Friendfeed, c’est mal

friendfeed-is-capitalism Sans plus attendre, et devant l’insistance de Flipo et Nico qui anticipent une telle réaction, voici pourquoi Friendfeed, derrière son aspect cool et puissant, est une catastrophe en puissance, à relativiser ceci dit, dans la mesure où le service n’ayant pas décollé aux US à la suite d’un buzz similaire, l’an dernier, à celui qu’il connaît en ce moment en France, il n’y a, au final, pas grand danger.

Le pot de miel

Quand on écrit un article sur Twitter, on est Twitté, celui-ci a totalisé plus de 90 retwitt et plus d’un quart de son trafic est en provenance de Twitter.

Avec Friendfeed, c’est la même chose. Tout système émergeant commence par se regarder le nombril, c’est humain. Il y a trois ou quatre ans, les blogs parlaient des blogs, il a fallu un peu de temps pour qu’ils se mettent à parler d’autre chose.

L’article de ce matin sur Friendfeed a généré plus de quarantes entrées, par le biais d’utilisateurs ayant relayés leurs Twitts, leurs bookmarks Delicious, ayant ‘liké’ l’article bookmarké par d’autres, etc.

De ce flot est né trois conversations, l’une suite au flux d’information sur mon profil, l’autre via le bookmark fait par Nicolas Voisin, et une troisième bien plus réduite. Pas de mystère, plusieurs centaines de followers chacun, ce sont les poids lourds des réseaux qui génèrent le buzz, comme sur n’importe quel système. O’Reilly, qui a aussi bookmarké l’article, n’a lui pas généré de conversation, ce qui est curieux, mais en même temps, son public est anglophone.

Des conversations fragmentées, voir schizophrènes

Mais le plus curieux c’est que ce sont les même personnes qui ont participé aux deux  principales conversations (celle qui a eu lieu sur le profil de Nico et celle sur le mien), et que leur ton est radicalement différent, mettant en valeur un phénomène d’hypocrisie assez classique dans la nature humaine, mais qui a du mal à faire avec la transparence des outils sociaux de partage.

En réalité, les conversations sont différentes (avec les même participants) car elle sont contextualisées sur un profil et non sur un contenu.

Ajoutez à cela la conversation ‘classique’ qui a eu lieu ici chez R/W, vous avez donc quatre conversations en parallèle.

Phénomène intéressant, Désirade, qui est partout (Twitter, Delicious, Friendfeed et bien sûr dans les blogs), a tout de même fait la remarque la plus pertinente de toutes ces conversations, celle qui apporte réellement de l’eau au moulin… sur ReadWriteWeb.

La conversation comme retour sur investissement

Petit retour en arrière. Loic Lemeur – le concept n’est pas de lui mais il a eu l’immense mérite de l’importer – martelait il y a cinq ans que la valeur (du blogging) était dans la conversation. Ce concept a été mis a mal mais malgré tout perdure. Un créateur publie un contenu sur son blog, celui-ci donne lieu (ou pas) à une conversation, qui enrichit (ou pas) l’information initiale, est commentée (ou pas) sur d’autres blogs et donne lieu à un trackback sur la conversation, etc.

Ce petit écosystème fonctionne plutôt bien, et même si la conversation jusqu’ici pouvait ‘fuir’ sur des système comme Facebook, la nature fermée (réseaux symétriques) de ces systèmes parasites ne portaient pas particulièrement atteinte à l’écosystème informationnelle du web social.

Avec Twitter, on a même un cercle vertueux : le créateur de contenu est linké puis Twitté par un ‘veilleur’, qui valorise ainsi auprès de son public (followers) sa capacité à faire de la veille, tout en créant du trafic pour le créateur de contenu, puis le veilleur est éventuellement re-twitté, ce qui valorise le veilleur et le créateur de contenu, tout le monde y gagne, tout le monde est content. On peut (ou pas) regretter les effets de bords dus à l’accélération du phénomène de buzz ainsi mis en œuvre, mais une chose est sûre, il est vertueux pour l’écosystème et bénéficie à la conversation (celle-ci n’ayant pas vraiment lieu sur Twitter, 140 caractères, ça limite, forcément).

Friendfeed, lui, déporte la conversation. La capacité à créer de la conversation n’est plus dans les mains du créateur de contenu mais dans celui qui l’inscrit dans Friendfeed. On est dans un schéma classique de réappropriation de la valeur par ceux qui possèdent le circuit de distribution de l’information. Souvenez vous, les maisons de disque… C’est la même chose.

Si vous êtes à la fois un gros producteur de contenus et que vous ‘possédez’ un bon circuit de distribution (des followers), vous vous en sortez aussi bien que Radiohead (ouf, je suis sauf), mais si vous êtes un petit qui, malgré tout, produit de la qualité, tant pis pour vous.

Hier, émerger de la sphère informationnelle avec de la qualité était – relativement – facile. Demain, si des systèmes tels que Friendfeed s’imposent, ce sera beaucoup plus difficile, il faudra passer par des intermédiaires (comme moi ou Nico). Après demain, comme le trafic en provenance des systèmes de partages (par rapport à celui en provenance de Google) est en croissance exponentielle, ce sera impossible sans faire de lourdes concessions.

Un grand classique du capitalisme appliqué à la valeur informationnelle, somme toute. Là où cela cloche, c’est quand on voit ceux qui semblaient s’être battus contre ce système appliqué aux créateur dans la musique retourner leur veste quand ils s’aperçoivent qu’ils ont un réseau de distribution pour d’autres types de contenus.

Les vaches Australiennes

Le parallèle avec l’écologie est quelque chose dont le web 2.0 a beaucoup à apprendre. Lors des premiers temps de la conquête du territoire Australien, la déportation massive de forçats a fait naitre des besoins en terme d’alimentation que le kangourou grillé ne pouvait satisfaire. Les colons de l’époque ont trouvé une solution de bon sens sur laquelle ils se sont longtemps enthousiasmé : la vache.

Importée massivement, la vache produisait du lait et des veaux, et pendant pas mal de temps, les colons se sont réjouis de leur intelligence à trouver une solution radicale à une problème critique, jusqu’au jour où les bouses on recouvert les prairies et que l’herbe s’est arrêtée de pousser (il manquait dans l’écosystème Australien les bousiers, ces scarabés qui gèrent le problème sur les autres continents). S’en est suivit une longue série de catastrophes écologiques, initiées au XIXe siècle et que les Australiens n’ont toujours pas résolu à ce jour.

Friendfeed, c’est la même chose. Non seulement c’est une réappropriation de la valeur créée par les producteurs de contenus (les ‘forçat de l’info’ ou les forçats du blog) par les infocapitalistes qui ne produisent rien mais savent trouver la valeur et en tirer profit (en terme d’auto valorisation sociale), mais c’est, en cas de succès de ce système (ce dont je doute), une catastrophe pour l’écosystème des contenus, quelque chose qui le modifiera de façon radicale, au profit des distributeurs.

On sait tous comment cela se termine : la StarAc.

Friendfeed est une mauvaise projection de l’objet social

Retour, une fois de plus, aux bases. En 2004, Alex de Carvalho, avant de fuir pour les Etats-Unis, évangélisait en France l’un des concepts qui lui tient à cœur et sur lequel il a développé un discours brillant : l’objet dans les systèmes sociaux en ligne. Son point, en gros, est que chaque système social sur internet est déterminé dans son fonctionnement par un objet social qui sous tend le lien : la photo sur Flickr, le statut sur Twitter, le billet d’information dans la blogosphère, le bookmark sur Delicious, le profil (l’amitié au sens large) sur Facebook, etc.

Friendfeed, par l’utilisation qu’il fait du bookmark, fait une translation d’un objet informationnel vers un objet profil, et c’est cette nature même qui est la cause du problème écologique que pose Friendfeed. La production de contenus est au cœur de cet écosystème, se réapproprier les conversations dans le seul but de se valoriser socialement dans un système émergeant comme Friendfeed est un usage malsain, et qui plus est, cet usage est encouragé : il suffit de synchroniser ses bookmarks Delicious, ce que je fais moi même, et 80% de mes bookmarks Delicious sont depuis peu en mode privé. :-(

D’un point de vue parfaitement autocentré, et si on se fout totalement de l’écosystème dans lequel on vit, alors oui, Friendfeed est un outil d’une puissance remarquable, très complexe, certes, mais ca le rend d’autant plus élitiste et qualitatif en terme de public. Le Hummer est également un véhicule fabuleux, 40 litres aux cents, certes, mais il n’est pas né le crétin qui vous refusera une priorité à son volant. Fantastique.

Une note pour Narvic au passage : dans Publish2, qui procède à une réappropriation de la conversation similaire, celle-ci à lieu en circuit fermé, au sein d’un club privé, c’est tout autre chose. Friendfeed est un système ouvert et qui plus est dissymétrique, à la Twitter. Aaaliens, à cet égard, était d’une éthique parfaite, surtout si, comme c’était annoncé, il fini par être open source.

Au final, Friendfeed propose bel et bien un transfert de valeur des contenus vers la distribution. C’est précisément ce contre quoi beaucoup de ceux qui s’enthousiasment sur Friendfeed aujourd’hui on lutté hier. Alors, hypocrisie ou incompréhension ?

A lire également :

  1. Retour sur le débat Twitter vs. Friendfeed #web-tv ...
  2. Friendfeed is dead ...
  3. Comment Friendfeed va changer Facebook ...
  4. Friendfeed se lance dans le partage de fichiers ...
  5. Socialmedian ajoute un flux d’information, comme Friendfeed mais sans le bruit ...

50 commentaires pour cet article

  1. Stan J

    Les argu­ments que tu avance sont assez légi­times, mais de grâce pourquoi assas­si­ner de suite un ser­vice qui ne fait qu’émerger ? Dont la com­mu­nauté est toute jeune et n’a pas encore la matu­rité pour éviter jus­te­ment ces petits désagréments ?

    Quelques remarques en vrac :
    - je ne syn­chro­nise plus FF avec mes ser­vices de book­mar­kings (sinon on ne s’en sort plus, effec­ti­ve­ment)
    - Si je par­tage un truc, je like sys­té­ma­tique­ment la per­sonne à la source du truc (si je la trouve).
    - si mon com­men­taire est assez consis­tant et inté­res­sant, je com­mente égale­ment sur le blog. (si c’est juste pour dire “bon billet, merci” je m’abstiens ;-) )

    Dommage d’être aussi impi­toyable sans avoir testé plus que ça le service.

  2. Rubin

    Deux remarques :

    1. À mon sens, l’objet social sur Friendfeed n’est ni l’information, ni le pro­fil, mais plu­tôt la conver­sa­tion elle-même.

    2. Tu sembles par­tir du prin­cipe selon lequel l’auteur du contenu book­marké sur Friendfeed n’a rien à gagner dans l’opération. Il a certes à y perdre un cer­tain nombre de com­men­taires qui auraient été héber­gés sur son blog plu­tôt que sur FF, mais n’y a-t-il aucun avan­tage à deve­nir le centre d’une conversation ?

  3. alphoenix

    Mouais, c’est un peu vague. Déplacer un écosys­tème en aggré­geant tout sur FriendFeed ? Je fais la même chose tout seul en sui­vant sur mon aggré­ga­teur des blogs, des deli­cious, des recherches twit­ter. Mon aggré­ga­teur n’a rien sup­primé autour et je ne suis pas la Star Ac’.

  4. Genaro

    Je suis en res­pec­tueux désac­cord.
    C’est la qua­lité du contenu qui crée l’élitisme, pas sa dis­tri­bu­tion qui la fourvoie.

    Apostrophes sur TF1 ne fera pas plus d’audience que sur Antenne 2. Dorothée mar­chait bien avant aussi.

    Mettez la Star’ac sur Arte, vous aurez autant de vote.

    Je peux par­ta­ger, par­ler et pro­duire ici et ailleurs, être schi­zo­phrène sans avoir besoin d’une pen­sée unique sur un seul blog. Ce n’est pas l’outil qui en fait une mau­vaise projec­tion sociale, mais son uti­li­sa­tion. Friendfeed n’est pas un Hummer, c’est un meccano.

    Il est bien dom­mage qu’un si brillant auteur cache ses deli­cious, tu connais ctrl D ?

  5. alphoenix

    Et parce que j’ai oublié de par­ler des dis­cus­sions. Peut-être le plus impor­tant mais peut-être fina­le­ment pas. Qu’une dis­cus­sion se dis­perse, elle nour­rit toujours ses lec­teurs et ses par­ti­ci­pants. Et si on n’en a pas l’intégralité, elle se dis­perse et s’immisce dans les articles sui­vants, dans d’autres conver­sa­tions. La dis­cus­sion en tant que sanc­tuaire des réac­tions est peut-être à oublier. Dans la vie, quand on manque un dîner, on peut quand même savoir ce qui s’est dit ou les autres nous en redon­ne­ront l’essence plus tard.

  6. Stan J

    Quant à l’aspect star’ac que tu décris, je ne vois pas en quoi il en est dif­fé­rent sur twit­ter, ou même avec un blog et dans la vraie vie. Si le suc­cès nous atten­dais tous au coin de la rue, ça se saurait.

  7. Zackatoustra

    J’ai rien com­pris.
    Par contre, y’a une super conver­sa­tion autour de l’article sur FriendFeed : http://friendfeed.com/fabrice/b9404a9a/friendfeed-cest-mal

  8. Archi_bald

    Alors c’est là qu’on cause ? Donc, is FF evil (mais bon le pro­prio a déjà répondu).
    Moi ce qui m’inquiète c’est (au-delà de la réap­pro­pria­tion de la valeur, qui est déjà bien enclen­chée de-ci de-là), c’est l’éparpillement et la dupli­ca­tion des conte­nus. C’est déjà impos­sible de suivre, ça va deve­nir encore plus impos­sible, si c’est pos­sible ;-)
    Pour autant, nous avons clai­re­ment besoin d’endroits ou ras­sem­bler nos contri­bu­tions, fédé­rer et fil­trer (voire pro­mou­voir et mettre en valeur) les conte­nus qui nous plaisent, conser­ver (aussi, si, si) ce qui nous fait sens. Et comme nous ne vou­lons pas qu’un seul acteur écono­mique se réap­pro­prie cette valeur que nous allons (for­cé­ment) créer, nous avons besoin de mettre en place un pro­ces­sus dé-localisé. My 10 cents.

  9. Soueb

    En tout cas réflexion très inté­res­sante… Cela m’a égale­ment un peu dérangé le mode de fonc­tion­ne­ment de FriendFeed (même si cela peut être très utile), ce fait de dépor­ter le débat d’un blog sur une autre plateforme…

    Mais en y regar­dant de plus prêt n’est ce pas le propre des pla­te­formes sociales de s’approprier le contenu des autres pour le faire “fruc­ti­fier” ??? Un blo­gueur s’inspire sou­vent d’un autre article pour faire un post (et donc invi­ter le dia­logue sur son blog), son pro­fil Facebook agrège l’info de ces amis, et on peut réagir…

  10. Stan J

    Oon reproche bien sou­vent aux grand médias de refu­ser de s’exporter, d’aller vers leur lec­teurs, mais quand il s’agit de blo­gueur, cela ne s’applique pas ?

  11. Nicolas

    j’ai envie d’être d’accord avec toi, Fabrice, car sur le fond comme la forme, ton argu­men­ta­tion est sans faille (pas sans sou­rire, j’attendais les lapins et la myxo­ma­tose après les vaches ;) mais c’est la conclu­sion que je sou­hai­te­rais remettre en cause, 140 petits signes à peine — je sais, c’est bas, c’est mal : “hypo­cri­sie ou incom­pré­hen­sion ?” … ba… troi­sième solu­tion (ce serait trop simple)… désac­cord ! Cordial, comme Génaro, ou presque ;)

    C’est triste, je ne pèse pas un seul ins­tant à quel point cela aura des conséquences, mais dans le web2 et 3 et ses pro­chains, la conver­sa­tion, comme au coin d’un bar, se perd, par­fois, influence, de temps à autre, est reprise, détour­née, les débats s’entremellent, s’empilent. C’est impar­fait. Interdépendant. “en béta per­ma­nent” disait Pisani aujourd’hui… de la vie. Et par­fois l’innovation est telle que l’on prête peu d’attention au CGU — la vie par exemple ;)

    La conver­sa­tion, les mails, les pho­tos, les vidéos, tout ça, hop ! “dans les nuages”…

    C’est ce que je fais aussi… Et puis j’ai mon blog. Et mon Twitter pour la mobi­lité et la caisse de rai­so­nance. Et Délicious, repris, sur aaa­liens, pour la “crême du meilleur de ce que je croise” (chiche ;-)… Avec Twitter mes ful­gu­rance (arg) comme les feuilles mortes, en quelques jours, s’envolent. Chez FriendFeed jusque là, je crois avoir gagné en espé­rance de vie. numé­rique. C’est béta. Oui. Mais la conver­sa­tion sur les blogs, face à “l’usine” à conver­sa­tion qu’est FF, ça m’incite plu­tôt à faire le deuil de quelques commentaires.

    Après tout, pour moi c’est plus facile. je suis un veilleur addict et FF est une table de mixage géniale (on en par­lait tout à l’heure ici même http://fr.readwriteweb.com/2009/07/27/nouveautes/friendfeed-se-lance-dans-partage-de-fichiers/#comment-5342 ). Quand à mes post de blog, ils n’ont jamais été conçus pour géné­rer beau­coup de dis­cus­sion. Trop de Troll, tout ça, tout ça… Sur FF, le débat se fait en temps réel. C’est sti­mu­lant. que veux tu, je n’ai fais ni wood­stock ni les forums sur mini­tel, j’ai un regard… Candide /-)

  12. Fabrice Epelboin

    @StanJ

    Pourquoi assas­si­ner un tel ser­vice ? Because il est intrin­sèque­ment nui­sible à un écosys­tème naissant.

    Que ton com­por­te­ment sur ce ser­vice soit ver­tueux, cool, bravo, mais ce ser­vice n’incite en rien à le faire, les com­por­te­ments ver­tueux n’y sont pas récom­pen­sés, le jour où il devien­dra mains­tream, si cela arrive, c’est la cata.

    @Rubin

    Nop, sorry, c’est le pro­fil. Où as-tu vu un URI pour les éléments de conver­sa­tion (ce qui existe sur les blogs)

    @alphoenix

    Ca ne fait pas qu’aggréger, ça converse, le pro­blème vient de là.

    Si la conver­sa­tion se dis­perse, on modi­fie en pro­fon­deur l’écosystème, c’est tout le point de mon argu­men­ta­tion. Les conséquences seront une très grande bar­rière a l’entrée pour les nou­veaux arri­vants, et l’arrivée d’intermédiaires/diffuseurs, pas sûr que cela pro­fite au conte­nus (c’est un euphé­misme, dans toute l’histoire de l’industrie des conte­nus, cela ne leur a jamais profité)

    @Genaro

    Sorry, la aussi, je suis en désac­cord (res­pec­tueu­se­ment, of course ;-)

    @Archi_bald

    Disqus abor­dait le pro­blème dans l’autre sens… sans plus de suc­cès en terme d’adoption que Friendfeed :-)

    @Soueb

    Sur le plan pure­ment indi­vi­dua­liste, on est d’accord, c’est un superbe outil. Maintenant, si on pense aux conséquence qu’aurait son adop­tion en masse sur l’écosystème, c’est moins cool.

    @Stan J

    ??? On reproche aux grand média de s’exporter ??? C’est à dire ? On leur reproche de ne pas dis­cu­ter, oui, mais s’exporter, je ne vois pas… Ce blog, tout comme Libération, s’exporte en RSS…

    @Nicolas

    Le coté temps réel est fas­ci­nant, j’en conviens… Reste que si l’on par­lais de musique, tu serais outré, non ?

  13. Stan J

    +1 Nicolas

    J’ai toujours appré­cié tes billets, Fabrice, mais ce soir je suis­déçu même si en même temps je com­prends tes argu­ments et tes craintes. 

    J’espère très sérieu­se­ment que cela n’aura pas trop de conséquences (cf arrington).

    “Bonne” nuit…

    (ps : flipo a un prénom)

  14. Fabrice Epelboin

    oui mais jérome ca rime pas avec Nico ;-)

    Tu es décu mais tu com­prends mes argu­ments… hum… au moins je t’aurais fait réflé­chir autrement ;-)

    Encore une fois, sur un plan indi­vi­dua­liste, FF est tip top, sur le plan col­lec­tif, c’est dangeureux…

    Alors, ener­gie éolienne ou charbon ?

  15. Fabrice Epelboin

    Sinon, c’est quoi les conséquences pour Arrington ?

  16. Stan J

    @Fabrice Ben c’est des prises de bec pas très construc­tives. (On en est pas enco­relà hein — et je ne dis pas qu’on y arrivera :-)

    Pour l’argument de tout à l’heure “On reproche aux grand média de s’exporter…” en fait l’idée der­rière rejoint celle de Genaro (grosso modo : “Les bis­trots nous on pas atten­dus pour créer des conversations”)

    Je recon­nais que l’enjeu des com­men­taires est impor­tant, mais je vois aussi 3 choses :
    - avec l’augmentation crois­sante du nombre d’internautes actifs, toute dis­cus­sion sur inter­net sera for­cé­ment dis­per­sée.
    - nous pou­vons trou­ver des solu­tions (plu­gins par exemple, Thierry Crouzet l’a très bien fait)
    –Au risque de me répé­ter, je crois qu’il faut que nous appre­nions à uti­li­ser FF à bon escient. Et je ne pense pas que ce soit impos­sible car FF est basé sur un esprit très com­mu­nau­taire carac­té­risé par des normes impli­cites qui res­tent à construire dans la très jeune com­mu­nauté francophone.

    Enfin, FriendFeed ne fait que d’être copié, ce qui laisse pré­sa­ger que même si tu as rai­son sur le fond, et que FF meurt demain grâce à toi (mais ca n’arrivera pas :p ), d’autres pren­dront sa place (sees­mic par exemple). Je pré­fère donc voir les incroyables pos­si­bi­li­tés que nous offrent cet outil dans la ges­tion d’une veille col­lec­tive et les dis­cus­sions en temps réel qui peuvent être des leviers pour bien des choses. Je te laisse ima­gi­ner auxquelles je pense ;-)

    Oui tu me fais bien réfle­chir… Comme la plu­part de tes billets d’ailleurs. Finalement celui-ci non plus ne me déçois pas, au moins pour ça ;-)

  17. Fabrice Epelboin

    :-)

  18. foobar

    Quelque part la solu­tion c’est celle pro­po­sée par google wave: la décen­tra­li­sa­tion et l’unification des commentaires/discussions en ligne.

    Si tous les blogs offraient de com­men­ter via wave, on pour­rait inte­grer ces dis­cus­sions dans un tas de clients dif­fé­rents (dont friendfeed).

  19. Fabrice Epelboin

    reste à voir si l’aggrégation de conver­sa­tions dif­fé­rentes ferait sens, il fau­drait syn­chro­ni­ser toutes les conver­sa­tions… infai­sable. Si un billet book­marké sur FF don­nait lieu à une conver­sa­tion unique, ce serait fai­sable, mais ce n’est pas du tout le cas. Mon pré­cé­dent billet a donné trois conver­sa­tions dif­fé­rentes sur FF.

  20. foobar

    La per­sonne sou­hai­tant la mise en place de l’unification (dans ce cas rww fr) lan­ce­rait la wave, les clients FF se rattacheraient.

    C’est un des pro­blèmes des sys­tèmes de com­men­taire actuels, il n’y a pas d’API com­mune qui per­met­trait de lire/écrire des com­men­taires sans faire poin­ter son navi­ga­teur sur le site, et sans re-visiter le lien (au mieux il y a un sys­tème de màj par email ou par flux rss, géné­ra­le­ment read-only).
    Wave apporte une solu­tion grâce à son pro­to­cole distribué.

  21. Nicolas

    “Mon pré­cé­dent billet a donné trois conver­sa­tions dif­fé­rentes sur FF.” 

    > elles poin­taient toutes vers la même url ;)

    Foobar n’a pas tort…

  22. Yann Leroux

    Mais n’a t on pas toujours vécu cela ? N’a t on pas toujours oscillé entre la décou­verte de nou­veaux ter­ri­toires et la néces­sité de d’avoir un “chez soi” ? Ne cou­rons nous pas depuis toujours après un “home” qui enfin nous per­met­trait de gérer nos petites affaires d’un même point ?

    Depuis toujours ? Oui, depuis toujours. Depuis qu’il est pos­sible de com­mu­niquer sur un réseau via des ordi­na­teurs, il y a toujours eu cette valse hési­ta­tion entre dif­fu­ser au plus grand nombre et se concen­trer. La pos­si­bi­lité de faire des CC sur les proto-mails don­nait déjà lieu à de chauds débats. Puis sur Usenet, le Follow-up bien ou mal posi­tionné a joué ce rôle. Avec les blogues, il fal­lait trou­ver un équi­libre entre le temps donné à son propre blogue et celui donné à com­men­ter les billets des autres. La mul­ti­pli­ca­tion des ser­vice nous confronte aux même ten­sions. Personne ne peut être sur autant de ser­vices a la fois, et c’est pour ça que tout le monde est tenté de croire qu’Un Service Les Reunira Tous.

    Je fais un peu comme tout le monde : je vois les choses du bout de ma petite lor­gnette. Il me semble que la tech­no­lo­gie reflète ici des éléments de la psy­cho­lo­gie indi­vi­duelle. Nous avons tous cette ten­dance et ce besoin de syn­thèse. Elle par­ti­cipe à notre sen­ti­ment de conti­nuité d’exister. Elle per­met de gar­der le fil de ce que nous fai­sons. Mais nous sommes aussi très sen­sibles aux sirènes de la dis­sé­mi­na­tion : elles nous pro­mettent d’être entendu au-delà de nos pages, de nos réseaux, de nos hori­zons. Mais cette puis­sance a un cout : celui d’un malaise de plus en plus grand au fur et a mesure que nous nous éparpillons.

    De façon amu­sante, retrouve là quelque chose que disait McLuhan a pro­pos du centre et de la péri­phé­rie. Toute péri­phé­rie aspire a deve­nir un centre, et en ligne aussi nos colo­nies lon­taines demandent leur indépendance.

    Petite pré­ci­sion pour finir : le fait que les conver­sa­tions puissent être une richesse n’a pas été inventé par quelques digi­bo­ri­gènes mais il y a presque siècles de cela par Gabriel Tarde :

    “Les cafés, les salons, les bou­tiques, les lieux quel­conques où l’on cause, sont les vraies fabriques du pou­voir. Ne pas oublier cepen­dant que ces fabriques-là ne pour­raient fonc­tion­ner si la matière pre­mière qu’elles mettent en oeuvre, les habi­tudes de doci­lité et de cré­du­lité crées par la vie de famille, par l’éducation
    domes­tique, n’existaient pas. Le pou­voir sort de là comme la richesse sort des manu­fac­tures et des usines, comme la science sort des labo­ra­toires, des musées et des biblio­thèques, comme la foi sort des écoles de caté­chisme et des ensei­gne­ments mater­nels, comme la force mili­taire sort des fon­de­ries de canon et des exer­cices de caserne.” Gabriel Tarde, L’opinion et la foule, 1901

  23. Fabrice Epelboin

    et en aggré­geant trois conver­sa­tions, on a quoi ? Un brou­haha, rien de plus…

  24. Fabrice Epelboin

    @yann Sur un plan indi­vi­dua­liste, tu as rai­son, mais on peut espé­rer une prise de conscience de la dimen­sion col­lec­tive du pro­blème, non ? On arrive bien à convaincre les gens de trier leur déchets ?

  25. jemery

    je place ici un lien qui est dans la même optique,
    que j’avais trouvé hier en cher­chant des infos sur FF…

    http://blog.tcrouzet.com/2009/07/23/facebook-et-friendfeed-la-strategie-de-l%E2%80%99enfermement/
    d’ailleurs Narvic l’avait déjà com­menté vu les com­men­taires …
    je me per­met de com­plé­ter ces pro­pos entre contenu et dif­fu­seurs avec un petit lien sur la vision du direc­teur de FDN french data net­work vision “pro inter­net décen­tra­lisé” !
    http://www.ecrans.fr/Tout-le-monde-a-interet-a,5762.html
    on doit faci­le­ment trou­ver une vidéo sur DM d’une confé­rence sur ce sujet. (d’ailleurs il a pt être été déjà traité dans un article pré­cé­dent sur RWW)

  26. foobar

    > et en aggré­geant trois conver­sa­tions, on a quoi ? Un brou­haha, rien de plus…

    Non, on a une unique conver­sa­tion, qui est chez rww-fr prin­ci­pa­le­ment mais égale­ment répliquée ailleurs (dans des clients lourds, des clients web, ou via des ser­vices à valeur ajou­tée, comme FF). De cette conver­sa­tion des sous-conversations peuvent s’échapper, avec par exemple un sous-ensemble des acteurs de la première.

    Ce sont aux uti­li­sa­teurs (et au maître des lieux, peut être à l’aide de bots de modération/mise en forme) de for­mat­ter la wave pour éviter ce brouhaha.

    Chaque uti­li­sa­teur décide lui-même com­ment affi­cher la dis­cus­sion, le type d’interface, et peut à tout moment arrê­ter de la suivre.

  27. Fabrice Epelboin

    Tu parles de google Wave là ?

  28. Frédéric BASCUÑANA

    J’arrive un peu tar­di­ve­ment sur la dis­cus­sion que j’ai lue, que dis-je dévoré tant elle est poin­tue et ins­truc­tive. Mais, est-ce que je loupe quelque chose ou le simple fait qu’un nou­vel outil génère un tel débat n’est pas en soi un indice assez clas­sique de son ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion imminente ?

    Fabrice, je suis assez d’accord avec toi quant à la néces­sité et à l’absolue légi­ti­mité qu’il y a à mener une réflexion sur le trans­fert de valeur (dans le mau­vais sens du terme “trans­fert” : on peut légi­ti­me­ment se sen­tir pillé comme dans ton cas) mais pas pour condam­ner le pro­duit en lui-même. 

    Je ne crois néan­moins pas non plus comme Stanislas qu’on prô­nant un usage ver­tueux une quel­conque solu­tion en sor­ti­rait : l’usage est imma­nent, connexe à l’outil — il ne se décrète pas : pas même les lea­ders d’opinion ne l’imposent, tout au plus peuvent-ils tem­po­rai­re­ment l’infléchir. 

    Par consé­quent, ta réflexion est en effet cru­ciale pour les acteurs de ce que tu appelles à juste titre l’écosystème : mais pas pour les désta­bi­li­ser dans leur choix (de toute façon non seule­ment ton sens cri­tique ne les frei­nera pas, mais il éveillera la curio­sité intel­lec­tuelle de ceux qui n’attendaient qu’une bonne occa­sion de le tes­ter en pro­fon­deur pour se faire une opi­nion — donc tu favo­rises son évan­gé­li­sa­tion — quelle iro­nie sur ce point) : Non, en fait par essence même de ce que qu’est un écosys­tème une sélec­tion natu­relle aura lieu. Sio tant est que ton inquié­tude soit jus­ti­fiée, alors un plu­gin sera “pos­si­bi­lisé”. Sur la Toile, un Deus Ex Maquina est pos­sible là où, en Australie, les bou­siers ne pou­vaient certes pas êtres faci­le­ment intro­duit d’un coup de baguette magique. C’est toute la sub­tile limite de ton exemple — néan­moins choisi avec brio je te le concède : un écosys­tème est sys­tème auto-adaptatif com­plexe. On peut le niquer tota­le­ment au XIXème siècle en Australie, mais à l’ère du web 2.0 je te ras­sure : si tant que cela soit une condi­tion de sa sur­vie, l’écosystème sera inven­tif, dili­gent et toujours aussi puis­sant à trou­ver une parade orga­nique face à cette éven­tuelle menace.

  29. foobar

    > Tu parles de google Wave là ?

    Oui, mais bon c’est hypo­thé­tique tant que:
    1) le ser­vice n’est pas en béta public (la béta pri­vée com­mence à faire le plein, main­te­nant c’est facile de connaître des gens qui y ont accès).
    2) il n’y a pas de pos­si­bi­lité de faire tour­ner son propre ser­veur wave chez soi simplement.

    Mais ça pour­rait arri­ver rapi­de­ment, la béta public étant pré­vue pour l’automne.

  30. Fabrice Epelboin

    Pour l’instant, ca à l’air d’une grosse usine a gaz, mais bon, soyons patients…

    Pas le cou­rage de tes­ter ce truc, je crois que Marshall ou Cordiva s’est porté volon­taire pour le faire chez R/W… Wait & see…

  31. foobar

    Une grosse usine à gaz qui avance. Les drafts s’améliorent, et la semaine der­nière Google a releasé du code pour des clients/serveurs: http://code.google.com/p/wave-protocol/

    Sinon pour l’utilisation de Wave pour les dis­cus­sions sur les blogs ou autre, il existe deja des plu­gins:
    http://wave-samples-gallery.appspot.com/about_app?app_id=15002

  32. Fabrice Epelboin

    Je n’ai pas de doute sur le fait qu’ils y arrivent, de toutes évidences, ils mettent le paquet, mais tes­ter un truc pareil en beta, c’est un tra­vail de dingue… Je pré­fère attendre patiem­ment que Marshall nous ponde un article (après tout, il fait ca à plein temps, lui ;-)

  33. Fabrice Epelboin

    @Frédéric C’est pas faux, l’internet voit la cen­tra­li­sa­tion comme un obs­tacle et le contourne, c’est ce que tous les adver­saires de Loppsi et Hadopi disent…

    Ceci dit, je ne me sent nul­le­ment lésé, ce n’est pas du tout à moi que ca porte préju­dice dans la mesure ou je cumule pro­duc­teur et dif­fu­seur, pas de sou­cis de ce coté là… Le vrai pro­blème, c’est la bar­rière a l’entrée qui aug­mente, et donc un sys­tème un peu moins démo­cra­tique, d’autant qu’il fait entrer dans le jeu de nou­veaux intermédiaires…

  34. Yann Leroux

    @Fabrice Epelboin : c’est la contrainte qui nous a obligé à trier nos déchets… De quels moyens de contrainte dis­po­sons nous sur le réseau tel qu’il est aujourd’hui ? Nous sommes comme le roi du Petit Prince : nous régnons super­be­ment sur nos petites pla­netes blogues… et c’est tout.

    Sur la prise de conscience col­lec­tive, je suis donc plus que cir­cons­pect. Internet est un média de masse, et il y a toujours eu quelques per­sonnes sou­hai­tant prendre en main l’environnement et l’aménager, et une majo­rité sou­hai­tant uti­li­ser l’environnement. Mais ce n’est pas une his­toire d’Internet : c’est une his­toire de groupe. Pensez aux sor­ties que vous orga­ni­sez entre amis. Et puisqu’il a été ques­tions écosys­tème, il n’est pas pos­sible de fonc­tion­ner autre­ment : tout ne monde ne peut s’occuper de l’organisation de la sor­tie ou des dis­po­si­tifs d’écriture sur Internet.

    Il en suit que si nous sommes dans des groupes/communautés, nous devons néces­sai­re­ment être gênés par les autres.

    Je n’ai pas ton opti­misme sur la capa­cité du web a trou­ver des solu­tions. Aucune régu­la­tion n’est infaillible. On a vu sur l’Internet des com­mu­nau­tés entières s’effondrer avec leurs dis­po­si­tifs. Dans cer­tains cas, elles ont été rem­pla­cées par d’autres dis­po­si­tifs — c’est le cas de Gopher ou de Plato — mais dans d’autres elles ne sont plus que des objets de recherche pour les his­to­riens (Communitree). Enfin, les régu­la­tions des sys­tèmes ne vont pas toujours dans un sens “ver­tueux”. Lorsque l’on regarde ce que l’homme a pro­duit jusqu’a pré­sent, il n’y a pas de quoi être ras­suré ! En ligne comme hors ligne, nous nous sommes plaints des “déchets” et nous n’avons fait que chan­ger de temps à autres de bain…

  35. pagesapages

    J’ai trouvé ça extrê­me­ment per­ti­nent comme argu­men­taire. Alors je me suis dit “je vais en par­ler autour de moi parce que, courge que je suis, j’ai déjà dit à deux/trois per­sonnes que Friendfeed était bien, il faut que je les pré­vienne… hou la la…”. Et puis je me suis dit “com­ment retrans­crire cette démons­tra­tion ? Ben, je vais com­men­cer par le début, d’abord dire que les com­men­taires et avis sont dif­fé­rents selon le vec­teur (FF, FB, Twitt etc…)…” Et là, mes neu­rones ont fait schlurps (ça arrive quelque­fois :-)).
    Pourquoi donc et par quel mys­tère mes com­men­taires et avis seraient-ils dif­fé­rents sur tel ou tel sup­port ? Si j’aime le cho­co­lat sur mon blog, vais-je le trou­ver moyen/bof sur Twitt et écœurant/dégueu sur FF ? Le point de départ de cette réflexion — même s’il s’avère testé et approuvé par de nom­breuses marques d’utilisateurs — me cause pro­blème. I am not that guy. Je ne change pas ce que je suis selon le sup­port.
    C’est comme cette idée lue ici ou là qui dit que les blogs meurent parce que les com­men­taires se retrouvent ailleurs que sur eux. Et alors ? Je vois les blogs comme un tableau d’affichage sur lequel cha­cun peut poser une affiche/petite annonce/idée/photo/expérience pour la faire par­ta­ger aux autres. C’est l’intention qui compte. Si mon affiche (billet de blog) génère des réac­tions, c’est bien, qu’elles se trouvent sur le blog lui-même, sur FF, sur Twitt, sur le pont d’Arcole ou sur la chaise de ma sœur. Et le fait que mon affiche/billet soit plus ou moins référencé/répertorié/diffusé ne change pas l’intention que j’ai eu au départ. Je veux dire que je ne vais pas m’arrêter de dire ou de pen­ser ce que je veux parce que je suis toute seule à le faire. Et le “suc­cès” (tout rela­tif) de ce que je peux racon­ter ne se mesure pas à l’audience, sinon Musso et Flaubert font le même métier, et là je n’ai plus qu’à me pendre haut et court. Ou alors, mon inten­tion serait de domi­ner le monde à plus ou moins long terme avec mes idées éclai­rées qui enva­hi­raient les chau­mières connec­tées au net ? Je suis per­plexe devant la ques­tion de l’influence.
    Ma vraie ques­tion est : y’a-t-il pos­si­bi­lité d’échanges ? Si oui, j’adopte.
    Et pour la dif­fi­culté à être dif­fusé qui serait plus grande pour le blog­gueur lambda, peut-être, mais qu’est-ce qu’il cherche ce blog­geur lambda ? Le res­pect illu­soire et una­nime de ses com­pa­triotes et un article sur lui dans Télérama ? Une idée n’est pas meilleure parce qu’elle dif­fu­sée lar­ge­ment, et c’est logique. Je peux trou­ver la StarAc aber­rante, éprou­vante, dégra­dante, beark en un mot et ne pas vou­loir entrer en com­pé­ti­tion avec elle pour la contrer. M’en éloi­gner suf­fit. En gros, si FF est l’Australie sous la bouse de vache, les Friendfeediens trou­ve­ront des bou­siers qu’ils feront venir par bateaux ou se tour­ne­ront vers un autre mode d’échange. Si le sys­tème est pourri, il s’effondrera de lui-même, par désaf­fec­tions. S’il est mal­sain, il sera uti­lisé par des gens mal­sains et les autres iront voir ailleurs. Je ne vois pas de dan­ger là dedans. La StarAc n’est dan­ge­reuse que si on la trouve super sur FB, pas mal sur Twitt et hor­rible sur FF. Bref, je pense que l’homme est faillible mais que ses erreurs génèrent elles-mêmes leurs solu­tions (ici, à plus ou moins long terme l’utilisation ou non d’un vec­teur qui pren­dra la cou­leur de ceux qui l’utilisent).
    Oups, mes neu­rones font schlurps à nou­veau. Je devrais peut-être reprendre un café :-).

  36. Fred Cavazza

    Bravo Fabrice pour cet article et pour ton argu­men­ta­tion impé­cable. Effectivement je suis per­suadé que “dépouiller” un article de ces com­men­taires ne peut que démo­ti­ver l’auteur. Et je suis encore plus per­suadé que l’audience de ces ser­vices (Twitter, FriendFeed…) est trsu­tée par des per­son­na­li­tés ayant déjà un public (acquis sur un blog ou autre).

    Je suis égale­ment tout à fait d’accord avec toi : syn­diquer 3 conver­sa­tions revient à… avoir trois conver­sa­tions dif­fé­rentes au même endroit. Une conver­sa­tion est un fil, si vous en mélan­ger plu­sieurs, le fil se perd.

    Bref, tout ça pour dire que le meilleur moyen est encore de “(re)domicilier” les dis­cus­sion sur le page d’origine de l’article. Il me semble que des outils comme Echo auto­rise ceci avec en prime du temps réel.

    FriendFeed n’en reste pas moins un très bon outil, à condi­tion d’en avoir réel­le­ment besoin. Explication : je rédige sur 7 blogs dif­fé­rents (+Twitter) et de nom­breux lec­teurs m’ont réclamé un flux unique pour tout suivre à un seul endroit. Dans ce cas pré­cis FF est très pré­cieux. Par contre si vous ne rédige qu’un seul blog + un tweet, aucun inté­rêt. Il en va de même pour le Link Farming : pourquoi faire du Delicious avec FriendFeed, il suf­fit de bien le faire sur Delicious.

    Conclusion : Tout ça res­semble à une que­relle d’experts mais je rejoins l’avis de Fabrice : les dif­fu­seurs ne doivent pas faire de l’ombre aux producteurs.

    ça me donne des idées de billet tout ça !

    /Fred

  37. Nicolas

    @ fred > back­type fait ça pas mal pour WP notam­ment. Et la nou­velle API n’a que quelques jours, je ne doute pas que les outils que tu évoques arrivent très vite (que ce soit des ex de Gmail qui ont fondé le ser­vice ou de presta tiers ;) 

    NB : t’a véri­ta­ble­ment testé l’usage conver­sa­tion­nel de FF ?

  38. greg

    fina­le­ment jour­na­listes et blog­gueurs c’est kif kif : com­ment faire du bruit avec … rien.

    il y a 2 ou 3 per­sonnes qui parlent de friend­feed et on parle d’évènement !?!

    friend­feed est un aggre­ga­teur. pourquoi allez cher­cher midi à qua­torze heure ? des his­toires de tran­fert et de kangourous ?

    c’est vrai qu’il faut se poser des ques­tions sur tous ces outils pour secouer le coco­tier, mais là, friend­feed ne méri­tait pas cet article. un peu comme si on fai­sait une thèse sur le RJ45

    friend­feed pour­rait tuer twit­ter ? so what ? twit­ter ne durera de toute façon pas long­temps. le grand public n’adhèrera pas à son illi­si­bi­lité (qui n’est tolé­rable que par nous, les geeks)

    en bref, il n’y a pas d’évènement friendfeed

  39. Fred Cavazza

    @ Nicolas > Oui j’ai bien vu la capa­cité de FriendFeed à aspi­rer les com­men­taires / conver­sa­tions des billets et sources cités. C’est bien dom­mage car les uti­li­sa­teurs de FF sont les plus mûrs d’un point de vue “usages” donc ceux qui sont le plus à même d’enrichir une dis­cus­sion (point de trolls ou de tou­ristes sur FF).

    /Fred

  40. Nicolas

    @ Fred : “les uti­li­sa­teurs de FF sont les plus mûrs d’un point de vue “usages” donc ceux qui sont le plus à même d’enrichir une dis­cus­sion (point de trolls ou de tou­ristes sur FF)”

    > donc tu seras sans doute convaincu après test que géné­rer une conver­sa­tion sur FF (250 com­men­taires sur ce même post, par exemple, cette nuit ;) et la récu­pé­rer auto­ma­tique­ment sur le billet source apporte une valeur ajou­tée (une nou­velle fois : c’est ce que back­type propose).

    Ils ne sont pas si nom­breux les blogs qui “lancent des conver­sa­tion” (© Loic).

  41. y!onel

    Je com­prends les peurs, mais je pense que les dis­cus­sions RWW , FF se com­plèrent car dans mon cas, je ne dis­cute pas avec les mêmes sur les deux ! :) Pour cer­tains ici ça pose pro­blème visi­ble­ment vu qu’ils se connaissent et sur FF et sur RWW donc en effet il peut y avoir un effet de “concur­rence de com­men­taires” mais c’est le choix de cha­cun de com­men­ter ou sur FF ou sur RWW *là ou la dis­cus­sion est plus pra­tique*.
    Et en effet la dis­cus­sion sur FF est plus pra­tique : temps réelle, pas d’enregistrement par mail et les vieilles alertes emails de réponses (sérieux, on s’y habi­tue mais ça date en fait non?, je pense que wave va mettre un coup de vieux à tout cela encore plus.…).
    Si on ima­gine que dans un futur proche, FF mette en place un sys­tème de nota­tion des com­men­taires (je pense à un truc à la rue89) pour faire res­sor­tir les com­men­taires jugés “per­ti­nents” (ce qui pour­rait être “nor­mal” si leur busi­ness c’est jus­te­ment le com­men­taire), là pour de bon, la dis­cus­sion sera 10000 fois inté­res­sante sur FF que sur le blog d’origine (si son moteur de com­men­taires reste pauvre et daté).…..

  42. Stan J

    @Fred: “Par contre si vous ne rédige qu’un seul blog + un tweet, aucun inté­rêt.” AUNCUN ? Participer à une com­mu­nauté, décou­vrir de la musique, des pho­tos, faire de la veille… Auncun intérêt ?

    @Nico : RWW pour­rait en effet aspi­rer les com­men­taires de FF, mais le devrait-il ?

    La conver­sa­tion sur FF est très dif­fé­rente de celle d’un blog. Elle est très rapide, réac­tion­nelle, et par­fois elle divague… Ca ne ferait pas trop d’un coup sur un blog ? (je pense notam­ment aux autres visi­teurs qui ne pro­viennent pas de FF)

    Dans cette optique le cloi­son­ne­ment est peut etre un moindre mal, à condi­tion que les friend­fee­ders com­mentent égale­ment sur le blog (mais dif­fé­rem­ment).
    Je m’explique. Hier, j’ai pas mal com­menté sur les 2 endroits, mais j’ai fini par réa­li­ser que je pen­sait à voix haute sur FF, puis je reve­nais ici pour syn­thé­ti­ser un peu.

    N’y a-t-il pas là un bon compromis ?

    (reste le pro­bleme de la “bonne pra­tique” dif­fi­cile à généraliser)

  43. Nicolas

    @ Stan : En tout cas la fluence se pour­suit http://friendfeed.com/fredcavazza/f07c014e/message-de-service-en-train-tester-backtype /-)

  44. Stan J

    @Nicolas : Il faut bien tes­ter avant d’approuver ou non ;-)

    J’hésite moi même à reti­rer le plu­gin sur mon blog. En fait il décom­pose la dis­cus­sion plus qu’autre chose. Et puis moi je m’en fous je suis sur FF et fier de l’être ;-)

  45. Stan J

    Question Hors Sujet : com­ment qu’on fait pour avoir sa bouille au des­sus de ses com­men­taires sur RWW? Moi aussi je j’en veux une ! :)

  46. pagesapages

    Dans ces cas là, qu’est-ce qui sera le plus effi­cace, FF ou Twitt u wha­te­ver …?… http://blogapages.wordpress.com/2009/07/28/famille-tatli/

  47. Fabrice Epelboin

    @Yann

    Oui, c’est un peu opti­miste de ma part, mais après avoir vu l’histoire Scoble/Arrington sur la bataille aux US de FF vs. Twitter, je ne vois pas trop ce qui ferait la dif­fé­rence en France…

    @pagesapages

    FF est dans une inter­ac­tion proche du chat, on est très loin des com­men­taires de blog. Sur un blog, tu aura plu­tôt ten­dance à conver­ser avec l’auteur, sur FF, ca par­tira rapi­de­ment dans une conver­sa­tion entre les com­men­ta­teurs, donc oui, les conver­sa­tions y sont dif­fé­rentes, et en aucun cas agré­gables avec celle d’un blog, sauf à avoir un blog où l’essentiel des com­men­taires sont de l’ordre du ‘cool’, ‘je plus­soie’, où là, ça peut marcher.

    Sinon, pour le reste de tes remarque, je crois que l’aventure FF aux US réponds bien a tes ques­tions, et j’ai du mal à voir ce qui pour­rait être dif­fé­rent en France… (je suis pre­neur de suggestions)

    @Nicolas

    Backtype, testé sur une copie de R/W, c’est une cata, les com­men­taire en deviennent incom­pré­hen­sible, c’est comme si on mixait deux bandes sons de deux film dif­fé­rent pour le recol­ler sur un troi­sième. Aucune valeur ajou­tée sur un blog dont les com­men­taires contiennent de l’info, des argu­ments, des réponses entre com­men­ta­teurs (comme celui-ci).

    Par contre, sur des blogs où l’essentiel des com­men­taires sont de l’ordre de l’encouragement (du genre Numérama ou Presse-Citron, il n’y a AUCUN juge­ment de valeur là dedans), alors oui, back­type peut appor­ter une solu­tion… A voir…

    @y!onel

    Je n’ai vrai­ment aucune crainte concer­nant R/W, vrai­ment pas de sou­cis de ce coté là, au contraire, c’est plu­tôt une oppor­tu­nité de dif­fu­sion com­plé­men­taire comme sur Twitter, mon sou­cis est l’augmentation de la bar­rière à l’entrée pour les nou­veaux blog­geurs, quel que soit la qua­lité de leur contenu, et la réin­ter­mé­dia­tion de l’information.

    @Stan J

    Pour un blog comme R/W, le seul com­pro­mis me semble être d’avoir deux conver­sa­tions côte à côte, les mélan­ger donne un gros bordel.

    Sinon, si tu veux ta bouille sur R/W, crée un http://fr.gravatar.com/ :-)

  48. mry

    Fabrice au tra­vers de son argu­men­ta­tion reprise dans le com­men­taire de Fred C. à tout dit sur FF : les dif­fu­seurs ne doivent pas faire de l’ombre aux pro­duc­teurs. FF, n’est qu’un dif­fu­seur ten­tant de détour­ner la valeur qu’il n’a pas créé.

  49. Barnabé

    S’imaginer que les uti­li­sa­teurs vont éviter un ser­vice web parce qu’il est néfaste pour les créa­teurs relève de l’utopie, est-ce que vous avez arrêté d’utiliser Google le jour où vous avez réa­lisé les dégâts qu’il pro­voquait ? En dehors de cet aspect Candide, votre ana­lyse est frap­pée de bon sens, mais je doute qu’elle ai le moindre impact.

  50. Jeromeontheweb

    Après la lec­ture de deux de tes articles, je suis esto­ma­ché par tes talents de vul­ga­ri­sa­tion et de conceptualisation.

    Etant néo­phite en réseau social, je ne peux pas juger la per­ti­nence de l’analyse mais j’en appré­cie les pers­pec­tives de réflexion qu’elles me font décourvrir.

    Bravo

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