Dimanche dernier, alors que l’Hadopi semblait belle et bien inscrite dans la loi Française, Howard Dean, ancien candidat à l’élection présidentielle américaine de 2004, recevait une sélection de blogueurs et d’entrepreneurs de l’internet pour un brunch organisé par la Netscouade et Terra Nova.
Le politicien le plus populaire de l’internet (après Barack Obama), celui qui a le premier utilisé internet pour mener un combat politique, tant en matière de diffusion des idées que de collecte de fonds, a livré à une audience attentive, les détails de son expérience de l’internet.
Les enseignements qu’Howard Dean a tiré de sa campagne présidentielle de 2004, qui se sera arrêtée aux primaires Démocrates, sont multiples, et auront tous profité à la campagne internet suivante : celle de Barack Obama, avec le succès que l’on connaît.
En faire la liste serait une tâche énorme. Le travail fait par la Netscouade et Terra Nova, qui ont suivit la campagne d’Obama, et en ont tiré une étude colossale, montre à quel point ces e-campagnes sont complexes et sophistiquées. La première campagne, celle de Dean, était – selon ses propres mots – insuffisamment organisée pour donner les résultats espérés. La suivante, qui a porté au pouvoir l’acteur président des Etats-Unis, aura corrigé les défauts de la version beta, et aura été – toujours selon les mots de Howard Dean – remarquablement bien organisée.
Howard Dean aura été, avec des organisations comme MoveOn.org dont la naissance est contemporaine à sa campagne, parmi les tous premiers à utiliser les média sociaux pour faire de la politique, son héritage est inestimable.
Contrôler ou profiter ?
Interrogé sur la situation de l’internet dans le monde, Howard Dean a lancé : « les états autoritaire doivent choisir entre l’économie et le contrôle du numérique », c’est soit l’un, soit l’autre. Nul ne saura si ses propos étaient destinés à Christine Albanel ou Nicolas Sarkozy, et la diplomatie – sans doute – lui fera aborder un autre sujet très rapidement.
« Republicans don’t get the internet », a également confié Dean, expliquant à quel point McCain avait, durant la campagne, systématiquement, au mieux tenté de copier maladroitement le camp d’en face, au pire, utilisé le net comme un média de masse.
Contrairement à la France, la rupture entre Digitaux et Analogiques est là bas proche des clivages politiques, et cela aura été particulièrement criant lors de la dernière présidentielle.
Home sweet home
En France, la fracture digitale traverse les partis et les courants. Elle est plus proche d’une fracture générationelle que d’un clivage politique.
Malgré une victoire dans les prolongations, l’Hadopi reviendra à la charge sous peu et sera, cela fait peu de doutes, adoptée. Cette victoire temporaire doit servir à quelque chose, car elle a montré qu’il était possible de se faire entendre, et ce sans l’aide des média, en utilisant exclusivement ou presque, les média sociaux, qu’ils se nomment blogs, réseaux sociaux, collectifs citoyens, twitter et autres.
Pour ma part, ceci est mon dernier billet à connotation politique sur ReadWriteWeb, son éditeur en France, soucieux de positionner le blog sur une thématique technologique, à souhaité reprendre en main la direction éditoriale. C’est une décision que je respecte, tant il est vrai que l’actualité politique liée aux technologies avait pris, tant en terme de contenus qu’en matière d’audience, des proportions qui pouvaient porter atteinte à un positionnement certes engagé, mais avant tout technologique de ReadWriteWeb.
Je n’y écrirais désormais que des billets à stricte connotation technologique, et publierait mes autres billets dans une nouvelle aventure éditoriale, que je lance en ce moment avec beaucoup d’autres, et à laquelle vous serez tous conviés sous peu.
</hadopi><owni>













09 avril 2009 à 21:04
C’est vrai qu’on peut parler de technologies sans parler de politique. Mais quand la politique s’intéresse de si prêt à la technologie, peut-on encore dissocier les 2 surtout si comme sur RWW on a des articles de fond, pas seulement sur les technos mais sur leur mise en perspective dans le mode actuel ? Tim O’Reilly s’etait fait reprendre à l’ordre (sur les commentaires) sur le O’Reilly Radar quand il avait pris ouvertement position pour Obama. Plusieurs lui avait reproché de le faire sur le Radar, theoriquement « pur techno » …
http://radar.oreilly.com/2008/10/why-i-support-barack-obama.html
09 avril 2009 à 21:13
C’est un peu la même chose ici. Franchement, je me vois mal donner mon avis sur les élections Européennes dans ces colonnes. O’Reilly, au moins, est le patron de sa boite et de Radar, ici, je ne suis que l’un des auteurs de l’édition Française.
Ceci dit, rassure toi, je ne vais pas arrêter d’écrire, que ce soit ici, bien sûr, ou sur XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX.
Les technologies vont être au coeur de la politique dans les années qui viennent, et cela aurait vraiment fini par porter atteinte à la marque RWW qui ne m’appartient pas. Il devenait urgent de ne pas tout mélanger.
09 avril 2009 à 21:51
Même pas de petit eater egg dans la source pour l’url de ton nouvel espace de discussion, snif :p
09 avril 2009 à 21:54
Ben tu sais plus lire ? C’est le dernier mot du billet /-)
09 avril 2009 à 22:31
C’est pas cool : les billets techno-politiques étaient sans doute parmis les plus intéressant.
D’autant que comme tu le montres dans ce présent billet, la politique investit le net, et donc les deux sujets sont désormais liés. parler de l’un sans l’autre me semble un peu comme se bailloner une partie du visage.
Pas grave, on continuera à réagir à tes billets sur Owni.
09 avril 2009 à 22:48
Il y a aussi d’autres angles, faut être honnête. Il reste plein de choses à faire sur RWW, don’t worry. Il y a plein de technologies à mettre en perspective, et pas seulement d’un point de vue politique. Prends le cloud computing, par exemple…
En attendant, c’est une belle victoire pour les média sociaux, que ce soit RWW, ecrans.fr (print aussi, faut être honnete), Numérama, PCimpact, la Quadrature, le réseau des pirates… Et c’est assez humiliant pour les média traditionnels, qui vont avoir beaucoup de mal à expliquer pourquoi ils sont restés aussi silencieux ces dernières semaines sur le sujet…
Les média sociaux, et donc les internautes, viennent de rentrer de façon fracassante dans le jeu politique et médiatique Français.
09 avril 2009 à 22:48
@Fabrice, ah je viens de voir le truc passer sur twitter :-)
j’avais googlé vite fait le truc avant de poster mais à part « Objet Web Non Identifié » j’avais rien trouvé.
09 avril 2009 à 23:00
Que ferions nous sans twitter… c’est un outil fabuleux /-)
09 avril 2009 à 23:11
Je suis d’accord avec AbriCoCotier, les billets politiques etaient vraiment tres interessants.
J’ai hate de suivre ce nouveau projet. Bon n’etant pas sur twitter je ne sais pas encore ou trouver ca, mais ca ne serait tarder.
10 avril 2009 à 0:55
Un autre billet sur Howard Dean qui ne manque pas d’intérêt /-)
http://blog.alphoenix.net/index.php?post/2009/04/07/En-toute-transparence
10 avril 2009 à 5:48
je peux vous assurer que les politiques s’interessent de plus en plus au technologie cad Internet et encore plus les groupes de pression.
vous pouvez prendre l’exemple de gouvernance d’Internet et la volonte de l’ITU qui est un organisme intergouvernmental (representation des etats et des secteur prive avec absence de la societe civile) qui veut prendre le monopole des debats et plus ecarter l’ICANN. les problemes de net neutrality, de filtrage internet ne sont pas loin. donc ne pas s’interesser est une erreur monumentale
Rafik
10 avril 2009 à 19:14
Rafik, je n’ai jamais dit que je ne m’y intéressait plus, juste que l’endroit n’est pas très approprié ;-)
11 avril 2009 à 10:57
En fait, entre politiques et internet, il y a un décalage de générations énorme en france. La plupart de nos dirigeants n’ont qu’une idée limitée de ce qu’est l’outil, tout simplement parce qu’il ne l’utilisent pas. A peine en ont-ils un aperçu à travers la réception de leurs mails sur leur blackberry, mais sur les nouveaux usages, les nouveaux outils, rien.
Le changement qu’apportent obama, c’est qu’il leur ouvre les yeux sur l’intérêt électoral de la chose. La seul manière de les faire évoluer finalement. C’est pourquoi on voit fleurir les ersatz d’outils obama sur la toile (lesdemocrates, notre.espoir-a-gauche, les sites de campagne des régionales UMP, etc.)
Cela étant dit, sur la loi Hadopi, le faible nombre de députés présents montre à quel point le sujet les concerne peu. Ils n’en voient concrètement pas les enjeux.
Et quand l’un d’eux prend la parole sur le sujet (suite à un rdv avec P. Waelbroeck!), il faut voir combien même les militants en profitent dans les commentaires pour ramener le sujet aux seules luttes internes du ps http://moscovici.typepad.fr/blognational/2009/04/camouflets.html#comments
11 avril 2009 à 14:09
@cedric lesdemocrates… bon exemple, et très proche, d’un point de vue technique, de la suite ;-)
14 avril 2009 à 0:40
- Pour moi, c’est juste les reunions chez la ministre qui veut nous couper nos accès internet (ou qui ne dit rien) qu’il faut arrêter sur ReadWriteWeb
- A mon avis, une fois que l’Hadopi sera votée en France, La version Française de ReadWriteWeb va également s’arrêter …
Y a il une version Chinoise de ReadWriteWeb ? (CQFD)
- Et à mon avis, à l’image des netvibes, ou les seesmic , toutes les startup Françaises vont se délocaliser ailleurs.
C’est votre cas Fabrice ?
14 avril 2009 à 0:59
Oui et non…
Oui je pense que – sur rww et ailleurs – il faut continuer à garder un contact avec les autorités, et à fortiori un ministre.
Non on ne censurera pas en France des blogs comme RWW, pour mémoire, nous somme publié dans le NYT. Faut pas pousser.
Par contre, avec les tout nouveaux statuts de la presse en ligne, les petits blogs qui oserons l’ouvrir seront livrés à la justice (ça a déjà commencé, du reste). Mais les gros blogs, ceux qui saurons s’organiser, ne risquent pas la censure, on est encore en démocratie, bordel.
20 avril 2009 à 9:11
« Malgré une victoire dans les prolongations » excellent. on pourrait dire à la fin du temps réglementaire ;-)
Excellent article, la rencontre devait être très riche.
La pression populaire a été très forte sur le web. elle reste plus difficile a transformer sur le terrain. Enfin, si Hadopi a flanché (et je ne vais pas m’en plaindre) c’est autant grâce à l’excellente mobilisation des internautes qu’à la nullité et la sur abondance d’incohérence dans la loi. A voir si la V2 fera mieux…
27 avril 2009 à 21:07
a voir : cette interveiw de Patrick Waelbroeck sur Hadopi : a voir : http://www.dailymotion.com/user/besoin-de-gauche/video/x945qi_hadopi-le-retour-interview-de-patri_news
Cette vidéo fait suite à la rencontre entre pierre moscovici et patrick waelbroeck : http://moscovici.typepad.fr/blognational/2009/04/camouflets.html