Qui écrira la démocratie électronique de demain ?

Cela pourrait presque sembler anecdotique sur le continent américain, mais c’est en réalité particulièrement révélateur : la municipalité de Vancouver vient de publier dans son ordre de jour pour son prochain conseil municipal une liste de mesures destinées à adopter des standards ouverts (open data) ainsi que des logiciels open sources pour le traitement et la mise à disposition du public de ses données.

La ville souhaite créer ainsi de nouvelles opportunités en matière de service public en laissant ainsi les citoyens (développeurs, sous traitants, startups, partenaires, etc) créer de nouveaux services sur la base de ses données.

Où va la ville de Vancouver ?

La proposition qui a été soumise au conseil municipal pointe plusieurs motifs qui l’on poussé à adopter des technologies open source et des standards ouverts, tous sont centrés sur l’ouverture et la mise à disposition dans les conditions les plus ouvertes de partages (entendez hors copyrights) des données municipales, du code source developpé pour les traiter, et de l’exploration des possibles en matière de co-création de nouveaux services destinés à la relation au citoyen ou à la collaboration entre différentes administrations.

D’autres villes comme Washington DC, Portland et Toronto ont également exprimé leur intention d’adopter une politique ‘Libre’ pour leurs informations et leurs données, mais Vancouver est la première a avoir franchit le cap de l’inscription de cette volonté dans l’agenda de son conseil municipal.

Les problèmes liés à la transmission, à la réutilisation et aux licences de ces données ont fait reculer beaucoup de municipalités jusqu’ici, Vancouver semble avoir décidé de s’atteler à la résolution de ces problèmes afin de devenir la ville la plus ‘Libre’ du monde.

La France restera-t-elle une démocratie moderne (et indépendante) au XXIe siècle ?

Entre les programmes similaires au niveau fédéral mis en œuvre par le gouvernement de Barack Obama et ceux comme celui ci mis en place par une municipalité Canadienne, qui font de même sur un plan plus local, il est désormais évident que le système d’exploitation de la démocratie de demain est en train de s’écrire de l’autre coté de l’Atlantique.

A l’heure ou la France tourne le dos à l’internet, où son gouvernement et ses média martèlent (à l’exception notable mais inaudible de NKM) des messages de méfiance et de dénigrement vis à vis du web, il semble que nous allions tout droit vers un avenir où nous n’aurons d’autre choix que de rester au moyen âge ou de faire tourner le pays sur un système d’exploitation américain (la troisième voie consistant à bricoler pour s’apercevoir in fine que les coûts de maintenance et d’évolution rendent cette approche ridicule et dispendieuse).

Aucun gouvernement n’a en effet les moyens financiers d’aborder l’immense chantier de l’eDemocratie autrement que par de telles approches, surtout en période de crise. Faire tourner un ordinateur (par opposition à un pays) est, à coté, d’une relative simplicité. Or même sur ce terrain, seul Microsoft est encore en mesure d’aborder le problème avec une logique fermée et propriétaire (Apple y ayant renoncé lors de son passage à OSX, basé sur un Unix FreeBSD Libre), avec des budgets qui dépassent de loin ce qu’un pays comme la France peut se permettre d’y investir.

Lors d’une récente conversation avec Chris Heuer, le fondateur du Social Media Club, et Pierre Yves Platini, le fondateur de sa ‘filiale’ Française, nous ironisions sur ce fait en mettant en perspective le rôle du général Lafayette, un Français, véritable mythe aux USA, qui a largement contribué à définir la démocratie américaine à l’époque où la technologie de l’information qui dominait le monde était l’imprimerie. Il semble désormais évident qu’à l’époque de l’internet, le transfert de compétences risque fort d’être inversé.

Avec quelques dizaines de millions d’euros consacrés à des “projets web 2.0”, dont le “serious gaming” (et quelques centaines de millions pour améliorer l’infrastructure réseau, déja parmi les plus avancées au monde), on voit mal comment la France pourrait éviter de prendre, une fois de plus, un retard considérable dans le secteur du gouvernement 2.0 (si tant est que la vision du gouvernement pour l’avenir des réseaux se conjugue avec démocratie, ce qui est loin d’être une évidence).

Pour mieux mettre en contexte cette future rivalité Franco-Américaine, il est utile de rappeler que seule la France et les Etats Unis ont mis au point un système démocratique qu’ils considèrent, chacun de leur coté, comme universel.

En adoptant standards ouverts et open source, la solution américaine (au sens large, Etats-Unis Canada, en l’occurence) a toutes les chances d’être de facto le modèle dominant de l’eDemocratie de demain, or les principes fondateurs de la démocratie américaine seront gravés dans la conception même de ces logiciels, et la vision Française de la démocratie, elle, a toutes les chances de purement et simplement disparaître au XXIe siècle, un siècle où ‘vendre’ son modèle démocratique ne passera plus (que) par des ambassadeurs mais (aussi) par des informaticiens, et où les coûts associés à une telle mutation seront colossaux, disqualifiant de facto les approches fermés et propriétaires.

En abordant cet immense chantier avec de l’open source et des standards ouverts, l’Amérique a toutes les chances de rallier à elle d’autres nations soucieuses de préserver leur modèle démocratique dans une initiative open source internationale et institutionnelle, comme seule les universités ont jusqu’ici su en mettre en œuvre, réalisant, au passage, de substantielles économies sur le long terme (entendez par là au delà d’un mandat électoral).

Les positions de la France à ce sujet sont pour l’instant relativement floues mais à aucun moment il n’a été fait mention de l’adoption de standard ouverts, et encore moins de mise à disposition massive du public des données en provenance de l’administration. Quand à l’adoption de l’open source, nos décideurs politiques ont récemment eu l’occasion de démontrer à quel point ils maitrisaient le sujet.

En Nouvelle Zélande, un pays qui est, dans son approche de l’internet, très proche de la France (filtrage des informations disponibles, contrôle des réseaux, surveillance de la population…), les développement de type ‘eDemocratie’ sont fait avec des technologies fermées Microsoft et il n’est pas du tout prévu de mettre quoi que ce soit à la disposition du public, en dehors de services d’eAdministration classiques (un concept totalement dépassé lancé par Lionel Jospin à la fin du XXe siècle).

Deux approches du service public et de l’eDemocratie

Les seules avancées – pour l’instant à l’état d’annonce – du gouvernement Français en matière d’eDemocratie, sont l’arrivée sous peu d’un service payant par téléphone permettant aux Français d’interagir plus facilement avec l’administration pour avoir accès à ses données. Cette façon de voir les choses est radicalement opposée à l’approche américaine et risque fort, tout en étant très caractéristique de l’approche ‘intégrée’ et régalienne à la Française, de montrer rapidement ses limites. Elle n’est pas sans rappeler l’impasse intellectuelle du ‘portail’, imaginé par les média dans les années 90, qui pensaient ainsi que se doter d’un site web fait à partir de leur modèle suffirait pour passer le cap, sans avoir à repenser en profondeur ce modèle, lui aussi hérité de Gutenberg.

Outre qu’elle fasse payer les citoyens pour accéder à de l’information publique, dans l’un des pays où les coûts de l’appareil d’état sont l’un des plus élevés au monde, l’approche Française consiste à faire évoluer l’administration, et de réduire ainsi la vision de l’eDemocratie à celle d’une interface supplémentaire entre l’administration et les citoyens.

L’approche américaine est tout autre. En mettant à disposition l’ensemble des ses données ainsi que le code qui les gère, ce n’est pas le citoyen de base qui est visé, mais plutôt des intermédiaires qui auront la charge de construire les services que la France, en tant qu’Etat, tente de mettre en œuvre. D’un coté comme de l’autre de l’Atlantique, on n’a clairement pas la même vision de la démocratie de demain (et Lafayette se retourne dans sa tombe).

Alors, où se situe la différence ?

En matière de coûts pour le citoyen ? Par sûr. Le service téléphonique d’eAdministration Français sera payant, aux dernières nouvelles (0,12€/min), et les services construits sur un mode ‘mashup’ par des sociétés privés, des états ou des municipalités américaines ont toutes les chances de l’être également (bien que l’on peut s’attendre à pas mal de solutions de monétisation alternatives).

En matière d’innovation ? A coup sûr. Là où l’innovation est exclusivement du coté de l’Etat en France, celle-ci est largement laissée au privé de l’autre coté de l’Atlantique (au sens large, les fondations, ONG et autres non profit se ruent actuellement sur ce secteur). Le résultat sera, à coup sûr, la création d’un écosystème d’innovations autour des données des administrations publiques. On peut s’attendre à voir le même phénomène que celui qui a accompagné l’adoption de standards ouverts et de l’open source dans le monde de l’internet. Derrière Yahoo et Google, par exemple, se trouve un riche écosystème d’innovations qui a donné naissance à une multitude de startups proposant des services innovants, que ces géants étaient bien incapables de faire éclore en leur sein. C’est ce type de dynamique que souhaite voir apparaître les différentes administrations nord américaines en se lançant dans de tels programmes, et c’est une dynamique qui ne verra pas le jour en France.

Là où la France informatise et internetise une administration conçue à l’âge de l’imprimerie, les USA et le Canada conçoivent un système d’exploitation radicalement nouveau, destiné à mettre en place un écosystème au sein duquel est censé éclore de nouveaux modes de relation entre Etat et citoyens (ou d’autres choses, comme les relations entre Etats et entreprises, la collaboration inter administrative, vraisemblablement à terme inter Etats, etc). La conception des ‘logiciels’, c’est à dire l’eAdministration, n’est pas vraiment – dans l’approche américaine – du ressort de l’Etat.

Libéralisme ? Oui, c’est certain, l’approche américaine de l’eAdministration, largement crowdsourcée sur la base d’une eDemocratie (notez la différence : applicatif vs. système d’exploitation), est une vision très libérale du rapport entre démocratie et citoyen, mais l’approche Française, si elle a le mérite (est-ce un mérite ?) de repousser le libéralisme Yankee, bloque de facto toute innovation (à moins de considérer que la centralisation est propice à l’innovation, ce qui n’a jamais été démontré jusqu’ici, cf. Quaero et autres initiatives désastreuses se basant sur ce principe).

Au final, à l’heure ou le libéralisme économique est largement remis en cause partout sur la planète, c’est une autre forme de libéralisme qui se fait jour, et surprise, sont bras armé s’appelle Open Source et philosophie du Libre. Une gifle pour ceux qui pensaient voir dans la philosophie du partage de l’abondance numérique une résurgence Marxiste à combattre d’urgence. Les préjugés d’hier on décidément bien du mal à s’appliquer aux réalités d’aujourd’hui.

Si cette opposition résultait d’une divergence de vues entre les deux Etats qui ont servit de modèle à la plupart des démocraties du XXe siècle, on pourrait se perdre dans des débats sans fin, mais la triste réalité est plutôt une opposition entre une vision initiée par Obama et qui s’écrit sous nos yeux, et une cécité totale des dirigeants Français (toutes tendances confondues) face aux enjeux et aux potentiels qu’offrent la technologie et son arrivée brutale dans le champ démocratique.

Les média ont souffert d’une telle cécité quand les technologies sont arrivées dans leur champ de vision, et l’on voit aujourd’hui où cela les a mené. L’industrie culturelle également. Si ces deux derniers peuvent passer par des phases de destruction créatrice sans remettre en question l’avenir de l’humanité, il en est tout autrement de la démocratie.

L’Europe (encore elle) contredit l’approche Française

L’autre point soulevé, lors d’un diner avec les dirigeants du Social Media Club, est la différence de maturité entre l’Europe et l’Amérique dans la construction d’un supra-etat fédéral (au sens d’un futur supra-état USA-Canada-Mexique) : alors que l’Europe en est à ses balbutiements, les Etats-Unis sont un état fédéral mature depuis bien longtemps et ont accumulé deux cents ans d’expériences (et de déconvenues) en la matière.

L’approche Française dans la construction, non pas d’une eDémocratie mais – à défaut – d’une eAdministration, n’a pas d’avenir dans une Europe où la nécessité d’une uniformisation, et plus encore d’une interopérabilité sera un nécessaire socle fondateur à une eDemocratie Européenne, le récent mouvement coordoné (ou spontané, allez savoir) des Etats-Unis et du Canada devrait ici servir, si ce n’est de leçon, du moins de signal d’alerte. Les développements en cours, dans une perspective Européenne à long terme, sont destinés à devenir obsolètes et caduques, là où l’approche américaine prend en compte – ne serait ce que par l’adoption de standards ouverts – cette dimension du problème.

Pire encore (ou mieux, c’est selon), les développements américains sont – par la nature même de l’open source – appelés à se développer ailleurs que sur le continent Américain, avec deux effets concomitants : une baisse des coûts de développement (ou tout du moins un partage de ceux-ci) pour l’Amérique du nord, et une interopérabilité mondiales des eDémocraties construites sur cette base. Là encore, la France risque de se retrouver sur le coté de la route – si c’est encore demain une démocratie moderne, c’est à dire si son modèle démocratique à réussi à faire la douloureuse transition entre Gutenberg et internet. Autant dire que c’est très mal parti.

Au final, on trouve derrière les enjeux de l’eDemocratie, une certaine constance de la part des Etats-Unis et de la France qui proposent, chacun de leur coté, deux visions radicalement opposées de l’avenir de la démocratie : Libre et ouverte pour l’un, surveillées, contrôlée et verouillée pour l’autre, mais les deux pays ont au moins ce mérite d’être, chacun dans son genre, à l’avant garde de l’innovation. Open Source d’un coté, Hadopi et Loppsi de l’autre, les deux approches sont aujourd’hui observées par de nombreuses démocraties dans le monde qui se demandent où se site leur avenir et quel modèle adopter. Une rivalité vieille de plus de deux cents ans, finalement, mais avec des modèles qui divergent de plus en plus.

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17 commentaires pour cet article

  1. Lame Spirale

    Je suis tout à fait d’accord sur le fond, moi même je cherche com­ment m’investir pour saou­ler l’Europe et la France a libé­rer tout ca (une piste pour­rait être okfn http://www.okfn.org/ qui semble être une ini­tia­tive euro­péenne, qu’en pen­sez vous ?)

    Mais par contre sur la forme : sans comp­ter le mot-valise eDe­mo­cra­tie, le mot démocratie

  2. Lame Spirale

    Pardon, j’ai fait TAB-ENTER sans faire exprès sur mon petit clavier.

    Je disais : le mot démo­cra­tie est uti­lisé 14 fois dans un petit texte comme celui ci. C’est pas que sur RRW, mais par­tout on cite ce mot, temps de crise oblige. Et fran­che­ment ca le dévalorise.

    Mais bref, le com­bat est impor­tant. Que faire ? Saouler nos élus ?

  3. Fabrice Epelboin

    Dévaloriser le terme démo­cra­tie en en par­lant… ???
    J’aurais ten­dance à dire que comme la Liberté, elle ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.

    En l’occurrence, cet article traite de l’impact de la démo­cra­tie sur inter­net et vice versa, je ne vois pas bien com­ment éviter d’utiliser ce terme (mais je suis pre­neur de suggestions).

    Sinon, l’OKFN me semble être une ini­tia­tive inté­res­sante, mais je n’en connais pas les détails.

    Pour ce qui est saou­ler la France, vous per­dez votre temps, par contre, en ce qui concerne l’Europe, vous savez quoi faire le 7 juin prochain ? /-)

  4. Lame Spirale

    C’est un bon exemple : le mot liberté. On a de liberté que par rap­port a quelqu’un d’autre. Il arrive de voir 2 par­ties s’opposer, cha­cune se récla­mant de sa liberté. C’est aussi un mot a uti­li­ser avec prudence.

    Pour la démo­cra­tie : le pou­voir au peuple, c’est un bien joli mot mais est ce que le suf­frage uni­ver­sel apporte vrai­ment le pou­voir au peuple par exemple? Pour ce sujet j’aurais plus mis en avance la trans­pa­rence, ou même la sur­veillance de nos elus, vu le bor­del qu’ils ont foutu avec la crise on veut gar­der un oeil sur eux, ou encore la réap­pro­pria­tion de NOS don­nées par NOUS.

    Je vou­drais sur­tout pas lan­cer un troll sur le mot démo­cra­tie mais je sens que c’est bien parti ^^

    Europe : quel parti recom­mande l’ouverture des don­nées ? J’ai cher­ché mais je n’ai pas trouvé. Par très bien foutu leur election …

    Petit vidéo pile dans le sujet : http://www.ted.com/index.php/talks/hans_rosling_shows_the_best_stats_you_ve_ever_seen.html
    20 mn en anlais, mais par un suedois

  5. Fabrice Epelboin

    Pour l’Europe, aucun parti ne recom­mande l’ouverture des don­nées, ils sont très loin de ce niveau de conscience face aux techno. Les plus avan­cées en matière de prise en compte de la tech­no­lo­gie pour construire l’avenir (par oppo­si­tion à leur bri­dage pour reve­nir au passé) sont sans conteste Europe-Ecologie ;-)

  6. Fabrice Epelboin

    via Twitter : bbois­sin @epelboin voir aussi: “Government Data and the Invisible Hand ” http://tinyurl.com/pqn3ed #transparency

  7. Laurent-Paul

    Merci pour cet article visionnaire… 

    Nous avons récem­ment affirmé (mal­heur à nous?) que le logi­ciel payant avait un ave­nir radieux sur notre blog (dans un cer­tain cadre !) : http://www.clir.fr/2009/05/open-source-logiciels-payants/

    L’Open Source d’après votre ana­lyse, est un moyen de mise en rela­tion plus effi­cace entre l’administration et ses admi­nis­trés… Renforçant ainsi peut-être la démo­cra­tie participative…

    Après, il ne faut pas perdre de vue que cette ouver­ture, sur­tout à l’heure de la crise, est moti­vée par une logique d’économie. Les admi­nis­tra­tions contractent habi­tuel­le­ment avec des entre­prises qui leur fac­turent très chers un ensemble de solu­tions logi­cielles de communication. 

    L’idée der­rière c’est de s’attaquer à un des aspects de la dette publique (faire des écono­mies d’échelle grâce aux logi­ciels libres). Et c’est vrai que de ce point de vue là tout le monde est fina­le­ment gagnant : plus de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, une com­mu­ni­ca­tion sim­pli­fiée avec les ser­vices de l’état, et peut-être en bout de chaîne, des impôts qui diminuent…

    Pendant ce temps en France, on arrête pas de dire que les caisses sont vides.. Pour une fois, ILS feraient mieux de s’inspirer de ce modèle..

  8. Tarik

    Article très com­plet, une ana­lyse très fines…
    Qu’est ce qu’on peut deman­der de plus.

    La France montre encore une fois son retard pour ce qui est de faire ren­trer les ins­ti­tu­tions de la répu­blique dans le 21e siècle.

    Pourtant les tech­no­crates ne manquent pas…

  9. Fabrice Epelboin

    @Laurent-Paul

    Ce n’est pas tant les écono­mies que pro­met l’open source que la col­la­bo­ra­tion qu’elle per­met de mettre en place qui est pro­met­teuse. Dans cet article, vous aurez noté qu’une muni­ci­pa­lité Canadienne déve­loppe des tech­no­lo­gies que des villes US vont pou­voir réuti­li­ser. A terme, on peut ima­gi­ner que les nations (démo­cra­tiques) avan­cées d’un point de vue eDe­mo­cra­tie par­ti­cipent toutes au pro­gramme open source (muni­ci­pal, natio­nal, etc).

    Il y a certes des écono­mies finan­cières, mais cela ne doit pas masquer la pos­si­bi­lité trans natio­nale de défi­nir l’avenir de la démo­cra­tie, pos­si­bi­lité que seul l’open source rend possible.

  10. Serge LEFORT

    Une ques­tion que je me pose depuis un cer­tain temps : pourquoi les jour­na­listes éprouvent-ils le besoin de créer des blogs alors qu’ils sup­portent dif­fi­ci­le­ment le débat d’idées qu’ils font pour­tant mine de susciter ?

    Ainsi, un cer­tain Alain Joannès a effacé rétro­ac­ti­ve­ment tous les com­men­taires, pos­té­rieurs au 6 mai 2009, de l’article La dyna­mique de dés­in­for­ma­tion sur les risques de pan­dé­mie. Voici la copie des com­men­taires réa­li­sée avant l’opération chi­rur­gi­cale de type stalinienne.

  11. Fabrice Epelboin

    C’est une bonne ques­tion, mais n’étant pas jour­na­liste, je ne crois pas être en mesure de vous appor­ter une réponse. J’aurais ten­dance à plai­der le fossé géné­ra­tio­nel, à vous ras­su­rer en vous disant que je connais beau­coup de jour­na­listes qui sont tout a fait ouvert au débat en ligne (allez faire un tour sur owni.fr, il y en a plein), et enfin, à vous ren­voyer sur Guillaume Narvic qui est très pro­li­fique sur le sujet.

  12. AbriCoCotier

    A la lec­ture de cet article, je me dit qu’en pre­nant du recul, on retrouve une carac­té­ris­tique bien française de com­plexité. En gros : l’administration française est une usine à gaz, donc pas éton­nant que les prises de déci­sion en matière d’eDemocratie le soient égale­ment (sauf qu’une usine à gaz, ça n’est jamais souple ni efficace…).

    Au contraire, l’administration amé­ri­caine a toujours voulu se mettre le moins pos­sible dans les affaires publiques (c’est son point de vue libé­ral qui veut ça) : cela se retrouve dans les posi­tion ouvertes (votes du Sénat amé­ri­cain en XML par exemple).

    Bref : une fois de plus, l’internet se fait miroir par rap­port à une situa­tion existante.

    Mézalor, me direz-vous : quel ave­nir ? Toujours pareil : autant aux états-unis, on pourra aller plus loin dans l’eDemocratie car les pres­ta­taires seront pri­vés et se bou­ge­ront le cul (mais en cas de pépin, il fau­dra s’en prendre à eux via des recours en jus­tice avec les limites que l’on sait), autant en France, on ira pas loin, et en cas de pépin, on fera… comme d’habitude (on gueu­lera contre l’état).

  13. Pierre Chicoine (Bibliofusion)

    Bravo pour ce billet qui per­met de relan­cer le débat sur le “libre”. En sou­li­gnant l’initiative d’une muni­ci­pa­lité il est pos­sible de faire avan­cer le dos­sier au niveau local. Ce qui démontre aussi com­ment tous les orga­nismes peuvent s’approprier la technologie.

  14. Fabrice Epelboin

    La séance du conseil muni­ci­pal de Vancouver durant laquelle le texte concer­nant open source et for­mats ouvert à été adoptée :

  15. Citoyen

    Le Député Sylvia Pinel, que Députés.Godillots.info, a « nominé » der­niè­re­ment, n’est pas seule­ment un ren­fort numé­rique (1) du PRG, elle est un sou­tien actif de Sarkozy !!!

    En pré­am­bule, il faut dire, que les Députés ont rai­son de craindre les « blogs poli­tiques » (DéputésGodillots.info, Antidote Démocratique Antisarkozy, etc.), pour ma part je suis convaincu, qu’à terme (grâce à la magie d’Internet, des moteurs de recherche, des mots-clefs, etc., les écrits « flat­teurs » sur cer­tains qui le méritent, et « ven­geurs » sur d’autres qui le méritent aussi, res­tent sur la toile, à la dis­po­si­tion des élec­teurs, ils par­ti­cipent — selon le même prin­cipe que la publi­cité, plus c’est vu, plus c’est assi­milé ! -, à réta­blir des véri­tés, à com­pen­ser l’hyperactivité « blo­geuse », de François Fillon – et des autres ! -, qui débite, un à deux articles par jour sur son blog, pour « enfu­mer » le qui­dam, ce n’est plus un pre­mier ministre, c’est un blo­geur pro­fes­sion­nel !), les blo­geurs poli­tiques actifs comme nous, par­ti­ci­pe­ront à faire battre, et à faire élire, les poli­tiques (Présidents, Députés, etc.)… 

    Dans l’optique de faire connaître, pour ce qu’elle est, Madame le Député Sylvia Pinel, qui appar­tient à un parti soi-disant de Gauche, aux élec­teurs de la 2eme cir­cons­crip­tion du Tarn-et Garonne, et à tous les Français, il faut rap­pe­ler, qu’à chaque fois qu’il y a une consul­ta­tion impor­tante, que ce soit la révi­sion de la consti­tu­tion, ou la loi Hadopi (Halte Aux Droits des Opposants de la Politique Impérialiste), le vote de Madame Pinel (pour ou abs­ten­tion), per­met que les lois que la Gauche com­bat, soit votées…

    La suite de l’article citoyen, c’est sur Antidote Démocratique Antisarkozy, c’est facile à trou­ver sur Google, ailleurs, c’est là :

    http://rpubliquejetaime.typepad.fr/

  16. Clochix

    Excellent article, mais cepen­dant un peu trop angé­lique sur la volonté des USA de faire naître une démo­cra­tie. C’est une vision trop étroi­te­ment tech­no­phile, qui fait abs­trac­tion de tout un pan de l’histoire étasu­nienne, de leur volonté d’imposer leur modèle écono­mique à coup de napalm, de coup d’états pour rem­pla­cer des démo­cra­ties par des dic­ta­tures (le 11 sep­tembre 1973 Pinochet, sou­tenu par les USA, assas­si­nait la démo­cra­tie chi­lienne), etc. Quant au réseau, avec des lois comme le Patriot Act, je pense que la volonté de le sur­veiller, contrô­ler et ver­rouiller est aussi très pré­sente outre-atlantique. Et le vote du pro­chain bud­get du Pentagone n’annonce aucune rup­ture de la part d’Obama.

    Au final, il n’y a que très peu de dif­fé­rences entre l’approche des USA et celle de la France : un état réga­lien fort uti­li­sant cette force pour impo­ser un modèle écono­mique. L’attitude vis à vis de la “démo­cra­tie” en ligne est réduite à du packa­ging, à la façon d’emballer un concept mar­ke­ting. Mais il n’y a pas de réflexion sur la manière d’utiliser la tech­no­lo­gie pour per­mettre aux sys­tèmes poli­tiques d’enfin deve­nir démo­cra­tiques, c’est à dire de per­mettre aux citoyens de déci­der de leurs vies.

  17. Fabrice Epelboin

    Pas faux, c’est un peu angé­lique… je me rat­tra­pe­rais lundi avec un article moins enthou­siaste sur data.gov ;-)

    Ceci dit, com­pre­nez que j’écris tout cela vu de France, et que, non, mal­heu­reu­se­ment, il y a un fossé démo­cra­tique gran­dis­sant entre les deux pays. L’un conti­nue sur la voie d’une démo­cra­tie moderne, avec, c’est sûr, beau­coup d’accros aux idéaux, l’autre, pour­tant ber­ceau de la démo­cra­tie dans le monde et pays de la révo­lu­tion démo­cra­tique, va tout droit vers la cen­sure, le contrôle et la sur­veillance. Croyez moi, vu de France, la dif­fé­rence est énorme.

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  1. CLIR » Idée reçue numéro 34 : l’Open Source va remplacer les logiciels payants :

    […] connexe : Et si L’Etat et ses ser­vices publics choi­sis­saient l’Open Source […]

  2. Québec libre « BiblioFusion – Mettre en Fusion les passions de la “Communauté bibliothèque” :

    […] Québec libre 19 mai, 2009 — PLC — Bibliofusion (Via ReadWriteWeb France) […]

  3. Rebondissements dans l’affaire opposant la député Sylvia Pinel et le blog deputesgodillots.info | ReadWriteWeb France :

    […] Les créa­teurs du site s’étaient déjà fait remarquer à l’Assemblée Nationale lors du débat Hadopi, où ils s’étaient vu refu­ser l’accès — pour­tant ouvert au public — aux tri­bunes de l’assemblée s’ils étaient munis de l’indispensable trom­bi­no­scope, sans lequel il leur était impos­sible de noter de façon pré­cise le détail des inter­ven­tions de chaque député. Ce n’est, de toutes évidence, pas la pre­mière fois que l’Assemblée Nationale tente de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui tentent de for­cer la démo­cra­tie Française à plus de transparence. […]

  4. Québec pourrait-elle devenir une ville 2.0? — Nicolas Roberge, observations et conseils sur la technologie :

    […] entendu par­ler des der­nières ini­tia­tives de la Ville de Vancouver? Une motion a été dépo­sée au conseil muni­ci­pal dans le but d’adopter une poli­tique d’ouverture des systèmes […]

  5. Une semaine sur la toile. « La vie mobile. :

    […] Qui écrira la démo­cra­tie élec­tro­nique de demain ? Oui, qui? […]

  6. A lire ailleurs du 18 au 29 mai | traffic-internet.net :

    […] . ReadWriteWeb France : Qui écrira la démo­cra­tie élec­tro­nique de demain ? La muni­ci­pa­lité de Vancouver vient de publier une série de mesures pour adop­ter des stan­dards ouverts et déve­lop­per la mise à dis­po­si­tion de don­nées au public. D’autres villes –Washington, Portland, Toronto… — ont exprimé leur inten­tion d’adopter une poli­tique “libre” pour leurs infor­ma­tions et leurs don­nées, ainsi que les projets fédé­raux du gou­ver­ne­ment Obama. “Le stan­dard ouvert et open source amé­ri­cain sera-t-il le stan­dard de la démo­cra­tie élec­tro­nique de demain ?”, s’interroge non sans rai­son Fabrice Epelboin… et créera-t-il un écosys­tème d’innovation autour des don­nées des admi­nis­tra­tions publiques ? “Open Source d’un coté, Hadopi et Loppsi de l’autre, les deux approches sont aujourd’hui obser­vées par de nom­breuses démo­cra­ties dans le monde qui se demandent où se site leur ave­nir et quel modèle adop­ter. Une riva­lité vieille de plus de deux cents ans, fina­le­ment, mais avec des modèles qui divergent de plus en plus.” […]

  7. A lire ailleurs du 18 au 29 mai | MKT planet - News Web Marketing - Nouvelles Technologies :

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