Harvard publie un rapport sur la protection des mineurs sur internet

harvardUn rapport sur l’amélioration de la sécurité des enfants en ligne vient d’être publié par le Berkman Center for Internet et la Society at Harvard University.

Parmi les sociétés associées à la réalisation de ce rapport très complet, on trouve AOL, Bebo, AT&T, Comcast, Facebook, Google, LindenLab, Microsoft, MTV, MySpace, Symantec, Verizon, Yahoo! et de nombreuses associations de protection de l’enfance comme Wiredsafety.org, ikeepsafe, ConnectSafely ou Enough.org.

Beaucoup de jeunes ont pleinement intégré l’internet dans leur vie quotidienne. Pour eux, l’internet est quelque chose de positif et un espace de socialisation, d’apprentissage, et d’intégration dans la vie publique. A coté de ces aspects positifs, l’utilisation d’internet n’est pas sans riques : solicitations à caractère sexuel, harcèlement, dénigrement, et interaction avec des contenus problématiques voir illégaux.

Pour répondre à ces questions, l’équipe qui a compilé cette étude a réuni des leaders de services internet, de sites de networking sociaux, de professeurs et de chercheurs, de défenseur des droits de l’enfant, ainsi que des représentants du secteur des nouvelles technologies.

L’équipe a également consulté des chercheurs à la pointe dans le secteur de la protection de l’enfance sur internet, des experts en technologie, ainsi que le public.

Les recherches menées montrent que :

  • La prédation sexuelle faite par des adultes sur des mineurs en ligne reste une préoccupation (…). L’étude montre que ces cas portent typiquement sur des adolescents qui étaient conscient de rencontrer un adulte dans le but d’avoir une relation sexuelle. L’équipe a noté que plus de recherches étaient nécessaires concernant les activités des prédateurs sexuels dans les sites de networking social ainsi que dans d’autres environnements en ligne, et encourage les forces de police à travailler en collaboration avec les chercheurs spécialisés dans le domaine afin de rendre plus de données accessible afin de les étudier.
  • Le harcèlement et le dénigrement, le plus souvent commis par des pairs, sont les cas les plus fréquemment rencontrés par les mineurs, en ligne ou hors ligne.
  • L’internet augmente la disponibilité de contenus potentiellement dangereux ou illégaux, mais n’augmente pas toujours le risque d’exposition des mineurs. Des expositions involontaires à des contenus pornographiques peuvent arriver en ligne, mais ceux qui s’y trouve le plus souvent exposés sont ceux qui en cherchent, le plus souvent des adolescents mâles. La plupart des études portent sur la pornographie adulte et les contenus violents, mais il existe également un problème au sujet d’autre type de contenus, (…) en particulier de la pornographie où figure des mineurs produite par les mineurs eux même.
  • Le risque lié à l’utilisation de différents types de média sociaux dépend du profil psychologique du mineur qui l’utilise. Les sites sociaux ne sont pas l’endroit typique où l’on rencontre des contenus problématiques, et où l’on est sollicité sexuellement, mais ils sont fréquemment utilisé comme support à des harcèlement ou des dénigrement entre mineurs.
  • Tous les mineurs ne courent pas les même risques en ligne. Ceux qui ont au préalable des conduites à risque ont en ligne des comportement à risque et ont généralement des difficultés dans la vie. Le profil psychologique et l’environnement familial du mineur sont les meilleurs indicateurs des risques pris dans l’utilisation d’un média ou d’une technologie.

Le rapport fait des recommandations précises aux professionnels de l’internet et aux parents, et fait également des recommandation sur les allocation budgétaires à réaliser en vue de s’attaquer au problème.

  • Les professionnels de l’internet devraient continuer à travailler avec les experts de la protection de l’enfance, les experts des technologies, les services sociaux, et les forces de l’ordre, afin d’inclure les nouvelles technologies dans leur stratégie destinée à protéger les mineurs (…) Une attention particulière doit être portée à l’interprétation des données et ce qu’elle montrent sur les risques encourus par les mineurs et la façon de les réduire, ainsi qu’aux droits constitutionnels, au droit à la vie privé et aux problèmes de sécurité.
  • Pour compléter l’usage des technologies, de plus grandes ressources devraient être accordées aux écoles, aux bibliothèques et aux institutions publiques afin de leur permettre d’adopter des politiques de gestion du risque et d’enseigner les principes de la sécurité dans les usages sur internet.
  • Les parents et le personnel enseignant devrait se former sur les usages d’internet et sur la façon dont les enfants utilise internet, ainsi que sur la technologie en général.

Le rapport complet est disponible en anglais sur le site de Harvard.

A lire également :

  1. Un rapport souligne l’inefficacité des mesures de filtrages à venir sur internet ...
  2. Rapport : 70% des entreprises permettent l’utilisation des médias sociaux ...
  3. L’Europe et la lutte contre la pédocriminalité sur internet ...
  4. Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ? ...
  5. Pourquoi ReadWriteWeb France publie moins actuellement ? ...
  6. Le Social Media Club publie un livre blanc ...
  7. Un rapport commandé par le gouvernement Hollandais conclu à un impact « très positif » du peer to peer sur l’économie ...

8 commentaires pour cet article

  1. JaunMakenro

    “Ceux qui ont au préa­lable des conduites à risque ont en ligne des com­por­te­ment à risque et ont géné­ra­le­ment des dif­fi­cul­tés dans la vie. Le pro­fil psy­cho­lo­gique et l’environnement fami­lial du mineur sont les meilleurs indi­ca­teurs des risques pris dans l’utilisation d’un média ou d’une technologie.”

    Ha ba ça fait plai­sir de lire ça! C’est juste du bon sens et c’est un peu triste qu’ils faille un tel groupe d’experts pour en arri­ver a une conclu­sion pareil…

  2. Fabrice Epelboin

    C’est vrai que cela sonne comme une évidence, mais assé­née par Harvard, c’est plus dif­fi­cile à contrer pour des gens comme Morano, non ? ;-)

  3. ROUAMBA Mahamadi

    Je pense que la preuve est faite que le monde des 3w (www.) n’est pas si neutre que ça! Les concep­teurs et les Utilisateurs (nous tous) en avons fait une réplique exacte de notre monde réel. 

    Chers parents, les maux sociaux pré­sents dans votre conti­nent, votre pays, votre ville, votre quar­tier et dans votre voi­si­nage se retrouve au bout de votre câble ou borne de concep­tion inter­net. Ces maux sont plus proche de vous et de vos enfants qu’ils ne l’ont été au auparavant.

    Je pense que toutes les per­sonnes (vous et moi), les orga­ni­sa­tions, ins­ti­tu­tions qui œuvrent pour la pro­tec­tion des enfants dans le monde réel, doivent avec l’évolution d’internet se réar­mer et débu­ter l’assainissement de se monde vir­tuel que nous aimons tant.

    Tous pour un “monde vir­tuel light”, sans dans danger! 

    Je n’arrive pas à com­prendre nous les humains; on sou­tient à tout bout de champ que ce monde n’est pas juste,qu’il est dan­ge­reux, qu’il est malsain…Et quand on a l’occasion de conce­voir un monde bien a nous, on fait un mode qui res­semble point pour point à celui qu’on critique.

    c’est à ne rien com­prendre! bref bonne chance a tous!

  4. Fabrice Epelboin

    Rouamba, jetez un oeil à cete étude, elle devrait appai­ser vos craintes, elle démontre que celles-ci sont en très large par­tie infon­dées. Le net pré­sente bien moins de risques que l’on cherche à vous faire croire, et par ailleurs, il est tout à fait illu­soire de vou­loir un “assai­nis­se­ment”, à moins d’y perdre toute forme de liberté et de démo­cra­tie. Au final, c’est la même chose que dans le monde réel.

    Les dic­ta­tures ont toujours donné des uni­vers plus sécu­ri­sés, mais les hommes ont inventé la démo­cra­tie et donné plus de place à l’homme, que ce soit dans ses bons ou ses mau­vais aspects.

    Pour finir, je vous laisse médi­ter cette cita­tion de Benjamin Franklin : “Quiconque sacri­fie sa liberté pour plus de sécu­rité ne mérite ni l’un ni l’autre, et n’aura aucun des deux.”

  5. marlened

    “Pour com­plé­ter l’usage des tech­no­lo­gies, de plus grandes res­sources devraient être accor­dées aux écoles, aux librai­ries et aux ins­ti­tu­tions publiques” : la tra­duc­tion est erro­née, il ne s’agit pas de don­ner + de res­sources aux librai­ries, mais aux biblio­thèques (‘libra­ries’ en anglais)

  6. Fabrice Epelboin

    oups… C’est cor­rigé. Je suis allé trop vite, sorry.

  7. clarinette02

    Je me per­mets tout d’abord de signa­ler une faute de frappe dans le titre de l’article. Il s’agit d’un rap­port de HARVARD uni­ver­sity et non pas HAVARD comme indique.
    Merci,

  8. Fabrice Epelboin

    oups again ;-) corrigé ;-)

Réagissez !

Ils nous soutiennent

feedback2.0

hébergement infogérance BearstechLa Cantine

 

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leur impact sur les média, la société et la communication.

ReadWriteWeb est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio.

ReadWriteWeb est publié en anglais, en français, en coréen, en portugais et en chinois. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


eBooks

Lawrence Lessig
Culture Libre



Pierre Bellanger
La Radio IP



Nous y serons