Comment Friendfeed va changer Facebook

friendbook Friendfeed a été fondé par – entre autre – Paul Bucheit, l’inventeur de Gmail, et Bret Taylor, le cofondateur des Google Maps. Chacun a déjà gagné suffisamment d’argent pour être à l’abrit du besoin pour le reste de leur vie, et ils n’avaient nullement besoin de vendre Friendfeed, ils pouvaient même continuer à le financer sans trop de soucis. La véritable raison de cette vente est que les fondateurs de Friendfeed sont essentiellement motivés par la volonté de changer la façon dont le networking social fonctionne, et la raison de l’acquisition de Friendfeed par Facebook est précisément celle ci.

Friendfeed fonctionne de façon étonnante, et de bien des façons, particulièrement innovante. Le site recèle une multitude d’innovations qui, une fois portées sur le plus grand site de networking social du monde, pourrait bien changer le social sur le web.

Pour les plus curieux d’entre vous, ce podcast est riche d’enseignements sur l’intimité de la technologie de Friendfeed.

Mais parmi toutes les innovations mise en place par Friendfeed, voici celles qui ont le plus de chances de – si ce n’est se retrouver telles quelles dans Facebook, du moins vont influencer lourdement l’évolution de ce dernier dans l’année à venir.

Des profils public et du contenu

Facebook a commencé comme un site où vous ne pouviez voir le contenu des personnes que vous ne connaissiez pas. Cet état d’esprit est encore très présent sur le site, mais cet été, Facebook a commencé à évoluer et propose un système plus public, quitte à abandonner une certaine idée de la vie privée.

Friendfeed est lui très public, tout ce que vous y faite est visible par tout le monde, les profils sont visible de tous, et la technologie s’efforce de façon très intelligente de vous faire découvrir – et suivre – de nouvelles personnes, soit parce qu’elle ont pris part à une conversation avec quelqu’un que vous connaissez, soit parce que quelqu’un que vous connaissez a apprécié un contenu qu’elles ont déposé et qui a donné lieu à une conversation.

Cette façon de gérer les conversation est très innovante, et elle sera la bienvenue sur Facebook où le caractère fermé – en cercle restreint – des conversations qui s’y déroulent. Le passage de conversations privés à la Facebook à des conversations publiques et en temps réel comme sur Friendfeed ne sera pas évident, mais il semble évident que l’attractivité du site – et le temps passé dessus par les Facebookeurs – ne peuvent qu’augmenter.

Le sujet est néanmoins délicat, tant certaines formes de socialité qui sont apparues sur Facebook sont intrinsèquement liées à leur nature privée. Les deux modes pourraient donc s’y retrouver cote à cote.

Reste à intégrer ces deux modes de conversations de façon harmonieuse et à éviter les couacs lié à la dimension publique d’une conversation, que bien des Facebookeurs ne maitrisent déjà pas bien malgré le coté – relativement – privé des conversations qui s’y déroulent.

Des conversations endiablées

Les conversations qui prennent lieu autour d’éléments partagés sur Friendfeed font passer Facebook pour un ancêtre. Ce n’est pas tant que les utilisateurs de Friendfeed soient plus sophistiqués – bien que la bande de early adopter qui s’y cotoit pourrait le laisser croire – mais c’est surtout dû au fonctionnement de Friendfeed.

Quand je publie quelque chose sur Friendfeed, tous mes ‘amis’ le voient. Si l’un d’entre eux commente ou apprécie ma publication (‘like’), alors, deux choses ont lieu qui n’existent pour l’instant pas sur Facebook : premièrement, la conversation relative à ma publication apparait dans le flux d’information de tous les amis de l’ami qui a commenté ma publication – que ceux-ci soient mes amis ou pas. Ce n’est pas le cas dans Facebook, où je peux voir le nom et les commentaires des amis de mes amis sur leur propres publications, mais pas les commentaires de mes amis sur des publications de personnes qui ne sont pas mes amis.

Cette différence – de taille – a un impact énorme sur la création de nouvelles connections entre membre sur la plateforme Friendfeed, et Facebook pourrait dynamiser la connection entre membre de façon spectaculaire s’il adoptait un tel fonctionnement.

Deuxièmement, à chaque fois que quelqu’un commente ou apprécie (‘like’) une publication présente dans mon flux d’information, celle-ci se retrouve en tête des publications de mon flux. Cela augmente les chance pour moi de me joindre à une conversation, et en pratique, l’effet est gigantesque. Une conversation avec plusieurs centaines d’entrées à laquelle participe des dizaines de membres est quelque chose de courant sur Friendfeed, et de plutôt rare sur Facebook.

Ces deux caractéristiques de Friendfeed même à avoir, sur ce dernier, de longue et – parfois – profondes conversations autour d’éléments partagés. Ce type de conversation n’existe quasiment pas sur Facebook, qui semble bien superficiel à coté, et elle ont toutes les chances de plaire aux utilisateurs de Facebook..

Mais derrière le coté simple de ces deux éléments caractéristiques de Friendfeed, se cache une incroyable complexité algorithmique, peaufinée durant des années chez Friendfeed. Facebook a eu beau cpier ces derniers temps, les unes après les autres, les fonctionnalités de Friendfeed (comme la fonction ‘like’), c’est cette complexité et cette somme d’expérimentation qui est ce qu’ils viennent d’acquérir en achetant Friendfeed.

L’agrégation

Ce qui initie une conversation sur Friendfeed, ce n’est pas seulement (voire rarement) un message posté par un participant, la plupart du temps, c’est un élément partagé en provenance d’un autre système : Delicious, Slideshare, Twitter, YouTube…

Des liens, des slides, des vidéos… une multitude de réseaux sociaux sont agrégés sur le compte Friendfeed d’un utilisateur afin de donner naissance à des conversations. C’est ce que Friendfeed fait de mieux (et de pire), vous pouvez suivre quelqu’un sur Friendfeed et savoir en temps réel ou presque tout ce qu’elle fait sur une multitude de réseaux sociaux, qui vous y soyez présent ou pas.

Là encore, ce fonctionnement est très différent de Facebook, où les éléments sont assemblés et publiés les uns après les autres à travers Facebook connect.

Des milliers de personnes continuent ainsi d’alimenter Friendfeed sans jamais y mettre les peids simplement en ayant synchronisé leurs différents comptes sur un compte Friendfeed qu’elle ont ensuite abandonné. Cela permet néanmoins à leurs amis d’avoir un apercu synthétique de leur activité en ligne sans avoir à les suivre un peu partout sur le web.

Des mises à jour en temps réel

Facebook s’interesse de très près au temps réel. Ils ont déjà intégré une certaine vision du temps réel, mais Friendfeed est bien plus proche du temps réel que Facebook. Sur Friendfeed, vous ne recevez pas une notification sur le fait qu’un nouveau message est arrivé, il arrive, en temps réel, sous vos yeux, à la façon d’un logiciel de messagerie.

Cette technologie propre à Friendfeed, appelée ‘long polling’, pourrait bien débarquer sur Facebook. Comme le rappelait Buchheit, le cofondateur de Friendfeed, le temps réel est la prochaine grande étape sur le web.

Comment se fera la greffe ?

Le point central qui constitue la profonde différence entre Friendfeed et Facebook est l’articulation de ces deux services autour de notion très différentes de ce qui relève du public et ce qui relève du privé. Pour se dynamiser et adopter les fonctionnalités de Friendfeed, Facebook devra accélérer sa mue vers moins d’éléments privés et plus d’éléments publics. Un virage particulièrement difficile à négocier, et qui sera scruté de très près par tous les défenseurs de la vie privé. Récemment, le gouvernement Canadien montrait les dents face au flou entretenu par Facebook sur la façon dont il gère la vie privé, nul doute que d’autres suivront.

L’autre grande question que se posent les utilisateurs de Friendfeed, c’est de savoir ce qu’il adviendra de leurs données hébergées par Friendfeed. Les fondateurs de Friendfeed sont restés assez vague à ce sujet, assurant qu’une ‘intégration’ serait à l’ordre du jour, mais de nombreux éléments fonctionels complètement antagonistes entre les deux systèmes, tel la gestion des groupes, font croire à beacoup que Friendfeed sera tout bonnement abandonné. Même le premier évangéliste de Friendfeed, Robert Scoble, n’y croit pas.

Au final, si Facebook traverse sans trop de dégats se phase de mutation vers un système où les informations qui y sont publiés sont publiques, le plus gros réseau social de la planète pourrait trouver dans Friendfeed un véritable élixir de jeunesse, au moment précis où son coté mainstream est décrié par beaucoup.

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14 commentaires pour cet article

  1. Oncle Tom

    Le long pol­ling n’est pas propre à FriendFeed : Facebook uti­lise déjà ça pour le chat.
    Ça fait par­tie des dif­fé­rentes tech­niques à côté du pol­ling, strea­ming et autres facettes de Comet.

  2. Fabrice Epelboin

    Corrigé ;-)

  3. thomas

    Barre de rire la cap­ture d’écran du statu facebook.

  4. Romain

    La noti­fi­ca­tion à tous ses contacts d’actions que l’on pour­rait faire sur d’autres pro­fils est déjà en place sur Facebook.

    Voir la sec­tion Confidentialité / Activités et Mur

    La sec­tion Morceaux choi­sis des pages d’accueil de vos amis peut inclure votre acti­vité récente. Autoriser l’affichage de votre acti­vité dans la sec­tion Morceaux choi­sis lorsque vous…
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  5. Fabrice Epelboin

    oui, je sais, mais là il s’agit de faire appa­raitre l’action de quelqu’un qui n’est pas dans son réseau sur son fil de news, ce qui, pour le coup, n’est pas en place pour l’instant dans FB.

  6. Chris

    @thomas
    +1
    lol

    Sinon, tout à fait d’accord avec Buchheit, le temps réel est LE truc à creu­ser sur le web…

  7. leafar

    Tres bon article !
    Le pire c’est que j’avais raté le rachat ;-D Vive les vacances.
    Du coup avoir sim­ple­ment des fol­lo­wers fait sens. il va a nou­veau y avoir de la place pour des reseaux avec de plus fort ser­vices pour les petites groupes ou familles, ce qui est aussi une bonne nouvelle.

  8. Bertrand

    Les dis­cus­sions longues sont tou­te­fois com­pliquées à suivre. C’est vrai sur FriendFeed comme sur Facebook. En plus le temps réel ne favo­rise pas vrai­ment les dis­cus­sions. C’est presque du chat et il fau­drait en faire un digest à la fin.

  9. Stan

    @Bertrand : “le temps réel ne favo­rise pas les discussions.

    Donc selon toi le courrier/fax/mail est plus pra­tique que le télé­phone ou même le tête à tête?

    —> viens sur FF et on en reparle après ;-)

    (du chat, c’est de la dis­cus­sion non ?)

  10. Bertrand

    @Stan : mon com­men­taire est allé un peu vite car je l’avait fait très court. Je pré­cise donc.

    Je ne dis­cute pas du bien­fait ou de la rapi­dité d’une tech­no­lo­gie contre une autre mais ce qui en res­sort au final. Certes tu dis­cutes, mais au final il en res­sort dif­fi­ci­le­ment quelque chose. Les mes­sages sont rapides, sou­vent peu pré­cis et tournent vite à la pri­vate joke.

    Et je constate qu’au final FrienFeed devient vite illi­sible sur­tout quand les dis­cus­sions dépassent les 100 mes­sages et que beau­coup de per­sonnes par­ti­cipent. J’ai en tête notam­ment une dis­cus­sion avec actuel­le­ment 242 mes­sages. Comme la dis­cus­sion n’est pas “threa­dée” tout se mélange. Il est dif­fi­cile de faire res­s­sor­tir l’information au milieu du bruit et rien ne per­met de le faire d’ailleurs.

    Le temps réel implique des mes­sages courts rapides. Si tu mets 15 – 30 minutes à pos­ter ton com­men­taire, à le réflé­chir il ne sera plus lié au contenu auquel tu réponds car d’autres com­men­taires s’intercalent. Alors on fait vite. D’ailleurs, rare sont les com­men­taires dans FriendFeed qui font plus de 3 – 5 lignes. Peu de com­men­taires ont des liens vers d’autres conver­sa­tions ou des blogs qui feront avan­cer le débat.

    Donc je ne dis pas que le temps réel ne per­met pas la dis­cus­sion. Il la faci­lite même sûre­ment à condi­tion d’avoir le temps de res­ter des­sus en direct. Mais il faut aussi que l’outil faci­lite la dis­cus­sion, le déve­lop­pe­ment des idées, per­mettent de repé­rer les mes­sages inté­res­sants (un like asso­cié au com­men­taire en fait) pour pourquoi pas en faire un digest au fur et à mesure. D’ailleurs cela met­trait en avant les bonnes contributions.

    Mais l’asynchronisme du mail, du cour­rier ou du blog a son charme aussi. On ne construit pas la dis­cus­sion de la même manière…

  11. Stan

    @Bertrand :

    Alors là, oui on est com­plè­te­ment d’accord :)

    C’est d’ailleurs pour cela que je sou­tiens que FriendFeed ne tue pas les blogs : ce sont 2 types de dis­cus­sions bien dif­fé­rentes.
    (cf:http://www.tetedequenelle.fr/2009/07/friendfeed-et-les-commentaires-quelques-observations-et-une-modeste-proposition/)

    Sur FF on “pense tout haut”, sur les blogs, on réflé­chit, et on com­mente (mais il y a des excep­tions dans les 2 sens ;-)

    Je trouve néan­moins que les dis­cus­sions sur FF sont aussi par­fois très inté­res­santes, même si elles sont sou­vent chao­tiques. Il faut y être (et au bon moment) pour les vivre et en profiter ;-)

  12. Bertrand

    @stan “Sur FF on « pense tout haut », sur les blogs, on réflé­chit, et on com­mente (mais il y a des excep­tions dans les 2 sens ;-)”

    Entièrement d’accord avec cette jolie for­mule et sur ta conclu­sion sur la pré­sence au bon moment ;-)

  13. Abiram

    Le nombre de fautes d’orthographe dans cet article — inté­res­sant au demeu­rant — est impres­sion­nant. C’est vrai­ment dommage.

  14. Fabrice Epelboin

    @Abiram

    Je suis pre­neur de finan­ce­ments pour me payer un relecteur ;-)

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