Israël, Palestine : “L’ordinateur virtuel” gratuit fait tomber les barrières

Nicole Hyman vit en Israël, elle est passionnée par les média mobile – entendez par cela les média qui se consomment avec des technologies mobiles – et se définit comme une geek qui cherche a rendre le monde meilleur ‘un Tweet à la fois’. Cet article a été traduit par Pauline Ratze, étudiante à l’École de traduction et d’interprétation de l’Université de Genève.

Une jeune start-up israélo-palestinienne, G.ho.st rejoint Microsoft et Google dans la course au développement d’un système d’exploitation virtuel permettant à l’utilisateur d’accéder à ses fichiers et ses logiciels via Internet.

Lancé en version beta le 13 juillet, G.ho.st , propose à ses utilisateurs 15 GB d’espace disque gratuit et diverses applications pour éditer des documents (textes, présentations, feuilles de calcul…). Le système offre la possibilité de gérer e-mails, photos, vidéos, marques-pages et options depuis n’importe quel ordinateur et appareil mobile disposant d’un accès Internet. Ce système d’exploitation est actuellement disponible dans 20 langues, y compris l’hébreu et l’arabe. G.hos.t apprécie les améliorations apportées aux traductions et les contributions dans de nouvelles langues qui rendent le système d’exploitation accessible au plus grand nombre d’utilisateurs possible.

Voici une vidéo expliquant pourquoi un tel système a été développé :

C’est le slogan associé à ce système d’exploitation, “No walls” (Pas de murs) qui a réellement provoqué l’enthousiasme. G.ho.st fait tomber les barrières non seulement dans le domaine technologique en détachant les données des appareils, mais également en politique.

Le système d’exploitation virtuel est le fruit d’une rare collaboration entre des équipes israéliennes et palestiniennes se trouvant de part et d’autre du mur de Gaza. L’entreprise G.ho.st a été fondée en 2006 par Zvi Schreiber, un homme d’affaires israélien, et par Elias Khalil, ingénieur en chef palestinien.

Aucune des équipes n’a eu l’occasion de visiter les bureaux de l’autre. En effet, les Palestiniens se voient généralement refuser les permis nécessaires pour entrer en Israël et les Israéliens ne sont pas autorisés à voyager dans certaines zones de la bande de Gaza. Les deux équipes communiquent donc essentiellement par vidéoconférence. Comme l’explique le site web de G.ho.st :

Les fantômes [ghosts en anglais] peuvent passer au travers des murs et le premier mur que G.ho.st permet de traverser est celui de plus de 600 kilomètres de long qu’Israël construit dans la bande de Gaza qui sépare le pays des Palestiniens. Ce même mur qui sépare physiquement l’équipe de G.ho.st en deux. Heureusement, grâce à Internet et à une collaboration efficace entre être humains, il est possible de passer outre les obstacles physiques.

Jusqu’ici la plupart des commentaires concernant le système d’exploitation sont positives. En voici quelques uns laissés sur Twitter :

sstrand12 :

Système virtuel de fichiers développé par une équipe israélo-palestinienne. Très utile, plus besoin de s’envoyer ses fichiers par e-mail : http://g.ho.st/

jebbrilliant :

Je pense que G.ho.st a un énorme potentiel pour ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter un ordinateur mais qui ont accès à un. Allez jeter un œil à G.ho.st

wllm :

Pourquoi est-ce qu’on pourrait pas simplement tous s’entendre comme eux ? http://bit.ly/MySDY #cloudcomputing #g.ho.st #palestine #israel #cloudheads

Certains commentaires traduisent un intérêt pour de futures utilisations et développements du système d’exploitation:

jebbrilliant :

@Ew4n La version pour mobile fait défaut, mais j’imagine que G.ho.st sera très utile pour les personnes possédant un équipement ultra basique et un accès à un ordinateur partagé.

markherring :

Quelqu’un utilise g.ho.st avec ses élèves? Ça pourrait résoudre les problèmes de protection de fichiers et de stockage dans les écoles. Plus besoin d’énormes serveurs ?

Quel que soit la manière dont ce système d’exploitation ce développe, qu’il soit un succès ou non, G.ho.st est la preuve qu’il est possible pour deux parties séparées par un conflit de collaborer si elles imaginent un monde sans barrières.

Cet article a été publié sur GlobalVoices. Il est sous licence CC-by-3.0

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2 commentaires pour cet article

  1. deadalnix

    En espé­rant que le ser­vice ne ferme jamais ou qu’il ne subisse pas de DDoS, sans quoi, on n’a plus rien.

    L’initiative est inté­res­sante, mais elle devrait se faire selon moi indé­pen­dam­ment du four­nis­seur de service.

  2. Karlos

    Testé aujourd’hui et ma foi que dire de plus que :“impressionant”.

    Effectivement, si le ser­vice ferme ce sera un pro­blème, mais il n’existe pas de solu­tion 0 risque.

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