Beaucoup de gens pensent que Twitter est un flux de pensées futiles, symptomatiques d’une culture qui se perd, irresponsable et egocentrée, à la recherche d’une micro célébrité et surfant sur le buzz. Ils pensent que c’est stupide.
En pratique, la plupart des gens pensent que c’est stupide jusqu’au moment où ils s’y mettent sérieusement. Moi même, j’ai trouvé cela idiot jusqu’au jour où je m’y suis mis. Sérieusement. C’est depuis devenu un compagnon indispensable pour ma veille, ainsi que pour une multitude d’autres interactions, devenues quasi quotidiennes.
Certaines personnes s’essayent à Twitter parce que les média en parlent (beaucoup trop), d’autres parce que leurs amis l’utilisent, et d’autres encore parce que c’est à la mode et qu’ils ne peuvent envisager de ne pas l’être, de ne pas y être.
Quand vous arrivez sur Twitter, ceci dit, et une fois que vous y avez fait suffisamment de connections (une sérieuse barrière à l’entrée que peu de gens franchissent), Twitter prend toute sa signification. Une fois que suffisamment de personnes se sont connectées à vous, que vous avez, comme ces ‘power users’ que les média interrogent, votre propre caisse de résonance, Twitter révèle toute sa puissance.
Une barrière à l’entrée conséquente
C’est l’un des premier paradoxes de Twitter, malgré une prise en main à la portée d’un enfant de 7 ans, ou plutôt à la portée d’un vieillard de 77 ans, la barrière à l’entrée est énorme.
Sans personne à écouter, Twitter est vide, et la sélection des bonnes personnes à écouter (‘following’ dans le langage Twitter) est une tâche difficile. Cela peut prendre des semaines, voir des mois, avant d’avoir constitué un groupe duquel sortira un signal chaotique, qu’il faudra ensuite traiter. Là les outils présents sur le site de Twitter s’avérerons vite limités, on se retournera vers des outils dédiés, tels Tweetdeck ou Seesmic, qui permettrons de filtrer, de rechercher, de classer, bref, de traiter un signal brut. Pas évident, et surtout, très long. En pratique, la mise au point n’est jamais réellement terminée et impose de constant ajustements.
Ensuite, il s’agira d’être écouté. Pour les chanceux – c’est mon cas – qui disposent déjà d’une audience, il sera relativement facile de se constituer un groupe de personnes désireuses d’écouter ce que vous voudrez bien balancer dans le système, mais pour les primo arrivants, cela peut être long, très long, d’autant qu’il n’est pas question de faire des requêtes, comme sur Facebook, il s’agit de dire des choses intéressantes, qui feront que d’autres, pour peu qu’ils vous entendent, vous jugeront digne d’être écouté. C’est long, très très long, et souvent décourageant.
Alors que l’une des clé de la réussite dans la conception d’un système social consiste habituellement a offrir une gratification immédiate à l’utilisateur, Twitter fait exactement le contraire. Et pourtant, ça marche.
Cette double barrière à l’entrée explique le nombre très conséquent d’abandons. De personnes qui ont essayé, et qui ont baissé les bras, pensant souvent avoir compris, cachant parfois leur renoncement derrière un jugement hâtif.
Ils sont faciles à identifier, quelques dizaines, voire centaines, d’utilisateurs écoutés (following), moins de dix personnes qui les écoutent, quelques semaines d’activité tout au plus, puis plus rien. Ceux là ont souvent les jugements les plus sévères vis à vis de Twitter : Ils sont trop verts, et bons pour des goujats.
Pas si simple
Twitter est d’une extrême complexité, avant tout, parce qu’il est d’une simplicité déconcertante. Son interface est aussi basique que celle de Google : une boite de saisie, précédée d’une question simple, “que faites vous ?”, et suivie d’un bouton pour valider un message limité à 140 caractères.
La complexité est ailleurs, dans la nature du réseau social qui structure Twitter, et dans les usages que ses utilisateurs en font.
Le réseau social que chaque utilisateur est appelé à se constituer sur Twitter, et qui est particulièrement long à mettre en place, est particulier. Contrairement à ce à quoi nous avait habitué les systèmes sociaux tels que Facebook, Linkedin, Viadeo ou MSN Messenger, il est dissymétrique. Ceux auxquels vous vous connectez – que vous écoutez – ne sont pas nécessairement connectés à vous – ne vous écoutent pas en retour, ou pas toujours. Ce simple artefact dans la géométrie des réseau sociaux a des conséquences incroyables.

(visualisation d’un réseau Twitter par Nimages DR)
Alors qu’un statut – ce court message de 140 caractères – sera partagé au sein un réseau fermé – fait de personnes cooptées – sur Facebook, il sera lu par tout ceux que cela intéresse sur Twitter, que cela vous plaise ou non. Inversement, vous serez libre de suivre les Twitts de qui vous voulez, sans accord préalable de ceux que vous écoutez.
Ajoutez à cela un usage d’une pratique courante sur Twitter, le ‘retweet’, qui consiste à relancer, à l’attention de ceux qui vous écoutent, un Tweet que vous avez entendu, et vous observerez un phénomène de propagation d’un signal comme aucun système social n’avait réussi à obtenir jusqu’ici. Un message émis par un parfait inconnu peut, par l’intermédiaire des retweets, vous arriver en quelques minutes, pour peu qu’entre vous et cet inconnu se trouvent un ou plusieurs intermédiaires qui l’ai jugé suffisamment intéressant pour le retweeter.
(visualisation du réseau de Robert Scoble par Ross Mayfield)
Pour qui maîtrise cet usage et sait l’inciter, et pour peu que l’on dispose d’un auditoire d’une taille suffisante et qui juge vos propos suffisamment intéressants pour être retweetés, vos petits messages peuvent avoir un impact (on dit ‘reach’) colossal.
C’est ce phénomène, mal compris de la plupart des média qui s’épanchent sur le phénomène Twitter, qui explique l’emballement du système autour de phénomènes aussi graves que les révoltes en Iran ou aussi superficiels que la mort de Michael Jackson. C’est grâce à cela que la couverture des événements en Iran fut plus efficace avec Twitter qu’avec tout autre média, même si un bruit considérable s’est mélé au signal et que peu de gens étaient en mesure de le traiter pour en extraire de l’information (car oui, c’est d’une couverture média à laquelle on a assisté, pas une révolution soutenue par Twitter).

(Tweet et retweets mesurés via le CTR d’un lien Bit.ly lors des débats #hadopi à l’Assemblée)
Une information en 140 caractères ? Sérieusement ?
L’autre écueil dans lequel tombent beaucoup d’analyses du phénomène Twitter est celui qui consiste à voir dans 140 caractères de l’information. Quand l’erreur est faite par un journaliste généraliste, passe encore, mais quand elle est faite par un expert de la communication comme Paul Virilio, c’est le signe, au mieux, d’un article bâclé, au pire, d’une sénilité qui s’annonce. Après tout, en 1837, Arago avait prédit au Roi une mort certaine s’il utilisait le chemin de fer, ce qui n’a pas empêché Rothchild de le financer, et la révolution industrielle de commencer. Alors Virilio qui voit dans Twitter la fin de la démocratie…
En 140 caractères, vous avez, au mieux, un signal.
Tout étudiant en communication vous confirmera qu’il y a un monde entre un signal et une information. Quand les power users de Twitter veulent transmettre une information dans 140 caractères, ils y placent un lien, redirigeant ceux qui lisent leurs Tweets vers une page qui, elle, contient de l’information.
Une plateforme de (link) journalisme
Twitter est ainsi devenu le lieu privilégié d’une certaine forme de journalisme, chère à Jeff Jarvis, le link journalism, celui qui consiste à sélectionner l’information et à y apporter sa caution (de journaliste, ou d’expert). Il existe bien sûr d’autres formes de link journalism, bien plus élaborées, mais celle-ci a l’avantage de la rapidité et profite de la caisse de résonance que l’utilisateur de Twitter aura su se constituer.
Cette pratique est d’ailleurs courante, c’est elle qui fait de Twitter un outil de veille que de plus en plus de journalistes – américains pour la plupart – utilisent de façon frénétique. Une information intéressante fera ainsi, sous la forme d’un lien, le tour du monde en peu de temps, ou plutôt le tour des milieux informés, qui ont su se constituer les bon réseaux sur Twitter, en fonction de leurs centres d’intérêts. Evidement, certaines informations, elles, peuvent tenir en 140 caractères. Michael Jackson est mort, par exemple, mais pour qu’elles soit crédibles, il faudra qu’elles soit accompagnées d’un lien, ou émises par une personne disposant d’une réputation à tout épreuve.
En dehors d’événements emblématiques, attentats en Inde, révoltes en Iran, et j’en passe, la pluparts des informations qui circulent ainsi sur Twitter ne sortent pas de zones où se maillent les réseaux d’utilisateurs dont les centres d’intérêts sont proches.
Le temps réel
Google est aujourd’hui capable d’indexer le web en quelques heures, quelques jours, une semaine au pire si votre site n’est pas à ses yeux important. Un article posté sur ReadWriteWeb, par exemple, se retrouve dans l’index de Google dans l’heure qui suit, en moyenne, parfois en moins d’une demi heure : on est loin du temps réel.
Twitter est le royaume de l’instantané. Il aura fallu moins de cinq minutes entre le moment ou un internaute a lu sur un obscur site web américain l’annonce de la mort de Michael Jackson et le moment où tous ceux connectés sur Twitter ont été mis au courant via un nombre incalculable de retweets.
C’est ce temps réel du web qui est le champ de pétrole de Twitter, un champ de pétrole hors de la portée de Google, et que Facebook n’a pas la moindre chance d’atteindre, sa structure de réseau, symétrique par définition, ne lui offrant pas la possibilité de profiter de l’effet de caisse de résonance qu’offre la nature dissymétrique des réseaux de Twitter.
Un réseau de réseau ouvert sur le monde
Twitter est ouvert, très ouvert. On peu en extraire des conversations, regrouper les Tweets par auteurs, par mot clés, par tags (sur Twitter, on dit hashtag), par réseau, par localisation… On peu interagir avec Twitter à partir d’autres sites web ou avec une multitude d’outils dont la liste grandi chaque jour.
Un véritable écosystème d’applications et d’usages, ainsi qu’une multitude de startups se sont lancés aux coté de Twitter dans l’aventure, enchaînant leur destin à celui de la startup la plus hype du moment. Certains fonds d’investissement ne jurent plus que par Twitter, certaines startups, comme Seesmic, de Loic Lemeur, ont tout misé sur lui.
Twitter peut s’utiliser sur un téléphone mobile, avec un logiciel, votre blog peut l’utiliser pour vous (c’est le cas de celui ci, qui déclenche des tweets sur plusieurs comptes dès qu’un billet y est publié), Tweeter est ouvert, des signaux peuvent y entrer et en sortir facilement, c’est – le terme est souvent galvaudé – une plateforme.
Vie privée, vie publique
Twitter aboli définitivement les barrières entre vie privée et vie publique, avec les immanquables couacs liés à cette redéfinition des frontières qui font immanquablement dire aux générations antérieures que le diable, si ce n’est la fin du monde, se cache derrière le Rock n’ Roll, pardon, twitter, enfin, internet. Un phénomène qui se répète d’une génération à l’autre, depuis des temps immémoriaux. Pas de quoi s’inquiéter, juste un façon de délimiter une autre frontière, celle qui sépare les anciens des modernes – du grand classique.
Twitter peut s’utiliser pour des conversations entre deux personnes, entre plusieurs personnes, ou simplement pour lancer une message, comme une bouteille à la mer, le tout avec le même outil : un champ où l’on saisi un message, et un bouton pour le valider. Ces usages se mèlent dans un style propre à chaque utilisateurs, on trouve autant de façon de Twitter qu’il y a de Twitter.
La simplicité apparente cache une complexité qui échappe la plupart du temps à ceux qui croient, après quelques heures d’utilisation, avoir compris. Il faut en réalité plusieurs semaines avant de s’approcher, petit à petit, de la réalité qui se cache derrière twitter : une petite révolution, au même titre que le télégraphe ou le téléphone en son temps.
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20 juillet 2009 à 8:41
bravo, on va RT ça :)
20 juillet 2009 à 8:48
Excellent article!
Effectivement ca prend du temps avant d’apprivoiser la bete et c’est tres bien exprime dans cet article!
Je me suis dit un article de plus sur twitter. J’ai hesite a le lire et je n’ai pas reussi a m’arreter avant la fin…
20 juillet 2009 à 9:08
Excellent article.
C’est clair et précis tout comme j’aime. Et ca permettra peut être aux journaleux de comprendre enfin cette nouvelle façon de communiquer sans raconter n’importe quoi.
Car Twitter, c’est à la mode mais ca reste difficile d’accès au début comme tu le racontes si bien!
20 juillet 2009 à 9:16
Yep, pour une fois un très bon article sur Twitter !
Je retiens:
- la caisse de résonnance pour l’usage;
- la nature asymétrique des relations qui caractérise le réseau;
- la diffusion d’un signal & non d’une information.
…pour la barrière à l’entrée: je rajouterais que lorsque l’on se connecte à Twitter pour la première fois on doit ressentir ce que les premiers à être équipés d’un téléphone ont dû ressentir à l’époque…
20 juillet 2009 à 9:17
effectivement, très bon article
à RT ;)
20 juillet 2009 à 9:26
Article très pédagogique. Même sentiment au départ que French Blast …
En lisant votre description des premières pas sur twitter, c’était comme quand j’ai créé mon compte … votre article me donne envie de m’y remettre .… mon cas vous aurait-il inspiré ? :)
20 juillet 2009 à 9:30
Bonjour,
Merci pour cette excellente analyse. En toute sincèrité, c’est vraiment un super article.
Que je vais de ce pas retweeter. :)
Lionel
20 juillet 2009 à 9:50
Très bon article sur twitter, le parallèle avec signal brut, affinage etc etc me parait très pertinent. On se “sculpte” son propre twitter suivant les personnes qu’on suit , c vrai.
PAR CONTRE, mettre rapidement de coté la pensée de Paul Virilio est une erreur. Utilisateur de twitter, je n’en pense pas moins que Virilio a raison. Cette tyranie de l’instant ne remplace pas la pensée et la reflexion sur l’ENCHAINEMENT des evenements et pas juste les évènements eux mêmes. Avec twitter, j’ai surtout l’impression qu’on est passé à la vitesse supérieure sur le même travers qui frappe l’info traditionelle : on enchaine les scoops à une vitesse phénoménale, sans jamais regarder en arrière, sans jamais penser les liens entre les évènements ni faire d’étude à postériori.
Le vol air france (Paris -> Rio vous vous souvenez ? on a l’impression que ça fait des mois que c’est arrivé !) est remplacé par l’Iran, puis remplacé par M Jackson, puis remplacé par un le vol Commorien, puis remplacé par le Tupolef, puis c’est le 14 juillet etc etc.
Mais qui reprend le fil de la révolution en Iran, pour le redisséquer ? L’approfondir ? le mettre en relation avec ce qui s’est passé avant et ce qui peut arriver ensuite ? Pas twitter, mais en même temps, je ne lui demande pas cela et lui demander cela serait se fourvoyer.
Virilio ne critique pas twitter en lui même mais il dit juste que croire que c’est de l’info , c’est se tromper. C’est la même chose que de croire qu’on est informé si l’on connait toutes les dépéches AFP, là n’est pas l’essentiel, c’est juste le début de l’info, mais n’est pas suffisant pour se dire “informé”.
La vérité se cache souvent dans les détails, et en 140
00 charactères, on en reste souvent loin tout de même.….
20 juillet 2009 à 9:53
Sérieusement, qui va utiliser Twitter comme seule source d’information ? On pourrait faire ce même reproche aux télé d’info continue, désolé, mais Virilio est totalement à coté de la plaque, limite démago.
20 juillet 2009 à 9:59
TMZ.com un obscur site web américain ? alors que c’est le leader de l’info people onligne, filiale d’AOL. Décidément vos analyses se ridiculisent de + en +.
Réveillez vous, Facebook concerne un internaute sur 2 en France pendant que Twitter ne dépasse la niche des geeks.
Comparer twitter et l’invention du téléphone, comme tout bon comique, vous savez terminer vos sketchs.
20 juillet 2009 à 10:08
Never mind the troll, article brillant, ça donne envie de s’y mettre, mais c’est clairement moins évident qu’il n’y parait.
Au passage, TMZ.com avait enterré pas mal de gens avant Michael Jackson, le site est connu pour diffuser des rumeurs loufoques.
http://blogs.accesshollywood.com/archives/2007/05/anatomy-of-a-rumor-jayzs-plane.html
20 juillet 2009 à 10:16
c’est vrai qu’aucune rumeur ne prolifère sur Twitter
20 juillet 2009 à 10:31
Superbe analyse ! Les effets du réseau disymétrique de twitter m’avait échappé, je comprends mieux pourquoi Facebook ne peut pas y arriver maintenant…
20 juillet 2009 à 11:10
Bon article! je recommande également celui-ci pour en savoir plus! (notamment pour les débutants)
http://dyvantity.com/reseaux-sociaux-internet/guide-pour-twitter-trousse-de-secours-pour-les-debutants/
A bientôt,
Dany (@dyvantity)
20 juillet 2009 à 12:04
Un étudiant en communication pour confirmer : twitter est bien un signal et de l’information.
Là où le bat pourrait (je dis bien pourrais) blesser, c’est le bruit énorme de la timeline publique.
Mais ceci se rattrape très facilement avec les hashtags et les trendings topics.
Parlant par expérience personnelle, j’ai découvert il y a deux jours un album photo public sur Facebook d’une amie de Michael Jackson. Des photos évidemment très privées et confidentielles que je me suis hâté de relayer dans un article.
J’ai diffusé évidemment l’info via twitter, j’ai doublé mon nombre de followers, je ne compte plus les retweets et twitter est devenu ma première source de traffic, place habituellement réservée à Facebook qui lui tombe 4ème, Digg et Scoopeo complétant le podium.
Je n’avais pourtant pas vraiment énormément de followers, mais j’ai trouvé la recette (qui visiblement est excellente puisque mon serveur a sauté 2 fois depuis et que je n’ai jamais eu autant de visites sur 48h) :
Un signal oui, mais percutant et universel. Donc phrase d’accroche (“55 exclusive Michael Jackson private photos” dans mon cas”), une url raccourcie, et une diffusion tout d’abord à mes followers, puis aux leaders d’opinion du sujet concerné.
J’ai donc mené une petite quête des blogs de référence sur Michael Jackson, et ceci pour plusieurs langues, etc … Ils m’ont quasiment tous retweeté, leurs followers à leur tour etc …
Et en faisant ça, j’ai doublé mon nombre de followers.
Ca n’est donc pas compliqué twitter : il suffit d’avoir une information de qualité (ou du moins qui intéresse), de savoir manipuler un signal court et de savoir repérer les gens à qui adresser le message.
C’est du marketing, ni plus, ni moins.
20 juillet 2009 à 12:08
Oui, enfin, de là à dire que ce n’est pas compliqué… Facebook ne nécessite pas de compétence en marketing digital pour s’y mettre ;-)
Si le prix pour y entrer de façon fracassante comme tu l’as fait c’est de sortir un scoop, ce n’est pas vraiment à la portée de tous…
20 juillet 2009 à 12:25
Même sans parler de scoop. Une info percutente, qui vise un public précis, un marché porteur, et qui, surtout, est dans les trending topics, c’est quand même nettement faisable.
Exemple tout bête. En ce moment, dans les TP, le film Harry Potter, marqué HP6. Il suffit de trouver une vidéo marrante, un making of, une critique superbement construite, une itw des acteurs ou autre, de la tweeter en public puis de l’envoyer à des leaders d’opinion du secteur, et les retombées peuvent être fracassante.
Si on cherche à augmenter son nombre de followers, ça marche très bien.
Si on cherche à convertir en audience, il faut aussi avoir un média intéressant, et qui montre qu’avec l’information qu’on vient de diffuser il y a une valeur ajoutée.
Après, chacun à son objectif, mais certains de mes amis qui n’y connaissaient rien se contente de tweeter ou retweeter ce qu’ils lisent sur le web et gagne un follower quotidien.
C’est pas grand chose, mais c’est déjà ça.
Et je n’y suis pas entré de façon fracassante, loin de là.
J’y suis depuis un bout de temps, et c’est ma première initiative du genre sur twitter.
20 juillet 2009 à 12:38
Ca reste du marketing digital (je ne doutes pas que tu sois doué, ceci dit, mais ce n’est pas à la portée de n’importe qui)
20 juillet 2009 à 13:45
Petite petite…Je n’y comprends pas grand-chose à tout çà.… Pourtant… pourquoi donc ce système de followers me rappelle-t-il tant le système pyramidal cher à nombreuses organisations que je ne citerai pas ici… ?? oh et puis si tiens : alors il y le bon vieux système clientéliste des francs-maçons, l’église de scientologie… mais aussi certaines sociétés traditionnelles telles les Papous de Nouvelle-Guinée (celui qui captive le plus son auditoire devient le chef) Prestige ? Notoriété ? ces principes vieux comme l’humanité, vieux comme l’instinct grégaire… perso, je ne comprends pas pourquoi il est necessaire d’en passer par là pour devenir TWITTER “OFFICEL”… ^^et voilà pourquoi, méfiante, (mais pas parano je m’amuse comme une folle sur Facebook) j’en ai même oublié mon mot de passe pour mon compte TWITTER
Car être suivi (followed) et écouté, ne fait pas forcément vous un expert :-)
20 juillet 2009 à 13:50
Réseau dissymétrique et pyramidal, ça n’a rien à voir, tu t’égares j’en ai peur… Regarde la première illustration de l’article, elle schématise très bien la typologie des réseaux twitter, absolument aucun rapport avec un réseau pyramidal (qu’il soit Franc Maçon, Scientologue, ou autre). C’est radicalement nouveau comme forme de réseau, et c’est là toute l’innovation du truc, en terme de réseau social.
20 juillet 2009 à 13:58
Et puis c’est cool d’être franc-mac’.
Je dis ça, je dis rien.
Et comme le dit Fabrice, je ne vois pas Twitter comme ça, mais pas du tout !
Tu ne gagnes (sauf dans le cas d’un éditeur web, et c’est de l’audience) pas grand chose à être très followed.
C’est comme le nombre d’amis sur Facebook ou le nombre de vote sur Digg.
Ce sont des indices de popularité.
Il y a ceux qui ont des audiences qui s’y connaissent dans le domaine : je pense à Presse-Citron : s’il les articles sont autant votés sur Wikio, retweetés, etc … ça n’est pas forcément parce que son blog est “le meilleur” (je ne critique pas, j’adore ce qu’Eric écrit), mais c’est parce que son audience est principalement composée de “geeks” et ceux ci se servent de tous les réseaux sociaux et diggs like sur lesquels ils ont une vrai influence.
Quand je ponds un article constat, sur n’importe quel sujet, il plait : j’ai de nombreux commentaires, des professeurs (d’université majoritairement) viennent commenter et débattre etc … Mais tout ce petit monde “philosophique” (entre guillemets hein) n’est pas habitué aux résotage et aux diggs like. J’ai donc très peu de votes sur Wikio et consors.
Par contre, quand je sors un article geek, celui ci passe toujours en Une sur Fuzz, Scoopeo etc … Et il est beaucoup plus retweeté.
Question de public, d’audience, d’habitudes.
Twitter est majoritairement composé de technophiles et d’earlyuser (en france, j’entends bien). Partant de là, l’info doit être diffusée soit en anglais et à des twittos internationaux, soit à des geeks.
20 juillet 2009 à 14:02
Pour l’instant, oui, il y a une majorité de geeks sur Twitter, mais on y trouve de plus en plus de journalistes, pas spécialement geek, voir pas du tout (les cousins US y sont tous, ils s’y mettent), et comme aux States, la population va finir par devenir de plus en plus représentative de la population ‘normale’.
Regarde Facebook, aujourd’hui, on y trouve autant de ‘vieux’ que de ‘jeunes’, et ce n’est plus du tout un truc pour geeks (ça l’a été en son temps).
20 juillet 2009 à 14:03
Je n’ai jamais remis en cause tout ça.
Je dis juste que ça doit faire son chemin et que ceux qui sont rebutés pour l’instant pensent que c’est un simple réseau social et son donc déçus de ne pas avoir plus “d’amis”.
Mais c’est avant tout du microblogging.
20 juillet 2009 à 14:06
…et le terme d’ami est vraiment galvaudé dans le cas de twitter ;-) Autant sur Facebook, ça a encore du sens, autant là…
Bon, je vais le faire puis que tu n’ose pas : ton compte Twitter : http://twitter.com/PakitoDotEu
20 juillet 2009 à 14:20
Et bien merci pour ce lien, c’est gentil, mais c’est pas que je n’osais pas, c’est que je n’y pensais pas à vrai dire.
Mais c’est très aimable.
Et oui, le terme “ami” ne correspond pas du tout à twitter.
Et Facebook, peut être dans certains cas mais encore une fois, c’est une minorité … Des personnes avec qui j’étais en maternelle sont elles mes amis ?
20 juillet 2009 à 16:01
je fais partie de la population normale sur Twitter.
Vite apprivoisé, Twitter est devenu mon réseau social préféré, simple et efficace!
j’adore!
20 juillet 2009 à 17:12
Bon, ben c’est que mon avis mais je le donne qd même : je comprends toujours pas.
Je l’utilise depuis 1 an et je comprends toujours pas… Oui je follow et oui j’ai des followers mais je comprends pas.
J’ai essayé de suivre le brouhaha au début (je n’ai pas d’autre terme pour décrire ce flot continu de paroles censées dans cet océan de réflexions stupides et inutiles.).
J’ai essayé des méthodes : flux rss par tags, unfollowing de ceux qui me gonflent, etc… mais rien n’y fait. Parfois, et c’est clairement pas tous les jours, un lien me parait intéressant et ça s’arrête là.
Bref, je trouve Digg plus pertinent dans la recherche du Web to Be, Facebook plus socialisant et je suis les artistes que j’aime via les flux RSS de leurs blogs. Je pense pas que Twitter s’adresse à tous, il reste un media pour celles et ceux qui veulent être vus et pour les chatteurs invétérés, pour les autres j’y crois pas… On verra bien ce que l’avenir nous en dira (et l’avenir m’avait déjà donné raison pour 2nd Life).
20 juillet 2009 à 19:31
@laurent: “et l’avenir m’avait déjà donné raison pour 2nd Life”
et bien comme ça tu n’auras pas tout faux ;)
Plus sérieusement, je ne pense pas qu’on puisse comparer avec 2ndLife qui malheureusement n’a pas connu d’explosion du type de celle que connait twitter aujourd’hui.
Mais effectivement, à l’inverse de Facebook, twitter n’est pas pour tout le monde.
Si je peux me permettre, j’ai développé cet aspect des choses ici:
http://jeromechoain.wordpress.com/2009/06/24/twitter-ce-nest-pas-pour-tout-le-monde/
20 juillet 2009 à 19:56
Merci Fabrice pour cet article. On dit souvent qu’il faut faire court pour être lu par les internautes, mais la qualité est là et j’ai lu jusqu’au bout, commentaires inclus.
J’aprivoise Twitter depuis 2 semaines et j’ai bien du mal à prendre du recul et à appréhender le phénomène. Je vous rejoins quand vous dites “Il faut en réalité plusieurs semaines avant de s’approcher, petit à petit, de la réalité qui se cache derrière twitter…”
Autant chez Facebook je me sens chez moi dans une sphère IRL semi-publique qui reste assez privée quand même, alors que le côté grand ouvert et courant d’air de Twitter me surprend chaque jour.
J’ai d’ailleurs trouvé votre article en butinant de lien en lien par le hasard des mots-clés sur des comptes que je ne follow pas et qui ne me follow pas non plus (et l’ai retweeté bien sûr).
Cependant, ma matière de spécialité étant l’Histoire de l’art, j’ai bien des difficultés à trouver des personnes à follower autour de ce centre d’intérêt, surtout si je les espère francophones. Après deux semaines d’utilisation, À part les grands musées, j’ai plutôt trouvé à follower des geeks, des gens qui travaillent dans la comm, des as de la technologie du web 2.0 et des photographes.
Certes, j’ai beaucoup à apprendre sur ce monde plutôt nouveau pour moi — ça bouillonne en ce moment — mais je rêve de pouvoir me créer comme sur Facebook, une communauté d’historiens d’art ou de personnes sensibles au patrimoine artistique de nos régions qui veulent partager des liens autour de l’art.
Ne croyez-vous pas que certaines professions, moins attirées que d’autres par ces nouveaux médias sociaux, vont prendre un retard considérable en dénigrant cet outil et vont perdre des ouvertures et des connaissances qui pourraient leur être tellement utiles ?
Une twitta qui n’a pas encore tout compris…
20 juillet 2009 à 21:13
Ouvert,
c’est exactement le mot que j’utilise pour expliquer Twitter aux nouveaux arrivants.
Fabrice a raison, c’est très compliqué, parce que simple et ça prend du temps.
Il est vrai aussi que les followers sont une jauge de “popularité”. Donc à moins si vous cherchez à flatter votre ego, mieux vaut passer votre chemin…
Très longue alchimie… mais très bel outil (= micro-blogging et NON réseau social !)
Pour certains, c’est un bloc notes personnel (comme Google Bookmark)
Je l’utilise également ainsi mais également :
- pour RT ;
- et souvent en “direct message” (plus souple que le mail) ; pour cela il faut que ton followers soit following, sinon no way pour les direct messages ;
- pour diffuser une news chopée lors d’une veille (notamment sur les médias US : l’info est très pertinente et peu nombreux sont ceux qui lisent “fluently” les news de là-bas).
Fabrice, il manque une explication sur le bit.ly ou le tinyurl (“ancêtre” du bit.ly).
Je te laisse expliquer ???
21 juillet 2009 à 0:25
@SabineWe
Oui, pas mal de gens vont prendre du retard, c’est un grand classique en France… tant pis pour eux… En même temps, c’est vrai que Second Life a induit pas mal de gens en erreur, ceci dit, autant SL était du buzz, autant les univers virtuels ont de l’avenir, mais probablement pas sous cette forme. Il y a cependant eu des chose pas mal sur SL, mais rien de comparable avec Twitter.
@jean-lou bourgeon
Bit.ly et Twitter, c’est par là ;-)
http://fr.readwriteweb.com/2009/05/08/a-la-une/bitly-et-twitter-dessinent-avenir-du-lien/
21 juillet 2009 à 6:53
Excellent article, découvert depuis vendredi.info.
Je ne twitte pas. Et votre article vient de m’en donner des raisons encore plus précises et évidentes.
Maintenant, je vais aller y faire un tour, pour voir…
(My name is Ming, Isabelle Ming)
21 juillet 2009 à 8:11
Magnifique. J’ai une profonde admiration pour les gens qui peuvent beurrer la tartine à partir d’une confiture d’erzatz. Twitter est un gadget à la con, et tu en fais un excellent article. On en oublierait presque que ce n’est qu’un gadget à la con, un truc pour passer le temps, pour “être au courant”. Car qu’est-ce que vivre aujourd’hui sinon “être au courant” en permanence, piqué aux intraveineuses de la petite nouvelle, aussitôt apparue, aussitôt commentée, aussitôt disparue. Paul Virilio a raison. La démocratie n’a pas grand-chose à voir avec la possibilité d’un flux d’informations continu. Il suffit de regarder les commentaires de cet article pour s’apercevoir qu’on saute allègrement de Michael Jackson à Harry Potter, et j’en passe. Tweeter, c’est perdre son temps.
21 juillet 2009 à 8:31
@ Grosse Fatigue
J’aime beaucoup les donneurs de leçons, les ceux qui, pionniers de la pensée unique, beurrent leur tartine à l’abricot. Eh, la confiture de groseilles ça existe aussi.
Pas forcément envie de ce que tu as envie.
Droit d’être différents.
Droit d’être tolérant, accepter l’autre…
Droit de râler accepté aussi mais bon ceux qui partagent pas tes points de vu peuvent AUSSI s’exprimer sans être pour rautant trivial. Merci pour eux.
Francis comme d’autres sur la toile ont l’immense mérite d’ouvrir des débat qui nous intéressent (je sais, nous sommes des trolls). Les émotions ça existe aussi dans la vie numérique.
Rassure-toi, on sait aussi ouvrir un vrai livre au coin de l’âtre, on sait pédaler pour s’oxigéner les bronches et évacuer le goudron que nous respirons. Nous aimons à partager des points de vues et des infos qui te semblent futiles. Merci de nous respecter, comme nous, nous te respectons ; nous ne saurions prétendre à driver ta vie. Laisse-nous AUSSI partager des sujets de société qui engagent l’avenir de la démocratie…
Nous sommes des hommes libres.
21 juillet 2009 à 8:53
Bravo pour cet article !
21 juillet 2009 à 9:46
@laurent @sabineWe Oui il y a du bruit / courant d’air sur Twitter, ca m’a pas mal “déstabilisé” aussi. Surtout ce truc de voir les répliques des gens qu’on suit à des gens qu’on ne suit pas est un peu bizzare au premier abord mais c’est un peu le modèle du “les amis de mes amis sont mes amis” alors bon, pkoi ne pas mieux les connaitre après tout …
Twitter reste bizarre quand même: on échange, des liens, des petites infos, mais impossible de vraiment discuter sur twitter. Dès que le debat démarre, on est pas sur twitter.
D’ailleurs il n’y a qu’à voir là, Fabrice a twitté cet article, mais la discussion s’engage sur RWW.
Pour toutes ces raisons, et je ramène ça à ton ancien article sur “le reseau social du futur”, friendfeed reste bien meilleur à mon sens que twitter. A froid comme ça , je ne vois pas grand chose que propose twitter que n’a pas friendfeed (a part les hashtag, la geolocalisation de la personne qui twitter peut etre), mais l’avantage de friendfeed, c’est qu’on peut discuter après avoir partagé, car ça reste la l’essentiel non ?
Pour le reste tout y est : on peut être suivi sans suivre (pas besoin que les 2 soient ok pour qu’il y ait relation, même si bon, on peut bloquer), les updates sont en temps réel, la recherche aussi depuis pas longtemps.
Et surtout, les fils de discussions sont organisés (c’est la que twitter peche je trouve, ça devient invivable dès qu’il y a plusieurs sujets qui s’entrechoquent).
L’autre truc déstabilisant chez twitter c’est qu’on a l’impression que la meilleure façon de consulter twitter n’est pas le site twitter.com : grace à leur APIs , de bien meilleurs clients twitter sont apparus que le site lui même (et c’est tant mieux). On dirait donc que twitter se pense plus comme une infrastructure de communication que comme un site web classique ou les gens se retrouvent (comme facebook par ex).
La encore friendfeed est meilleur je trouve, on peut “friendfeeder” très confortablement avec le site lui même, pas besoin d’avoir un client dédié qui améliore l’ensemble.
Pour moi friendfeed est le twitter grand public, et l’avènement cela pourrait être google Waves.
Bon on pourrait y passer des heures. Je voudrais juste terminer par le fait qu’on parle souvent des gens qui twittent mais pas trop des boites qui utilisent twitter juste comme canal de communication (une “infra” comme dit plus haut). J’ai découvert Commuter récemment et ce RWW US en parle aussi :
http://www.readwriteweb.com/archives/commuter_feed_twitter_mashup.php
twitter utilisé comme moyen de partager des info traffic routiers.…
(ca m’a d’ailleurs amené à decouvrir que sur twitter, les tweets n’était pas geotaggués, seules les personnes twittant, oh rage !)
En résumé : je pense que l’utilisation de twitter va évoluer, l’outil est puissant, mais je vois mal son utilisation atteindre et perdurer pour le grand public. Par d’autres utilisations étonnantes pourraient apparaitrent (cf traffic info) et permettre à twitter de trouver une place que personne d’autre n’a eue jusqu’à présent.
21 juillet 2009 à 9:52
A Jean Lou Bourgeon :
Marrant ta réaction. Perso : j’adore. Le fait de critiquer vertement est immédiatement pris pour une attaque personnelle, ce qui est au mieux de l’enfantillage, au pire de l’infantilisme. Demande de respect, de “droit à la différence”, etc. Mais dès que l’on pense différemment, que l’on estime que Twitter n’est qu’un machin parmi d’autres, que l’Ipod ne fait pas une philosophie, pas plus que le rap ne fait de la musique ou qu’un DJ n’est musicien, alors là, ça pleure, il faut “respecter” les autres, c’est-à-dire les laisser dire… C’est ce que l’on fait, de toutes façons, puisqu’aucun commentaire n’en efface un autre, et que l’on ne fait que superposer des opinions (pas des avis), lus à la suite, et : rapidement. Tout est déjà oublié, sans consistance. C’est l’époque. Je suis contre.
21 juillet 2009 à 10:26
@grosse fatigue : dommage que tu n’aies pas de compte twitter, je t’aurai suivi ! :p
Seulement un blog, je m’abonne du coup :)
Je ne suis pas loin de penser comme toi, twitter est pour moi la discussion de comptoir perpétuelle (mais à l’opposé de toi c’est aussi pour ça que je l’aime bien ;) mais dans un bistrot hyper bruyant et enfumé ! On échange des futilités sur des sujets qui parfois ne le sont pas et mériteraient mieux.
Par contre je suis persuadé que l’outil reste puissant et qu’il trouvera sa vraie place prochainement.
21 juillet 2009 à 10:52
@Grosse Fatigue :
Non, pas vécu comme une attaque perso, mais juste un point essentiel : respect pour tous, le “con” est sans doute de trop ? Droit de s’opposer COURTOISEMENT aussi, ça ne t’arrachera pas la g***** de parler poliment (coucou les petits).
Enfantillage : c’est significatif de ta recherche de prendre l’ascendant sur les autres : moi, le Maître, je décide que les autres sont infantiles.… J’adore aussi.
Pas nécessaire de faire un complexe de supériorité, le ton/vocabulaire que tu emploies me déplaît, je le dis et après le débat avance.
Mais je constate ta logique, tu es contre et tu n’as pas de compte twitter : cohérent (dommage pour y!lone…)
Faut pas s’arrêter sur les médias ; hier le walkman, aujourd’hui l’iPod, demain, ? Qu’importe. Ce sont des outils, pareil n’en faisant pas un **** nerveux (auto-censure -:). Pas certain comme tu l’affirmes que “Tout est déjà oublié, sans consistance” ; ce qui te paraît futile ne l’est peut-être pas pour tous ?
21 juillet 2009 à 10:53
Filtrez le signal les gars, si vous prenez le flux complet, c’est un gros bordel, on est tous d’accord la dessus.
1) écouter les bonnes personnes
2) apprendre les finesse de l’outil de recherche (link seulement, opérations boléennes, etc)
3) utiliser un outil tiers pour filtrer tout cela (seesmic, par exemple)
:-)
21 juillet 2009 à 12:26
Le problème de Twitter ce sont ces types de messages : “Le vote sur la loi Hadopi 2 reporté en septembre!: http://bit.ly/1oLxDi (via @LePost)”
C’est ce que j’appelle un twitt émotion, comme les centaines reçus à la mort de M. Jackson, comme les autres centaines lors de l’arrivée de la grippe A ou l’autre millier au crash de l’airbus. Bref, La twitter community twitte en majorité avec les médias et n’est (pour le grand nombre, qu’un buzzforwarder). C’est ce que je trouve de très dommage. A l’exemption des manifs en Iran, je n’apprends pas grand chose, voir le sujet me gave à force de recevoir les mêmes informations.
Autres twittes stupides reçus depuis ce matin :
“ça, c’est fait :)” => je m’en fous
“Bonjour” => Je viens de supprimer ce follow
“Le gouvernement espagnol lance son compte Twitter” => Sur Twitter pour parler twitter ?
etc…
…
Je pense que je suis sans doute les mauvaises personnes.
21 juillet 2009 à 13:30
A Jean-Lou Bourgeon encore :
Je ne suis pas très politiquement correct. J’aime bien quand le ton monte. Respecter le point de vue de l’autre consiste essentiellement à accepter la discussion. Les pires se taisent. Je n’en fais pas partie. La demande permanente du respect et du choix des mots, des mots doux, sensibles, sans ironie et sans saveur, ça m’emmerde. Je ne m’auto-censure pas. Essaye, c’est bon…
21 juillet 2009 à 13:36
@Grosse Fatigue
Ah ben, j’savais pas. Maintenant j’comprends mieux !
Merci pour le précieux conseil. Quand j’serai grand, j’essaierai. Connais rien à la vie, j’suis un jeune qui débute.
21 juillet 2009 à 13:57
Je déteste les jeunes.
22 juillet 2009 à 9:13
Enfin un article complet (sans identi.ca : je rejoins Tristan :) ) sur Twitter. Nous sommes bien loin d’un explicatif télévisuel de raccolage. Merci Fabrice !
22 juillet 2009 à 9:59
Excellent article !
ça fait du bien de voir un peu de recul et d’analyse par rapport à Twitter.
Perso, j’aime bien l’outil et j’ai découvert des choses intéressantes grâce à lui mais il est clair qu’il faut s’imposer des règles pour ne pas y perdre son temps (comme désactiver toutes le notifications!)
22 juillet 2009 à 14:58
Excellent, la longueur de l’article fait peur (on en aurait pas dit autant en 140 caractères…) mais content d’avoir lu cette analyse dans son intégralité.
24 juillet 2009 à 0:05
Waouh !
Top d’arriver en retard sur un tel article… Comme ça j’ai tous les commentaires : vous m’avez tous passionné !
J’ai joué au con avec Twitter au début : c’était un jeu, je le tiraillais dans tous les sens pour comprendre, mais j’avoue n’y être entré au début que dans la logique peu gratifiante, pas tout à fait du “fashion victm”, mais de celui qui se dit : “bon allez, il faut bien que je m’y mette sinon je vais passer pour un vieux con.”
Maintenant j’ai compris qu’il s’agissait d’un phénomène gigantesque, et que pour bien le comprendre il faut comme Fabrice le rappelle bien garder à l’esprit sa complémentarité avec Google : Google c’est The Machine, c’est froid, parfait, aussi puissant qu’une formule mathématique; Twitter, c’est un organisme dont les convulsions, reflux et remous sont le fruit d’un filtre darwinien.
Pour moi c’est une réaction à la Machine. Le talent et la créativité ont souvent besoin de désordre pour s’épanouir: Twitter prouve que l’information aussi.
25 juillet 2009 à 9:01
Bravo pour cette analyse très juste, simple et complète! Je retweet…!
27 juillet 2009 à 0:00
Cet article est vraiment très intéressant.
C’est utile aussi bien pour les débutants que pour les expérimentés de twitter
27 juillet 2009 à 23:45
Les principaux intérêts de twitter sont dû au fait que
1) il n’y a que peu d’utilisateurs
2) ces utilisateurs sont en phase de recherche pas encore (trop) de capture ou pire de dépassement de leurs capacités d’être généreux et ouverts.
Du second point vient un troisième
3) les comportements prédateurs et antisociaux ne sont pas encore adaptés (à l’outil).
Il est bien plus facile de détruire que de construire
pour exister (dans un monde ou la frustration fait partie des mécanismes de base de la consommation) à un moment ou à un autre, lorsqu’on a épuisé son potentiel d’expression non violente, il ne reste plus que la destruction.
Celle-ci profite des habiletés produites par la fréquentation, alors que cette fréquentation est incapable, à la vitesse à laquelle on consomme, de produire des compétences ou même des appétences en matière de créativité.
C’est ainsi que tôt ou tard
dans le blog hier twitter ou FF demain
les territoires des nouveaux colons sont rattrapés par
les gestionnaires et les oisifs-paresseux-impulsifs.*
Récemment l’émission Place De La Toile, sur France Culture était suivie sur #PDLT par un certain nombre de gazouilleurs qui ont participé (une stagiaire lisait leurs twitts et de temps à autre les gens de l’émission regardaient vers elle) au débat.
Cette relation serait tout à fait improbable avec 1000 gazouilleurs qui posteraient des questions pertinentes
Twitter d’aujourd’hui n’a donc rien à voir avec Twitter de demain
de même pour FriendFeed (qui est un concept plus vivant mais (ou donc) moins abouti )
Pour ma part
un peu lassé d’être ainsi si “rempli-d-amis”
je rechercherais plutôt un concept du type
EnemyFeed
où l’on fournirait la tenue et les gants
(sourire)²
_________________________
se garder des deux côtés :
« Toute prise de contrôle par un petit groupe de ce qui procède de tous, toute fixation d’une vivante expression collective, toute évolution vers la transcendance annihile immédiatement le caractère angélique du monde virtuel, qui choit alors immédiatement dans les régions obscures de la domination, du pouvoir, de l’appartenance et de l’exclusion. » Pierre Levy
28 juillet 2009 à 10:51
N’y a t il que moi pour constater l’écart énorme entre ce que l’on peut lire sur les blogues et ce que la recherche universitaire produit ?
Personnellement, ce billet ne me convainc pas du tout. Non pas que je ne sois pas certains que Twitter puisse être un dispositif intéressant. Ce qui me désole, c’est de voir le coeur de son argumentation entaché d’une méconnaissance qu’une simple requête google aurait pu lever.
140 caractères, c’est suffisant pour faire une information.
Lorsqu’a la demande rituelle : “voulez vous épousez”… la personne répond “oui”, nous sommes d’accord pour dire qu’un mot suffit a produire une information valide. Une information peut même être une absence : Sherlock Holmes avance dans son enquête lorsqu’il prend conscience que _cette nuit là le chien n’avait pas aboyé !_ Autre exemple tiré de la littérature : la trace d’un pas laissée sur le sable est pour Robinson une information de la première importance.
140 caractères sont largement suffisants pour faire une information. Un seul caractère suffit a faire une information.
De la même manière, hiérarchiser l’information est ici une erreur. La transe qui a pris twitter lors de la mort de MJ est en soi une source d’information importante. Elle dit ou sont les désirs et les intérets de la twittosphère. La rejeter sans autre forme de procès, c’est snober les masses
Le billet aurait du commencer par une recherche ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Signal
Tout cela m’agace parce que cela donne du poids aux critiques les plus caricaturales de l’Internet : http://www.amazon.fr/culte-lamateur-Comment-Internet-culture/dp/235012228X
28 juillet 2009 à 11:04
Attention, Grosse Fatigue, ton blog (et ptet même ses archives…) va devenir mainstream ;-)
28 juillet 2009 à 11:53
Archi_bald : rien à foutre. Mon “blog” est désespérant, et le reste avec.…
29 juillet 2009 à 10:21
Yann, certes, on peut faire tenir une info à la place d’un signal, si tu sait lire, je cite le cas de l’annonce de la mort de Michael Jackson pour illustrer précisément cela. Ta critique tombe un peu a coté de la plaque (as-tu simplement lu ce billet ? T’es tu arrêté au premier point susceptible de donner lieu à une critique sans réaliser que la contre argumentation était 10 ligne plus bas et que le point que tu soulève est également soulevé ? Effectivement, très aggacant.
29 juillet 2009 à 18:34
super article
pour ma parts je reste jamais longtemps sur un article avec autant de commentaire je décroche souvent avant la fin mais là surpris par la pertinence du sujet .
je n’y connais rien a Facebook et Twitter je suis un novice avec genre 14 amis sur Facebook et pas de compte Twitter ‚j’ai eu un peux de mal sur certain post parlant RWW et tous les trucs compliqué du genre “langage pc” mais je pense grace a vous avoir compris l’intéret de Twitter et son utilité merci a vous pour m’avoir éclairer sur se sujet d’actualité ‚cependant je m’interroge sur deux points 1)le nombre limiter de caractère pour traiter une information et en parler n’est elle pas trop contraignant ? 2) ne risque pas t’on de retrouver des personnes qui ont besoin de se défouler dans leurs ” réactions “risquant de masquer des vrais informations interessantes ou de bon sujet a méditer ?
enfin je vous remercie de m’avoir permis d’y voir plus clair sur Twitter qui a l’air d’etre intéressant si on trouve les bonnes personnes a qui parler ;p)
29 juillet 2009 à 18:40
Ben…
1) le SMS est tout autant limité et a crée une véritable culture, un langage, des signes, etc, ca oblige par ailleurs à la brieveté, ce qui n’est pas sans interet…
2) vous posez le problème du filtre, et là, la repose de Twitter est brillante, ce n’est pas son problème, c’està des applicatins comme Seesmic de trouver des solution, Twitter se contente de fournir une API qui permet de faire quasiment n’importe quoi avec son contenu… Du coup, Twitter peut se concentrer sur un problème très précis (montée en charge et quelques autres problèmes bien circonscrits, l’écosystème de Twitter fait le reste… D’un point de vue industriel, c’est brillant, mais reste que l’outil de filtre idéal pour Twitter n’est pas encore là (il va arriver, aucun doute la dessus).
29 juillet 2009 à 20:18
Bien vu
je partage entièrement cette analyse, même si je suis de très fraîche date sur Twitter. Mais qui ne l’est pas? Twitter renvoie facebook à l’obsolescence de ses origines : un trombinoscope pour adolescents solitaires, masturbateurs et inquiets ou pour anciens élèves nostalgiques. (Notez que je suis aussi sur Facebook).
je vous aurais bien gazouillé ce commentaire, mais il fait plus de 140 caractères.
Twitter moi en retour.
29 juillet 2009 à 22:42
Fabrice j’ai bien lu l’article. plusieurs fois. Et je le relirais après ce commentaire. Je maintiens ma critique : tu fais usage de notions que tu maitrises mal. Il ne s’agit pas “de faire tenir une info a la place d’un signal”. il s’agit du fait que les notions ont un sens précis et que tant qu’a les utiliser autant le faire en respectant leur sens. Un tweet n’est pas un signal. 140 characteres sont largement suffisants pour faire passe une information. N’importe quelle information. Toutes les informations.
30 juillet 2009 à 2:26
relis, Yann, relis, je dis la même chose. Maintenant, si tu veux te lancer dans une analyse d’un échantillon de Tweets et les classer dans signal/bruit/information, à mon sens, l’info ferait moins de 10%… C’est tout :-)
30 juillet 2009 à 6:39
Tu veux pas plputôt te concentrer sur tes contre attaques sur Freindfeed plutôt que d’essayer de passer de coté et de revenir à la charge sur Twitter Yann, c’est un peu gros comme tactique tu sais ;-)
30 juillet 2009 à 11:56
PLus je vous lit, plus je trouve que vous êtes excellent.
01 août 2009 à 14:03
Fabrice, franchement, ne le prend pas de façon personnelle. J’essaie de faire avancer les choses en apportant mes contributions a partir de mon domaine d’expertise. Je n’essaie pas de passer a droite ou a gauche ou devant ou derrière …
Mais cela m’amène une réflexion : Twitter est un média très nerveux, il est excellent pour récupérer les réaction à chaud. Ensuite, les commentaire sont un autre espace d’élaboration, et il est possible que FF offre un espace distant, plus “froid” que le fil des commentaires. Enfin, autre espace d’élaboration, le blogue personnel.
Alors, oui, sur Twitter j’étais effectivement très énervé. Je l’ai été un peu moins en écrivant le com. Et encore un peu moins en échangeant avec toi sur d’autres sujets sur FF. Ce qui amène une autre réflexion sur FF : son coté kaléidoscope offre autant de possibilités de rencontre et de création de liens
Enfin (?), plus les liens créés en ligne sont importants, plus la forme de la critique varie. Est ce un bien ?
01 août 2009 à 17:40
Soyons clair, FF est un outils social très sophistiqué, mais très intéressant. Il change l’équation du commentaire d’une façon similaire à Twitter, le temps réel et le réseau dissymétrique permet une toute autre forme d’interaction sociale entre commentateurs (‘plus’ pour la relation inter commentateurs, ‘moins’ pour la relation avec le créateur du contenu), et surtout, la dimension phatique du lien social générée par FF est clairement plus forte que celle générée dans un fil de commentaire sur un blog.
Là dessus, bien ou mal, c’est partagé, et ça se discute, mais différent, cela ne fait aucun doute.
Mon seul et unique point dans la charge que je fais sur FF (et que je continuerais de faire), c’est le problème de déplacement de valeur des blogs vers FF du ‘ROI’ que constitue la conversation qui fait suite à un contenu créé.
J’ajouterais qu’en fournissant une API, FF rends de facto les conversation duplicables à l’infini sur n’importe quel système, il les fait passer d’un coup d’une économie de la rareté à une économie de l’abondance, déplacant ainsi la valeur des contenus vers la technologie (finalement, une stratégie similaire à celle de Google face à la presse, mais sur les conversations, pas sur les contenus, ce n’est pas un hasard si FF a été créé par des anciens de Google).
Enfin, pour faciliter la tâche des critiques, la grosse faille dans mon argumentation consisterai à mettre en cause la légitimité pour un créateur de contenu d’un droit quelconque sur la propriété des conversation qu’il génère de par sa création (ce que Jérôme Flipo a fait d’ailleurs). Là, on peu en discuter, je suis probablement de parti pris. Sauf que, par analogie avec la problématique de la répartition des revenus dans la musique, on trouve dans cette industrie à l’agonie, le même problème. Les distributeurs accaparent l’essentiel de la valeur par rapport aux créateurs de contenus (je ne parle pas des producteur de musique mais bien de la distribution).
Du coup, il est difficile de proner un point de vue pour les contenus musicaux et un autre pour les contenus texte, il y a là un manque de cohérence flagrante qui me fait dire que les prises de posisition passées ne sont pas faites sur la base de valeurs (politiques) mais sur autre chose. En même temps, en dehors des blogs qui on mené la lutte anti hadopi depuis le début (Ecrans — est-ce un blog ? — Numérama, PCimpact, Korben et R/W), tous les autres acteurs sont politiques, et imaginer que la politique repose sur des valeurs est d’une naïveté incroyable, je m’en rends compte (un peu tard, certes).
Pour revenir à FF, d’un point de vue usage, c’est très cool comme produit, aucun doute, même si j’ai d’énormes doutes sur le potentiel mainstream du produit, qui est à mon sens réservé à une élite geek. J’en suis utilisateur, et après une semaine de tests intensifs (et tu l’aura sans doute remarqué d’expérimentation sociale via R/W à grande échelle), j’aurais tendance non seulement à renforcer ma conviction initiale, mais j’ai également de gros doute sur le ROI du temps investi sur cette application particulièrement chronophage (bien plus que Twitter IMHO, ce que même Scoble ne nie pas, il est arrivé à la même analyse).
Enfin, si vous n’avez pas compris le contexte de mes échange (virils au commencement puis apaisés aujourd’hui) avec Yann, c’est que vous n’avez pas le contexte, c’est normal, il faut lire ce billet ;-)
http://fr.readwriteweb.com/2009/07/27/analyse/friendfeed-cest-mal/
01 août 2009 à 17:46
A partir de là, je crois que l’on a aujourd’hui, ne serait-ce qu’à travers une demi douzaine de conversation sur FF et de leur contrepartie sur les blogs (sur les mêmes contenus), de quoi faire une analyse interessante sur ce qui change. Plus de lien phatique sur FF, moins de valeur ajoutée par rapport aux contenus initiaux (bien que, j’ai animé des conversations sur FF qui montreraient que ce n’est pas obligatoirement le cas)… On a un corpus d’analyse suffisant, IMHO…
Tu t’y colles et on fait un cross posting sur R/W ? ;-)
01 août 2009 à 22:03
Article super interessant avec de très bon schémas.
02 août 2009 à 0:08
Visionnaire (non ?) :
« Ici Rogers — je te reçois cinq sur cinq. » « Tu m’entends ? oui, je t’entends. » « On se reçoit, on se parle. » « Oui, on se parle. » Telle est la litanie des réseaux (de radio), y compris et surtout des réseaux pirates et alternatifs. On y joue à se parler, à s’entendre, à communiquer, on y joue des mécanismes les plus subtils de mise en scène de la communication. Fonction phatique, fonction de contact, la parole soutenant la dimension formelle de la parole : cette fonction isolée et décrite pour la première fois par Malinowski chez les Mélanésiens, reprise ensuite par Jakobson dans sa grille des fonctions du langage, devient hypertrophique dans la télédimension des réseaux. Le contact pour le contact devient une sorte d’auto-séduction vide du langage lorsqu’il n’a plus rien à dire.”
J. Baudrillard, De la séduction, p. 222.
02 août 2009 à 9:12
Oui, le réseau s’est construit et se construit encore aujourd’hui par jeu et zadigacité. Mais d’une part ce n’est qu’une des dynamiques et d’autre part, le contact pour le contact n’est pas “une sorte d’auto-séduction vide du langage lorsqu’il n’a plus rien à dire”. La fonction phatique a laquelle Baudrillard fait référence est une fonction qui permet le contact. Ce sont les “Comment allez vous” et autres “il fait beau aujourd’hui”, phrases qui en soi ne veulent pas dire grand choses, mais qui préparent la possibilité d’un contact plus profond ou au contraire la possibilité d’un non-contact sans que personne ne soit blessé.
Cette fonction phatique on la voit parfois sur le réseau avec les LOLcats et autres smileys. Elle est ici encore plus importante parce qu’elle réintroduit quelque chose qui n’est pas facilement représentable en ligne : le tactile
02 août 2009 à 10:37
Et cette même fonction phatique est très faible sur des commentaire de blogs alors qu’elle est incroyablement puissante sur FF (et les chat en ligne)… C’est clair, FF est un truc d’invidualistes vs. un projet collectif pour l’écosystème informationel des blogs… Un gros Hummer qui pollue mais bien sympa a conduire… Non ? (mais on déborde complètement du cadre de ce billet pour le coup) — on pourrait faire ca autour d’un verre ?
02 août 2009 à 17:26
je suis d’accord pour faire ça autour d’un verre et à la rentrée autour d’un plateau TV : les gars, c’est passionnant.
@Yann : ma citation de Baudrillard n’avait aucune autre fonction que le clin d’oeil, puisque ce serait-ce que cette seule et unique page de blog est un fantastique contre-exemple ;-)
02 août 2009 à 17:41
Suis en mode thèse, j’ai perdu tout humour pour les 28 jours restant, désolé ! j’avais pas compris le clin d’oeil.
+ 1 pour le verre (-:
02 août 2009 à 17:50
j’espère au passage qu’il ne vous aura pas échappé que si nous pouvions poursuivre cet échange sous une autre forme, à savoir le verre en privé + le plateau-TV en public, il vous sera possible d’en tirer d’autres hypothèses heuristiques.
A savoir — parmi tant d’autres que vous formulerez mieux — que :
- ben oui, la discussion se poursuit encore sur un autre espace et la valeur est à nouveau déplacée ;-)
- la démarche prouve néanmoins que nous franchissons de nouvelles étapes dont les précédentes se sont nourries et vice-versa ;
- que le jeu de la séduction va pouvoir se poursuivre à travers le prisme de la vidéo et –ouhlala– voici un autre de sujet dont nous verrons bien s’il sera source d’échanges plus profonds ou de simples rappels superficiels (ça reste encore à prouver je l’avoue);
- que peut-être Twitter et des sujets de conversation de ce genre n’étaient après tout que d’efficaces alibis subconscients pour qu’un contact plus amusant puisse être établi par la suite.
Bref, je vous dirais avec mes modestes moyens que c’est pour ça que je milite pour le réseau social dont les plateaux TV préparés ensemble sont une finalité : parce que même si cette finalité a quelque chose de facilement attaquable (c’est un peu superficiel, égocentré, etc.), au moins elle crée un incentive, un but commun et une rencontre filmée autour des idées qui en sont le centre. La table ronde est tout un symbole, en remettant les invités sur un pied d’égalité et dans un espace où ils peuvent enfin — ouf — gazouiller en même et se couper la parole !
Bon… j’espère que Fabrice ne m’en voudra pas trop de cette manière non préméditée de tirer un peu la couverture à mon truc ;-)
En tout cas je peux à tous vous dire que cette page est la page de blog qui m’a le plus passionnée depuis que je lis des blogs — d’où mon enthousiasme naïf et l’envie d’aller plus loin avec vous.
02 août 2009 à 19:36
@Yann Reviens vers moi à la rentrée pour un verre (et bon courage d’ici là)
@Frédéric Yes, voilà une expérimentation sympa, je suis partant :-)
02 août 2009 à 20:48
@Frédéric : c’est vraiment quelque chose dont j’ai pris conscience dans cette discussion : le fait que les discussions soient nomades, qu’elles éclatent dans un lieu, se poursuivent dans un autre, puis un autre etc. etc. Mon idée est que les différents dispositifs d’écriture, par leur constraintes, permettent ou pas tel ou tel type de travail de pensée. En disant cela, je me dis : il va falloir préciser les types de penser ! Quel boulot ! Mais, bon, on devrait pouvoir y arriver. Par exemple, un dispositif qui permet l’édition ne produit pas les mêmes effets qu’un disposif dans lequel ce qui est écrit ne peut pas être repris
Il y a mon hastag #ylerouxthesis qui m’attend ! :-|
(@Fabrice, bien noté :-))
02 août 2009 à 23:54
ça n’a peut-être rien à voir directement, mais je vous conseille de trouver “Le Plaisir du texte” de Roland Barthes, qui se serait passionné du débat qui se déroule ici, et qu’il faudra qu’un futur écrivain comme toi Yann, poursuive un jour ;-)
03 août 2009 à 12:59
Une participation au débat sous forme d’un petit texte, qui reprend entre autres, une citation de Roland Barthes:
Thixotropies : à quoi sert Twitter ?
Lisbonne, le 1er Août 2009
Le Premier roman en français publié sur Twitter s’intitule Thixotropies. Sa diffusion a commencé aujourd’hui à 18h : http://twitter.com/christophesims
Chaque Twunk (fragment) ne peut dépasser 140 caractères.
Ce projet, étalé sur le mois d’Août dont le côté fragmentaire peut sembler contradictoire avec la nature même d’un livre-roman, objet clos et tangible, permet d’explorer les nouvelles pistes tant littéraires qu’éditoriales ouvertes par le microblogging.
Si le media impose la fragmentation du texte, celui-ci n’a pas pour autant été rédigé sous la contrainte des 140 caractères. il s’agit plus d’une adaptation au support que d’une matrice d’écriture.
L’aspect le plus innovant de cette démarche consiste à sortir le lecteur du pari de l’achat. Par définition, un acheteur de livre ne sait pas celui-ci contient, puisque, par définition, il ne pourra savoir ce qu’il contient qu’une fois qu’il l’aura lu. Acheter un livre, c’est acheter un chat dans un sac.
Là est peut-être la révolution qu’apporte Twitter : il n’est pas besoin d’acheter le livre pour le lire. L’auteur le gazouille sur le réseau et le lecteur peut goûter, apprécier, fragment par fragment, le texte.
Puis, si il le souhaite, il pourra alors décider, en toute connaissance de cause, d’acheter. Soit télécharger à très pas prix une version électronique, charge à lui de l’imprimer (sans pour autant au bout du compte avoir un vrai livre.)
Il pourra aussi commander le livre papier directement à l’auteur ou par l’intermédiaire d’un éditeur et/ou d’un libraire, qui peuvent encore jouer un rôle s’ils s’adaptent à cette nouvelle donne.
Depuis 15 ans, toutes les tentatives faites par les éditeurs pour créer un livre électronique ont échoué. Pour une raison simple : donner à un livre électronique l’aspect d’un livre papier cumule les inconvénients des deux. C’est un peu comme donner la forme d’un cheval à une voiture : on s’arriérait dessus.
Non, le support électronique doit être utilisé pour ce qu’il est : un support immatériel, sans poids, sans pages, sans papier, encore plus nomade à sa manière que son ancêtre le livre.
Roland Barthes écrivait de manière prémonitoire : « Un texte est fait d’écritures multiples, issues de plusieurs cultures et qui entrent les unes avec les autres en dialogue… Mais il y a un lieu où cette multiplicité se rassemble, et ce lieu, ce n’est pas l’auteur … c’est le lecteur: le lecteur est l’espace même où s’inscrivent… toutes les citations dont est faite une écriture ; l’unité d’un texte n’est pas dans son origine, mais dans sa destination.» (in Le bruissement de la langue, Essais critiques IV, 1984).
Beaucoup se demandent à quoi sert Twitter. C’est bien dans ses destinations multiples que le livre vit, c’est à dire ses lecteurs. Ce qui fait qu’à tout le moins, Twitter devrait faire réfléchir le monde de la littérature: une nouvelle forme de relation de l’écrivain avec ses lecteurs est en train de naître.
En application, je vous invite à suivre sur Twitter l’aventure de Thixotropies sur @christophesims. Merci.
03 août 2009 à 15:02
J’ai reçu un tweet aujourd’hui seulement sur cet excellent article écrit il y a presque 15 jours ;-)
… et me suis empressée d’en composer un nouveau :
RT : Fabrice Epelboin à propos de #Twitter : “Moi-même, j’ai trouvé cela idiot jusqu’au jour où je m’y suis mis.” http://fr.readwriteweb.com/
09 août 2009 à 21:18
bonjour,
juste pour vous dire que l’on parle de vous, mais dans des sphères fort éloignée du monde du Tweet.
J’avais peur que vous ne receviez l’information que dans un délai trop peu propice au monde de l’instantané, aussi je me permets de vous en indiquer le lien :
http://linuxfr.org/comments/1056659.html#1056659
09 août 2009 à 22:56
Rassurez-vous, j’ai de bon systemes de veille et j’avais lu votre commentaire sur linux.fr ;)
Votre remarque sur la nature centralisée de twitter est fort juste, mais vous me faites un mauvaix procès en entretenant une confusion entre Libre et ‘ouvert’. Twitter n’est en rien Libre mais n’en est pas moins ouvert, voilà qui méritait d’être précisé.
Maintenant, on peut regretter l’échec d’identi.ca, mais c’est une toute autre histoire :)
13 août 2009 à 20:13
Intéressante en effet la remarque sur la nature centralisée de Twitter, mais je me demande si c’est réellement un problème.
Dans la recherche, Google a l’air de bien se porter…
29 août 2009 à 10:16
merci … je découvre twitter et d’ailleurs tout le monde qu’il y a autour, votre article dépeint à la fois ce que je découvre et m’éclaire …
02 septembre 2009 à 21:34
Un autre article bien fait sur l’incontournable Twitter : http://blogue.umen.ca/2009/08/incontournable-twitter/
07 septembre 2009 à 11:22
Twitter finit par me lasser. J’y ai trouvé quelques personnes que je n’aurait pas pu découvrir facilement sur d’autres sites. Je l’utilise maintenant, quand il est fluide pour alimenter des farces (je ne vous dirai pas avec quel pseudonyme) et glaner dans les nouveaux amis de mes amis pour découvrir des sites succulents de toutes natures. Au delà de quatre-cents suiveurs c’est intenable. Je commence à avoir des difficultés de gestion de mes messageries. Ce matin 307 messages sur GoogleMail, plus la poubelle qui ne contient pas forcément que des horreurs, restent mes propres serveurs mail dont mon nom en domaine rabeuf.fr. Et mon ancien hébergeur qui a pris soin d’écraser de nombreux articles DNS depuis que la machine que je loue n’est plus chez lui.
08 septembre 2009 à 9:00
@Dominique
Les chiffres de Twitter montrent au contraire une forte addiction pour ceux qui ont passé la barrière a l’entrée…
Pour ce qui est de vos article DNS écrasés, j’ai peur que vous confondiez plusieurs technologies, votre hébergeur n’a vraisemblablement rien a voir avec un quelconque DNS, qui lui même est bien incapable d’écraser quoi que ce soit… Enfin, bref, c’est pas tout a fait ça…
09 septembre 2009 à 17:37
Can we use Twitter for educational activities?
10 septembre 2009 à 0:47
@societo
Yes we can : http://fr.readwriteweb.com/2009/07/28/usages/twitter-dans-les-amphis/
10 septembre 2009 à 9:40
c’est la rentrée et le phénomène ne part pas étrange ce twitter, un peu incompris par l’utilisateur qui veut de l’information mais qui ne sait pas là faire et puis il faut écouter, toujours écouter, c’est un peu comme la radio mais sans la musique, a voir comme évolution ;-)
11 septembre 2009 à 13:15
Brillante analyse de Twitter. J’ai vraiment beaucoup appris en la lisant.
12 septembre 2009 à 9:17
@Fabrice
Pour ce qui est de vos article DNS écra sés, j’ai peur que vous confondiez plusieurs technologies, votre hébergeur n’a vraisemblablement rien à voir avec un quelconque DNS, qui lui même est bien incapable d’écraser quoi que ce soit… Enfin, bref, c’est pas tout a fait ça…
Il s’agit bien d’articles DNS (Domain Name System)
L’hébergeur est amen. Son réseau est très mal supervisé. Des messageries ont été usurpées. Des plaintes ont sans doute été déposées. Ils ont tout simplement écrasé les articles de messageries de domaines n’utilisant pas leurs services de filtrage. Ils se sont contentés d’envoyer une circulaire laconique en email, indiquant que suite à des plaintes les messageries devaient être reconfigurées. Le hiatus est que pour les noms assez anciens l’interface de configuration proposé ne convient pas. Le transfert de noms de domaines surtout fr est assez compliqué administrativement. Bon là nous sommes au ras des pâquerettes d’Internet dont le Web n’est qu’un (deux) service(s) parmi tant d’autres.
La pagaille de la migration vers IPv6 ne fait que commencer.
12 septembre 2009 à 11:35
articles=mails ? J’avais pas compris ça ;-)
07 novembre 2009 à 5:27
au fait,c’est quoi twitter ‚quel est sont but ‚franchement je ne comprnds rien
04 décembre 2009 à 19:24
Excellente analyse! Voici un article qui pourrait vous intéresser : “Pourquoi Twitter est exceptionnel?“http://checkitnetworks.com/pourquoi-twitter-est-extraordinaire/
30 janvier 2010 à 17:19
Bon, je viens de m’inscrire sur Twitter et après la lecture de votre article, très clair ! moi je me retrouve l’esprit plutôt embrouillé. Mais je n’en suis qu’ à ma première demi-heure …