Comment internet s’apprête a redéfinir le monde de demain

Alexis de Framasoft nous propose un vidéo d’une intervention de Serge Soudoplatoff (au CNAM, je crois bien) qui, après avoir constaté – peu de gens le nient aujourd’hui – que l’innovation sur internet déborde aujourd’hui sur la société toute entière, constate une série de ce qu’il appelle des ‘mauvaises nouvelles’. Pour qui ? Pour les organisations actuelles, plus que pour Soudoplatoff, de toute évidence, vu sa mine réjouie. La plupart de ses constats sont en forte résonance avec de nombreux billets publiés ici, et je vous en propose un court résumé et une petite analyse destinés à ceux qui n’auraient pas le temps de parcourir les trois quart d’heure de son exposé.

Il n’y a pas de chef

La gouvernance de l’internet est gérée par une quinzaine d’organismes dont certains n’ont même pas d’existence légale. Plusieurs de ces organismes, comme l’IETF, se définissent comme des groupements de gens intéressés par le sujet. On est très loin de ce qui a structuré et organisé la société jusqu’à aujourd’hui.

La construction se fait de façon désorganisée et bénévole

Là encore, il n’y a pas d’exemple de construction d’un projet d’une telle envergure dans l’histoire de l’humanité qui ai été réalisé avec une telle organisation. Bon nombre de ceux qui ont contribué à la construction d’internet n’étaient pas payés pour cela et l’on fait sur leur temps libre et de façon bénévole.

Les décisions sont prises sur des bases pragmatiques

Pas de grandes théories ou de plans stratégiques, toute proposition d’évolution technique (Request for Proposal) se doit, pour être prise en considération, d’être accompagnée d’une application concrète – du code – démontrant son utilité et sa faisabilité. Ces propositions d’évolution sont discutés puis votés.

Et pourtant, ça tourne

500 millions de serveurs, 100 millions de sites web, entre 20 et 30 milliards de pages web, 1,4 milliards d’individus connectés à internet, 253 langues et 253 encyclopédies locales dans Wikipedia, et cela en une trentaine d’année. La Renaissance et le siècle des lumières condensés en trois décénies ? Pas sûr, il se pourrait bien en réalité qu’il ne s’agisse que du moyen âge.

Le coût d’accès au marché se rapproche de zéro

Avec un coût d’hébergement qui commence à quelques dizaine de centimes par mois, jamais l’humanité a connu un tel potentiel de diffusion pour un coût aussi faible. Même si le téléphone portable touche plus d’individus que l’internet, les coûts pour mettre à disposition un service sur le mobile sont sans commune mesure avec internet.

Quelle philosophie ?

Soudoplatoff cite deux penseurs. André Leroi-Gourhan, paléontologue qui a montré que la relation de l’homme avec la technologie est une relation de co-construction (l’homme fabrique l’outil et l’outil change l’homme), ce qui élimine deux idées fausses pour Soudoplatoff, celle de la technologie Dieu (fréquente chez les Geeks) et celle de la technologie Diable (courante dans la presse et chez les politiques).

Marshall MacLuhan disait, en 1964 : “nous allons passer d’une civilisation de média chaud et de spectateurs froids à une civilisation de média froids et de spectateurs chauds”, ce qui devrait résonner largement chez tous les adeptes des média sociaux, et qui laisse à réfléchir sur le rapport qu’entretien le pouvoir aux média traditionnels, rapport qui ne permettra plus, sous peu, d’asseoir le moindre pouvoir. C’est là probablement une faille majeure dans le dispositif politique actuel – tout pays confondus – qui changera radicalement le monde de demain, faille qui a sans nul doute été détectée par beaucoup, d’où cette volonté un peu naïve et dangereuse de vouloir contrôler (et censurer) quelque chose qui, on le voit bien, ne peut pas l’être, du fait même de son mode de conception, de création, d’évolution et de gouvernance.

Regarder le passé pour aborder l’avenir

Dernier point, Soudoplatoff compare l’internet non pas à l’invention de l’imprimerie comme il est habituel de le faire mais avec l’invention de l’alphabet. A ceux qui lui disent que l’internet c’est compliqué, il rétorque par ce petit exercice mental consistant à s’imaginer en 1500 avant Jésus Christ lors des premières utilisations de l’alphabet.

Ce point est l’une des plus belles réponses qu’il m’ait été donné d’entendre sur la complexité inhérente d’internet, et la meilleure réponse que l’on puisse donner à ceux qui revendiquent une centralisation (minitel 2.0) de l’internet pour épargner à une masse ignorante les difficultés de son usage.

poste_conduite_ford_tL’apparition du permis de conduire s’est fait en plusieurs étapes et a commencé en 1851 avec les rudiments d’un code de la route apparu en 1899, mais c’est en 1922 qu’est apparu le permis de conduire tel qu’on le connaît aujourd’hui, c’est à dire un certificat de capacité à conduire, qui prend en compte aussi bien le respect d’un code que celui des autres conducteurs et de l’infrastructure routière. 1922, soit 14 ans après le lancement de la Ford T, la première voiture réellement populaire et démocratisée.

Si l’on date (arbitrairement) l’internet démocratique et popularisé aux premiers pas de l’accès en RTC au web, disons 1996 (l’arrivée de Wanadoo), alors nous sommes aujourd’hui à ce moment critique où la nécessité d’un permis, ou en tout cas d’un enseignement largement répandu des usages et des codes, est devenu indispensable. Combien, à l’assemblée – qui prétend réguler l’internet – décrocheraient leur permis ? Bien peu. Quand on pense qu’ils sont censés définir le monde de demain, il y a de quoi avoir peur.

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31 commentaires pour cet article

  1. Franck

    Très bonne article; une remarque cepen­dant: le pragmatisme,ce que tu com­pares au le refus de toute idéo­lo­gie est en soi une idéo­lo­gie, non sans lien d’ailleurs avec des notions liber­taires: cf: “une com­mu­nauté d’affinité”.

    Après nombre de grands projets ont déjà été por­tés par des com­mu­nauté d’affinité/de fidèle, et l’histoire nous enseigne que cette forme là ne sur­vie pas très long­temps, et tôt ou tard se rigi­di­fie pour sau­ver l’existant/assurer le main­tien de quelques uns. 

    Internet échappera-t-il à cette loi d’airain? Rien n’est moins sûr, et twit­ter repro­duit déjà à mon sens ce symp­tôme du déclin, écart entre “ceux qui savent”,ou sont de réelle acteurs de l’opinion avec des mil­liers de fol­lo­wer, et ceux qui “lisent”: Internet parviendra-t-il a les rendre eux aussi acteurs? Ou plus per­ti­nem­ment encore, ceux qui sont déjà des “acteurs” majeurs les laisseront-t-ils le devenir?

  2. Fabrice Epelboin

    C’est sur­tout le fait que tout doit être accom­pa­gné d’un ‘code’ qui valide prag­ma­tique­ment le concept qui me fas­cine… Sinon, oui, c’est vrai, c’est une idéo­lo­gie comme une autre (et j’y sous­crit très lar­ge­ment pour ma part ;-)

  3. Fabrice Epelboin

    Sinon, l’écart que tu sou­ligne a toujours été là sur inter­net, per­so­nel­le­ment, je ne prends pas part aux votes de l’IETF, seuls quelques sei­gneurs y ont droit. Jusqu’ici, on ne peut pas dire qu’ils se soient plan­tés… Ce n’est pas une démo­cra­tie, si c’est là ton point, on est d’accord, ce n’est pas une dic­ta­ture pour autant, loin de là, et encore moins l’anarchie ou l’ultra libé­ra­lisme, c’est autre chose…

  4. mry

    Ah la valeur d’usage… cela me rap­pelle une conver­sa­tion sur Pearltrees. la valeur tech­no­lo­gique n’est pas la valeur de demain, Seger l’explique très bien.

    Merci pour cette vidéo qui va faire un stage sur mon blog…

  5. GrosBijoux

    Il me semble que Free fait la même chose que l’entreprise que vous citez avec “FreeWifi” que l’on peut cap­ter à peu près par­tout, et de même pour Neuf…

  6. binah

    “quand je ne sais pas je demande et quand je sais je partage”

    Nous vivons vrai­ment une période formidable…

  7. Fabrice Epelboin

    @binah C’est exac­te­ment ça :-)

    @Grosbijoux Heu… j’ai raté quelque chose ?

  8. Nicolas Cynober

    Les 45 minutes de vidéo valent le coup. J’ai beau­coup aimé le long pas­sage sur les com­mu­nau­tés web.

  9. Hugues

    L’autre aspect, peu abordé dans cet inté­res­sant article, c’est la remise en cause de l’ordre mar­chand tra­di­tion­nel
    - pour le consom­ma­teur (j’achète une chose , j’en suis pro­prié­taire). On achète peu sur inter­net, et quand on achète, on n’est pas toujours pro­prié­taire (droits numé­riques)
    - pour l’entrepreneur (je construis puis j’exploite & je fais un busi­ness plan et je l’execute). Car de plus en plus sou­vent ce n’est pas l’entrepreneur qui construit, et il ne peut pas exploi­ter à sa guise (open source et UGC). Et pour les busi­ness plans, tout devient tel­le­ment impré­vi­sible qu’il faut savoir ne pas l’executer pour se repo­si­tion­ner dès que le vent tourne.

    J’aime bien la com­pa­rai­son avec l’invention de l’imprimerie, dont le béné­fice majeur a été la capi­ta­li­sa­tion de la connais­sance. Ce n’était tout sim­ple­ment pas pos­sible avant.
    Avec Internet, c’est pareil. Le monde entier peut s’appuyer sur le savoir d’un expert, si tant est qu’il sait démon­trer sa crédibilité.

    L’intervention de Serge insiste sur la rup­ture du mode de pro­duc­tion.
    La rup­ture dans le mode de consom­ma­tion me parait plus grande encore, car elle remet en cause le prin­cipe de la société de consom­ma­tion, qui est le seul prin­cipe moteur effi­cace que l’on connaisse vrai­ment depuis 150 ans.
    Le jour où une telle rup­ture attein­dra le monde phy­sique (ce n’est pas pour tout de suite, mais on y va), bien malin qui peut dire com­ment cela se passera

  10. chiendent

    Excellent article et vidéo. La remarque sur l’ignorance des gou­ver­ne­ments est juste mais j’ai peur car le web leur fait peur.

  11. Julien PIERRE

    @Fabrice :“C’est autre chose…”
    Le type d’organisation dont il est ques­tion ici se rapproche-t-il du concept d’adhocratie (mana­ga­ment par consti­tu­tion d’un groupe ad hoc, dédié à l’action/objectif qu’il veut mener) ?
    Doctorow y fait réfé­rence, mais c’est une notion issue du mana­ge­ment par­ti­ci­pa­tif de Mintzberg.

  12. Fabrice Epelboin

    Hum… Là, tu es obligé de nous don­ner des liens Julien :-) Je ne connais pas ce concept…

    (si ton com­men­taire n’est pas publié direc­te­ment, c’est que les liens l’ont fait pas­ser en file de modé­ra­tion, don’t worry)

  13. Michael

    J’ai beau­coup aimé la vidéo et le vision, selon moi, très réa­liste décrite ici.

    Internet est un chan­ge­ment majeur comme il n’y en a pas eu depuis long­temps. Nous n’en avons pas encore pris la mesure.

  14. Julien PIERRE

    Rien sur le wiki­pe­dia FR, par contre il y a des expli­ca­tions sur wiki­pe­dia EN : http://en.wikipedia.org/wiki/Adhocracy
    Il y a aussi un billet paru sur khol : http://knol.google.com/k/mike-carlton/is-your-agency-an-adhocracy
    Et bien sûr en télé­char­ge­ment libre chez Cory Doctorow, Down and Out in the Magical Kingdom

  15. Julien PIERRE

    Oups, voilà pour wiki­pe­dia en français : adhocratie

  16. Fabrice Epelboin

    Thanks :-)

  17. Nez Gris

    Plus nous avan­ce­rons dans le temps, plus vite nous évolue­rons. Intellectuellement et notam­ment grâce à l’extraordinaire pou­voir d’apprentissage que nous offre Internet. Au détri­ment de notre poten­tiel phy­sique depuis des mil­lé­naires, certes, mais ne sommes-nous pas cen­sés être au moins deux fois plus sages que les autres espèces ani­males sur la pla­nète (homo “sapiens sapiens”) ?

    Nous allons vers une connexion plu­ri­la­té­rale et per­ma­nente du cer­veau de cha­cun avec ceux des autres. Un échange per­pé­tuel de connais­sances voire même une cer­taine forme de télé­pa­thie pérenne. L’avenir nous pro­met beau­coup de bou­le­ver­se­ments dans notre façon de fonc­tion­ner au quo­ti­dien. Ca ne fait que commencer.

  18. deadalnix

    Je vou­drais reve­nir sur l’histoire du per­mis en conclusion.

    Un per­mis d’utiliser le net ? Cette idée est absurde pour un simple rai­son : on ne risque pas d’écraser quelqu’un avec un modem ADSL (et quand bien même ou a la fibre optique).

    Après notre gou­ver­ne­ment et ces chauf­fards du net, ainsi que ses radars auto­ma­tiques, cette idée est bien peu crédible.

  19. Julien PIERRE

    @Nezgris : tout ça me parait très idéal, sur­tout quand on consi­dère que 1, tout le monde n’a pas accès au web ; 2, l’accès au web est régenté par des inté­rêts écono­miques.
    @DeadAlnix : il faut consi­dé­rer le per­mis –liber­ti­cide en soi– comme l’occasion d’un appren­tis­sage (“ensei­gne­ment lar­ge­ment répandu des usages et des codes”), et de ce poser la ques­tion du carac­tère nor­ma­tif de cet appren­tis­sage (et donc à son tour liberticide).

  20. Olivier Zara

    Très inté­res­sant ! Je par­tage cette vision. 

    Il reste beau­coup à faire pour inté­grer Internet aux pro­ces­sus démo­cra­tiques. On a avancé sur l’e-administration, sur l’e-vote, c’est un bon début mais c’est insuf­fi­sant ! Je rêve du jour où on pourra mobi­li­ser l’intelligence col­lec­tive des citoyens sim­ple­ment, rapi­de­ment et efficacement.

    Quant au per­mis de conduire sur les auto­routes de l’information, je trouve le concept inté­res­sant. En tout cas, il fau­drait creu­ser le quoi, le pourquoi et le com­ment. Je viens d’ailleurs de publier un billet sur la délinquance numé­rique : http://www.reputation.axiopole.info/2009/07/30/delinquance-numerique/

  21. Lord BlackFox

    Comme toujours un article très inté­res­sant, la vidéo l’est encore plus ;)
    Il existe des études par rap­port à la révo­lu­tion intel­lec­tuelle et sociale (et autre) que repré­sente internet?

  22. Hubert

    La fin de la vidéo vous fait vaciller… les pers­pec­tives sont trop fas­ci­nantes… sur l’entreprise, sur le savoir…

    “je ne sais pas: je demande; je sais: je par­tage”
    Magnifique conclu­sion. Le coeur de la révo­lu­tion en cours. La lame de fond qui va tout emporter.

    Le monde de demain sera anar­chiste (au sens de liber­taire: nous sommes tous des gens “responsables”)

    J’ose y croire! Vivement demain!

    Allons z’enfants, lut­tons que ce jour de gloire arrive.
    Faudra-t-il cou­per des têtes, je le crains!

    Merci Mr Serge Soudoplatoff

  23. Fabrice Epelboin

    @deadalnix Oui, c’est vrai que l’idée d’un per­mis est un peu brute de déco­frage, en fais, je suis plu­tôt par­ti­san d’une éduca­tion à l’internet et à l’informatique plu squ’un per­mis, c’est vrai. Le par­ral­lèle avec le per­mis n’est en fait valable que pour illus­trer le déca­lage qui existe entre l’introduction d’une tech­no­lo­gie — sa démo­cra­ti­sa­tion — et le besoin qu’a la société de four­nir a ses uti­li­sa­teur un mini­mum de savoir faire pour l’utiliser, à par­tir du moment où l’on a une masse cri­tique d’utilisateur. Education plus que per­mis, c’est clair ;-)

  24. Dievochka

    j’ai 54 ans : il y a un peu plus de 4 ans, je débarque sur le web. Je ne savais pas : j’ai demandé, on m’a répondu.. j’ai réussi à peu près à com­prendre.
    Maintenant ce que je sais, je le par­tage avec joie et sans contrainte, il me semble que c’est natu­rel sur le web et ça le devient en IRL :)
    Merci à tous ceux qui ont eu la patience de me répondre à l’époque et l’ont encore actuel­le­ment, pour me per­mettre d’en aider d’autres maintenant !

  25. Hugues

    L’idée de for­ma­li­ser le savoir autour de l’Internet est inter­es­sante, à la fois pour nor­ma­li­ser un ensemble de connais­sances de base, et pour com­mu­niquer sur l’idée qu’il s’agit d’un vrai uni­vers cultu­rel, où une base mini­male est néces­saire. Mais plu­tôt un Brevet qu’un per­mis, il n’y a pas de vie en jeu. Qui dit per­mis dit sanc­tion en son absence, on voit bien que ce n’est pas le sujet

  26. chiendent

    Un vrai uni­vers cultu­rel: le rêve qui j’espère n’est pas une uto­pie mais cela n’arrivera que si ceux qui font l’internet et ceux qui y par­ti­cipent (nous tous?) ont acquis le sens du Beau, du Savoir et du Vrai, en bref ont une éthique. Un per­mis pour ça ?

  27. Olivier Zara

    Les notions de per­mis et d’éducation sont liées puisqu’un per­mis valide un niveau d’éducation. Mais, il est vrai que le terme de “per­mis” induit l’idée qu’on pour­rait inter­dire l’accès à Internet. Finalement, est-ce que cette éduca­tion ne devrait pas se faire à l’école sans per­mis, sans bre­vet, sans diplôme ? On pour­rait y apprendre le “bon sens numérique” ;-)

  28. Dominique Rabeuf

    Comment inter­net s’apprête a redé­fi­nir le monde de demain

    J’apprécie cet article. L’évocation d’André Leroi-Gouran est très per­ti­nente. En sui­vant le lien Serge Soudoplatoff on peut lire cette cita­tion « Le com­merce unit les hommes; tout ce qui les unit les coa­lise; le com­merce est donc nui­sible à l’autorité » (Napoléon dixit).

    On peut en rajou­ter une couche en citant Louis-Antoine de Saint-Just (Ses écrits ont été déna­tu­rés par les codes dit de Napoléon)
    Le com­merce
    Le meilleur sys­tème de com­merce d’un peuple est celui qui rend la for­tune d’un peuple indé­pen­dante des autres peuples, et au-dedans la for­tune des par­ti­cu­liers indé­pen­dante de l’état ou du magis­trat. L’état est dans la cité ce qu’est le gou­ver­nail dans un navire, il la dirige et ne la com­mande pas. Peu m’importe qu’il existe sur la terre un homme qui m’insulte et qui m’outrage, je défie qu’on m’opprime. Si la société peut s’obliger.
    De la Nature, de l’état civil de la cité ou les règles de l’indépendance du gou­ver­ne­ment (1791−1792).
    Louis Antoine de Saint-Just
    ISBN 2−83184−152−1
    Outre l’histoire du châ­teau de Coucy, ce recueil contient: un vaste poème déca­syl­la­bique Organt, les brouillons du code civil qui a été contre­fait par un petite corse mal­fai­sant ainsi que de nom­breux récits de cam­pagnes et de chro­niques ordi­naires
    Ce livre, non sou­mis aux droits d’auteur depuis belle lurette, était com­mer­cia­lisé en 1984 au prix de 300 Francs.
    Le coût de numé­ri­sa­tion de ce recueil ne devrait pas atteindre les 5000 €. Que Google Le Satanique me rase les mous­taches si jument ver­doie.
    A dix cen­times d’euros l’accès illi­mité à ce recueil sous forme acces­sible depuis la toile, rien que allez lire les par­ties les plus crous­tillantes du poème, on peut esti­mer à un mil­lion de sous­crip­tions dès la pre­mière année. Les par­ties plus sérieuses concer­nant le code civil inté­res­se­ront tous les français dési­reux de se rendre compte par eux-mêmes com­ment se dégrade l’idée de la répu­blique française dès ses débuts.
    Les dix cen­times c’est la pre­mière année, pour cou­vrir les frais de mise sur le mar­ché, une sous­crip­tion quoi. Après ce sera un cen­time, pas moins, car la gra­tuité de la culture fon­da­men­tale est une grave erreur. Tout le monde dis­pose d’un cen­time pour lire la blague his­to­rique concer­nant le prêt des femmes. Les his­toires de drôles de guillo­tines sont savou­reuses itou
    Pour plus de pré­ci­sions http://etherpad.com/buk6Xr5deq

    Et ainsi de suite
    Le poids de la conscience col­lec­tive
    Le des­tin de Max Planck est une tra­gé­die gracque, en 1945 sa mai­son est détruite, sa petite fille tente de se sui­ci­der, sa santé décline et son fils est exé­cuté pour avoir com­ploté contre Hitler. Quel est le bilan de son action poli­tique
    Hors série de Pour La Science N°27
    Planck. La révo­lu­tion quan­tique
    Le grave défaut de cet illustre phy­si­cien est de ne pas avoir saisi l’étendue des ensei­gne­ments de son men­tor: Ludwig Boltzmann.
    Croire ou conduire il faut choi­sir.
    On ne peut pas conduire des recherches de la réa­lité avec le poids des croyances, le far­deau de la conscience, la bêtise huma­niste, les han­di­caps sociaux.

    Sur un blog (très tech­nique et vrai­ment pas connu) Anglo-Saxon une petite brève que j’ai rédi­gée n’a pas été accep­tée par le modé­ra­teur.
    Je ter­mi­nais un exposé par la phrase sui­vante:
    « I the­re­fore begin to unders­tand why Ludwig Boltzmann and Alan Turing com­mit­ted sui­cide and why Kurt Godel became para­noid: pro­ba­bly the shame of belon­ging to the genus Homo sapiens »

    Ce qui était gênant pour le modé­ra­teur anglo-saxon c’était le terme « sui­cide » de la der­nière phrase, pas du tout ce qui était écrit avant. 

    Toutes les têtes de cha­pitre de l’article de départ sont per­ti­nentes.
    L’exposé de Serge Soudoplatoff est très démons­tra­tif.
    C’est un bon début, j’ai l’impression qu’en conti­nuant à creu­ser, à foui­ner l’on va décou­vrir des choses à la fois plus savou­reuses pour le connecté hon­nête et de moins en moins accep­tables pour les cen­seurs ten­tés par la décon­nexion admi­nis­tra­tive.
    Chut, on nous regarde.
    Je vais me res­ser­vir un café.

  29. Ronan

    A pro­pos de la réfé­rence à Leroi-Gourhan et de la notion d’outil : 

    Quel dom­mage de conti­nuer à pen­ser l’informatique en réseau comme un outil ! On se croi­rait revenu dans les années 80. Ni Internet ni l’alphabet ne sont des outils, ce sont des sys­tèmes dans lesquels on se créé et on s’échange des outils et des tech­no­lo­gies. La tech­no­lo­gie, l’outil, c’est ce que l’on trans­porte. Internet ou l’alphabet, c’est un sys­tème dans lequel on entre, auquel on adhère. Le choix d’un outil est dicté par des consi­dé­ra­tions pra­tiques ou écono­miques, le choix d’un sys­tème (l’alphabet, Internet) est un choix beau­coup plus poli­tique. Et le Dieu des Geeks n’a rien à voir là-dedans (la Matrice non plus d’ailleurs).

  30. Dominique Rabeuf

    http://metaphoricalweb.ning.com/profiles/blogs/en-francais-dans-le-texte

  31. Dominique Rabeuf

    L’histoire de Libération en 1984 et son cour­rier des lec­teurs.
    En 1972 j’étais étudiant à Lyon et je pas­sais pas mal de temps à jouer aux échecs et bien d’autres choses, comme on fait quand on a tout juste dix-huit ans.
    Un de mes cama­rades de jeu, très bon joueur tenait une rubrique de pro­blèmes d’échecs dans un canard local. On m’a gen­ti­ment invité a four­nir des jeux d’énigmes. J’aimais bien les jeux d’énigmes et sur­tout en fabriquer et puis cela fai­sait un peu de sous. Un jour celui qui répon­dait au cour­rier des lec­teurs, un pigiste pro­fes­sion­nel est devenu indis­po­nible. J’avais la répu­ta­tion d’avoir une bonne plume. J’ai donc répondu au cour­rier des lec­teurs y com­pris au cour­rier du coeur. Ils n’auraient pas du me deman­der cela, tout le monde n’a pas ri, moi j’en ris encore.
    Ce qui était très con de la part du jour­nal: le rédac­teur des réponses avait en main le cour­rier d’origine, le rédac­teur s’est contenté de faire des blagues, il aurait pu se ser­vir des infor­ma­tions pour autre choses.
    Il n’y a aucun rap­port avec les forums Internet et les sites de ren­contre, je le jure sur tous les RFC des bonnes moeurs.
    Amen

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  1. chris dabin (chrisdabin) 's status on Sunday, 02-Aug-09 18:22:50 UTC - Identi.ca :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/08/02/prospective/comment-internet-redefini-monde-demain/ […]

  2. Comment internet s’apprête a redéfinir le monde de demain | ReadWriteWeb France — artxtra.info :

    […] twit­ter rss Comment inter­net s’apprête a redé­fi­nir le monde de demain | ReadWriteWeb France […]

  3. Le dernier blog » Blog Archive » Puisque c’est comme ça je m’en vais, n’essayez pas de me retenir :

    […] j’emporte un petit sou­ve­nir, cette com­mu­ni­ca­tion de Serge Soudplatoff, signa­lée par Read Write Web. Sur les trois quarts d’heure que dure l’intervention, je n’ai stric­te­ment rien […]

  4. links for 2009-08-02 « Blog :

    […] Comment inter­net s’apprête a redé­fi­nir le monde de demain | ReadWriteWeb France Passionnante vidéo de Serge Soudoplatoff sur les chan­ge­ments pro­fonds qu’amène Internet dans la société, dans l’entreprise, dans la connais­sance. Un must-see. (tags: inter­net société gee­ke­ries Videos) […]

  5. links for 2009-08-03 « Blog :

    […] Comment inter­net s’apprête a redé­fi­nir le monde de demain | ReadWriteWeb France Passionnante vidéo de Serge Soudoplatoff sur les chan­ge­ments pro­fonds qu’amène Internet dans la société, dans l’entreprise, dans la connais­sance. Un must-see. (tags: inter­net société gee­ke­ries Videos) […]

  6. Comment internet fait vaciller les modèles établis | blogdefred.com :

    […] lien avec cette vidéo, je vous invite égale­ment à consul­ter l’article en rela­tion sur Readwriteweb, et pour ceux qui ne connaissent pas ce site à s’inscrire à son flux RSS (ou à défaut à […]

  7. Le Blog d'Olivier Zara » Blog Archive » Internet et le monde de demain :

    […] Comment inter­net s’apprête a redé­fi­nir le monde de demain […]

  8. Comment Internet redéfinit le monde | taggle.org :

    […] Comment Internet s’apprête à redé­fi­nir le monde de demain ? (par Rww) […]

  9. A lire sur le web du 1er au 4 aout | Tête de Quenelle ! :

    […] Comment inter­net s’apprête a redé­fi­nir le monde de demain | ReadWriteWeb France] – Serge Soudoplatoff explique en quoi inter­net va chan­ger nos orga­ni­sa­tions. A voir absolument. […]

  10. Comment internet va redéfinir le monde « La Roche aux Loups :

    […] : ReadWriteWeb par Fabrice Epelboin […]

  11. De l’infulence de la technologie sur la société « Reflexio :

    […] je viens de voir resur­gir une video sur RWW que le fra­ma­blog m’avait fait décou­vrir il y a quelques mois. Comme par hasard, ça […]

  12. Internet : 1,4 milliards de gus dans un garage… :

    […] l’intermédiaire de (encore une fois) Read-Write Web, voici un grand Monsieur Serge Soudoplatoff, qui nous explique, avec une aisance déconcertante, […]

  13. Comment internet s’apprête a redéfinir le monde de demain « jAlias :

    […] Voici le lien sur ReadWriteWeb […]

  14. Cactus Acide » » L’observatoire du neuromancien 08/09/2009 :

    […] Comment inter­net s’apprête a redé­fi­nir le monde de demain | ReadWriteWeb France […]

  15. Comment internet s’apprête a redéfinir le monde de demain « Idées perçues :

    […] suite… […]

  16. Web Zapping # 27 | webjet :

    […] Comment inter­net s’apprête a redé­fi­nir le monde de demain RWW Conférence sur l’Internet Libre à Nantes (07−2009) The Big Bang Internet en 1969 – […]

  17. Récit d’un projet de recherche… l’organisation hypertexte. « Idées perçues :

    […] imma­té­rielle, écono­mie de la connais­sance. Il se plaît à nous faire part lors de sa confé­rence (à voir!) de l’une de ses maximes favo­rites : « lorsque l’on par­tage un bien maté­riel, il se […]

  18. La Seconde Vie du Crédit Agricole » Blog Archive » Internet et Nouveaux usages :

    […] Conférence “Comment inter­net change nos orga­ni­sa­tions” (2008) : Serge Soudoplatof, invité par le CEDAP, pré­sente ce que change inter­net dans nos façons de tra­vailler et de par­ta­ger et notam­ment com­ment les orga­ni­sa­tions sont modi­fiées par le fonc­tion­ne­ment en réseau au tra­vers du web (la vidéo étant une peu longue — 50mn — vous trou­ve­rez un résumé sur le site ReadWriteWeb). […]

  19. Darklg Web (darklgweb) 's status on Thursday, 27-Aug-09 14:30:48 UTC - Identi.ca :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/08/02/prospective/comment-internet-redefini-monde-demain/ […]

  20. Comment internet s’apprête à redéfinir le monde de demain - Les Humains Associés :

    […] Comment inter­net s’apprête à redé­fi­nir le monde de demain Actualité / Vidéos Tags: Internet 30 août, 2009 0 Article de Fabrice Epelboin — fr.readwriteweb.com […]

  21. Le monde de demain à la lumière du web 2.0 :

    […] Vous pou­vez voir la vidéo ici et lire l’article « Comment l’internet s’apprête à redé­fi­nir le monde de demain » […]

  22. Internet et Nouveaux usages :

    […] Conférence « Comment inter­net change nos orga­ni­sa­tions » (2008) : Serge Soudoplatof, invité par le CEDAP, pré­sente ce que change inter­net dans nos façons de tra­vailler et de par­ta­ger et notam­ment com­ment les orga­ni­sa­tions sont modi­fiées par le fonc­tion­ne­ment en réseau au tra­vers du web (la vidéo étant une peu longue – 50mn – vous trou­ve­rez un résumé sur le site ReadWriteWeb). […]

  23. Eloge du silence | Blog de David Marbac :: Consultant référencement & Webdesigner :

    […] Comment inter­net s’apprête a redé­fi­nir le monde de demain […]

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ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leur impact sur les média, la communication et la société.

ReadWriteWeb est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio, il est publié en anglais, en français, en coréen, en espagnol, en portugais et en chinois. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.

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