Candide chez les politiques

Je me souviens d’un temps, que les moins de vingts ans… Une époque où internet apparu pour la première fois au cœur de toutes les conversations, où les bourses flambaient, et où les rigolos dans mon genre, qui étaient déjà sur internet depuis des lustres (entendez : moins de dix ans), étaient, pour beaucoup, devenus des geeks millionnaires, courtisés par la haute finance et prenant le Coste pour cantine.

L’incompréhension profonde par le milieu de la finance de ce qu’était l’internet de l’époque a provoqué une multitude d’anecdotes dont je régale (ou gonfle, c’est selon) mes amis, à travers des récits d’ancien combattant. Accessoirement, et même si le raccourci est (trop) facile, cette incompréhension a provoqué une bulle financière mémorable, qui a tout emporté. Adieu veau, vache, cochon, Mercedes et Rolex, et surtout, bye bye économie numérique à la Française.

S’en est suivi un hiver nucléaire de quelques années, après lequel l’internet est reparti, timidement. La mode était passé, – définitivement, selon certain – internet était presque devenu un havre de paix, une affaire de spécialistes. Innovations frénétiques dans les usages (le fameux web 2.0), financiers de nouveau priapiques (mais dans des proportions bien plus raisonnables), le petit monde de l’internet renaissait de ses cendres, au point de regarder, goguenard, celui de la finance s’immoler par l’argent grâce aux belles modélisations des quants, qui avaient, entre temps, trouvé le moyen de plomber le système financier tout entier avec autre chose qu’internet.

Mais depuis un peu moins d’un an, le petit monde tranquille de l’internet Franco-Français voit débarquer de nouveaux extraterrestres : les politiques.

Le politique pensait, au début, arriver sur internet à la façon d’un conquistador espagnol lors de ses premiers pas au Pérou. Obama l’a fait, yes we can ! La recette du succès, les mines de Potosi, étaient là, quelque part. Un petit club de spécialistes, fraîchement débarqué sur le territoire d’internet en explorateurs quelques années auparavant, se chargeant de leur faire faire le tour du propriétaire.

Patatras, Hadopi fut pour le politique un brutal rappel à l’ordre. L’internet n’est pas une technologie, pas plus qu’un média, encore moins un « formidable moyen d’accès à la connaissance« , c’est un corps social mondialisé, techno-médiologico-machintruc, c’est affreusement compliqué, et manque de bol, ça réagit quand on l’agresse.

Imaginez une armée de conquistadors tombant sur une brigade du GIGN suréquipée, là où ils pensaient trouver des tribus d’indiens barbares, et vous avez un aperçu de la bataille d’Hadopi, du moins, avant que le PS ne s’empare du sujet, que les média ne cessent leur censure, et que certains, par conviction, par réflexe, ou par opportunisme, ne se rangent aux cotés des idées de ceux qui ressemblaient à l’avenir (sans les comprendre, la plupart du temps).

Il n’en reste pas moins qu’à droite comme à gauche, en haut comme en bas, la plupart n’y comprennent rien. En moins d’un an, j’ai pu croiser à peu près tout ce que la sphère politique abrite comme animal dans son écosystème : militants, maires, députés, ministres… Un sur cinq tout au plus comprend qu’il ne comprend pas – première étape indispensable pour aller plus loin. Les autres se contentent d’effleurer le sujet, de mettre des ronds dans des carrés : après tout, cela a fonctionné pour tant de choses.

Voilà comment je me suis retrouvé à tenir régulièrement le rôle de Candide – d’autres diraient de poil à gratter – du geek face au politique. Quarante ans bientôt, dix sept a faire du multimédia sous toutes ses formes, serial entrepreneur (pas très valorisant en France, mais les politiques semblent apprécier cela), et surtout “évangéliste” (ou bonimenteur, question de point de vue) d’idées neuves, telles l’open source, les creative commons, les nouveaux modèles collaboratifs, le partage (numérique), l’économie hybride, la Culture Libre, la réforme du droit d’auteur, et j’en passe.

En prenant ces choses à la légère, on pourrait y voir une idéologie de gauche. Il n’en est rien, et ma sensibilité personnelle n’a rien fait pour clarifier ce point. Tout cela n’est ni de gauche ni de droite, vouloir faire entrer ces valeurs dans les cases du passé est le premier signe d’un syndrome très répandu, celui de la poule et du couteau (sauf dans le cas des joutes entre Kevin Kelly de Wired et Lawrence Lessig de Creative Commons, sur ce même sujet, où l’on est dans un jeu bien plus sophistiqué de prise d’assaut du politique par les geeks, mais les américains ont toujours un train d’avance, que voulez-vous).

La confrontation de ce corpus idéologique que je défends, à celui que portent les politiques que je croise est – de façon quasi systématique – l’objet de chocs culturels qui ravissent certains dans mon entourage, qu’ils soient politoloques, journalistes, communiquants, patron de presse ou autre. Pour les politiques qui m’invitent à leur table, c’est l’occasion, pour les plus malins (si, si, la plupart le sont), de réaliser que tout cela ne relève pas du superficiel et qu’il leur manque des clés de lecture, qu’un simple dîner, même dans un bon restaurant, ne suffira jamais à combler.

Le jeu s’est affiné, avec le temps, au bout d’un moment, je me suis mis – par réaction, si ce n’est par provocation – à faire entrer à mon tour des carrés dans des ronds. Une démonstration du fossé par l’absurde, en quelque sorte ; il y a peu, en montrant à Hervé Morin à quel point ses ‘droits fondamentaux numériques‘ étaient un enfer pavé de bonnes intentions pour quiconque possédait les bonnes clés de lecture, plus récemment, face à un Julien Dray virulent sur sa volonté d’exclure ceux qui avait trahi son camp, à qui j’opposais les modèles d’organisation souples et dynamiques, orientés projet. Un grand classique dans l’open source, les standards ouverts et dans les startups de toutes tailles, qui jugeraient ce type de comportement absurde et radicalement contre productif.

L’ouverture de Sarkozy comme innovation organisationnelle face à au système d’appareil pyramidal et définitivement calcifié du PS, incapable de produire quoi que ce soit, et l’épistémologie du web 2.0 pour démontrer à quel point la bataille était perdue d’avance.

Je vous laisse imaginer le regard inquiet que portait sur moi la foule de bloggeurs (de gauche) qui participait à la rencontre, me pensant (à juste titre) de gauche, tout comme eux, me voyant démontrer en quoi l’organisation de l’UMP (et accessoirement d’Europe Ecologie) décimerait à coup sûr un PS qui n’a rien à envier à la General Motors, et en quoi la modernité et le progrès se trouvaient dans le camp d’en face.

Cette inquiétude, peut être partagée par Julien Dray (allez savoir, au delà d’un certain niveau, les politiques sont aussi difficiles à lire que les joueurs de poker professionnels), me laisse penser que derrière les discours consistant à prôner la disparition du PS, se cache une envie de réforme et de prise de pouvoir plus qu’autre chose.

Tout cela ne m’empêchera pas de continuer à scruter ce que l’internet offre à la démocratie (ou aux dictatures) en terme de nouveaux horizons, mais j’ai de plus en plus la conviction que ce n’est pas demain la veille que nos politiques en feront autre chose qu’un gadget.

Plus j’avance dans ce monde curieux, plus je me dis qu’il est temps d’aller cultiver mon jardin.

A lire également :

  1. Les politiques jouent avec le feu sur Twitter ...
  2. Updates chez ReadWriteWeb ...
  3. Le Wifi en option chez Chrysler ...

17 commentaires pour cet article

  1. JM Planche

    >Plus j’avance dans ce monde curieux, plus je me dis qu’il est temps d’aller culti­ver mon jardin.

    C’est drôle cama­rade … je me dis de plus en plus sou­vent la même chose. Je pense que beau­coup n’ont pas encore com­pris ce qui nous anime car nous ne fonc­tion­nons pas de la même manière qu’eux. (altruisme, envie de lais­ser qq chose de propre à ses enfants … bref, des choses éculées pour cer­tains)
    La las­si­tude est donc notre pire ennemi et il ne faut pas les lais­ser gagner.
    Nos “pères” n’ont pas fait 30 ans de che­min “Internet” pour en arri­ver là. C’est facile à dire, mais conti­nuons le com­bat. Non pas pour nous. Non pas contre eux.
    Mais pour notre pays et le futur qu’il doit conti­nuer de por­ter.
    Comme je le disais sur twit­ter, ne les lais­sons pas conti­nuer de mas­sa­crer nos ambi­tions / espoirs / rêves / jouets … les finan­ciers s’y étant déjà bien acharné.

  2. Fabrice Epelboin

    C’est frappé de bon sens, et c’est une belle illus­tra­tion de ce que des enfants peuvent appor­ter dans une vie ;-)

  3. [Enikao]

    C’est curieux de dire qu’Internet se défend. Peut-être que les mul­ti­na­tio­naux, citoyens du monde phy­sique et citoyens du monde numé­rique, se défendent. Et ils ne sont pas les seuls : il y a quelques mas­to­dontes (les grands réseau­tiers, les éditeurs, cer­taines orga­nismes), et des “bandes” plus ou moins for­melles (les pro-ceci, les anti-cela), et même des migrants tem­po­raires pas vrai­ment numé­riques mais trou­vant là une chambre d’écho et des luttes qui leur correspondent.

    Cette étrange idée d’Internet comme orga­nisme vivant fait pen­ser à cer­taines réflexions sur Gaïa et la bio­sphère (quelques cher­cheurs aus­tra­liens des années 80 avaient plan­ché là-dessus, accueillis par un silence poli) et c’est une clé de lec­ture impor­tante. C’est beau­coup moins incon­gru qu’il n’y paraît, et sur­tout cela doit chan­ger notre manière d’appréhender non pas seule­ment Internet ou l’équilibre bio­lo­gique, mais peut-être aussi d’autres champs.

    La poli­tique rai­sonne clas­sique­ment en sta­tique, et avance par MAJ/batch. Pallier, objec­tif, trajec­toire, pal­lier sui­vant. La vie est tout sauf cela, elle est pro­ces­sus, inter­ac­tion, dyna­mique. Mais aussi confron­ta­tions internes, contra­dic­tions, équi­libres néces­saires (je pense aux inhi­bi­teurs d’inhibiteurs dans cer­taines inter­ac­tions endo­cri­no­lo­giques ou neu­ro­lo­giques). La pen­sée car­té­sienne est bien mal parée face à la vie. Pour com­prendre com­ment vit une sou­ris, le car­té­sien la découpe pour l’analyser à plat. Tout ce qu’il obtient alors, c’est… une sou­ris qui ne vit plus. 

    Il peut alors par­tir sur des pos­tu­lats et hypo­thèses tota­le­ment faux, en occul­tant des inter­ac­tions com­plexes sous-jacentes qui ne sont pas per­cep­tibles « à froid ».

    Le modèle ruche, col­la­bo­ra­tif, projet ne cor­res­pond pas aux para­digmes poli­tiques tra­di­tion­nels. Pas de chef per­ma­nent, pas de doc­trine unique mais des suc­ces­sions et des recou­vre­ments de dif­fé­rentes couches. Aussi Internet et ses com­plexi­tés, ses mou­vances, ses chan­ge­ments per­ma­nents et simul­ta­nés dans dif­fé­rents niveaux de pro­fon­deur et à dif­fé­rents tem­pos ne peuvent être obser­vés, com­pris sur un mode cartésien. 

    Pour sai­sir, il ne faut pas seule­ment regar­der de l’extérieur en ten­tant de prendre des pho­tos, il faut peut-être… s’immerger.

  4. [Enikao]

    Argh, bon et bien +1 point Narvic/Johannes… :-)

  5. JM Planche

    >C’est curieux de dire qu’Internet se défend.
    L’Internet se défend car il est de la “race” des idées, des prin­cipes, des concepts. Oserais-je de l’ordre d’une cer­taine phi­lo­so­phie : le user-centrisme alors que le monde est plu­tôt de l’ordre du “net­work cen­trisme”. (ie: moi-centrisme) : En clair, ce que vous avez à me dire est AUSSI impor­tant que ce que moi, j’ai à vous dire.
    Comme je l’ai déjà beau­coup dis et je m’excuse pour ceux qui l’ont trop lu, il ne faut pas confondre l’Internet et Internet, alias “le net”, c’est à dire le Web.
    Le Web n’a pas à se défendre car il n’est qu’éventuellement un média, “dans la société” et donc tota­le­ment sous son “contrôle”. (nor­ma­le­ment).
    L’Internet est autre chose qui est plus de l’ordre du poli­tique, jus­te­ment. C’est une façon de faire et de voir les choses et ça … ça se défend car :
     — comme toutes idées, c’est déran­geant et ce n’est pas for­cé­ment par­tagé par tous
     — c’est suf­fi­sa­ment clai­re­ment attaqué pour méri­ter de devoir être défendu (cf : http://tinyurl.com/myhs2v)

    Et bien sur qu’il faut s’immerger … mais pas seule­ment dans le web des autres qui ne repré­sente qu’une por­tion congrue de ce qu’est l’Internet aujourd’hui et sur­tout de ce qu’il peut être demain.

  6. [Enikao]

    @JM Planche : la dis­tinc­tion Internet (l’objet) / l’Internet (le projet) est une sub­ti­lité inté­res­sante. J’ai dit ça en trop de mots, là tout s’éclaire. Merci ;-)

  7. AbriCoCotier

    Salut Fabrice, bel article.

    Désolé, mais tout au long de ma lec­ture, je n’ai pas changé d’avis. Je pense qu’il y a là un vrai pro­blème de génération.

    En effet : pour com­prendre le poten­tiel d’Internet (et pas que du web, pour faire écho aux pro­pos de JM Planche), il faut (je crois) com­men­cer par en voir cer­taines appli­ca­tions. A les connaitre. Donc à les uti­li­ser. Ainsi, les jeunes d’aujourd’hui, bien plus uti­li­sa­teurs de ces ser­vices, de ces tech­no­lo­gies, et donc davan­tage tou­chés par ces idées inno­vantes, seront, demain, capable d’amorcer le tour­nant que tu attends. 

    Mais les sphères de déci­deurs sont peu­plées de gens qui n’ont pas le temps de tes­ter, d’utiliser ni de s’intéresser à toutes ces nou­velles uti­li­sa­tions, et donc de voir à quoi peuvent ser­vir ces nou­velles tech­no­lo­gies (le P2P par exemple), et donc quelle phi­lo­so­phie peut voir le jour derrière.

    Un exemple : toi Fabrice, JM Planche, qui n’êtes plus des tren­te­naires, vous y arri­vez très bien. D’autres com­mencent à y venir : je suis sûr que NKM et DCB envi­sagent le poten­tiel de cette phi­lo­so­phie de demain.

    Donc, un chan­ge­ment de géné­ra­tion. Mais qui inter­vien­dra peut-être plus vite, car on sent que la société va vers une uti­li­sa­tion mas­sive d’internet et du web. Peut-être sans vrai­ment s’en rendre compte, mais elle y va. Si demain, les usages d’aujourd’hui s’avèrent (plus) ren­tables avec des tech­no­lo­gies sur lesquelles on cra­chait jusqu’à aujourd’hui (je pense au P2P et à Bitlet), alors l’économie va pro­gres­si­ve­ment impo­ser inter­net par­tout et tout le temps. Et si inter­net est par­tout, la phi­lo­so­phie qui le sym­bo­lise va finir par venir également.

    Enfin… j’espère.

  8. Fabrice Epelboin

    L’idée même de régu­ler inter­net est stu­pide, c’est un espace auto-régulé, et l’évocation de ce mot pousse les poli­tiques, une fois de plus, à faire entrer de force des concepts incon­nus dans des idées mai­tri­sées et ras­su­rantes (enfin, en l’occurrence, l’anarchie). Au delà de l’usage, il y a la prise de dis­tance et la réflexion, je t’assure que j’ai ren­con­tré des gamin de 22 ans qui n’y com­pre­naient abso­lu­ment rien (le fon­da­teur de der­nier parti pirate en date, par exemple), et qui en avait une approche tout a fait fantaisiste.

    Il y a parmi les vieux, même les très vieux, des gens qui ont com­pris, le vrai pro­blème, c’est qu’on com­mence à peine à les écou­ter, alors que parmi les jeunes, beau­coup (mais pas tous) captent ins­tinc­ti­ve­ment ce qui est en train de se passer. 

    Mon diag­nos­tic est que cela don­nera une rup­ture, pro­ba­ble­ment stig­ma­ti­sée comme géné­ra­tio­nelle, mais qui sera bien plus profonde. 

    C’est plus une rup­ture sociale à mon sens qui fera chan­ger les choses, pour l’instant, en France, l’économie n’a que peu d’impact (mai­son de disque sub­ven­tion­nées grace à une future taxe, idem pour la presse, ils sont à l’abri du Darwinisme économique).

  9. guy birenbaum

    Joli papier. Pour ma part, puisque j’étais pré­sent lors des deux ren­contres évoquées (Morin, Dray), je pense qu’il faut effec­ti­ve­ment que tu cultives ton jar­din… Mais je ne crois pas que ce jar­din soit si éloi­gné que cela du mien et pro­ba­ble­ment d’autres jardinets…

  10. Gilles Misrahi

    Salut,

    Il y a peu de témoi­gnages des acteurs du début de l’Internet, comme toi. Il faut dire que l’Internet s’auto-raconte à une vitesse folle. Tellement que cer­tains en ont marre de rater des épisodes. Faudrait faire des résu­més ou une série.

    Par exemple le pre­mier rejet de l’Internet : C’était à Wall Street que le réseau avait été financé et c’est à Wall Street qu’il s’est pris un gnon. 

    Aujourd’hui, c’est les états qui s’y mettent. La France adopte une loi de sécu­rité sur Internet du type Syrie, Corée ou Chine, d’après tous les obser­va­teurs auto­ri­sés dans le monde.

    Internet ne dépend plus de Wall Street et sur­vi­vra à cette nou­velle agres­sion. Le réseau ce n’est pas les radios libres. Je pense que la police Hadopi va vrai­ment avoir une très, très mau­vaise répu­ta­tion et faire une très, très sale image à ce gouvernement.

    L’agression que vivent les pro­fes­sion­nels du réseau actuel­le­ment, c’est une dia­bo­li­sa­tion mani­feste. Il n’y a pas que de l’incompréhension comme le décrit si bien ton très chouette billet, il y a inten­tion de nuire der­rière l’ignorance et le mépris.

    Je crois que cer­tains ne vont pas se lais­ser faire comme ça et ça ne m’étonnerait pas qu’il y ait plus d’investissement dans la révolte dans les temps qui viennent.

    Après tout, il n’y a pas que l’industrie du disque qui puisse se payer des gou­ver­ne­ments. Puisqu’il suf­fit de payer… Je me suis laissé dire que cer­tains avaient com­pris quelles socié­tés de lob­bying il fal­lait aller voir.

    Je ne sais pas si ça va être très inté­res­sant à vivre tout ça. Dans Candide, culti­ver son jar­din fait par­tie d’un che­mi­ne­ment et de l’accomplissement d’un idéal phi­lo­so­phique exigeant.

    “Le monde n’a pas besoin qu’on y mette de l’ordre ; le monde est ordre, incarné. C’est à nous de nous har­mo­ni­ser avec cet ordre.” dit Henry Miller et je pense que tu as rai­son de vou­loir culti­ver un jar­din, ça peut aider à s’harmoniser.

    Je te sou­haite donc un bon week-end et de très bonnes récoltes.

    Salut.

  11. Nicolas

    cet article est super­be­ment écrit. déjà dit en DM /-)

  12. Mpok

    Excellent article…
    (et ce n’est pas le pre­mier, l’intérêt d’avoir “indexé” ce blog, est prin­ci­pa­le­ment aux qua­li­tés des articles, même si cer­taines fautes d’orthographe ou de gram­maire sub­sistent, lol ce n’est pas un pbm).

    Le “déca­lage de géné­ra­tion” entre ceux qui gou­vernent et la popu­la­tion EN GENERAL (pas seule­ment les inter­nautes) est un phé­no­mène récur­rent et qui N’A RIEN A VOIR avec Internet (d’où le “pas seule­ment” ci-dessus).
    Il s’agit d’une sorte “d’effet de bord” (pour reprendre des termes infor­ma­tiques) lié au sys­tème en cours, c’est à dire la “démo­cra­tie des par­tis”. Pour être élu, il faut adhé­rer à un parti poli­tique, parce que par le sys­tème, ce sont les par­tis qui ont les finan­ce­ments publics, pas les “qui­dam”. Ensuite, ce sont les par­tis qui dési­gnent leurs “can­di­dats” (cf. der­nières élec­tions euro­péennes). C’est grosso-modo la même pro­cé­dure pour les légis­la­tives ou les séna­to­riales.
    Résultat :
    1) on ne peut être élu qu’en “prê­tant allé­geance” à un parti établi (il y a les excep­tions des maires “sans étiquette” dans les petits vil­lages, mais ils n’ont aucune chance au niveau régio­nal ou natio­nal).
    2) même en étant un BON élu au niveau local (vil­lage, ville, voire dépar­te­ment), on reste DEPENDANT de la bonne volonté du parti (soit une dizaine de péquins réunis dans un bureau à Paris) pour déci­der de son éligi­bi­lité ou non au niveau supérieur.

    Ce sys­tème (enga­ge­ment, pro­mo­tion, récom­pense) est calqué sur le sytème d’entreprise pri­vée, ET C’EST UNE MAUVAISE CHOSE..
    Cela induit chez les élus une fausse idée de leur mis­sion “d’intérêt public”, sur­tout dans les niveaux inter­mé­diaires : quand on est juste maire d’une petite ville, on n’

  13. Mpok

    BUG !!!

    bon, je continue…

    quand on est juste maire d’une petite ville, on n’a rien à f.. des magouilles natio­nales, à l’opposé, quand on est ministre, la fonc­tion implique dere­chef cer­tains devoirs qui font renier cer­tains “arragements”..

    Le fait même de citer comme pro­fes­sion “poli­tique” (ce que peu admettent, mal­gré leur pas­sif), ou même le terme “car­rière poli­tique”, est EN SOI une héré­sie… Non, la poli­tique N’EST PAS UN METIER. C’est unique­ment l’idée d’aider la société à évoluer, pen­dant une temps donné.
    Supprimons toutes les indem­ni­tés, ou plu­tôt mettons-les au controle comme le sont les indem­ni­sés RMI-RSA, avec des cri­tères adap­tés évidem­ment, mais l’idée étant : au delà d’un cer­tain niveau de revenu (assez faible), vous ne tou­che­rez RIEN. Et là, on verra quels sont les élus qui “accep­te­ront” de gar­der leur poste…

    /mode hs (note : les balises passent pas, même si “fun”…)

    Pour en reve­nir a Internet… euh…
    Désolé, j’ai tel­le­ment digressé sur le sys­tème que j’en ai oublié le fond du post..

  14. JM Planche

    Je ne pense pas que la nature du pro­blème soit ni un schisme géné­ra­tion­nel, ni de toutes ses déri­vées (jeune / vieux, anciens / modernes …)
    Je vais peut être trou­ver le temps d’écrire sur le sujet, cet été. C’est un vieux rêve, juste l’idée de repla­cer la trans­for­ma­tion “user cen­tric” au centre de notre vie ;-)
    “Etre” user cen­tric n’est ni l’apanage d’un jeune, ni d’un vieux, ni d’un Internet pra­tiquant, ni d’un techno-geek total igno­rant. Du moins, je le pense. Je modère pour ne pas tom­ber dans le piège car être “user cen­tric” est être dans le doute. Le “net­work cen­tric” est le reigne de la cer­ti­tude et des affir­ma­tions que l’histoire a sou­vent balayées bien vite.
    Sinon, si vous êtes pas­sionné par la véri­table his­toire de l’Internet, j’avais com­mis cela dans le passé. Je n’ose relire et c’était parmi 1000 autres choses, aussi soyez indulgent ;-)

    http://www.jmp.net/wordpress/?cat=72

    Mais au moins là, une grande par­tie de la vérité est rétablie :-)

  15. Lord BlackFox

    Très bon article, et réflexion inté­res­sante. Le pro­blème reste la mécom­pré­hen­sion de l’Internet (merci pour la dis­tinc­tion — sans quoi je ne m’y serais jamais arrêté) par de nom­breux acteur…

    (j’avoue, j’ai pas tout com­pris moi-même… mais c’est déjà un bon début de le reconnaitre)

  16. leafar

    T’aurais du y aller avec Pangloss.
    En tt cas j’ai rigolé à cer­tains passage.

  17. Stan J

    Ce beau billet m’en rap­pelle un autre :
    http://www.internetactu.net/2008/07/01/je-ne-les-qualifierai-pas-de-voleurs-sauf-sils-me-traitent-de-pirate-eben-moglen/

    où l’on peut lire : “Alors rien ne sert de s’énerver : il faut juste les igno­rer, se battre pour qu’ils ne changent pas trop la loi, et conti­nuer à pro­gram­mer du code comme nous le fai­sons depuis 20 ans main­te­nant : nous avons le maté­riel, les logi­ciels, la bande pas­sante, la culture, les talents…

    “Proof of concept + run­ning code” (une preuve de fai­sa­bi­lité + un code qui marche, NDT), c’est notre façon à nous de nous battre et de nous défendre en disant aux gens : “regar­dez, nous avons déjà fait ceci, et puis cela, ça marche, alors si vous vou­lez le tes­ter, allez-y, servez-vous, c’est libre et gra­tuit !” Dans le même temps, les “pro­prié­taires” ne nous pro­posent que des frais d’installation “gra­tuits”, et pour 30 euros par mois pen­dant la pre­mière de vos deux années d’abonnement obli­ga­toires. Ils ne peuvent pas concur­ren­cer le libre…”

    Fabrice, est-ce comme cela que tu conçois ton jardinage ?

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    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/07/24/entrevues/candide-chez-les-politiques/ […]

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    […] Candide chez les poli­tiques [ReadWriteWeb France] – Un super article de Fabrice Epelboin (dif­fi­cile à vendre : lisez le) […]

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    […] Candide chez les poli­tiques http://fr.readwriteweb.com/2009/07/24/entrevues/candide-chez-les-politiques/ […]

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