Tim Berner Lee, l’homme qui a inventé le web, certainement l’invention qui a eu le plus d’impact sur l’humanité ces 50 dernières années, est aujourd’hui l’un des plus grand défenseurs non seulement de l’ouvertures des données gouvernementales telles que Data.gov, mais également de l’ouverture au public de tout type de données suceptible d’être manipulée, analysée, transformée ou “mashupée”.
Le gouvernement Obama a fait de belle promesses en la matière, mais désormais, avec Tim Berner Lee à ses cotés, c’est le gouvernement Britannique qui prend la tête de la course.
Des données gouvernementales libres et ouvertes, c’est un surcroît de responsabilité à assumer pour les politiques, et l’arrivée de services innovants pour le public. Si la recherche est la “killer app” pour l’écosystème informationnel constitué par les pages web et les liens qui les relient, si l’email a été la “killer app” des protocoles de messagerie ouvertes, une killer app similaire pourrait bien être construite par dessus l’écosystème constitué par la mise à disposition d’une énorme quantité de données gouvernementales, qui pour l’instant demeurent jalousement enfermées. Cette killer app pourrait bien être le début d’un renouvellement complet de la notion de service public, quelque chose de profondément disruptif.
L’administration Obama, pour l’instant, n’a pas donné pleinement satisfaction quand il s’agit d’ouvrir les données gouvernementales US. L’arrivée de Data.gov a été célébré aux quatre coins de la planète, mais il s’est avéré limité en terme d’offre. Le sénat américain, contrôlé par les démocrates, a mis à disposition l’historique des votes de ses membres dans un format XML, ce qui est un progrès fantastique (on attends cela pour la France), mais quand le premier CTO (Chief Technical Officer) de l’histoire du gouvernement américain a passé une audition au congrès, il n’y a pas eu une seule question sur la transparence des données fournie, ce qui est pour le moins dérangeant.
La Maison Blanche a déclaré mardi dernier qu’elle avait bien entendu l’appel fait pour une API plus ouverte (permettant d’accéder à des données gouvernementale ouvertes, elles aussi), on peut dont s’attendre à un mouvement du coté des Etats Unis dans peu de temps. De son coté, le CIO (Chief Information Office) du gouvernement Américain, Vivek Kundra, a écrit lundi dernier un billet d’une grande qualité sur les défis et les opportunités qui s’offrent à un gouvernement qui ouvre ses données au public.
Mais le fait que Tim Berner Lee collabore avec le gouvernement anglais pour participer à ses efforts en matière d’ouverture de données devrait donner à ce dernier un avantage considérable. Dernièrement, Tim Berner Lee a fait la Une pour avoir tenté de convaincre lors d’une conférence TED de l’accompagner dans l’aventure de l’ouverture des données.
Avec une telle personnalité dans son camp, le gouvernement Anglais vient de prendre la tête de la course de l’eDemocratie. Je vous ferais grâce d’un long couplet sur la situation Française, avec une NKM tentant de faire face, seule, à son propre camp presque unanimement en faveur du contrôle autoritaire plutôt que de l’ouverture, la France semble prendre une toute autre direction. Sommes-nous en train de voir se dessiner sous nos yeux un véritable clivage politique, aussi profond que celui qui opposa au XXe siècles les régimes autoritaires et les démocraties ? C’est bien parti.
envoyé par Cyno. – Les derniers test hi-tech en vidéo.
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12 juin 2009 à 17:13
La version sous-titré français c’est par là (à mettre en HQ pour plus de lisibilité).
Déjà que le web 2.0 fait peur à la plus part des politiques alors le web sémantique, j’imagine même pas si on leur expliquait…
13 juin 2009 à 13:03
@nicolas Done, j’ai mis la version Dailymotion (pas sur de sa légalité, mais je doute que TED montre les dents).
Je crois en effet qu’il est préférable de ne pas expliquer cet aspect du web aux politiques, oui. Ni aux media. Imagine qu’ils réalisent ce que Reuters est en train de faire derrière leur dos ;-)
On va garder ça pour nous pour l’instant /-)