Data.gov a de la concurrence

Data.gov, le catalogue de données publiques quelque peu décevant lancé par le gouvernement américain, destiné à donner naissance à un écosystème de mashup pour analyser et visualiser ces donnée, a désormais une concurrence sérieuse.

La Sunlight Foundation, une fondation apolitique qui vise à la transparence en politique, a annoncé le lancement prochain du National Data Catalog, pour aller bien au delà de ce que Data.gov propose aujourd’hui.

Clay Johnson, le directeur de Sunligh Labs décrit le besoin d’un tel projet dans ces termes :

“Les moyens mis en œuvre et les contraintes politiques ne permettront pas au gouvernement d’aller bien loin. Il y a des contraintes légales et politiques que le gouvernement ne pourra pas dépasser alors que c’est faisable pour nous. Il n’y a pas de données juridiques ou législatives dans le catalogue de données de Data.gov, par exemple, et même si Data.gov fourni un lien vers des catalogues de données issus des différents états, celles-ci ne sont pas disponibles dans le même format, ni accessible de la même façon que le reste du catalogue de Data.gov.

Par ailleurs, utiliser la collaboration de communautés est impossible, du fait même de la législation et de par la position du gouvernement et son interaction avec les citoyens.

Nous pensons pouvoir apporter de la valeur à quelque chose comme Data.gov, ainsi qu’aux catalogues de données municipales, en les faisant migrer de façon autonome dans un système unique, en réalisant un curatoring manuel, et en y ajoutant d’autres sources de données, ainsi que des fonctionnalités que le gouvernement ne peut tout simplement pas apporter”.

Johnson annonce également que le site, dont le code disponible est open source, permettra aux contributeurs d’y apporter leurs catalogues de données, ainsi que de la documentation pour les accompagner ainsi que des liens vers les endroits où trouver des catalogues de données de ce type à travers internet. Cela ressemble fort à un ProgrammableWeb pour les données publiques.

En plus des données gouvernementales, la Sunlight Foundation ajoutera des jeux de données annexes, comme les comptes de campagne issus de OpenSecret, le type de données que l’on imagine mal fournies par un site gouvernemental. Le New York Times, en son temps, avait eu des initiatives sur ce type de données.

Les choses avancent décidément très vite dans le domaine de l’eGouvernement et de l’eDemocracy aux Etats Unis, mais après avoir perdu le lead sur l’Angleterre pour le titre de la démocratie la plus internet du monde, le gouvernement Américain semble sur le point de se faire distancer sur ses propres terres.

D’un point de vue démocratique, il n’est pas futile de penser que des fondations, pour peu qu’elles soit transparentes sur leur fonctionnement et apolitiques, soient dans une position plus légitimes pour fournir ces données que des gouvernements.

En France, rien de précis à l’horizon, même si, lors de son appel à projet pour le Web 2.0, Nathalie Kosciusko Morizet avait clairement insisté sur sa volonté de voir naître de telles initiatives, nous n’avons pas entendu parler de tels projets. Il n’est cependant pas interdit de penser qu’ils puissent néanmoins voir le jour, avec pourquoi pas le soutien du Secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique, qui réalise bien qu’un pays qui se targue d’avoir inventé la démocratie moderne ne peut pas rester bien longtemps à la traîne. C’est un secteur où les investissement ne sont pas encore considérables, si tant est que l’on s’y prenne à temps, c’est à dire maintenant.

A lire également :

  1. Crowdsourcer Data.gov avec TransparencyCorps ...
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  3. Yahoo prépare un Data Center écolo ...

2 commentaires pour cet article

  1. Nicolas Cynober

    Je compte aussi les points (pour le côté stan­dar­di­sa­tion de ces don­nées) mais quoi qu’il en soit je ne crois pas que ce soit un com­bat pour le “meilleur” e-gouvernement. Tu peux aussi citer The Theserless World, comme ini­tia­tive paral­lèle. Ce qu’il faut rete­nir c’est que final­le­ment, ce sont bien les citoyens US qui béné­fi­cient de ces initiatives.

    Donc peu importe le for­mat, peut importe le site sur lequel ces don­nées sont dis­po­nibles, le plus impor­tant reste la com­mu­nauté et l’écosystème qui va trans­for­mer et uti­li­ser ces don­nées. Ceci dit, nos amis anglais gardent une lon­gueur d’avance: TBL power :)

    Je reste quand même sep­tic quand à la marche de maneuvre d’une fon­da­tion pour récol­ter des data­set dans des agences gouvernementales.

    En ce moment la grosse dif­fé­rence pour moi entre US et UK est que nos voi­sins d’outre manche sont dans une logique de “ser­vices publique”. Ils vont publier des don­nées pour la trans­pa­rence mais aussi pour dyna­mi­ser l’économie. Si le sujet t’intéresse je te conseil l’inter­view de John Sheridan.

  2. Fabrice Epelboin

    Récolter les data dans les agences, certes, c’est pas gagné, mais trans­for­mer une masse informe de docu­ments admi­nis­tra­tifs illi­sibles (mais conte­nant néan­moins de la data) et don­nées struc­tu­rées, c’est jouable, sur­tout vu la dyna­mique ‘yes you can’ en cours aux US… 

    Je regarde John Sheridan :-) Thanks

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