Un netbook, vous voyez à quoi ça ressemble ? Les avis divergent, certains leur promettant un avenir pareil à celui des barebones (en gros, c’est une mode qui va passer), et d’autres au contraire leur imaginant un avenir radieux (avec des ventes explosant à 8 millions d’unités en 2009 et 50 millions en 2012 d’après Gartner). La vérité se trouve plutôt dans l’émergence d’un nouveau segment de marché, qui ne va cesser de se renouveler avec de nouvelles machines répondant à trois impératifs : mobilité, connectivité et simplicité.
Pourquoi ça va continuer de cartonner ?
Les industriels vont investir en force ce segment car c’est le seul relais de croissance d’un marché des PC en baisse inexorable : -12% en volume cette année en prévision, et une baisse en valeur due à la basse des prix, ayant pour conséquence une baisse des marges. En cause : la virtualisation des serveurs (qui fait que les entreprises investissent moins), la réduction du pouvoir d’achat, le report sur des machines plus spécialisées (consoles)… Bref, va y avoir des morts.
Or le segment des netbooks sont en passe de prendre 10% de parts de marché. Dans un premier temps injustement dénigrés, tels une Logan de l’informatique, ils deviennent aujourd’hui le must des ventes dans un secteur en mal de croissance. Pourquoi un tel engouement pour ces micro-ordinateurs portables ? Le prix plancher (autour de 400 euros), l’usage nomade démocratisé (wifi, clé USB 3G…), la puissance tout ce qu’il y a de convenable, l’autonomie (entre 2h30 et 5h), l’encombrement (plus petit qu’une feuille A4) et le poids (entre 0,9 et 1,2kg). Et je vous le fais en blanc, noir ou rose pour le même prix. L’outil nomade par excellence, polyvalent, pratique, pour taper un texte, retoucher une photo ou regarder un film.
De plus, le faible prix d’entrée en fait un outil idéal pour un premier équipement, voire un deuxième ou troisième ordinateur pour ceux déjà équipés. Clientèle privilégiée : le grand public à 70%, qui va rechercher encore plus la simplicité et le design, d’où l’apparition d’écrans tactiles qui vont certainement se démocratiser à partir de 2010.

L’échec (provisoire ?) de Linux
Côté praticité, on pourrait regretter que Linux n’est pas réussi à s’imposer alors qu’il y avait une carte à jouer face à Windows. Les fabriquants tels Asus ont bien essayés de développer une version spécifique pour leurs machines, mais en vain : les utilisateurs veulent du Windows. Ou plutôt, Microsoft a su faire face en maintenant son XP en vie, et les fabricants se sont mis à proposer Windows afin de ne pas entacher leurs machines d’une image d’ordinateurs destinés aux geeks.
Car c’est là que le bas blesse : utiliser Windows sur ces machines n’a pas de sens. La solution serait un Linux avec un « vrai» caractère (en termes d’interface, de design, d’ergonomie) tirant pleinement partie de ces petites machines comme l’allumage instantané, ou bien l’atténuation de la frontière entre les informations stockées dans l’ordinateur et celles disponibles en ligne.
Quelques versions commencent à sortir du lot, mais tant qu’il ne sera pas facile d’installer des applications sans faire appel à une ligne de commande et une instruction <sudo>, cela sera peine perdue. En ce sens, Jolicloud et Moblin semblent aller dans cette direction, apportant une interface très différente des interfaces Windows et simplifiant les usages en proposant des « packages » de logiciels. [EDIT] Sans compter l’arrivée du Google Chrome OS, dont on n’a rien vu pour le moment si ce n’est qu’il sera connecté et permettra d’intégrer au mieux les Google Apps. Afin de mieux se rendre compte de ce qu’est l’adoption de Linux par un pur béotien, je vous conseille la lecture de ce « journal d’un novice », désormais disponible en PDF, qui narre au quotidien la découverte d’Ubuntu par un utilisateur lambda.

Quant à l’installation de versions spécifiques de Mac OS pour faire de ces machines des MacBook nano « hackintosh» , elle reste marginale mais se fait de plus en plus : on voit apparaître une sorte de « complicité» entre les fabricants (notamment MSI) et les hackers afin de rendre de plus en plus facile l’installation via du hardware compatible. Apple semble laisser faire pour le moment, certainement partagé entre la curiosité de voir si cela prend, s’il y a un potentiel pour son OS en dehors de ses machines, et l’envie de protéger son originalité.
Un positionnement délicat
Les netbooks et les bas de gamme des notebooks se rapprochant en termes de prix (pour des fonctionnalités bien différentes en revanche), une cannibalisation serait possible en 2010. D’où la nécessité d’étendre au maximum le champ de ces petites machines, en les liant notamment à des abonnements 3G, ou bien en le vendant dans des canaux autres que les magasins spécialisés.
Sans oublier Apple, qui risque à nouveau de révolutionner le segment en proposant une machine proche de l’iPhone dans sa simplicité, tactile, et d’un format de type tablette (10 pouces).
Autre axe : l’hybridation de segments par l’apparition de Smartbooks (comme le Tabbee par exemple), les Netbooks transformables en TouchTablet (Always Innovative), voire… les SmartDevices comme le eeeKeyboard d’Asus, sorte de clavier intégrant un Netbook grand comme un iPhone !

Une démocratisation de l’informatique
C’est le véritable apport de ces netbooks : rendre l’informatique accessible, par le prix, la simplicité et la robustesse. Pour preuve cette publicité d’Asus, très « petite maison dans la prairie» (personnellement, je déteste, cela me fait penser à des pubs asiatiques réalisés pour le marché américain, tous les poncifs y sont), mais qui souligne plus les usages possibles que la technologie employée : il n’est fait aucune mention de la taille de la RAM ou du disque dur, et encore moins de logo Intel inside à la fin.
A lire également :








07 juillet 2009 à 16:22
En contrepartie :
http://www.globalnerdy.com/2009/05/26/fast-food-apple-pies-and-why-netbooks-suck/
http://www.globalnerdy.com/2009/06/23/like-i-said-netbooks-suck/
07 juillet 2009 à 16:25
Un peu trollesque la partie sur linux non ? Il y a des raccourcis faciles dedans.
Soyons clair, il y a eu des arrangements aussi transparents que ceux nous menant au système de vente liée actuel sur les autres PC.
07 juillet 2009 à 16:38
En quoi la partie sur Linux est trollesque? Il est juste mis en avant l’inadéquation de cet OS pour le moment grand public, pour deux raisons :
- objective : la non simplicité de certaines manipulation (j’ai essayé avant de dire cela…)
- subjective : le grand public lui-même qui veut du windows pour se rassurer (discours entendu de mes oreilles maintes fois dans des magasins)
Sans oublier la “peur” de MS de perdre des parts de marché…
07 juillet 2009 à 18:40
Les netbooks sont un excellent compromis entre portabilité, autonomie et fonctionnalités, et sont adaptés aux usages les plus courants : lecture de contenus multimédias (vidéos, ebooks…), navigation sur internet et communication, et applications bureautiques. What else?
Petite coquille : “…on pourrait regretter que Linux n’ait pas réussi à…”
07 juillet 2009 à 19:03
“SmartDevices comme le eeeKeyboard d’Asus, sorte de clavier intégrant un Netbook grand comme un iPhone”
Euuuhhhh… Y’a du raccourcis à deux balles dans cette phrase. C’est pas parce que l’écran tactile à la taille d’un iPhone que le netbook qui se cache dans la bête en a la taille (sinon Asus l’aurait fait “détachable à la AlwaysInnovating”, non?)
Enfin bon, je chipote, vu que l’article n’est vraisemblablement pas destiné au geek de base (à qui on n’apprend rien ici).
Quand au semblant de troll autour de la “défaite” de Linux, je pense que Damien a raison: un certain nombre de distros fournies sur les netbooks n’étant que des reliquats d’une vraie distro (qui a dit Xandros sur eeepc?).
De plus, les clients veulent en effet se rassurer avec un Windows. Tout le monde a dans son entourage un windowsien confirmé. Du genre de ceux qui ont un jour essayé Linux mais qui pensaient y retrouver un clone de Windows. Déçu, celui-ci déconseille depuis ardemment à quiconque de toucher à Linux. Sans parler du support quasi absent de Linux par les éditeurs de logiciel et les fabricants de matériel et du FUD entretenu autour de Linux par Microsoft.
Enfin, à propos de la ligne de commande et de sudo, faudrait pas non plus exagérer. Les GUI pour gestionnaires de paquets, ça fait plusieurs années que ça existe…
07 juillet 2009 à 19:19
@Ginko : effectivement j’ai peut-être un peu résumé ma pensée concernant le eeekeyboard. Cet appareil est un ovni qui en fait inverse la logique clavier-écran, en faisant du clavier (hypertrophié) la pièce maitresse du netbook avec un écran plus petit. En fait l’ensemble EST lui-même une sorte de netbook.
En revanche, pour Linux, le gestionnaire de paquet existe c’est vrai. Mais voici un exemple du fait que les choses ne sont pas “simples” : je voulais installer le driver et le logiciel de gestion d’une clé USB TNT Asus sur un eeePC Asus. Moralité : sur Windows un .exe, sur linux j’ai dû passer par une ligne de commande !!! Est ce normal ? Non. Et pourtant, c’est ça le quotidien d’un utilisateur lambda néophyte de Linux : à la première difficulté qui le rabaisse à une poule devant un couteau, il préfère battre en retraite sur un Windows (puisque Mac n’est pas présent sur ce segment de marché).
Désolé pour les amoureux du pingouin : il y a encore un peu de chemin à faire. mais les dernières distributions me semblent arriver à une belle maturité grand public.
07 juillet 2009 à 21:26
Le problème n’est pas la maturité de des distro Linux, mais les fabricant de matos qui ne jouent pas le jeu. Si chaque fabricant laissait faire la communauté (en distribuant les spèc en open source par exemple), il y aurait dans chaque distro, un dépôt drivers et installer une clef TNT à la mords-moi-le-noeud serait un jeu d’enfant par les GUI style synaptic.
Un exemple ? HP fait un effort à ce niveau et fournit des imprimantes avec des pilotse libres (ou presque), résultat : lorsque tu achètes un imprimante HP, tu la branches et elle est automatiquement reconnu. Le must ? Le pilote s’installe presque en auto (faut confirmé avec le mot de passe) sous Ubuntu.
Résultat, pour installé ma dernière HP sous Linux ça m’a pris 3 min… et sous win 14min avec le CD.… et j’ai cliqué un dizaine de fois… à cause de la suite logiciel à la c**.
Bref, je veux pas troller, mais si les fabricants se sortaient les doigts du c**, ça irait mieux ;)
08 juillet 2009 à 9:00
Dernières nouvelles : Google travaille sur un OS open-source basé sur Linux et centralisé autour de Chrome, Google Chrome Operating System. Cet OS est principalement destiné aux netbooks. Sa sortie est prévue pour fin 2010.
08 juillet 2009 à 9:01
La réponse de google à la question :
http://www.readwriteweb.com/archives/the_google_os_becomes_reality_google_announced_the.php
je pense que c oui du coup ;)
Une autre video intéressante sur l’integration d’android sur une netbook asus tactile :
http://www.frandroid.com/3342/asus-eee-pc-1000he-sous-android-avec-ecran-tactile/
Entre voir le netbook comme un petit pc ou comme un gros téléphone, je penche plutot pour la 2) :
on met tjrs les applis en plein ecran, on a qu’une seule appli a l’écran, on ne redimensionne pas les fenetres: on se rapproche plus de l’utilisation telle qu’on l’a sur un téléphone. Après le confort n’est pas le même mais les bases ergonomiques restent proches il me semble.… Du coup ça me semble cohérent que Android commence à faire son trou sur les netbooks .….
08 juillet 2009 à 9:33
oui les netbook sont fait en partie pour le très grand public. donc window.…
Le Linux restera pour les Geek qui veulent une autre machine mobile. Mais bon..Google avec Chrome OS, Android , et tout cela basé sur Linux et open source ne laissera pas beaucoup de concurrence .
08 juillet 2009 à 13:33
“utiliser Windows sur ces machines n’a pas de sens”
Pas forcément, cela dépend fortement de l’usage que l’on fait de son netbook. Mon premier EeePC était sous Linux et cela me convenait très bien… au début. Mais ensuite je sui finalement revenu à Windows XP, et pas seulement par la force de l’habitude (qui compte pour bcp j’en conviens) mais aussi parce-que j’avais besoin de retrouver mon environnement de travail, mes softs, et surtout en temps que blogueur la possibilité de tester régulièrement des logiciels et des produits qui n’existent que sous Windows ou ne sont compatibles qu’avec lui.
Et je dois avouer que mon dernier Samsung NC10 avec XP me convient parfaitement :-)
08 juillet 2009 à 15:38
@ Damien Douani
Pour le problème de l’installation du driver, VV666 a bien répondu à la question, et moi-même, je l’avais touché du doigt avec ma remarque: “Sans parler du support quasi absent de Linux par les éditeurs de logiciel et les fabricants de matériel”.
Si les fabricants faisait pour Windows autant que d’efforts que pour Linux, on en serait au même point.
Donc on est dans un classique problème de l’œuf et de la poule (les fabricants ne veulent pas s’embêter à développer un binaire pour 3% d’utilisateurs et tant que le matos n’est pas bien supporté, le public hésite). Problème qui on le sait tous contraint le phénomène qui y est soumis à se développer lentement. CQFD.
Pour en revenir au sujet, je pense que vu que, comme il est dit dans l’article, les netbooks pourraient bien former un nouveau paradigme plus “grand public” que les PC actuels, il se peut que l’association classique avec Windows soit affaiblie.
D’autre part, ce marché se rapproche de celui des PDAs qui n’est pas trusté par Windows Mobile. On est habitués à plus de diversité. Plus facile donc pour le grand public de faire confiance à un autre acteur.
Tout cela fait que les chances d’adoption par le grand public de solutions basées sur GNU/Linux peuvent être favorisées par les netbooks. Mais ça reste une possibilité. Microsoft reste très bon dans l’art d’impos.. pardon! de vendre ses produits. On le voit bien dans les ventes actuelles de netbooks.
09 juillet 2009 à 9:00
@Eric ; quand je dis que Windows n’a pas beaucoup de sens sur ces machines, c’est qu’à mon sens justement elles pourraient s’en passer à terme, dans une logique d’OS connecté, notamment quand on aura perdu nos habitudes microsoftiennes ou bien qu’un bon émulateur fera l’affaire !
@Ginko : je suis d’accord sur le besoin d’accompagnement et de ré-assurance des utilisateurs. C’est une question de temps.
09 juillet 2009 à 13:46
La grosse (imho) erreur de départ pour des constructeurs comme Asus est d’avoir joué linux (Xandros) comme un facteur de coup, non un facteur d’opportunités. Le fait que maintenant les évolutions de l’OS et des applications soient indigentes, +1,5 an après la sortie du 701 n’aide surement pas l’utilisateur “λ” à s’en sortir.
Ma femme et moi avons acheté un 701 à quelques semaines d’intervale, début 2008. Le mien a filé rapidement sous Xubuntu (et a changé de version sans pb), le sien est resté sous Xandros et ne répond plus aux normes de l’internet actuel, son utilisation principale.
Simple exemple, la plupart du temps, il lui est impossible de visionner les vidéos envoyées par ses contacts sur Facebook, parceque flash10 n’est instalable qu’avec certaines versions (bidouillées) du dernier kernel en vigueur.
Ok, moi l’informatique c’est mon job, linux j’ai commencé avec Yggdrasil, donc je peux “bidouiller” si le besoin s’en fait sentir, mais l’utilisateur “λ”, il n’a ni les connaissances ni (surtout) l’envie de se palucher des docs et de la ligne de commande pour peut-être rien, alors que toutes les distribs linux (et assimilées) sont dotées d’outils performants de mise à jour.
09 juillet 2009 à 19:00
Il est marrant de voir que les dépôts des distributions linux qui faisaient “app-store” longtemps avant que Apple n’ait eu même l’idée de créer un iPhone, sont si mal comprises et exploitées.
Se palucher la ligne de commande est quand même rarissime. 99,9% du temps, c’est en 3 clics avec une interface unique qu’on installe un logiciel de bureautique, de graphisme, de vidéo, de jeu, ou de quoi que ce soit.
Bien plus simple que Windows où il faut traquer le logiciel voulu chez son éditeur, l’installer par une application qui lui est propre et dont l’ergonomie change à chaque fois, se retrouver avec des raccourcis on ne sait trop où, et parfois la joie de devoir traquer une DLL manquante à travers tout l’Internet.
Ce confort est offert avec toute distribution linux digne de ce nom. Vous êtes à 3 clics de n’importe quel logiciel que vous puissiez souhaiter.
Bref, les distributions, faut croire que c’est génial seulement quand c’est Apple. Si je dessine une pomme sur Synaptics, on va enfin reconnaitre que c’est génial?
09 juillet 2009 à 20:54
“Bref, les distributions, faut croire que c’est génial seulement quand c’est Apple. Si je dessine une pomme sur Synaptics, on va enfin reconnaitre que c’est génial?”
En même temps, ils auraient tout de même pu appeler ça “SynApp-store” chez Ubuntu, ça aurait été plus clair… :D
Enfin bon, tout le monde sait que les libristes sont nuls en marketing! :p
12 juillet 2009 à 10:22
Allez zou, la marketeuse blonde sous Windows (j’ai tout pour plaire) vient mettre son grain de sel :))
Je pense qu’il y a deux cibles pour les netbooks, totalement opposées tant par leur recherche que par leur usage.
Il y a les geeks adeptes du libre, qui voient dans leur eeePC une extension de leur bécane (sous Linux) et qui cherchent avant tout un device bidouillable ; et il y a les autres, ceux qui bossent sous Windows, qui achètent un netbook “pour la maison”, ou lorsqu’ils sont déjà équipés, “pour les déplacements”, et qui recherchent là aussi une extension de leur outil de travail habituel.
Au milieu, il y a les millions de nuances de gris, bien évidemment, comme par exemple mon eeePC sous Windows malgré un mari uber-geek (mais qui a compris qu’il serait moins dérangé en achetant un joujou dont je sache me servir), Eric qui avoue n’être pas SI geek au final et les primo-accedants qui achetent des machines sous Linux et qui se retrouvent séduits…
Alors non, je ne pense pas que Linux ait rencontré un échec avec les netbooks, je pense juste que la proportion Linux/Windows restera la même que sur les autres types d’ordi, et que si la part des “outils” sous Linux est amenée à croître, ce n’est peut-être pas par le biais d’un outil aussi grand public que les netbooks…
Sur ce, je retourne à mon week end :)