Le gouvernement Allemand – une alliance sociaux-démocrate et conservateurs - est sur le point de censurer l’internet. Jeudi, le parlement devrait voter la mise en place d’un système de censure, avec une stratégie de communication qui préfigure ce qui va arriver en France d’ici peu de temps.
Le ministre des affaire familiales, Ursula van des Leyen a commencé l’offensive sous le prétexte, là bas comme ailleurs, de bloquer l’accès aux contenus pédo pornographiques. L’office d’investigation criminel sera chargé de maintenir une liste des sites à censurer (en France, ce sera le ministère de l’intérieur).
Les rangs des opposants à la censure ne cesse de grossir à travers la communauté internet Allemande, et ne sont pas limités, loin de là, aux seul cyber-activistes, mais s’étendent à l’ensemble de la bloggosphère et de la Tweetosphère.
Une pétition en ligne, ainsi que des manifestations ont eu lieu, et les média on couvert l’événement (en France, il a fallu attendre le vote surprise contre Hadopi pour que les média cesse leur blackout à ce sujet). Près de 500 manifestant se sont rendus à la conférence de presse que le gouvernement tenait au sujet de la censure d’internet.
La communauté internet ne s’est pas contentée de s’opposer au gouvernement, elle a également fait des propositions constructives sur la façon de traiter le problème de la pédo pornographie sans avoir recours à la censure, en faisant par exemple disparaitre, en guise de démonstration, 60 sites pédophiles en moins de 12 heures, simplement en inondant d’emails de protestation les hébergeurs étrangers. Sites qui avaient été identifiés via les fuites réalisées par Wikileaks des listes de censure de gouvernements étrangers.
Un groupe de travail a été formé, utilisant un Wiki pour rédiger leurs travaux, ainsi qu’une mailing list, et bien sûr des blogs et Twitter pour diffuser leurs opinions. Très similaire à l’initiative du réseaux des pirates Français formé à l’occasion de la lutte contre Hadopi (disclaimer : je suis l’un des fondateurs du réseau des pirates)
La plus grande crainte des manifestant et des opposants à la censure, en Allemagne comme en France, est qu’une fois la liste des sites pédophiles à censurer établie, ne s’y ajoute d’autres sites sans le moindre rapport, qui ont pour seul tord de ne pas plaire au gouvernement.
C’est par exemple ce qui s’est passé en Australie où 68% des sites censurés n’ont aucun rapport avec la pédophilie. Une information qui n’est apparue – pour l’instant – nulle part dans les média Français.
(image CC par Stephan Luckow sur Flickr)
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16 juin 2009 à 15:13
“Une information qui n’est apparue — pour l’instant — nulle part dans les média Français.” : Quels média ? Ceux qui sont pour Hadopi, et qui ont pignon sur rue (+ des cartes de presses ? http://twitter.com/epelboin/status/2192482376 )
16 juin 2009 à 15:19
Ceux qui flippent… Ils ne sont pas tous pro Hadopi, loin de là, ils ont peur pour leurs jobs. Ca peut se comprendre, mais c’est un peu triste…
16 juin 2009 à 15:20
Bonjour,
Rien à voir avec la news mais la section archive n’a t-elle pas un problème?
http://fr.readwriteweb.com/archives/
16 juin 2009 à 15:21
@jb oui… effectivement… le site va etre intégralement refait sous peu ;-)
16 juin 2009 à 21:00
Si en Europe la censure commence à faire rage, j’espere bien qu’une bande de hacker va foutre un beau bordel là dedans !
16 juin 2009 à 21:02
L’Allemagne étant une grande nation de hackers, tu peux compter dessus, mais cela ne va pas résoudre le problème pour autant :(
17 juin 2009 à 11:05
“en faisant par exemple disparaitre, en guise de démonstration, 60 sites pédophiles en moins de 12 heures, simplement en inondant d’emails de protestation les hébergeurs étrangers.”
La même action doit être réalisable en France nan ? Bien relayée coordonnée par tweeter/ facebook et relayé par ecran/numérama/ la quadrature, ya moyen d’apporter un argument de plus à l’opposition (coucou m. Bloche!) et de peut-être réveiller les médias traditionnel non ?
17 juin 2009 à 11:15
tu lis dans mes pensées :)
Laisse nous le temps de nous organiser et de rencontrer les allemands pour avoir un retour d’experience :)
Une telle initiative a du sens a un niveau Européen.
17 juin 2009 à 11:31
C’est quoi leur délire. Maintenant qu’internet c’est bien développé ils veulent le restreindre et limiter ses actions. De se que je me souvienne, les téléchargement sur internet existe depuis le début.
17 juin 2009 à 13:40
heureusement que je ne suis ni allemand ni français !! :)
17 juin 2009 à 16:13
Fabrice, le même mouvement commence en Suisse également. Il n’émane pas des politiques mais de la justice: le tribunal administratif fédéral a donné raison à Logistep contre l’administration fédéral (plus précisement le préposé à la protection des données) sur la traque contre le piratage.
Logistep traque les adresses IP des internautes actifs sur les sites de partage de fichiers puis la société transmet ces données aux sociétés détentrices des droits d’auteur ou à leurs représentants, qui déposent plainte.
Il y a évidemment un recours contre cette décision en préparation par l’administration concerné. De plus, un parti des pirates sur le modèle suédois est en train de se créer. Affaire à suivre.
17 juin 2009 à 16:28
Internet Censorship in Germany: already 130k people have signed a petition against the law => http://bit.ly/mqDpJ #zensursula via @mrtopf