Pour la commission Européenne, le P2P n’a rien à voir avec les difficultés de l’industrie des contenus

Une nouvelle étude commandée par la Commission Européenne confirme ce que beaucoup concéderaient comme une évidence : les utilisateurs d’internet ne veulent pas payer pour les contenus. Point. Rien ne leur fera changer d’avis.
Le rapport trouve, en contradiction totale avec ce que l’industrie des contenus tente de faire croire depuis des années, que ce nouveau comportement de la part des consommateurs n’a aucun rapport avec le peer to peer et l’arrivée de systèmes permettant de télécharger toutes sortes de contenus copyrightés. En pratique, beaucoup de participants à l’étude affirment qu’ils ne paieraient pas pour du contenu en ligne, même s’il n’y avait plus aucun moyen de se procurer ce contenu gratuitement.

Cela a des implications radicales pour le futur de l’industrie des contenus, et pas seulement pour le secteur du divertissement. Si les consommateurs ne paient pas pour du contenus, comment cette industrie va-t-elle survivre ?

La réponse est simple, mais les solutions sont difficiles. Il est évident que de nouveaux modèles économiques sont indispensables pour l’industrie des contenus, mais à quoi ceux-ci devraient-ils ressembler ? Comment pourraient-ils fonctionner ? Personne ne le sait encore.

Qui paie, qui ne paie pas ?

Le rapport de la commission Européenne sur la compétitivité digitale (PDF) est publié annuellement. C’est une mine d’information qui parcours une multitude de sujet, du taux de pénétration du haut débit dans les foyers à l’usage des réseaux sociaux. L’un des chapitres du rapport, publié au début de ce mois, est consacré au secteur du divertissement en ligne.

Dans ce chapitre, le rapport révèle des chiffres intéressants, comme le fait que “moins de 5% des Européens ont payé pour des contenus en ligne ces trois derniers mois”, et que si l’on regarde du coté des plus jeunes, ce chiffre est trois fois plus faible. En d’autres termes, le fait de payer pour des contenus en ligne est d’autant plus rare que l’on est jeune. Il faut donc changer quelque chose, et vite (sachant qu’il est difficile de changer les jeunes, c’est plutôt du coté de l’industrie qu’il faut changer).

Le résultat le plus intéressant de l’étude n’est cependant pas de savoir qui paie, mais plutôt qui ne paie pas. Parmi ces derniers, les facteurs de décision comme les bas prix ne convaincraient que 30% d’entre eux de payer, alors que des éléments comme une meilleure qualité, un choix plus vaste, ou une disponibilité plus grande, n’en convaincrait que 15 à 20%. Un chiffre sort particulièrement du lot : seul 20% des internautes paieraient pour du contenu en ligne si toutes les options offrant la gratuité disparaissaient.

Le P2P n’est pas en cause selon la commission Européenne

L’impact de ces résultats n’a pas échappé aux chercheurs qui sont derrière cette étude, qui pointent du doigt le fait que de toutes évidences, le téléchargement illégal n’est pas en cause dans la déconvenue économique à laquelle fait face l’industrie des contenus.

“…le faible pourcentage des individus qui considèrent que l’absence possible d’alternative gratuite est une raison pour payer amène à se demander si l’argument mis en avant par l’industrie des contenus, qui consiste à dire que les consommateurs Européens, à long terme, souffriront d’un manque de contenus de bonne qualité disponible commercialement si la distribution de contenus illégalement téléchargé n’est pas stoppé, est biaisé”.

Ce qu’il semble se produire, au contraire, ce sont des consommateurs qui paient pour leur connexion internet et qui se gavent de contenus gratuits. Ceux-ci sont disponibles en abondance : information, vidéo en stream, logiciels, du coup, les internautes rechignent à l’idée de sortir leur portefeuille pour du contenu. C’est l’internet lui même qui est responsable de cet état de fait et qui à mené à ce mode de consommation où les modèles de monétisation d’antan ne fonctionnent plus du tout.

Quelle réponse ?

Le rapport de la commission Européenne passe également en revue les modèles économiques d’une multitude de sites de contenus, du site d’information aux sites proposant des vidéos, de la musique ou des jeux. Alors que la façon d’accéder au contenus sur ces sites varie (RSS, streaming, téléchargement…), les résultats de l’étude montrent qu’à quelques exceptions près (iTunes Store, Guitar Heroes, etc), la plupart des modèles économiques en place actuellement ne sont pas viables à long terme.

Quelles solutions pour l’avenir ? Pour l’instant, il n’y a pas de réponse. Beaucoup se penchent vers le modèle freemium, et tentent de convertir les utilisateurs les plus frénétiques en acheteurs, d’autres vers la publicité en ligne, mais les meilleures idées pour de nouveaux modèles économiques sont probablement à venir. La seule véritable question, en réalité, est de savoir si ces idées arriveront avant la disparition de l’industrie des contenus.

Dans l’année à venir, nous allons longuement explorer l’avenir de l’industrie des contenus, et du business des contenus en général, car il ne fait aucun doute que des solutions se feront jour. Encore convient-il de les mettre en valeur, de les financer, de les expérimenter, et d’éviter que les plus conservateurs parmi l’industrie des contenus ne les tuent dans l’œuf, à la manière dont Ford et Général Motors avaient tué, il y a bien longtemps, la voiture électrique.

Rendez-vous donc d’ici peu pour une série de rencontre, de barcamps et de conférences autour de la problématique des contenus en ligne.

(photo CC de Stuart Chalmers, adaptation d’un article de Sarah Perez)

A lire également :

  1. La commission Européenne appelle à une gouvernance ouverte, indépendante et responsable de l’internet ...
  2. Selon un rapport de la Commission, l’économie numérique peut sortir l’Europe de la crise ...
  3. 93% des américain aimeraient voir les entreprises présentes sur les sites sociaux ...
  4. Apture, ajouter une nouvelle dimension aux contenus web ...
  5. Contenus effacés sur YouTube, l’EFF prépare une riposte juridique ...
  6. Comment (et pourquoi) j’ai transformé mon blog en agrégateur de contenus ...
  7. Selon Berkeley, jouer avec Internet, c’est bon pour les jeunes ...

23 commentaires pour cet article

  1. Graeme

    Cela fait long­temps et plu­sieurs études sérieuses que l’on sait que les inter­nautes ne veulent pas payer pour du contenu, sur­tout s’il est dis­po­nible gra­tui­te­ment par ailleurs.
    On sait aussi que le P2P n’est res­pon­sable que de très loin de la chute des ventes des disquaires.
    Ils n’ont pas su, ou pas voulu, évoluer avec inter­net et aujourd’hui courent après un modèle écono­mique ancien qui dis­pa­rai­tra pour­tant à long terme. Un peu comme le pétrole, qui finira, un jour même loin­tain, par dis­pa­raître.
    Les conte­nus, eux, ne dis­pa­rai­tront pas. Ils seront faits autre­ment, par d’autres. Il y en a même de plus en plus de conte­nus. Les tra­di­tion­nels indus­triels des conte­nus sont dépas­sés, ils se ruent dans les cou­loirs des assem­blées natio­nales, font du lob­bying en men­tant comme à leur habi­tude, pour sau­ver leurs der­nières caca­houètes.
    Mais plus on tape fort, plus le mur devient dur. Et ceux qui tapent se retrouvent toujours per­dants au bout du compte.
    L’histoire évoluera sans eux, tant pis ou tant mieux pour le monde.

  2. Nicolas Cynober

    Cool. Un vrai sujet à explo­rer et des articles très inté­res­sants en perspective.

    On va dire que c’est un article d’introduction, qui ouvre aux dis­cus­sions et aux débats. Pour la suite je pense qu’il ne faut pas tom­ber dans les géné­ra­li­tés de “l’industrie des conte­nus” mais plu­tôt de regar­der com­ment chaque seg­ment évolue et se moné­tise. Là on trou­vera des choses inté­res­santes et des inno­va­tions sur la moné­ti­sa­tions des don­nées (que je pré­fère à contenu).

    Je crois per­son­nel­le­ment beau­coup dans le free­mium (BtoC et BtoB).

  3. Fabrice Epelboin

    J’ai eu une très inter­es­sante dis­cus­sion il n’y a pas long­temps sur la pos­si­bi­lité de modèles hybrique URL/IRL pour le cinéma… Le fre­mium est une voie a explo­rer, mais il faut en trou­ver d’autres, le fait que l’internet soit chez quasi tout le monde (dans pas mal de pays déve­lop­pés, dans le nord de l’Europe ar exemple), ouvre de nou­velles perspectives…

  4. kmut

    Et pour­tant il s’agit bien de “l’industrie de contenu” presse, cinéma, musique…
    Même en vou­lant ouvrir un débat ou une dis­cus­sion sans géné­ra­li­ser on en revien­dra toujours au contenu. Et le fait est que les “inter­nautes” ne veulent plus payer. Surtout comme on les a obligé à faire pen­dant long­temps, c’est à dire comme ache­ter un album de 13 titres alors qu’une seule est valable. Ces com­por­te­ments, on le retrouve par­tout.
    Après on peut bla­bla­ter à lon­gueur de temps sur ce contenu, mais la ques­tion est quelle est valeur de l’information “contenu” aujourd’hui.

  5. Fabrice Epelboin

    On peut élar­gir la ques­tion, comme par exemple de voir quels mix mar­ke­ting pour­raient être ima­gi­nés dans lesquels le contenu serait une part du mix (ce que Orange tente de faire depuis quelques temps), il reste plein de chose à explo­rer. C’est clair qu’en pas­sant d’une écono­mie de la rareté à une écono­mie de l’abondance, le temps d’un album avec deux bon tracks à 15€ est révolu. Qui s’en plain­dra (en dehors des mai­sons de disque) ?

  6. Nicolas Cynober

    Du coup je me suis relu l’article de Kevin Kelly: “bet­ter than free” et ce que j’en avais pensé à l’époque. Rien à rajou­ter pour le moment.

  7. Fabrice Epelboin

    un petit billet ? ;-)

  8. Nicolas Cynober

    En fait j’ai un truc sur le feu avec de la visua­li­sa­tion de don­nées dedans. Je parts dans un délire pros­pec­tive en plu­sieurs par­ties :) La pre­mière par­tie donne ça. Commentaires welcome!

  9. Khalid

    “Le temps d’un album avec deux bon tracks à 15€ est révolu”

    C’est dom­mage ce sté­réo­type, c’est dom­mage aussi que tu l’insère dans ton texte au lieu de l’ignorer mais on va dire qu’on est au café.

    Des artistes comme brit­ney spears pro­pose et pro­po­sait des discs avec bien plus que deux titre valables pour mal­heu­reu­se­ment plus de 15 euro, et elle fait par­tie avec ses pro­duc­teurs des per­son­nages qui ont révo­lu­tionné la musique.

    De la musique moderne de la vraie musique pop.
    De la musique enre­gis­tré qui existe grâce au mas­te­ring né de la contrainte tech­nique du disque et du com­pact disque.

    On pour­rait dis­ser­ter très lon­gue­ment sur le post­mo­der­nisme par exemple et s’intéresser au rap, musique post­mo­derne s’il en est.

    Pour autant je n’aurais jamais envie d’aller voir brit­ney en concert et les rap­peurs je me sens un peu vieux pour y aller sans comp­ter tout les pro­blèmes com­mu­nau­taires lié à cette musique qui peuvent sub­sis­ter ici. 

    Britney spears pour résu­mer fait de la dance music tech­no­lo­gique, elle et les rap­peurs qui n’en font pas moins n’ont stric­te­ment rien a voir avec les artistes à gui­tare de merde et leur piano mor­bides, ca na rien avoir avec ces slam­meurs sui­ci­daire qui tente de lan­cer leurs mots dans des bal de vil­lages consanguins.

    ca na rien a voir avec les ahu­ris qui pensent que l’on peut pas faire de la musique quand on a 15 ans, que l’on est obligé d’avoir des années de sol­fèges der­rière soi.

    Ca n’a rien à voir avec les jour­na­listes qui en 2009 parle encore de chan­son à texte ou d’album de la maturité.

    Si vous êtes amené à devoir “sauvé” l’industrie des conte­nus et de la “musique” ten­ter d’abord de sau­ver la pop music parce c’est elle qu’on assas­sine impu­né­ment.
    La plus grosse blague c’est répondre qu’on peut être content!!
    Que les concerts n’ont jamais autant mar­ché.
    Pour aller voir des inter­ve­nant de la société du spec­tacle la vrai celle des idéo­lo­gies de masse ou eth­nique alors que le libé­ra­lisme et la pop­mu­sic nous avait sauvé.

    C’est depuis la new wave et même avant, c’est toute la décen­nie 90 et 2000 qui s’écroule, si vous devez par­ler de musique je dirais par­lez en au mieux ou alors il vaut mieux ne par­ler que du contenant.

    J’espère que désor­mais (ici ou ailleurs), on n’entendra plus les batailles de clo­cher, que c’est enfin des solu­tions d’acteurs ou de spec­ta­teur pri­vi­lé­gié qui pri­me­ront. Et sur­tout sur­tout quand quelqu’un par­lera, il aura tj au bout de son rai­son­ne­ment com­ment est-ce qu’on peut récol­ter de l’argent avec.
    En finir aussi avec les phrases du type:
    « bien fait pour ces mai­sons de disques elle fai­sait de la merde elle fai­sait par­tie des skulls and bones et des illu­mi­nati, elle n’existait que pour nous contraindre au labeur a ce qu’on ne se révolte pas. » 

    parce que quand on réflé­chit bien l’antinomie qui existe envers les mai­sons de disques n’est rien d’autre que ça.
    C’est tout autant l’industrie de la radio qui est à blâ­mer cela ne fait pas si long­temps que les mai­son de disque à l’heure ou le disque s’écroulait déjà ont tenté la conver­gence a l’instar de news­corp, les radio jusque fin 90 était « indé­pen­dante » elle ne
    pas­sait pas de meilleurs trucs que maintenant

    Je crois aussi que dans le monde néo­li­bé­ral tel qui existe avec quelque entre­prise qui contrôlent tout, la puis­sance d’acteurs comme news­corp sur la musique est peut être plus déter­mi­nant que le télé­char­ge­ment illé­gal, et c’est une entre­prise qui se portent bien.
    Myspace s’il ne leur rap­porte pas bcp d’argent de la publi­cité doit bien leur ser­vir comme moteur de ten­dance et dans ce sens ce serait bien qu’il le twit­te­rise un peu.

    c’est d’ailleurs a eux “seul”(clearchanell) que j’attribue le suc­cès du concert et de l’engouement que connait aujourd’hui la scène, clear­chan­nel qui s’est occupé de ce biz­ness comme on vend du coca cola. Ou plu­tôt comme quand Danone vend du pro­duit « glocal ».

  10. Khalid

    On va dire que ces que­relles de clo­cher était néces­saires puisqu’il faut main­te­nant recons­truire tout un byz­ness,
    J’espere juste que ce ne sont pas les bobos, les post68ard, les poli­ti­cien en manque de visi­bi­lité. les déçus inac­tifs de la contre culture, qui vont s’emparer du probleme.

    Parceque dis comme comme ça, j’ai peut etre l’air d’un esprit cha­grin mais c’est ceux la qui finissent par occu­per le champ média­tique, et toute la que­relle hadopi la prou­ver a merveilles.

  11. JaunMakenro

    “Dans ce cha­pitre, le rap­port révèle des chiffres inté­res­sants, comme le fait que “moins de 5% des Européens ont payé pour des conte­nus en ligne ces trois der­niers mois”, et que si l’on regarde du coté des plus jeunes, ce chiffre est trois fois plus faible.”

    Ok c’est bien le meme rap­port qui dit que:

    “Bien que la «géné­ra­tion numé­rique» paraisse réti­cente à mettre la main au porte-monnaie pour télé­char­ger ou consul­ter en ligne des conte­nus comme des vidéos ou de la musique (33 % affirment ne pas être dis­po­sés à payer quoi que ce soit, ce qui repré­sente le double de la moyenne de l’UE), ils sont en réa­lité, au sein de cette géné­ra­tion, pro­por­tion­nel­le­ment deux fois plus nom­breux que le reste de la popu­la­tion à avoir déjà payé pour ce type de ser­vice (10 % des jeunes uti­li­sa­teurs contre 5 % de l’ensemble de la popu­la­tion de l’Union euro­péenne). Ils sont égale­ment plus dis­po­sés à payer pour obte­nir un meilleur ser­vice de qua­lité supérieure.”

    Voila donc en fait j’y com­prend plus rien !
    Je vais lire le rap­port vite fait et je reviens…

  12. JaunMakenro

    Haha non en fait le deuxieme texte est extrait de ce rap­port: http://ec.europa.eu/information_society/eeurope/i2010/docs/annual_report/2009/com_2009_390_en.pdf

    qui émane aussi du par­le­ment européen.…

  13. Lord BlackFox

    “…le faible pour­cen­tage des indi­vi­dus qui consi­dèrent que l’absence pos­sible d’alternative gra­tuite est une rai­son pour payer”
    Ah oui? Il n’existe aucune alter­na­tive gra­tuite? Et Jamendo, l’AIMSA, DogMazik?

    Sinon, on pourra se deman­der si les majors pour­ront encore jouer à l’autruche avec une conclu­sion si directe… Ce qui semble fort probable

  14. Fabrice Epelboin

    @BlackFox

    Une alter­na­tive gra­tuite pour la même chose, Jamendo, c’est un autre cata­logue de musique. Pas impos­sible que la musique Libre gri­gnote des parts de mar­ché sur la musique… pas libre… à cette occa­sion, d’ailleurs.

    @Khalid

    Je per­siste et signe, la der­nère fois que j’ai acheté un album (oui, ça m’arrive), 3 bon tracks sur 12… c’est très médiocre. Sinon, ce sont tout ceux qui réus­si­rons à s’emparer du pro­blème qui le feront. Les places sont ouvertes ;-)

  15. Domino

    Internet et l’ère numé­rique a com­plé­te­ment révo­lu­tionné la manière de consom­mer la culture. Posséder la culture est devenu moins néces­saire que d’y avoir accès. Passer de l’analogique au numé­rique (“Bienvenue dans l’ère numé­rique nous disait-on à la toute fin du 20è siècle”) a for­ce­ment des conséquences. Internet n’est pas le seul res­pon­sable du chan­ge­ment de men­ta­lité. Lorsque je passe chaque samedi à ma Médiathèque, je ne peux que consta­ter la soif de consom­ma­tion de culture par les familles : Livres, BD, DVD, et CD en pagaille. Autant qui ne seront pas ven­dus, ou si peu. La mutua­li­sa­tion des achats, plus confi­den­tielle est égale­ment à prendre en compte. Le porte mon­naie n’étant pas exten­sible, on peut se mettre d’accord et par­ta­ger des achats avec des amis, la famille. Le P2P ana­lo­gique en quelque sorte. Les mai­sons de disques ont cer­tai­ne­ment abusé pen­dant long­temps, avec des prix peu attrayants, puis par la néces­sité de renou­ve­ler la dis­co­thèque de papa en vinyls vers le CD numé­rique. L’arroseur arrosé.
    Qui pleure en fait ? Les artistes, ou les gens qui se servent au pas­sage ? Le modèle mai­son de disques est révolu, et peut-être même l’idée que les choses vir­tuelles ont un prix réel. A votre bon coeur msieur­dame, dit l’artiste chan­tant dans rue et qui espère une contri­bu­tion des gens qui passent. Beaucoup passent, cer­tains payent. C’est pas nou­veau tout compte fait.
    Ma contri­bu­tion aux idées numé­riques : Lorsque le mor­ceau est télé­chargé illé­ga­le­ment, sa durée de vie est brève, lorsqu’il est acheté, un petit ver­rou le per­enise… On a bien inventé la carte à puce en déma­té­ria­li­sant l’argent, une petite puce pour déma­té­ria­li­ser la culture devrait pou­voir être pos­sible non ?

  16. Eric V.

    Finalement, ca n’est jamais que la confir­ma­tion (pour la Xième fois, même si c est la pre­mière “grosse ins­ti­tu­tion” qui le dit) de ce que raconte C. Anderson dans son bouquin “Free”…

  17. Jester

    Je vais être pro­vo­ca­teur, mais je crois bien que dans cet article on est en plein dans le débat cause à effet sans en dis­tin­guer les tenants et la abou­tis­sants.
    Pour illus­trer une ana­lo­gie qui vaut ce qu’elle vaut : Demain j’invente Le clo­neur ins­tan­tané de voi­ture de poche (impor­tant la poche)… Je rentre chez le conces­sion­naire, je pointe cet appa­reil sur la voi­ture de mon choix, je res­sors et dans la rue je repro­duis la voi­ture… Et me voila à bord de mon nou­veau véhi­cule gra­tuit… Croyez vous que demain je vais décla­rer que je ”pré­fère” payer +20 000 € pour une nou­velle voi­ture ? Non, s’il est tech­nique­ment pos­sible de satis­faire gra­tui­te­ment mon désir de dépla­ce­ment la réponse sera toujours non.. Et tant que des construc­teurs de voi­tures pour­ront vendre quelles voi­tures pour conti­nuer à ali­men­ter le ”mar­ché” (il devront bien-sur ”adap­ter leur modèle écono­mique” à mon nou­vel appa­reil) le sys­tème fonc­tionne. Ensuite je ne suis pas sur qu’ils sur­vivent dans cet envi­ron­ne­ment, mais c’est un autre débat… Il res­tera toujours toutes les voi­tures pro­duites que nous pour­rons clo­ner.
    On voit bien ici que l’effet Internet (la déma­té­ria­li­sa­tion et la pos­si­bi­lité de clo­ner) entraine la cause (la gra­tuité) et non l’inverse… C’est une chan­ge­ment de para­digme sur lequel on ne peut pas reve­nir
    Trouver un autre modèle écono­mique ? Il y a du boulot …

  18. Fabrice Epelboin

    Non, aucune chance que tu te décide à payer 20Ke pour une voi­ture si une telle inven­tion voyait le jour. Cette article (en fait, l’étude de la com­mis­sion Européenne) sou­ligne le fait que c’est inter­net qui a pro­voqué ce chan­ge­ment de com­por­te­ment, pas le P2P.

    Pour pous­ser la méta­phore de la voi­ture, c’est comme si ton inven­tion de dupli­ca­tion de voi­ture arri­vait dix ans après la télé­por­ta­tion, sans que l’industrie auto­mo­bile ai réagit à quoi que ce soit et se tourne vers l’état pour être sub­ven­tion­née, après avoir trainé tous les anciens conduc­teurs en jus­tice, ou plu­tôt, leur avoir fait reti­rer le per­mis de conduire ;-)

  19. Jester

    Pas faux et on est presque d’accord, le seul point qu’il ne faut pas oublier dans l’équation c’est la gra­tuité…
    Quid de la valeur au sens travail/temps/ressources et donc cout. Car si la gra­tuité, qui est consub­stan­tielle à l’internet (Consubstantiel je viens de décou­vrir ce magni­fique mot … qui tra­duit bien le couple insé­pa­rable internet/usages gra­tuits), est inévi­table la ques­tion est sui­vante est donc : La télé­por­ta­tion est donc gra­tuite ?
    Au final on est devant un dilemme : Ce qui est tech­nique­ment pos­sible de satis­faire gra­tui­te­ment n’a plus de valeur mais a un cout… D’où recherche d’un modèle écono­mique qui n’existe pas.
    Et la je m’arrête, je crois avoir épuisé ma réflexion.

  20. Fabrice Epelboin

    La gra­tuité… oui, certes… mais ne faudrait-il pas com­men­cer par poser la ques­tion à TF1 (gra­tuit), RTL (gra­tuit), 20 minutes (etc) ?

    On est bel est bien face à un pro­blème en tout point sem­blable à la déroute de l’industrie du trans­port face à l’arrivée de la télé­por­ta­tion à bas prix ;-)

  21. Jester

    TF1, 20 minutes, RTL mais ils sont en train de nour­rir…
    Il ne res­tera qu’1 ou 2 sup­ports de masse par médias pou­vant concen­trer suf­fi­sam­ment d’audience (et donc de pub) pour cou­vrir leurs couts …

  22. STREAMING Addict

    Ouf ! :)

  23. jean-yves le moine

    le modèle free­mium ne marche pas si mal pour les ser­vices, notam­ment techno, la réfé­rence aux opé­ra­teurs et à orange est bonne
    je pense qu’il faut aussi déve­lop­per des ser­vices (et les vendre) autour du contenu

    des ser­vices qui par­ti­cipent à 150 % de la culture participative

8 Trackbacks For This Post

  1. Laurent P (psycojoker) 's status on Thursday, 13-Aug-09 21:17:31 UTC - Identi.ca :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/08/13/prospective/pour-commission-europenne-p2p-na-rien-voir-avec-l... […]

  2. Winael (winael) 's status on Thursday, 13-Aug-09 21:58:19 UTC - Identi.ca :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/08/13/prospective/pour-commission-europenne-p2p-na-rien-voir-avec-l... […]

  3. Commission Européenne : le P2P ne serait pas la source du mal ? | Digital adventures :

    […] lire : le résumé de  l’étude sur […]

  4. raffa's status on Friday, 14-Aug-09 06:52:32 UTC - Identi.ca :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/08/13/prospective/pour-commission-europenne-p2p-na-rien-voir-avec-l... […]

  5. LordPhoenix (lordphoenix) 's status on Friday, 14-Aug-09 10:39:47 UTC - Identi.ca :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/08/13/prospective/pour-commission-europenne-p2p-na-rien-voir-avec-l... […]

  6. Sébastien Mennetret (shimegi) 's status on Friday, 14-Aug-09 11:03:17 UTC - Identi.ca :

    […] http://fr.readwriteweb.com/2009/08/13/prospective/pour-commission-europenne-p2p-na-rien-voir-avec-l... […]

  7. Blog “Industries de la Créativité & Innovation” » Blog Archive » Un rapport européen bien discret sur le P2P :

    […] Pour la com­mis­sion Européenne, le P2P n’a rien à voir avec les dif­fi­cul­tés de l’industrie des conten… […]

  8. Le téléchargement illégal, une manne pour les éditeurs de jeux vidéo? | TOUSSATOUSSA :

    […] Alors que la com­mis­sion Européenne annonce une bien mau­vaise nou­velles pour les éditeurs de contenu en ligne, à savoir que les inter­nautes ne veulent tout sim­ple­ment pas payer pour leur contenu en ligne. […]

Réagissez !

Ils nous soutiennent

feedback2.0

hébergement infogérance BearstechLa Cantine

 

  • A propos
  • Best of
  • Buzzing
  • Tags

ReadWriteWeb est un blog dédié aux technologies internet qui en couvre l’actualité et se distingue par ses notes d’analyse et de prospective ainsi que par l’accent mis sur les usages et leur impact sur les média, la société et la communication.

ReadWriteWeb est classé parmi les blogs les plus influents de la planète par Technorati et Wikio.

ReadWriteWeb est publié en anglais, en français, en coréen, en portugais et en chinois. Ses articles sont publiés dans la rubrique technologie du New York Times.


eBooks

Lawrence Lessig
Culture Libre



Pierre Bellanger
La Radio IP



Nous y serons