Le futur de l’édition vu par Google

La vision de Google Books pour le futur du livre va bien plus loin que l’accord passé concernant la recherche avec la Guilde des Auteurs et l’AAP. L’accord passé concernait essentiellement les livres anciens et ceux qui ne sont plus disponibles, mais durant une conférence au Musée de l’Informatique à Mountain View la semaine dernière, l’ingénieur en chef du projet Google Book, Dan Clancy, a exposé pour la première fois une vision bien plus détaillé sur les ambitions de Google Book. Parmi les annonces, la société espère créer sa propre boutique en ligne pour les livres encore disponibles ailleurs (sous leur format papier), et les plans de Google comptent sur de multiples partenariats avec les éditeurs destinés à alimenter aussi bien la boutique en ligne que les libraires.

La boutique en ligne de Google Books

Dan Clancy, durant son exposé, a tenu a affirmer qu’il n’imaginait pas un instant voir la fin des libraires avec l’arrivée du livre électronique. Il a cependant affirmé que ces derniers devront s’adapter à ce changement dans leur environnement, et commencer à offrir à leur clientèle des exemplaires numériques de livres à coté des exemplaires papiers classiques. Selon Dan Clancy, Google “offrira des programmes d’affiliation pour tous les livres vendus qui sont des nouveautés, de façon à ce que tous les libraires puissent vendre une édition Google, et afin d’offrir un moyen aux libraires de vendre des copies numériques en librairie”.

Clancy a insisté sur le fait que les livres seraient stockés ‘dans le nuage’, et il n’est dès lors pas évident de savoir si les clients achèteront un droit d’accès sans avoir la possibilité d’en stocker une copie ou un exemplaire numérique. Comme la plupart des libraires sont particulièrement nerveux quand il s’agit des conséquences éventuelles du piratage, la vente de simples droits d’accès pourrait être en mesure de les rassurer.

Les éditions Google : lisibles sur tous les terminaux

Dan Clancy a également souligné que les “éditions Google” seront lisibles sur tous les terminaux, y compris les ordinateurs, les téléphones et les ebook reader dédiés. Qui plus est, Google souhaite travailler avec tout éditeur souhaitant collaborer avec Google pour offrir ses livres dans le ‘nuage’.

Bien sûr, les relations de Google avec les éditeurs ne sont pas faciles, et il reste à voir si beaucoup d’éditeurs se lanceront dans le programme proposé par Google. Parallèlement, la plupart d’entre eux ne sont pas réellement satisfaits du programme offert par Amazon.

La seule chose qui semble aujourd’hui évident, c’est que Google compte créer sa propre boutique et la positionner comme une alternative à celles d’Amazon et de Barnes & Noble. Du coté des éditeurs, à moins de se lancer dans une lutte contre l’édition numérique qui n’a que peu de chance d’aboutir, la mise en place d’une concurrence féroce ne peut que leur être profitable, c’est toujours mieux que d’affronter un monopole.

(billet traduit et adapté de celui de Frederic Lardinois
et écrit sur la base des transcripts réalisés par E.E. Boyd de MediaBistro)

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7 commentaires pour cet article

  1. Louis

    Ouch : les libraires & les éditeurs ont inté­rêt soit à se bou­ger les fesses, soit à les ser­rer très fort, parce que là c’est pire que ce qui est arrivé à l’univers de la musique. C’est plus seule­ment Apple qui arrive, mais Amazon & Google, qui sont donc au moins deux fois plus dan­ge­reux que la seule pomme.

    En même temps, il ne ser­rait pas dif­fi­cile que les libraires se muttent en lieux de recom­man­da­tion de livres, avec vente directe (par exemple avec des bornes numé­rique comme celles pour le déve­lop­pe­ment de la photo). Les déve­lop­peurs de pho­tos ne sont pas mort à cause du net, alors qu’ils existe des ser­vices sur le net extrê­me­ment simple d’utilisation, peu chers et effi­cace. J’imagine donc que si les libraires prennent la mesure du dan­ger et se bougent les fesses, ils peuvent très bien s’en sortir.

  2. ~bd+~

    Bonjour,

    Pour celles et ceux qui sou­haitent aller plus loin dans l’analyse et réflexion, je vous sug­gère de visi­ter le site du wor­shop de la Harvard Law School qui s’est tenu le 31/07/2009 :
    http://cyber.law.harvard.edu/googlebooks/Main_Page

    “It will exa­mine the idea of pos­sible alter­na­tive uni­verses and offer spe­ci­fic pro­po­sals for sce­na­rios that may arise whe­ther or not the set­tle­ment is appro­ved. What can libra­ries, or uni­ver­si­ties, or non-profits, or Congress, do in the cur­rent land­scape? And how might these pos­si­bi­li­ties help us to define a bet­ter world than the one that we have today and, more impor­tantly, than the one that will exist if the Google set­tle­ment is appro­ved in its cur­rent form? Regardless of what hap­pens with res­pect to the Settlement, what alter­na­tive pos­si­bi­li­ties could lead to a richer, more open and bet­ter infor­ma­tion eco­sys­tem than the one we have today or might have tomor­row with the Settlement?”

    Final ses­sion notes :
    http://cyber.law.harvard.edu/googlebooks/Final_Session_Notes

  3. ~bd+~

    @ Louis

    Bonjour,

    Le sec­teur de la photo souffre beau­coup mal­heu­reu­se­ment :
    - dif­fi­cul­tés éconmiques & finan­cières pour de grosses agences
    - labo photo qui ferment
    - dis­pa­ri­tion en cours de cer­tains métiers : icô­no­graphes, tireurs argen­tique dis­po­sant d’une vraie exper­tise et d’un réel savoir faire
    - etc…

    Mais le sec­teur de la photo est amha l’un des rares et seul sec­teur d’activité qui a su prendre le virage du numé­rique et s’adapter face aux muta­tions techniques/technologiques, au déve­lop­pe­ment d’Internet et aux nou­veaux usages des uti­li­sa­teurs. Alors qu’on ne peut pas en dire autant du sec­teur du cinéma ou de la musique par exemples.

  4. y!onel

    C’est pas très clair pour moi encore la stra­té­gie. On dirait qu’actuellement on voit le livre numé­rique comme une décli­nai­son sur un autre sup­port du livre papier. Google cherche je pense (mais ça me semble pas évident dans les décla­ra­tions ou alors j’interprète mal) à inver­ser la ten­dance : avoir la main sur bcp de livres numé­riques (pas cher à dif­fu­ser com­paré au papier), pour cela atti­rer les auteurs à publier direc­te­ment chez eux, et de là on voit ce qui marche ou pas et éven­tuel­le­ment on décline en papier. Le numé­rique comme ter­rain d’expérimentation (pour réduire les risques de dif­fu­sion papier, plus cher) du mode de dif­fu­sion papier.
    Je pense aussi que rien ne rem­pla­cera le papier, les 2 coha­bi­te­ront, mais de quelle manière ? :/

  5. Lame Spirale

    Désolé de faire mon chiant :

    “Du coté des éditeurs, à moins de se lan­cer dans une lutte contre l’édition numé­rique qui n’a que PEU de chance d’aboutir”

    Quand je vois la taille des biblio­thèques pleines de livres de mes parents, je pense que ca peut être encore un moyen d’alléger les car­tons lors des démé­na­ge­ments.
    Maintenant faut numé­ri­ser les vêtements …

  6. Fabrice Epelboin

    oups… cor­rigé ;-)

  7. gael

    On en parle depuis un cer­tain temps de Google Books, ça va venir à mon avis mais Google prend son temps pour éviter à nou­veau d’avoir dif­fé­rents procès !

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  1. Le futur des livres: la révolution est en marche | S'améliorer :

    […] Si vous vou­lez appro­fon­dir ce sujet pas­sion­nant,  je vous recom­mande la lec­ture de cet article : Le futur de l’édition vu par Google. […]

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