : le contenu de qua­lité n’est plus rare.

    (et c’est pro­ba­ble­ment l’attention qui devient rare, dans un mou­ve­ment inverse)

    J’en dis­cu­tais jus­te­ment récem­ment avec un client qui va créer une série de vidéos web pro­fes­sion­nelles à fort contenu infor­ma­tif. Je lui ai fait pas­ser ce mes­sage, et il l’a très bien inséré dans sa stra­té­gie de diffusion.

    Au lieu de pla­ni­fier que la “rareté”, “l’exclusivité” de son contenu sera un atout, il en pla­ni­fie la dif­fu­sion ouverte.

    Par ailleurs, ceux qui veulent conti­nuer à créer une rareté arti­fi­cielle des biens numé­riques vont contre l’intérêt général.

    Les entre­prises qui s’alignent sur l’intérêt géné­ral — et donc se déve­loppent sans miser sur la “rareté de leur contenu” — seront celles qui réus­si­ront le mieux dans les pro­chaines années…

    …le temps que les vieux mono­poles cultu­rels s’effritent.

  2. AbriCoCotier

    Pas du tout idiot le prin­cipe de cette start-up.

    Quand on sait que les livres sco­laires sont sous-utilisés, qu’ils sont renou­ve­lés extrê­me­ment sou­vent (sur­tout en ce moment, avec les nou­veaux besoins de livres légers), bref, que ça coûte très cher pour pas grand chose, on se dit que ce serait pas bête de pro­po­ser une solu­tion beau­coup moins cher. Surtout que, avec l’avènement de Wikipédia, on peut avoir accès à un cer­tain nombre de connais­sances gra­tui­te­ment, donc les nou­veaux modèles écono­miques s’appliquent plus que jamais à ce sec­teur (et Fabrice avait rai­son quand il par­lait de la révo­lu­tion du monde de l’édition, en voilà un nou­vel exemple).

  3. Jacques

    Le projet est encou­ra­geant pour la dif­fu­sion des connais­sances, et l’environnement enri­chi devrait atti­rer les utilisateurs.

    En France on a déjà quelque chose comme ça, et qui marche très bien, c’est dans le domaine de l’enseignement des maths.

    Une asso­cia­tion, Sésamath offre des “livres” gra­tuits pour les élèves, des outils pour les profs de maths, des forum, blog, lettre d’information… 

    Un modèle de modèle !

  4. Fabrice Epelboin

    Pas mal du tout… Pas de modèle écono­mique à pro­pre­ment par­ler ceci dit (ce n’est pas néces­sai­re­ment un reproche), mais une joli ini­tia­tive. Tenez nous au cou­rant des avancées.

  5. Rémi (anonyme)

    Désolé d’arriver comme un che­veu sur la soupe mais ce genre de chose existe en France depuis 3 ans. Il est vrai que cer­tains passent beau­coup de temps à regar­der le jar­din du voi­sin quitte à perdre contact avec ce qu’il peut se pas­ser chez nous. Est-ce symp­to­ma­tique d’une époque ? Je ne sais pas.

    Pour reve­nir au thème, ce genre de chose dans le domaine des manuels sco­laires s’appelle Sésamaths (voir com­men­taire de Jacques) et je trouve en plus assez réduc­teur de dire “jolie initiative”. 

    Un jolie ini­tia­tive, c’est faire les courses pour la dame agée du 2ème. Fédérer sur plu­sieurs années un vaste réseau de pro­fes­seurs, rédi­ger col­la­bo­ra­ti­ve­ment plu­sieurs manuels sco­laires (50 auteurs en moyenne), des cahiers d’exercices, mon­ter une plate-forme avec plus de 6000 ins­crits tous pro­fes­seurs et réa­li­ser 10% du mar­ché sans pub, ce n’est pas une jolie ini­tia­tive et pour quelqu’un qui suit un peu l’actu, ce n’est pas quelque chose qui passe inaperçu.

    Alors peut-être que leur site manque de mot-clés mar­ké­teux du genre : busi­ness machin, levée de fonds et tables qui tournent mais cela ne change pas le fond.

    Bref, ton post est inté­res­sant mais…il fau­drait un peu se ren­sei­gner, creu­ser le sujet (ici en France) et, désolé, ne pas se conten­ter de tra­duire ce que l’on trouve sur le net.

    Alors encou­ra­geons et aidons ce genre d’initiative ;)

  6. Fabrice Epelboin

    Rémi, 80% des conte­nus de ce blog sont écrits spé­ci­fique­ment pour l’édition Française. J’ai un peu l’habitude main­te­nant de gérer des trolls, mais habi­tuel­le­ment ils cherchent à mettre en valeur des ‘ini­tia­tives’ qui s’opposent à celles que je tente de mettre en lumière, là, ton com­men­taire, allié à son coté reven­di­ca­tif et sur­tout ano­nyme (quel cou­rage) est consternant.

    Par ailleurs, pour reve­nir sur le coté “l’herbe est plus vite ailleurs”, je parle dans ce billet d’une levée de fond de 8 mil­lions de dol­lars, à ma connais­sance (et oui, je suis l’actu), il n’y a rien de com­pa­rable en France. J’imagine que pour avoir en ta pos­ses­sion de telles don­nées, tu dois faire parti de Sésamaths, et je t’assure qu’il aurait été plus simple d’avoir de la visi­bi­lité ici que de te com­por­ter de la sorte dans les com­men­taires, en par­ti­cu­lier sur un sujet tel que les sciences et l’éducation, auquel je suis… comme dire… assez lié.

  7. Fabrice Epelboin

    Et Rémi, si tu sou­haites conti­nuer à nous insul­ter sur ce blog, ai au moins le cou­rage de le faire sans être ano­nyme, sans quoi tu n’y aura pas de tri­bune — oui, tes deux autres com­men­taires fiel­leux ont été effa­cés (tu as peur de quoi ? Seul RWW a accès à l’email que tu laisse dans le for­mu­laire, nous sommes non pro­fit en France, et vu les posi­tions que l’on prends sur ce blog (l’as tu seule­ment lu) aucune chance que nous nous met­tions à vendre des bases d’emails)

  8. Charlie

    Bonjour à tous,

    Je remer­cie les per­sonnes qui m’ont per­mis d’accéder à cette infor­ma­tion sur la liste educ@april.org.

    Il me semble bien que Sésamath soit édité par le CNDP. 

    Si l’on devait com­pa­rer avec la France, ce serait Inlibroveritas qui pour­rait s’approcher de ce modèle.

    Ce qui m’intéresse dans cette annonce, c’est l’argumentaire anti-DADVSI-HADOPI qui dicho­to­mise d’un côté les oeuvres dites pro­té­gées et de l’autre le “gra­tuit”. Comme si libre vou­lait dire sys­té­ma­tique­ment gratuit.

    L’existence de cette infor­ma­tion me per­met donc de me réfé­rer à un contre-exemple.

    Bonne conti­nuité,

    Charlie

  9. Fabrice Epelboin

    Bon, si quelqu’un de moins agres­sif que Rémi et acteur ou spé­cia­liste de l’édition eBook sco­laire sur le ter­ri­toire Français veut bien me contac­ter, on leur offrira une joli tribune ;)

  10. Fabrice Epelboin

    Sésamath — mais cela méri­te­rait des recherches appro­fon­dies — semble être une asso­cia­tion rela­ti­ve­ment indé­pen­dante, et qui a signé un nombre de par­te­na­riat impres­sion­nant

    Ils semblent crowd­sour­cer la réa­li­sa­tion des livres auprès de la com­mu­nauté des profs de maths, couvrent du col­lège au bac+5… Manque plus qu’une grosse sub­ven­tion d’Etat et un coup de pouce de l’éducation Nationale pour deve­nir un acteur de pre­mier plan de l’édition sco­laire, le tout sous licence libre et sans but lucratif. 

    En dehors d’un site web très moche, ils ont tout bon ;)))

  11. AbriCoCotier

    @Fabrice : Pas pos­sible, y’aurait pas de patte à graisser…

  12. Romain

    Je com­prends l’enthousiasme que peut déclen­cher la pers­pec­tive de conte­nus gra­tuits, et d’un modèle fina­le­ment un peu (trop?) magique. Mais je ne crois pas que la pré­dic­tion idyl­lique qui nous est faite ci-dessus se réa­lise si sim­ple­ment. Pas de cer­ti­tudes, je ne suis pas devin, juste quelques doutes sous formes de questions : 

    - pourquoi de tels modèles sont ima­gi­nés aujourd’hui, alors qu’ils auraient pu l’être depuis 50 ans ? (d’ailleurs, je ne dis pas que ça n’a pas été le cas, ma connais­sance du domaine ne me per­met pas de l’affirmer). 

    - existe-t-il aujourd’hui des exemples de conte­nus gra­tuits de qua­lité “pro­fes­sion­nelle” (je veux dire par là réa­li­sés sous la forme d’un wiki), qui aient sup­planté des conte­nus payants ? Pas léga­le­ment en tout cas. 

    - la triste réa­lité écono­mique est là : une entre­prise géné­rant moins de marge peut-elle s’imposer face à des mas­to­dontes dont la marge sert jus­te­ment à s’assurer une visi­bi­lité mar­ke­ting (publi­cité, adwords) ? 

    - en péda­go­gie, qu’y a-t-il de mieux qu’un livre avec du texte ? Un livre avec des images. Qu’il a-t-il de mieux qu’un livre avec des images ? Un livre avec des conte­nus mul­ti­mé­dias. Qu’y a-t-il de mieux qu’un livre avec des conte­nus mul­ti­mé­dia ? … et ainsi de suite. 

    Si vous sui­vez le fond de ma pen­sée, je pense que l’offre des éditeurs va se com­plé­ter, avec des conte­nus toujours plus attrac­tifs, pour com­pen­ser le mar­ché. Cela fut la même chose dans l’industrie auto­mo­bile avec les options, ou infor­ma­tique avec les offres bundle. L’utilisateur final sera gagnant for­cé­ment, cela va dans le sens de l’évolution de notre société. Mais pas for­cé­ment son porte-monnaie…

  13. Fabrice Epelboin

    Romain, vos ques­tions sont par­fai­te­ment per­ti­nentes, je vais ten­ter, si ce n’est d’y répondre, de vous dire com­ment je vois les choses évoluer vers une réponse :

    pourquoi de tels modèles sont ima­gi­nés aujourd’hui, alors qu’ils auraient pu l’être depuis 50 ans ? (d’ailleurs, je ne dis pas que ça n’a pas été le cas, ma connais­sance du domaine ne me per­met pas de l’affirmer).

    Parce que les couts de réa­li­sa­tion et de concep­tion des livres peuvent être assu­més par une col­lec­ti­vité de pro qui y dédie leur tra­vail béné­vole, mais pas celui de l’impression. Avec le numé­rique, ce cout dis­pa­rait, donc cela devient possible.

    existe-t-il aujourd’hui des exemples de conte­nus gra­tuits de qua­lité “pro­fes­sion­nelle” (je veux dire par là réa­li­sés sous la forme d’un wiki), qui aient sup­planté des conte­nus payants ? Pas léga­le­ment en tout cas.

    Sésamath est un bon exemple, non ? 4 ans après l’apparition du web col­la­bo­ra­tif à grande échelle, c’est un résul­tat encou­ra­geant. Il aura fallu com­bien de temps entre l’invention de l’imprimerie et l’encyclopédie ? Beaucoup beau­coup plus… (vous note­rez que je ne cite pas Wikipedia qui nous mene­rait à un long débat, inté­res­sant certes, mais hors pro­pos). Il existe par ailleurs de nom­breux wiki pro et libre d’accès (je n’en connais pas en Français ceci dit, mais cela doit exister).

    la triste réa­lité écono­mique est là : une entre­prise géné­rant moins de marge peut-elle s’imposer face à des mas­to­dontes dont la marge sert jus­te­ment à s’assurer une visi­bi­lité mar­ke­ting (publi­cité, adwords) ?

    Toute l’histoire des star­tups montre que oui, Google était un nain non pro­fi­table face à Yahoo à une époque.
    Par ailleurs, là aussi Sésamath (ou Wikipedia) montre que l’on peut voir une ‘concur­rence’ s’imposer face à une entre­prise sans qu’elle soit une entre­prise (dans l’open source, qui baigne dans une phi­lo­so­phie simi­laire mais avec beau­coup plus de matu­rité, les exemples abondent : Firefox face à Microsoft, Linux face à Microsoft, etc, etc).
    Une par­tie de ce qui était hier du res­sort des entre­prises pour­rait se retrou­ver dans le giron d’association, d’institutions publique ou d’entités à but non lucra­tif, et donc s’abstraire tota­le­ment de la logique économique.

    en péda­go­gie, qu’y a-t-il de mieux qu’un livre avec du texte ? Un livre avec des images. Qu’il a-t-il de mieux qu’un livre avec des images ? Un livre avec des conte­nus mul­ti­mé­dias. Qu’y a-t-il de mieux qu’un livre avec des conte­nus mul­ti­mé­dia ? … et ainsi de suite.

    Et ainsi de suite, il n’y a aucune rai­son pour que la péda­go­gie soit à l’abrit du pro­grès, non ?

    Si vous sui­vez le fond de ma pen­sée, je pense que l’offre des éditeurs va se com­plé­ter, avec des conte­nus toujours plus attrac­tifs, pour com­pen­ser le mar­ché. Cela fut la même chose dans l’industrie auto­mo­bile avec les options, ou infor­ma­tique avec les offres bundle. L’utilisateur final sera gagnant for­cé­ment, cela va dans le sens de l’évolution de notre société. Mais pas for­cé­ment son porte-monnaie…

    Oui, mais si vous sui­vez ma pen­sée, vous voyez que les entre­prises vont avoir à faire face à une concur­rence qui ne se place pas dans un cadre écono­mique (là encore, Wikipedia vs. Britannica). Et ça, ça change radi­ca­le­ment les règles du jeu. Je vais reve­nir dans les jours qui viennent sur le pro­blème du livre élec­tro­nique, so stay tuned ;)

  14. Romain

    Excusez-moi, à la ques­tion 2, il fal­lait lire “(je veux dire par là PAS réa­li­sés sous la forme d’un wiki)” 

    (autre­ment dit Wikipédia ou tout autre sys­tème col­la­bo­ra­tif, qui par leur nature peuvent dif­fi­ci­le­ment repré­sen­ter un contenu garanti)

  15. Fabrice Epelboin

    Ha, “pas réa­li­sés sous la forme d’un wiki”… ben et le blog bor­del ??? Le monde regorge de blogs tenus par des pros qui les rem­plissent de conte­nus de très grande qua­lité et l’offrent gra­tui­te­ment (en pra­tique, ils obtiennent du répu­ta­tion qu’ils moné­tisent autre­ment).
    (Au pas­sage, Wikipedia sera d’ici quelques années capable, en par­te­na­riat avec des uni­ver­sité, d’offrir des conte­nus ‘garan­tis’, c’est le pro­chain grand défi et la pro­chaine grande évolu­tion de Wikipedia, je ne vois pas pourquoi ils ne réus­si­raient pas ça.)

  16. Romain

    Fabrice> je par­lai de conte­nus éditables. Le blog est plus un outil de publi­ca­tion éditoriale…Bordel ;-) 

    Pour reve­nir aux questions : 

    1) “Avec le numé­rique, ce cout dis­pa­rait, donc cela devient pos­sible” : si je me sou­viens bien, le modèle écono­mique de “Flat World Knowledge” est bien basé sur l’impression des conte­nus, non ? 

    C’est là qu’est le jeu de dupe : certes, la pro­priété intel­lec­tuelle est gra­tuite, mais pour créer son busi­ness, cette société mise sur le fait que le sup­port papier reste incon­tour­nable pour un confort opti­mal. Ou que des ser­vices asso­ciés “payants” seront néces­saires aux uti­li­sa­teurs des contenus.

    On en revient donc au même modèle que j’évoquais plus bas : on rajoute des options pour com­pen­ser la perte économique.

    La conséquence est effec­ti­ve­ment une baisse des prix, ce qui est d’ailleurs sain pour tout le monde, mais ce n’est pas la gratuité.

    2)“Sésamath est un bon exemple” > il n’a pas encore sup­planté, que je sache, les manuels scolaires.

    “Firefox face à Microsoft, Linux face à Microsoft” > nous sommes exac­te­ment dans la même démarche. Des socié­tés ont basé leur modèle écono­mique sur l’assistance à l’installation de dis­tri­bu­tions Linux. Faites quelques recherches sur le net, vous ver­rez qu’implémenter Linux dans sa société n’est pas consi­déré par les chefs d’entreprise comme “gra­tuit”. cf :http://www.journaldunet.com/solutions/0509/050907_rfg_linux.shtml

    3)“Toute l’histoire des star­tups montre que oui” > notez qu’on ne parle plus ici de conte­nus. Mais le propre des star­tup comme Google ou Youtube est de s’être imposé sur un mar­ché en créa­tion, répon­dant à un besoin nou­veau. Ce n’est pas le cas des conte­nus d’éditions.

    4) “Et ainsi de suite, il n’y a aucune rai­son pour que la péda­go­gie soit à l’abri du pro­grès” > Oui mais : chaque nou­veau palier de cette sur­en­chère demande des com­pé­tences plus poin­tues. Aujourd’hui, les conte­nus écrits acces­sibles gra­tui­te­ment sont nom­breux : qu’en est-il des vidéos ou des ani­ma­tions ? Il y en a, certes, mais leur qua­lité est faible, car il est dif­fi­cile de cumu­ler à la fois les com­pé­tence d’un péda­gogue, d’un chef de projet mul­ti­mé­dia, d’un concep­teur flash et d’un motion designer.

    Une fois ce palier passé, nous en vien­drons à la 3D, à la réa­lité aug­men­tée, et ainsi de suite. De nou­velles tech­no­lo­gies, qui vont créer de nou­veaux besoins…payants.

    5) “Et ça, ça change radi­ca­le­ment les règles du jeu” > c’est indé­niable qu’il s’agit là d’une concur­rence nou­velle et que le mar­ché est en muta­tion. Ce que je remet en cause dans votre article, c’est l’idée uto­pique, qu’un jour, dans le meilleur des mondes, les conte­nus péda­go­giques seront gra­tuits. Je vous cite : 

    “Les géné­ra­tions futures écou­te­rons très cer­tai­ne­ment leurs aînés leurs expliquer qu’en leurs temps, le bud­get annuel d’un étudiant pour acqué­rir des livres se comp­tait en cen­taines d’euros.”

    Ce temps là n’arrivera pas, parce que le géné­ra­tions futures dépen­se­ront bien plus…mais pour des conte­nus toujours plus efficaces.

  17. Fabrice Epelboin

    Yeah… conti­nuons, on fait avan­cer le débat et tout cela est constructif…

    1) “Avec le numé­rique, ce coût dis­pa­rait, donc cela devient pos­sible” : si je me sou­viens bien, le modèle écono­mique de “Flat World Knowledge” est bien basé sur l’impression des conte­nus, non ?

    Là où ils sont malins, c’est qu’ils n’impriment rien, ils t’autorisent à impri­mer sur ta laser, donc ils res­tent avec un coût nul.

    Sésamath est un bon exemple” > il n’a pas encore sup­planté, que je sache, les manuels scolaires.

    Donnons leur un peu de temps, les indi­ca­teurs sont pro­met­teurs, et il y a de bonnes chances qu’une fois connu lar­ge­ment de la com­mu­nauté des profs, ceux ci les voient d’un oeil bien plus favo­rable que Nathan ou Hachette. (je revien­drait mardi la des­sus dans un pro­chain billet)

    Toute l’histoire des star­tups montre que oui” > notez qu’on ne parle plus ici de conte­nus. Mais le propre des star­tup comme Google ou Youtube est de s’être imposé sur un mar­ché en créa­tion, répon­dant à un besoin nou­veau. Ce n’est pas le cas des conte­nus d’éditions.

    J’avoue qu’il est tôt et que j’aurais ten­dance à répondre Wikipedia, mais ce serait facile et je ne suis pas sûr d’avoir plei­ne­ment com­pris ta question…

    Et ainsi de suite, il n’y a aucune rai­son pour que la péda­go­gie soit à l’abri du pro­grès” > Oui mais : chaque nou­veau palier de cette sur­en­chère demande des com­pé­tences plus poin­tues. Aujourd’hui, les conte­nus écrits acces­sibles gra­tui­te­ment sont nom­breux : qu’en est-il des vidéos ou des ani­ma­tions ? Il y en a, certes, mais leur qua­lité est faible, car il est dif­fi­cile de cumu­ler à la fois les com­pé­tence d’un péda­gogue, d’un chef de projet mul­ti­mé­dia, d’un concep­teur flash et d’un motion designer.

    Et où trouve t-on les com­pé­tences les plus poin­tues, si ce n’est à l’éducation natio­nale ??? Dans les facs, il s’y sont mis depuis deja quelques années, et les résul­tats sont très convain­cants. Sur le ter­rain de l’innovation en péda­go­gie, l’édition n’est plus du tout lea­der (cf der­nier com­mu­niqué de presse du SNE, qui pro­pose tout bon­ne­ment de faire ces­ser cette inno­va­tion et la dénonce comme une concur­rence déloyale, là encore, je revien­drais la des­sus mardi)

    Et ça, ça change radi­ca­le­ment les règles du jeu” > c’est indé­niable qu’il s’agit là d’une concur­rence nou­velle et que le mar­ché est en muta­tion. Ce que je remet en cause dans votre article, c’est l’idée uto­pique, qu’un jour, dans le meilleur des mondes, les conte­nus péda­go­giques seront gra­tuits. Je vous cite :

    “Les géné­ra­tions futures écou­te­rons très cer­tai­ne­ment leurs aînés leurs expliquer qu’en leurs temps, le bud­get annuel d’un étudiant pour acqué­rir des livres se comp­tait en cen­taines d’euros.”

    Ce temps là n’arrivera pas, parce que le géné­ra­tions futures dépen­se­ront bien plus…mais pour des conte­nus toujours plus efficaces.

    Romain, je vous soupçonne d’avoir déjà un cer­tain âge, et de fonc­tion­ner encore dans une vision d’un monde en crois­sance perpétuel…

    J’aimerais beau­coup par­ta­ger cet opti­misme, mais ma vision du monde à venir est tout autre. Il va fal­loir dépen­ser moins, beau­coup moins, par­ta­ger plus — et pas à un niveau local/national, et écono­mi­ser les res­sources si on sou­haite lais­ser un mode viable à nos enfants.

    Que ces conte­nus coutent plus cher n’est pas une évidence, bien que, mais le pro­blème que je sou­lève ici est de savoir qui paiera. Une com­mu­nauté large qui offre de son temps (Sésamath), cela consti­tue, ramené à une logique écono­mique, une forme de paiement/d’investissement. L’éducation natio­nale qui finance de lourds pro­grammes d’elearning, aussi, dans un cas comme dans l’autre, ce ne sont pas les élèves qui paient, ni les éditeurs qui empochent.

    Comment pou­vez vous, en France, pays où l’éducation est déjà à 99% prise en charge par la com­mu­nauté natio­nale (qui paie) ima­gi­ner que les quelques miettes payantes (les livres sco­laires) ne partent pas, elles aussi, dans un modèle qui n’est pas du res­sort de l’économique ? (comme les facs et les écoles, et ce contrai­re­ment au modèle US).

    Sinon, pour ce qui est de ma vision uto­pique de l’éducation, j’ai des excuses, mes parents sont profs, et il est vrai que mes réflexions sont très influen­cées par l’esprit de Jules Ferry ;)

  18. Fabrice Epelboin

    Au final, le débat conti­nue ici ;)
    http://fr.readwriteweb.com/2009/03/30/prospective/ebook-edition-connaitra-t-il-le-meme-sort-que-la-presse/

  19. Romain

    “ils t’autorisent à impri­mer sur ta laser”> Il y a un para­doxe dans votre thèse : consi­dé­rer d’une part que le modèle écono­mique de Flat World Knowledge tient la route (et donc que des gens sont prêt à payer pour avoir ce type de conte­nus impri­més) et d’autre part que les gens vont arri­ver à se pas­ser de cette par­tie payante.

    C’est l’un ou l’autre, pas les deux. Encore une fois, il y a une réa­lité écono­mique. Louer des ser­veurs, mettre à jour des conte­nus, com­mu­niquer autour d’un projet pour le faire connaître, cela a un coût. Le pari pour Flat World Knowledge est que leur levée de fond leur per­met­tra à la fois de se faire connaitre, mais aussi de com­pen­ser leur perte en atten­dant que leur busi­ness atteigne une masse cri­tique. Si leur modèle écono­mique ne tient pas, ils disparaitront. 

    “j’aurais ten­dance à répondre Wikipedia”> Wikipedia, de par sa nature ouverte, ne peut pas être consi­déré comme un contenu offi­ciel. Dans un usage privé, cha­cun est juge de ce qu’il prend comme réfé­rence. L’Education natio­nale, elle, a une responsabilité.

    “Et où trouve t-on les com­pé­tences les plus poin­tues, si ce n’est à l’éducation natio­nale” > le métier des ensei­gnants est d’enseigner. Quelques pilotes tirent le “mam­mouth” vers le haut, il y a des ini­tia­tives inno­vantes, mais il faut avouer que cela met­tra du temps pour que la majo­rité emboite le pas. Peut-être une génération. 

    Considérons les faits aujourd’hui : tous les col­lèges et lycées achètent chez les éditeurs, et aucune offre n’est sus­cep­tible à court terme de les remplacer.

    Ce que j’avance sur l’évolution des conte­nus est déjà vrai : les éditeurs couplent aujourd’hui leurs offrent à des abon­ne­ments en ligne, pour accé­der à d’autres types de conte­nus. Et les col­lèges et lycées dépensent plus dans ce domaine. 

    Le cas de l’Université est dif­fé­rent : à la fac, les étudiants qui achètent leur propre contenu, ou pho­to­co­pient le cours du prof (qui eux étaient déjà gratuits).

    “Romain, je vous soupçonne d’avoir déjà un cer­tain âge”> pas tant que ça j’espère, 35 ans ;-), Mais l’âge n’est pas un argu­ment. C’est un a priori.

    “Il va fal­loir dépen­ser moins, beau­coup moins, par­ta­ger plus” / “Economiser les res­sources si on sou­haite lais­ser un mode viable à nos enfants” > pourquoi les deux iraient-ils de paire ? L’enjeu du futur est jus­te­ment une crois­sance accrue, sans épui­ser les res­sources. C’est tout le sens de la déma­té­ria­li­sa­tion numé­rique. On ne peut pas non plus sou­hai­ter à nos enfants une société mal­thu­sia­niste. Mais on entre là dans un autre débat.

    “Comment pou­vez vous, en France, pays où l’éducation est déjà à 99% prise en charge par la com­mu­nauté natio­nale (qui paie) ima­gi­ner que les quelques miettes payantes (les livres sco­laires) ne partent pas, elles aussi, dans un modèle qui n’est pas du res­sort de l’économique” > je ne veux pas vous déce­voir, mais c’est bien l’inverse qui risque de se pas­ser. Là encore, on entre sur un autre terrain. 

    Je pré­cise sim­ple­ment que je ne défends aucune thèse : la ques­tion n’est pas mon opi­nion, mais d’essayer de devi­ner ce que sera l’avenir. Le par­tage des biens peut être effec­ti­ve­ment un choix de société. Il faut avoir grande foi en la nature humaine pour pen­ser que ce modèle pourra s’imposer dans une société démocratique.

  20. Fabrice Epelboin

    Les mar­ché de Flatworld sera com­posé de ‘lee­cher’, qui pro­fi­te­rons du sys­tème gra­tui­te­ment, et d’autres qui paie­rons pour pou­voir impri­mer. On est dans le fre­mium, un grand clas­sique d’internet, pas de sou­cis la des­sus, les consom­ma­teurs et les modes de consom­ma­tion sont mul­tiples, et le sys­tème per­met d’adresser un maxi­mum de monde en fai­sant finan­cer l’ensemble par une minorité.

    Wikiepdia va sous peut pas­ser des accords à droite et à gauche avec des ‘auto­ri­tés’ qui lui per­met­tra de cer­ti­fier la vali­dité de cer­tains conte­nus (de facto verouiller une ver­sion d’une page et en limi­ter l’accès à un groupe de spé­cia­listes qua­li­fié, ou faire un ‘branch’ (deux ver­sion concur­rente) de la dite page avec une ver­sion pro et une ver­sion grand public. S’ils arrivent à fran­chir ce pas, c’en est fini de l’encyclopédie papier.

    Sinon, il n’y a pas que des ensei­gnants à l’éducation natio­nale, il y a plein d’autres com­pé­tence, dont la péda­go­gie n’est pas la moindre (papa, par exemple ;)

    J’ai peur que votre vision sur l’évolution de l’éducation vers un modèle payant soit la bonne, mais les profs pour­raient bien se rebel­ler (c’est un euphé­misme) et contre attaquer en mul­ti­pliant et sup­por­tant mas­si­ve­ment des ini­tia­tives du type Sésamath, non ?

  21. Sig

    Au sujet de Sésamath : ils sont beau­coup plus “avan­cés” qu’on peut le croire. Ils ont déjà plus de 15% des parts de mar­ché de l’édition des manuels sco­laires en France pour les niveaux col­lèges et lycées !

    Ils ont un par­te­naire éditeur qui com­mer­cia­lise la ver­sion papier des manuels, ce qui leur per­met de déga­ger du bud­get pour pro­fes­sion­na­li­ser l’amélioration des conte­nus péda­go­giques à l’aide des profs béné­voles (ça reste une très belle asso­cia­tion de profs).

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  1. Teachable: place de marché pour enseignants | Otablo | e-learning, maths, mathématiques, vidéos, apprendre, apprentissage, enseignement, éducation :

    […] pense notam­ment en évoquant le pre­mier à cet article de Fabrice, qui voit dans la mon­tée des ser­vices d’édition libres comme Flatworldknowledge le signe […]

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