La ruée Française soudaine vers Friendfeed n’est pas prêt de s’arrêter, et même si Friendfeed a toute les chances de rester limité à une petite élite – comme aux Etats-Unis, où la ‘ruée’ a eu lieu il y a un an dans les même circonstances – voilà un argument qui va plaire aux adeptes du réseau social le plus hype de l’été.
Encore très peu utilisée, Friendfeed a mis en place depuis un mois une fonctionnalité dont les usages promettent de le propulser vers de nouveaux horizons.
Friendfeed pour les pirates
Impossible d’uploader des vidéos, mais pour ce qui est des mp3, c’est tout a fait faisable, même si Friendfeed, sans doute pour éviter des usages trop abusifs, a limité le nombre de mp3 à trois uploads par utilisateur, on peut facilement imaginer l’incroyable potentiel si les mélomanes en venaient a constituer des ‘rooms’ dédiés au partages de leurs dernières trouvailles en mp3.
L’usage consistant à partager un track (le plus souvent via un url vers un site de streaming) est très répandu sur Twitter, là encore, friendfeed montre sa supériorité (même s’il est bon de rappeler que ce dernier n’a rien voir avec Twitter).
Du fil à retordre pour le ministère de la culture en perspective, tant l’utilisation de compte anonymes pour mettre à disposition des mp3 est aisée à réaliser.
Mais là où Friendfeed pourrait réellement innover dans l’univers du partage mp3, c’est l’aspect social d’un tel partage. Dans ce cadre, la limite de trois mp3 par jour et par utilisateur serait une contrainte qui pousserait les ‘pirates’ à ne partager que de la qualité.
Dans un monde idéal, où les maisons de disques auraient (enfin) compris que les mp3 ne peuvent être que gratuit et ne saurait être qu’un moyen de vendre autre chose, Friendfeed pourrait devenir une plateforme marketing fantastique, un outil de relationnel avec les fans incroyable… A moins que ce soit les artistes qui s’en emparent les premiers.
Friendfeed pour l’entreprise 2.0
Avec les fonctions privatives de Friendfeed, c’est aussi (et certainement surtout) au monde de l’entreprise que Friendfeed fait de l’œil. On peut y mettre une multitude de types de documents, même si les gros .psd seront rejetés du fait de leur poids (on ignore la limite exacte, 5Mo passent sans soucis, 20Mo non). Ceci dit, la plupart des fichiers que l’on est amenés à s’échanger dans le cadre d’une gestion de projet ne sont pas si gros, et Friendfeed les accueillera avec plaisir. Par ailleurs, il n’est pas défendu d’imaginer une version premium avec upload illimité.
Pour une entreprise utilisant massivement les blogs, les wiki, twitter et Friendfeed, la possibilité d’utiliser Friendfeed pour stocker des fichier ouvre de nouveaux mode de collaboration. Reste à former tous les participants à un outil qui reste pour les néophyte d’une extrême complexité… Pas gagné.
C’est clairement cet usage que Friendfeed aimerai voir se développer, à en croire le billet qui annonce cette fonctionnalité de partage de fichier sur le blog officiel de la société : “Cela faisait parti des demandes les plus populaires de la part des entreprises qui utilisent les groupes de Friendfeed. Nous utilisons cette fonction en interne et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous l’avons trouvé utile. Nous espérons qu’elle vous aidera, vous et vos collaborateurs à être plus productifs, et plus attachés à Friendfeed.”
Avec une telle fonctionnalité, un assemblage Friendfeed et blog-projet pourrait tout a fait remplacer des applications de gestion de projet telles que Basecamp, même si les méthodes de travail devraient s’adapter, les perspectives sont intéressantes.
Comment ça marche ?
Le moyen le plus simple est d’envoyer un email à share@friendfeed.com (à partir de l’email avec lequel vous vous êtes enregistré sur Friendfeed), avec comme objet le titre de votre ‘billet’ Friendfeed et en pièce jointe le fichier que vous souhaitez partager.
Vous pouvez également le faire directement à partir de l’interface en ligne du site, moins pratique, mais efficace, même s’il manque un bouton pour annuler un envoi en cours.
En intégrant de plus en plus de fonctionnalités, Friendfeed devient de plus en plus puissant, mais également de plus en plus complexe. La barrière à l’entrée est conséquente, qui plus est, sa fonctionnalité d’agrégateur en fait quelque chose d’assez obscur pour quiconque n’a pas grand chose à aggréger.
Un outil élitiste ? C’est peu être là qu’il faut chercher l’une des raisons de son succès en France ;-)














27 juillet 2009 à 12:06
C’est une ruée très relative et surtout à ce stade très limitée en termes d’utilisation effective, non ?
27 juillet 2009 à 12:07
oui, d’autant que l’on est en plein été et qu’il n’y a pas grand monde ;-)
27 juillet 2009 à 13:23
Ouais je fais partie de cette soudaine ruée vers FriendFeed et je dois dire que ce site est vraiment excellent dans bien des domaines (la présence quasi instantanée d’un tweet par exemple).
Merci pour l’article ;)
27 juillet 2009 à 13:48
L’intégration de l’échange de documents me fait penser à tous ces services d’échanges de fichiers type Megaupload… et si Friendfeed arrive à rajouter le côté « partage de fichiers » par dessus l’agrégateur de fonctionnalités sociales, ça peut faire très très mal…
27 juillet 2009 à 14:16
Vous n’êtes pas en train de vous tirer une balle dans le pied là ? Vous avez tellement bossé sur aaaliens, Owni et là ? paf ! Friendfeed !
Ce serait bien en effet d’avoir tout ça et pourquoi pas TechTV à un seul endroit mais allez vous développer des applications qui le permettent ou les réclamer à grands cris ?
Les « gros » influenceurs US n’ont même jamais songé à ça. Pour eux et je pense qu’il faut bien se le mettre dans le crâne, Friendfeed c’est une venture, le but c’est le pognon, point barre.
Compter sur les utilisateurs pour développer une plateforme par l’échange c’est rêver. L’utilisateur veut devenir propriétaire on a vu ça avec Wikipedia qui a essaimé en des milliers de Wiki tous plus plats et vides de contenu les uns que les autres.
Si demain tout le monde veut un marteau cela ne fera pas de tout le monde un charpentier.
27 juillet 2009 à 16:16
@Désirade
Heu… c’est pas moi qui ai tiré une balle, c’est Narvic ;-) Quand à Nicolas, j’ai peur en effet qu’il ai suivit Narvic dans la migration sans réfléchir aux conséquences…
A mon sens, Narvic a fait un tour sur Publish2, a été séduit par certaines fonctions, puis a réalisé le potentiel d’un FF utilisé comme Publish2 et a décidé de migrer. Bonne analyse de Narvic (et de toi également).
Au final, oui, FF est pas mal du tout pour faire du link journalism si on y fait migrer des journalistes. La stratégie de Narvic est très fine (pas très étonnant quand on connait l’animal).
27 juillet 2009 à 20:26
« Quand à Nicolas, j’ai peur en effet qu’il ai suivit Narvic dans la migration sans réfléchir aux conséquences… »
> T’inquiète :-))
l’occasion de préciser une chose : aaaliens est un média, owni est un média. leur coût est quasi nul (merci Typhon ;) et leur contenu est généré par les meilleurs lectures d’un groupe d’ »experts » (aaaliens) et par une sélection des meilleurs billets d’un pool croissant d’auteurs pour Owni. Des médias, donc. et un réseau de médias sociaux naissant, accessoirement.
FriendFeed est un service (et bien plus que ça, en effet) mais il n’a pleinement sa valeur ajouté que pour un usager de twitter, facebook, blogs, bookmarking, vidéos et photos partagées et j’en passe, qui consomme, produit et a un un réseau de personne éditant et relayant des contenus sur ces différents média sociaux. Madame Michu n’est pas prêt d’y débarquer ;)
Ou alors (et on en a parlé ;) on lui propose des « chambres », des « groupes », des « médias » pré-remplis, animés, éditorialisés.. why not. Reste que ce qui y est n’est plus [forcément, nativement] archivé chez nous/vous. Il reste donc une place évidente pour des lieux personnels… on pourrait appeler ça des blogs, hein ! :-)
FrienFeed est très focus sur l’idée d’être l’outil discussionnel ultime (révé par Loic dès sa baseline de blog au début des années 2000 ;) mais gère pas mal mon identité numérique et pourrait devenir un bel outil de linkjournalism, ouep. Meileur que Twitter si je prête de l’intéret à autre chose qu’à la caisse de raisonnance.
Stan, Narvic, Eric, ma pomme et d’autres ont contribué à ce sursaut francophone (qui amuse beaucoup la communauté FF, tu te doutes) car – il me semble que – FrienfFeed est le meilleur outil actuel de mixage de flux (reader/writer) pour DJ (Digital Journalist) ou web currator. D’autres diront geek, blogueur ou forçats… Mais cette outil n’avait véritablement de sens que SI nos réseaux s’y déployaient. Ce qui est le cas après 5 jours de « fluence » – qu’on laisse l’influence à ceux qui prétendent en avoir /-)
nb : une trentaine d’autres commentaires à cette heure sur ce même billet, ici : http://friendfeed.com/nicolasvoisin/e3ac8d96/friendfeed-se-lance-dans-le-partage-de-fichiers (entre autre) > vivement le plugin pour les attacher automatiquement au billet source ^^
27 juillet 2009 à 21:09
Les mp3 sont limités, mais qu’en est-il des autres formats, comme OGG ou FLAC?
28 juillet 2009 à 0:12
J’arrive un peu tardivement sur la discussion que j’ai lue, que dis-je dévoré tant elle est pointue et instructive. Mais, est-ce que je loupe quelque chose ou le simple fait qu’un nouvel outil génère un tel débat n’est pas en soi un indice assez classique de son institutionnalisation imminente ?
Fabrice, je suis assez d’accord avec toi quant à la nécessité et à l’absolue légitimité qu’il y a à mener une réflexion sur le transfert de valeur (dans le mauvais sens du terme « transfert » : on peut légitimement se sentir pillé comme dans ton cas) mais pas pour condamner le produit en lui-même.
Je ne crois néanmoins pas non plus comme Stanislas qu’on prônant un usage vertueux une quelconque solution en sortirait : l’usage est immanent, connexe à l’outil – il ne se décrète pas : pas même les leaders d’opinion ne l’imposent, tout au plus peuvent-ils temporairement l’infléchir.
Par conséquent, ta réflexion est en effet cruciale pour les acteurs de ce que tu appelles à juste titre l’écosystème : mais pas pour les déstabiliser dans leur choix (de toute façon non seulement ton sens critique ne les freinera pas, mais il éveillera la curiosité intellectuelle de ceux qui n’attendaient qu’une bonne occasion de le tester en profondeur pour se faire une opinion – donc tu favorises son évangélisation – quelle ironie sur ce point) : Non, en fait par essence même de ce que qu’est un écosystème une sélection naturelle aura lieu. Sio tant est que ton inquiétude soit justifiée, alors un plugin sera « possibilisé ». Sur la Toile, un Deus Ex Maquina est possible là où, en Australie, les bousiers ne pouvaient certes pas êtres facilement introduit d’un coup de baguette magique. C’est toute la subtile limite de ton exemple – néanmoins choisi avec brio je te le concède : un écosystème est système auto-adaptatif complexe. On peut le niquer totalement au XIXème siècle en Australie, mais à l’ère du web 2.0 je te rassure : si tant que cela soit une condition de sa survie, l’écosystème sera inventif, diligent et toujours aussi puissant à trouver une parade organique face à cette éventuelle menace.