La notion de propriété dans le virtuel : une solution à la recherche d’un problème

capitalism-rocks La thèse de John W. Nelson de l’Université de Samford a de quoi glacer le sang de tout capitaliste qui se respecte. On savait les Américains d’humeur à remettre en question leur confiance aveugle au marché, mais voilà que les intellectuels de la génération Y s’attaquent à ses fondements : la notion de propriété – dans le virtuel – serait un faux problème, ou plus exactement, une solution à un problème qui n’existerait pas.

Beaucoup d’universitaires soutiennent que la propriété ‘virtuelle’ ne devrait pas exister, d’autres, tout aussi nombreux, soutiennent le contraire, mais aucun ne décrit clairement ce que sera cette propriété virtuelle, comment elle affectera le monde virtuel, et les problèmes qu’elle y apportera.

« Le problème de la propriété virtuelle : ce à quoi le droit à la propriété dans le virtuel pourrait ressembler, comment il pourrait fonctionner, et pourquoi c’est une mauvaise idée »

La thèse de John W. Nelson (pdf) propose un modèle de ce que pourrait être la propriété virtuelle et explore différents scénarios, elle démontre l’absence de bénéfice apporté par la propriété virtuelle tant aux utilisateurs, qu’aux developpeurs, ainsi qu’aux ressources du monde virtuel.

« La propriété virtuelle est une solution à la recherche d’un problème. L’argumentaire qui justifie la ‘propriété virtuelle’ repose sur trois thèmes – la théorie du travail de Locke, la protection contre le vol et la dissuasion, et l’efficacité des marchés. Ce travail va au delà du débat entre ceux qui sont pour ou contre la ‘propriété virtuelle’. »

« Tout d’abord, la théorie du travail de Locke n’est pas recevable en tant que justification, ensuite, deux modèles de ce à quoi la propriété virtuelle pourrait ressembler une fois appliqué aux ressources virtuelles sont créés. Ces modèles sont ensuite appliqués à six scénario de monde virtuels afin d’en évaluer les effets. Enfin, l’incapacité de la propriété virtuelle à apporter un bénéfice aux utilisateurs [des mondes virtuels], aux developpeurs, ainsi qu’aux ressources virtuelles des monde virtuels est expliqué. »

Je sais que nous avons quelques juristes parmi nos lecteurs, et la dimension juridique du problème est centrale, alors c’est le moment de commenter ;-)

(via Techdirt)

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20 commentaires pour cet article

  1. Aymeric Marlange

    Sur le plan phi­lo­so­phique, on peut tout dire. Bouleverser les concepts, remo­de­ler les notions, réin­ven­ter le monde, c’est en cela que la phi­lo­so­phie est magique.
    Sur le plan juri­dique en revanche, la liberté est moindre puisque les lois, au contraire de la pen­sée, sont finies. Jusqu’à nou­vel ordre donc, la pro­priété vir­tuelle ne se dis­tingue pas de la pro­priété réelle: le droit de pro­priété est le même, et les devoirs qui en découlent sont aussi les mêmes.
    Notre Constitution et nos Codes, en pre­mier lieu notre Code Civil, trouvent donc autant appli­ca­tion dans le monde vir­tuel pour les choses vir­tuelles, qu’ailleurs.

  2. Fabrice Epelboin

    Je veux bien, mais de toutes évidences, les per­sonnes qui débattent du pro­blème ne sont ni des phi­lo­sophes, ni des rigo­los, mais bien des juristes. Pourquoi le sujet fait il débat alors ?

  3. deadalnix

    Le sujet fait débat selon moi car il est contre intuitif.

    Si la réponse ration­nelle est plu­tôt claire, et d’ailleurs bien décrite par les théo­ries datant d’avant inter­net, notre intui­tion, for­mée avant inter­net, nous joue des tours.

  4. Aymeric Marlange

    Je crois que le débat entre juristes vient sur­tout de l’inadéquation par­tielle de nos textes aux choses vir­tuelles ; textes appli­cable en droit, mais dif­fi­ci­le­ment appli­cables IRL sur un cer­tain nombre de points. Il faut donc adap­ter les textes, mais com­ment ?
    Par exemple le télé­char­ge­ment illé­gal: licence glo­bale ou riposte gra­duée ? l’alternative est fon­dée en fait sur le même pos­tu­lat de base :
    - condam­na­tion du pira­tage
    - pro­tec­tion des droits d’auteurs
    - accès du public à la culture
    Reste à trou­ver un juste équi­libre entre ces 3 éléments.
    En tout cas, les prin­cipes sont bons, ils fondent même notre société, alors pourquoi les remettre en cause ? La thèse de Nelson semble plu­tôt por­ter sur les prin­cipes, c’est pourquoi je le situais plus au niveau phi­lo­so­phique que juri­dique.
    Mais on peut être juriste et phi­lo­so­pher quand même ;)

  5. Fabrice Epelboin

    Certes, mais là, tu pars du prin­cipe que la pro­priété doit exis­ter dans le vir­tuel, or c’est jus­te­ment ca le débat. Licence glo­bale, ris­poste gra­duée, ou aban­don de la notion de pro­priété, ce que Radiohead et Nine Inch Nails ont testé avec beau­coup de succès…

    “En tout cas, les prin­cipes sont bons, ils fondent même notre société, alors pourquoi les remettre en cause ?”

    Parce que jus­te­ment, ils sont com­plè­te­ment exo­gène au vir­tuel et à son concept cen­tral de par­tage, concept tout aussi cen­tral (et ‘bon’) dans le vir­tuel que la pro­priété IRL.

    La thèse de Nelson porte sur de l’expérimental, il fait 6 scé­na­rios pros­pec­tifs pour dif­fé­rents modèles pro­po­sés de pro­priété et montre en quoi, dans tous les cas de figure, ça va dans le mur pour l’ensemble des acteurs de la chaîne écono­mique. Ca n’a pas grand chose de phi­lo­so­phique, c’est même à l’opposé.

  6. Aymeric Marlange

    Mais le droit de pro­priété fait par­tie des droits de l’homme. Il figure en bonne place dans la décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et dans la décla­ra­tion uni­ver­selle des droits de l’homme de 1948.
    Le Conseil Constitutionnel a même confirmé que ce droit était éminent et mis sur le même plan que la liberté, la sûreté et la résis­tance à l’oppression.
    C’est donc un droit natu­rel et impres­crip­tible de l’homme!
    C’est pour cette rai­son que juri­dique­ment, on ne peut pas envi­sa­ger d’y faire une excep­tion dans le vir­tuel, sauf à modi­fier expres­sé­ment nos droits fon­da­men­taux dans le vir­tuel parce que les droits de l’homme y seraient dif­fé­rents, et là bonjour les dif­fi­cul­tés juri­diques pour y arri­ver!
    Je pense que, vir­tuel ou pas, les droits de l’homme doivent res­ter iden­tiques, ou alors c’est la porte ouverte à tous les déra­pages. Si on fait une excep­tion pour la pro­priété, pourquoi pas d’exception pour la liberté ?
    Que Radiohead et autres acceptent de renon­cer à leurs droits, très bien, c’est leur droit, leur choix et leur déci­sion en conscience et on doit res­pec­ter ce geste phi­lan­tro­pique admi­rable.
    Mais si des artistes et des ayants-droits pré­fèrent conser­ver leurs droits et les exploi­ter léga­le­ment tant dans le réel que sur inter­net, c’est aussi leur droit le plus fon­da­men­tal et nous devons le res­pec­ter en tant que tel.
    Je suis d’accord avec le concept cen­tral du par­tage dans le vir­tuel, et je pense que ce concept peut très bien vivre en har­mo­nie avec le droit de pro­priété.
    Le par­tage ne peut pas se faire pour le bien du public contre la volonté des auteurs.
    C’est pour cela que je par­lais d’équilibre à trou­ver entre le droit des auteurs et l’accès à la culture du grand public.

  7. Fabrice Epelboin

    et tu trouves Hadopi conforme aux droits de l’homme ? ;-) Surveillance géné­ra­lisé, pas de pro­cès, pas de pos­si­bi­lité de défense… on en est tout de même assez loin, non ?

    Ceci dit, le débat n’est pas vrai­ment là, j’ai bien com­pris que tu était un fervent défen­seur du droit à la pro­priété, mais que pen­ser de l’exercice fait par Nelson qui montre qu’appliqué au vir­tuel, c’est une catastrophe ? 

    On s’en fout parce que c’est reconnu par les Droits de l’Homme ? 

    Si sa démons­tra­tion est exacte (et je n’ai pas trouvé de contra­dic­teur sur la forme ou le fond de sa démons­tra­tion), alors la vrai ques­tion c’est : doit on trans­crire ce droit sur le vir­tuel tout en sachant qu’il n’en res­sor­tira rien de bon pour per­sonne ? (y com­pris les créa­teurs, il insiste lour­de­ment là dessus).

  8. Yoha

    La dif­fé­rence entre le réel et le vir­tuel est aussi liée au type de pro­priété auquel on fait réfé­rence. Dans le pre­mier cas, il s’agit de biens phy­siques, indi­vi­sibles alors que, dans le second, ce sont des idées: quand on parle de musique, de film, de logi­ciel ou de tout autre contenu, on ne peut pas se repré­sen­ter un modèle de pro­priété (dite “inte­lec­tuelle” dans ce cas) de la même manière que dans le monde réel. En effet, quand un idée est com­mu­niquée, une don­née trans­mises, elle est gagnée par le des­ti­na­taire mais, contrai­re­ment à ce qui se pas­se­rait IRL pour des biens maté­riels. C’est là qu’on parle de l’économie de l’abondance (le nom de son opposé m’echape): plu­tôt que divi­ser, le par­tage mul­ti­plie une forme de richesse.

    On peut aussi rap­pe­ler que Internet était d’abord des­tiné à pro­té­ger le savoir et son accès en mul­ti­pliant et orga­ni­sant les réseaux entre ordi­na­teurs et les voies de com­mu­ni­ca­tion d’un monde vir­tuel nais­sant. Les majors ont d’abord ignoré ce phé­no­mène. Quand ils ont enfin com­pris que le pou­voir de difu­sion était égale­ment donné aux citoyens ordi­naires, ils ont tenté de pro­té­ger leur pro­prié­tés cultu­relles en conser­vant l’ancien modèle et en fai­sant repri­mer les consom­ma­teurs trop adeptes de par­tage. Au final, on se retrouve avec des lois inadap­tées au monde actuel, qui tentent de s’opposer à des lois mathé­ma­tiques (au sens que tout contrôle pourra être contourné) et qui ne servent ni les auteurs et même les majors.

    J’ai ici pris l’exemple du domaine musi­cal car c’est celui le plus débattu aujourd’hui mais cela devrait bien sur s’adapter aux autres domaines.

  9. Fabrice Epelboin

    J’ai de vagues sou­ve­nirs de fac, où j’avais squatté un cours de droit, sur la décom­po­si­tion de la pro­priété en usus, fruc­tus et abu­sus. De toutes évidence, cha­cun de ces concepts ne se trans­fère pas de la même façon sur le virtuel. 

    Je n’irai pas plus loin parce que le droit, vous l’avez com­pris, c’est pas mon truc, mais si l’un de vous veut prendre la balle au bond…

  10. Aymeric Marlange

    Hadopi I, après net­toyage du Conseil Constitutionnel, est conforme aux droits de l’homme. J’attends de voir Hadopi II à pré­sent. Rendez-vous à la rentrée ?! :)

    Si j’ai bien com­pris la thèse de Nelson, l’exercice porte sur les objets vir­tuels créés par les uti­li­sa­teurs dans des mondes vir­tuels, par exemple une épée dans WOW.

    Dans ce cadre très par­ti­cu­lier, Nelson conclue que le droit de pro­priété ne devrait pas être octroyé aux uti­li­sa­teurs, puisqu’il ne pro­té­ge­rait ni ces der­niers, ni les déve­lop­peurs, ni même les choses qui en sont l’objet.

    Je par­tage tota­le­ment son analyse.

    Et en tant que juriste, j’ajouterai que les déve­lop­peurs se pré­servent de toute façon d’une telle appro­pria­tion des choses vir­tuelles en pré­ci­sant dans leurs condi­tions d’utilisation qu’ils res­tent seuls pro­prié­taires du contenu de leur créa­tion (voir par exemple l’article IX des condi­tions d’utilisation de WOW).

  11. Yann B

    C’est un thème pas­sion­nant : la pro­priété existe-t-elle dans le vir­tuel ?
    Toutefois, dans un pre­mier il faut dis­tin­guer la pro­priété au sens clas­sique du mono­pole d’exploitation qu’est le droit d’auteur ou le droit des bre­vets. En effet, le concept de pro­priété intel­lec­tuelle et celui de pro­priété clas­sique divergent fon­da­men­ta­le­ment. Sans vou­loir faire un cours d’histoire du droit, le terme pro­priété a été appliqué aux créa­tions de l’esprit de manière com­plè­te­ment erro­née. Le droit de pro­priété ne peut pas s’appliquer à l’immatériel et donc aux créa­tions de l’esprit. A titre d’exemple il est de juris­pru­dence constante que l’on ne peut pas voler des biens imma­té­riel. C’est aussi la rai­son pour laquelle l’infraction de contre­façon a été créée. Au final je pré­fère par­ler de mono­pole d’exploitation des auteurs que le pro­priété intel­lec­tuelle.
    Pour reve­nir au droit de pro­priété au sens clas­sique dans le monde vir­tuel je me demande depuis un peu moment s’il existe réel­le­ment. Dans une concep­tion clas­sique je serai tenté de répondre non, néan­moins la recon­nais­sance d’un droit de pro­priété dans le monde vir­tuel pré­sen­te­rait cer­tains inté­rêts. Je ne pren­drai qu’un exemple, c’est celui de Second Life. Nier le droit de pro­priété sous pré­texte que l’on est dans le vir­tuel serait contre pro­duc­tif. Le droit est néces­saire à l’investissement, sans pro­tec­tion pas d’investissement ! Et sans inves­tis­se­ment pas d’innovation ni créa­tion de richesse.
    Mais en disant cela je sou­lève d’autres pro­blèmes encore plus impor­tants : qu’est-ce que l’usufruit dans le monde vir­tuel, etc…
    Nous envi­sa­geons d’aborder ces ques­tions lors d’un col­loque à Lyon en juin pro­chain. Je ne manque­rai pas de vous com­mu­niquer le pro­gramme et par la suite les travaux.

  12. Yoha

    On pour­rait égale­ment consi­dé­rer que la pro­priété n’existe plus sur le réseau mais qu’elle peut-être réin­ven­tée dans des mondes vir­tuels en tant que notion intrin­sèque à l’univers concerné, et non plus au réseau tout entier.

    A nou­veau, on pour­rait trou­ver de nou­veaux modèles de pro­priété, étant donné que les objets non dupli­cables par les joueurs res­te­ront par­ties inté­grantes de ces uni­vers. Et de nou­veau, pourquoi pas un nou­veau débat sur une pro­priété intel­lec­tuelle ou un mono­pole d’exploitation à l’intérieur de ce monde, s’il le permet ?

    Au final le der­nier pro­blème demeu­rant serait le cas de la pro­priété d’un compte ou d’une iden­tité elle-même sur ce type de sys­tème, bien qu’il ne s’agisse pas exac­te­ment de la même chose. À moins d’une Llopsi (que je ne cau­tionne pas; ne serait-ce de ce qui m’en a été rap­porté, en atten­dant que je consulte le texte en ques­tion), les iden­ti­tés ne pour­raient êtres pro­te­gés que par les moyens d’identification, sou­vent négli­gés (mots de passe), ou recu­peres par des admi­nis­tra­teurs, à condi­tion de prou­ver sa bonne foi. Si vous voyez d’autres solutions…

  13. Lord BlackFox

    “A nou­veau, on pour­rait trou­ver de nou­veaux modèles de pro­priété, étant donné que les objets non dupli­cables par les joueurs res­te­ront par­ties inté­grantes de ces uni­vers. Et de nou­veau, pourquoi pas un nou­veau débat sur une pro­priété intel­lec­tuelle ou un mono­pole d’exploitation à l’intérieur de ce monde, s’il le per­met ?”
    Il s’agit dès lors d’une ges­tion des droit de pro­priété spé­ci­fique à chaque uni­vers vir­tuel que tu ren­con­tre­rais, donc il fau­drait plu­tôt une ges­tion de ces droit à un niveau “local”, où chaque uni­vers créée sa propre loi…

    Une idée pour­rait être la créa­tion de la notion de per­sonne vir­tuelle, comme il existe celle de per­sonne morale ou phy­sique; qui devrait cepen­dant s’inscrire dans un cadre beau­coup plus souple et dyna­mique. Cette per­sonne vir­tuelle pour­rait se trans­mettre entre per­sonnes phy­siques de façon indé­pen­dante, et ne devrait pas avoir obli­ga­toi­re­ment une ges­tion admi­nis­tra­tive telle que l’on connait actuel­le­ment pour les per­sonnes morales (je veux signa­ler par là toute pape­rasse etc…); Tout le monde pour­rait en créer une, même avec ses propres nom et pré­nom s’il le veut — il ne s’agirait pas de réfé­ren­cer toute per­sonne vir­tuelle, mais sim­ple­ment de recon­naitre l’existence d’une entité vir­tuelle en tant que per­sonne et pou­voir lui confé­rer des droits. C’est cette per­sonne vir­tuelle qui pré­vau­drait alors dans les mondes vir­tuels, notam­ment pour une éven­tuelle ges­tion de la pro­priété virtuelle,

    Notez que si on abo­lit la pro­priété vir­tuelle, on va se retrou­ver avec la même ques­tion des copy­rights qu’il y a eu il y a quelque temps — lorsque Stallman a expliqué au parti pirate sué­dois la mau­vaise idée de res­treindre le copy­right car il y aurait alors res­tric­tion de la GPL…

  14. Yann B

    Créer une per­sonne vir­tuelle c’est un peu com­pliqué comme schéma. En outre cela signi­fie que les infor­ma­tions per­son­nelles d’une per­sonne ne seraient plus pro­té­gées dans le modèle de la per­sonne vir­tuelle. La loi info et liber­tés ne s’applique qu’aux per­sonnes phy­siques. Je pense qu’il serait plus simple de réson­ner sur des modèles que l’on connait. N’en déplaise à Fabrice (je le taquine !) le droit d’auteur peut s’appliquer à toute créa­tion de l’esprit ori­gi­nale. Les droits patri­mo­niaux peuvent se trans­mettre…
    En défi­ni­tive je ne pense pas qu’inventer de nou­velles notions juri­diques serait construc­tif à terme, bien au contraire des dif­fi­cul­tés d’articulation avec les modèles déjà exis­tants ne manque­raient pas de surgir.

  15. Lord BlackFox

    En fait l’idée était plu­tôt une cer­taine recon­nais­sance juri­dique, plus que la véri­table mise en place d’un sys­tème comme il est néces­saire aux per­sonnes morales. Mais tu as rai­son dans le sens où cela risque de com­pliquer — inutilement? — les choses… Bref, mea culpa ;-)

    Ce qui se passe actuel­le­ment, et on retrouve ça un peu dans les posts pré­cé­dents (désolé si je fais un petit pla­giat au niveau des idées ou si je répètes, ce n’était pas le but), c’est le cli­vage non pas entre objet phy­sique ou vir­tuel, mais qui existe dans le vir­tuel en tant que tel. Si il y a une notion de pro­priété dans cer­tains uni­vers (comme Second Life où tout s’achète et tout se vend pour de “vrais” dol­lars), cette pro­priété reste vir­tuelle, main­te­nant, reste à savoir si la per­sonne qui a payé pour ce qui se résume au final à quelques octets de don­nées, a bien des droits des­sus par le fait qu’elle ait pra­tiqué un échange de bien maté­riel (l’argent) contre une part de vir­tuel (qui peut être à tout moment effacé par ailleurs). Pour ce genre de choses, il y a cer­tai­ne­ment un sys­tème au niveau du par­tage qui n’est pas le même que celui de la musique, parce que ces objets sont gérés et repro­duit dans le contexte de l’univers vir­tuel selon le bon vou­loir des “maîtres” de ce monde. Tandis que d’un autre côté, beau­coup plus ingé­rable pour le major, on va avoir des musiques, vidéos, images ou autres qui seront repro­duc­tibles — des choses qui sont des idées (comme quelqu’un l’avait signalé), mais sur­tout des idées qui ont été maté­ria­li­sées ou vir­tua­li­sées, dès lors il ne s’agit plus d’une phrase dite en l’air, ce qui change la donne. Cependant, peut-on com­mer­cia­li­ser ces “idées” qui ont été trans­for­mées et impo­ser un droit de pro­priété sur celles-ci, lorsqu’elles ont une pos­si­bi­lité de dif­fu­sion sans limite et sans pos­si­bi­lité de contrôle (à l’opposé des objets de monde vir­tuels) de la part du producteur/distributeur à grande échelle. Ces idées “matérialisées/v” ont été le fruit d’un tra­vail, celui de l’artiste et il faut cer­tai­ne­ment res­pec­ter ses choix; c’est une ques­tion de res­pect — mais jusqu’à quel point?

    Bon je me suis un peu éloi­gné du débat…

  16. Ginko

    J’ai juste jeté un rapide coup d’œil à la thèse de Nelson et j’ai cru com­prendre qu’il appuyait essen­tiel­le­ment son rai­son­ne­ment sur l’analyse de “mondes vir­tuels” tels que WoW ou Everquest. Est-ce bien cela?

    Si c’est le cas, cette ana­lyse n’a que peu d’intérêt et cet article est une escroque­rie.
    En effet, ces mondes, si vir­tuels qu’ils soient cherchent à repro­duire le monde réel avec ses pro­prié­tés dont l’économie de la rareté. Hormis dans le cas d’un hack, si je ne me trompe pas, un item acheté dans WoW ne se copie pas. Lors d’un échange, le-dit item passe d’un pro­prié­taire à l’autre sans se mul­ti­plier. Bref, les lois “IRL” devraient y fonc­tion­ner par­fai­te­ment puisque régis­sant les mêmes choses (car pos­sé­dant les même pro­prié­tés). [hs] D’ailleurs, dans ces mondes, c’est le “code” qui défi­nie les lois :) [/hs]

    Le débat sur la pro­priété vir­tuelle porte sur des objets vir­tuels si je ne me trompe pas. Des objets qui lorsqu’il sont échan­gés, sont en fait copiés à un autre endroit puis effa­cés et qui de ce fait sont “mul­ti­pliés” lors de l’échange plu­tôt que réel­le­ment dépla­cés. Bref, des objets qui si on oublie de les effa­cer se démul­ti­plient, dans une écono­mie de l’abondance, ingé­rable par les lois de la pro­priété “maté­rielle” qui gèrent des échanges vrais.

    Tout cela pour dire que si je me trompe et que cette thèse ne s’appuie pas unique­ment sur l’analyse de copies vir­tuelles du monde réel, elle vaut peut être la peine d’être lue.

    En effet, si la pro­priété vir­tuelle n’a pas de fon­de­ment (contrai­re­ment à la pro­priété “maté­rielle” qui repose sur la “maté­ria­lité” des objets qui per­met leur échange) elle n’en a pas moins une valeur (celle là même que sont cen­sés pro­té­ger les droits d’auteur, copy­rights et autres brevets).

  17. Fabrice Epelboin

    A moins que tu ne sois tout sim­ple­ment passé à coté du sujet au point d’en oublier toute règle de politesse.

    Tu sur­vole en dia­go­nale une thèse, tu es visi­ble­ment pour la repro­duc­tion des modèles IRL dans le vir­tuel, et hop, une insulte en affir­mant que ce sujet qui fait débat chez de nom­breux scien­ti­fique est une arnaque.

    Joli trol­ling.

  18. Ginko

    Bon, ben j’ai “loupé le sujet” alors.

    Mais je ne crois pas avoir été impoli:

    “J’ai juste jeté un rapide coup d›œil à la thèse de Nelson et j’ai cru com­prendre qu’il appuyait essen­tiel­le­ment son rai­son­ne­ment sur l’analyse de «mondes vir­tuels» tels que WoW ou Everquest. Est-ce bien cela?”

    C’est une ques­tion! Parce que vu com­ment la thèse com­mence, j’avais la flemme de lire 30 pages en anglais si ça conti­nue sur la même lancée.

    De même, ce que je pense tu inter­prètes comme une insulte est pré­cé­dée de “Si c’est le cas”. Sinon, le reste de la phrase est inva­lidé. Donc je ne pense pas avoir “oublier toute règle de poli­tesse”.
    De plus, je ne remets pas en cause le sérieux et l’intérêt du débat (qui m’intéresse beau­coup) chez les scien­ti­fiques (“une insulte en affir­mant que ce sujet qui fait débat chez de nom­breux scien­ti­fique est une arnaque”) mais l’intérêt d’une approche qui ana­lyse des objets repro­dui­sant le monde réel (WoW, Everquest) plu­tôt que le monde vir­tuel en lui-même (Internet).

    “tu es visi­ble­ment pour la repro­duc­tion des modèles IRL dans le vir­tuel” où as-tu vu cela?
    Au contraire, je sou­ligne l’incohérence d’appliquer des modèles simi­laires à des sys­tèmes pos­sé­dant des carac­té­ris­tiques dif­fé­rentes (§2 – 3 et 5).

    Bref, si tu as été offensé, je m’en excuse, ce n’était pas le but. Mon but n’est pas d’aggresser les gens, donc dis-moi si tu com­prends mieux mon pre­mier commentaire.

  19. Fabrice Epelboin

    Lis cette thèse avant de te lan­cer dans une cri­tique a tout va.

  20. Wyrm

    Eh bien, d’après cette thèse, la ques­tion n’est pas celle de la “pro­priété intel­lec­tuelle” (= les droits que l’on a sur une idée ou une créa­tion abs­traite), mais celle de “pro­priété d’objets virtuels”.

    Ce n’est pas un faux débat, mais il faut se sou­ve­nir que ce n’est PAS celui de la musique et autres créa­tions “cultu­relles”. Le pro­blème sou­levé par l’auteur semble être celui des mondes vir­tuels, dont les res­sources sont arti­fi­ciel­le­ment limi­tées, où la “loi” est en fait une “règle du jeu” défi­nie et (théo­rique­ment) appliquée par le code du programme.

    La ques­tion est donc de savoir si la notion de pro­priété s’applique à des objets vir­tuels (une épée de WoW) dans des mondes arti­fi­ciels, et si oui sous quelle forme.
    La ques­tion n’est donc PAS de savoir si la notion de pro­priété s’applique à des objets abs­traits (une musique) dans le monde réel (cou­plé au réseaux numériques).

    Ceci étant posé, j’imagine qu’on peut mieux com­prendre la confu­sion de Ginko.

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