Difficile de se faire une opinion, ou tout du moins de s’y tenir, tant les avis divergent sur le sujet. Certains pensent que Facebook n’est plus ce qu’il a longtemps été, une perte de temps en terme de productivité, tout juste bon à envoyer des pokes ou faire des jeux stupides entre amis, mais que le plus grand réseau social de la planète est devenu un composant de la communication entre collègues de travail et au sein des équipes.
Il n’y a pas longtemps, nous faisions état d’une étude qui rapportait que les réseaux sociaux étaient de mieux en mieux acceptés au sein de l’entreprise, cette étude montrait que près de la moitié des professionnels dans le secteur des technologies voyaient Facebook comme quelque chose d’utile dans un cadre professionnel.
Mais selon Nucleus Research, qui a publié un rapport la semaine dernière sur le sujet, Facebook causerait aux entreprises 1,5% de leur productivité. Diantre. Voilà de quoi inquiéter bien des patrons qui réalisent que, lors d’une traversée inopinée d’un open space, Facebook est devenu un élément du quotidien de leurs employés.
Facebook, un perte de productivité ?
Selon l’étude de Nucleus Research, les employeurs perdent 1,5% du temps de travail de leurs employés à cause du temps passé à utiliser Facebook. Pour calculer un tel chiffre, Nucleus a interrogé un échantillon sélectionné au hasard de 237 travailleurs du tertiaire.
Les résultats révèlent que près des trois quart de ceux qui utilisent Facebook le font durant leurs horaires de travail, et qu’ils restent sur le site pour une durée moyenne de quelques minutes par jour.
Bien que certains affirment que Facebook soit en train de devenir un outil professionnel, très peu des personnes interrogées lors de cette étude ont prétendu qu’elles utilisaient Facebook à ces fins, au contraire, 87% des personnes interrogées ont affirmé que le temps passé sur Facebook au travail n’avait aucun but professionnel.
Bien sûr, on pourrait objecter que l’échantillon est assez petit, et qu’en tirer des conclusions est difficile, même si cela n’a pas arrêté Nucleus. Ils concluent même leur étude en suggérant aux entreprises de mettre en place un règlement intérieur concernant Facebook, dans la mesure où “bloquer Facebook pourrait donner lieu à un gain de productivité de 1,5%”. (et améliorer le climat social ?).
Pas si sûr…
Nucleus Research voit les choses par le petit bout de la lorgnette, alors, comme souvent lorsque l’on a à faire à des recherches sorties de nulle part et dont les bases scientifiques sont discutables, on se tourne vers de vrai chercheurs, chez R/W, et c’est à l’Université de Melbourne, chez le professeur Brent Coker que nous avons trouvé de quoi pondérer l’avis de Nucleus. Il a lui aussi interrogé un petit échantillon de travailleurs du tertiaire (300, à peine 40% de plus que Nucleus), mais il est arrivé à une conclusion différente.
Il a trouvé que les personnes qui prennent de petites pauses entre leurs tâches augmentaient leur productivité de 9% par rapport à leurs collègues qui ne le faisaient pas. “Cela leur permet de remettre en marche leur concentration”, dit Coker. Cela signifie que les société qui bloquent Facebook ou MySpace ne font, en pratique, que diminuer leur productivité.
Par ailleurs, les employés, qu’ils disposent de Facebook ou pas, on toujours trouvé des moyens de faire des pauses au bureau. Avant les réseaux sociaux, même avant les ordinateurs. Souvenez-vous, les machines à café ont longtemps été des lieux dédiés à de telles pauses, et le restent encore dans beaucoup d’entreprises. Faut-il supprimer le café également ? Interdire les employés qui fument des cigarette pendant les heures de travail ?
Facebook, à coté de ces autres types de pauses, semble bien inoffensif pour la productivité des employés, qui plus est, si ceux-ci développent une activité professionnelle dessus, il n’est pas interdit de penser qu’il finira même par être utile.
(traduit d’un article de Sarah Perez, photo CC de Laughing Squid)













23 juillet 2009 à 8:50
Pour avoir travaillé dans une entreprise qui s’amusait à bloquer à peu près tout et n’importe quoi, à commencer par Facebook, je peux dire que ça n’améliore pas du tout la productivité.
Faire un p’tit break est quelque chose de super efficace. Se couper du boulot 15 minutes pour faire une sieste ou un match de ping pong est parfois nécessaire.
Dans les entreprises où on n’a finalement pas d’autre choix que travailler, on finit par avoir un regard vitreux sur un écran sur lequel on ne comprend plus grand chose… La seule source de distraction devient de lire des pages aléatoires sur Wikipedia (et je parle avec expérience).
Évidemment si on laisse des distractions aux employés il y en aura toujours pour en abuser, après je pense que ça se voit sur les résultats de la personne et qu’il suffit de lui taper sur les doigts.
23 juillet 2009 à 9:32
@Pierre : Surtout que lorsqu’une entreprise bloque des sites, il y a toujours des petits malins pour trouver comment contourner la mesure, puis l’expliquer aux autres employés. Bref : le temps passé à tenter de se connecter est autant de temps supplémentaire à la pause.
@Fabrice : Un aspect qui n’est pas abordé (et je crois que c’est mal), c’est le fait que la pause Facebook est une pause internet. En d’autres terme, elle incite les employés à utiliser internet (un navigateur, un clavier, toussa toussa), et au final… augmente progressivement tout un tas de compétences autour de ces outils. Ainsi : ils tapent plus vite, ils connaissent mieux le web, il savent mieux se servir de leur navigateur. Et… oh, comme c’est bizarre : autant de facultés que les employeurs sont bien content de trouver chez leurs employés quand ils les ont (mais ne sont jamais prêts à leur payer des formations pour qu’ils les acquièrent). Bref : mieux vaut voir Facebook comme un « online training » plutôt que comme un grand méchant loup. Surtout que quand on se renseigne, Facebook regroupe tout au plus des photos (aspect plutôt dangereux de la chose, car on peut passer des heures à les regarder), mais surtout des jeux pourris, auxquels les employés jouent par dépis (et souvent, c’est vraiment parce qu’ils se font chier et n’ont rien d’autre à faire).
23 juillet 2009 à 9:35
LOL
Ca m’apprendra a traduire des article brut de fonderie sans faire d’adaptation au marché Français ;-)
Aux States, ils n’ont pas du tout ce genre de problématique, un employé qui a un ordinateur sur son bureau sait utiliser internet au même titre qu’il sait écrire… En France, c’est différent…
Bien vu :-)
23 juillet 2009 à 10:10
Je ne suis pas bien convaincu que les USiens soient plus compétents que les français en info.
En tout cas, dans les autres pays d’Europe, c’est pas bien glorieux.
23 juillet 2009 à 10:16
Les américains dans leur ensemble, si, les employés de bureau utilisant un ordinateur au quotidien, absolument…
En europe, ça dépend où tu regarde, en Angleterre ou en Suède, c’est flagrant, en Espagne, nettement mois (encore une fois, je parle d’employés de bureau utilisant un ordinateur, pas de la population générale).
23 juillet 2009 à 10:16
Sur ce sujet, je crois vraiment qu’il y a un problème de génération : on peut voir un lien quasi proportionnel (y’a toujours des exceptions) entre l’âge de l’utilisateur et sa consommation d’internet (et donc ce qu’il fait au boulot sur le net).
23 juillet 2009 à 10:43
J’avais fait un petit article à ce sujet il y a quelques semaines : http://www.atlantic-management.fr/blog/les-reseaux-sociaux-plus-populaires-que-lemail-et-dans-les-entreprises/
Au passage, un petit logiciel pour mac vous permet de faire des pauses régulièrement, ce qui est excellent pour la concentration, et pour limiter le stress : http://tech.inhelsinki.nl/antirsi/
23 juillet 2009 à 11:08
Je trouve toujours étrange de séparer de manière radicale « le monde professionnel » et la « vie privé ». Les deux se nourrissent l’un de l’autre, parfois même dans l’intérêt du travail.
Dans le cas de Facebook, pas sûr que les plages de divertissement en mode d’utilisation privée au travail ne rejaillissent pas ensuite par des bénéfices pour l’employé et pour la qualité de son travail. Ce ne sont peut-être pas des bénéfices immédiats, et surtout pas immédiatement quantifiables.
Quid de cette enquête récente sur le fait qu’Internet ne fait pas baisser la productivité au travail : http://www.clir.fr/2009/04/internet-bureau-productivite/
Après, il y a simplement la logique d’objectifs : il suffit qu’ils soient remplis, peu importe que cela se fasse avec ou sans Facebook.
23 juillet 2009 à 11:19
@Laurent-Paul
Heu… c’est précisément ce que dit cet article, non ?
23 juillet 2009 à 13:13
@Fabrice Oui tout à fait, dsl, j’avais sauté le paragraphe qui parlait de l’étude australienne.
Par contre, le parallèle avec la machine à café me semble pas très opportun, dans la mesure où il n’y a pas d’ambiguité sur son rôle : ce n’est pas un support de travail, comme peut l’être l’ordinateur et ses applications.
Je propose de poser le problème inverse : on parle de Facebook très bien, mais on ne parle pas de ces gens qui bossent chez eux sur ordi portable et font des heures sup’. Une immiscion du professionnel dans le personnel.. Qui apparemment ne choque pas trop obsédés des horaires de travail!
23 juillet 2009 à 15:05
Si facebook ne sert qu’à converser avec les copains, pour de bonnes ou mauvaises raisons le limiter ou le bloquer peut être justifié.
par contre il semblerait et les commentaires ici le montrent qu’il y a une méconnaissance totale des différentes utilisations de Facebook.
Il y a des sociétés qui aujourd’hui se mettent sur facebook afin de créer une communautés avec leurs partenaires et/ou leurs clients. Ce qui permet pour chacun de se tenir informé, d’échanger sur les nouveaux produits, etc….. C’est la cas d’une société comme EMC par exemple avec qui je travaille et qui profite de facebook pour ses annonces.
les clients et partenaires sont ainsi informés très rapidement. Ce qui n’est pas le cas dans ma société qui bloque facebook. Dons j’attends que le client m’annonce les nouveautés.:-(
Résultats au delà de tous les sondages de productivité pour savoir si oui ou non c’est bien ou mal, c’est une belle co…….. de ne pas connaitre les nouveaux moyens de communications et ce que l’on peut en tirer comme bénéfice.
23 juillet 2009 à 15:33
@laurent-paul
Doper ses employés a la caféine, sans rapport avec la moindre vue productiviste ???
Hum… Comment dire… Vraiment pas d’accord ;)
14 octobre 2009 à 16:56
Si votre patron est méchant avec vous, voici l’adresse d’un proxy web http://proxee.webinterdit.com
Rien de spécial à paramétrer, mais il ne marche que pour quelques sites (dont Facebook et Twitter)
14 octobre 2009 à 18:45
Est-ce à dire qu’il existe des boites qui filtrent Facebook mais qui ne verrouillent pas la possibilité de paramétrer un proxy sur les postes ? Ca me semble débile mais on peut s’attendre à tout…
Avec toute cette censure, c’est fou la montée en compétence technique à laquelle on va assister !!! Vive le hacking :-)
12 novembre 2009 à 13:37
1.5% du temps sur facebook , puis 1.5% sur le mail perso, puis un peu de surf sur un site marchand , consultation de ses comptes sur le site de sa banque ….
Effectivement en prenant facebook seul, ca parait stupide d interdir, mais quand on considere le probleme dans son ensemble et le nombre d’ accros a internet en france, il y a de quoi se poser des questions…
dans ma boite on commence a 10h mais tout le monde fais le tour de ses sites favoris au moins jusque 10h15.a la pause de 13h , idem , le surf perso prends souvent 10 minutes de taf,entre 16 et 18, souvent on prend 5 minutes pour voir ses amis sur FB et decider ce que on fais ce soir .
effectivement si on ban tout les employés sont frustrés et font la gueule, mais ils ont quand meme la belle vie ses employés derriere un pc
les gens qui travaillent sans ordinateur aimeraient bien avoir tant de liberté je crois ;)
19 janvier 2010 à 10:00
facebook + pause-café+pause-cigarette ….je pense en effet que la productivité peut etre affectée
13 août 2010 à 10:52
Je trouve la plupart de ces commentaires hallucinants !!!!! Mais depuis quand devient il nécessaire et vital de discuter avec ses potes au boulot ? Plus lire le journal (l’équipe par ex), consultez sa banque, lire et envoyer son courrier… Mais vous n’êtes pas sérieux ? Et bien a tout ça on ajoute LES multiples pauses clopes !!! Et vous pensez réellement que tout ça ne prend que 10 a 30minutes par jour ? Dans ma boite je n’ai pas bloque, j’ai installe le logiciel defiltrage mais pour l’instant je me contente d’analyser… Et je suis sur le Q !!!!! La glandouille Internet peut prendre facilement au moins 2 heures par jour !!!!! Moi je n’exige pas d’être 8 heures sur 8 la tête dans le boulot, mais 7 heures déjà je serais content… Essayez de chronométrer réellement votre temps passe hors boulot, et vous verrez que c beaucoup plus que 10 minutes. Après bien sur si vous voulez une augmentation….. On va réfléchir ! On va déjà essaye de ne pas vous virer !
13 août 2010 à 10:58
@Franck
Pourtant, les outils mis en place pour mesurer la productivité dans tous les pays ne montrent pas une chute dramatique, bien au contraire…
Donc ? Ils glandaient autrement avant ? Ces pauses répétés (qui finissent en temps accumulés par faire beaucoup, c’est clair) favorisent-elle la concentration pour le reste du temps de travail… La pause Facebook va-t-elle devenir un droit au même titre que la pause pipi au siècle dernier… ??