Aux Etats-Unis, et probablement ailleurs dans un second temps, Google a offert gratuitement sa suite Google Apps aux écoles, aux lycées et aux universités. La campagne ‘Going Google’ insiste particulièrement sur l’adoption par le monde étudiant des applications Google. Quelle est donc la stratégie de Google ?
Même si la campagne de Google a pour principal but de convertir des entreprise à l’utilisation des versions professionelles des Google Apps, les offrir au monde étudiant relève d’une stratégie particulièrement intelligente : habituez-les dès le plus jeune âge.
De l’école primaire au lycée, Google est omniprésent dans l’espoir que les enfants et les adolescents, une fois habitués à travailler avec les Google Apps, en feront usage lors de leur arrivés dans le monde de l’entreprise.
De la maternelle au doctorat
La plupart des évolutions faites sur les Google Apps cette année étaient destinées au marché de l’entreprise. Quand les Google Apps ont été commercialisées, les plans de Google à ce sujet étaient clairs.
Mais depuis que la campagne ‘Going Google’ est apparue, certains de ses composants comme le compte Twitter GoogleAtWork et le blog Google Entreprise, n’ont jamais cessé de parler de la version ‘Education’ de la suite Google.
Presque chaque semaine, Google annonce qu’une nouvelle université a adopté les Google Apps, la semaine dernière, c’était au tour de l’université de Notre Dame, mais Google ne s’arrête pas aux université, les écoles primaires ne sont pas en reste.
Les jeunes travailleurs sont le moteur de l’entreprise 2.0
Dans un rapport sur l’entreprise 2.0 publié début août, Jokob Nielsen, l’un des grands gourou de l’ergonomie et des usages en entreprise, souligne l’importance qu’ont les jeunes générations dans l’évolution des usages de la technologie au sein des entreprises, dans l’adoption de nouveaux outils et de nouvelles pratiques liées aux technologies pour faire des affaire et gérer le quotidien des entreprise. Il souligne également que les pratiques professionnelles de ces jeunes générations, en terme de technologies, sont avant tout dérivées de pratiques adoptées ailleurs.
“Alors que les gens adoptent les média sociaux dans leur vie privée, ils s’attendent à utiliser des outils similaires dans leur entreprise. C’est particulièrement vrai pour les plus jeunes qui utilisent ces outils dans leur vie quotidienne”
La stratégie de Google, qui consiste à faire adopter ses applications durant les études des travailleurs de demain, se révèle dès lors particulièrement intelligente et redoutable.
Microsoft, pour suivre, devra non seulement offrir gratuitement ses produits, mais également mettre à disposition des versions en ligne performantes. Gageons que nous assisterons à cela sous peu.
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20 août 2009 à 10:06
““Alors que les gens adoptent les média sociaux dans leur vie privée, ils s’attendent à utiliser des outils similaires dans leur entreprise.”
C’est vrai et je suis toujours frappé du contraste entre les outils que j’utilise tous les jours (FF, netvibes, etc etc ) et la pauvreté des outils de communication dans toutes les grosses boites que j’ai faites, dès qu’on arrive sur “l’intranet”.… :(
C’est pas l’age de la pierre mais presque et on en arrive à en savoir plus ce que font les gens à l’autre bout de la terre que les propres personnes de sa société quand ils sont sur un autre site (même français !) .… :(
20 août 2009 à 12:36
“La stratégie de Google, qui consiste à faire adopter ses applications durant les études des travailleurs de demain, se révèle dès lors particulièrement intelligente et redoutable.
Microsoft, pour suivre, devra non seulement offrir gratuitement ses produits, mais également mettre à disposition des versions en ligne performantes. Gageons que nous assisterons à cela sous peu.”
Je ne crois pas que Microsoft ait besoin de “suivre”, car c’est exactement la stratégie qu’ils développent déjà depuis quelques années dans le supérieur avec certaines écoles.
Vous connaissez MSDN Academic Alliance ? C’est justement le programme en ligne de distribution gratuite de leurs logiciels, pour les étudiants et les enseignants…
Je suis actuellement en école privée d’informatique et après avoir un peu ouvert les yeux sur le cursus, je me suis rendu compte que la majeure partie du temps on sera amené — pour ne pas dire obligé — à utiliser des technologies Microsoft.
Enfin concernant les versions en ligne de leurs produits, il y a la suite “Live@edu”. On s’est déjà fait taper sur les doigts avec d’autres étudiants parce qu’on avait choisi d’utiliser d’autres outils pour le travail collaboratif…
Non vraiment, Microsoft est déjà bien installé.
20 août 2009 à 14:58
Si, si, Microsoft offre gratuitement ses suites logicielles au cas par cas, de nombreuses universités, par exemple, les paient encore à prix fort. Généraliser ce qu’il se passe dans une école privé à l’ensemble du système éducatif, vous poussez le bouchon un peu loin ;-)))
Ceci dit, dans une autre sphère, avec le programme BizSpark, ils offrent gratuitement leurs outils de dev aux startups (disclaimer : RWW est partenaire de Bizspark).
20 août 2009 à 15:58
Ah je ne voulais pas donner l’impression de généraliser, loin de là… Je n’ai simplement pas voulu rentrer dans les détails par peur d’attirer les trolls ;)
20 août 2009 à 16:04
Don’t worry, on a très peu de troll ici ;-)
Donc si je résume ta situation, tu es dans une école privé d’informatique qui est utilisée par Microsoft pour former des tech aptes à faire du dev dans les entreprises sur leurs technologies… Rien de bien choquant. Si c’était uneé cole publique, on pourrait jouer les vierges effarouchés, mais là… C’est la loi du genre…
En même temps, être formé aux technologie Microsoft, c’est plutôt une bonne assurance de trouver du boulot, non ?
20 août 2009 à 16:29
“Si c’était une école publique, on pourrait jouer les vierges effarouchés, mais là… C’est la loi du genre…”
Oui, c’était un peu le “contexte” de mon premier commentaire ;)
Et je n’avais pas vraiment conscience de cette réalité avant de rentrer dans l’école où je suis aujourd’hui.
“En même temps, être formé aux technologies Microsoft, c’est plutôt une bonne assurance de trouver du boulot, non ?”
Je suppose (même si j’espère au plus vite être à mon compte) !
Personnellement je préfère être polyvalent et à l’aise avec plusieurs technologies et ne pas me cantonner à un seul genre :)
20 août 2009 à 21:21
Une réalité parallèle à Genève : http://tinyurl.com/nrnn3g
21 août 2009 à 12:40
Sans aucune agressivité, je dirais à Fabrice : Réveilles-toi !
Je viens du publique, et j’ai de nombreux membre de ma famille dans l’éducation national. On a tous constater une chose : Microsoft est omniprésent et cela, de façon bien plus ancienne que Google.
Au niveau du contrat MSDNAA, c’est valable pour les école PUBLIC, presque toutes les filières supérieurs publiques on un contrat MSDNAA. Pourquoi ? Parce que le ministère la signé.
Donc, en étant dans le public dans une voix plus ou moins proche de l’informatique (une des condition pour en profiter), la plus part du temps on peut avoir accès a un compte MSDNAA et télécharger gratuitement des dizaine de logiciels MS très onéreux (sous réserve que l’admin MSDNAA de ton bahut t’ouvre un compte => il y est obligé si tu en fait la demande).
MSDNAA n’est pas réservé qu’au privé, loin de là. Mais le public en parle peu, car ça rentre en conflit avec les accord du libre signé en 2002 (à vérifié) qui stipule que l’éducation nationale s’engage à utiliser des logiciel libre à hauteur de 80% de leur parc logiciel. Ce qui me fait bien rire quand on voit l’état du parc logiciel de l’EN (ça ne fait qu’un accord/loi/décret de plus pas appliqué)
Ensuite, il y a la suite MS Office 2007 offert au professeur de l’EN (avec des condition d’utilisation particulière, mais offerte tout de même).
Bref, Google n’a rien inventer ni copié, il continue juste à suivre leur propre politique : gratuité, gratuité, gratuité.
21 août 2009 à 12:43
Rassure toi, je suis bien réveillé, ma famille bosse aussi pour une grande partie dans l’éducation nationale, et mon père dirige l’elearning de Paris6-Paritech ;-)
Ce qui est nouveau dans cette stratégie, tu l’auras noté, c’est la stratégie de la gratuité, et pas seulement pour les profs… dont acte.
21 août 2009 à 12:48
Sinon, l’accord sur le logiciel libre auquel tu fais allusion concerne également les logiciels web (sur les serveurs, du type Apache, Linux, les CMS, etc), pas sûr qu’ils soient à 80%, mais le tableau est moins noir que la partie émergée de l’iceberg que tu observes (et qui t’énerve avec raison) ne te le laisse croire.
21 août 2009 à 13:03
^^ Ok, bon tout va bien alors.
C’est vrai que la gratuité chez MS est venu tardivement, mais les accord entre les académies et Microsoft au sujet des compte MSDNAA ne date pas d’hier, c’est même assez vieux. Et ça a toujours été gratuit à ce niveau.
La gratuité MS est une vrai nouveauté pour les profs, avant c’était juste des réductions, maintenant c’est gratuit.
Date des accords du libre : 1998 signé entre le ministère et l’AFUL. Ceci dit, on est tout de même loin des 80%, même si on inclus les serveur, intranet, etc (constat fait par plusieurs admin réseau d’établissements publics différents). Mais ça progresse dans le bon sens… surtout pour des raisons de coup et non pas pour des raisons idéologiques (ce qui est fort dommage).
Ce qui m’étonne est que tu ne connaisses pas le MSDNAA…
21 août 2009 à 13:14
On dirait une campagne marketing macdonalds ou de banque. Le plus tôt tu les fidélises, meilleures seront les probabilités pour qu’il reste dans son milieu d’origine.
Le même combat google-microsoft sur les suites infos que le rapport linux-microsoft en amérique latine, alors que le libre s’invite gratuitement, microsoft offre des licences à prix zéro sans quoi il est out.
Nous avons fait plus ou moins la même chose dans l’école de commerce où j’étais : installer une plateforme Google App qui fournissent mails, docs, agenda et tous les services qui vont bien à chaque étudiant. C’est gratuit et ça simplifie le travail collaboratif. Etait-ce vraiment un cadeau, l’avenir nous le dira.
21 août 2009 à 13:17
Oui, l’analogie qui me venait à l’esprit c’était les banques qui recrutent très tôt les jeunes… C’est du même ordre.
Dans les écoles de commerce, c’est encore plus fort, c’est de là que seront issus ceux qui mettrons en place les outils de travail de demain… Redoutable…
21 août 2009 à 13:28
Perso, je suis pas sur que se soit un vrai cadeau. Remplacer un monopole par un entre n’est pas une solution (c’est pas vraiment des monopole, mais ça colle à la situation).
Je pense que le salut ne peux venir que du 100% libre et/ou d’un environnement propriétaire sans leader, donc pas de Google partout, ni de MS à chaque coin de rue, mais plus tôt pleins de plus petite boites un peu partout.
En tout cas, chez moi, MS et Google, c’est NO PASARAN ! Je suis au tout libre, même dans mon boulot.
…Arf, j’ai encore une adresse MSN …
21 août 2009 à 13:32
C’est un peu extrémiste, non ? Prend l’exemple d’un employé lambda, aujourd’hui, s’il ne maitrise pas le suite Office, il est inemployable.
Pour avoir suivi de très près la mise en place de l’elearning à Paris6, il y a de nombreux cas où le libre n’était pas une solution satisfaisante (streaming vidéo, par exemple), mais la plupart du temps, quand c’était une option viable, ils l’on prise.
Et puis, à défaut d’un monopole, deux monopoles, c’est déjà mieux ;-)
21 août 2009 à 13:46
VV66 > Je suis plutôt d’accord avec toi, à long terme je ne pense pas que ce soit un cadeau, pourtant j’utilise moi même gmail, sur ce pc je suis sous windows et j’ai encore l’adresse MSN.
Je suis d’accord pour dire que philosophiquement, le libre est bien plus puissant, riche et pure.
D’un autre côté, comme le dit bien Fabrice, on a 2 visions, et ayant grandi dans l’une, et formant une grosse partie du monde qui nous entoure, je ne peux la renier et l’ignorer tant que la nouvelle ne l’a pas remplacer.
C’est un processus de transition, et il faut induire le changement quelque part dans le cycle sans quoi, l’oeuf et la poule ne se mangeront pas en omelette.
Les écoles forment aux suites office parce que les entreprises demandent ça et les entreprises demandent ça car les écoles forment avec du office.
Commencer par mettre du linux en école de commerce, ça aurait été beau.
En argentine les cybers sont équipés avec linux, la population qui commence à intéragir avec l’informatique et n’a pas de pc personnel s’en fou pas mal de savoir si c’est windows ou linux qui tourne sur la bécane.
Pour que le libre l’emporte, il faut qu’il soit plus performant, plus beau, plus simple et plus facile à prendre en main. Il ne suffit pas de la pureté de la pensée qu’il véhicule, mais qu’il bate le privé à son propre jeu.
Comme le dit Fabrice, ce sont deux mondes, à nous de tirer le meilleur de chacun et de combiner pour satisfaire nos besoins de performances et nos besoins de libertés. Ca peut être l’un OU l’autre, ça peut être un mix des deux, en complémentarité, la liberté c’est aussi la liberté de choisir un environnement non libre parfois.
Après avoir créé, investi du temps et de l’énergie dans l’apprentissage et l’usage de ces logiciels, à nous (et à ceux qui font la promotion du libre) de tendre les passerelles et les ponts pour pouvoir faire la transition douce et progressive vers le monde libre.
21 août 2009 à 13:51
Par ailleurs, changer de provider en terme de cloud computing (passer de Google app a Zoho, ou un jour à une solution self hosted open source) est tout de même plus facile, et qui plus est, l’adoption de solution en cloud laisse envisager des postes de travail en école sur le modèle de Jolicloud, c’est à dire des unix complètement orientés cloud computing…
Au final, ca pourrait bien faire avancer la cause :-)
21 août 2009 à 13:51
Oui, ça devient un oligopole, c’est “un peu” mieux.
En même temps, si no gamins était pas tous élevé au techno MS, il serait plus facile à tout le monde de migrer vers des solutions libre, ou tout du moins différentes.
Le problème vient qu’on devrait pouvoir marquer sur son CV : “maitrise le traitement de texte”, ou “maitrise du tableur”, mais c’est pas possible. À la place, on doit mettre “maitrise Word”… C’est pas triste qu’un ados dise utiliser Word et qu’il connaisse pas le terme traitement de texte ?
Je suis certes assez extrémistes dans de nombreux cas (mais je ne force pas non plus, si y a pas de solution avec le libre), cependant je pense qu’on changera pas d’état d’esprit si on y va avec des pincettes : en gros, je pense qu’ils faut être “extrémiste” au niveau de la théorie, puis adpaté au cas par cas avec souplesse : un bon Stallman pour les grands discours et les grandes idées, et des GULs locaux plus souples dans l’application des principes.
Désolé, si je me suis égaré du sujet.
21 août 2009 à 13:59
J’ai dans l’idée que ‘maitrise de Word’ va rapidement devenir obsolète ( http://www.pcinpact.com/actu/news/52649-commission-europeenne-ecole-education-medias.htm )
Pas de problème avec la vision extrémiste de l’open source, j’essaie de mon coté d’être un peu plus souple et d’adopter une position intermédiaire, d’autant que ces positions sont remarquablement défendues par des acteurs comme la Quadrature.
IMHO, il faut de tout pour faire un monde, il y a de la place pour les deux, mais il est évident que l’open source a encore beaucoup de place à prendre avant que l’on puisse se dire qu’il y a un équilibre. Ceci dit, force est de reconnaitre que cela avance dans le bon sens, et je suis toujours partant pour que cela évolue dans ce sens.
Un monde 100% open source, je ne sais pas… Ce serait intéressant de faire un exercice d’anticipation et de prospective pour en explorer les bon et — forcément — les mauvais coté. Il ne faut pas perdre de vue que bon nombre de personnes qui contribuent à l’open source bossent par ailleurs pour ou avec du soft propriétaire. Sans cela, ils n’auraient pas les moyens de contribuer. Il y a un équilibre entre les deux.
21 août 2009 à 14:10
Attention à ne pas faire d’amalgame open source / logiciels libre / propriétaire / fermé, etc
Des boîtes privé qui vendent des logiciel proprio open source, il y en a. Et pour le coup, c’est pas des logiciels libre.
Je pense que le vrai piège, c’est le code propriétaire fermé avec licence contraignante, pour les logiciels, mais surtout pour les formats de fichier et les protocoles.
Au final, c’est pas si grave d’utiliser MS Office si on peux le faire avec un format ouvert qui sera 100% utilisable avec un autre logiciel. Mais pour le moment, c’est loin d’être le cas (voir le support désastreux de l’ODF par MS Office 2007 SP2).
21 août 2009 à 14:13
Les deux mondes coexistent. Dans le coeur je suis aussi très open-source, dans les faits ça progresse.
La transition d’un monde basé sur la rareté à un modèle d’abondance.
De la seule possibilité Microsoft, nous avons maintenant une alternative.
Nous sommes donc dans une société hybride mêlant deux modèles en compétition: le privé et le libre représentant leurs sociétés respectives.
Pour ce qui est de l’immatériel avec des coûts fixes proches de zéro, ça ne pose pas de problèmes, mais quand on veut baser un modèle d’abondance sur une ressource naturelle rare ou limitée, ça demande une bonne optimisation de l’allocation des ressources.
21 août 2009 à 14:13
Certes, certes, mais mon point est le suivant : les finances personnelles de bon nombre de contributeurs à la ‘Force’ viennent du coté obscur, les deux s’équilibrent dans une multitude de dimensions, dont la dimension économique. Je ne suis pas du tout convaincu qu’un monde 100% open source soit viable, j’ai plus tendance à prôner un équilibre, sachant qu’on est encore loin du compte en terme d’utilisation de l’open source, et qu’en effet, l’Etat se doit de montrer l’exemple.
21 août 2009 à 14:15
Sans même parler des boites comme Google ou Apple qui contribuent largement à des solutions comme FreeBSD, sans parler (pour Apple en tout cas) des efforts qu’elles font en terme d’utilisation des standards ouverts (et pourtant Dieu sait qu’Apple est fermé).
21 août 2009 à 17:08
non l’école et une perte de temps dont le gourvernement ce sert pour crée le maximum de déficit dans le but de remplir les associations qui lui rapportent un max !