Twitter déborde de Retweet, hashtags, et d’information sur tous les faits et les contradictions autour d’un seul sujet : la réélection supposée frauduleuse, et les voix que l’on dit disparues du candidat Mir-Hossein Mousavi.
Au lendemain des élections, quand les résultats ont annoncé la victoire de Mahmoud Ahmadinejad, le buzz dans les média sociaux a soudainement tourné à la colère quand une question a commencé à dominer : Ou est ma voix ? Un site web, plusieurs page Facebook, bientôt suivies de milliers de Tweets ont mis au courant tous les utilisateurs de média sociaux au moment même où le gouvernement Iranien répondait par la censure.
Une mise à jour reportée
Sur le blog officiel de Twitter aujourd’hui, le cofondateur Biz Stone annonçait qu’une maintenance du réseau sur lequel est hébergé Twitter, qui aurait du rendre le service inaccessible pour quelques temps, allait être reportée.
“Nous avions prévue cette maintenance pour ce soir” écrit Stone, mais “nos partenaires de NTT America on reconnu le rôle que joue Twitter comme outil de communication en Iran… Nos partenaires prennent un risque conséquent, pas seulement pour Twitter, mais également pour les autres services qui utilisent leur réseau à travers la planète. Nous les remerçions d’être aussi souples face à une situation aussi rigide. Nous avons choisi NTT America comme hébergeur l’année dernière pour leurs antécédent de sérieux et de fiabilité, ainsi que leur vision globale”.
Les citoyens utilisent désormais Twitter pour rendre compte de l’actualité et s’informer.
Les média d’information ayant échoué à le faire, du moins au yeux des utilisateurs, pour donner des comptes rendus détaillés de la situation en Iran dans les jours qui ont suivit l’élection, les citoyens Iranien, la diaspora et ceux qui souhaitaient s’informer sur la situation se sont tournés vers internet pour rendre compte de l’actualité, chacun y exprimant son point de vue. La multitude de Tweets en provenance d’Iran peut prêter à confusion, ils manquent souvent d’objectivité et peuvent être contradictoires. Peu d’entre eux émanent d’une source clairement identifiée, mais quoi qu’il en soit, le flux de Tweeter est devenu l’endroit où partager des liens et rendre compte de ce qu’il se passe en Iran.
Bien que non vérifiables pour l’instant, une vastes majorité des tweets que nous avons vu passer rendent compte de violences militaires vis à vis des manifestants.

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aucoup d’autres tweets renvoient à travers un lien vers des témoignages photos ou vidéos, qui tendent à confirmer les propos des tweets.
La censure Iranienne du web social
Bien que Twitter et Facebook sont tout deux censés être bloqués en Iran depuis le 23 mai, avant les élections, beaucoup d’Iranien ont trouvé un moyen pour continuer à utiliser le web social pour diffuser leur version de l’histoire et “devenir média”.
Le Wall Street Journal rapportait hier que beaucoup d’habitant Iraniens s’en remettaient à des proxy situés à l’étranger pour continuer à accéder à l’internet, mais ceux-ci étaient, les uns après les autres, également bloqués. Beaucoup en Iran demandent désormais à leurs compatriotes de ne pas communiquer publiquement les adresses de proxies et de le faire par email pour plus de discrétion.
Hashtag bloqués, geotargeting et autres désinformations
Beaucoup de témoignages rapportent également que le gouvernement Iranien a réussi à bloquer le hashtag #iranelection. En réaction, les utilisateurs se sont mis à utiliser d’autres hashtag comme #green ou #iran9. Selon certains, il est toutefois peu probable que l’Iran ait réussi à bloquer un hashtag, et selon toute probabilité, c’est la totalité du service qui aurait été bloqué si cela avait été possible (l’utilisation intensive des API de Tweeter pour y accéder doit, on imagine, poser des problème insoluble aux censeur Iraniens).
Beaucoup d’utilisateurs de Twitter ont changé dans leur profil Twitter leur localisation et leur fuseau horaire pour faire croire à leur présence en Iran. Certains y voient un signe de solidarité, d’autres pensent que c’est une façon de provoquer la panique dans l’esprit du gouvernement Iranien.
Comme le commente un utilisateur – que beaucoup approuveraient sans doute, “La plupart des gens qui utilisent Tweeter sont des abrutis”.
Changer un avatar et sa position géographique a peu de chance d’affecter le gouvernement iranien, c’est au mieux un signe lancé à ceux qui vous suivent d’une solidarité affichée avec les insurgés Iraniens.
A l’heure où le conflit continue, les utilisateurs de twitter se voient rappeler partout sur le réseau que l’information la plus utile à partager est celle qui est vérifiable, et qui a donc le plus de chance d’être exacte. Une fausse information retweeté à plus de chance de causer du tord à la cause des insurgés qu’autre chose. C’est en quelque sorte une nation tout entière qui se forme sur la tas aux rudiment du journalisme.
Alors que la télévision avait joué un rôle central dans l’effondrement du bloc de l’est à la fin du XXe siècle, il est désormais clair que c’est internet qui dans les révolutions à venir tiendra la première place.
(traduction et adaptation d’un article de Jolie O’Dell, photo d’ouverture CC-by de Faramarz prise hier)
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16 juin 2009 à 9:41
Et pour couronner le tout, il semblerait qu’une multitudes d’attaques de pirates soient en cours contre tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un site official Iraniens. Beaucoup ont été réduit au minimum, plus de fonctionnalité de recherche, souvent de simple home statiques, et même là, ils ont du mal à tenir sous les attaques répétés.
A la censure, les pirates répondent à une nuée d’attaques qui mettent le gouvernement iranien dans l’incapacité totale de communiquer lui même sur internet… Il ne lui reste plus que les onde hertzienne pour faire cela, ce qui ne va pas renforcer la crédibilité de la télévision…
Le site du président Ahmadinejad, par exemple, est DOS répétées… http://www.ahmadinejad.ir/
16 juin 2009 à 9:42
Oui, avec internet, Tien An Mem aurait pu connaître une issue différente. C’est vrai aussi pour le Chili en 1973 et combien d’autres… en ce qui concerne les manipulations par diffusion de fausses nouvelles, cela n’est pas nouveau. Les rumeurs, les libelles ont toujours existé. Il est bien possible que Twitter, par exemple, soit un champ de précision et de rectification très rapide et très éfficace.
16 juin 2009 à 9:47
Pour l’instant, pas de Timisoara en vue, et ce malgré — il faut le reconnaitre — un bruit dont il est très difficile d’extraire un signal…
Assez fascinant de voir ce qui sera peut être la première e-révolution du XXIe siècle se dérouler sous nos yeux…
16 juin 2009 à 9:51
ça donne même le vertige ! Depuis Dimanche, c’est incroyable. Une chose importante aussi c’est que les iraniens savent que le monde sait et suit ce qui se passe…
Tout interragit…
16 juin 2009 à 11:00
Ce qui est certain, c’est que cette e-révolution marque la fin d’une ère en termes de censure de l’information. Si la valeur de l’information véhiculée sur twitter est parfois contestable, la portée symbolique du mouvement est indéniable.
Ce qui est nouveau également, c’est que l’effet d’entraînement et de solidarité créé par les iraniens sur les réseaux sociaux ignorent les frontières et les différences de classe. Ce sont ainsi des milliers d’anonymes, partout dans le monde, qui ont retwitté (relayé) l’appel fait à Twitter de post-poner son opération de maintenance. Le fait que le #nomaintenance ait été entendu est un témoignage tangible de la puissance d’un internet user-driven quand s’y lève une lame de fond de cette ampleur. Vive les gazouillis révolutionnaires !
16 juin 2009 à 11:32
Encore une belle démonstration de la puissance d’Internet et une raison supplémentaire de le considérer comme un outil indispensable de la liberté d’expression et de communication (n’est-ce pas Mr Gainot).
On comprend encore davantage l’obstination de notre gouvernement à faire main-mise sur le réseau et à multiplier les campagnes de publicité anti-internet pour juguler l’expansion de ce média bien trop indépendant pour notre omni-président.
16 juin 2009 à 11:36
Gainot n’a pas d’ordinateur, juste un téléphone et un secrétariat. Il n’a pas le moindre début d’idée de tout cela.
D’ici une semaine ou deux, il aura probablement une note des RG lui disant que c’est ce genre d’organisation face à laquelle il devra lutter lors des prochaines révoltes étudiantes… Mais il n’achètera pas d’ordinateur pour autant… Pas même évident qu’il remettra en cause Loppsi…
16 juin 2009 à 13:11
flickr semble ne pas être en reste aussi ;
comme quoi la photo .…
Petite démonstration ici :
http://www.jimiishappy.com/JimiIsHappy_Player.html?idUser=450&numeroClip=1
24 juin 2009 à 13:27
fuck you C.I.A !! you are manipulating the rioters perfectly using their mobiles and the internet to urge them for devastating their own democracy,(Poor guys).
the USA and UK are afraid of the real democracy in Iran.and instead, they rather want a democracy that sweeets their inetrestsand those of israel the greatest evil in the history!!