Longtemps blacklisté par les grands éditeurs Français, Google étant pour le monde de l’édition et de la presse l’ennemi désigné, le livre ‘What Would Google Do’ de Jeff Jarvis sort enfin en France (après avoir été publié quasiment partout ailleurs).
A l’argument que le sujet n’intéresse personne, longtemps posé par les partisans de la dénonciation d’un faux complot, on les laissera méditer sur le nombre impressionant de livres publiés sur Google (ne serait-ce que depuis la date où les grands éditeurs ont refusé de le sortir en France) pour se recentrer sur le sujet de ce livre : plus clair dans la traduction qui a été faite de son titre : La méthode Google.
Le parti pris de Jeff Jarvis n’est pas tant de chanter les louanges de Google, mais d’explorer comment la stratégie mise en oeuvre par le moteur de recherche pourrait s’appliquer à d’autres secteurs d’activités : média, restauration, énergie, automobile, télécom, immobilier, banque, assurance, et j’en passe. Forcément, cela dérange, et cela remet gravement en question des modèles économiques et de organisation qu’on aimerait croire éternels.
« Google n’est pas l’ennemi. Google est la clé de la compréhension de la nouvelle économie et du nouveau monde qui s’ouvre » explique Jeff Jarvis à ceux qui s’entêtent à désigner la plus grande réussite entrepreneuriale du XXIe siècle comme une menace. Si menace il y a, ce n’est pas là où ses détracteurs la dénonce qu’il faut la chercher, mais plutôt dans la remise en question des préjugés qui gouvernent les entreprises actuelles. Certaines, pourtant, font preuve d’un rapport différent avec l’innovation – le véritable moteur de Google – et voient dans l’exercice de style de Jeff Jarvis un électrochoc salvateur. Ainsi, Franck Riboud, PDG de Danone, qui a écrit la préface de l’édition Française n’hésite pas a dire que « Google nous rappelle que si l’on veut changer les règles du jeu, on doit construire sa réussite sur le risque de l’expérimentation ».
A l’heure ou l’économie mondiale, selon beaucoup d’expert, doit se reconstruire sur un modèle de réseaux d’entité légère et volatiles, se recomposant au gré des projets et des opportunités, imaginer que les méthodologies mise au point par Google pourraient s’étendre à bien d’autres choses que Google, tout comme celles de l’Open Source hier, est frappé du bon sens.
Si vous voulez comprendre pourquoi les maîtres de l’édition et des média ont tout fait pour barrer la route à la sortie du livre de Jeff Jarvis, il n’y a qu’une solution : le lire.
La Méthode Google de Jeff Jarvis. Coédité par Télémaque et faberNovel. Format : 145 x 215mm. 400 pages. Prix : 22 euros. ISBN : 978 2 7533 0091 0
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04 juillet 2009 à 17:37
Je viens de le commander :)
04 juillet 2009 à 19:28
22€ c’est cher tout de même.
Je suis tiraillé entre l’envie de l’acheter et celle de ne pas cautionner un tel prix.
04 juillet 2009 à 19:30
Petite maison d’édition, petit tirage du fait que bien sûr ce livre ne bénéficiera pas de promo… Honnêtement, c’est le prix… Je doute fort que qui que ce soit se fasse de l’argent la dessus.
04 juillet 2009 à 19:51
Le livre est tres largement mis en avant à la FNAC où je l’ai acheté. Bien meilleure mise en avant que d’autres sur le même sujet. On en a déja discuté, les fadaises sur le blacklistage, le complot des éditeurs, la censure ne reposent sur rien. C’est juste un livre parmi d’autres, sur Google d’un auteur méconnu en France. Ceci étant dit Jeff mérite d’être publié et je n’ai pas de doute sur sa qualité. Comme je pense que le défaut de Jeff Jarvis réside dans son absolu manque de sens critique vis à vis de Google je vais quand même vérifier en le lisant..
04 juillet 2009 à 19:56
Je t’invite à discuter de ces ‘fadaises’ avec Jeff, qui n’est pas du tout d’accord avec toi la dessus…
Pour avoir vu de près le blacklistage de Hadopi dans la presse Française, personnellement, j’ai tendance a croire que l’édition peu faire de même (à moins que ce soit également des fadaises ? Là j’ai des dizaines de témoignages de journalistes sur ce sujet ;-)
04 juillet 2009 à 20:13
Dans ce cas prouve-le. Tout ceci est ridicule mais sert surtout à créer le buzz. On peut parfaitement saluer le travail de Jarvis sans se ridiculiser avec ces théories. Il y a un grand nombre de livres sortis sur Google au cours des dernières années, positifs ou non, et s’agissant d’ouvrages de réflexion ils ne parviennent pas à toucher un grand public.
En tout cas je reconfirme ici la mise en avant du livre qui occupe une place inhabituelle pour ce type de tirage. Je le précise ici pour les andouilles qui reprendraient la théorie du complot puisque j’ai déjà vu deux ou trois naïfs qui ont plongé dans cette histoire.
04 juillet 2009 à 20:23
Prouve quoi ? La censure de la presse Française sur Hadopi jusqu’au dernier moment ou celle de l’édition Française sur le livre de Jeff ?
Pour ce qui est du premier point, franchement, je n’ai meme pas eu d’opinion contraire qui a osé m’affirmer le contraire (pas même toi ;-), pour ce qui est du second point, je t’invite encore une fois à lire ce qu’en écrit Jeff Jarvis :-)
Pour ce qui est d’accuser RWW de faire du buzz, franchement, si c’est ça ton argumentation, c’est un peu faible… On a fait du buzz sur quoi ? Hadopi ? Loppsi ? Frédéric Lefbvre… ha… oui… là… en effet, on a fait du buzz.
Quand à traiter d’andouille ceux qui n’ont pas la même opinion que toi… bon… en même temps, c’est ton genre (note pour ceux qui ne connaissent pas Emmanuel : il est beaucoup plus sympa qu’il n’y parait et il a le mérite, et surtout très intelligent, un peu comme Pascal Rogard, il aime jouer les bad guys)
04 juillet 2009 à 20:25
http://www.buzzmachine.com/2008/12/16/try-life-without-google-france/
(pour ceux qui voudrait avoir l’avis de l’auteur du livre — quitte a devenir des andouilles)
04 juillet 2009 à 20:31
La censure sur Hadopi??? Tu veux dire pour relayer les positions des anti hadopi? Je n’ai pas ce sentiment (de censure en tout cas), de frilosité certainement. Quant au buzz je ne pensais pas à RWW mais Jeff Jarvis maitrise bien l’art de faire parler de lui, et l’admet volontiers. Quelques positions outrancières valent toutes les campagnes de com. Le marché des conférences aux US est tres concurrentiel tu sais…
04 juillet 2009 à 20:37
Pas de censure Hadopi ? Tu plaisante j’espère. J’ai une compta particulièrement précise des articles concernant Hadopi avant le coup du PS à l’assemblée.
Les seuls à avoir été frileux, c’est typiquement CNET/ZDNET, mais ils ont au moins évoqué le sujet, pour ce qui est du reste (Le Monde, Figaro, etc, etc, etc, presse, TV, radio), c’est une censure claire et nette.
J’attends avec impatience le statut de presse pour RWW (merci, au fait, c’est un peu grace à toi et l’article 212 de Hadopi qu’on va pouvoir récupérer cela et avoir une protection des sources), pour publier une multitude de témoignages de journalistes ayant proposé le sujet et à qui leur direction a dit de façon claire qu’ils étaient pour Hadopi et qu’aucun avis contraire ne passera dans leurs colonnes.
04 juillet 2009 à 20:38
Sérieusement je réagis violemment à des affirmations sans fondements et qui ont déja été discuté me semble-t-il dans le premier post par des lecteurs travaillant dans l’édition.
A force de baigner dans ces débats on oublie tout simplement que Jeff Jarvis n’est pas connu en France et que le débat s’adresse finalement à une population de professionnels assez réduites. Dire ça n’enlève rien à la qualité du livre n ià celle du débat proposé par Jarvis.
04 juillet 2009 à 20:59
Et bien si des confreres n’ont pu publier des articles contradictoires sur le sujet je considère que c’est dommageable en effet. Je n’ai pas eu ces témoignages, plutot des retours de débats parfois durs au sein des rédaction. Mais une profession qui revendique le droit d’auteur peut elle prendre position simpliste sur le sujet j’en doute c’est cela qui devrait nous interroger…
Tu te trompes CNET/ZDNet n’a pas été frileux, nous avons des blogueurs qui ont pris des positions dures, d’autres comme Astor qui n’ont jamais caché être anti hadopi tout en témoignant de leur malaise vis à vis de l’évolution de l’indutrie musicale. La vérité est plus simple: nous n’avons pas pris de position publique sur la question. Sur le plan du traitment de l’actualité, hors blog, nous avons choisi la neutralité. J’ai laissé toute lattitude à mes rédactions sur ce plan. (Par ailleurs sais-tu que la redac CNET US a été blacklisté par Google pendant un an pour avoir publié des informations qui ont déplu à sa direction?)
En revanche je me suis abstenu de poster à titre personnel sur le sujet (ce qui ne m’a pas empêché de critiquer la Loi et de partager l’essentiel des critiques) car j’ai assez mal vécu l’hystérie collective qui a entouré ce sujet. J’ai aussi,comme tu le sais, une interprétation très différente de la saga Hadopi et des raisons qui ont conduit à imposer cette Loi mais comme il paraît que je rabache trop je m’abstiendrai ici ;-)
Par ailleurs je suis heureux que tu salues le statut d’éditeur car il n’a pas été compris de tous. Parfois ce ne sont pas les Lois qui font le plus parler d’elles qui ont le plus d’impact sur la durée.
04 juillet 2009 à 21:10
Neutralité, frilosité, question de vocabulaire, et en effet, laisser les bloggeurs dans tes rangs faire le boulot était très malin, le hic, c’est que tu n’est pas un média Français détenu par un ami du pouvoir. Sorry.
Par ailleurs, ce livre ne s’adresse pas du tout à une population de pro réduite, c’est à la porté de n’importe quel étudiant en business school, il s’adresse à toute personne désireuse de comprendre et de mettre en perspective le plus grand succès entreprenarial du XXIe siècle. Ce n’est pas, contrairement à 99% des livres qui sortent sur Google, un truc destiné aux pro du net et du eMarketing.
Bon… passons au meta, parce qu’en dehors de nous deux, et de quelques amis, c’est incompréhensible.
Jeff Jarvis (en effet, grand buzzeur devant l’éternel, et qu’on ne pas soupçonner d’être un ami de la France), développe dans ce livre une thèse : les méthodes de Google en matière de business et de gestion de l’innovation pourraient être appliquées avec succès à bien d’autres secteurs industriels. Il passe en revue une multitudes d’entre eux et imagine comment les méthodes de Google pourraient redéfinir leur secteur, tout comme Google a redéfini la publicité et surtout, l’accès à l’information.
C’est là que cela se gâte.
Google règne sur l’accès à l’information, domaine autrefois réservé aux média, qui plus est, il contrôle une large partie de la manne publicitaire, et cela d’une façon assez obscure.
En France, on n’aime pas cela, de nombreux média se plaignent de Google (cf Etats Généraux de la presse, entre autre), et l’on réagit de deux façons : subvention/mendicité vis à vis de l’état, et protectionnisme (l’édition, à en croire les dernières déclaration du SNE, semble prendre le même chemin).
Grosse modo, ce que dit Jeff Jarvis aux industriels Français (de l’information ou les autres, mais en particuliers à l’industrie du contenu), c’est “arrêtez de pleurer et apprenez à gérer l’innovation de façon différente, parce que de toutes évidence, ce que vous faites ne marche pas”.
Dans un pays où l’échec de l’industrie des contenus est sanctionné par la faillite, les US où bien d’autres pays, pour ne pas dire tous, ce discours passe. Dans un pays où l’on diabolise le méchant Google, où l’on ne bouge pas d’un iota quand à une éventuelle stratégie web, et où l’on se réfugie derrière la subvention et le protectionnisme, ça passe mal.
Maintenant, le hic, c’est qu’avoir ce débat avec toi est problématique. D’une part parce que tu fais parti des rares a avoir fait bouger les choses (ou en tout cas essayé de toutes tes forces) dans l’industrie des contenus, ensuite parce qu’en matière de publicité, et de comptage de pages vue, ce qui est en rapport direct, tu est aussi lourdement impliqué (ceci expliquant peu être cela, ils ne sont pas fous, ils ont mis des gens compétents pour verrouiller le système).
Toujours est-il que le système Français de l’industrie des contenus est particulièrement verrouillé, que le discours de Jarvis, au delà du buzz, est profondément dérangeant pour des gens qui font tout pour que rien ne change, et que sa théorie qui veut que son bouquin, publié dans une multitude de pays où il est aussi inconnu qu’en France, ait été blacklisté par les grands nom de l’édition Française, tient parfaitement debout. Jeff Jarvis est un inconnu en Allemagne ou en Espagne, où il est publié depuis longtemps… Curieux, non ?
Ce système est verrouillé, et ce qu’il y a de pire, et je sais que tu le sais, c’est que ce verrou ne tiendra pas éternellement. Le jour où il lâchera, il ne restera aux Français que les yeux pour pleurer et des média Américain pour s’informer. Pas très sain.
Là dessus, disclaimer perso : Je bosse comme conseiller en stratégie pour plusieurs media Français et étrangers, je suis éditeur (RWW, entre autre), ainsi que conseiller pour des investisseurs qui s’intéressent au secteur média. Pour ce qui est de la pub et des systèmes de mesure d’audience, je n’ai pas d’implication particulière pour l’instant).
05 juillet 2009 à 14:57
Et c’est pas que la presse française qui se sent menacé par Google http://www.crainsnewyork.com/article/20090624/FREE/906249985
The Google issue reveals also, among other questions, the global misunderstanding between two generations (digital natives and analogue natives) which seems more visible in hadopiste #vinylfrance .
05 juillet 2009 à 23:18
C’est quand même con qu’ils ne l’ai pas annoncé plus tôt que 3 jours avant le lancement du bouquin!
Moi je l’ai acheté an anglais il y a 10 jours (et pour 15€ via Amazon frais de port inclus :-P )
Enfin bref, je ferais quand même un peu de retape pour le bouquin ;-)
05 juillet 2009 à 23:20
Franchement, c’est facile à lire en anglais, Jeff est journaliste, il sait bien écrire et il sait le faire en gardant en tête qu’il a un lectorat pour qui l’anglais n’est pas sa langue natale ;-)
06 juillet 2009 à 13:12
Bonjour,
J’ai travaillé pour M21 Editions pendant deux ans, éditeur spécialisé sur les nouveaux usages et les ntic, et qui a entre autre édité un ouvrage très intéressant sur Google qui s’apelle: “Google: Une révolution du management” par Bernard Girard. (et qui a fait quelques traductions d’auteurs très connus aux USA: Ray Kurzweil, Howard Rheingold, JD Lasica)
On n’a jamais eu de soucis de censure, ni jamais rien entendu de tel… Et il existe plusieurs autres ouvrages en français sur le sujet comme vous le faisiez remarquer.
La raison pour laquelle les éditeurs hésitent à sortir ces ouvrages est avant tout parceque le lectorat est très réduit. Avec 1500/2000 ex. de vendus, il s’agit déjà d’un best seller.
Ainsi, la raison de la traduction tardive du livre de Jeff Jarvis est plutôt à chercher dans des raisons financières, d’opportunité et de calcul de risque. Et peut être aussi contractuelle, si le livre s’est très bien vendu aux Etats Unis, ils demandaient probablement des droits trop élévés par rapport aux futurs ventes de l’ouvrage en France.
Entre la volonté de traduire un livre et sa sortie, il faut bien compter deux ans.
Au plaisir de vous lire,
Laurent.
06 juillet 2009 à 13:44
@Laurent
Pourquoi dans ce cas est-il sorti depuis longtemps dans pas mal d’autres pays, y compris dans des pays où la langue ouvre un lectorat théoriquement bien plus réduit encore, comme l’Allemagne… ???
06 juillet 2009 à 18:44
Je ne suis pas dans les coulisses, donc je n’en sais rien…
Par contre, je peux vous donner un exemple concret. Toujours chez M21, pour notre livre sur Google justement, il a été traduit en Espagnol bien avant la version US. Et ce n’était du en rien à une conjuration des éditeurs d’outre atlantique.
Ca prends juste du temps de trouver une maison d’édition intéressée par les droits et prête à prendre des risques. Et la France dans ce domaine est probablement plus frileuse que l’allemagne.
Et sincérement, les éditeurs français s’ils avaient pensé pouvoir se faire de l’argent grâce à l’image de google ils n’auraient pas hésité un seul instant. Mais le plus simple serait peut être de demander par exemple à Village mondial (filiale de pearsons) ou FYP Editions (qui a repris l’activité livre de M21 Editions) qui sont spécialisés dans ce type d’ouvrage pourquoi ils ne l’ont pas édité.
Et il serait aussi intéressant de connaître les termes de l’accord entre fabernovel (société de conseil) et les éditions télémaques (qui éditent plutôt des romans…). Car à mon avis, l’édition s’est fait à perte et fabernovel a du en financer une bonne part, l’édition de ce livre étant bonne pour leur image. Un bon coup de communication…
10 août 2009 à 9:11
Bonjour à tous,
je travaille pour faberNovel, la société qui a coédité “La méthode Google” avec les éditions Télémaque.
J’aimerais simplement dire les choses suivantes :
- Il n’y a pas eu de censure généralisée des éditeurs, mais simplement personne n’a souhaité prendre le risque de publier le livre de Jeff Jarvis avant nous.
- Nous ne l’avons pas fait pour gagner de l’argent, mais parce que c’est en phase avec notre positionnement d’éditeur de services et de produits digitaux.
Merci,
Maxime Coupez
10 août 2009 à 10:12
Donc tu confirmes que les allégations de Jarvis concernant sa censure en France est du pipeau ?
27 septembre 2009 à 11:58
Pas de difficulté pour le trouver au furet. j’en suis aux premiers chapitres avec l’expérience Dell . Je me suis trop reconnu dans son histoire suite à des problèmes avec differents FAI : neuf, bouygues et aujourd’hui sfr neuf box. Alors j’ai ouvert un blog destiné à faire avancer sfr et son service client.….http://sfr-serviceclient.blogspot.com/
J’attends de lire le livre jusqu’au bout avant de le conseiller , mais impression très positive pour l’instant!