Le département des nouvelles technologies de l’Etat de New York a publié une série de directives pour les agences régionales, les incitant à utiliser le web 2.0, les nouveaux média et les outils collaboratifs en ligne. Pour lancer le mouvement, l’Etat a annocé la sortie de son propre site web de démocratie locale destiné à consulter les New Yorkais sur les projets technologiques à mettre en œuvre.

L’idée de la directive « Empire 2.0″ publiée par l’Etat de New York prend forme dans un portail, lieu privilégié d’interaction avec les citoyens, appelé “New York State Tech Talk”. Les visiteurs peuvent y soumettre des idées et voter (pour ou contre) celles des autres, à la façon d’un Digg. Une vision simple mais néanmoins efficace, en terme d’interaction, de la relation au citoyen et de ce que peut être la démocratie participative. De tels systèmes avaient été mis en place lors de la campagne de Barack Obama, notamment sur le site Change.gov.
Mais les promesses du site vont plus loin que ce qu’avait mis en place le président des Etats-Unis – il faut dire que l’eGouvernement local est bien plus facile à mettre en œuvre, et que Michael Bloomberg, électron libre de la politique aux USA, a bien l’intention de surfer sur la vague de l’eDemocratie, avec la ferme intention d’aller aussi loin que possible, plus loin en tout cas que le président des Etats-Unis.
Ainsi, le site incite à déposer ses idées, à brainstormer au sein de la communauté des New Yorkais, à voter pour les meilleures idées ou contre les mauvaise, mais également à suivre leur mise en œuvre concrète. Rien de bien clair sur ce dernier aspect, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il promet une véritable démocratie participative et transparente.
Pour l’instant, il n’y a pas beaucoup de participation sur le site qui a ouvert début juin, et le top des idées qui remontent fait ressortir une nette prévalence d’une tendance ‘geek écolo’ que l’on retrouve un peu partout dans les milieux de l’innovation sur la planète : vrai tendance de fond ou simple reflet de la population d’early adopters, il faudra attendre pour voir cela de près.

Le site a été réalisé par IdeaScale, une société dont nous vous avions parlé l’an dernier et qui ambitionne de crowdsourcer la R&D des entreprises (et des institutions, de toutes évidences). Il est particulièrement laid, mais d’un point de vue technologique, plutôt prometteur : Widgets et API sont au rendez-vous, ce qui laisse envisager la naissance d’un riche écosystème informationnel local, tant en terme de mashup que de sites sociaux relayant les informations issues du site.
“Le lancement d’Empire 2.0, destiné à étendre les usages des nouveaux média et des technologies Web 2.0, est riche de promesses” a annoncé le commissaire à la Santé Publique Richard Daines dans un communiqué de presse. “Différentes méthodes de networking social ont permis à notre département de relayer des messages importants, comme les dangers du tabac ou la prévention de l’obésité, à des dizaines de milliers de New Yorkais. Grâce à cette nouvelle stratégie de communication, nous avons désormais comme objectif de redoubler nos efforts de communication et d’y ajouter encore plus de personnalisation et d’interactivité afin d’atteindre le plus de citoyens possible” (source : govtech.com)
Le site, bien que centré sur la vie ‘technologique’ de l’Etat de New York, est ouvert à tous, pas besoin de s’identifier pour y participer. Il y a de bonnes chances qu’avec le temps, une gestion plus avancée de l’identité soit requise, ne serait-ce que pour empêcher à une personne de voter deux fois trop facilement. L’ouverture totale, durant la période de lancement, semble toutefois une bonne option.
Si on ajoute à cette annonce le lancement, l’année dernière, d’un fond d’investissement spécifique destiné à financer les startups établies dans la ville de New York on peut imaginer que New York se rêve de plus en plus comme un concurrent de San Francisco.
Cela fait sens, le grand bouleversement des média qui a lieu en ce moment secoue plus la Grande Pomme que la Silicon Valley : la plupart des grands média aux Etats Unis ont leur siège à New York, et il y a fort à parier que c’est en partie là bas qu’ils se réinventeront.
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17 juillet 2009 à 10:16
Bonne nouvelle ça. C’est ouvert, démocratique.
Pour ce qui est du design, je crois que c’est un bon choix : faut pas trop apeurer le citoyen avec des sites *trop* beaux. Mieux vaut du moche mais fonctionnel que du beau mais useless.
Pour ce qui est de la tendance “geek ecolo”, je crois que celà va un peu de pair, mais je ne saurais dire exactement pourquoi, à part peut-être que le geek est plus ouvert aux propositions, et comprend mieux que d’autres que la société actuelle va dans le mur (niveau pollution), et donc qu’il faut changer.
Bref : le changement permanent du net influe sur sa façon d’envisager la politique locale/nationale…
21 juillet 2009 à 18:42
Vous pouvez également télécharger gratuitement l’étude réalisée par Useo sur l’état des lieux et perspective du Dialogue Citoyen pour les 137 villes de France de plus de 50000 habitants : http://www.useo.fr/publications.html
Des expériences similaires existent en France (notamment récemment celle du Grennelle de la Mer http://www.legrenelle-mer.gouv.fr)et d’autres se préparent…
Des solutions de dialogue configurables pour réaliser des concertations comme Talkspirit (www.talkspirit.fr) ou Feedback 2.0 (www.feedback20.com) me semblent plus conviviales et abouties qu’IdeaScale.
21 juillet 2009 à 20:23
Je ne connais pas Talkspirit, mais feedback2.0 semble à première vu bien mieux, oui…