Les Etats-Unis continue de marquer l’Histoire du rapport entre technologie et politique. Le 5 mai dernier, le sénat américain a commencé a rendre disponible en XML tous les votes des sénateurs américains. De nombreuses mashups, systèmes de comptabilisation des voix et de comparaison devraient voir le jour sous peu, rendant un peu plus transparente encore la démocratie américaine.
La décision s’est faite à une vitesse stupéfiante : le 1 mai, Jim DeMint, le sénateur de Caroline du Sud a officiellement demandé à ce que les votes des sénateurs soient disponibles publiquement, ce qui a été fait quatre jours plus tard. Tout le monde, ceci dit, n’est pas ravi que cette décision ait été prise.
Fin avril, Politico, l’un des blogs politiques les plus populaires aux Etats Unis, a publié un article de trois pages sur le sujet, mettant en avant des arguments pour s’opposer à la transparence des votes qu’impose le XML.
John Wonderlich, de la Sunlignt Foundation, argumente son opposition à la mise à disposition de l’ensemble des votes des sénateurs via un flux XML de la façon suivante : “le secrétariat général du Sénat a cité comme une règle générale… qu’ils ne sont pas censés présenter leurs votes dans un format qui en permette la comparaison, et que les sénateurs ont le droit de présenter leurs votes de la façon qui leur convienne”.
Dave Lundy, directeur général de l’association de Chicago “Better Government”, interviewé dans le même numéro de Politico, dit de son coté que : “c’est une stratégie de faire en sorte que l’information soit difficile à trouver et à analyser… traitez moi de cynique, mais je ne pense pas que les organes gouvernementaux méritent le bénéfice du doute. L’expérience montre que ces gens cherchent à cacher l’information, même celle qui est sous vos yeux”.
Apparemment, ces problèmes ont été balayés la semaine dernière par une vague de technologies ouvertes. Le Washington Post offrait, il est vrai, une technologie aux service similaire depuis quelques temps, mais il n’en reste pas moins que tout ceci pourrait annoncer l’arrivée massive de flux de données officielles.
En France, aucun média ne s’est lancé sur ce crénau des API de données gouvernementale, largement occupé pour l’instant aux Etats Unis par le Washington Post et le New York Times – leur permettant ainsi de reconquérir une légitimité dans leur position de 4e pouvoir.
Pour John Musser de Programmable Web, ceci constitue une très bonne nouvelle : “c’est bon de voir les sénateurs des deux camps soutenir une telle initiative”, “Cette première étape est la plus difficile : les amener à réaliser la valeur qui consiste à fournir cette information dans un format qui permette à un developpeur de la transformer. La prochaine étape logique serait une API, le XML est plus proche d’un flux RSS, il offre peu de contrôle aux developpeurs sur les données qu’ils souhaitent récupérer par rapport à une API, comme par exemple de récupérer les votes sur un projet de loi précis ou de récupérer les votes d’un sénateur précis”.
Musser affirme qu’un mouvement continu vers plus de transparence et de facilité d’accès aux données gouvernementales est en cours, que ce soit au Sénat ou sur le site dédié à la crise financière et à la traçabilité des aides gouvernementales, Recovery.org. Des organisations telles que la Sunlight Foundation et le New York Times suivent cela de près.
Que reste-t-il à ouvrir ? Aux Etats-Unis, vous pouvez jeter un oeil à une liste de huit sources de données gouvernementales à ouvrir sans délais selon Willis du New York Times. En France, tout reste à faire et la situation a peu évolué depuis l’apparition d’internet. Pour ne prendre qu’un exemple contemporain, les votes sur les différents amendements concernant la loi Hadopi ne sont disponibles nulle part (en dehors du travail fait par la Quadrature du Net), et seul le recours (qui n’avait rien d’obligatoire) à un vote solennel permettra à tous les citoyens de consulter les résultats sur le site de l’assemblée nationale.













11 mai 2009 à 16:26
« Les Etats-Unis continue ». Heu…
Ensuite : « En France, aucun média ne s’est lancé sur ce crénau des API ». Nan mais je crois que pour la France, on peut lancer un grand LOOOOL. Surtout en ce moment.
« La prochaine étape logique serait une API, le XML est plus proche d’un flux RSS, il offre peu de contrôle aux developpeurs sur les données qu’ils souhaitent récupérer par rapport à une API, comme par exemple de récupérer les votes sur un projet de loi précis ou de récupérer les votes d’un sénateur précis”. » Mouai. L’avantage du XML, même si pas aussi cool qu’un API, c’est qu’il est simplement parsable. Et une fois parsé, on en fait ce qu’on veut :)
« En France, tout reste à faire et la situation a peu évolué depuis l’apparition d’internet. » Deuxième LOOOOL.
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Pour le reste, l’informatisation réelle des données gouvernementale peut amener à énormément de transparence, et donc une meilleure communication sur ce qui se fait en haut de l’état. Et, ah oui, meilleure transparence = moins de manipulation. Et ça, ça n’arrange pas tout le monde. CQFD.
12 mai 2009 à 9:51
Vivement que ça arrive en France
14 septembre 2009 à 11:11
Qui répond avec à Proxima ?
14 septembre 2009 à 11:25
En plus joli http://numerique-en-france.blogspot.com/