LOPPSI: naissance d’une cybersécurité ou mort de la neutralité du Net?

willyduhenDoctorant en droit des NTIC et juriste d’entreprise, Willy Duhen travaille sur les questions de responsabilité liées à la pratique de l’Internet et des NTIC. Multicartes – également diplômé de Sciences-Pô, de Philo et d’Histoire – ses expériences professionnelles dans des rédactions Web, dans des DSI et auprès de stratèges économiques lui donnent une vision informée de l’Internet. Il milite pour le retour aux fondements du Web: ouverture, échanges et neutralité.

La LOPPSI (ou LOPSI 2) est un projet de loi complétant la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure de 2002.

Pour pouvoir endiguer le cyberterrorisme, cette première version permettait aux services d’enquêtes policiaires et de défense nationale d’accéder directement à des fichiers informatiques, de les saisir à distance par voie télématique ou informatique pour en les enregistrant s’ils sont jugés utiles pour dévoiler la vérité. Ceci dit, il fallait d’abord avoir des éléments de preuve, de soupçons fortement fondés pour avoir l’autorisation de « perquisition incidieuse à distance ».

Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, la pédophilie, les protections et les actions menées ne sont jamais suffisantes, à en croire Mme la Ministre, Michèle Aliot Marie. Pour enrayer ces fléaux, qui sont bien évidemment centrés et prospères sur la toile (humm…), rien de tel que de mettre plein de cyber-policiers, cyber-espions, cyber-traqueurs qui pourront, avant même que le méfait soit commis, agir. C’est, en tout cas, le point de vue du gouvernement et des porteurs de la LOPPSI.

Ceci dit, l’entente est unanime lorsqu’il s’agit de protéger nos intérêts, nos vies, nos biens, mais la manière et le risques liés sont discutable.

Ainsi, les forces de l’ordre ont nécessairement besoin de moyens techniques et technologiques en adéquation avec les outils des malfaiteurs. L’arsenal sera donc élargit, mis à jour par cette nouvelle loi. Rien de plus louable.

Ce sont donc les risques qui posent problème; de nombreux internautes et une partie de la sphère pensante de la toile craignent une surveillance et un filtrage global du réseau. Ainsi, la seule Toile ne sera pas surveillée, mais ce sont bien les activités des internautes qui risquent d’être filtrées.

Cela touche à un principe fondateur de l’Internet, « la neutralité du Net », qui oblige les opérateurs techniques de permettre la circulation de l’information sans la regarder, la choisir, la modifier ou la filtrer (justement!). Le prestataire technique est alors irresponsable du contenu qui transite par son service.

Comme avec Hadopi, nous allons voir apparaître (ceux qui ont un pare-feu performant ou qui s’y connaissent) des chevaux de Trois (sorte de logiciel espion) qui noteront l’ensemble de l’activité de l’ordinateur (et non pas de l’utilisateur, sauf s’il y a des sessions nominatives et sécurisées sur les postes) pour y trouver, peut-être, une conversation douteuse (par clavardage, VOIP, etc.), une activité illicite, une connexion à un site jugé comme illégal, dangereux, ou simplement black-listé par le gouvernement.

Bref, ces espions, dans l’esprit de la LOPSI 1, devraient être envoyés qu’en cas de soupçons lors d’une investigation. Le risque de la LOPSI 2 est justement la permanence de ces logiciels espions.

A mes yeux, c’est encore une fois une fracture numérique qui va se créer, cette fois-ci non pas générationnelle, mais plutôt technologique. On trouvera toujours un moyen de se détourner de ces logiciels espions (pare-feu, Proxy, etc.) et d’avoir des échanges protégés (échanges ne s’entend pas, comme peut le sous-entendre le gouvernement, comme un échange illégal).

La cryptographie est donc cette science qui vient protéger les communications. Pratique, elle permet de payer en ligne de manière sécurisée, de transmettre des fichiers sensibles, notamment pour les entreprises, etc. Du coup, les connaisseurs techniques pourront utiliser ces systèmes cryptographiés et les autres resteront à la merci de la grande oreille du Web. Les experts s’en sortiront, les utilisateurs lambda resteront sur la touche.

Prospectivement, la cryptographie devrait être interdite, justement pour lutter contre ces échanges masqués que personne ne peut entendre, à part les intéressés; ce qui revient à interdire la sécurité que l’on a longtemps rechercher pour fiabiliser les échanges commerciaux via le Web.

Ainsi, la LOPPSI saisi un problème d’ampleur tout à fait honorable et primordial, mais on ne peut pas appliquer les mêmes règles sur le réseau numérique que sur la terre ferme. D’ailleurs, la question de la territorialité n’est pas envisagée, mais est un véritable problème. Comme je le disais précédemment, le logiciel-espion sera installé sur l’ordinateur de l’internaute. Imaginons que je parte en vacances aux Etats-Unis et que j’utilise ce même ordinateur via Wifi depuis la CheeseBurger Valley. Le logiciel espion sera actif alors que l’on n’est pas sur le territoire national français. Ce système outrepasse alors ses compétences territoriales et devient illégal! Même si, selon le code de procédure pénale, un élément de l’infraction est commis sur le territoire (ici, la lecture d’une page française du Monde, par exemple) elle peut être du ressort français; ici l’analyse ne se fait pas sur le territoire. A part des conventions internationales, les actions du genre seront toujours rejetées…

Bref, la LOPPSI a encore de nombreux sujets détracteurs sur son dos avant que son application dans la sphère numérique puisse être optimum pour tous, enquêteurs, utilisateurs, professionnels et gouvernants.

Ce billet a été initialement publié sur Legaletic, site d’actualité juridique, il est sous une licence CC-BY-NC-ND.

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28 commentaires pour cet article

  1. mike

    Je suis déçu. Je pen­sais que tu allais mettre mon article sur ton blog et me tailler des­sus.
    Je m’attendais à mieux que ça.

  2. Fabrice Epelboin

    Perseverare Diabolicum, je te dis ;-) On peut pas toujours faire la même chose, c’est pas drôle… Et puis mon cor­pus idéo­lo­gique n’est pas construit en oppo­si­tion au pro­gramme de l’UMP, mais sur des idéaux de démo­cra­tie tech­no­phile et tech­no­com­pa­tible. Il y a du monde à l’UMP (comme au PS) com­plè­te­ment dans cet axe (du coté d’Asnières, par exemple, ou chez NKM).

    Bon, sinon, j’attends toujours ton feed­back sur le ‘Rapport Hadopi’ ;-)

  3. heliastique

    Article vrai­ment très inté­res­sant.
    Je suis entiè­re­ment d’accord avec la notion de frac­ture numé­rique sup­plé­men­taire. Certains réus­si­ront à se pro­té­ger et d’autres (la majo­rité) n’auront pas les com­pé­tences pour le faire.

    Merci

  4. Yann B

    Il faut effec­ti­ve­ment être vigilent quant aux dis­po­si­tions de cette loi. L’avis de la CNIL est par ailleurs assez ins­truc­tif. Les recom­man­da­tions devraient être sui­vies, néan­moins, elle n’a pas été sai­sie de l’intégralité du projet de loi.
    Je suis en revanche plus nuancé quant à l’irresponsabilité des four­nis­seurs d’accès. En effet, ils incitent les inter­nautes par leurs cam­pagnes de com­mu­ni­ca­tion à télé­char­ger de la musique, des films,.… et se cachent der­rière leur régime d’irresponsabilité. Ils ont tout inté­rêt à ce que le télé­char­ge­ment “illé­gal” soit mas­sif puisque cela leur per­met de com­mer­cia­li­ser de abon­ne­ments. L’imprimeur peut être tenu pour res­pon­sable des pro­pos tenus dans les jour­naux qu’ils impriment alors pourquoi le FAI ne serait-il pas res­pon­sable dans une cer­taine mesure de ce qui tran­sitent par son réseau ?

  5. binah

    très bon article

    yann B vient de sou­le­ver un loup ! 

    pourquoi le FAI ne serait-il pas res­pon­sable dans une cer­taine mesure de ce qui tran­sitent par son réseau ?

    la ques­tion est posée … enfin !

    et ce n’est sur­tout pas avec loopsi 1÷2÷3÷4.…. que l’on arrê­tera les pédo­philes et le crime orga­nisé.
    mdr

  6. Fabrice Epelboin

    Pour une rai­son qui me semble évidente : cela les met­trait dans l’obligation de sur­veiller ce qui tran­site sur leur réseau. Adieu Net Neutrality, et sachant que le plus gros FAI français est contrôlé par l’état, bonjour 1984.

  7. binah

    tu l’a dit bonjour 1984 !

    mais bon comme le dit un pro­verbe africain :

    “c’est l’homme qui a peur sinon y a rien…” 

    aller bon week

  8. STREAMING Addict

    Article fort inté­res­sant, merci.
    Décidément après HADOPI ce ne sera pas fini !

  9. Marc Fievet

    Article repris et mis en ligne sur L’Aviseur international

  10. Thierry Lhote

    Mmmh,.. notre ami a une concep­tion maigre de la sécu­rité. Le chif­frage n’implique pas la sécu­rité, ni un pare-feu, ni un proxy. Tout dépend du contexte et j’ai du mal a à voir à quelles situa­tions il les appliquent. La sécu­rité c’est un échange, échange entre com­mo­dité d’utilisation et niveau de pro­tec­tion. C’est pas je chiffre donc je sors cou­vert… Le chif­frage n’interdit pas un fil­trage effi­cace de votre surf sur Web, et en matière de pro­fi­lage, savoir sur quelle . Utiliser TOR ? oui c’est bien, c’est bien quand vous êtes un oppo­sant poli­tique sous une dic­ta­ture, mais ca ne vous couvre pas des mal­wares, et autres ins­tal­la­tions de virus par un un Flash mali­cieux. EN matière de sécu­rité, la per­sonne seule ne peut s’offrir de cou­ver­ture glo­bale, sans comp­ter que la chasse aux spam, ten­ta­tives de phi­shing ou virus devrait être faite en amont de l’utilisateur et coor­don­née pour être efi­cace. Quant à la Net Neutrality, c’est comme le Web 2.0 c’est un concept fumeux, sou­tenu par les ser­vices com­mer­ciaux du Web pour ne pas que les opé­ra­teurs se mettent à pri­vi­lé­gier leurs offres de ser­vice en rap­port du Web. Pendant ce temps là, des sites qui res­pectent soit-disant la Net neu­tra­lity, ne rêvent que de mor­ce­ler le Web ou l’Internet à leur avan­tage, dites-moi où est le res­pect de la Net neu­tra­lity dans Facebook connect ? quelles infor­ma­tions tierces cette appli­ca­tion ramasse pour être sub­séquem­ment fil­trée, minée… tout ceci est du plus haut comique, et il faut être expert pour sor­tir de telles bana­li­tés, approxi­ma­ti­ve­ment fausses ?

  11. Fabrice Epelboin

    Thierry, tu m’avait habi­tué à des com­men­taires plus per­ti­nents sur FF, je te donne le cré­dit d’avoir écrit cela très tard dans la nuit avec — qui sait — un verre de trop (un samedi soir, quoi de plus nor­mal).
    Net Neutrality et Facebook ? Mais quel rap­port voit tu entre ces deux là ?
    On peut être vis­cé­ra­le­ment opposé à Facebook et à son intru­sion dans la vie pri­vée sans sor­tir des absur­di­tés pareilles, cela n’a tout sim­ple­ment rien à voir, et tes com­pé­tences tech­niques et concep­tuelles de l’internet te per­mettent toi aussi de le savoir (visi­ble­ment pas un samedi soir à 4 heures du mat). 

    Le reste de ton com­men­taire est à peine mieux. Encore une fois, samedi soir, bla bla, ça arrive, et je sais pour t’avoir lu à plu­sieurs reprises et dis­cuté en ligne avoir toi que la rigueur de tes rai­son­ne­ments est habi­tuel­le­ment cent cou­dées au des­sus de cela.

  12. Thirry Lhote

    Je le recon­nais Fabrice, mais quand c’est trop c’est trop.
    Je reprends donc mon calme et je vais expli­ci­ter ce qui est dit plus haut.

    Le gars qui vient nous par­ler de sécu­rité, ne sait visi­ble­ment pas de quoi il parle, car il ne semble pas avoir pesé les incon­vé­nients par rap­port aux gains poten­tiels, quand il qua­li­fie le chif­frage de solu­tion quant à la pro­tec­tion des com­mu­ni­ca­tions. Il y a même fausse impres­sion de sécu­rité, car le pro­fi­lage du surf n’est pas impos­sible, même s’il est crypté, car l’algorithme de cryp­tage sur HTTP a été cal­culé pour pro­té­ger des com­mu­ni­ca­tions mais pas des adresses Web…

    Deuxièmement et je le répète la Net Neutrality n’adresse pas les pro­blèmes glo­baux de sécu­rité auxquels l’Internet dans son ensemble doit faire face, c’est même une faille de sécu­rité concep­tuelle. Je prend un exemple tout simple : per­sonne ne pos­sède, à l’heure actuelle, mis à part peut être Google ou Akamai et quelques autres que je ne connais pas, la capa­cité de faire face à une attaque dDoS. Je ne vois toujours pas sans action coor­don­née et atteinte à la Net Neutrality com­ment on pourra arri­ver à enrayer cette cri­mi­na­lité qui ira crois­sante et qui mon­tera tech­nique­ment en puis­sance, à moins de prier.

    Troisièmement, il y a en effet atteinte vir­tuelle à la Net neu­tra­lity de Facebook et aux prin­cipes du réseau. Dès qu’il s’agit de rapa­trier ou de faire rapa­trier par ses uti­li­sa­teurs, donc dupliquer à minima les don­nées sur le Web sur son appli­ca­tion cen­tra­li­sée prin­ci­pale, il s’agit donc de se mettre en posi­tion de contrôle de ses don­nées pour fil­trage et minage, exac­te­ment comme un opé­ra­teur serait tenté de le faire. SI j’ai une entre­prise qui vise à deve­nir un des points de pas­sage obli­gés du Web ou d’Internet, j’ai même plus de puis­sance qu’un opé­ra­teur isolé. J’aurais pu pro­duire bien sûr un autre exemple autour de Google.
    On me répon­dra “ce n’est pas une atteinte à la Net neu­tra­lity stricto sensu”, je répon­drais que le résul­tat est exac­te­ment le même et qu’un prin­cipe qui empêche cer­tains d’agir mal sans se rendre compte que d’autres ont le champ libre pour faire de même, est un prin­cipe inopérant.

    Quatrième et der­nier point, le pro­blème prin­ci­pal est la sécu­rité du réseau ainsi que celle de ses uti­li­sa­teurs. Et le débat est vicié dès son ori­gine car le pre­mier réflexe est de poser un prin­cipe qui comme je l’ai mon­tré est une faille de sécu­rité en lui-même et le second réflexe est de se jeter sur les réponses tech­no­lo­giques (chif­frage, proxy, pare-feu, que sais je) sans avoir évalué le pro­blème glo­bal ni n’avoir déve­loppé une véri­table ana­lyse de la répar­ti­tion de la charge per­son­nelle et col­lec­tive que sup­pose une sécu­rité accep­table.
    Et là, tant qu’un large débat n’aura pas lieu, sans a priori, avec l’esprit ouvert, on aura des micro-débats d’expert sur des micro-noeuds de pro­blèmes adres­sés par exemple par la lopsi 2 qui impac­te­ront d’autres usages sans se rendre compte qu’une fois de plus on aura auto-justifié des prin­cipes inopé­rants tels que la Net neu­tra­lity, mais inva­li­dants car ils ferment la porte aux inno­va­tions et dis­rup­tions poten­tielles ou aux cygnes noirs béné­fiques comme le dit Taleb.
    Si tu veux une façon de le dire, mon grand-père disait “il faut avoir des prin­cipes pour pou­voir s’asseoir des­sus”. Avoir des prin­cipes c’est bien, mais y obéir aveu­glé­ment c’est se fer­mer les centres de seren­di­pité ou de zadi­ga­cité pour une future évolution ;-)

    Un excellent point de départ, serait par exemple la dis­cus­sion autour des droits numé­riques posés par le Nouveau Centre qui ne sont pas direc­te­ment tech­niques, le bou­lot du tech­no­lo­giste est ensuite d’y appor­ter les solu­tions en conséquence, la plas­ti­cité de la tech­no­lo­gie per­met cette conver­sion : ce n’est pas à la méthode inverse de s’imposer.
    Note par exemple, que l’expression de ces droits numé­riques met sur le même plan néga­tif l’attitude de Facebook avec celle d’un opé­ra­teur qui aurait décidé d’exploiter par fil­trage les don­nées per­son­nelles d’un utilisateur.

  13. Fabrice Epelboin

    “Un excellent point de départ, serait par exemple la dis cus sion autour des droits numé riques posés par le Nouveau Centre”

    Ha ! Je vois où tu veux en venir…

    Bon, ça méri­te­rai un billet à part entière plu­tôt que de pol­luer celui-ci, mais pour ce qui est de cette charte/déclaration de Morin, j’y vois tout de même un ou deux écueils majeurs (on a déjà eu l’occasion d’en par­ler d’ailleurs).

    Le pre­mier point, qui à mon sens est rédhi­bi­toire, est cette uti­li­sa­tion du cache sexe ‘sous réserve d’atteinte à l’ordre public’, qui ne veux rien dire et qui est un fourre tout juri­dique. Ce point est rédhi­bi­toire (mais amen­dable, si j’ai bien com­pris la démarche de Morin). Jean Michel Planche ou Jean Marc Manach ont fait de bon billet sur ce thème pré­cis, je les rejoins tota­le­ment, et tous ceux à qui j’ai eu l’occasion d’en par­ler font de même. 

    Le second est la pro­tec­tion jusqu’au bou­tiste de la vie pri­vée, là, en effet, c’est sujet à dis­cus­sion, mais il fau­drait tout de même prendre en compte que l’utilisation des don­nées per­son­nelle est à la base de bon nombre de modèles écono­miques de star­tups inter­net. Ceci dit, sur ce point, on peut en effet dis­cu­ter, et il y a de quoi faire, d’où l’on doit mettre le cur­seur entre res­pect de la vie pri­vée et déve­lop­pe­ment écono­mique (sans par­ler du cur­seur entre res­pect de la vie pri­vée et démo­cra­tie). Dans ce trium­vi­rat de néces­si­tés : indi­vidu / démo­cra­tie / écono­mie, il y a un point d’équilibre à trou­ver, mais oublier l’économie me semble tout de même curieux (en tout cas pour des gens de droite — par­don, du centre droit… mon Dieu, je donne des leçons de libé­ra­lisme à des gens de droite, mais qu’est ce qui m’arrive ;-)

    La des­sus, Jean Marc Manach, encore lui, a écrit un très bon texte qui éclaire sur le point de vu des plus jeunes.

    Hervé Morin m’ayant plu­tôt fait l’impression de quelqu’un d’ouvert et de prêt au dia­logue, je pense (j’espère) qu’il est prêt à amen­der le pre­mier point, objec­ti­ve­ment, et c’est une posi­tion par­ta­gée par tous, ce point est rédhibitoire.

    Pour reve­nir à la sécu­rité, j’ai pas mal potassé le sujet depuis notre der­nière ren­contre, notam­ment en pré­vi­sion d’une grande mora­noïa avec les pédo­philes, et j’avoue que je suis assez sep­tique sur la capa­cité du gou­ver­ne­ment Français à faire quoi que ce soit. Quand à la capa­cité de Loppsi de régler quelque pro­blème que ce soit, cela fait dou­ce­ment rigo­ler. On arrê­tera les voleurs de poules, tout au mieux, les vrai cri­mi­nels, eux, rigolerons.

    Enfin, pour finir, je t’invite à aller plus loin dans l’exploration du concept de Net Neutralité, tu l’étends bien au delà de ce qu’il couvre.

  14. Thierry Lhote

    Si tu veux un point de vue écono­mique, dans ce cas là je remets ma casquette de droite ou de centre-droit. Car si on dis­cute unique­ment de l’Internet, il semble que ce Réseau n’ait pas été conçu pour le déve­lop­pe­ment écono­mique clas­sique et on s’en rend compte tous les jours.

    Bon, venons-en au déve­lop­pe­ment écono­mique, on inter­dit aux opé­ra­teurs toute forme de fil­trage des uti­li­sa­teurs sous pré­texte que celui-ci serait non immo­ral, mais qu’il pour­rait ser­vir de base à la déli­vrance de ser­vices qui ne seraient pas iden­tiques ou réfé­rents pour les uti­li­sa­teurs. Et tout d’un coup on sort “la solu­tion qui vient de trou­ver un pro­blème” : la Net neu­tra­lity pour empê­cher jusqu’à ce qu’ils goinfrent de data.
    Mais ce qui est simple à voir, c’est la logique écono­mique der­rière : tout ce qui n’est pas opé­ra­teur et dont une par­tie du modèle écono­mique repose sur l’exploitation des don­nées uti­li­sa­teurs, n’a pas inté­rêt à ce que l’opérateur (même s’il ne désire pas enfreindre le coeur du prin­cipe de Net neu­tra­lity) enre­gistre les don­nées de son uti­li­sa­teur et inter­vienne comme un nou­veau et puis­sant concur­rent sur le mar­ché des don­nées.
    Donc je com­prends par­fai­te­ment ton posi­tion­ne­ment qui est en fait un choix écono­mique induit en faveur d’une com­mu­nauté d’entreprises par rap­port à une autre, mais sur­ement pas une action à mettre sous un para­pluie moral ou éthique.

    Encore une fois, dès que tu pos­sèdes un ser­vice puis­sant d’accès à des ser­vices sur Internet, que tu sois Apple avec l’iPhone et bien­tôt la tablette, ou Facebook, etc. ta posi­tion est plus puis­sante que celles des opé­ra­teurs et tu échappes de par ton sta­tut à ce que la Net neu­tra­lity était cen­sée empê­cher comme com­por­te­ment. Par des sys­tèmes de pré­fé­rence que l’on peut coder dans les logi­ciels, on peut inter­dire ou frei­ner, bref dif­fé­ren­cier les ser­vices exté­rieurs de l’Internet que l’on obtient soit à tra­vers sa connexion de Facebook, soit à tra­vers celle de son iPhone, etc. 

    En ce qui concerne les droits numé­riques, je n’en par­lais que comme exemple de plate-forme de base, un point de départ ; libre à toi, à d’autres ou à la gauche de trou­ver une autre plate-forme plus “libé­rale”.
    Ce qui m’intéressait était de ne pas d’avoir le réflexe de l’expert qui est de sau­ter aux conclu­sions et aux tech­no­lo­gies. L’expression d’une bonne réflexion sub­séquente sur la sécu­rité doit être pra­tiquée au départ sans a priori.

    Quant à la pro­tec­tion de la vie pri­vée, elle doit se faire non en cou­vrant tout sous un voile pudique, mais en don­nant le contrôle aux uti­li­sa­teurs sur leurs don­nées. Et cela n’est pas com­pliqué, cela se fait par choix dans les pré­fé­rences. C’est sim­ple­ment une ques­tion de fonc­tion­na­lité. Même si Facebook a récem­ment eu besoin de la pres­sion du gou­ver­ne­ment cana­dien pour y être contraint concer­nant les appli­ca­tions tierces.

    L’article de Jean Marc Manach est une excel­lente com­pi­la­tion sur le “topic” des don­nées objec­tives, mais n’apporte pas de conclu­sions autres que le “bisou­nours land” de la démo­cra­tie “par le bas”, ni ne signale les capa­ci­tés d’introspection, c’est à dire la pos­si­bi­lité de déter­mi­ner par des don­nées que l’utilisateur laisse de manière non consciente lors de son surf, ses moments et ses sujets de vulnérabilité.

    Le sujet est admi­ra­ble­ment envi­sagé par Eben Moglen dans cette confé­rence et de manière ration­nelle.
    http://www.youtube.com/watch?v=cLQiTzs8PQ4

  15. Fabrice Epelboin

    Toujours une grosse confu­sion entre les don­nées pri­vées et la net neu­tra­lity, encore une fois, ce sont deux sujet différents.

    La net neu­tra­lity consiste à impo­ser aux ISP de trai­ter de façon indi­fé­ren­ciée tous les ‘packet’ (infor­ma­tions) tran­si­tant sur son réseau, point, barre.

    Essayons de ne pas faire un grand mega­mix et de tout confondre.

    Son argu­ment le plus ration­nel est le libé­ra­lisme (libre concur­rence, tout acteur étant du point de vu des réseau traité à la même enseigne), on peut aussi l’aborder du point de vue démo­cra­tique (empé­cher un acteur privé ou ins­ti­tu­tio­nel de cen­su­rer ou de pri­vi­lé­gier une infor­ma­tion — ou un acteur écono­mique — plu­tôt qu’un autre).

    Tout le reste ne res­sort pas de la net neu­tra­lity. Apple, Facebook, Google et consort ne sont pas des ISP, ils ne sont pas concer­nés par ça (ce qui n’empêche aps de leur repro­cher bien des choses).

    En ce qui concerne les droits numé­riques, je n’en par­lais que comme exemple de plate-forme de base, un point de départ ; libre à toi, à d’autres ou à la gauche de trou­ver une autre plate-forme plus “libérale”.

    C’est fait depuis des mois (presque un an pour être pré­cis), ça s’appelle le pacte des liber­tés numé­riques.

    Donc je com­prends par­fai­te­ment ton posi­tion­ne­ment qui est en fait un choix écono­mique induit en faveur d’une com­mu­nauté d’entreprises par rap­port à une autre, mais sur­ement pas une action à mettre sous un para­pluie moral ou éthique.

    Mouis… pas sûr que tu com­prenne mon action… Que tu m’accuse de prô­ner la libre concur­rence, passe encore, mais là, c’est du grand n’importe quoi… Je cher­che­rais à favo­ri­ser qui exac­te­ment ? Au détri­ment de qui ?

  16. Fabrice Epelboin

  17. Thierry Lhote

    Ca va, on peut dis­cu­ter tranquille­ment. Je n’accuse per­sonne, je ne tra­duis per­sonne en jus­tice là. Pas de vic­ti­mi­sa­tion, please. Je n’en fais pas moi sur tes remarques sur le centre droit ou la droite, j’assume.

    D’abord, merci pour ta recon­nais­sance que la neu­tra­lité du Net ne s’applique qu’aux opé­ra­teurs. C’est ce que je cherche à avan­cer depuis le début pour démon­trer son inef­fi­ca­cité, car il n’y a qu’un seul objec­tif en ligne de mire.

    Bon, Google va un peu plus loin en matière de concept de neu­tra­lité : “Network neu­tra­lity is the prin­ciple that Internet users should be in control of what content they view and what appli­ca­tions they use on the Internet.” Je trouve leur com­pré­hen­sion du prin­cipe un peu plus dif­fi­cile à attaquer, par exemple cela n’interdit pas le fil­trage des virus et autres pro­grammes mal­veillants, cour­riers de phi­shing et spam par les opérateurs.

    Hélas, le pacte des liber­tés numé­riques n’est pas une plate-forme des­ti­née à encou­ra­ger la conver­sa­tion, c’est une suite d’ordres ou d’impératifs — don­nés à qui ? — repré­senté par des phrases com­men­cées par des verbes à l’infinitif.
    Bref on a déjà sauté aux conclusions.

    Bref, c’est plus une péti­tion ou une décla­ra­tion d’AG (moi aussi j’ai assisté aux spec­tacles iti­né­rants à l’université ^^), qu’un point de départ de dis­cus­sion. C’est pour cela que je n’aime pas, c’est du mili­tan­tisme 1.0 trans­planté sur la toile, du Web “pla­car­disé”, pas du participatif.

    De plus c’est une plate-forme d’opposition gou­ver­ne­men­tale, croire que les liber­tés numé­riques sont à défendre d’un côté de la bar­rière, c’est comme croire que l’écologie est néces­sai­re­ment à gauche. Cela prive du sup­port d’énormément de per­sonnes et cela en fait fuir pas mal.
    Cela aussi tra­duit une forme de malaise car l’appropriation de la culture a toujours été l’objectif d’un camp poli­tique en France, depuis la fin de la seconde guerre mon­diale. On voit très bien en ce moment où NS vou­lait en venir avec le coup poli­tique d’Hadopi, jeter le trouble dans ce même camp.

  18. Fabrice Epelboin

    Deux chose (et je vais me coucher)

    1) La net neu­tra­lity n’est pas et n’a jamais eu voca­tion a etre la solu­tion à tout, c’est un prin­cipe fon­da­teur de l’internet, en place depuis toujours, et menacé aujourd’hui. Ce n’est pas une solu­tion à tous les pro­blèmes que connait inter­net aujourd’hui. Je crois que l’on est d’accord la dessus.

    2) Il n’y a aucun mal à être de centre droit, sin­cè­re­ment, je n’y voit aucun problème.

    Pour finir, tu n’a pas tord sur le Pacte des liberté, c’est un peu aprti en sucette… Si Moriin amende son truc, ca peut faire une bonne base… Wait and see…

  19. deadalnix

    Thierry, la net neu­tra­lity, c’est internet.

    Pour le cas des attaques DoS, vous citez a juste titre le pro­blème d’y résis­ter : seuls quelques acteurs y arrivent.

    Mais Quel acteur est capable de les lan­cer seul ? La plu­part sont lan­cées à par­tir de bot­nets. Dans le cas contraire, un fire­wall aura vite fait de stop­per le flux.

    La net neu­tra­lity est en fait bien repré­sen­tée par le modèle OSI (ce n’est pas com­plet, mais cer­tains pro­blèmes y appa­raissent). Les opé­ra­teurs uti­lisent la couche 3 pour prendre les déci­sions de rou­tage. Le DoS est un sou­cis de couche supé­rieure, trai­tées par les acteurs de bout en bout.

    Sans net neu­tra­lity, on ne résout pas les pro­blème, on les empêche d’exister. Vous avez des pro­blèmes de DoS sur inter­net ? Détruisez internet !

    Et pourquoi ne pas déve­lop­per un réseau non neutre en paral­lèle et essayer de le vendre sans attaques DoS ? le mini­tel four­nis une bonne base de réfléxion pour mon­ter ce projet, on attend que votre entreprise !

  20. Thierry Lhote

    @deadalnix.

    Oui, je com­prends mais de nou­velles tech­no­lo­gies dis­rup­tives vont arri­ver entre les mains des opé­ra­teurs, notam­ment toutes celles basées sur la DPI (Deep Packet Inspection.)
    Taxer ces inno­va­tions, qui sont à naître, de vou­loir détruire le Net, c’est dif­fi­cile à com­prendre.
    On n’en parle pas trop encore en France, car il y a toujours un temps de retard, mais le débat va explo­ser d’ici quelques années.
    Il y a un excellent site du Commissariat à la vie pri­vée du Canada, qui pré­sente aux citoyens de ce bon pays un excellent dos­sier sur la DPI, avec des papiers et des res­sources d’experts, pour ou contre.
    http://dpi.priv.gc.ca/
    Si le coeur vous en dit, ouvrez un blog, il y a matière à moult articles inté­res­sants à pro­duire rien qu’avec ce maté­riel.
    Le sujet est très chaud car le déploie­ment de ces tech­nos peuvent pro­duire tout un tas d’applications inno­vantes sur l’Internet et le Web, mais il est rela­ti­ve­ment tabou parce qu’il y a là matière à conflit direct avec la Net neu­tra­lity.
    Mais je ne vois vrai­ment pas com­ment on va empê­cher ses tech­no­lo­gies de s’imposer sur la durée, même s’il fau­dra se résoudre à les contrô­ler par un moyen ou un autre.
    Commencer par la ligne Maginot n’est sur­ement pas la bonne stratégie.

    On peut toujours rêver.
    Imaginons dans les années années à venir, la nais­sance de pro­vi­ders locaux et mili­tants, dans un pays étran­ger, qui pro­po­se­raient de bloquer toute publi­cité qui sou­hai­te­rait arri­ver jusqu’à votre machine, pourquoi pas ? AdBlock Plus le fait bien à son petit niveau sur Firefox, aujourd’hui.
    Donc, tout en contre­ve­nant au prin­cipe de Net neu­tra­lity, il est pos­sible alors que les pro­vi­ders ordi­naires s’obligent face à la fuite de leur clien­tèle vers ces pro­vi­ders, de pro­po­ser aussi leur ser­vice de dis­pa­ri­tion de la publi­cité. Incrémentalement, nous pour­rions alors dis­po­ser d’un Internet débar­rassé de la pol­lu­tion publi­ci­taire. Je sais, c’est hor­rible et per­vers, cela ne devrait pas arri­ver.
    Mais, je ne sais pas si demain, face à cette pos­si­bi­lité, les défen­seurs de la Net neu­tra­lity n’auront pas tourné casaque et ne trou­ve­ront pas cela génial.

    Depuis 20 ans, nous avons vu des choses impré­vues ou impré­vi­sibles s’installer dans la durée ou bous­cu­ler for­te­ment le pay­sage : le Web, Linux, ICQ, Napster, Google, Wikipedia, Twitter, etc. (j’en oublie sur­ement d’autres)
    Cela ne sert à rien d’insulter l’avenir.

  21. Fabrice Epelboin

    Thierry, la façon dont tu chantes les louanges de la DPI me gène pro­fon­dé­ment. En gros, cela ser­vi­rait (outre à ins­tal­ler une sur­veillance géné­ra­li­sée des popu­la­tions), à bloquer la pub, et donc à faire dis­pa­raitre la quasi tota­lité de l’économie inter­net… Je ne vois pas bien l’intérêt. 

    Au delà de cela, je ne vois pas bien ton inté­rêt à te posi­tion­ner en évan­gé­liste de la DPI, sur­tout dans un pays comme la France où la sur­veillance des popu­la­tions n’a pas vrai­ment bonne presse et a donné lieu aux épisodes les plus noires de notre histoire.

    Le tout à une époque où cer­tains poli­ti­ciens n’hésitent pas à appe­ler à la déla­tion en la qua­li­fiant de devoir répu­bli­cain, là encore, cela nous ren­voi aux épisodes les plus lugubres de l’histoire Française.

    Mauvais mélange. Qu’est ce que tu va foutre la dedans ? Tu ne vois pas à quel point ça pue ?

    Sinon, si, on va empê­cher ces tech­no­lo­gies de s’imposer (dans la plu­part des démo­cra­tie en tout cas) de la même façon que l’on a empê­ché la peine de mort, la tor­ture, la dic­ta­ture, et tout un tas de choses qui sont un pen­chant natu­rel pour toute orga­ni­sa­tion humaine. Cela ne va pas être facile, j’en conviens. Au delà de cela, on va égale­ment empê­cher la DPI parce qu’elle coute une for­tune, pour peu que l’on sou­haite main­te­nir une qua­lité de ser­vice constant (c’est d’ailleurs, pour l’instant, limite infaisable).

  22. Thierry Lhote

    Tu as 100% rai­son de te mettre en colère Fabrice.
    Peu de per­sonnes aiment la DPI pour l’instant, soit pour des rai­sons de Net neu­tra­lity, soit pour des rai­sons de vie pri­vée, soit parce que cela va cou­ter extrê­me­ment cher en res­sources infor­ma­tiques car il y a un risque de voir chez les uti­li­sa­teurs le cryp­tage se déve­lop­per de manière irrationnelle.

    Je te le dis tout net, je n’aime pas par­ti­cu­liè­re­ment la DPI. Je ne brule pas des cierges à Notre Dame pour hâter son arri­vée. C’est un peu comme mon atti­tude par rap­port aux récents concepts de flux qui inves­tissent les usages du Web, je n’y goute pas un plai­sir par­ti­cu­lier, mais je dois recon­naître que je trouve cela fascinant.

    Et c’est là mon point d’interrogation ouvert sur la DPI, et j’ai envie de le par­ta­ger. Dès que j’en parle à mes amis du métier, tech­nos, qui sont pour­tant au cou­rant, je vois cette petite lueur au fond de leur yeux qui fait que je sens qu’ils sont fas­ci­nés eux aussi, par les pos­si­bi­li­tés d’application de cette tech­no­lo­gie nais­sante.
    Franchement, tout ce que je peux vous dire, c’est de com­men­cer à vous en inquié­ter vrai­ment, car les ouver­tures concep­tuelles per­mises risquent de don­ner nais­sance à d’autres disruptions.

    Maintenant, que la pub dis­pa­raisse, pourquoi pas ? ce ne serait pas plus incroyable que le reste. Wikipédia a demandé la per­mis­sion à Encarta ou a Britannica d’exister ?
    Google va deman­der la per­mis­sion aux éditeurs de pro­po­ser gra­tui­te­ment en télé­char­ge­ment toutes les oeuvres libres de droit ? les blo­gueurs se sont arrê­tés sur le sort des jour­na­listes du Monde ou du New York Times ? les futurs construc­teurs de voi­ture élec­trique vont-ils se cou­cher par res­pect devant les retraites que doit ver­ser la vieille dame qu’est General Motors à ses employés ? Les com­pa­gnies pétro­lières ne sont-elles pas en train de pen­ser à leur recon­ver­sion ? L’ingénieur indien ou chi­nois va-t-il avoir une pen­sée pour ses confrères français des centres de recherche d’Alcatel ? Les publi­ci­taires ne dorment plus car le mar­ché de la télé­vi­sion ne fait plus ban­der les annon­ceurs, et ils se demandent s’il y aura autant de bud­get pour établir une pré­sence Internet à leurs clients… Les ser­vices col­la­bo­ra­tifs nom­més réseaux sociaux, vont-ils connaitre un sou­tien indé­fini de leurs inves­tis­seurs s’ils voient qu’il ne peuvent pas gagner assez d’argent ?

    Cela ne fait plai­sir à per­sonne, et pour­tant, il faut gar­der les yeux ouverts et peut être un jour voir appa­raître ce que nous croyions impen­sables.
    Je ne dis pas plus et je ne me réjouis pas, ni ne me tape sur les cuisses.

  23. Fabrice Epelboin

    Wikipédia a demandé la per­mis­sion à Encarta ou a Britannica d’exister ?

    Le savoir n’appartient pas aux encyclopédistes

    Google va deman­der la per­mis­sion aux éditeurs de pro­po­ser gra­tui­te­ment en télé­char­ge­ment toutes les oeuvres libres de droit ?

    Les œuvres libre de droits, par défi­ni­tion, n’appartiennent pas aux éditeurs

    les blo­gueurs se sont arrê­tés sur le sort des jour­na­listes du Monde ou du New York Times ?

    Oui, ca pré­oc­cupe pas mal de blog­geurs, ReadWriteWeb est publié dans le New York Times, par exemple, il y a dans de nom­breux pays une inter­ac­tion entre les deux. Ceci dit, je ne vois pas où il y a concur­rence entre ces deux là.

    les futurs construc­teurs de voi­ture élec­trique vont-ils se cou­cher par res­pect devant les retraites que doit ver­ser la vieille dame qu’est General Motors à ses employés ?

    Oui, je te recom­mande de voir le film ‘who killed the elec­tric car’ pour en savoir plus.

    L’ingénieur indien ou chi­nois va-t-il avoir une pen­sée pour ses confrères français des centres de recherche d’Alcatel ?

    Waou… là, Thierry, tu n’a plus l’excuse d’écrire en plein milieu de la nuit un samedi soir… 

    Donc repre­nons, on met en place une tech­no­lo­gie (pas encore au point, Dieu merci) qui va cou­ter des mil­liards de dol­lars pour sup­pri­mer la pub (ce que je fais très bien tout seul avec AdBlock aujourd’hui) afin de cou­ler un sec­teur écono­mique qui rap­porte des mil­liards de dol­lars… C’est super malin ton plan.

    Cette tech­no­lo­gie est fas­ci­nante, mais les mis­siles de croi­sière à tête nucléaire aussi, non ? Heureusement, leurs coûts les rendent dif­fi­cile à trans­for­mer en réa­lité, enfin, pour la DPI tout du moins…

    Ceci dit, dans la mesure où bon nombre de pays ne ferons pas la moindre conces­sion à la Net Neutrality, les pays qui l’adopterons (les démo­cra­ties, tout du moins) ver­rons leur écono­mie numé­rique dis­pa­raitre, tout sim­ple­ment. C’est aussi malin que d’expérimenter la bombe H en Ile de France.

  24. Fabrice Epelboin

  25. Fabrice Epelboin

  26. deadalnix

    Pour reve­nir sur la DPI, je suis à 100% contre, même dans le cas de de sup­pres­sion de la pub évoqué (soyons clair, je ne sou­haite pas entrer dans le débat sur le fait que ce soit une bonne chose ou non, mais je vais prendre comme base que c’est posi­tif pour le reste de ma réflexion).

    Ce genre de ser­vice n’a pas à être four­nis à la couche 3.

    La solu­tion relève des couches supé­rieure, et inter­vient sur le poste client, ce n’est pas et ne doit pas être une pro­blé­ma­tique de réseau. Si un four­nis­seur veut appor­ter un tel ser­vice à ses clients, qu’il le fasse via une liste de règles telle qu’on les connais pour adblock.

    En fait, vou­loir a tout prix détruire le modèle OSI (car c’est ça le DPI) c’est détruire ce qui à fait qu’Internet s’est déve­loppé et à sur­classé tout les autres réseau.

    Si l’on revient 20 ans en arrière, et qu’on fait un exer­cice de pen­sée avec un net non neutre, on voit que le web n’aurait pro­ba­ble­ment jamais pu voir le jour, pas plus que la voip ou le p2p.

  27. Fabrice Epelboin

    … et pour ceux qui veulent se débar­ras­ser de la pub, sachez que c’est tout a fait fai­sable dès aujourd’hui sans por­ter atteinte à la démo­cra­tie : https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/1865

  28. Thierry Lhote

    Enfin, content d’avoir dis­cuté avec toi, Fabrice.

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