Les profs essayent depuis toujours de combattre l’apathie des étudiants qui se retrouvent en nombre dans des amphis bondés, et l’expérience réalisée par Monica Rankin, une prof d’Histoire de l’Université du Texas à Dallas est particulièrement intéressante.
Monica Rankin, à l’aide d’un hashtag qui change chaque semaine, organise les commentaires, les question et les feedbacks de ses étudiants, qui utilisent Twitter durant ses cours. Certains utilisent leurs ordinateurs portables, d’autres des smartphones ou simplement des SMS, d’autres encore de simples morceaux de papier qu’ils passent à ceux qui ont un ordinateur.
Les Tweets de la classe sont projetés avec un vidéoprojecteur, à la façon de certaines émissions de télévision qui ajoutent, incrusté à l’écran les SMS des téléspectateurs pour établir une interactivité avec le public. Mais ici, le public est dans la salle, et les Tweets sont utilisés comme référence par la suite pour faire des comptes rendus, des travaux pratiques ou autres devoirs.
Les résultats sont pour l’instant, de l’aveu même de Monica Rankin, variables, mais il est clair selon elle que les étudiants sont plus impliqués et participent plus aux cours qu’à l’accoutumé.
C’est toujours étonnant de voir un professeur admettre que “cela va être bordélique, mais ce n’est pas mauvais pour autant”. Bienvenue dans le web social, c’est bien comme cela qu’il convient de l’aborder.
Rankin a écrit quelques pages intéressantes sur l’expérimentation qu’elle mène, elle y rapporte que “la plupart des professeurs sont d’accord pour dire qu’un auditorium plein d’élèves n’offre pas beaucoup d’options en matière de pédagogie, c’est soit un cours magistral, soit un cour magistral. La plupart des profs admettent également que le cours magistral n’est pas la façon la plus efficace d’enseigner. Je cherchais une façon d’y ajouter quelque chose de plus centré sur l’élève en terme de pédagogie”.
L’expérience de Rankin n’est pas unique, une autre, qui a lieu à la University Park de Pennsylvanie a fait l’objet d’un article dans le Chronicle of Higher Education. Une autre encore est en cours à la Marquette University, et Jane Heart, une consultante en science de l’éducation, tient à jour une liste de plus de 1000 expériences pédagogiques utilisant Twitter.
Plus près de nous, en Angleterre, un document issu de l’Education Nationale en mars dernier incitait à l’utilisation d’outils comme Twitter et Wikipedia dans les salles de classe. L’internet est bel et bien en train de changer en profondeur la pédagogie, il n’y a aucune raison pour que l’on n’assiste pas, là comme ailleurs, à une explosion des performances et de l’efficacité dans l’art d’enseigner (disclaimer : mon père est responsable de l’elearning à l’université Paris VI-VII).
Twitter est particulièrement disruptif, ceux qui n’aiment pas (ou plus) le changement l’on bien noté. Le voir comme le dernier truc à la mode est l’assurance de passer à coté de quelque chose d’important, et répétons le, ce n’est pas quelque chose que l’on peu comprendre en quelques heures. La courbe d’apprentissage est très longue, même s’il ne faut qu’une ou deux minutes pour en saisir le fonctionnement.
A lire également :








28 juillet 2009 à 8:31
à ce propos, lire aussi l’article de Internetactu, Et si l’on autorisait les bacheliers à se connecter à l’internet ?:
http://www.internetactu.net/2009/05/29/et-si-lon-autorisait-les-bacheliers-a-se-connecter-a-linternet/
28 juillet 2009 à 10:00
Les organisateurs de salons en lien avec Internet (e-commerce, e-marketing…) devraient s’inspirer de cet exemple pour permettre aux visiteurs d’interagir avec les conférenciers.
Cette année, au salon MD (Marketing Direct), les personnes qui assistaient aux conférences sur le plus grand plateau pouvaient envoyer leur questions aux intervenants par SMS. Peut-être l’année prochaine les SMS céderont-ils leur place aux tweets?
28 juillet 2009 à 10:01
“Twitter est particulièrement disruptif, ceux qui n’aiment pas (ou plus) le changement l’on bien noté. Le voir comme le dernier truc à la mode est l’assurance de passer à coté de quelque chose d’important, et répétons le, ce n’est pas quelque chose que l’on peu comprendre en quelques heures. La courbe d’apprentissage est très longue, même s’il ne faut qu’une ou deux minutes pour en saisir le fonctionnement.”
Je trouve ce paragraphe vraiment génial ! Il résume complètement le phénomène twitter vu par ceux qui n’ont jamais utilisé.
Bel article et belle initiative :)
28 juillet 2009 à 13:25
Oui, c’est clair que l’apport en terme de spontanéité et de réactivité d’un outil comme Twitter ne peux que être bénéfique. Après, le prof en fait ce qu’il veut bien sûr, mais cela peut favoriser l’unification des échanges et des questions allant des élèves à un prof.
(Pour ceux qui se demandent qui peut bien être le père de l’auteur, je crois qu’il s’agit de la personne suivante : http://www-int.impmc.upmc.fr/~epelboin/ )
30 juillet 2009 à 9:28
c’est exactement ce que je cherche à faire avec mes élèves de Master 2 Media Informatisé et Stratégie de Communication au Celsa depuis un an…sauf qu’il n’y a pas de wifi:( faudrait une solution simple de tweet par SMS…(inclus dans le forfait des étudiants:)
30 juillet 2009 à 12:18
@Antoine Il y a plein de trucs dans ce domaine, il faut que j’écrive à ce sujet…
@alban Je suis preneur de retours d’expériences et de témoignages (une fois que vous aurez du Wifi, mais ca va venir) :-)
09 août 2009 à 12:30
Terrible cet article ! Je cite :
“ce n’est pas quelque chose que l’on peu comprendre en quelques heures. La courbe d’apprentissage est très longue,”
Mais nulle part je ne trouve d’information sur ce qu’il est si dur de comprendre…
Je cherche toujours l’intérêt de twitter… Je vais continuer à chercher.
09 août 2009 à 13:16
Ben faut chercher un peu sylv1 ;-)
http://fr.readwriteweb.com/2009/07/20/analyse/twitter-twitter-twitter/
09 août 2009 à 20:06
@sulv1 : l’intérêt de Twitter, c’est de connaitre ce qu’il se passe d’important dans le monde, encore plus rapidement qu’en suivant le fil d’actus de l’AFP ou France Info : http://www.abricocotier.fr/5945-twitter-down-again-comme-google-cest-un-service-public
12 novembre 2009 à 22:16